‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 88 sur 202 · Vax iiiosciine un r|iiatrillion de fois · texte numérisé non relu

Vax iiiosciine un r|iiatrillion de fois

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de viltrations de même [M-iioilicili'' (|iic les ^il(^alions lumineuses.

La conception moderne de la physique. — .Mêlions à part la li<{uéfaction des gaz, [trublèmL' longtemps désespéré, et dont Cailletet, Amagat, Piolet, Dewar ont obtenu la solution complète, en réalisant les conditions indiquées ])ar Andrews comme tout d'abord nécessaires; c'est en somme sur la lumière, en même temps que sur l'électricité, que se concentrent les travaux des physiciens de nos jours, etc'eslla liaison entre ces deux ordres de phénomènes qui semble })rometlre de péuélrcr le plus avant le secret de la nature.

Mentionnons rapidement les remarqualtles travaux de M. Lippmann sur la lixation photographique des couleurs; des Américains Langley et Michelson, l'un sur les radiations des étoiles, l'autre sur la détermination dun nouvel étalon de long-ueur dérivant de la mesure des ondes lumineuses; du Hollandais Leeman sur une nouvelle et imporlanle relation entre les phénomènes magnétiques et lumineux : et arrivons à une découverte toute récente, celle des rayons Rontgen, qui a suscité une émotion considérable, et a été rapidement vulg-arisée par ses applications médicales, et même fiscales.

Les recherches du physicien allemand portaient sur un rayonnement dit cat/iodique, découvert par Crookes. Lorsqu'on fait passer des décharges électriques dans un tube contenant un gaz excessivement raréfié, ce rayonnement, qui n'afTecle pas directement les yeux, part de l'éleclrode positive, et se décèle par son action sur des plaques photographiques, comme par sa propriété d'illuminer des écrans fluorescents. Crookes admettait que la matière remplissant le tube se trouvait dans un état particulier (qu'il appelait radiant) et que les molécules y jouissaient d'un facilité de mouvement exceptionnelle; il comparait par suite ce rayonnement à une sorte de bombardement. Mais l'Allemand Lenard démontra que les rayons cathodiques peuvent sortir des tubes oîi ils sont produits, et Rontgen découvrit en dernier lieu que là où ils viennent frapper un corps leur offrant de la résistance, se produit une nouvelle source de rayons, qui se propagent en ligne droite, sans réflexions, sans

réfractions et sans interférences, traversant divers corps, opaques pour les rayons lumineux ordinaires, et conservant cependant leurs propriétés chimiques (photographiques) et lluorescentes.

Il est incontestable que les hypothèses antérieures sur Féther ne permettent nullement de donner une explication mécanique des phénomènes que présentent les rayons X: mais l'insuffisance de ces hypothèses était, depuis assez longtemps déjà, reconnue, sinon avouée, par la science; la découverte des nouveaux ravons leur a porté le coup de grâce, mais son importance a grandi surtout aux yeux de ceux qui croyaient ces hypothèses encore plus vivaces qu'elles ne l'étaient en réalité, à savoir aux yeux du grand public et des savants adonnés à d'autres branches. Il faut reconnaître aussi que les physiciens ne se hâtent point de proposer de nouvelles hypothèses, et qu'à cet égard ils semblent envahis par une sorte de scepticisme, ce que favorise le résultat des déductions mathématiques arrivant désormais, au point de vue des vérifications expérimentales, à tirer les mêmes conséquences de suppositions premières tout à fait contradictoires.

En fin de compte, la physique semble actuellement flotter entre deux conceptions essentiellement différentes : Tune qui attribue, dans l'explication des faits, la prépondérance aux actions entre les molécules pondérables; l'autre qui considère au contraire ces molécules comme inertes et qui imagine l'éther impondérable comme le réservoir inépuisable des énergies naturelles, comme l'agent capable de les fournir, à notre demande, sous les formes les plus variées et les plus inattendues. La croyance aux actions mécaniques à distance a fait son temps; elles ne sont plus conservées que comme une expression mathématique commode pour des faits au delà desquels il est difficile de remonter (car l'action au contact n'est pas, à priori, plus susceptible d'explication). Mais les actions physiques ou chimiques à distance ont été, de nos jours, réalisées si fréquemment dans des conditions qu'au commencement du siècle aucun savant n'aurait hésité à déclarer impossibles! Désormais on n'ose plus guère opposer une fin de non-

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recevoir aux espérances les plus aventureuses. Les Irioinphes de la physique ont éveillé de singulières ambitions physiologistes, et l'on ne discerne {dus bien quelle barrière fixe pourrait leur être opposée.

Chimie. — Si pendant la dernière partie de ce siècle, la chimie n'a pas produit des merveilles aussi éclatantes que les récentes applications de la physique, les progrès qu'elle a accomplis n'en ont pas moins une importance exceptionnelle.

Les travaux de Sainte-Glaire Deville sur la dissociation ont été le point de départ de recherches qui constituent comme une nouvelle branche de la science, la /ilii/sico-clii/tiir; la notion g-énérale d'équilibre cliimi(juc sous des conditions physiques déterminées s'est précisée et éclaircie. Mentionnons à ce sujet la théorie des dissolutions du Hollandais Yan t'IIolT, les expériences de Raoult sur la congélation des dissolutions salines. Mais la partie capitale de cet ensemble est la tlievinorliimie , due tout entière aux travaux de M. Berthelot et de ses élèves; le savant qui avait eu la gdoire de détruire absolument la barrière entre la chimie minérale et la chimie organique a su également, non seulement faire aboutir la mesure de l'énergie correspondant à toutes les réactions chimiques, mais déduire de ces recherches calorimétriques une notion précise et une évaluation exacte de ce que l'on appelait l'affinité. L'application des principes relativement simples qu'il a formulés permet désormais de prévoir à pinori, dans l'immense majorité des cas, la nature des réactions qui peuvent se produire entre des corps donnés, dans des circonstances données. En attendant les conséquences que l'avenir déduira de principes aussi féconds, ils ont tout d'abord singulièrement servi pour les recherches relatives aux explosifs, recherches auxquelles l'état actuel de l'Europe à donné, depuis 18~0, une puissante impulsion.

L'ancienne chimie a vu se renouveler ses procédés, soit par la tendance à une précision plus parfaite dans les mesures, soit par le progrès de la spectroscopie. A coté des nouveaux métaux découverts par cette dernière voie , l'isolement d'un nouveau gaz de l'atmosphère (l'argon, par Lord Raleigh et Ramsay) a excité un vif intérêt.

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L'emploi de moyens craclion plus puissants, que jusqu'alors on n'avait pu obtenir, de pressions extrêmement fortes, de températures très basses ou très élevées, a ouvert de nouveaux horizons à la chimie minérale, qui semblait avoir presque terminé l'exploration de son domaine. Grâce au four électrique de Violle, M. Moissan, par exemple, a obtenu un grand nombre de corps nouveaux, ou réalisé des préparations beaucoup plus simples pour divers métaux. De ce côté, on peut toujours attendre des découvertes inespérées, mais en fait c'est actuellement Vélectrohjse qui fournit les résultats les plus variés et les plus nombreux et les applications industrielles les plus importantes. En agissant sur des sels rendus li(juides soit par fusion aqueuse, soit par fusion ignée, elle parvient non seulement à isoler des corps simples, comme l'aluminium, devenu, grâce à elle, d'un usage courant, mais à produire des composés relativement complexes ([)ar exemple les chlorures décolorants).

La prévision chimique avait été cherchée depuis longtemps dans une voie essentiellement dilTérenle de celle qu'a ouverte M. Berthelol; se représenter, au moyen de la conception atomique, l'architecture véritable des molécules, semblait cependant un jeu desprit ne pouvant faire appel qu'à des hypothèses hasardées, plutôt qu'un moyen pratique de prévoir les réactions , surtout pour les composés d'origine végétale ou animale. Ce moyen a été cependant trouvé dans la stéréochimie constituée par MM. Lebel et Van l'Hoff. La connaissance exacte de la fonction chimique des corps naturels a permis de diriger des synthèses pour la production, par exemple, de l'indigo (Baeyer) ou des sucres (Fischer). Ces procédés pénètrent l'industrie et renouvellent la fabrication des couleurs ou la préparation des parfums, en attendant les essais portant sur des produits alimentaires, ce que l'on envisage déjà comme une éventualité rapprochée.

Les sciences naturelles : Pasteur. — Mais le triomphe de la chimie le plus éclatant aux yeux du grand public fut sans contredit d'avoir formé l'illustre savant dont l'œuvre devait aljoulir à la rénovation des doctrines médicales et à la transformation des pratiques de la chirurgie, en même temps

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qu'à (le [troiuiules modilicaliuii.s dans les coiiccplions physiologiques.

Nous avons dit ' quelle explicalion Pasleur élail arrivé à donner des phénomènes de la fermenlalion. 11 avail élahli l'existence de nombreuses variétés de germes microscopiques, répandus dans toute la nature , mais ne se développant et ne se repr(»duisant (juc dans des milieux ap]iro[>riés, et v [)roduisant alors des changements spéciaux et caractéristiques de chaque espèce. Tandis que les adversaires de la théorie microbienne poursuivaient contre lui une polémi(|ue qui l'obligeait à multiplier les expériences démonstratives , Pasteur ne se laissait pas, pour cela, détourner de la recherche des conséquences pratiques à tirer de sa doctrine. Tout d'abord elle devait permettre de régler les fermentations, soit en les hâtant par exemple (vieillissement des vins), soit en les arrêtant à un point précis et en empêchant la corruption ultérieure. Les recherches sur la fermentation de la bière (1871-187G), qui furent couronnées d'un brillant succès, sont le point culminant de cette première étape.

Mais, dans la théorie microbienne, l'action des organismes microscopiques vivants ne pouvait être limitée aux milieux chimiques; elle devait s'étendre aux êtres vivants, et, de fait, nombre de maladies oiTraienl des symptômes présentant avec les fermentations d'évidentes analogies. La gloire de Pasteur, quand il aborda ce nouvel ordre d'idées, fut de savoir choisir, comme objet de ses recherches, des questions qu'il put résoudre, comme aussi de triompher avec son génie, fait de patience, des innombrables difficultés qu'il rencontra sur sa voie.

Dès 186y, il avait été chargé d'étudier une maladie des vers à soie : sa mission fut couronnée du plus heureux succès; mais il lui avait suffi de déterminer les conditions de sélection de la graine, il n'était encore nullement question de moyens curatifs. Une attaque d'hémiplégie, dont l'illustre savant ne se remit jamais complètement, et qui le frappa bientôt après, en pleine vigueur, semblait devoir l'arrêter définitivement dans sa car-

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