Cf. Bismarck, II, 119, et Beust, II, 393 sq
mands parce qu'il était disposé à traiter les Tchèques comme avaient été traités les Hongrois en 1867 (octobre 18" 1). Puis ce fut le tour du chancelier Beust, à qui l'empereur demanda sa démission (14 novembre 1871). Son successeur, le Hongrois Andrassy, était tout disposé à faire marcher la monarchie austro-hongroise d'accord avec l'empire allemand : n'était-ce pas à la victoire de la Prusse que la Hongrie devait son autonomie et la place prépondérante qu'elle commençait à prendre dans la monarchie? En septembre 1872 la visite de François-Joseph à Berlin rendit plus étroite l'entente entre les deux pays. La Russie commençait à s'inquiéter de ce rapprochement. Le tsar, personnellement très attaché à l'empereur Guillaume, demanda à être admis en tiers à l'entrevue : c'était aller au-devant des vœux de Bismarck. De là sortit ce que l'on a improprement appelé l'alliance des trois empereurs et qui était seulement l'entente. Cette entente résultait non pas de traités formels, mais d'un simple échange de notes portant sur trois points. Les empereurs s'engageaient à maintenir le statu quo territorial résultant des derniers traités; à chercher en commun la solution des difficultés qui pourraient s'élever en Orient; enfin à réprimer la révolution sous sa forme nouvelle : le socialisme.
Ainsi se trouvait réalisé un plan conçu par Bismarck pendant la guerre de 1870 et dont il avait arrêté les grandes lignes à Meaux. C'était une nouvelle Sainte-Alliance à laquelle il espérait voir bientôt adhérer l'Italie monarchique; une Sainte-Alliance dirigée non plus contre les libéraux, mais contre les républicains et les socialistes, que Bismarck confondait alors volontiers, « la ligue du système de l'ordre contre la république sociale ». Ce dernier point du programme était celui qui tenait le plus au cœur du chancelier : il lui paraissait qu'il y avait là quelque chose de plus important pour « les monarchies encore pleines de force et de sève, que les rivalités d'influence qui se disputent un fragment de nationalité dans la péninsule des Balkans' ». L'Autriche et la Russie ne