‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 16 sur 192 · I. Le monde barbare. — Les Germains · texte numérisé non relu

I. Le monde barbare. — Les Germains

Tableau général du monde barbare au IV' siècle.

— Rome alTeolait de croire que son maître était « le maître ilu monde », que son Empire comprenait toute « la terre habitée », œ/ïouméné. Il lui fallait liien se rendre compte ce})endant qu'à l'est du Rhin, au nord du Danube, à l'est de l'Euphrate et du Tigre, dans les déserts de l'Arabie et de l'Afrique, au delà des murs «riladrien et de Se[ttim(^-S(''vère et de la mer dllibernie, il y avait des peu[)les «jui ne reconnaissaient pas ses lois. Alors, comme autrefois les (iiecs, elle donnait à ces hommes qui ne parlaient pas sa lantiiie le nom commun de Barbares.

Immense était ce m(»M(b' des Barbares : d'abord les Celtes de Calédonie et dllibernie; en Afrique, ces peuplades maures, numides, libyennes, qui, errant hors des frontières de l'Empire ou cantonnées siii- les hauteurs du Rif et du Djmdjura, n'étaient romaines que de nom; [niis les tribus éthiopiennes qui commençaient aux cataractes du Nil; puis les Sarrasins de l'Arabie et de la Mésopotamie: puis, sur l'autre riv<' du Tipre,

les Perses, adoraleurs du feu. Mais de tous ces jieuples ne venaient pour le moment que des résistances ou des dang-ers locaux, car l'heure de la race arabe n'était pas encore venue.

Plus redoutable était ce monde barbare qui venait battre les frontières romaines du Rhin et du Danulie. L'cthnoaraphie moderne y distingue cinq grandes races :

La race germanique peut se diviser en deux branches : la teutonique et la gothique.

1" La race teutonique, qui était la mieux connue des Romains, ({ue Tacite, au n" siècle, avait décrite, que le commerce ou la guerre mettaient en relations continues avec l'Empire, avait été depuis le n"" siècle profondément modifiée dans ses organisations sociales et dans la distribution géog-raphique de ses peuplades. Contenue à l'ouest et au sud par la lig-ne de fer des retranchements romains, elle subissait du côté de l'est la poussée d'autres races. Si jamais elle avait été Araiment attachée au sol, il semblait qu'alors elle s'en arrachât et que, sous l'action de courants et contre-courants mal connus des Romains, ses nations ne cessassent de se déplacer, de se dissoudre et se réorganiser sous d'autres formes, avec d'autres éléments et sous d'autres noms.

Sur la rive droite du Rhin, de ses bouches jusqu'au Main, dans le pays oii Tacite n'avait vu que des Sicambres, des Bructères, des Chamaves, des Tenctères, des Cattes \ il y a un amalgame ou une confédération de peuples qu'on appelait d'un nom nouveau : les Franks.

Entre la mer du Nord, le Rhin et l'Elbe, principalement dans le bassin du Weser, les anciens Angrivares, Chauques, Frisons, Ghérusques, se sont confédérés sous le nom nouveau de Saxons:

A ceux-ci paraissent se rattacher, au nord, les Angles - et, au sud, les Thuringiens.

Dans l'angle formé par le Riiin et le Danube, les anciens peuples, mêlés d'émigrants de toutes langues (dissoni) et de toutesnations {ail uiann), s'est formée hi coiifédt'ralion ou nation des

l.Le nom des Cal'es s'est conservé, aux mêmes lieux, dans celui des Hessois. ■2. Dans le Slesvij^-Holstein d'aujourd'hui. Voir, ci-dessous, le chapitre in.

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