‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 15 sur 192 · LE CHRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME ET L'EMPIRE ROMAIN

La vioillo antipathie Aa-t-ell«^ céder? Non. 11 va un £>Tand danger à ce que rempereur soil ainsi dans rEi:lise, lui (jui a été souverain pontife de la reliiiion jiaïenne, qui a été un dieu, lui qui aspire, devenu chrétien, à être Yévét/ne des choses tlu dehors et (|ui parfois se proclame « empereur et docteur, roi el prêtre ». Qu'adviendra-t-il s'il est héréli(|ue? Cela se voit dès le temps des fils de Constantin. Constance, resté seul maître de l'Empire, est arien; il exile les évèques orthodoxes; le pape Libère cède; le concile de Rimini signe un formulaire arien que l'empereur veut imposer au monde. Pourtant Constance est chrétien zélé; en Orient il détruit les temples en masse. Yoilà donc un empereur théologien qui persécute à la fois païens et chrétiens. Mieux valait pour l'Egrlise un païen comme Julien l'Apostat. Théodose fut l'empereur selon le cœur de l'Eglise, acceptant la pénitence imposée par saint Ambroise, interdisant absolument le culte des dieux, même dans linlimité la plus secrète de la vie privée; mais son fils Arcadius, (jui règne en Orient, persécute saint Jean Chrvsostome, à l'instigation de l'impératrice Eudoxie, qui est arienne. L'Eglise, craignant toujours de trouver un ennemi dans son protecteur, ne Aoyait plus qu'un ennemi dans ce protecteur depuis qu'elle était établie solidement, depuis que, les païens n'étant plus à redouter, son zèle se tournait contre les héréli(jues. C'est pour(|uoi elle n'eut jamais d'affection pour l'em- [tereur.

De plus, après la conversion des em[»ereurs, une foule de faux fidèles avaient, par politique, suivi leur exemple. Consl.intin n'a-t-il pas dit à Nicée qu'il faut gagner des amis à la vérité, les pauvres par de l'argent, les riches par des honneurs? Cette foule qui passe des autels des dieux aux tables chrétiennes, est formée^ d'adorateurs de la pourpre, comme dit le païen Themistius dans le discours à Jovien. Au temps de Julien il y eut beaucoup d'apostats. Le christianisme répugne aux païens philosophes. Ils raillent cet inconnu mort sur la croix, ces inconnus devejuis personnages sacrés. Quand Liberius fait fermer les églises des chrétiens, il dit que le grand air leur fera du bien. Quand Julien les dépouille, il dil (|ue l'ex-

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cellente loi «les chrétiens promettant aux pauvres le royaume des cieux, il faut leur en aplanir le chemin. Quand il défend aux chrétiens d'enseigner les langues anciennes, il dit «|ue leur affaire est de commenter Mathieu et Luc. Tel est l'orgueil de la Sagesse antique. Ces plaisanteries devaient allumer des haines terribles.

Il semblait que l'Eglise fût impuissante déjà à tiiompher de cette résistance des derniers païens, des philosophes, des sénateurs, «jui au temps de Théodose encore réclamaient la restitution à la curie de l'autel de la Victoire, de cette foule romaine qui attribuait les désastres à la négligence où étaient tombés les poulets sacrés. Sans compter que l'Eglise porte mal sa fortune, que la superstition, l'innnoralité ont passé dans son sein. Elle a crû en richesse, décru en vertu {divitiis major, virlutihus muior), s'accordent à dire saint Jean Chrysostome, saint Hilaire, saint Jérôme.

Les écrivains, comme Salvien, les grands personnages, comme saint Augustin et saint Jérôme, se désintéressent des <lestinées de l'Empire. Il y a dans la Cité de Dieu, dans le De (jubernatione Dei, des appels aux Barbares.

Ainsi entre la religion nouvelle, dès (ju'elle parut, et l'Empire il y avait incom})atibilité absolue. Elle s'est traduite, dune part, par le refus d'obéissance et de service, de l'autre, par la persécution. Après la réconciliation, l'antipathie a persisté parce que l'Église est asservie à l'Empire et «|ue la société chrétienne s'y corrompt. Après avoir contribué à la désorganisation de l'Empire quand elle était persécutée, l'Eglise n'a pas employé sa force à le défendre quand elle était triomphante. C'est en ne le défendant pas surtout qu'elle a contribué à sa ruine.

Organisation de l'Église chrétienne. — L'Eglise déjà était organisée. La distinction entre laïijues et clercs s'y était faite (h; bonne heure, et de plus en plus marcjuée.

Elle avait sa hiérarchie. De même (|ue les apôtres ont continué l'apostolat de Jésus-Christ, b'S évèijues, institués par les a[>ôtres, les continuent, non plus dans le monde entier, mais dans une circonsciMption déterminée, qui est la cité (civitas), au chef-lieu de la<|uelle l'évèque réside. Au-dessus de l'évêque il y

a le mélropoUtain dont les attributions sont fixées par le concile (le Nicée : le métropolitain réside au chef-lieu de la jtrovince. La conformité des deux provinces ecclésiastique et civile est marquée au concile d'Antioche (341). L'Eglise adopte les cadres administratifs de l'Empire. Elle les conserve si bien (ju'ils subsisteront jusqu'à la Révolution française.

L'évè(jue dans sa cité a son conseil de prêtres, ou chapitre. Le métropolitain a son conseil d'évèques, ou si/node, fré(|uemment réuni et délibérant sur les choses de foi et de discipline. Au-dessus, les palriarcats, églises directement fonib'cs par les apôtres, considérées comme les meilleures gardiennes de la religion : Jérusalem, Anlioche, Alexandrie, Rome, liome seule |iour rOccidenl, ce qui est très important. La }ii-imauté de légliso de Rome s'annonce déjà, l'évêque de Rome étant le successeur de saint Pierre. Il n'a point de prééminence marquée sur les patriarches; mais il n'a pas de rival dans l'Empire d'Occident.

L'unité de l'Eglise apparaît dans les conciles œcuméniques.

L'Eglise s'est servi de l'universalité de l'Empire pour la propagration de sa foi; de ses cadres pour son organisation. Mais tandis que la société civile est immobilisée, dans l'Eglise nous trouvons l'élection, la délibération, la liberté, la vie : bref tout ce qui man(|ue à l'Empire. Aussi survivra-t-elle. Dans l'invasion, l'évêque seul persistera dans la cité évacuée })ar les fonclionnaires. Les Barbares auront atîaire à lui. C'est l'Eglise (|ui gardera la langue de Rome, ou du moins ce «ju'elle a )iu en garder; la civilisation jomaine, ou du moins ce (|u'elle a voulu en maintenir. Elle consci-vera ri(b''e de runivcisaliié. {\v Vœcuménicité, de ce (|ui fut l'unité romaine et la paix romaine. Seule puissance debout, ([ui ne s'entendra ])as avec elle ]iérira.

L'Empire d'OccidiMit comprenait les préfectures du prétoire de^s Gaules et d'Italie, subdivisées en G diocèses et 58 provinces, dont un proconsulal relevant directement de l'empereur.

L'Empire d'Orient comprenait les préfecliires du pr»Hoire d'Illyrie et d'Orient subdivisées en 1 diocèses et i'2 provinces, dont un proconsulat.

La préfecture du prétoire des Gaules comprenait les diocèses d'Espagne, des Gaules, de Bretafine.

Le diocèse d'Espagne formait les sept provinces suivantes :

La Bétuiue s'étendait entre la Guadiana et la mer, sur le bassin du Guadalquivir et sur la côte voisine de la Méditerranée; elle correspond à l'Andalousie. Très bien cultivée et fertile, c'était un pays riche, avec des cités importantes : Gadès (Cadix), Cordoba (Cordone), Hispalis (Séville).

La Lusitanie s'étendait entre le Douro et la Guadiana. Colonisée plus récemment et moins peuplée que la liétique, elle avait pour villes principales Pax Julia (Beja), Scalabis (Santarem), Olisippo (Lisbonne), Emerita Auirusta (Merida).

La Gallxcie s'étendait entre le Douro et le golfe de Gascog-ne. Elle avait pour villes principales Bracara (Braga), Lucus Augusti (Lugo). Cette région, la plus tard conquise el colonisée de l'Espagne, comprenait de nombreuses tribus montag-nardes presque indépendantes.

La Tarraconaise comprenait le bassin de l'Ebre, le haut bassin du Douro, la côte entre les Pyrénées et la mer. Les principales villes étaient ïarragone, Barcelone, Gaîsaraugusla (Saragosse), Clunia, aujourd'hui ruinée, Ségovie.

ha. Carthaginoise comprenait le haut bassin du Tage, région de l'Espagne centrale avec Tolède, et la province actuelle de Valence. Sa capitale, Carthagène, était le grand marché fondé par les Phéniciens; elle couserva son importance jus(prà la lin du vi'' siècle.

La jtrovince des Iles Baléares.

La Mauritanie Tingitane corri^sjiondait au Maroc actuel,

allaut juscjuà la Malouia à l'est. Elle tirait son nom de sa capitale. Tiniiis (Tanirer).

La Bétique, la Lusitanie, la Galhccie étaient administrées par un consulaire; les quatre autres provinces par un président.

Le diocèse des Gaules ou des sept provinces, ainsi iioimné parce (ju'on avait réuni le diocèse des sept provinces méridionales à celui (ju'administrait directement au iv*^ siècle le préfet du prétoire (Gaule septentrionale), comprenait 17 provinces et 117 cités :

La Novempopulanie, entre la Garonne et les Pyrénées, avec les cités de Elusa (Eauze), Aueusta Ausciorum (Auch), Lusrdunum Convenarum (Saint-Bertrand de Commin£;es), Opjpidum Yasalum (Bazas), etc.

YiWquitaine première s'étendaii sur le jdateau central entre Garonne et Loire avec les cités des Cadurci (Gahors), des Albi^ienses (Albi), des Arvernes (Auvergne), des Lémovices (Limog-es), des Bituriges (Bourges).

\jAquilaine deuxième s'étendait à louest de la précédente sur les cités d'Ag-innum (Agen), Burdigala (Bordeaux), Petrocorii (Périg-ueux), î>antones (Saintes), PictaA'i (Poitiers).

La Xarbonnaise première allait de la Garonne au Rhône, avec Toulouse, Xarbonne, Nemausus (Nîmes), Viviers.

La Narhonnaise deuxième comprenait les bassins de l'Argens et de la moyenne Durance, avec Aquse Sextiae (Aix), Forum Julii (Fréjus), Apta Julia (Apt), Segustero (Sisteron).

La Viennoise formait une bande à Test du Rhône, avec Mar- .seille, Arles, Orançe, Dea Yocontiorum (Die), Vienne, Gratia- ]io[»olis (Grenoble) et Genève.

Les Alpes maritimes comprenaient Xice, Digne, Eluodunum (Embrun).

Les Alpes Pennines et Grées comprenaient le Valais et la Savoie orientale avec la Taran taise.

La Lijonnaise première comprenait les cités de Lugduimm (Lyon), Forum Segusianorum (Feurs), Augustodunum (Autun), c'est-à-dire le pays entre Loire et Saône juscjuà Alésia au nord, en y joignant la Bresse.

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La Li/ouiiaise deuxième correspondait à la Normandie : les cités extrêmes étaient Hotomaous (Rouen) et Abrincatui (x\vranches).

La Lifonnaise troisième comprenait au sud de la précédente les provinces d'Armorique, Anjou, Maine, Touraine, avec les cités de Cœsarodunum (Tours), Juliomaprus (Ang-ers), Nantes, etc.

La Lijonnaise quatrième ou Sénonaise s'étendait entre Loire et Seine sur les cités de Genabum (Orléans), Autricum Garnutum (Chartres), Agedincum (Sens), Aupustobona Tricassum (ïroyes), Meldi (Meaux), Lutetia Parisiorum (Paris).

La Grande Séquanaise [Maxima Sequanorum) comprenait les deux versants du Jura, s'étendant de la Saône à l'ouest, presque jusqu'au Rhin à l'est, et au lac de Genève au sud; les principales villes étaient Yesontio (Besançon), Aventicum (Avenches), Auo-usta Rauracorum (Augst). L'Alsace méridionale en faisait partie.

La Belfjique première comprenait essentiellement le bassin de la Moselle, entre les Vosges et l'Argonne, avec Tullum (Toul), Mediomatrici (Metz), Verodunum (Verdun) et Augusta ïrevirorum (Trêves).

La Behjique jiremière était limitée à l'est par la Meuse, et une ligne tirée jusqu'à l'Escaut inférieur; elle renfermait les bassins de la Marne, de l'Oise, de la Somme, de l'Escaut, avec Reims, Soissons, Senlis, Amiens, BeauA'ais, etc. ^

La Germanie première, réduite à la rive gauche du Rhin, allait d'Argentoratum (Strasbourg) à Mogontiacum (Mayence).

La Germanie deuxième comprenait le bassin inférieur de la Meuse et les liouches du Rhin, avec les cités de Tong-res, Colonia Agrippina (Cologne), Noviomagus (Nimègue), Lugduniim Batavorum (Leyde), Trajectum (Utrecht).

La Viennoise, la Lyonnaise première, la Grande Séquanaise, la Belgique première, les deux Germanies. étaient administrées ]tar un consulaire: les autres provinces par un président.

Le diocèse de Bretagne se subdivisait en cintj provinces dont on sait mal la situation : Valentia, Maxima Cn'sarie)tsis,

i. Durocortorum llemorum, Noviodiimim Siiessionuni, Aii.iTii^lomagus Silvanectiiiii, Samarobriva Anibianoriim, Ca-saroma^iis Bellovacoruiii.

REVUE DES PROVINCES DE L'EMPIRE 3y

administrées par des consulaires, Britannin prima, Britannia secunda, Flavia Csesariensis, administrées par des présidents. On admet que la Valentia était la province comprise entre les murs d'Adrien (de la Tyne au iiolfe de Solway) et d'Antonin (du Forth à la Clyde), dévastée par les Pietés et les Scots, réoriianisée au temps de Yalentinien et de Yalens. On peut présumer (|ue les quatre autres provinces avaient à peu près les limites suivantes : de la Tyne à THumljer; de l'Humber à la Tamise et à la Severn; de la Tamise à la mer; de la Severn à la mer. Il n'y avait pas dans la Grande-Bretaiine de villes aussi importantes que l'étaient en Gaule Arles. Lyon ou Trêves. Cependant on en trouvait un lion nombre : Camelodunum (Colchester), Durovernum (Canterhury), Yenta Icenorum (Norwich), Aqua> Solis (Bath), Lindum (Lincoln). Les deux centres les plus importants étaient au sud Londinium (Londres) et au nord Eboracum (York). Cette île était enrichie par la culture du blé, qui y prospérait à ce point qu'elle jouait presque au nord le riMe de la Sicile au sud. Les Romains n'ont jamais pu assujettir la Calédonie (Ecosse) et ne paraissent pas avoir mis le pied dans ÏHibernie (Irlande).

La préfecture du prétoire d'Italie comprenait les diocèses (Y Italie, de Rome, (Y Afrique.

Le diocèse d'Italie formait quinze provinces, dont sept représentaient l'ancien diocèse de Pannonie et huit celui d'Italie (Italie du nord et Rhétie) :

La Rhétie jrremiére comprenait le haute vallée du Uhin, de l'Inn et de l'Adige, avec la ville de Curia (Coire).

La Rhétie deuxième comprenait le liant bassin du Danube et ceux de ses affluents le Lech et l'Isar, avec les villes d'Augusta Yindelicorum (Ausrsbourii) et Regina Castra (Ratisbonne).

Le Norique riverain s'étendait le long du Danube, de l'Inn aux portes de Yienne, avec les cités de Juvavum (Salzbourg) et Laureacum (Lorch).

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Le Norlque méditerranéen ou inlérieur comprenait les liantes vallées alpestres de la Salza, deFEnns, de laMuhr,de la Drave, avec les villes de Yiriiniim et Amona, qui ont disparu.

La Pannonie première et la Pannonie seconde se partaj^eaient la région qui s'étend au pied des Alpes, jusiju'à la zone riveraine du Danube entre ce fleuve au nord, la Drave au sud. Dans la première était YindoLona (Vienne), dans la seconde Carnuntum (ruinée, à l'est de Vienne).

La Valérie rioeraine s'allongeait le long' du Danube jusiju'à la Save; elle renfermait la ville d'Aquincum (Bude).

La Savie com})renait le bassin de la Save, avec les inijjortantes cités de Siscia (Sisek) et Sirmium (Mitrovitza).

La Dalmatie comprenait la Dalmatie actuelle, mais s'avançait bien plus }>rofondément dans l'intérieur; les villes }»rincipales étaient Salone et Narona.

La Vénétie et Istrie s'étendait jus(|u'à l'Adda avec Aquilée, Vérone, Trente, Bergame.

La Ligurle comprenait la moitié occidentale du bassin du Pô, au nord et au sud du fleuve, avec Milan et Turin.

Les Alpes Coltlennes correspondaient au Piémont occidental, avec Segusio (Suse) et Bi'igantium (Briançon).

\jE7nilie était au sud du Pô; le long de la chaussée à laquelle elle avait emprunté son nom, s'échelonnaient Plaisance, Parme, Reggio, Modène, Bologne.

La Fkimlnle et Plcenuni annonaire était lancien territoire ombrien et gaulois, plus la région du J'icenum qui s'étendait au pied de rA})cnnin, près de la mer, avec les cités de Havenne, Ariminum (Himini), etc.

l^a Valérie riveraine était administrée par un duc; la Savie [lar un correcteur ; la Vénétie et Istrie, la Ligurie, l'Emilie, la Flaminie et Picenum, la Pannonie seconde, par un consulaire; toutes les autres jti-ovinces })ar un président.

Le diocèse* de Rome comprenail dix jirovinces : La Tuscie et (hnhrie s'éleiidail entre l'Apennin, le Tibre et la mer; le chef-lieu était Volsinies (Bolsena).

La Flaminie et Picenum suhurhicaire comprenail la zone

nîonlaiiiiouse de ces deux provinces , région de l'Apennin central.

La Valérie en avait été détachée; elle correspondait à l'ancienne Sabine, un }>eu accrue; TiJjur (Tivoli) et Fidène en faisaient partie.

La Campante était formée de l'ancienne Campanie, accrue de presque tout le Latium et de la haute a allée du Yulturne; le chef-lieu était Capoue.

Le Samnium avait conservé à peu près ses anciennes limites autour de Bovianum (Bojano); on en avait détaché au sud le pays des Hirpins donné à la province suivante, mais il avait gagné celui des Frentans, par lequel il touche à l'Adriatique.

Jj'Apulie et Calahre dépassait les limites de la riche plaine de l'Adriatique; à l'est, le Bradano la séparait de la Lucanie; au nord-est, elle touchait à la Campanie et comprenait Bénévent.

La Lucanie et Brultium renfermait les montaanes du sudouest de la péninsule; son chef-lieu était Rhegium (Reggio).

Les îles de Sicile, àc Sardaigne et de Corse formaient les trois <lernières provinces du diocèse de Rome.

La Valérie, le Samnium, la Sicile, la Sardaigne, la Corse, étaient administrées par un président; l'Apulie et Calahre, la Lucanie et Bruttium par un correcteur; toutes les autres provinces par un président.

Le diocèse d'Afrique comprenait cinq provinces :

La Byzacène correspondait à peu près à la Tunisie centrale et méridionale, avec Hadrumète (Sousse), Suffetula, Thelepte, Capsa, etc.

La Xuniidie correspondait à notre })rovince de Constantine, avec Constantine, Ilippone (Bône), etc.

La Mauritanie Silifienne et la Mauritanie Césarienne étaient ainsi nommées de leurs capitales Sitifis (Sétif) et Caesaraea (Cherchell).

La Tripjolitaine.

Les deux jircmières jtrovinces étaient administrées par un consulaire, les trois autres par un président.

La province à" Afrique (Tunisie septentrionale), avec l'opulente Carthao'e, formerait une sixième province; mais elle relevait directement de l'empereur, et non pas du vicariat d'Afri(jue. Elle était administrée par un ^^roconsi^/.

La préfecture du prétoire dillyrie comprenait douze provinces :

AjAchaïe, l'ancienne Grèce, était administrée par un proconsul; les onze autres se répartissaient entre les diocèses de Dacie et de Macédoine,

Le diocèse de Dacie était situé au sud du Danube, ce nom ayant été appliqué à une partie de la Mésie après l'évacuation de la véritable Dacie \ et comprenait cinq provinces :

La Mésie première correspondait à peu près à la Serbie actuelle; elle renfermait la forte place de Singidunum (Belgrade) au confluent de la Save et du Danube, Margus (sur la Morava), Yiminacium (Branitchévo).

La Dardanie était au sud de la précédente province, au cœur de la péninsule balkanique, dans la région des sources de la Morava, de la Drina, du Vardar, avec les villes de Pristina (Prischtina), Ulpiana (Lipljau), Scupi (Uskub).

La Prévalitane s'étendait à l'ouest de la Dardanie, jusqu'à l'Adriatique, autour de Scodra (Scutari).

La Dacie méditerranéenne correspondait au sud-ouest de notre Bulgarie, avec les cités importantes de Naissus (Nissa) et Sardique (Sofia).

La Dacie riveraine était au nord de la précédente, le long du Danube: parmi ses villes était Uatiaria.

Jja dernière de ces provinces avait à sa tète un duc, l'avaiildernière un consulaire, les autres un j^i'ésidetit .

1. Transylvanie, Moldavie, Valachie, Bessarabie, Biikovine, Hongrie orientale : c'est le pays oceiipé anjoard'luii par la race roumaine, qui descend en partie des anciens colons de Trajan et qui parle une langue en majeure partie dérivée du latin.

Le diocèse de Macédoine était formé de six provinces :

ha Macédoine proprement dite comprenait la moitié méridionale de l'ancien royaume d'Alexandre, avec Thessalonique (Salonique). Philippes.

ha. Macédouis salutaire en avait été détachée au nord.

La Thessalie, VEpire nouveau ou septentrional, VEpire ancien ou méridional. Les villes principali^s de ces trois provinces étaient respectivement Larisse, Dyrrachium (Durazzo), Xicopolis (Prévésa).

La Crète.

La Macédoine propre et la Crète étaient administrées par un consulaire, les autres par un président.

La préfecture du prétoire d'Orient était la plus vaste et la plus riche de l'Empire; elle était subdivisée en cinq diocèses : Thrace, Asie, Pont, Orient, Egypte. De plus, le proconsulat d'Asie, l'ancienne lonie, relevait directement de l'empereur et on V rattachait les provinces des Iles (Gyclades, Lesbos, Chios, Samos, Rhodes), administrée par un président, et {YHellespont, administrée par un consulaire.

Le diocèse de Thrace comprenait six provinces :

La Mésie deuxième, entre le Danube et les Balkans (Bulgarie orientale), avec Xicopolis (Nikopoli) et Marcianopolis (Péréïaslaf).

La Scjjthie. à peu près représentée par la Dobroudja.

La Thrace répondait au bassin supérieur de la Maritza; sa ville centrale était Philipjtopolis.

h'Haemimont se trouvait à l'est, vers la mer Noire: son cheflieu était lladrianopolis (Andrinople).

La province du Rhodope s'étendait autour de la monta,L'"ne de ce nom jusqu'à la mer Egée.

h'Europe comprenait les environs de ('onslantinople. la rive européenne de l'IIellespont.

La Thrace et l'Europe obéissaient à un consulaire, les autres à un président.

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Le diocèse d'Asie comprenait huit provinces, situées à l'ouest et au sud-ouest de l'Asie Mineure :

La Lijdie et la Pamphylie avaient des iiouverneurs consulaires; la Carie, la Lycie, la Pisidie, la Lijcaonie, la Phryyie pacifiée ou occidentale, la Phryyie salutaire ou orientale obéissaient à des présidents.

Le diocèse de Pont comprenait onze provinces : La Bithynie (avec ]S'icomédie et Nicée) et la Galalie projirement dite étaient administrées par des consulaires ; la Paphlayonie par un correcteur; les autres par des lorèsidents. C'étaient : VHonoriade, formée entre la Bithynie et la Paphlaii-onie, avec six cités enlevées à ces provinces; VHélénopont, moitié occidentale du Pont, avec Sinope et Amasia: le Pont Polémoniaque ou oriental, avec Trapezus (ïrébizonde) ; la Galatie salutaire; la Cappadoce première ou septentrionale, avec Césarée (Kaisarieh) ; la Cappadoce seconde ou méridionale, avec Tvane (Kara-Hissar) : V Arménie première, avec Sébaste (Sivas); Y Arménie seconde, au sud, avec Mélitène (Malatia). Ces deux Arménies étaient séparées par l'Euphrate de la Grande Arménie, pays vassal, non organisé en province.

Le diocèse d'Orient est lancienne Syrie, accrue de la Cilicic, des pavs du moyen Euphrate et de la Palestine. Nous y trouvons quinze provinces :

Ulsaiirie.

La Cilicie première ou occidentale, avec Tarse.

La Cilicie seconde.

La province de V Euphrate [Auyusta EupJiratensis) était située à droite de ce fleuve; elle comprenait l'ancienne Commagène avec Hiérapolis.

Dans la boucle de l'Euphrate était VOsroene, avec Carrhes, Edesse, etc.

Plus à l'est, la Mésopotamie, avec Nisibis.

Au iioid, la Sophène, formant une salrajiie (|ui n'avait pas rang de j)rovince.

La Syrie jiremière renf<M-mait la grande ville d'Antioche.

A Test, la S une seconde, avec Apamée (Famieh).

La Phénicie.

L'île de Chijpre renfermait (ropiilentes cités commerciales.

La Phénicie du Liban comprenait les cités de l'intérieur, Damas, Emèse, Palmyre.

La Palestine première renfermait Césarée et Jérusalem.

La Palestine seconde s'appelait encore Palestine salutaire ou Arabie du Liban; elle comprenait la région à l'est du Jourdain, avec la ville (depuis ruinée) de Bostra.

]j Arabie s'étendait plus au sud; elle avait pour capitale Petra.

L'Isaurie était administrée par un comte militaire, l'Arabie par un duc; la Bithynie, la Galatie propre, la Cilicie première, la Syrie première, la Pliénicie. la Palestine première, par un consulaire; les autres provinces par un président.

Le diocèse d'Egypte avait à sa tète un préfet (prœfectus auf/ustalis), conformément à la tradition romaine impériale. De ses six provinces, l'Augustamnique avait à sa tète un correcteur, les autres des présidents.

\jE<jDpte proprement dite représentait la partie occidentale de la Basse Egypte et du Delta, avec Alexandrie. JuAugusta/nnique formait la moitié occidentale avec Péluse. hArcadie correspondait à la Moyenne Egypte, avec Memphis, Arsinoé; la 71iébaide à la Haute Egyjite, depuis Herm()[iolis jusqu'à Phikc. La Libye supérieure était l'ancienne Cyrénaique. La Libye inférieure était la province comprise entre celle-ci et l'Egvpte, avec la ville de Parœtonium et l'oasis d'Ammon.

BIBLIOGRAPHIE

Dooiiiuciitiîi. — L'Empire romain aux iv" et v>^ siècles nous est surtout connu par des documents officiels : le Codex Theodosianus (éd. Haenel, 18i2, 4'- édit. 1882j est un recueil des lois, des décrets et des lettres otïicielles des Empereurs jusqu'à v^ siècle; — la Notitia dignitatum [et adininistratioiium Oricnti^ et Occidentis) est une sorte d"almanach de l'Empire qui donne les titres de tous les hauts fonctionnaires impériaux au commencement du v« siècle (éditée par Boecking, 2 vol., 1839-53; rééd. par Seeck, 1877).

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Ammien Marcellin (Rciuia ticMarum lihri ///), l'historien le plus détaillé, le plus iulclllyeiit et le plus impartial du iv- sircle, iburnit des traits caractéristiques sur l'état de la société.

Les écrivains ecclésiastiques sont réunis dans la collection de l'abbé Migne. sous le titre de Patrolo(jie. 221 vol., 1844-.")7.

Liîvi*e«. — On trouvera une bibliographie dans : P. Viollet, Histoire des lat^titutions poliliques de la France, t. I, 1890.

Willems, le Droit public romain, 4° éd., 1888, donne un tableau complet de l'organisation sociale et politique de l'Empire au point de vue juridique. - E. Herzog, Geschichte und Sijstem der rornischcn StoatsrerfassuiKj, 2 V., 1887-91, est l'ouvrage -le plus récent sur la constitution de l'Empire. — Fustel de Coulanges, Histoire des institutions jiolitiqucs de l'ancienne France, 2'' édit., t. I, 1887, expose et discute avec une extrême précision les caractères du régime romain en Gaule. Dans les Recherches sur quelques problèmes d'histoires, 188o, du même auteur se trouve une excellente étude sur le colonat.

On peut consulter pour certaines questions spéciales les ouvrages suivants : Guiraud, les Assemblées pyrovinciales de l'Empire romain, 1887; — René Gagnât, /'f municipalibiis et provincialibus militiis in intpcrio romani». 18811; — Beurlier, Essai sur le culte des empereurs romains, 1870; — E. Desjardins, iirnijraphie de la Gaule romaine, 1876-85; — Jullian, la Transformation politique de l'Italie sous les empereurs romains, 188'{; — "Wallon, Htstoire de iesclaraqe dans l'antiquité; — H. Lemonnier, Condition privée des affranchis, 1887; — Am. Thierry. Rrrits de l'histoire romaine au v« siècle, quatre séries.

Guizot, Histoire de la civilisation en France, Rambaud, Histoire de la l'iritisation française, t. I, 1888, donnent un tableau de l'organisation romaine en (iaule.

L'histoire du iV siècle est racontée dans Duruy, Histoire des Romains, t. VIII; — Herm. Schiller, Geschichte der n'anischen Kaiserzeit, t. II, 1887; — H. Richter,i>«s westro'niische Reich unler den Kaiscrn Gratian und Valenlinia)), 1 86 k

Pour l'histoire des derniers temps du paganisme : Beugnot, /'/ Destruclion du paganisme, 2 v., 1830, ouvrage estimable en son temps, aujourd'hui arriéré; — G. Boissier, la Fin du paganisme, 1890, d'une lecture intéressante et agréable; — V. Schultze, Geschichte der Untergangs des griechischromischen Heidenthunis, 1S92; ou peut consulter aussi Aube, les Chrétiens dans l'Empire romain ; — De Broglie, l Église et FEmpire romain au iV siècle. 18.jG-18:i9.

Martigny, Dictionnaire des (intiipiités chrétiennes, 1877, donne les renseiirnements sur l'orL'anisation de l'Eglise.

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