‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 31 sur 192 · LE ROYAUME WISIGUTH EX GAULE ET EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

LE ROYAUME WISIGUTH EX GAULE ET EN ESPAGNE

(419-451), fait des tenlalives répétées pour metire la main sur Narbonne et sur Arles. En 425, il assièire Arles; en 430, nouveau sièg-e ; puis il attaque Narbonne ; chaque fois Aétius le repousse. En 439, Théodoric reparaît devant Narbonne; le comte romain Litorius le poursuit jusqu'à Toulouse, mais il est battu et fait prisonnier. Il y a dans ces izuerrcs des AVisigoths, comme dans celles des Ostrogoths, un manque de force et de suite qui s'explique par la mauvaise organisation militaire des Barbares et par la force de résistance que gardait l'Empire. Les villes gauloises se défendaient vaillamment d'elles-mêmes. C'est pourquoi, bien que sa victoire sur Litorius paraisse avoir été importante, elle ne servit de rien à Théodoric. Une ambassade d'Avitus, préfet du prétoire, suflit à le calmer. Avitus était un Gallo-Romain d'Arvernie, fidèle serviteur de l'Empire, (]ui depuis longtemps avait fait à Toulouse la connaissance de Théodoric; vaillant soldat, avec quelque façon de bravoure gauloise, payant volontiers de sa personne. C'est comme préfet des Gaules qu'il traita avec Théodoric et obtint qu'il renonçât à ses prétentions.

Les Wisigoths sont depuis près de vingt ans dans la Gaule méridionale; il y a longtemps qu'ils n'avaient fait une si longue résidence. Si l'on en croit Salvien, les Romains étaient fort contents de leurs hôtes (hospites). Par cela même qu'ils duraient, les Wisigoths acquéraient des titres à la possession définitive et réelle du sol. Aétius ne songe pas à les déposséder; c'est précisément pour les contenir et tirer le meilleur parli possible de cet état irrémédiable qu'il oppose Barbares à Barbares, établissant des Alains à Valence, les Burgondes en Savoie. Il lui fallut certes beaucoup d'habileté pour réunir leurs forces contre les Huns. Ce fut Avitus qui décida Théodoric à venir, autant, semble-t-il, comme allié que comme serviteur de l'Empire. C'est que, par la force des choses, des distinctions se faisaient entre les ditïerents peuples barbares et que le degré d'indépendance variait avec la force. Théodoric fut tué dans la bataille où l'on défit les Iluns; son fils Thorismond fut élevé sur le pavois et proclamé roi à sa place. Il voulait venger son père en forçant les Huns dans leur camp. Aétius l'en dissuada,

ciai^mant, affirme Jornandès, (jiie rexterminalion des Huns ne fil des Goths les maîtres de TEmpire.

De retour à Toulouse, Thorismond recommença les tentatives de son père sur Arles; il l'assiéprea, mais s'arrêta devant les représentations du préfet du prétoire Ferréol. Il fut assassiné quand il rentra chez lui (i53).

Théodoric II (453-466). — Son frère Théodoric II le remplaça. Peu après, on apprit qu'Aétius avait été égoriré par Valentinien II, Yalentinien II par Maxime, et que Genséric s'apprêtait à porter la guerre à Rome. Ce fut en Gaule un moment de désordre g-énéral, chaque peuple sortant de son cantonnement, et les Saxons commençant à piller les côtes. Dans ces conjonctures, Maxime s'adresse à Avitus. qui vivait retiré dans sa villa, et le nomme maître de la milice. Avitus vint trouver Théodoric II qui, s'il faut en croire Sidoine, le remercia do lui avoir fait donner par son père une éducation romaine. Cette honne entente fut bientôt scellée par une entreprise faite en commun. Au moment où Avitus était chez Théodoric, on savait la prise de Rome par Genséric et la mort de l'empereur Maxime. Théodoric propose à Avitus de prendre l'empire pour lui et c'est dans une assemblée des Gaules qu'Avitus est proclamé. Elle fut tenue à Ugernum (Beaucaire). La Gaule ne s'insurgre pas contre l'Empire; Théodoric pas davantage : on fait un empereur, et très solennellement; après quoi on le fait reconnaître par Marcien, qui régrnait à Constantinople, et par le sénat romain. Avitus part pour l'Italie, oîi on l'acceptait, avec son gendre Sidoine, qui rédigée son panégyrique. A Rome il est sans force réelle, ne pouvant compter sur Ricimer qui commande les milices barbares; mais en Gaule on le respecte et on lui obéit. C'est à son instig:ation que Théodoric II va faire la guerre en Espagne aux Suèves, qui, depuis le départ des Vandales, s'étendent de la Galice vers la Lusitanie et la Bétique : guerre de dévastation sauvage qui dure deux ans. Cependant Avitus, trahi par Ricimer, proscrit par le sénat, est mort sur la route des Gaules. Ceux (|ui l'avaient élevé n'ont pas réussi à faire un nouvel empereur. Un Gaulois, Pœonius, s'est contenté d'usurper les fonctions de préfet du prétoire. Théodoric II lap-

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