‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 46 sur 192 · EMPEREURS DES MAISONS DE THÉODOSE ET DE TIIHACE · texte numérisé non relu

EMPEREURS DES MAISONS DE THÉODOSE ET DE TIIHACE

du général franc Bauto (août 395). A son retour, Rulin, })Our se venger, aurait, d'après une accusation d'ailleurs fort contestée, attiré lui-même les Barbares dans Tempire. On a au plus haut l'invasion d'Alaric \ A Constantinople, Rufîn avait été assassiné par le général goth Gainas, au moment oii il allait se faire proclamer César par Arcadius (novembre 395). L'eunuque Eutrope gouverne. De naissance servile, ayant pratiqué les plus vils métiers, chassé par tous ses maîtres comme trop vieux et trop laid, il est entré au palais pour commencer à y être la risée des derniers esclaves, pour y finir en maître de l'Empire. Tandis qu'il amuse Arcadius par des festins, des jeux, des courses, il trafique de tout, soulève l'Afrique contre Stilicon, affame l'Italie. En 399, l'eunuque est proclamé consul. Une conspiration se forme au gynécée, dans laquelle l'impératrice Eudoxie a pour allié le patriarche de Constantinople, saint Jean Chrysostome. Eutrope est renversé (399). Le Goth Gainas hérite de son pouvoir. Enfin, après de nouveaux troubles, commence le règne d'Eudoxie, et l'Empire tombe en quenouille jusqu'à ce que sa mort (404) vienne enfin délivrer Arcadius de cette longue tutelle. Il meurt quatre ans après (408).

Théodose II. — Sous son fils, empereur à l'âge de sept ans, le palais, comme le dit avec enthousiasme l'historien ecclésiastique Socrate, devient un véritable monastère que dirige Pulchérie, la sœur et la tutrice de l'empereur. On y prie, on y jeune, on y chante des hymnes, mais on y gouverne peu et mal. « Sous le règne de Pulchérie, écrit le païen Eunape, qu'on pourrait, il est vrai, soupçonner de partialité, les nations étaient mises en vente pour ceux qui désiraient acheter des préfectures; on se les disputait sur des tables publiques comme des marchandises au marché. » L'éducation puérile que donna Pulchérie à Théodose en fait, non pas un empereur, mais un fantôme de parade. « Elle lui apprit à avoir dans les cérémonies un maintien grave et digne d'un empereur; elle lui apprit aussi comment il devait porter son costume, s'asseoir et marcher, comprimer son rire, et, selon le temps et le lieu, se mon-

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