Voir, ci-dessus, au chapitre v
et évangélise les gens du liassin de l'Escaut, autour de Tournai, de Gand. Ces cantons étaient presque incultes, partagés entre les Francs Saliens et les Frisons. Les païens y adoraient des arbres et des idoles, dans des bois sacrés. Le saint met en ceuvre les miracles, mais bien plus l'autorité du roi, qui oblige les infidèles à se faire chrétiens. Dagobert ordonne que celui qui refuserait le baptême y soit contraint. Saint Amand fonde le monastère d'Elnon, lequel prendra son nom et sera dans celte région un centre de propagande chrétienne, de civilisation et aussi de défrichement. On oblige saint Amand à accepter l'évêché de Maestriclit. Il proche alors, dans la vallée de la Meuse, non seulement les païens, mais les chrétiens, qui ne l'étaient que de nom. Il trouve une telle résistance chez les mauvais prêtres, qu'il abandonne son évèché (649). Vainement le pape Martin I", qui l'aimait fort et s'intéressait à ses travaux, lui écrit et l'exhorte à ne pas se décourager. 11 veut aller convertir les Yascons, les Slaves. Il n'a pas grand succès et rentre en Aquitaine, où il fonde des couvents, mais est en butte à la jalousie des autres clercs, ne trouvant en somme de réel appui (ju'auprès du pieux roi d'Austrasie, Sigebert IL
Les relations du pape Martin I" avec saint Amand sont intéressantes, parce que le pape, qui reprenait la tradition de Grégoire le Grand, essaie dès lors de s'appuyer sur les Francs; il vient de lancer l'anathème contre les monothélitcs ' et veut se montrer à l'empereur comme chef de l'église d'Occident. Il écrit à la fois à saint AmanJ, qui fera la commission à Sigebert II, roi d'Austrasie, à Clovis II, i-oi de Neustrie et Bourgogne, et aux évèques de Neustrie. Il leur envoie les actes de son concile et demande que des évêques du royaume franc viennent se joindre à la députalion qu'il veut envoyer à l'empereur, pour lui transmettre, au nom de la chrétienté d'Occident, les décisions du concile et l'anathème lancé contre l'hérésie. Cette démarche très significative n'eut pas de suite. Elle reste isolée, au vu" siècle; l'anarchie et l'impuissance des l'oyaumes francs ne pouvaient inciter les j>a|)cs à se tourner