‹ Histoire générale du 4e siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 89 sur 202 · Voir ci-dessus, t. XI, p. 9G · texte numérisé non relu

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rière. Cène fut qu'en 18"", après des recherches sur le charbon et le choléra des poules, qu'il fut en mesure de publier son immortelle découverte, la possibilité d'atténuer le virus des microbes par des cultures successives et d'obtenir ainsi des vaccins inoculables et capables de rendre les organismes réfractaires à l'invasion de telle maladie déterminée. En 1882, un de ses élèves, ïhuillier, découvrait le microbe du rouget du porc, un an avant de succomber en Egypte, victime du choléra, qu'il était allé étudier.

Ces premières découvertes ne concernaient encore que les maladies des animaux ; mais, tandis que les vétérinaires s'engageaient avec ardeur dans la voie nouvelle, tandis qu'en particulier l'école de Lyon se signalait à cet égard ]>ar l'importance de ses travaux, et que notamment l'emploi du vaccin préventif du charbon se propageait rapidement dans tout le monde civilisé, Pasteur poursuivait, depuis 1880, avec Chamberland et Roux, l'étude de la rage; après de nombreuses épreuves sur les animaux, il se décida, en juillet 1885, à tenter l'inoculation du virus atténué sur des sujets humains, mordus par des chiens enragés (Meister et Jupille). Le succès de cette tentative eut un immense retentissement, et en 1888 on inaugurait l'Institut Pasteur, fondé par souscription internationale, pour l'application et l'étude des vaccins préventifs.

Depuis cette époque, les travaux des élèves de Pasteur et do leurs émules à l'étranger, en particulier sur le choléra, le croup, la tuberculose, ont commencé à jeter quelque jour sur le rôle pathologique des microbes, des virus et des vaccins; ils ont montré les difficultés auxquells se heurte, pour certaines maladies infectieuses, la recherche des moyens préventifs ou curatifs, mais en même tem})S ils ont fait ressortir l'utilité immédiate que n'en présente pas moins l'élude baclériologi(iue de ces maladies. Bref, une nouvelle science s'est fondée, indépendante de la médecine, dont elle se rapproche par son but, comme elle l'est des autres sciences naturelles, dont elle imite les procédés d'observation et d'expérimentation, que le médecin pratiquant doit s'inlcnlire. L'histoire de cette nouvelle science, qui est encore à l'âge héroïque, doit être réservée au siècle à

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venir. Bornons-nous donc pour le moment à résumer en (juelques mots la conception générale qui paraît aujourd'hui ressortir des travaux accomplis.

Le microbe infectieux introduit dans l'organisme ne s'y propage heureusement pas toujours; d"un C(jlé il rencontre dans les globules blancs du sang (leucocytes) comme un ennemi qui peut l'absorber et le rendre inolîensif; d'autre part certains milieux lui sont réfractaires, en particulier ceux qui ont déjà triomphé d'une infection analogue. L'infection n'est pas d'ailleurs directement due aux microbes, mais bien à des produits qu'ils sécrètent (toxines), lesquels empoisonnent les cellules, mais leur sont mortels à eux-m.èmcs; l'immunité, dont le mécanisme reste encore obscur, peut en tout cas s'obtenir non seulement en inoculant des cultures de microbes atténués (vaccins), mais aussi en injectant des toxines à doses graduées (sérums). Enfin ces injections mêmes, à une certaine période d'évolution de la maladie, peuvent être employées comme moyen curatif. La sérothérapie, inaugurée par Roux et Martin, en 1894, pour la diphthérie, appliquée depuis à la peste bubonique, est donc une transformation de l'idée de Pasteur; mais elle semble promettre, actuellement, des résultats encore plus considérables.

Cependant c'est la chirurgie qui a surtout été rapidement et radicalement transformée par les découvertes bactériologiques. Le grave danger de l'infection septicémi(|ue des plaies résultant des opérations était depuis longtemps reconnu comme le principal obstacle au succès déllnilif. Le microbe de la septicémie fut isolé par Pasteur, mais il ne pouvait être question d'employer un vaccin, et il suffisait d'empêcher l'accès sur la plaie des germes infectieux. L'emploi des antiseptiques, et surtout la méthode du pansement aseptique, due au chirurgien anglais Lister, ont abaissé dans des proportions inespérées le chiffre de la mortalité à la suite des opérations graves, et ont dès lors donné aux chirurgiens la hardiesse d'en entreprendre auxquelles ils n'osaient songer auparavant.

La Biologie. — En face des découvertes de la bactériologie, l'histoire des autres sciences naturelles, pendant ces

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trente dernières années, perd pour ainsi dire tout intérêt. Contentons-nous donc d'en rappeler Lrièvement les événements les plus saillants.

L'expédition du Challenger (1873-1876), sur lequel les naturalistes anglais AVywile Thompson, Moseley, Murray, Wild, tirent le tour du monde en draguant les abîmes de l'Océan jusqu'à 8000 mètres de profondeur, prouva, contre l'opinion courante, que la vie y était aussi uniformément répandue que sur la terre et révéla nombre de types bizarres d'animaux adaptés à la vie dans l'obscurité et sous des pressions énormes.

Le perfectionnement des instruments d'optique et la technique des colorants électifs ont permis dai^order l'étude des phénomènes qui se passent dans le noyau et le protopiasma, au moment 011 se divise une cellule (Strassburger, en 1877); celle des circonstances de la fécondation au sein même de l'œuf (Hermann Fol, en 1879, sur les œufs d'étoiles de mer, puis Guignard, Hertwig, Ed. van Beneden, etc.) Les mêmes études microscopiques, avec les procédés de Golgi et de Ramon de Cajal, nous ont montré les cellules nerveuses comme isolées entre elles et entrant en communication par les mouvements d'appendices susceptibles de s'allonger et de se rétrécir.

En 1877 parut la Gastrea d'Heckcl, exposé de sa doctrine embryologique. Tout animal, au cours de son développement, a dû passer par la forme d'un simple sac à double paroi (gaslrula); la difîérenciation ne se fait que par des reploiements de surfaces en lames ou feuillets. A cette théorie s'oppose la conception des cellules comme primitivement libres, susceptibles de se mouvoir, de s'associer et même de lutter entre elles et de s'entre-détruire [plifigoci/tose, découverte par Metchnikoff).

En 1885 a paru le premier volume d'un ouvrage désormais classique en géologie, Dns Andilz. der Erde ', œuvre de l'Autrichien Suess, qui y a fait la synthèse des travaux provoqués par les polémiques entre les partisans de la théorie des cauxes. actuelles de Lvell et ceux des docti'ines de Cuvier.

1. Une tradiictidii fraiiraise des deux voliiiiifs parus a été publiée sous la direction de M. l'.iinii. de Margcrie : La Face de la Terre (librairie Armand Colin).

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Enfin, au milieu des querelles entre darwinisles el néolamarkieus, s'est fait récemnient jour un essai tliéori(|ue, dont on ne peut encore mesurer toute la portée, mais que mène en tout cas un es|)rit d'une rare vigueur, Le Dantec, pour constituer une conception de la vie sur une base purement chimique.

D'autre part, les travaux de Charcot, de ses disciples et de leurs contradicteurs (Ecole de la Salpètrière, Ecole de Nancy) ont fourni une base scientifique définitive pour l'étude des phénomènes de l'hypnotisme et de la suggestion, et pour leur applica- ,tion au traitement des maladies dépendant de l'hystérie; ils ont en même temps établi l'existence, entre la psychologie et la physiologie, de relations longtemps considérées comme fabuleuses. Les recherches dans la même voie continuent avec ardeur, sans que l'on puisse encore prévoir à quoi elles aboutiront.

Résumé. — Ainsi le xix® siècle s'achève en pleine activité scientifique; sa fin ne sera certainement pas pour le futur historien la clôture d'une période comme sans doute on en marquera une vers le déclin du xviii" siècle. Alors s'achevait le mouvement intellectuel qui, commencé à la Renaissance, et après quelques oscillations au début, avait pris sous l'impulsion de Descartes et de Newton une direction surtout mathématique, mais que l'on peut aussi caractériser comme essentiellement simpliste et rationaliste. L'astronomie fut ainsi achevée autant qu'une science peut l'être ; mais la véritable méthode • expérimentale pour l'étude de la nature avait à peine conscience de son pouvoir. De la physique à la biologie, tout a été renouvelé depuis un siècle, et l'œuvre théorique s'accélère si rapidement que les points qui semblaient définitivement acquis se trouvent presque immédiatement dépassés et transformés, et que le ternie de l'effort actuel ne peut se prévoir. L'importance des applications pratiques de la science grandit peut-être encore plus vite et amène dans les conditions de la vie civilisée une révolution dont les répercussions sociales restent le secret de l'avenir. Et cependant, comme nous l'avons dit, le domaine des mathématiques est toujours cultivé avec une ardeur qui ne faiblit pas. Seules, la philosophie et les sciences sociales, après un magnifique élan pendant la première partie du siècle, sont

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retombées dans une période de tâtonnements et d'incertitudes; elles attendent leur heure et le génie qui les sauvera de la banqueroute dont on ne s'est pas fait faute de parler.

BIBLIOGRAPHIE

^'oi^ ci-dessus, t. XI, la Bibliographie du chapitre xxv. Matliéiiiatifiiieii». — Repertorium der iiterarischcn Arbeitcn aiif dem

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