‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 131 sur 202 · LA CHINE · texte numérisé non relu

LA CHINE

rester indifTérente, ni se laisser arrêter dans ses desseins par des rivaux plus audacieux que scrupuleux.

Les Italiens. — Les intérêts italiens sont surtout représentés en Chine par les missionnaires capucins et les prêtres des Missions étrangères de Milan dans les provinces du llo-nan, du Chen-si, du Chan-si, du Hou-pé, du Hou-nan et du Ghantoung septentrional. Les demandes des autres puissances poussèrent le ministre d'Italie à Péking-, M. de Martino, à adresser au Tsong-li-Yanien, le 28 février 1899, une demande de cession de la baie de San-men, dans la province de Tche-Kiang-, entre Xing-po et Wen-tcheou. On se souvient que M. de Martino fut rappelé de Péking' par son gouvernement. Le peu d'appui donné par quelques puissances occidentales à l'Italie, l'hostilité très marquée de la Chine dans cette circonstance, ne permirent pas au nouveau ministre plénipotentiaire, M. Salvago Kaggi, d'obtenir la cession à bail du territoire convoité; il est juste d'ajouter que le cabinet italien, depuis sa dernière crise, n'était pas favorable à des aventures dont le résultat était douteux.

Missions commerciales. — Au lendemain de la guerre sino-japonaise et de la signature du traité de Shimonoseki (n avril 1895), il était urgent d'étudier à nouveau l'état économique du Céleste Empire en général et de ses provinces moins connues en particulier. La Chambre de Commerce de Lyon prit l'initiative de cette enquête. La mission lyonnaise, dirigée par le consul E. Rocher (25 septembre 1895-3 mai 1896) et par M. Henri Brenier (3 mai 1896-28 novembre 189"), comprenait un médecin de la marine, le D^ R. Deblenne, quatre délégués de la Chambre de Commerce de Lyon : MM. C. Métrai (soies et soieries), R. Antoine (soies), P. Duclos, ingénieur civil des Mines, L. Sculfort (commerce général et banque), des délégués des Chambres de Commerce participantes : Marseille, MM. A. Grosjean (commerce général); Bordeaux, L. Rabaud (commerce général); Lille, A. Vial (filature de lin, constructions mécaniniques); Roubaix, A. Waeles (laines et lainages); Roanne, J. Riault (cotonnades), et un ingénieur hydrographe, M. A. Perre. On reprenait ainsi la tradition inaugurée en 1843 lors de l'ambassade de M. T. de Lagrené. Le Yun-nan, le

Kouei-tcheou et le Se-tchouen furent l'objet d'études approfondies, tandis que le Hou-nan, le Kouang'-si et le Kouansr-toung' furent visités moins en détail. La Grande-Bretagne a imité l'exemple de Lyon ; le consul-g-énéral Byron Brenan a inspecté les ports ouverts de Chine et de Corée; la Chambre de Commerce de Blackburn a fait faire une enquête par le consul F. -S. -A. Bourne et deux autres personnes; les Japonais ont étudié Tchoung-king et le Kiang. Nous devons considérer la mission de Lord Charles Beresford, qui a quitté l'Angleterre le 25 août 1898, comme politique plutôt que commerciale : le résultat de cette mission a été la publication du gros volume intitulé : Titf Break-iip of China.

Chemins de fer. — Le premier essai de chemin de fer en Chine eut lieu entre Chang-Haï etWou-song, c'est-à-dire sur une étendue d'environ quatre lieues (1876). La g'-uerre sino-japonaise et l'influence de Li Houng-tchang permirent de construire un réseau dans la province de Tche-li. Une nouvelle ligne a été commencée en 1897 entre l'arsenal de Kiang-nan et la ville de Wou-song-. Un g'roupe franco-russe, représenté par la Banque russo-chinoise, a obtenu, par contrat du 21 mai 1898, la permission d'exploiter les mines de la partie nord de la province de Chan-si et de relier par un chemin de fer les villes de Tcheng-Ting et de Tai-youen-Fou. Des avantages accordés à un syndicat dit de Péking, composé de capitalistes anglais et italiens, en accordant à la môme époque l'exploitation des mines du sud de la même province, puis plus tard, le 21 juin 1898, les mêmes avantages dans les préfectures du Ho-nan au nord du Fleuve Jaune, leur reconnaissaient également le droit de construire des chemins de fer.

En 1895, la petite ligne du ïche-li, destinée à l'exploitation des mines de charbon de Kai-ping, rachetée par le gouvernement impérial, fut étendue et forma la voie Tien-tsin-Péking-, de 135 kilomètres, ouverte en septembre 1897. De Péking, une autre ligne va à Pao-ting, capitale de la province du Tche-li ; une ligne va de Tien-tsin à Chang-Haï-Kouan, première passe de la Grande-Muraille et route de la Mandchourie. Un grand chemin de fer, désigné sous le nom de Grand Central, devra relier Han-

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