‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 69 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

/. — La décadence mérovingienne.

Les successeurs de Dagobert. — Au vu" siècle, la décadence des MéroA'ingiens fut rapide. A la mort deDagobert (638) on entre dans le chaos ; après un demi-siècle de troubles (638-687), l'ancienne dynastie est définilivement éclipsée ; sous le nom des rois fainéants régnent les chefs de la famille carolingienne qui, au milieu du vm" siècle, prendront la couronne. Nous avons expliqué les principales causes de la ruine des Mérovingiens; il y faut ajouter la décadence physique d'une race de rois épuisés dès l'adolescence par la jouissance du pouvoir, et qui n'arrivent plus que rarement à l'âge d'homme.

A parlir de 638, deux enfants régnent, les fils de Dagobert : Sigebert II en Auslrasie; Clovis II en Neustrie et en Bourgogne. Glovis est placé sous la tutelle de sa mère Nanthilde. En Neustrie, ^Ega (mort en 640), puis Erchinoald sont maires du palais; ils ont gouverné selon les vœux de l'aristocratie. En Bourgogne, Nanthilde voulut établir un maire du palais; elle y parvint après une négociation prolongée avec les grands, laïques et ecclésiastiques; ils élurent Flaochat (641). L'année suivante, Nanthilde et Flaochat meurent.

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En Austrasie, Pépin rAncien, qui s'est fcim ou (|u'()n a tenu {lansroml)ro pendant le règne de Dagobert, reparaît et gouverne le royaume au nom de Sigel»ert. Il meurt en 039, laissant de grands regrets. Son fils Grimoald lui succède, mais ajtrès avoir eu à combattre un rival (6i2). L'hérédité s'établit.

En 656, Sigebert II meurt; alors Grimoald met la main sur Dagobert, fils du roi défunt, le fait tondre, l'envoie en Irlande et met à sa place son propre fils Childebert. Les Francs n'acceptèrent pas cette usurpation. Ils conduisirent à Paris, devant Glovis II, Grimoabl, qui fut condamné à mort. Les Francs de l'est avaient-ils gardé leur fidélité à la dynastie mérovingienne? étaient-ils jaloux de Grimoald? irrités que celui-ci n'eût pas au moins appelé les grands à élire son fils, en un temps où l'aristocratie concourait à tous les actes politiques? On ne sait. En tout cas, l'antagonisme entre la Neustrie et l'Austrasie n'est pas marqué dans cette aventure. Clovis II fut alors roi de tous les Francs. C'était un vrai personnage de la décadence mérovingienne, ivrogne, vicieux, débauché. Il mourut cette année môme (6oG).

Il laissait trois fils, trois enfants : (llotaire III, qui est seul roi jusqu'en GGO, puis se réduit à la Neustrie et à la Bourgogne; Childéric II, qui en 660 règne en Austrasie; Thierry III. Leur tutrice était leur mère Bathilde, esclave franque achetée, qui avait été la servante d'Erchinoald avant de devenir reine, puis nonne, puis sainte. Erchinoald, ensuite Ebroïn sont maires du palais de Neustrie et Bourgogne, Wulfoald en Austrasie. En 064, Bathilde se retire au monastère de Chelles.

Ebroïn et saint Léger. — Ebroïn a été un maire du palais, élu par les grands. On ne sait pas bien ce qu'il a voulu. Il est exécré des écrivains de son temps, à cause de sa lutte contre saint Léger et les grands. Aussi fait-on de lui un champion de la monarchie et un héros de la Neustrie, considérée comme défendant le principe monarchi<jue. Oci n'est vrai qu'en très petite partie. Ebroïn a été un des violents les plus violents de ces temps de violences; il a agi, il s'est défendu, il a attaqué. Il est vraisemblable (ju'il n'a travaillé que pour lui. Son histoire, il nous faut la chercher surtout chez les panégyristes de son

ennemi saint Léger, qui ne lui ménag-ent pas les accusations. La dureté qu'on lui reproche, la facilité <à verser le sang sont certaines. 11 a défendu son autorité à coups ,de hache, sans regarder s'ils tombaient sur des laïques ou sur des gens d'église. Il semble aussi qu'il a voulu mettre de l'ordre dans ce chaos qui se compliquait sans cesse. Il avait défendu aux gens de Bourgog^ne de venir au palais sans y être mandés. Son rôle est celui d'un maire du palais qui est le vrai roi, et lutte contre cette aristocratie que nous avons vue se former.

Il y a, dans cette histoire d'Ebroïn, une première crise en 670, lorsqu'à la mort de Clotaire III il fait roi, de son autorité, Thierry 111, sans consulter les grands ni les convoquer pour l'exaltation du nouveau souverain. Ebroïn empêche une assemblée de grands qui voulaient se réunir auprès de Thierry. Alors ceux-ci se tournent vers GhildéricII, qui régnait sur l'x^ustrasie. Tout à l'heure, au temps de l'usurpation de Grimoald, les grands d'Austrasie se sont réfugiés vers ceux de Neustrie; maintenant ceux de Neustrie se réfugient auprès du roi d'Austrasie. L'opposition de principes entre les deux régions est donc tout à fait fausse. Il n'y a dans cette histoire pas d'autre fait que la lutte de l'aristocratie contre toute autorité qui la gêne. L'aristocratie neustrienne et bourguignonne n'est pas moins barbare que l'autre; par le fer et le feu elle force les récalcitrants à suivre. Ebroïn, seul contre la révolte, se réfugie au pied des autels. C'était le grand refuge. Il est enfermé au monastère de Luxeuil, Thierry III à celui de Saint-Denis (670).

L'évêque d'Autun, saint Léger, avait conduit cette révolte. Les grands demandèrent au roi Childéric de décréter la séparation complète des trois royaumes de Neustrie, Bourgogne et Austrasie; les administrateurs de chacun ne pourraient passer dans l'autre. Peut-être même voulait-on établir pour la mairie du palais une sorte de roulement, permettant aux chefs de l'aristocratie de l'occuper tour à tour. Ce beau gouvernement ne dura (juc trois ans. Childéric lassé, semble-t-il. de la tutelle de saint Léger, l'envoya à Luxeuil rejoindre Ebroïn. L'abbé de Luxeuil réconcilia les deux ennemis et les fit communier ensemble.

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Bientôt on apprit la mort de Childéric, assassiné par un Franc qu'il avait fait battre de verges (673). L'anarchie fut complète. Ebroïn et saint Léger, sortis ensemble de Luxeuil, ne furent pas longtemps d'accord. Ils commencèrent par jouer avec des personnages royaux : saint Léger tenant pour Thierry (ju'il a renversé, Ebroïn pour ('lovis contre Thierry qu'il a élevé. C'est Ebroïn qui finit par l'emporter; il bat Thierry avec une armée amenée d'Austrasie et formée évidemment de clients personnels; il fait tuer Leudesius, fils d'Erchinoald, maire du palais de Neustrie, prend sa place et, quand Thierry l'a reconnu, il rend Clovis à l'oubli. Le voilà redevenu maître de la Neustrie et de la Bourgogne. Il avait déjà commencé à se venger de saint Léger; l'avant pris dans Autun, au temps où l'évèque tenait pour Thierry et lui pour Clovis. il lui avait fait crever les yeux et l'avait enfermé dans un monastère. Le martyre commençait. Deux ans après, Ebroïn mande devant lui saint Léger, qui l'invective; il fait déshabiller l'évèque, ordonne de le traîner sur des cailloux, lui fait couper la langue, taillader les joues et les lèvres et le renvoie à Fécamp ainsi mutilé. Deux ans après encore, il le fait condamner à mort par un synode, comme auteur de l'assassinat de Childéric II (6"8). Ebroïn ne ménagea pas davantage ses autres ennemis; quelques-uns s'enfuirent jusqu'en Gascogne; beaucoup virent leurs biens confisqués; c'est en effet en dépouillant les uns pour enrichir les autres qu'Ebroïu et les rois pouvaient encore se faire des partisans.

Subordination de la Neustrie à TAustrasie. — Reste l'Austrasie. Ebroïn l'attaque bientôt. Le roi, Dagobert II, est tué dans la guerre. L'Austrasie était gouvernée par Martin et Pépin le Jeune, que nous appelons Pépin d'IIéristal '. Martin et Pépin d'Héristal ne sont plus maires du palais; ils sont appelés ducs. Il faut remarquer le mot et le fait. Les rois étant morts, ces ducs Martin et Pépin dominent en Auslrasie; cela veut dire que l'Austrasie se di'dache comme font la Saxe, la Thuringe, l'Alamanie, la Bavière. Il se forme un duché de plus, entre Rhin et Moselle. Mais les événements r.e permirent [)as

1. Ce dernier était fils d'Ansigisèle et par coiisC-riucnl pelil-lils dWrnuif (par son père) et (par sa mère) de Pépin le Vieux, dit de Landon.

278 AVÈNEMENT DE LA MAISON GAllOLINGIENNE

la constitution d'un duché d'Austrasie isolé du royaume des Francs. Pépin et Martin, ayant attaqué Ehroïn, furent vaincus près dé Laon, à Latofao (680). Martin périt dans la retraite; mais Ebroïn fut assassiné en 681. Le duché austrasien n'a plus d'adversaire redoutable. Les maires du palais qui succèdent en Neustrie ne sont pas de la taille d'Ebroïn. L'un d'eux, Berthaire, fut défait à Testry par Pépin (687) et assassiné l'année suivante.

Dès lors, peu importe qui règ-ne de nom; en fait, l'histoire des Carolingiens régnants a commencé. Pépin d'Héristal se fait nommer maire du palais, pour la Neustrie, par le roi Thierry III, laisse auprès de celui-ci un de ses fidèles, Norbert, et retourne dans son duché d'Austrasie. La série des rois fainéants a commencé : Thierry III, Glovis III, Ghildebert III, Dagobert III (711-"lo). A côté d'eux, après la mort de Norbert, Pépin dlléristal a mis comme maire son fils Grimoald. Quand Grimoald est assassiné, son fils Theudoald est nommé, par le crédit de Pépin, maire du palais. Or il avait six ans. On voit ce que devenait la mairie neustrienne. Ainsi l'Austrasie n'a plus de roi de la maison mérovingienne; mais elle tient en tutelle le roi mérovingien de Neustrie et Bourgogne. Le duc austrasien gouverne la première directement, les deux autres successivement par un de ses fidèles, un de ses fils et son petit-fils, un maire du palais enfant auprès d'un roi enfant.

//. — Progrès de la maison carolingienne.

Les guerres de Pépin d'Héristal. — Pendant que se succèdent ces fantômes. Pépin refait l'empire des Francs.

G'est une nouvelle période franque qui recommence. La première période appartient aux Francs venus du pays salien : ils ont chassé de Gaule les Wisigolhs; ils ont incorporé les Burgondes ; ils ont fait un tout du peuple franc, en réunissant sous une même autorité les tribus saliennes et ripuaires; ils ont soumis les peuples germaniques, Alamans, Bavarois, Thurin-

PROGRÈS DE LA MAISON GAROLIiNGIENNE 279

g-ieiis, imposé un Irilnil aux Saxons, lutté contre les Orientaux établis (Slaves) ou envahisseurs (Avars) ; ils ont fait des guerres en Espagne; ils en ont fait de plus nombreuses en Italie; ils ont été en relations, confuses d'ailleurs, avec l'Empire d'Orient; ils ont été en relations, confuses aussi, avec les papes. C'est un premier essai de constitution de l'Europe occidentale. Ils y ont échoué pour les causes que nous avons indiquées ci-dessus \ Malgré tout, les Francs demeurent le grand peuple de l'Occident, parce que les Wisigoths sont confinés en Espagne où vont arriver les Arabes, parce que les Lombards n'ont pu achever la conquête de l'Italie. La Gaule eût été menacée de changer de maîtres s'il se fût présenté un peuple nouveau. Mais les Slaves, les Avars, les Magyars et tous les Orientaux étaient loin et se contentaient d'attaques aux frontières et d'incursions ; le temps des invasions Scandinaves n'était pas venu. Il se produisit dans le peuple franc une nouvelle force, dans cette région cis et transrhénane, plus germanique que gallo-romaine, où les hommes se renouvellent facilement par l'immigration. Ce duché austrasien allait-il devenir un être politique distinct, comme la Bavière et l'Alamanie? Il y a les conditions ethnographiques nécessaires, un peuple et une loi, la loi des Ripuaires. Mais les Austrasiens confinent à la ISieustrie et 'à la Bourgogne, ils regardent vers ces pays; ils sont mêlés à leur histoire par les luttes qu'on a vues ; et ces ducs des Francs, qui ont leur force propre en leur qualité de ducs, sont rattachés à cette histoire de la Gaule occidentale et méridionale par leur qualité de maires du palais. C'est pourquoi ils ne se sont pas détachés. Les Francs de l'ouest ayant échoué, ceux de l'est vont reprendre l'œuvre de la constitution de l'Occident.

Pépin fil des guerres victorieuses aux Frisons et à leur duc Ratbod, la principale en G80, et aux Alamans, de 709 à 712. Ce qui est important, ce n'est pas seulement que des peuples germaniques soient amenés ou réintégrés dans l'empire des Francs, c'est que les armées franqucs et les missionnaires chrétiens opèrent de concert -.

i. Voir le chapitre m.

2. Voir ci-dessous, chapitre vi, pour les missions en Frise et Germanie.

Charles Martel et les rois mérovingiens. — A la

mort de Pépin (714), la fortune des Austrasiens s'éclipsa un moment.

Les deux aînés de Pépin étaient déjà morts : Drogo, qu'il avait fait duc de Champagne, et Grimoald. Plectrude, leur mère, qui vivait encore, gardait en prison Charles, fils d'une autre femme, Alpaiva, et elle voulut exercer la tutelle sur son petit-fils Theudoald et sur le roi Dagobert III. Les grands de Neustrie se révoltèrent contre cette tutelle. Ils mirent en fuite Theudoald (IIS), élevèrent Raginfred à sa place, et poussèrent jusqu'à la Meuse. Charles s'échappa de prison. L'Austrasie était assaillie de tous les côtés à la fois. Les Frisons aidaient les Xeustriens ; les Saxons passaient le Rhin, ravageant le pays jusqu'à la Meuse. Tous les éléments de désordre, que seuls les Austrasiens pouvaient contenir, se déchaînaient à la fois. Sur ces entrefaites mourut Dagobert III; les Xeustriens mirent à sa place un certain Chilpéric II. Charles fut battu près de Cologne par les Frisons ("IG). Les Neustriens arrivèrent aussi jusqu'à cette ville et, après avoir imposé à Plectrude la reconnaissance de Chilpéric II, se retirèrent. Alors Charles prend l'offensive. Il bat au retour l'armée neustrienne près d'Amblève ("iG). L'année suivante, après avoir en vain réclamé, comme disent les Annales de Metz, qu'on lui rendit le principal de son père ipaternum principalum), il est vainqueur des Neustriens à Vinci, dans une des mêlées les plus sanglantes de ce temps. Il retourne en Austrasie chargé de butin, reprend à Plectrude les trésors de son père, et se donne pour roi Clotaire IV, un :>Iérovingien dont on ignore l'origine. Chilpéric II et Raginfred font, en 719, un dernier effort. Charles triomphe à Soissons. Ils traitent avec Charles, lequel, Clotaire IV étant mort, reconnaît volontiers pour roi Chilpéric II. Après quoi, il retourne dans son principal d' Austrasie.

Pour nous acquitter de suite avec les souverains nominaux, nous dirons que Chilpéric II aura pour successeur Thierry IV, qui régnera jusqu'à 737. Quand il mourra, Charles ne lui donnera pas de successeur. Il n'y aura })lus de Mérovingiens jusqu'en 741.

Les guerres de Charles Martel. — L'histoire de Charles Martel est celle de Pépin d'Héristal, mais plus grande, sur un plus grand théâtre, avec de plus grands événements.

Dès 718, Charles Martel avait puni les Saxons de leur agression de 715, en ravageant leur pays jusqu'au Weser. Des 719, il avait reconquis sur les Frisons la Frise occidentale. En 720, nouvelle guerre contre les Saxons ; en 722, autre guerre au nord. En 725, première guerre contre les Bavarois, qui avaient, eux aussi, ouhlié la souveraineté des Francs; Charles en revient avec des trésors et des femmes. En 728, seconde guerre de Bavière. En 730, guerre contre l'Alamanie, qui est réduite à une étroite dépendance. En 733 et 734, guerre d'extermination en Frise : Charles Martel hat les Frisons, dont le duc Bobo est tué, démolit et brûle leurs temples païens, revient avec d'amples dépouilles. Ce succès est décisif : pendant un demi-siècle il n'y aura plus de guerre en Frise. En 738, nouvelle guerre de dévastation contre la Saxe.

Au midi et en Bourgogne, c'est l'invasion des Arabes ' qui amène son intervention. Les Arabes avaient, à l'Occident, conquis le nord de l'Afrique, en 711 l'Espagne. En 720, ils avaient passé les Pyrénées, conquis Narbonne, assiégé Toulouse. Le duc Eudes les avait battus en 721 et chassés d'Aquitaine; mais ils s'étaient maintenus dans la Narbonnaise. En 725, nouvelle invasion : Carcassonne est prise, une partie de la Seplimanie conquise, la Bourgogne pillée, Autun détruit. Eudes alors conclut la paix et se rapproche des Arabes ; il donne sa fille à Othman, le général arabe qui commandait à la frontière. Evidemment, il voulait assurer son indépendance contre Charles. Celui-ci vient, en effet, et deux fois, en 731, ravage le pays au delà de la Loire. Eudes avait demandé secours à Othman; mais ce dernier, qui s'est révolté contre Abdérame, gouverneur de l'Espagne, est vaincu par lui. Abdérame entre en Gaule (732), bat Eudes près de Bordeaux, s'avance justpi'à Poitiers, où il brûle l'église de Saint-Hilaire, veut marcher sur Tours, pour brûler l'église de Saint-Martin. Charles Martel est arrivé du

1. Sur les invasions arabes, voir, ci-dessous, au chapitre ix.

nord, à l'appel d'Eudes, avec une armée ramassée dans toutes les parties du royaume franc. La bataille se livra près de Poitiers (132). Nous ne savons rien de précis sur cette journée, ni ce qu'il faut croire du beau récit de l'évêque espag-nol Isidore, qui décrit le combat des lourds cavaliers du nord et de la mobile cavalerie du midi. La nuit interrompit la bataille ; le lendemain les Arabes avaient décampé. Abdérame était tué. La légende s'est emparée de ces faits : 375 000 Arabes auraient péri. On a répété souvent que c'avait été une victoire décisive du Christ sur Mahomet. Sans aller aussi loin, constatons que, ce jour-là, Charles a barré la route aux Arabes, qui ont trouvé leur « nec plus ultra ». C'est déjà beaucoup V

Il a mis le pied dans le midi; c'esl une nouvelle conquête franque qui s'y annonce. En 733, il est en Bourgogne, donne la zone frontière et Lyon à ses leudes les plus fidèles. Partout il suit la même politique. En 735, à la nouvelle de la mort d'Eudes, après avoir consulté son aristocratie, il passe la Loire et subjugue le pays jusqu'à Blaye. Les fils d'Eudes s'étant révoltés, Charles laisse à l'un d'eux, Ilunald, le duché d'Aquitaine, mais après lui avoir fait promettre fidélité à lui et à ses fils (73G). La même année, il a reparu en Bourgogne, fait reconnaître aux grands de cette province son autorité, et établi des fonctionnaires à Arles. Il revient avec de grandes richesses. En 737, nouvelle expédition dans le midi; il reprend Avignon, qui a été livré aux Arabes par une faction bourguignonne, et pousse jusqu'à Xarbonne. En 739, une nouvelle insurrection appelle Charles en Provence ; il dompte ses ennemis et reste en possession de tout le pays jusqu'à la mer. Il était si bien maître de tout le royaume des Francs, qu'en 741 il le partage entre ses fils. A Carloman échurent l'Austrasie, l'Alamauie, la Thuringe; à Pépin la Neustrie, la Bourgogne, la Provence. S'il n'est pas fait mention de la Bavière et de l'Aquitaine, c'est qu'elles ont encore leurs ducs. Charles mourut cette même année à Kiersy.

Relations a^vec l'aristocratie ecclésiastique et laïque. ' — Les premiers Carolingiens, Pépin d'Héristal et Charles Martel,

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