Voir ci-dessus, p
•2. Voir ci-dessus, p. 1S4-187.
y36 L EGLISE ET LES CULTES
furent également bannis pour faire place aux dissidents. La même année, à Genève, une loi cantonale remit aux paroisses l'élection des curés. Les catholiques s'étant abstenus, les curés furent nommés partout par des protestants ou des libres penseurs, qui choisirent exclusivement des vieux-calholiques. Les confréries et les cérémonies publiques furent interdites. En 1874, le nonce du pape dut quitter le territoire fédéral. Mais la ferme résistance des catholiques au mouvement dirigé contre eux eut en Suisse les mômes résultats qu'en Allemagne. En 1876, les curés bannis par le Canton de Berne purent rcnlrer dans leurs paroisses et y reprendre leur ministère. En 1880, l'assemblée cantonale annula l'adliésion forcée des catholiques bernois à l'Eglise « chrétienne catholique nationale ». En 1884, un accord intervint entre Léon XIII et le gouvernement fédéral : M^r Lâchât se démit du siège de Bàle, où le remplaça Mgr Fiala (7 1888), et reçut en échange l'administration spirituelle du Tessin (1885). En 1888, le Canton de Genève fut rendu au diocèse de Lausanne, dont Mgr Mermillod fut nommé évoque; mais le gouvernement cantonal persistant dans son attitude hostile à son égard, il donna sa démission en 1891 et fut élevé au cardinalat (7 1892). Son successeur, Mgr Deruaz, exerce librement son ministère sur le territoire de Genève. On peut donc dire que le Kulturkampf a cessé en Suisse ; mais le gouvernement fédéral, qui est aux mains des protestants et des radicaux, est toujours disposé à restreindre les droits des catholiques et à favoriser leurs rivaux. Le Kulturkampf dans les pays latins. — Le Kulturkampf commença en Belgique et en France au moment où il s'apaisait dans les pays allemands. Il n'eut pas pour cause dans ces deux pays le mouvement vieux-calholi(|ue, (pii n'avait pas réussi à s'y implanter, mais l'action des sectes anticléricales et particulièrement de la franc-maçonnerie. Ici et là, le plan suivi fut le même, et la lutte portée sur le terrain de l'école.
En Belgique, elle débuta en juin 1878, avec l'avènement au pouvoir du parti dit « libéral », entièrement dominé par les loges belges. Le ministère Frère-Orban fit voter, en juillet 1879, une loi scolaire abrogeant celle de 1842 et établissant partout l'instruction primaire laïque. Les évoques ayant condamné les
LK VIHrX-CATIlOLICISMl- KT LK KlLTriiKAMI'F oiîT
écoles « sans Dieu », et le [)a[)e ayaul refusé de les désavouer, Frèrc-Orhan roni[)il luulo relalioii avec le Saint-Siège (juin 1880); mais Topiniou publique se prononça énergiquenient contre l'enseignement « neutre », et, au renouvellement de 1884, les callioliques reprirent le pouvoir, (|u'ils ont gardé depuis '.
En France, oi!i les catholiques sont moins éncrgi(|ues et plus di\ isés qu'en Belgique, le Kulturkampf devait durer plus longtemps. Il commença presque aussitôt après la chute du maréchal Mac-Mahon, c'est-à-dire avec l'arrivée du parti républicain aux alTaircs. Dès 1879, Jules Ferry présentait aux Chambres un projet de loi, dont l'article 7, analogue à l'une des « lois de mai », interdisait l'enseignement, public et privé, atout membre d'une congrégation non autorisée. L'article en question ayant été repoussé par le Sénat (mars 1880), le gouvernement dispersa par la force toutes les congrégations non autorisées (décret du 29 mars) -. La même année, le repos du dimanche fut aboli dans les travaux publics, et une taxe d'exception imposée aux congrégations sous le nom de droit cV accroissement (remplacé en 189o par la taxe à^ abonnement). En 1882 fut votée la loi sur l'inslruclion primaire obligatoire et laïque, à la suite de laquelle les crucifix furent enlevés des écoles communales. En 1884, le divorce est rétabli, et les Facultés de théologie catholique sont supprimées. En 188G, une nouvelle loi scolaire interdit aux congréganistes la fonction d'instituteur communal. En 1889, l'exemption du service militaire est retirée aux séminaristes et même aux membres du clergé. En 1892, les bourses accordées jusqu'alors aux séminaires catholiques sont supprimées. L'année suivante, onze millions sont retranchés sur le budget des cultes, et les fabriques des églises soumises à une réglementation plus rigoureuse, difficilement applicable dans les campagnes. En beaucoup de villes, les processions sont interdites. Contrairement à l'article 14 du Concordat, des évèques et des prêtres ont été privés de leur traitement. La politique conciliante de Léon XIII, qui a enjoint aux catholiques français de ne plus