‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 49 sur 202 · Voir ci-dessus,, t. XI, p. 2i · texte numérisé non relu

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période de crises; cinq cabinets se succédèrent en trois ans.

Pour former le nouveau cabinet, le roi ne s'adressa pas aux conservateurs, soup(^-onnés de trop pencher vers la Russie, mais au parti intermédiaire des jeunes conservateurs ou jiinimistes

Le ministère Rosctti-Carp (avril 1888) procéda à des élections : elles furent favorables aux conservateurs. Le cabinet fut remanié; la Chambre vota la mise en accusation du ministère Braliano. Peu après éclatait le soulèvement des paysans, et le roi appela au pouvoir M. Gatargi (avril 1889). Celui-ci fît voter la loi agraire et une loi pour la création d'un camp retranché à Bucarest. Il tombait au mois de novembre 4889. Les junimistes le remplacèrent avec le cabinet Mano-Roselti, qui inaugura une politique économique nouvelle en substituant au régime des tarifs prohibitifs établis par Bratiano en 1887, le système des traités de commerce. En février 1891, le cabinet céda la place au ministère conservateur Floresco-Catargi. Mais il y avait rivalité entre les deux chefs du cabinet. M. Catargi se retira, puis reprit le pouvoir à la chute du général Floresco (décembre 1891). Il réconcilia conservateurs et junimistes. Il procéda à la réorganisation administrative du royaume, à la création de la gendarmerie rurale. En octobre 1895 le parti libéral reprit le pouvoir avec M. Stourdza; il le garda jusqu'au mois d'avril 1899. Dans l'intervalle le parti se divisa. D'autre part, on reprochait au ministère sa politi(]ue trop favorable à la Triple alliance. Or les persécutions dont les Roumains de Transylvanie sont l'objet de la part des Magyars rendent une pareille politique très impopulaire. Le succès de la Ligue 'ponr r unité cV instruction des Roumains, fondée à Bucarest en 1891, l'approbation générale qu'avaient rencontrée les manifestations des étudiants, aux congrès de Turnu-Severinu et de Bucarest en 1891, indiquaient clairement les sentiments du pays à l'égard des Hongrois. Le monstrueux procès de Kolozvar (janvierfévrier 1894), dans lequel dix-neuf personnes avaient été condamnées par le jury magyar simplement pour avoir dénoncé à l'empercur-roi la conduite du gouvernement hongrois, avait irrité le patriotisme roumain. La publication à Budapest d'une brochure anonyme où l'on avançait — sans preuve — que

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l'avènement du ministère Stourdza avait été précédé d'une entente avec le ministère hongrois, exaspéra les passions. On accusa M. Slourdzadc trahison. Une campagne d'ohslruction commença dans les Chambres. L'ag-itation g"agna la rue et détermina le cabinet Stourdza à se retirer (9 avril 1899). M. Cantacuzène, chef des conservateurs par la mort de M. Catargi, prit le pouvoir (23 avril). Le Sénat et la Chambre furent dissous; les élections de juin 1899 ont assuré une énorme majorité aux conservateurs, qui restent toutefois divisés en deux groupes : leg'roupe des vieux conservateurs, dirigé par M. Cantacuzène, et le groupe conservateur constitutionnel des jiinimistes, dirigé par M. Carp. Prospérité de la Roumanie. — L'œuvre accomplie en Roumanie depuis l'avènement du roi Charles peut se résumer ainsi. Au point de vue politique la Roumanie a acquis sa complète indépendance. Au point de vue militaire, elle dispose de 180000 hommes de troupes de première ligne en cas de guerre. Deux grands camps retranchés à Foczani et à Bucarest couvrent son territoire. Au point de vue économique, elle a construit plus de 14 000 kilomètres de routes et de 3000 kilomètres de chemins de fer, dont près de 2000 kilomètres dans les quinze dernières années : ses lignes sont raccordées aux voies hongroises, russes et bulgares. Grâce aux lois agraires et aux mesures prises pour le défendre contre son imprévoyance, le paysan a vu s'améliorer sa condition. L'accroissement annuel de la population est considérable (77 000 individus environ en 1897 pour une population de cinq millions et demi d'habitants). Tout en étant surtout un pays agricole, la Roumanie commence à avoir une industrie prospère; entre tous les Etats chrétiens des Balkans, c'est celle dont le commerce est le plus actif : il est passé de moins de 200 millions en 1870 à 673 millions en 1898. Les revenus budgétaires ont doublé dans les vingt dernières années. Il a été fait là un grand etTort, et de grands résultats sont acquis aujourd'hui. Toutefois, des emprunts trop souvent répétés, et de mauvaises récoltes dans les deux dernières années ont provoqué récemment une crise économique et contraignent pour quelque temps la Roumanie à une politique financière prudente et modeste.

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