‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 159 sur 192 · LES HONGROIS T · texte numérisé non relu

LES HONGROIS T

exterminée , réduite en servag^e ou mise en fuite. Quand l'histoire fait de nouveau mention de la Moravie, plusieurs siècles après, elle n'est jdus (juune province de la Bohème.

Invasions hongroises. — Pendant un demi-siècle, les Magyars épouvantèrent l'Europe de leurs dévastations : l'Empire carolingien n'existait plus, l'Empire germanique n'existait pas encore, l'Italie et l'iVUemagne étaient divisées et morcelées; dans cet intérim de tous les pouvoirs, la chrétienté tentait la cupidité de tous les coureurs d'aventures. A plusieurs reprises l'Italie fut envahie; des handes magyares pénétrèrent en Provence, en Lorraine, en Champagne. On prétend que les habitants de quelques villages de la Lorraine ont ces Magyars pour ancêtres. L'Allemagne surtout fut effroyablement ravagée. Eu DO", elle avait subi une terrible défaite, dans laquelle « la race des Bavarois fut presque anéantie ». La domination des Allemands sur la Pannonie fut détruite pour toujours; leurs colonies à l'est du Wiener-Wald disparurent, et la Marche orienlale fut alnindonnée aux Magyars. Pendant un demi-siècle, la Germanie presque entière fut ravagée par ces Barbares. Arrêtés devant Mersebourg par Henri de Saxe (933), ils furent enfin écrasés j)ar Otto I" à la bataille du Lech (9oo). On a souvent exagéré les conséquences de la bataille de 935; ce qui est vrai, c'est que les Magyars avaient subi des pertes sensibles. L'Allemagne se réorganisait : ils auraient subi le sort des Huns et des Avars, s'ils n'avaient accepté le cbristianisme et fondé un véritable Etat. L'œuvre de transformation fut accomplie par Etienne I''' (jui. bien plus (|u"Arpad. doit être considéré comme le vérilaJjle inlioihiclcur des Magyars en Eurr)pe.

Conversion des Magyars — Quelques missionnaires étaient déjà venus de Byzance: ce fut cependant de l'Occident que les Hongrois reçurent le cbristianisme. Le zèle des j)rètres chrétiens, qui ne voulaient })as abandonner à la perdition les milliers de prisonniers emmenés d Allemagne, fut appuyé par l'ambitieux évèque de Passau. Pilgrim. Il espérait, en étendant de ce côté le territoire chrétien, justifier ses prétentions au litre d'archevê<jue. La conversion. jiré[iarée par le contact incessant des vainqueurs avec les populations clirétiennes, fut

singulièrement favorisée par le baptême du grand chef Geizaf *, dont la domination immédiate comprenait la Hongrie occidentale et qui résidait à Gran. Il avait épousé la belle princesse, fille d'un chef déjà chrétien. Le baptême ne le changea guère, mais il tourna sa cruauté contre ceux qui repoussaient la foi nouvelle. Comme par le passé, cependant, il sacrifiait lui-même aux anciennes idoles : il était assez riche, répondait-il aux reproches de son évêque, pour servir deux divinités. Des relations plus amicales avaient commencé à s'établir avec les princes allemands voisins. Geiza demande la main de Gisèle, sœur du duc de Bavière, Henri HI, pour son fils Etienne (995-1038). Etienne écrasa à Yesprim une insurrection du parti national et païen, et établit solidement le christianisme. Il fonda des cloîtres, des évêchés; Gran fut le siège de l'archevêque métropolitain. D'ordinaire, les Allemands ne voyaient pas sans irritation l'institution d'églises nationales et indépendantes : Etienne sut habilement mettre à profit les tendances mystiques de l'empereur Otton III. En l'an 1000, le pape Sylvestre II, pour le récompenser de son dévouement à la foi catholique, lui envoya la couronne rovale : le titre de Majesté Apostolique, que portent les rois de Hongrie, rappelle encore ces origines.

L'État hongrois; institutions de saint Etienne. — Etienne était pieux, mais il avait été surtout déterminé à accepter le christianisme par des considérations politiques. Il établit solidement l'autorité monarchique ou, plus exactement, il fit véritablement une monarchie de ce qui n'était auparavant qu'un haut commandement militaire. Il créa l'unité nationale, en soumettant le pays tout entier à des lois communes et à une administration semblable. Beaucoup des lois d'Etienne sont textuellement copiées des lois germaniques, mais d'autres aussi révèlent l'influence exercée sur les Hongrois par les Slaves au milieu desquels ils s'étaient établis. Le pays est divisé en comtés {comitats), dont le centre est le château royal et dont le chef est un comte, ispan (du mot slave joupan). Le roi, chef suprême de l'Etat et muni de pouvoirs très étendus, est

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