Ou Carinthiens
quels le grand-joupan n'exerrait quiine autorité fort précaire ; il résidait à Rasa (Xovi-Bazar). dans la Yieillc-Serbio. Toute cette période de l'histoire serbe n'est qu'une longue suite de combats contre les Bulprares elles Byzantins, qui établissent tour à tour leur autorité sur ces régions. Au xi" siècle, le prince Michel reçut de Grégoire YII la couronne royale. La Serbie ne se développa réellement que sous la dynastie des Némania (1162 environ).
Les Croates, dans la Dalmatie. la Slavonie. la Croatie et la Hong-rie occidentale, s'avançaient jusqu'à la ïsetyna et au Vrbas. Partagrés en deux Etats (Croatie-Dalmatie et Croatie pannonienne). dont les princes furent souvent ennemis, ils furent tour à tour soumis aux Francs et aux Byzantins. Ils se rattachèrent un moment à l'église orientale, mais, dès la fin du ix^ siècle, se soumirent au pape. Les Croates de Pannonie devinrent sujets des Hongrois; les Croates de Dalmatie eurent une histoire fort accidentée et furent mêlés à toutes les guerres de la péninsule. La Croatie atteig-nit l'apog^ée de sa puissance sous Zvonimir. Après lui, des troubles intérieurs amenèrent une rapide décadence. En 1102, les Croates acceptèrent pour roi Koloman de Hongrie. L'union avait été volontaire : elle garantissait l'égalité complète et l'autonomie des deux pays; depuis lors, l'histoire de la Croatie se confond avec celle de la Hongrie.
Les Bulgares. — Comme les Slaves de Russie, les Slaves de Mésie durent à des conquérants étrangers leur organisation politique ; comme eux, ils reçurent le christianisme de Byzance et subirent l'influence de la civilisation grecque: comme en Russie enfin, un prince supérieur créa un grand empire, et son règne fut marqué par un remarquable essor de la civilisation : gloire éphémère à laquelle succède une longue anarchie.
Les Slaves du Danube inférieur avaient pour voisins à l'est, vers le milieu du vr siècle, un peuple d'origine ouralo-altaïque, les Bulgares. A diverses reprises, ceux-ci ravagèrent les contrées danubiennes jusqu'au moment où. en 679. sous la conduite d'Asparuch, ils s'établirent à demeure en Mésie. Les tribus slaves, que leurs divisions avaient contraintes à subir la suzeraineté des Grecs, n'oi)posèrent pas une très vive résistance
LES ETATS SLAVES DL' X^^ AU Xf SIECLE 731
aux conquérants qui les délivraient de maîtres délestés et qui. comme plus tard les Turcs, accueillaient volontiers dans leurs rangs les principaux chefs des vaincus. Les divers groupes slaves, désormais rassemblés dans un même royaume, prirent conscience de leur unité. Ils reçurent sans doute aussi des Bulg-ares leur organisation militaire, en même temps que leurs institutions politiques et sociales furent profondément modifiées.
La constitution des Bulgares était très aristocratique; lors de la conquête, la majorité des paysans avaient été réduits en servitude. Plus tard, l'influence byzantine contribua encore à accentuer le caractère à la fois oligarchique et despotique de l'Etat bulgare : ce qui explique et les rapides jirogrès de cet empire et sa prompte décadence. L'influence des Bulg-ares sur la race slave, au point de vue ethnog-raphique. fut au contraire assez faible. Les vainqueurs s'étaient vite mêlés aux vaincus : ils acceptèrent leurs mœurs, leur langue, et finirent par être complètement absorbés par eux; leur idiome n'a exercé aucune action sur le slave; les différences que l'on remarque entre le bulgare actuel et les autres dialectes slaves s'expliquent uniquement par le contact avec les Thraces-Illyriens; il n'v a pas de mots finnois dans le Aocabulaire des Slaves de la péninsule. Les Slaves prirent seulement le nom des conquérants ; comme en France, le nom de l'Etat l'emporta sur celui de la race.
Conversion des Bulgares. — Dès la seconde partie du IX® siècle, deux princes bulgares. Krum et Omortag, remportèrent de brillantes victoires et menacèrent Constantinople. Par ces succès mêmes, la foi chrétienne commença à jténétrer dans le pays : il y avait beaucoup de chrétiens }>armi les esclaves transportés en Mésie. Boris (852-888) reçut le baptême, et l'empereur Michel III lui servit de parrain (864 ou 865). Mais Boris n'entendait pas que sa conversion compromît l'indépendance de son peuple : il oscilla quelque temps entre Rome et Constantinople, offrant sa soumission à qui lui ferait les meilleures conditions. 11 finit par se décider jxiur Byzance (870). C'est certainement aussi vers celle époque que furent introduits chez les Bulgares les livres et la lilurgie slaves.
Le tsar Siméon : apogée du premier empire bulgare.
— Le fils de Boris, Siméon (892-92"), fut le premier tsar des Bulgares, et son règ-ne marque l'apogée de leur g-randeur. Les Grecs, vaincus dans une série de guerres, ne conservèrent plus que -<|uelques points des côtes et, à diverses reprises, Constantinople faillit être enlevée. La péninsule des Balkans presque entière, une partie de la Hongrie et de la Valachie, étaient soumises à Siméon; les Serbes reconnurent sa suzeraineté. Pour ne pas être inférieur à l'empereur grec, il prit le titre de César {tsar), «t, pour affranchir ses sujets des exactions du clergé byzantin, il -établit un patriarche à Preslav, sa capitale. Siméon s'entoura (l'une cour brillante ; il s'efforça de faire pénétrer dans son peuple la civilisation; élevé à Constantinople, on le nommait le demi- Grec, et ses flatteurs aimaient à le comparer à Ptolémée d'Eg-ypte. La littérature bulgare eut alors son âge d'or, et son importance historique est considérable. « Il n'est pas une seule littérature occidentale qui, à une époque aussi reculée, présente un si énorme bagage d'œuvres bibliques, liturg-iqucs, théolog-iques, empruntées aux Grecs '. » Ils traduisirent aussi ces récits héroïques et légendaires qui, au moyen âge, se répandirent dans toute l'Europe. Les premiers, les Bulgares firent du paléo-slave une langue vraiment littéraire, et leurs productions, répandues parmi tous les Slaves orthodoxes, contribuèrent à l'éveil des littératures nationales.
Causes de la décadence de la Bulgarie. — La grandeur de l'empire bulgare ne reposait que sur un homme. Siméon disparu, sa puissance ne lui survécut pas. L'unité nationale était encore mal affermie, et les boïars, qui gouvernaient de grands fiefs ou de petits Etats, devaient nécessairement aspirer à l'indépendance et affaiblir la résistance en face de l'étranger. Menacée par les Grecs, la Bulgarie eut en môme temps à combattre les Magyars, les Petchénègues, les Polovtsi et les Russes. De plus, son élévation avait été trop rapide et son développement trop instantané. Gomme le dit très justement Hilferding, « son premier éveil à la civilisation avait eu quelque chose de peu