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(1500) et de Vespucci (1499-1504). Depuis quelque temps déjà, des Français de Normandie et des navigateurs d'autres nations venaient chercher en cette région un bois précieux de leînlure. le brasile. Ils continuèrent, sans se soucier de la cérémonie accomplie par Cabrai. Quant au Portugal, tout occupé de rioJ*^ et de ses merveilleuses richesses, il ne se souciait pas encore du Brésil. Cependant dès 1515 il avait envoyé des déportée sur la côte; des aventuriers et des naufragés s'y Axèrent. On signale un petit établissement (1524) à Piratininga. (près de Sâo-Paulo), qui devient en 1532 un bourg fortifié. Gomme des Français continuent à trafiquer avec les Indiens pour le bois de teinture, le Portugal envoie contre eux une expédition commandée par Christovâo Jacquis. Celui-ci construit un fortin à Pernambuco et livre un combat à trois bateaux bretons. En 1531 enfin, la cour de Portugal songe à donner une consécration aux droits que lui avait créés Tavenlure Je Cabrai. Elle envoie une escadre et 400 colons au Brésil sous la conduite de Martin AfTonso de Souza. Celui-ci, après un séjour de trois mois dans la baie de Rio, s'établit dans ce qui est aujourd'hui l'Etat de Sâo-Paulo, non loin de Santos; son frère lui succède et soutient de nouvelles luttes contre des Français qu'attire leur négoce habituel de bois.

C'est en 1534 que le gouvernement portugais eut l'idée de diviser son immense domaine transatlantique en grandes concessions héréditaires, nommées capitaineries^ bandes de territoire de 50 lieues de largeur du nord au sud, et de longueur indéterminée de l'est à l'ouest, entre la côte et l'hinterland. (

Des pouvoirs presque souverains furent attribués aux concessionnaires de ces fiefs seigneuriaux, à charge pour eux d'établir des colons dans leurs domaines et d'échanger les produits j

obtenus contre des marchandises de la métropole. Les possesseurs de capitaineries se montrèrent souvent insubordonnés; toutefois il en fut créé de nouvelles en 1552, d'autres encore en 1566. Puis les souverains du Portugal les recueillirent peu à peu par héritage, rachat, ou confiscation. Les dernières furent rachetées au temps de Pombal.

L'anarchie était devenue telle dans la colonie, pendant les «

années qui suivirent rétablissement des capitaineries, que le roi Jean III jugea bon, pour rétablir Tordre, d'envoyer au Brésil un gouverneur général muni des pouvoirs nécessaires. Il choisit (1549) Thomé de Souza, qui établit sa résidence sur un point de la baie Todos-os-Santos et y fonda la ville de Sâo- Salvador de Bahia. La ville fut érigée en évëché (1551).

Souza avait amené avec lui des jésuites qui entreprirent leur œuvre de missionnaires et s'avancèrent de proche en proche (1552, construction des premières maisons de Sâo-Paulo) jusque chez les Guaranis du Paraguay, chez les Moxos et les Chiquitos aux sources de la Madeira. Au Brésil, comme dans les possessions espagnoles, comme au Canada, les missionnaires se firent les protecteurs des indigènes que persécutaient avec une implacable cruauté, dans les capitaineries du sud surtout, les métis de blancs et d'Indiennes, les mamelucosy race nouvelle qui commençait à se multiplier. Au nord de Bahia, des bandes armées de Portugais et de métis poussèrent les limites de la domination espagnole, à la fin du xv!"" siècle jusqu'au cap Sâo- Roque, en 1610 jusqu'au Ceara, en 1615 jusqu'au Para, qui leur donnait entrée dans le bassin de l'Amazone. Sur la rive droite du Rio Tocantin ils fondèrent la ville de Para.

Ce n'était plus pour le compte du Portugal que ces expéditions étaient faites. En 1580, Philippe II avait mis la main sur le Portugal et la possession d'outre-mer suivit le sort de la métropole. L'Amérique du Sud tout entière était espagnole.

Les gouverneurs du Brésil n'eurent plus à lutter avec les Français, surtout après l'échec de la colonie protestante que le vice-amiral de Bretagne » Villegagnon, était venu établir dans une petite île de la baie de Rio-de-Janeiro (1555), où pendant quelques années l'étendard du royaume de France flotta sur le fort Coligny. Villegagnon mécontenta ses gens par des rigueurs excessives. L'établissement déclina et les Portugais délogèrent les Français en 1566. La « France antarctique » n'avait eu qu'une brève existence.

Les Portugais, profitant de la leçon que venait de leur donner cette occupation de la baie par des étrangers pendant onze années, y fondèrent eux-mêmes (1567) un établissement qui

est devenu la ville deRio-denJaneiro. Dans les premières années du xvn* siècle, des Français occupèrent Tîle de Maraiihâo, à Test du delta amazonien (1612). Les Portugais réussirent encote à les en chasser (1615).

Une colonie que les Hollandais fondèrent au nord du Brésil, dans le temps même où ils constituaient les « nouveaux Pays- Bas » dans TAjmérique septentrionale, dura un peu plus longtemps. Ils occupèrent la capitale du Brésil, Sâo-Salvador, en 1624; puis, ayant dû Tabandonner, ils s*établirenl sur la partie du littoral comprise entre le Rio Sâo-Francisco et le Rio Grandedo-Norte, avec Pernambuco pour capitale. Sous le gouvernement habile du comte Maurice de Nassau, ils étendirent leur domination jusqu*à Maranhâo et tinrent tète aux troupes portugaises qui s'efforçaient d'expulser ces étrangers hérétiques contre lesquels TEspagne, toujours maîtresse du Portugal, avait si longtemps lutté en Europe. Cependant la maison de Bragance ayant repris en 1640 le trône du Portugal, ce petit pays recouvra Tindépendance et de nouveau le Brésil se détacha Je la masse énorme des colonies espagnoles. La situation des Hollandais commença à devenir précaire en 1645, lorsque la population elle-même, de toute couleur, blancs, Indiens et nègres, prit les armes contre eux. Il n'en fallut pas moins neuf années de lutte pour que la garnison hollandaise fût chassée de Pernambuco (164S-165i). La paix fut signée sept années plus tard (1661) entre les Pays-Bas et le Portugal.

Un rapport adressé en 1648 au roi de Portugal par le Père Antonio Vieira, sur les moyens de défense de la colonie *, nous apprend que le Brésil à cette époque commence au Rio des Amazones et finit au Rio de la Plata, et que la capitale est Bahia de Todos-os-Santos, qui compte, avec le district, 3500 habitants et est défendue par une garnison de 2500 soldats. La place est fortifiée, mais Tennemi qui est à cette époque le Hollandais) peut faire beaucoup de mal en ravageant dans les environs les plantations sucrières. Les autres points occupés sur la côte, sauf Sâo-Paulo qui est à quelque distance dans

1. Publié en 1893 par la Revisla do InslUulo historico à Rio-dc-Janciro.

l'intérieur, sont : Rio-de-Janeiro, quelques centaines d'habitants, 500 i 600 soldats; Espirito-Santo, 300; Ilheos, 300; Maranhào, 400; Santos, 200; Pernambuco, quelques centaines d'habitants et 300 soldats. — Porto-Seguro, Cabo-Frio, Sergipe, Ilha-Grande, Sâo-Vicente, Santa-Gruz, n'ont pas chacun cent habitants.

//. — L'Amérique anglaise.

L'entreprise de Ralegh (1686-1590). — Pendant tout le xvi* siècle, les pêcheries de Terre-Neuve furent fréquentées régulièrement par des bateaux des trois nations française, espagnole et anglaise. Peu à peu la marine britannique se développait. Le mariage de la reine Marie avec Philippe II éveilla la curiosité sur la langue et la littérature d'Espagne; les récils des aventures des plus célèbres marins espagnols devinrent populaires sur les bords de la Tamise et dans les ports du canal dlrlande. Les savants se passionnaient pour le passage du Nord-Ouest, les aventuriers pour les contrées où l'on trouvait de l'or et des pierres précieuses. Martin Frobisher alla chercher le métal convoité jusque dans les glaces de la baie d'Hudson. De 1577 i 1580, Francis Drake tourna l'Amérique du Sud, longea vers le nord les côtes occidentales jusqu'à la baie de San-Francisco où il pénétra, prit possession du pays qu'il nomma « Nouvelle-Albion » ; puis, après avoir vainement cherché le bras de mer qui devait le ramener dans l'est, traversa le Pacifique, et revint en Europe par les Indes Orientales et le sud de l'Afrique, achevant la seconde circumnavigation du globe.

Waller Ralegh, favori d'Elisabeth, et son frère Humphrey Gilbert conçurent en 1584 le projet de fonder un établissement durable sur la côte orientale de l'Amérique du Nord. Une expédition fut oi^anisée et un établissement ébauché dans l'ile de Roanoke. La guerre contre l'Espagne détourna l'attention et empêcha de ravitailler la colonie, que l'on trouva détruite lorsqu'il fut possible de s'occuper d'elle (1590).

042 L'AHÉRIQUE

Les « Compagnies » de Londres et de Plymouth (1606). — Le courant de l'opinion en faveur des projets de colonisation en Amérique survécut toutefois à cet insuccès. Gosnold fit en dix-huit jours la traversée de TAtlantique (1602». Pring (1603) explora la côte du Maine. Weymoulh suivit sa trace (1606). Dans le même temps des Français prenaient possession de TAcadie et des rives du Saint-Laurent.

L'Amérique du Nord devenant ainsi l'objet d'un g^rand intérêt en Europe, les amis de Ralegh, sous la direction de Richard Hakluyt, savant géographe, promoteur actif et historiographe des expéditions, constituèrent une grande associaliuo à laquelle Jacques V concéda, par lettres patentes de 1606, toutes les côtes du continent américain du 34^ au iS"" degré de latitude nord, entre le cap Fear et la baie de Passamaquodd y. Cette association se divisa en deux Compagnies, dont l'une, la < Compagnie de Londres », prit la partie méridionale du territoire concédé, et l'autre, la c Compagnie de Plymouth », la partie septentrionale. Aucune limite n'était assignée du côté de l'hinterland occidental.

Pendant les vingt-cinq premières années de son existence, la Compagnie de Plymouth ne fît à peu près rien. Un établissement, fondé à l'embouchure de Kennebec en 1607, fut abandonné l'année suivante. Une tentative dans l'île de Terre-Neuve (1610) ne réussit pas mieux. Des expéditions de pèche occupèrent seules les principaux membres de la société. Les gens de l'autre Compagnie furent plus actifs. Ils dirigèrent sur l'Amérique un convoi de colons qui fut débarqué (1607) sur une petite île à l'embouchure de la rivière James en Virginie, et le nom de Jamestown fut donné au campement (en l'honneur du roi d'Angleterre Jacques P', comme le nom de Virginie en l'honneur d'Elisabeth, Regina Virgo). Des intrigues entre les chefs, des calamités de toute sorte, une mauvaise organisation du travail, mirent à plusieurs reprises la petite colonie à deux doigts de sa ruine. La tragique histoire de la « plantation » de Roanoke se serait répétée sans l'énergie d'un aventurier, le capitaine John Smith, dont la Compagnie s'était assuré les services.

La Virginie. — Lorsque Smith, blessé par Texplosion d'un baril de poudre, dut retourner en Angleterre (1609), il laissait la colonie en assez bon état, mais bien faible encore : un fort, une église, une cinquantaine de maisons de bois, avec 400 habitants et vingt hectares à peine en culture; on vivait surtout de maïs {indian corn) acheté ou extorqué aux Indiens. Bientôt les indigènes devinrent hostiles et les colons se virent en proie à la famine. De 400 habitants ils furent réduits à 60; tout semblait perdu (1610); mais l'arrivée du lord de la Warr avec trois bâtiments chargés de vivres changea la face des choses. Le faible noyau de population s'accrut peu à peu. On commença à se disperser sur les rives du fleuve et à fonder des plantations. Après avoir longtemps acheté du maïs aux Indiens, on put leur en vendre. Dale donna Tessor i la prospérité de la colonie en substituant le système de la propriété individuelle au régime du travail commun. En 1615, quelques planteurs commencèrent à cultiver le tabac.

En 1609, la Compagnie de Londres avait reçu du roi de nouveaux pouvoirs. Des hommes d'un esprit libéral acquirent la prépondérance dans le conseil de Londres, le comte de Southampton, entre autres, et la Virginie fut dotée en 1619 d'une législature composée de deux chambres sur le modèle du parlement anglais. Les électeurs comprenaient tous les hommes libres, exclusion faite des Indiens, des noirs et des serviteurs engagés (indenled servants). L'attrait de ces institutions nouvelles et les perspectives d'enrichissement rapide firent affluer les immigrants. La compagnie en envoya 1200, dont 150 femmes « agréables, jeunes et honnêtes » qui trouvèrent sans peine à se marier (1620). L'année précédente avait eu lieu la première importation de noirs d'Afrique. La pieuse Angleterre ayant adopté le principe que la loi chrétienne n'était pas faite pour les païens, les Virginiens n'eurent aucun scrupule à acheter ces nègres avec l'intention de les maintenir en esclavage à perpétuité. Les Indiens étaient trop fiers et intraitables pour que l'on songeât à les réduire à cet état. Les premières relations de la colonie avec Powhatan, principal chef des tribus de la région, avaient été amicales; sa fille Pocahontas épousa un

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Anglais et fut présentée à la cour de la reine à Londres, sou5 le nom de lady Rebecca. Lorsque Powhatan, le bon ami de^^ blancs, mourut (1518), son successeur, Opecancanoug^h, qui le^ détestait, prépara pendant quatre ans un massacre g-énéral. L'éveil fut donné à temps; cependant 350 colons furent égorgés, sur 4000 environ que contenait la colonie (1622). Une guerre d'extermination commença contre les Indiens de la Virginie; les débris de leurs tribus furent définitivement rejetés Tingt ans plus tard dans les montagnes de Touest.

Un orage plus menaçant se préparait, en Angleterre même, contre la Compagnie. Des rivaux évincés du conseil par la faction triomphante du comte de Southampton persuadèrent sans peine à Jacques I" que ce conseil, dont les membres apparCe naient pour la plupart à Topposition libérale, ne pouvait être qu'une « pépinière de parlementaires séditieux ». Le roi ordonna des poursuites, la Compagnie fut condamnée et la charte abrogée (1625). Le roi déclara, par un ordre du Conseil, qu'il reprenait le contrôle direct des affaires de la colonie. La Virginie devenait province royale, et les privilèges politiques dont elle jouissait étaient sérieusement menacés.

Jacques P% cependant, n'eut pas le temps de les lui enlever. Après lui, Charles PS voyant dans les Vii^iniens des sectateurs fidèles de l'Eglise établie, en bon renom auprès du clei^ê. renonça à toucher à leurs libertés, et se contenta de leur envoyer des gouverneurs: Yeardley (1627), West Pott (1628), Harvey (1629-1638), Wyatt (1638), et sir William Berkeley (1641 à 1677). Sous ces fonctionnaires royaux, la Vilenie, traitée avec indulgence, put développer ses institutions locales. Les Indiens avaient cessé toute résistance après la mort d'Opecancanough. On comptait déjà en Virginie vingt églises. La population se composait de 15 000 Anglais et de quelques centaines de nègres.

Le Majrylaiid. — Le gouvernement royal ayant recoum en 1625 l'exercice de sa prérogative souveraine sur le territoire virginien, Charles I" n'hésita pas à détacher (1632) une portion de ce domaine pour la donner à un de ses favoris, sir Geoi^e Calvert, catholique, membre du Conseil privé, pair d'Irlande

avec le titre de baron de Baltimore, Tun des membres fondateurs de.la Compagnie de Londres, et qui rêvait d'établir en Amérique un lieu de refuge pour ses coreligionnaires persécutés en Angleterre. La mort le surprit avant qu'il pût passer a Texécution de son dessein, mais la concession fut confirmée à son fils Cecilius (1632). La charte donnait en toute propriété au second lord Baltimore, avec des pouvoirs étendus de gouvernement, un territoire embrassant le Maryland actuel, l'Etat de Delaware, la partie méridionale de la Pennsylvanie et une faible portion du territoire de la Virginie. Elle stipulait des garanties pour rÉglise d'Angleterre, mais non pour les autres sectes protestantes. La tolérance fut ainsi beaucoup plus dans la politique des Baltimore que dans leur charte. Elle s'accordait avec leur intérêt bien entendu. Catholiques discrets et modérés, et gens d'affaires, ils souhaitaient que leur colonie fût peuplée de papistes anglais qui y trouveraient un asile sûr, mais ils tenaient aussi à un succès commercial. Or une œuvre exclusivement catholique eiit eu peu de chance de prospérer : le Maryland fut ouvert a toutes les sectes chrétiennes. Le premier convoi de colons arriva en 1634. Le pays reçut le nom de Maryland (terre de la reine Marie). Un village indien que ses habitants allaient abandonner fut acheté; les colons se partagèrent les champs, déjà en culture. La prévoyante libéralité de Cecilius Baltimore avait d ailleurs muni les émigrants (au nombre de 300) de toutes choses nécessaires à un établissement naissant. La proximité de la Virginie assurait un ravitaillement facile. La colonie fut donc exempte des misères qui marquèrent les débuts des autres « plantations », et fit, dans les premiers six mois, plus de progrès que la Virginie n'en avait fait en six ans. Vers le milieu du siècle le Maryland était doté, comme la colonie voisine, d'un gouvernement représentatif sur le modèle classique : un gouverneur, agent du lord-propriétaire, un conseil nommé par le gouverneur, une chambre de délégués des bourgs, ces trois éléments réunis composant 1' « assemblée générale i». Il ne restait au propriétaire comme pouvoir politique que le droit de veto, par l'intermédiaire de son agent, sur les actes de l'assemblée. Les immigrants arrivaient en nombre, la liberté religieuse

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était absolue^ le commerce prospérait; les Marylandais s'adonnaient à la culture du tabac avec la même ardeur que les Vir giniens. La colonie toutefois ne comptait guère plus de 8000 habitants en 1650.

Neiw-Plymouth» — La Compagnie de Londres ou de Virginie, dans sa courte existence de dix-sept années (de 1601 à 1625), avait jeté sur le sol américain le germe des colonies composant le groupe du Sud. La Compagnie de Plymoulh, chargée de la colonisation sur la côte septentrionale, entreprit sa tâche avec une lenteur qui eut pour résultat de mettre un mtervalle de vingt-trois ans entre la fondation de Jame^ town (1607) et celle de Boston (1630). La région avait un mauvais renom. La Virginie du Nord est trop froide, disaient au retour ceux qui s'étaient aventurés du côté du Maine.

Au Nord cependant les Français s'établissaient sur le Saint- Laurent; près du cap Cod rôdaient déjà les Hollandais depuis l'expédition du capitaine Hudson (1608). Personne ne s'avisait que l'espace intermédiaire entre la baie de Fundy et Lonsr- Island valût la peine d'être occupé. C'est là qu'arrivèrent en 1620, les membres peu nombreux (une centaine) d'une petitt^ congrégation séparatiste, fuyant la persécution, les fiameux « Pilgrims », tant chantés dans les annales d'Amérique. Ih avaient déjà émigré d'Angleterre en Hollande ; après un séjour de quatorze années à Leyde, ils se transportaient en Amérique. C'est du reste par une erreur de navigation qu'ils furent les premiers pionniers de la Nouvelle- Angle terre. Leur intention était de se rendre à l'embouchure de l'Hudson pour se trouver sous la juridiction de la Compagnie de Londres. La May- FioweVy qui les portait au Nouveau-Monde, fut poussée par les vents au nord et les débarqua sur les rivages du cap Cod dans les limites de la concession de Plvmouth. Cette dernière Cornpagnie était en dissolution, et la nouvelle société qui lui succédait n'avait pas encore obtenu la patente^que le roi allait lui concéder. Le sol où s'établirent les pèlerins était donc en quelque sorte terra nullius. Soustraits à toute autorité politique, isolés du monde entier, les quarante pères de famille ou hommes valides du convoi, presque tous petits fermiers ou ouvriers

agricoles, se réunirent dans la cabine du navire avant de débar* quer et s'engagèrent, par un acte écrit, dans l'intérêt du bon ordre et du maintien de Tharmonie entre eux, à obéir à toutes décisions, lois et ordonnances qu'ils pourraient prendre ou édicter en commun. C'était un acte de bon sens et de bonne police; il est peut-être excessif d'y voir, comme l'ont fait les historiens américains, une manifestation éclatante de l'esprit d'afTranchissement démocratique qui allait animer et transformer le monde moderne.

Ces pionniers, à la fois si humbles et si aventureux, étaient réservés à de dures épreuves. Ayant débarqué, le 22 décembre, au fond de la rade formée par la courbe du cap Cod, ils bâtirent quelques huttes (New-Plymouth) ; mais le froid, la faim et les maladies enlevèrent la moitié de la troupe avant l'arrivée du printemps. Les survivants furent rejoints par la partie de la congrégation qui était restée à Leyde. D'autres groupes de séparatistes arrivèrent. La famine, longtemps menaçante, fut conjurée après trois ou quatre années. Les Pilgrims continuèrent de vivre dans une indépendance politique complète. Le gouvernement était fondé sur les principes les plus simples : un gouverneur,, élu tous les ans par le peuple, un conseil d'assistants, également élu, et l'assemblée, composée jusqu'en 1639 de tous les habitants mftles de la colonie, formée ensuite des délégués de la population. Le nombre des colons s'accrut de 300 en 1630 à 3000 en 1643.

Nei^-Hapinpshire et Maine. — Pendant dix ans encore, de 1620 à 1630, le Conseil de Plymouth se dépensa en infructueux essais, qui toutefois créèrent au nord de la baie de Massachusetts l'embryon des futurs Etats du New-Hampshire et du Maine. C'était toujours la pêche qui attirait les marins dans ces parages. Aussi le privilège commercial, concédé à la Compagnie, ne tarda-t-il pas à exciter de violentes protestations du parti libéral dans la Chambre des communes : < C'est un monopole sur le vent et le soleil que vous réclamez, dit Edward Coke à Gorges, défenseur de la Compagnie. » Dès 1622 une flotte libre de trente-cinq navires allait pêcher sur les rivages de la Nouvelle-Angleterre, en dépit de la « grande patente ».

Le découragement prit les principaux membres de la société Plusieurs se retirèrent. Le conseil dut se borner désormais c accumuler concessions sur concessions. Portsmouth et Dcaf: furent fondées sur la rivière Piscataqua, en 1623, par Madone; Goi^es, devenus ainsi maîtres du pays compris entre le Merrim^ et le Kennebec. Ces établissements restèrent longtemps chélifv Portsmouth en 1650 contenait à peine 60 familles. Après L mort de Masôn, qui rêvait de fonder un Etat féodal sur cr rivages déserts et rudes, sa propriété dut être divisée au pm des créanciers. Les habitants du New-Hampshire, se trouvant la sorte abandonnés à eux-mêmes, commencèrent à prospérer.

La colonie de la Baie (Massachusetts) : une répo blique puritaine. — Enfin, entre le Merrimac au nord et la colonie de Plymouth au sud, s'établit en 1630 et se déve%^ rapidement, sous la double impulsion d*une ardente foi religieuse et d'un zèle opiniâtre pour la liberté politique, un Elit prospère, bien organisé, riche et populeux, le Massachusetts.

Un ministre non-conformiste, John While, associé à quelques personnages riches et influents, John Endicott, Winthrop. Dudley, Eaton, Saltonstall, Bellingham, acheta du conseil dt Plymouth (1628) le territoire adjacent à la baie de Massachusetts. Un premier convoi partit (1629), sous la direction Jt John Endicott, et débarqua à Salem. Le conseil de Plymoulli n'avait pu donner à la Compagnie qu'une concession territoriale. Les associés avaient besoin maintenant d'une charte royale conférant des pouvoirs de gouvernement. Les déroarcb faites par Bellingham et White, au nom de la Compagnie, aboutirent, grâce à l'appui du comte de Warwick et de l'un de? secrétaires d'Etat, lord Dorchester. Charles P'' concéda à ces hautes influences ce qu'il venait de refuser aux très humbles pèlerins de Plymouth. Il signa la patente qui dotait àme existence politique la « Compagnie de la baie de Massachusetts ». C'était quelques jours avant que le roi eût rendu publique sa résolution de gouverner désormais sans parlement.

Le gouverneur et les « assistants », élus annuellement paf l'assemblée générale des sociétaires ou membres de la corporation, avaient le pouvoir de fixer les conditions d'admission

des nouveaux associés, crimposer aux futurs colons des serments politiques et religieux, de transporter des émigrants sur les terres de la Compagnie, d'administrer en toute liberté les afTaîres sociales. La charte ne contenait aucune stipulation de liberté religieuse. Fait curieux, elle ne réservait pas la sanction royale pour les lois que voterait l'assemblée des sociétaires ou pour les décisions que prendraient le gouverneur et les assistants. Le monarque, près d'engager une lutte décisive contre une opposition incommode, n'octroya évidemment une charte aussi libérale à une compagnie de puritains que parce qu'il éloignait ainsi du sol de TAngleterrre des congrégalions, suspectes ou hostiles, de non-conformistes.

Un mois après l'octroi de la charte, les fonds étant réunis, Matlhew Bradock étant nommé gouverneur en Angleterre et Endicott gouverneur en Amérique, un convoi de six bâtiments chargés de provisions et de bélail emporta 200 émigrants (1629). La Com pagnie avait derrière elle des forces religieuses, politiques et sociales qui n'avaient présidé à la fondation d'aucune des colonies déjà existantes. Les chefs étaient pour la plupart les inilialeurs, quelques-uns furent plus tard les leaders, du grand parli puritain qui allait engager une lutte de vie ou de mort contre la royauté. Des hommes de haut rang, qui ne voulaient plus de la religion enseignée par les évoques, s'engagèrent à émigier dans le Nouveau-Monde et à entraîner avec eux un grand nombre de puritains, si la Compagnie et son gouvernement se transportaient eux-mêmes au Massachusetts.

La proposition fut débattue en assemblée générale et adoptée. John Winthrop, nommé gouverneur, activa les préparatifs. Le départ eut lieu au printemps de 1630. Onze navires emportaient les chefs de la Compagnie, avec la charte et quelques centaines de sociétaires ou d'émigrants non associés. D'autres départs suivirent rapidement. En trois mois, 1200 puritains environ traversèrent l'Atlantique. L'objet politique et religieux de l'entreprise éclatait à tous les yeux. Ce n'était pas seulement une corporation qui déplaçait son siège social, c'était l'exode d'un peuple résolu à constituer un gouvernement indépendant. Si la fortune s'était déclarée contre les Tètes-Rondes en Angle-

terre, quelques années d'émigration auraient formé en Âmê^ rique un grand Etat puritain qui, dès le milieu du x\ii* sièii. eût rompu tous liens avec la métropole. Le succès des parlfmentaires eut au contraire pour effet d'arrêter net, pendant un^dizaine d'années, le mouvement d'émigration vers le Mas^chusetts (de 1649 à 1660).

La colonie de la Baie compta bientôt seize villag-es {loumshif4K dont les principaux étaient Boston (presqu'île de Shawmut). Charlestown, Newtown (plus tard Cambridge), et Salem. Li plupart des anciens colons avaient été admis aux franchises de la Corporation. Les sociétaires ou freemen jouissaient seuls du droit de suffrage et composaient rassemblée du townshi/) (assemblée primaire de la commune). Nul ne pouvait être admis au freedom (jouissance des droits politiques) s'il n^mi été d'abord accepté comme membre d'une des églises de la colonie : application dans toute sa rigueur du principe de l'union de TEglise et de l'Etat. Les freemen élisaient chaque année le gouverneur, le sous-gouverneur, les assistants, un peu plus tard les juges. Une fraction aristocratique dans la Compagnie essaya de réserver au corps des < assistants > toul le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif. Mais ce rég^ime d'aristocratie théocratique ne dura qu'un an. Les freemen revendiquèrent leur droit de participer, directement d'abord, puis par des délégués, à la gestion des affaires publiques. Les personnes sages et timorées déploraient que « le peuple eùl usurpé toute autorité », et déclaraient que « cela ne pourrait durer ». Cela dure depuis deux cent cinquante ans. Pendant quelque temps les assistants, élus annuellement par tout le peuple, et les délégués des townships délibérèrent et votèrent en commun. Ensuite la législature fut séparée en deux chambres, chacune d'elles ayant un droit de veto sur les résolues de l'autre. La réunion du gouverneur, du conseil des assistants et de la chambre des délégués constitua la « Cour générale >•

Ainsi les puritains du Massachussets étaient organisés en république {commonwealth) ; en république indépendante, car la Cour générale en vint à exiger de tous les habitants àck colonie un serment d'allégeance non plus au roi, mais au gou-

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iremement du nouvel Etat: en république démocratique^ car il n'y avait ni lords, ni comtes, ni barons* ni squires, et point de sujétion terrienne ; toutes les terres étaient à acquérir, toutes les propriétés i constituer» par une lutte acharnée contre la nature, le climat et Tindigène.

Rhode-Island. — Si les puritains furent en avance sur leur temps pour la liberté civile et politique, ils se montrèrent bien de leur siècle par Tintolérance religieuse. Les circonstances avaient conduit les catholiques du Maryland à donner aux autres confessions un exemple curieux du régime de liberté religieuse; des causes non moins naturelles amenèrent les puritains à donner un exemple tout contraire. Croyants ardents et sincères, leur religion était entre eux le lien social le plus fort. Il leur parut nécessaire que cette unité religieuse fût rigoureusement maintenue. Deux frères, membres du conseil, John et Samuel Brown, s'étant déclarés partisans des formes du culte anglican, le gouverneur les fît arrêter comme des criminels et les renvoya en Angleterre. Lorsque Roger Williams commença de prêcher à Salem la doctrine du respect des droits de la conscience, il y eut un grand émoi à Boston parmi les ministres et les elders (anciens). Ce Williams laissait de plus entendre que le gouvernement de la colonie, par son serment d*allégeance, se mettait en état de rébellion contre Tautorité royale. On le cita devant la Cour générale, qui décida qu'il avait le jugement < déréglé ». Williams, expulsé de la colonie (1635), trouva un asile chez un chef indien et fonda à l'extrémité nord de la baie de Narragansett la petite colonie de Providence, noyau du futur Etat de Rhode-Island.

Des émigrants arrivaient maintenant très nombreux à Boston, apportant d'Angleterre les idées nouvelles auxquelles donnait naissance la fermentation des opinions. Parmi les derniers venus, une femme, Anne Hutchinson, prêchant (|ue la foi seule assure le salut, attaquait tout Tappareil de piété rigoriste et extérieure du puritanisme officiel. Elle était soutenue par plusieurs pasteurs, par une partie de la population, par le gouverneur lui-même, Henri Vane. Une insurrection contre lautorité des églises se préparait. Les ministres et les « elders n

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accusèrent Anne Hutchinson et ses amis de sédition et res^sirent à force d'énergie le pouvoir qui leur échappait. Un*: sentence d*exil débarrassa le Massachusetts d*Anne Hutchinsnii qui, avec Coddington et Clarke, alla rejoindre Williams à Pn> vidence. Les exilés achetèrent aux Indiens l'Ile Aquidav ou Aquidneck (1638) et lui donnèrent le nom d'île de Rho'l*^ Toutes les croyances religieuses se donnèrent bientôt renJ»'2 vous autour de la baie de Narragansett. Williams lui-mèiik fonda (1 639) la première église baptiste d'Amérique. John Clarke. un des compagnons d'exil d*Anne Hutchinson, en fonda une seconde (1644) au sud de l'île Aquiday, où s'élève aujourd'hui l'élégante et mondaine ville de Newport.

Connecticut. — La population du Massachusetts pou>sa encore d'autres rejetons, mais empreints, ceux-ci, du plus pur esprit puritain. Dans l'hiver de 1635 à 1636, les minislivs flooker (de Newtown) et Stone (de Dorchester) se transportèrent, avec les fidèles de leurs deux églises, sur les bords de la rivière Connecticut, le fleuve principal de la Nouvelle-Andeterre. Ils se comparaient au peuple de Dieu conduit par Moïse dans le désert ; les riches prairies arrosées par le Conneclirut étaient pour eux la Terre promise. Ils s'établirent à Good-Hope, Windsor, Springfield, Wethersfield. Deux ans plus tard (1638i. ces villages élurent des délégués qui se réunirent à BaxiM (Good-Hope) pour constituer un gouvernement indépendant du Massachusetts. Mais, avant de se donner des lois, les colons, à peine installés, eurent à défendre leur vie menacée par les indigènes. La tribu des Indiens Pequods, qui habitait la vallée delà Thames, essaya d'entraîner les Narragansetts et les Mohegans dans un complot général contre les envahisseurs des terres indiennes. Ils n'y réussirent point et furent surpris à leur tour dans leur forteresse par une centaine d'hommes du Conneclicul et du Massachusetts; les retranchements furent emportés Je campement incendié, la tribu anéantie, les sauvages des auïres tribus frappés de terreur. Il n'y eut plus de guerre indienne pendant quarante ans dans la Nouvelle-Angleterre.

La république des gens de Hartford ne tarda pas à absorber un autre poste puritain, Saybrook (du nom de deux lords libé-

raux), fondé par Winthrop/wweor, fils du gouverneur du Massachusells. De la fusion sortit la nouvelle république du Connecticul, dont la constitution, votée par ses propres membres, différa de celle du Massachusetts en un point capital : aucune qualification religieuse ne fut requise pour le droit de suffrage ; ce droit appartint à tous les citoyens des townships, sous la seule condition d'un serment d'allégeance à la communauté civile. De la juridiction de l'Angleterre la constitution ne fit aucune mention. Les magistrats étaient élus annuellement par le peuple, ainsi que le gouverneur. De 1639 à 1655, J. Haynes et Ed. Hopkins furent élus alternativement gouverneurs.

New-Haven. — L'année même où était exterminée la tribu indienne des Pequods (1638), fut encore fondée sur le territoire de la concession du Gonnecticut une autre colonie puritaine. John Davenport et Théophilus Eaton étaient arrivés d'Angleterre à Boston au moment où les querelles religieuses faisaient rage entre les partisans d'Anne Hutchinson et les < churchmen » orthodoxes. Cherchant une retraite plus tranquille, ils allèrent avec quelques fidèles s'établir à l'ouest du fleuve Gonnecticut en un lieu qu'ils nommèrent New-Haven. Là régna l'esprit du calvinisme le plus austère : le gouvernement civil modelé sur les principes de l'Ancien Testament; l'Ecriture Sainte règle unique pour tous les devoirs et loi suprême du pays ; le droit de suffrage aux seuls membres d'une église. Eaton fut choisi pour premier gouverneur et réélu pendant vingt ans.

Importance des établissements anglais en 1648. — Ainsi, en 1648, étaient déjà établis sur la côte de l'Atlantique huit centres de colonisation dont un seul, la Virginie, dépendait directement du pouvoir royal. Le Maryland, le New-Hampshire et le Maine appartenaient à des propriétaires investis de concessions directes par la royauté, et étaient gouvernés par des agents de ces propriétaires. Le Massachusetts avait une concession territoriale du conseil de Plymouth et une charte royale de gouvernement, si libérale qu'elle équivalait à l'octroi d'une indépendance complète. La colonie de New-Plymouth et les trois républiques de Providence, de Gonnecticut et de Newflaven ne tenaient leur existence d'aucune charte, ne dépen-

daient d'aucune autorité civile ou politique , se gouvernaienl en pleine liberté. L'établissement puritain avait ruiné les espé rances de fortune des nombreux propriétaires auxquels 1 ancien conseil de Plymouth avait successivement vendu toutes les parties du territoire qui s'étend de la rivière Penobscot à File de LongJsland et au centre duquel le Massachusetts était maintenant constitué avec une population qui ne s'inquiétait guère des opérations d'un bureau de commerce en Angleterre. Quelques-uns de ces propriétaires se liguèrent pour intenter uoe -action judiciaire contre la charte du Massachusetts et obtinrent même une condamnation; mais comment faire exécuter ce jugement contre un peuple qui comptait déjà 20 000 âmes? D*ailleurs le roi n'avait plus le loisir de s'occuper des colonies. La rupture allait éclater entre lui et la nation. Strafford exéculi. Laud enfermé à la Tour, de grands événements se préparaient et les puritains entrevoyaient l'heure du triomphe.

///. — U Amérique française et hollandaise.

Le commerce des pelleteries au Canada. — Aprè5 l'échec des entreprises de Jacques Cartier (1534-1543) *, iln« fut plus question en France, pendant soixante ans, de colonisation à la Nouvelle-France. On garda toutefois le souvenir d'une terre fertile, d'un fleuve admirable, de rivières poissonneuses, de forêts immenses, et aussi d'hivers terribles au cours desquels on mourait de faim et de froid. C'était d'ailleurs un pays excellent pour le commerce des pelleteries, très recherchées alors en Europe, et l'on alla encore en Canada, mais seulement pour acheter des fourrures aux Indiens, notamment à l'embouchure de la rivière Saguenay (affluent du Saint-Laurenl). ou pour pécher la morue autour de Terre-Neuve. Cartier, le Christophe Colomb de l'Amérique du Nord, n'en avait pas moins démontré, en passant trois hivers dans ces parages, que ces régions, pour si glacées qu'elles fussent, étaient encore habitables, et l'enseignement ne fut pas perdu.

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