‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 129 sur 202 · Voir ci-dessus, t. X, p. yio · texte numérisé non relu

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des Musulmans dans le Kan-sou, le fils de Djihani^hir, Bouzourk Khan, se révolta contre les autorités chinoises, aidé par un soldat de fortune, Yakouh Beg.

Yakoub Beg. — Mohammed Yakoub, fils de Pir Mohammed Mirza, était né vers 1820, dans la petite ville de Piskent, dans lu khanat de Khokand. Il s'était distingué dans les guerres contre les Russes à l'époque de Perovski, et de sa campagne sur le Syr-daria. Son chef Bouzourk, adonné à tous les vices, ne tarda pas à être déposé par lui (1866). Les Dounganes avaient pris le fort de Yarkand, à l'automne de 18G3. Ce ne fut que l'année suivante que commence la guerre; d'année en année, il remporte de nouveaux succès : hiver de 1864-1865, prise de Kachgar; printemps de 1865, prise de Yarkand; janvier 1867, prise do Khotan; été et automne de 186", prise d'Aksou, de Kou-tche, etc.: janvier 1869, prise de Sarikol, etc. Les Russes ne pouvaient voir cette puissance nouvelle s'établir au cœur de 1 Asie centrale, et un envoyé arrivait à la cour de Yakoub à l'automme de 18G8. Depuis lors, menacé d'un coté par les Russes, d'un autre par les Chinois, Yakoub chercha des appuis. Consfanlinople, impuissante à se défendre, ne pouvait naturellement que lui accorder des honneurs stériles : on lui permit de prendre le titre (ï Emir El-Mou/neneim, Commandeur des Croyants; son voisin, l'émir de Boukhara, le nomma Altaï i/c- (ihazi, Chef des Champions de la Foi; l'Angleterre, qui avait vu avec plaisir s'affermir son pouvoir dans l'Asie centrale, n'accorda à Yakoub que des encouragements platoniques; des montagnes infranchissables l'empêchaient d'être un allié vraiment utile dans le cas où les Indes seraient menacées. Néanmoins elle envoya, en 1870 et 1873, à Yarkand, une mission spéciale sous la direction de Sir T. Douglas Forsyth.

La meilleure défense de Yakoub était son armée exercée à l'européenne; abandonné à ses propres ressources, il dut s'en servir d'abord pour consolider sa puissance dans son propre pays, ensuite pour essayer de lutter contre la Chine. Le règne éphémère de Yakoub aura eu pour résultat, comme nous allons le montrer, de mettre les Russes en contact direct avec les Chinois dans les ïien-chan et de compléter par l'annexion d'une

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partie (lu territoire d'ili leurs possessions de Feriiliana et de Semiretchie.

Fin de la rébellion musulmane. — La Chine, débarrassée des musulmans du Yun-nan par la prise de Ta-li, avait jm diriger toutes ses forces vers le nord-ouest de l'Empire. L'ancien vice-roi du Fou-Kien, Tso Tsounii-tanii-, célèbre dans la ii'uerre desT'aï-ping, et depuis vice-roi du Kan-sou et du Chen-si en 486", fut nommé généralissime des troupes envoyées contre Kachgar. 11 se rendit maître de la ville de Manas, se sig-nala par un horrible massacre, et marchait contre Yakoub lorsque celui-ci mourut, miné par la fatigue et la maladie. L'œuvre de Yakoub finissait avec lui : les Chinois, contre lesquels ses successeurs ne pouvaient lutter, s'emparèrent successivement de la capitale de l'émir, Aksou, le 19 octobre 187", de Yarkand le 21 décembre, de Kachgar le 2G décembre et enfin de Khotan le 4 janvier 1878.

Affaire de Kouldja. — En 1871, les Chinois avaient accepté loffre des Russes d'occuper la ville de Kouldja et le nord des Tien-chan jusqu'à pacification complète du pays; il était convenu que les frais d'occupation seraient remboursés par la Chine. Mais quand l'empire de Yakoul» eut sombré et (jue le Céleste Em[iire voulut reprendre les Tien-chan, il fallut entamer des négociations avec la Uussie. On fit choix de Tchoungheou, celui qui avait été envoyé en Europe après le massacre de Tien-tsin. Arrivé en Russie, Tchoung-heou signait à Livadia, en octobre 1870, un traité dont les conditions étaient tellement léonines que, vaincue, la Chine ne les aurait même pas acceptées, et qu'à son retour Tchoung-heou fut condamné à mort (non exécuté) et que ses biens furent confisqués. La Russie rendait une partie du territoire de Kouldja, mais en gardait la partie la plus florissante; c"est-à-dire la vallée de la Tekkes au pied des Tien-chan, et les passes, particulièrement celle de Mouzarte, allant de Kouldja à Aksou, et qui coupe la route militaire faite par Kien-loung, mettant Kouldja en communication avec Kachgar. On comprend le rapport fulminant du censeur Tchang- Tchi-tong contre le malheureux diplomate.

Tchang Tchi-tong. — L'un des personnages qui ont pris

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une part très active à la politique de la Chine dans ces dernières années est ce fonctionnaire important, aujourd'hui g'ouverneur g-énéral des deux Hou, dont la résidence officielle est Wou-tchang, sur la rive droite du Kiang, en face de Hankeou. ïchang Tchi-tong- est un Chinois de Nan-p'i, dans la province de Tche-li, oîi il est né en 1835; juge dans la province de Canton en mars 1863; trésorier du Kiang-sou en mai 1868, il doit sa grande réputation au rapport qu'il fit comme censeur sur le traité signé par Tchong-heou avec les Russes à Livadia (1879). Depuis lors, il a été gouverneur du Chan-si (janvier 1882), gouverneur général des deux Kouang- (août 1884'), et enfin gouverneur général des deux Hou (8 août 1889). De lui dépendent en majeure partie les grands travaux entrepris à l'embouchure de la rivière Han, et le grand chemin de fer central qui doit relier le fleuve Bleu, à travers le Hou-pé, à Péking'. Règlement de l'affaire de Kouldja. — La non-ratification du traité de Livadia était donc un casus belli. Tseng- Ki-tse, fils aîné du vice-roi Tseng Kouo-fan, alors ministre à Paris et à Londres, fut envoyé à Saint-Pétersbourg pour reprendre les négociations sur de nouvelles liases. C'est le diplomate bien connu en Europe sous le nom de marquis Tseng; comme son père, il était originaire du Ilou-nan, où il est né en 1837. Il est mort à Pekina en 1890. Grâce à sa patience et à des conseils amicaux, il réussit dans une tâche qui paraissait impossible. Le 12-2i février 1881, Tseng signail à Saint-Pétersbourg, avec les plénipotentiaires russes Nicolas de Giers et Eugène Butzow, un traité en vingt articles qui rendait une grande partie du territoire contesté à la Chine; mais, par l'article VU : « La partie occidentale du pays d'Ili est incorporée à la Russie, pour servir de lieu d'établissement aux habitants de ce pays qui adopteront la sujétion russe et qui, par ce fait, auront dû abandonner les terrains qu'ils y possédaient. La frontière entre les possessions de la Russie et la province chinoise dlli suivra, en j)arlant des montagnes Bédjin-taou, le cours de la rivière Khorgos, jusqu'à l'endroit où celle-ci se jette dans la rivière Hi et, traversant cette dernière, se dirigera au sud, vers les montagnes Ouzoun-taou, en laissant à l'ouest le village de Koldjat.

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Mariage impérial et audience. — Il y a un («Mtnin

parallélisuu' <lans les évriicnieiils (jui oui précédé la majoialé de Toung-lchi et celle de Kouang-Siu. Ce dernier, né le 2 août 1872. à Péking, s'est marié le 26 février 1889, à la lllle de Kouei-sian;^, frère de l'impératrice Tse-hi, alors vice-lieutenant iiénéral, de la tribu Ye houa-la. Par un édit du 12 décembre 4890, l'empereur régla les audiences accordées désormais au corps diplomatique. C'était renouveler les traditions du rèiiiie précédent; mais, plus tard, les ministres d'Autriche et d'An;:leterre demandèrent à être reçus dans une salle qui n'eût pas été attribuée aux réceptions des pays vassaux de l'Empire. Une nouvelle audience, en novembre 1894, fut accordée pour la première fois au Wen Hoa-tien, dans l'intérieur du palais impérial, aux ministres des Etats-Unis, de Russie, de France, d'Angleterre, de Belgique, de Suède et au chartié datîaires d'Espagne. Guerre sino-japonaise. — Les Japonais ont toujours émis de grandes prétentions sur la Corée depuis l'époque de l'impératrice Jin-go, et nous avons, dans un chapitre précédent', parlé de l'invasion de ce pays par Taico-sama. Des difficultés dans le genre de celles qui amenèrent l'intervention de la France en 1866 et des Etats-Unis en 1871 furent le |)rétexte pour les Japonais de renouveler leurs })rétentions sur la Corée. Le 20 septembre 187o, leur bâtiment de guerre Y L'nijokuivan ayant été attaqué par les Coréens pendant qu'ils se livraient à des travaux hydrog'raphiques, les Japonais forcèrent la Cour de Séoul à leur donner ample compensation et à signer à Kang-hoa un traité le 26 février 1876. Ni les Français ni les Américains n'avaient obtenu un résultat pareil. La Chine, soi-disant suzeraine de la Corée, comme de la Birmanie et de l'Annam, n'avait [)ris part à aucune des négociations. Le traité fut signé par le lieutenant-général Kuroda Kiyotaka, ministre des Colonies, et Inouye Kaorii, membre du Genroin, pour le Japon, et par Sin-Iltui et In Jà-syng. pour le gouvernement coréen. Il était décidé que toutes les communications du Japon au gouvernement de Corée seraient écrites en japonais et, pendant une

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