Voir, ci-dessous, aux chapitres vu et viii
lamentations de l'Eg-lise, où les évèques, assauvag-is déjà, sont remplacés par des leudes encore plus sauvages, qui s'installent dans les maisons épiscopales avec leurs femmes, leurs soldats, leurs chiens. C'est une prise d'assaut. Voilà pourquoi Charles ne mourra point en odeur de sainteté. Quand on ouvrira son tombeau, il en sortira de la fumée ; grave avertissement pour ses fils, qui en tiendront compte.
Et pourtant il ne s'est pas contenté d'arrêter les Arabes ; il a été, lui aussi, le tout-puissant allié des missionnaires en Frise, en Germanie, le protecteur de saint Boniface, et, quand le pape Grégoire III est trop vivement pressé par les Lombards, il s'adresse à Charles. Cette démarche est capitale. De même que l'église des Gaules a élevé Clovis, l'église romaine a élevé les Carolingiens. Encore une fois l'activité désordonnée des Barbares va être conduite [)ar l'Eglise, entrer dans ses cadres. Les Francs y ont gagné, la première fois, le royaume des Gaules. Ils y gagnent, cette fois, l'empire d'Occident.
///. — Missions chrétiennes en Gaule et Germanie.
Missions en Belgique et Batavie : saint Amand. —
Les relations entre la papauté et les Austrasiens avaient été entretenues par le zèle des papes pour la conversion des païens. Nous avons vu comment Grégoire le Grand recommandait aux fils de Brunehaut les missionnaires qu'il envoyait dans l'île de Bretagne '. Tous les célèbres missionnaires de Germanie furent encouragés par Rome. Leurs efforts apparaissaient d'autant plus nécessaires que, même dans le royaume franc, au nord, une partie des populations étaient restées ou redevenues païennes.
C'est là que s'exerce l'activité d'un des premiers grands missionnaires, saint Amand. Né en Aquitaine, il se fait moine malgré ses parents; il se rend à Rome, puis revient en Gaule