Voir, ci-dessus, au chapitre ii
trer tantôt doux, tantôt redoutable » (Sozomène). Cette éducation porta ses fruits. Incapable de rég-ner, Théodose laisse agir soit Pulchérie, soit des favoris comme l'eunuque Chrysaphe. Il signe ce qu'on lui présente, abandonne môme le soin de le marier à sa sœur, qui choisit Athénaïs, la fille d'un philosophe d'Athènes, plus tard disoraciée. Il partage son existence inutile entre l'église et le cirque, discute avec les évêques « comme un vieux prêtre », se mêle aux factions de l'Hippodrome. En outre, il est soupçonneux et cruel, il fait mettre à mort un de ses amis d'enfance, Paulin, qu'il accuse de relations coupables avec l'impératrice. Il disgracie le préfet Cyrus, qui avait étendu et embelli la ville, jaloux de l'avoir entendu acclamer au cirque. Pendant ce temps le désordre est partout. En Asie, les Isauriens sortent de leurs montagnes, s'emparent de Séleucie, ravagent la contrée environnante. De tous côtés, les frontières sont attaquées : les Perses se préparent à la guerre ; les Sarrasins i>illent dans leurs incursions les contrées orientales; les Vandales désolent les côtes ; enfin la grande invasion des Huns semble menacer l'Empire d'une ruine définitive '. Déjà, avant 43 i, Théodose avait dû traiter avec le roi hun Uona et lui payer tribut. Attila réunit sous ses ordres toutes les forces des Huns et pendant sept ans dévaste et humilie l'Empire. Pour se débarrasser de lui. Théodose songe à l'assassiner. Il essaie de corrompre un des envoyés d'Attila, Edécon, qui, de retour, dévoile tout à son maître. Priscus, attaché à l'ambassade qui vers cette époque alla le trouver (418), a laissé une relation de son voyage. Il n'essaie point de cacher les humiliations que devaient endurer les envoyés de l'Empire : Attila leur ordonne tantôt de partir, tantôt de rester; il les oblige à de longs voyages à travers des contrées sauvages; s'il les invite à sa table, il les ])lace après des Barbares. Puis il envoie des ambassadeurs huns reprocher à Théodose sa lâcheté et sa perfidie : « Théodose, lui disent-ils, s'est rendu indigne du rana' de ses ancêtrès, et, en consentant à payer un tribut, il est descendu à la condition d'esclave. Son devoir est donc de respecter celui que
i. Voir, ci-dessus, au chapitre ii.