L.iyiii^ua Dy GoOglc
âOS HISTOIRE GÉNÉRALE
La matarilé de son Age ( 54 ans) , son expérience , son aptitude et son application aux affaires » ses alliances nombreuses» la tranquillité générale de TEurope, tout semblait concourir à lui assurer un règne heureux et paisible. Mais son aversion pour les lorys et son attachement exclusif pour la faction des Whigs auxquels il livra tout legouveruemeut, iirent beaucoup lurroiitens , et il ne farda pas à s'élever de dangereux tumultes en plusieurs parties du royaume. Le préiendant , qu'on appelait le cAevalier de St,-George$t essaya d'en profiter : il publia un manifeste où il se plaignait que , contrairement à la loi fondamentale du droit héréditaire» on eût proclamé un prince étrauger. En de telles circonstances , le roi ayait besoin d'un parlement dévoué. Il en convoqua un nou> eau doiil riufluence de la cour dirigea rélection. Son premier acte fut d'assurer la liste civile du roi, qui iul livée à 700,000 li\n»s sterling. La proclamalion par laquelle Georges avait convoqué un nouveau parlement étail dans une forme inouïe jusqu'alors, 11 Avait affecté de s^y plaindre des pernicieux desseins de ceux qui étaient mat affectionnés à l'ordre de succession actuel ^ et il avait exprimé l'espérance et le vœu de voir les électeurs porter leurs suffrages sur des personnes capables de remidier aux désordres présens et particulièrement attachées à la succession piolc^laiile. Quelques dcpulés osèrent blâmer cette proclamalion. Sir Guillaume Wiudham déclara • qu'elle était insoutenable, sans exemple et d'une coasé-^ quence dangereuse pour l'essence même des parlemens. Accueilli par les cris, à la Tawr, à ia Tour , il euLorclre de sortir; 129 membres l'accompagnèrent* Les autrctst votèrent pour qu'il fût réprimandé par l'orateur , oomme ayant fait un «sage impardo^inable de la .liberté de» parler: . r - ;
'0'tt*étalt là que le prélude d^ violences iauxquellea allait se porier la laclion dominante. Cbercbant un pré-< texte à poursuivre les anc i<'ns mioislres, elle chargea un comité secret d examiner les uegocialioris concilies vera la fin du dernier règne. Ën vertu du rapport de ce çq^
DU mX-HTITIÉME SIÈCLE. 209
mitéi son président , R(dfert Walpole, accusa Ton des négociateurs t le lord BoHngbroke^ de haute trahison, d'autres grands crimes et ^insigne mautaise conduite. QueU qucs membres s'opposatit à cette accusalion, le lord
Coningsby so le\a aussilôl et diî : « Le digne président a accusé la main , et moi j'accuse la tête ; il a accusé le clerc, et moi j'accuse ic jii fi «s* il a accusé l'ccalier , et moi le maître : j'accuse lioùert Ifarky, comte d'Oxford, de haute trahison ,,et d'ati ros crimes et insignes malversations. » En vain le frère d'Oxford représente que ce ministre n'a rien fait que' par ordre de la reine; qu'après tout f la paix d*IItrëcht est arantageuse , et que deux parlemens l'ont approuvée comme telle. Son jugement est déféré à la chanihro-lir!u o , et hii-même esi condnif à la lour , quoique soulirani d'une maladie doiilourense. Une semblable accusai ion fut intentée au duc d'Ormond el au cornue de Strafford, Koliiîgbroke, prévoyant l'orage qui le menaçait > avait échappé par un exil volontaire à la persécution. Ormond suivit cet exemple et se relira sur le continent. Le bHl, d'aftotndi^r passa contre les deux contumaces . ët leurs iîoms fui*ent rayés de la liste des pairs.
Le çrouvernement réatlîonnaire des W! igs irritait le raécoiilenteiuenl chaque jour croissant en Angleterre. Déjà Londres et Vv esîuiinsîer avaient été le tîu à;re de fréquriîs luîiuilîes. La population avait poussé riîîsolcnco jusqu'à insui!er ceux qui célébraient Tariniversaire de la naissance du roi Georges , jusqu'à brûler à Smitbfield une image de Guillaume III. Xe comte d'Oxford avait été accompagué è la Tour par un prodigieux concours de peuple qui maudjss^it 'sés pei^uteurs. Dans le comté de StraflTord et en d'autres provinces, il y avait eu des monvenions contre les Whigs. Les communes présentèrent une adresse au roi pour soMiriler des mesures vigoureuses contre les perînrhateiirs. Elles préparèrent un bill portant que, si douze personnes, illégitimement assem— blées, demeuraient ensemble une. heure après la sommation légale de se séparer» elles seraient jugées coupables de félonie. Le rori s'étant rendu à la cfhambre pour ap-
âlO HISTOIRE GiNSHALB
[)roTiver ce bili et quelques aulres, déclara qu'il y avait toiiiiiitiîoeinenf de rébellion dans la Graude-Breta^ne , et que le pays, par suite des iulrigucs des jacobitcs , était menacé d'une invasion de la part de Tétrauger. Aussitôt il fut armé du pouvoir de ëu&^eudre Vàcieà'Habeascorpus et d*.arrêter les personnes suspectes. On promit 100,000 livres sterling à quiconque livrerait le prétendant mort on vif. On mit la fiotte sur le pied de guerre^ et des ordres furent donnés pour la levée de vingt nouveaux régimens. Comme on redoutait principalement les dispositions de TEcosse , on passa une loi par iaquelle tout tenancier, qui demeurerait en paix , tandis que son seigneur s'armerait pour le prétendant, serait revêtu de la propriété des terres qu'il tenait à rente. Une clause de !a même loi enjoignait aux personnes suspectes de donner caution , sous peine d'être chargées de rébellion. En vertu de cette di£^ position, tous les cbefs des clans jacobites et les autres personnes dont on se défiait furent cités à Edimbourg* et tous ceux qui firent défaut furent déclarés rebelles.
L'insurrection fermentait , et ces mesures étaient plos propres à précipiter l'explosion qu'à la prévenir. Les torys, exclus du gouvernement et de la législation , exposés aux violences d'une faclion odieuse, se laissaient aller à des projets de révolution. Plusieurs d'entr*eux étaient en correspondance avec lesjaoobilfôdu dedans et du dehors. Le ressentiment d'une injuste condamnation avaitrangéOrmond et Bolingbroke du partidu prétendant. Appelé par les vœux d'une grande partie de TÂngleteiTe» assuré des secours de Louis XIV » ce prince pouvait se flatter, avec quelque vraisemblance, d*une heureuse et pracliaiiu' ir>k!nialioiî. Mais la mort de Louis XIV lui enleva loul-à-coup ces belles espérances. Le régent, Philippe d'Orléans , se lia à la maison d'Hanovre. Les jacobitcs durent reuoncerà l'appui de la France. Toutefois , se croyant trop compromis pour ne pas aller Jusqu'à la révolte ouverte , ils se soulevèrent dans les montagnes d'Ecosse sous la conduite du cqmU de Uarr, ,au nombre de 10,000 hommes « et proclamèrent Jacques III, Les
vu m-HimniiiB giÂcLE. 21 i
comtés septentrionaux de TAngleterre suivirent cet exemple. Le pretendaul , prince de peu de résolution , après âvoir promené lentement ses incerliludes sur deux cents lieaes de rivages français » tandis que de Tautre côté du détioit m 8*égorgeait pour lui , s'enubarqua enfin pour l'Ecosse^ mais» à son arrivée » il trouva ses partisans af«faiblis et découragés par les journées de Pmum et de JDumblaine. Au Heu de les ranimer par des mesures actives et énergiques, il consuiiia six semaines en vaines parades ; puis , se rembarqua brusquement sans avoir combattu, sans même avoir vu Tenuemi, n'emportant de sa royauté epiiénière que le souvenir de s'èlre fait servir à table par des hommes à genou et d'avoir donné lui-même des soins puérils aux apprêts de soli couronne^ m^t : après quoi» ayant furtivement traversé la France et demandé» eu passant» r«ttmdii«au prince de Gellamare» il alla se cacher dans Avignon. La victoire des wigbs avait été facile , et n'en fut pas moins implacable. Un grand nombre d'insurgés furent pendus, ccartelés , décapités , et 1,000, à titre de grâce , iureut condamnés à la déportation.
Ces rigueurs barbares irritèrent, le mécontentement » au lien de Téteindre. Le parlement actuel était soumis aux ministres : mais de nouvelles élections » faites sous l'inflaence du chagrin national, pouvaient tout changer et exposer le parti dominant à de terribles représailles. Pour s'assurer contre ce péril , le ministère entreprit d'annuler l'acte qui établissait des parlemens tricnnauv , et d'étendre leur durée à sept ans par un nou\eau bilL Un pair (le duc de Devoushire) représenta dans la chambre-haute que les élections rendues trop fréquentes par la triennalité entretenaient les discordes des partis» dourissaient des haines dans les familles, entraînaient des dépenses ruineuses et favorisaient les intrigues et la malveillance des princes étrangers. D*aulres lords défendirent la triennalité comme loi fondamentale du royaume et la plus sûre garantie de la liberté. La septenmlùé n'en
ftl2 dnromi «ÉRiBAU
fut pas moins admise par Ie§ deux chambres » à la graad^
itiajorifé des voix.
Eusiiite, le roi , ayant lait aniuiler la clause de la constitution, qui lui oîait la liberté de sortir de ses ntat s hrilaDoi(]ues, alla visiter ses possessions d'Alleniague (juillet 1716.) 11 avait acheté, comme électeur d'Haucvre, ie's duchés de Dremeii et de Verden» dont le roi de Suède» ' Cèarles Xil » avait été dépouillé par aes euftemie duraof MD abseDee-Ge prince » de retour dans ses états» rédana vainemenl la restitution des deux duchés. Dans son res* sentiment , il résolut , à Tinstigation do baron de Goertz , sou principal ministre, de teuler une invasion en Angleterre j)our rétablir le préteudant. Le concours de la Russie et de l*Espagne , les intrigues de Goertz en Hollande et en Angleterre, la multitude de méconteDs prêts à seconder lentreprise , semblaient en promettre le saccès. G'M)rges opposa au péril ralliance de la France et de la Hollande et de promptes et énergiques mesures. A la nouTcUe de ce qui se trame contre lui • il se hâte- de retourner à Londres (janvier 1717). Il fait arrêter le comte de Gillemburg, ambassadeur suédois en Angleterre ; en même temps, sur sa (K-njande, les étals-généraux font arrêter le baron de Gooriz. On trouve dans sos pafûers la preuve du complot, (fcoi'ges en profite pour obteFîir du parlement un subside extraordinaire, sous prétexte de se garantir des entreprises de la Suède. Entin, la mort inopin/e de Charles Xil, tué au siège de Fridericsball » le délivre de tout danger de ce côté » et les duchés dn Bremen et de Yerden demeurent à la maison d'Hanovre» acquisition que rAngleterre paya chèrement par les li»* sons dispendieuses où elle l'entraîna «rvee le continent.
Le roi était eu possession d j ces duchés , niais il n'en avait pas encore reçu rinvesiiture de l'empcitur. Aussi, se monfra-t-il l'alli ' zoie de (lljarles VI daos la guerre qu'Albéroni suscita ia même année entre ee prince et l'Ëspagne. Philippe V ayant refusé d'accéder au traiiéde la quadruple alliance , conclu entre i'emfereaiv la France, l'Angleterre et la Hollande» pour maintenir la tranquillité
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de t'Ëiuna^. et régier l^s. iutérôU des, E^pagooU et im ImpérMKUL en Italie, Georges équipa une pubaante escadre qai » sous les. ordres 4e ranîral Byngt détniifih la flotte, espagnole aar les côtes 4e Sicile (1718). L^année siii*. yanltf, Albéronr prépara nne expédition en faveur d« prétendant, ordinaire épuuvantail dont les ennemis de l*Augleterre menaçaient la dynasiic nouvelle. L'ai aieiaent consis(aii en dix vaisseaux tle j^^iierre et quantité de hàiir mens de transport, avec 0,000 liommes de froupes régulières et des armes pour 12,000. Mais dette Hotte fut dispersée à la hautear du ca(i Finiitèçe par une violante tempête ; deux frégatca senlenieni abordèreot eu Ecosse • OB eHes débarquèrent 300 Ëspagnok» qui» joints» puis' abandonnés par quelques montagnards , furent prompte^ ment faits prisonniers. Dans le même temps , les Impériaux triomphaient en Sicile par la coopéra! ion de 1» marine anglaise, et Philippe V, cédant à l'ascendani dfe ses ennemis, adhérait à la quadruple-alliance, et renvoyait raoibitieux ei téméraire ministre qui Tavait engagé dans eelte guerre. "
AlbérpQλ par sesfoUea entreprises^ Law, par son système extravagant» valaient de miner l'Espagne «t la Franœ. A son tour» TAugleterre fut bouleversée par les projets de Bhmt. La dette nationale s'élèvaît à plus de 14,000,000 (le livres sterling. Laiiaiufae el la compaguie d«' la mer du sud jirr sentaient à Tenvi (K s plans d*amortissoment et oliraient de se charger de l'opération. La compagnie » par l'organe de llluot , sou directeur , tii des propositions A â^vuiitageoses qu'elle obtint la prèlerence. En vain quelques kbmmes sages de la cbambre des lords veprésentèrent que ee système» calqué sur . celui de Law , produirait la inème crise et la même catastrophe. On s'y attacha avec une ardeur qui dégénéra eu une espèce de délire. Les promesses fallacieuses des directeurs delà compagnie et de leurs agens mercenaires, les manœuvres infâmes de l'agiotage, l'avidile i^t la crédulité publiques élevèrent rapidement les actions de 100 jusqu'à lyOOO livres. Toute la nation , sans distinction.d^
HISTOIRE GÉNÉRilLE
parti , de cuite , de prolessioa , de sexe , s'abandonaa à cette frénésie. £Ue semblait 4|Toir tout oublié pour le projet de Blont ou pour dîautres spéculations que chaque jour voyait éclore» brillantes, et frêles bulles dê Hiioon, mom soufr lequel on désigna ees ehimères de la cupidité tfompée. La première noblesse du rayanme n'était pas. exempte de ce honteux vertige. Le prince de Galles était nommé gouverneur d'un^î compagnie du cuivre Gallois, Le duc de Cliaudus paraissait a la tèle de celle des hàii-^ mens d'Yorck ; àvLC de Bridgewater présidait celle des constructions de Londisi et de Westminster, Ou compta environ cent projets pareils » qui ruinèrent une multitude de dupes. Le^ sommes. qu*on se proposait de lever par ees expédions montaient à 30O»000,000 sterling » ce qui eicédaitla valeur de toutes les terres du pays (1^. La compagnie de 1^ mer du sud^ dont le système avait donné ie sigaalde tant de folies, fascinait surtaut les esprits. Le prestige ne fut piis de longue durée. Vers le mois do septembre 1720, se» aclioauaires commencèrent à entrevoir qu'ils s'abusaient dans leurs espérances. Delà des ventes précipitées, la chute rapide des actions^ et le nau-. frage d'un nombre inûni de familles dans ce reflux impé- . tueux d'un crédit factice et mensonger. Georges^ était alors en Allemagne. Rappelé par les cris de détresse de l'Angleterre aux abois, il se hâta de revenir, et, de (ïoncert avec le- parlemènt , prit des mesures vigoureuses et efficaces pour remédier au désordre. Une enquête fut ordonnée contre les principaux moteurs de l'agiotage; on confisqua les biens des directeurs de ia compagnie; on avisa aux moyens d'indemniser, au moins en partie, les créanciers:; enfin , de sages combinaison&.financières ra<^
( I } Colle manie de lout risquer en spéculations fui portée jusqu'au jtlus grosiier aveuglement. I n obscur Faiseur de projets prétendait va avoir formé un trcfi-aTantageux , que cependant il D'ex[)liqu<dt pas. U invita le public à BOuscrire , promettint qac dans un mois il divulguerail-aon plan. En même lem|» . il dédara qiie totttjsperiwnOequipftierait.deaxguioées serait inscrite pour une totticription deceni livres qui «chaque année, produirait la même somme. En une roatinéu , cet aventurier reçut deux mille guioées , avec lesquelles il partît. l'aprêi*9idi..
^mèrent le crédit publie et dissipèrent la crise qoi' avait menacé TAngleterre d*un efliruyable boalerenement.
Dans reffiervescence déliranCe de toutes. les téfês, le* hixe et la cormpttoii aTaieut été poussés, aux deiuiiej*»: excès. Les agioteurs, enivrés de leur opulence imaginaire, s'étaient livrés à une licence elfrénée. Leurs débauches monstrueuses, leur scandaleuse impiété, avaient insulté aux mœurs et à la relifïion. Le comte de NoUingham. ayant exhorté la chambre des lords à réprimer ce débordement d'immoralité çt d'athéisme 0(i dressa un bilt contre le blasphème et la profanation (1721)« Mais comme il contenait plusieurs articles qui: semblaient res-. treindre la Uberté «tccordée par des lois récentes aux non^M>nformistes, il éprouva, une violente opposition , et . finalement il fut rejeté.
Une |)<Milion des quakers fut aussi Toccasion de quelques debals dans le parlement. Aon-contens d'avoir obtenu, sous le roi Guillaume, que leur affirnuition solennelle ti9t lieu de serment en justice » ils demandèrent qu'on en retranchât ces mots : enprisence du DimtmU^. puiêsanU Les communes» indulgentes à leur scrupule» dressèrent un bill conforme à leur requête. Il fut vivement combattu à la chambre des Tords par Tarcbevèque d'Yorck et par plusieurs autres pairs. Le clergé de Londres présenta une pétition pour se plaindre qu'une législation chrétienne accordât une si singulière condescendance à des gens qui étaient à peine, chrétiens , taudis qu'elle imposait aux vrais fidèles des formules si rigoureuses de serment. Cette pétition fut repoussôe comme un libelle séditieux , et le privilège des q^uakers confirmé.
Ce fut le dernier acte de ce parlement si^ complaisant aux ordres de la cour , et qui fit place ( 1722) k une assemblée non moins docile. Le roi , en rinstallanf • loi dénonça une prétendue conspiration nouvellement découverte contre son gouvernement. Malgré le peu de cerlilude et l'invraisemblance même du com|dol , on prit l'alarme, comme si la subversion du royaume eût été imminente. Un manifeste absurde, attribué au prétendant^
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et qui , selon (ou(c apparence , u'était qu*une imposture minisîi I i* ll( pour écliaufl'er encore les csprils , acheva de souiller les passions politiques. PluMcurs personnes, eulr'aulres i illustre et vertueux Altet biinj , tnèque de Bochestert furent emprisonnées comme coupables de haute-trahison. L'acte d*Habeas corpus fut suspendu pour une année entière. On frappa les biens des papistes de contributions extraordinaires. Uu jeune homme, nommé Layer , fut décapité à Tyburn » sous prétexte d'avoir enrôlé pour le service du prétendant » dans le dessein d'exciter une rébellion. H esl probable que le complot , s'il n'était pas tout-à-fait imaginaire, n'existait du moins qu'en germe et n'avait pris aucune forme régulière : car que les conspira! eurs se fùsseut adressés, comme on les en accusait y au régent de France» doul les liaisons avec le roi Georges étaient si connues » c'est ce que le bon ^ns ne peut admettre. Cependant la chambre des com- Ittunes proclama qu*U avait été formé une détestable et horrible conspiration pour mettre une main violente sur Ja personne sacrée de sa Majesté et sur celle du prince de (ialles, poui rc:î\iiscr le gouvcruemeut de l'Eglise et de l'État et placer un papiste sur le trône. A la vérité, les preuves manquaient contre les accusés. La eliamlire n'ea condamna pas moins quelques-uns à une prisou perpétuelle. Quant à Féveque de Rocbesler, il fut dépouillé de son évéchéf déclaré indigne et incapable de posséder jamais aucun office , et banni du royaume , avec défense d'y rentrer» sous peine de mort. Use relira en France» où une honorable hospitalité adoucit son exil et récompensa ses vertus.
Quelques années après ( 1725) , un procès d'une justice plus évidente fui iiKc nîé au chixncvVwr Maccles/ield pour des maher.^aîioïis iioîoircs. Convaincu de vénaliîé et de brigandage dans rexcrcice de s fondions, il fut condamné à une amende de 50»000 livres sterling ». et à demeurer en prison jusqu'au paiement.
En ce temps-là» les intérêts de Georges comme éleeleur de Hanovre l'appelèrent encore sur le continent.
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3usque*là sa polilique avait été de ménager Tempereur pour ne point exposer ses étals d'Allemagne» et pour obtenir Tinveslilure des duchés de Bremen et de Verden. Mais le relard de cette investiture tant désirée, l'élaLiissement de la compagnie d'Ostendfi el le rapprochemeut . de TAutriebe et de TEspagoe par le traité de Vienne, ralarmë^ent sur les intentiaoB de rempereur. Craig^oaat pour ses possessiops germaniques , il conclut à Hamvre une ailiance défensiTe airec la Frauee et la Prusse , et revint éprouver de nouveau la docililé des chambres , en leur faisant confirmer c ode alliance à laquelle l'Angleterre n'avait pas un intérêt direct. Mais on avait eu soin d'insérer dans le traité des articles relatifs au commerce et à la religion protestante. Oa fit entendre au peuple que les Impériaux avaient des engagemens secrets avec les Espa*^ gnols pour les aider à reconquérir GibriiUar et Por^Mahou.^ On fit retentir ces grands mots » tant répétés depuis et devenus si ridicules par Tabus qu'en fit le ministère» mathinalions de gens malintentionnés, complots du prclendant papiste, intérêts des prolestam , balance du pouvoir, liberté et sûreté du roï/anme : expressions, dit rhisîorien Smoiletl , qui, semblables à des sons cabalistiques, ont fasciné la nation et Font entraînée pour les aÛaires du continent dan& les liaisons les plus dangereuses^ Uno adresse des deuik chambres au roi> pour approuva le traité de Hanovre t des subside extraordinaires votés pour le soutenir contre les entreprises de l'Autriche et de .l'Espagne , atteslèrent riniuieace toujours croissante delà cour sur le parlement ( 1726 ). -
Trois escadres anglaises furent misi's en njer, Tune pour bloquer les ports de la Uussie , qui avait accédé au traité de Vienne. et qui faisait quelques armemens maritimes; l'autre» pour observer les c6tes d'Espagne , où elle se borna , du reste » à uoe*croisière inoflensive ; la troisième ; pour saisir les galions espagnob dans les Indes occidentales , véritable projet de piraterie , qui n'eut aucun succès et méritait ce dénouement.
Cependant le roi d Espagne répondant a ces démons-
traliojiîï hostiles par des préparatifs de guerre, Georges,, dans uDe haraugue étudiée , représente avec exagératioa^ ^11 parlement que FaUiance de FAulrkhe et de FÈspagoeconstitue nne puissance menaçante poorks lintres états ; que les projets des deux couronnes inettent en péri) l^s. intérêts du commerce anglais et la religion protestante ; qu'il faut ou aliandonner Gibraltar et Màhon , et acquiescer au maintien de la compagnie d'Ostende , ou défondre vigoureusement des droits inviolables contre la conspiration austro-espagnole. Aussitôt les deux chambres lui accordent uneh'véede quarante-six mille hoinines et une taxe de quatre sheiMiigs par livre sur les terres jpour subvenir aux dépenses extraordinaires^
La harangue de Georges choqua Tirement Fempereuf, he minislre d'Autriche à- Londres eut ordre de présenter une remontrance ou on reprochait au discours du trône d'avoir allégué comme certains des faits ou tronqués , ou mal rendus , ou deslilués de fondement , injure dont renijiereur demandait réparation. Le parlement se récrîa contre riusoleîice de ce mémoire; le ministre fut renvoyé du royaume; les deux monarques s'attaquèrent à la diète de Ratisbonne par des écrits pleins de violence et d'amer-, tume. Tout-annonçaît la guerre. Georges se fortifia contre l'orage par des traités avec la France, la Soède» te Danemarck , le prince de Hesse-Cassel; Hais» dit Smollett» ^ le roi de France ne pouvait être regardé que comme un allié précaire ; quant aux rois de Suède et de Banemarck et au prince de Cassel , ils vendaient chèrement leurs secours. Ainsi la défense de l'élee! oral d'Hanovre, dont les artifices du miuislere avaient ï<\ii une querelle britannique, était à la charge de l'Angleterre.
Nou-conteot d'obtenir des subsides pour soiitenir ces traités dispendieux» Georges» par l'organe du secrétaire de la trésorerie» demanda aux chambres le pouvoir d'appliquer les sommes qu'il jugerait nécessaires pour fournir aux dépenses et remplir les engagemens contractés ou qui pourraient l'être avant la fin de l'année. Maître jusque-là de l'emploi des subsides» le parlement, avec
M OIX-HiriFIÉllE SIÉCUE.
\me servile condescendance, se désista de ce droit doni il avait été si jaloux et en iuve&tit la couronne (1727).
Cependant le$ Espagnols avaient mis le siège devant Gibraltar. Tan4i^ qo.ey bien munie et bieu défendue, U place résistait sans, peine à leurs attaques mal dirigées » la France^ dont le^ piu4ient Fleufi venait de prendre le {onvernen^snt s'entEen^t pour étouQier çette guerre en sa naissance et prévenir on embrAsement général. Son licureuse médiation disposa les espril» a 1^ paix. On stipula , par les préliminaires de Paris , la cessatiou ifu-; médiate des hostilités ^ la suspension de la compagnie d'Ostende pour sept ans, et la prochaine tenue d'un congrès 0^ toutes les..afiai]çes seraient terminées. Georges. I, n*en. vit pas la copdqsion définitiv.e. Etant retourné en Allemagne», il fut attaqué à O^nabrnck d'une paralysie», que suivit promptemient la mort (22juin 1727).
Ce prince avait apporté sur le trône d'Angleterre la réputation d'un sage politique , d'un négociateur habile. Il ne déuieiilit pas ces qualités, mais il les ternit par un gouvernement contraire aux principes et aux intérêts de sa nation. Dans un pays libre, il eut Fart funeste de se rendre presque- absolu par un système de corruption plus dangereux pour la liberté anglaise que n'auraient été lies violençes du despotisme. U. fut aimé de ses peuples d'Allemagne comme Guillaume UI des Hollandais;, mais l'influence qu'il prit et dont il abusa sur les parlemens lui ôta l'aflection des Anglais. Il eut pour successeur son hls Georges II, avec lequel il était en mésintelligeuQe ^t qu'il ^vait tQujo,ur$ tenu éloigné 4n go.uvernemen^..
A Tavènement du nouveau prince, cinquante millions, deux cent soixante mille livres sterling de dette publique,, un labyrinthe de traités et de conventions où le royaume était embarrassé et qui l'obligeaient de payer des subven-i lions continentales pour des intérêts qui n'étaient pas les siens, la dissipation de la richesse nationale en des guerres sans nécessité et en des expéditions infructueuses, des^ atteintes dangereuses portées k la conslitution par Tabolln
tioD des parlemens Irionnaux , par de fréquentes suspensions de Vhabeas corpus sur des prétextes frivoles, par les Tc^es de crédit , par la mise sur pied de troupes nombreuses • et suri eut par l'établissement d'un système cormpteor qui tendait à faire do pariement anglais le docile instroment des Tolontés de la cour » rendaient un, changement d^adminislration désirable. Il n*eat pas lien, Waïpole, qui avail joui de toule la faveur de Georges I, et qui avai( l u la principale influence dans son $rouverne- Dionl , n*eut ni moins de faveur ni uioius d'inÛueuce sous Georges II. D'une origine obscure il s'é(ait élevé au ministère par son zèle pour, la maison d'Hanovre. Son éloquence facile et spécieuse lui ayatt acquis un grand crédit dans la chambre des communes. Très-versé dansL ks mystères de l'agiotage , il avait d'étroites liaisons avec les corporations de finances , dont l'importance croissait chaque jour avec la soif du gain , répandue dans la nation. La voyant uniquenien! possédée du désir de s'enrichir , il ûl de l'argent le ressort do son administration (1), et cela, sans déguisement el sans j)udeur. La majorité du parlement fut ouvertement à sa solde. Corrompre et éire corrompu ne fut plus une infamie» tant il y eut d'infàmesl;- Ccpendant il restait encore quelques âmes généreuses , et si » dans les communes « le parti de la cour dominait » le parti de là pairie livrait encore quelques combats en fa* veur des libertés publiques. Mais vainement il blâmait les alliances continentales , la profusion des trésors anglais pour d'auîres inléréls que ceux de la nation, l'enlrelien de froupes étrangères qui menaçaient, selon lui, la liberté britannique. Ses protestations étaient impuissantes
( 1 } a Opposer à la fureur des partis «t h l*org«ieil des verlos publiques les jouissances de la cupidité , asseoir la prérogative royale sur ses largesses , astoupKr les ressorts aigres et brayans de b constitution , calmer eofifi les discordes
par la corruption, de aièMe que les douleurs pby.siqucs sont amorties paria
gangrèrif , it lk- lui 1 (ruvr»? profonde <î*» RoIktI W.ilpolo , fui l'artiHce qui jusqu e ce jour a inaiiuenii la maison d Hanovre sur nii trône orageux. » montey ^ Histoire «le la n<'îgenceV W.ilpolc disait (lu il oonnai<sail le prix de chaque ÂogluU , piirc4iqu il ny en avait poiol qu ii u cûl marckuudc ou Lorrom£U.
DU DIX-HDItlÈn SIÈCLE. iS(
contre la majorilé vendue au ministère; et, presque certain de succomber , ii ne comballait que pour siguaLer son honorable résistance.
Le congrès, qui devait terminer l'œuvre couimeucéç par les préliminaires de Parii» »'était auvert à Soisson^» Mais des dilficttllés imp*éYUC5 en a.vaijeat eoCravé les opér rations. £n môme temps» la saisie de quelques Taisseaox marchands anglais par les Espagnols « sous prétexte de contrebande » avait vivement ému la nation et le parle-^ ment. On craignit une rupture nouvelle. D'iieurouses négociations la prévinrent , et le traité de Séville rapproclia l'Espagne et rAnglelerre. Moyennant les avantages çu'oblint celle dernière puissance , elle s*enga<^ea à pror téger , le cas écliéant , la succession de don Carlos aux duchés de Parme et de Plaisance , dont , en eû'et » bientôt après, une flotte anglaise concourut à le mettre ei| possession^
Durant quelques années , rhisloire d'Angleterre offre
peu d^événeraens notables. Le plus digne de remarque est TalFaire de la corporation charitable , compagnie loriuée en 1707 daris le but de prêter aux pauvres, à un i: îL-rèt légal , sur de faibles gages , et aux riches sur de bonnes hypothèques. Son capilai, d'abord de 50»000 livres sterling, s'élait , par des souscriptions graduelles, élevé iusqu*à 600,000. Tout-ià-coup , au mois d'octobre 1752^ le caissier Robinson et le garde-magasin Thompson dispa^ rurent, laissant un déficit de plus de 500,000 livres. Un comité secret, nommé par le parlement sur la demande des intéressés, conslaîa que les fugi(ifs avaient agi de concert avec ([uelques directeurs pour tromper les proprieiaii e s. i^iusieurs membres de la chambre des coànmuT nés se trouv èreut compjiiceâ de ce^ liniàm^ pratiques. Us furent chassés du parlemeni» ainsi que. quatre autres députés ; les trois premiers , avocats de la couronne » pour la vente fraudukttse.diea thiens confisqués sur le comte jaeobite Berwent-Water , et ie quairième ^ur crime de faux. Tels étaient les fruits de la -corruption qui ré^jiait partout, et par laquelle gouverijail Walpole.
Ce Tninislrc fout-puissant ne le fut point assez pour suriïionli r cléchaîncinont qu'excita ( 1735 ) son projet du billdelVjrcîse. Afin de remédieràla fraudedausla vente
tabac 9 il imposait aux marchands, au liea des droits d*eiilrée en usage, l'obligation de déposer leur tabac dans des magasÎDS surveillés par des officiers de la couroDoe , et dont il ne sortirait qu'en payant un droit de quatre pences par livre sterling. L'opposition se récria contre une telle mesure qui , sans empêcher la fraude , ruinerait les né<îocians et grèverait le trésor de l'cul relien d*une Tnultiiude d*officiers d'excise et de garde- magasins , tyrans du coniniercc et gages du ministère , dont leur nombre et leur dépendance augmenterait encore Tin— fluence dans les élections (1). Cette résistance ^arlemen* taire qui prit un degré de véhémence inusité, mais surtout les attroupemens tumultueux et menaçans de la populace autour de la salle du parlement* forcèrent Walpole d'abandonner le bill. La chûte en fut célébrée par des réjouissances publiques à Londres et à Westmins- 1er; on y brûla même le mmislre en effigie.
Encouragée par sa victoire, l'opposition , l'année suivante, drinaiida la révocation de Tactc qui établissait la septcnnaiilé du parlement. D'énergiques et éloqucus orateurs tonnèrent contre cette innovation favorable à la tyrannie. Un d'entr'eux» Guillaume Windbam, par la force et la hardiesse de ses paroles» mérita le titre d'orateur sans pair , de Breton incorruptible et de patriote inébranhible. Mais l'ascendant de Walpole l'emporta » et la seplennalité fut maintenue.
Plus Walpole bravait l'opinion pairiule, plus il encourait la ii.iiiie populaire. CbaqiK^ jour d'amères satires, ouvrages des plumes les plus iiabiles, flélrissaienl la conduite publique et les mœurs privées du ministre. Mai
( I ) « Si cette Icnlalive da W;il[)ole avait réussi, <Ht Frédéric II [/fi'sfnirf de AtiiU l i'/iifjs ) , les «»ommfs cet !m[)6t devait rapporter auraient suhi pour rendre l autunle Un roi ûc^polu^ue . La oalioD le seuUl j elle se cabra. Des lueiubrea du parlenent dirent ii Walpole (ju illet pajait pour le courant de* aauiiet ordïnaîret , mais que celle-Ui étsit an^detauft de toule corruption. •
DU DUL^HUITIEMB S1ÈCI.E. 225
défendu par des gaietiers soudoyés , pamphlétaires sans
taJeflt et sans crédit, voulant et n'osant détruire la liberté de la presse , il Taltaqua indirectement dans celle du théâtre dont il n'avait pas moins à se plaindre. 11 fit passer un hill qui diminuait le nombre des spectacles, et soumettait les ouvrages dramatiques à la ceosure préalable du lord chamhellan ( 1757).
Par le traité d'Utrecht et plus réeemmenï par le traité de Sévilie» les Anglais avaient obtenu la faculté d'enToyef tous les ans dans l*Âniérique espagnole ou vaisseau chargé de marchandises. Ils abusèrent de cette permis* sion, et ce vaisseau, véritable entrepôt d'un grand nombre d'autres qui le suivaient et renouvelaient incessamment sa cargaison , ne fut que l'agent d'une vaste contrebande. Pour la réprimer , le roi d'Espagne établit des vaisseaux gardea-côtes^ dont la aurveillance fut plus d'une fois aocompagnée de rigueurs Yexatmres et niême de déprédations el de violences. Les négocians anglais se plaignirent au parlement de ces excès ; la nation partageait leurs ressentimens et criait vengeance ; mais Walpole craignait la guerre, comme devant absorber les fonds que, durant la paix , il employait à maintenir son système de du minât ion corruptrice , et nécessiter des taxes nouvelles , qui mettraient le comble à la haine publique contre sa personne et son ministère. Il entama des négociations avec l'Espagne dans le but de prévenir une rupture, et^ le 12 février 1739 , le roi Georges II » en faisant TouTerture du parlement » annonça aux chambres qu'il venait de conclure avec le roi d'Espagne une convention par laquelle S. M. catholique s'engageait à payer 95,000 livres slerling pour dédommager les sujets de la Grande- Bretagne. Cette coir> l'Hlioii portait en même temps que des plénipotentiaires seraient nommés pour régler définitivement les contestations relatives à TAmérique* et prévenir à% nouveaux griefs. Après de longs et vifs débals, le paiiement approuva ce traité. Mais il ne tafda pas à être rompu. Le temps fixé pour le paiement de rindemnité promise par TEspagne étant expiré , le lord
224 HfSTOIHB OÉRÉRAU
Baîlîurst fit une niolion pour savoir si la coar de Madi ià avail saîisfaif à ses cngagemens. Lo duc de Newcasllo , avec la permission du roi , déclara que , sans donner aui'uno raison de ce refard , elle iravait point encore acquitté la somme coaveoue. La rupture alors fut inévitable, et le ministère» jogeant périlleux de contrarier plus long-temps à ce sujet le vœu du peuple , donna des lettres de marque et de représailles contre les Espagnols » et fit de grands armemens maritimes. Ces démonstrations hostiles furent bientôt suivies d'une formelle déclaration de {^lierre ( 1759). ' • *
l.es Anglais débnièrent par un coup d'éclat. L'amiral Vcriiou s*'empara do la riche cité de Porfu-Beîfo dans l'Aniériquc méridionale. Exaltée parce sueies , la nation se livra île plus eu plus à son ardeur belliqueuse. Le par-lement vota d'abondants subsides de guerre» et dlmmenses armemens couiTirent les mers. Le principaU composé de 29 vaisseaux de ligne » fut dirigé contre la KouYelle-£s]»agne (1740). L'amiral Vernou, quileéom* mandait, se trouva à la tête de 15,000 marins e! de 12,()(î() hohsiiu sdi'débar(}uement, c'es!-à-dire de la ilo:le et de rarniée la plus forniidahlo qui eût encore paru dans les mers de rAniérique. Apri > liicii drs (MUî'rarK'lôs et des reîards, rexpédition lit voile pour Carlhagène , entrepôt de toutes les marchandises espagnoles desiinéc^^à la Nouvelle-Espagne» et dont la prise aurait inteproinpu le commerce de la métropole avec cette colonie. La eonle qui n guait entre l'amiral et Wentv^orlft, général des troupes de terre, Fînopportunité et le mauvais sû^cès d'un assaut où lesx\nglais perdirent 600 hommes, la violence des pluies, l'influence meurtrière du climat firent ahandonner l'entreprise. D'un au're c6lé , lôs amiraux H'îddock et Norris, < liargés d'agir directement contre l'Espagae, ne répondirent pas mieux à l'attente publique. ' .
Ces mécomptes et les désastres que les corsaires' espagnols firent éprouver au commerce anglais» eurent une grande influence sur l'éleetiou des membres du parlement
qui fut renouvelé à eelte époque. Le parti de ropposition y prévalut, et \\ alj)ole , a[ncs avoir épuisé vainement \ous ies arùiices pour le dissoutire, se relira Je la chambre des eommuues (11 février 1742). Le lendemain, le roi ajourua le parleuienl au mars. Dans Tinlervalle , Wâlpole fut créé comte d'Oxford et résigpa (pus ses empois. Sa chute excita dans le peuple des transports d'al-» légresse ttOÎTcariolle. U semblait qu'avec lui dûssent tomber tous les abus et qu*uD changement d'administratiou dût réparer tous les malheurs et ranimer le commerce abattu. Mais, d'une part, la plupart des ennemis de Walpole l'avaient attaqué par des motifs d'intérêt personnel plulùl que par amour du bien public, et, quand ils furent les maitres, leur conduite démentit promplement leur beau langage d'oppositipn* D'autre part , la guerre eontre TEspagne contiuuit avec des succès variés, et diverses expéditions furent tentées infructueusement dans les Indes occidentales. Le niéoontentement causé par ces revers fut enciire augmenté par la gnerre continentale où engagèrent le roi son attachement pour ses possessions hanovriennes et les conseils du lord Carteret, ministre iuiluent, qui avait succédé au crédit de Walpole , et qui , en tournant l'attention des chambres et de la nation vers les aOaires du contioeut dont «il avait une connaissance particulière 9 flattait le pochant de son maître et ouvrait une large earrière àsa propre ambition. Dès lors» la guerre avec TEspagne ne fut plus qu'on objet secon* daire.
Celle dont l'Allemagne était alors le théâtre avait suivi de près la mort de l'empereur Charles VI, arrivée en 1740. [Voyez ci-dessus chap. m, sect. 5.) Voyant la reine de Hongrie , Marie-Thérèse , prêle à succomber sous la ligue redoutable formée eontre elle» Georges il, alléguant l'intérêt de l'éleclorat d'Hanovre, dont la sûreté dépendait du juste éqqilibre de Tempire Germanique» se déclara poor cette princesse et contribua puissamment à la tirer du péril où elle était. En 1745, il assista en personne |l la bataille de Dettingen, où la témé-
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rité française livra la victoire aux Anglais. L'anné«
suivante , le ministère français , à l'aigreur des débats jiai It ineulaires, aux cris de mécontentement que jetait II» peuple, 8*inia{xiiia que l'Angleterre étail disposée à une revoiulion, rjue la présence du prétendant ou de son fils, le prince C harkê-E douar d, serait le signal d'une insurrection générale contre la maison d'Hanovre. L'armée d'Angleterre occupée sur le continent, ses flottes dispersées sur les mers d'Europe» d'Asie et d'Amérique 9 sem-* blaient labser un libre champ à l'invasion. Le prince Edouard, digne par ses hautes qualités de vaincre la mauvaise fortune attachée à sa famille , fut secrètemeut appelé eu France et embarqué sur une nombreuse escadre qui portail une armée de 15,000 liommes, commandée parle comte de Saxe. Mais, quelque formidable el liîen combinée que fût l'expédition » elle échoua par l'activité avec laquelle les Anglais, instruits à temps des desseins de la France • rassemblèrent une flotte supérieure, et surtout par les vents contraires qui rejetèrent la flotte da prétendant sur les côtes d'où elle était partie et y brisèrent plusieurs vaisseaux. Cette expédition fut le prétexte d'un bill qui prononçait les peines de haute trahison contre ceux qui entretiendraient correspondance avec les hits du prétendant, et même, par une clause que la minorité (lu parlemeul repoussa vainement comme barbare, contre la postérité des coupables « aussi long-temps que vivraient les princes.
Tandis que les Français échouaient dans leur projet de transporter la guerre en Angleterre» une de leurs flottes , combinée avec une escadre espagnole» livrait bataille , sur les côtes de Provence > aux amiraux Matbews et Lest oc k , et, malj^ré l'infériorité de ses forces, mainlenaif la victoire indécise, action qui humilia l'orgueil anglais et fît citer les deux amiraux dev.nii une cour martiale . dont relraiij;e sentence, dictée par la brigue et la passion , acquitta honorablement Lestockqui n'était pas sans reproche , et déclara Matbews , qui avait combattu avec intrépidité» incapable de servir à l'avenir dans la
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Tnarioe royale. Après la bataille de Toulon , les flottes britanniques n'exécutèreot aucune entreprise de quelque importance durant le cours de cette anm e Mais TAngleterre ^it avec joie le retour du conimodore Àmon^ qui avait fait voile, en 1740 y pour la mer du sud avec une petite escadre , dans la vne d'attaquer les établissemens espagnols sur les* côtes dn Chili et du Pérou. Après une navigation de plus de trois années, il ne ramenait qu^uu seul vaisseau de toute son escadre, .mais chargé de richesses considérables , fruit du pillage de la ville de Payta el de la prise du galion espagnol qui, chaque année » portait aux Pliiiippiaes le tribut des trésors du Mexique.
Vers le même temps, une intrigue parlementaire renversa le lord Carteret. Mais il n'y eut point changement de système. Les chambres continuèrent d'accorder libé- , ralement les subsides nécessaires à la guerre maritime et
contioeotale, et elle se poursuivit avec plus d'ardeur que jamais. L'année 1745 fut malheureuse pour les Anglais dans les Pays-Bas , où ils perdirent la célèbre bataille dô Fontenoy. ( Voy. le règne de Loms XV.) Mais , sur mer, ils eurent de grands avantages. L'amiral Rowley , qui avait succédé à Mathews, obtint une supériorité décidée dans la Méditerranée. Les chefs d'escadre Barnet Townshend firent de riches prises sur les Français dans les Deux-Indes; Tamiral Warren leur porta un coup plus sensible en s'em parant de Louisbonrg et de File du cap Breton. Mais, pendant que le paviiioa anghais triomphait au loin , uî^e intrépide el aventureuse tentative du prince Edouard mettait ( ii péril la maison d'Hanovre.
La partialité de Georges 11 pour ses états d'Allemagne excitait un vif mécontentement en Angleterre. Le surnom d'Hanovrien y était devenu l'épithète la plus odieuse, et dans les clubs, dans tes repas de corporation, on ne craignait pas de porter le toast : Pomt de rot ^ Hanovre» Cette disposition des esprits, la violence des débats parlementaires auxquels TEurope , encore peu habituée à ces combats de la tribune , ne comprenait pas que le trône
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iSÂ iUSTOIRB 6ÉKÉftAIB
de Georges II (lûl résister^ les lettres qse Us§ Stvarts re*
cevaient incessamment de leurs adhérens et qai, avec rexagéralion (aiuilièreaux parlis, leur peignaient la naliou geinissaiiie suus le sceptre de l'électeur et appelant ses princcî^ k'^iiliine? à sa délivrance, defeniiiiièrenl CharleS' Edouard à teuter de nouveau les chauces d'une restauratioD. Avec sept officiers irlaodaiB oa écossais » seuls eonfi* dens et premiers compagnoDS de son hardi projet, il s'embarqua sur une frégate founiiepar l'irlaudab Walsh dont la famille s'étut exilée avee les Stuarts» et qui était alors établi à Nantes comme armateur. Pour une expédition où il s'agissait de la couronne de trois royaumes , le prince emj)orlai! ( iniron 100,000 francs d'argeul, 2,000 fusils et GOO sabres. Ayant échappe a une croisière anglaise, il dcscendif sur la côte occidentale de l'Ecosse, dans la petite île d'Erîska, le 18 juillet 1745. Les premiers babitans auxquels il se déclara tombèrent à ses genoux : Mais, quê pauvonê'muë faire? lui dirent-ils. Aoiii ne mangeam qtte du pain noir, naus êommÊS pamreê et dê^ mméi,—Je mangerai de ce pain aeee vaitii répondit le prince; je partagerai votre pamreté^ et je vous apporte dee armes. Bientôt le bruit de son arrivée, de ses nobles senli^ueus, de son ^jénércux courage, s'est répandu tiaus les montagnes. Au son des pibrochs nalionaux, les clans iicieit^ accourcnf se ranger autour de l'héritier des Sîuar's, el Charles, à peiuc arrivé à Glenfinnin , compte 1,200 bommes sous son étendard, il renvoie en J^>ance la frégate qui Ta porté aux rivages d'Ecosse» et annonce aux rois de France et d'Ëspague que les peuples s*empresaent de venir le joindre. Les deux rois lui répondent en le traitant de frère et lui font passer quelques secours. Jamais la dynastie d'Hanovre n^avait paru plus menacée. Georges il était alors sur lo coniiuenl ; il vcnail de perdre s( s meilleurs soldats à Fonu noy; on ne complail pas dans toule rAugleUrre (>,000 hommes de troupes réglées. Ouolques compagnies envoyées d'Edimbourg contre la V petite armée du prince sont entièrement détruites. Ce premier succès donne une impulsion nouvelle à l'insur^
rectioii qui 8'éteûd rapidcmciiL Tandis que les lords rcgcDs, eû l'absence da roi Georges, dont ils presseot le retour, font marcher vers les Ilighlands . sous le commandeuieni de sir John Cope, ce qu'ils ont de troupes di^Qliibles , mettent le prétendant hors la loi et olFrent pour 9a tdte 50,000 livres steriing t Caries» à la téte da leg qaoDtagoardt 4oBt il a adapté le coalnme et les haUiodes et qu'il éleetrise par ta vivacité » par son andaee « parées mots heureux qui transportent le soldat, traverse les pays de Badenoch et d'Athol , s'empare de Timportante ville de Perth , s*y fait proclamer régent des trois royaumes pour son père Jacques ÎII, et, de là, marche sur Edimbourg qui lui ouvre ses portes. Cependant Joha Cppe » revenaut sur ses. pas» s'avance pour le combattre « Charles vole à sfi reueonlre, Tattaque à PreêioghPan^^ saiiS: cavalerie et sans artillerie, déconcerte sa scieiiee Bulitaire par une irrupticm impétueuse , et , sans perdre, plus de 60^ hommes, en tue 50(^ à l'ennemi et lui en prend plus de i,000, avec ses bagages, ses canons el ses drapeaux. Aux proclamalioDS delà le^œnce qui le dévouaient au poignard des assassins, Charles avait réponrlu par des. manifestes où il défendait à ses adhérens d'altenler aux. jours, de Georges II et d'aucun prince de la maison da< Hanovre. Fidèle à cette poUtiqujd généreuse , il honore, sa victoire en prodiguant aux blessés ap{^ai9 les soins dftv rhananité.
Le prince excitait un enthousiasme général , et qui ,
en d autres temps , eût réuoi auiour de sa bannière ces nombreuses légions qui répondaient à l'appel des linice et des Wallace. Mais l'énergie do caractère écossais n'était plus la même. « La civilisation avait. fait disparaître les oEunurs militaires ; il ne restait plus que des opinions . pour applaudir au courage des ftartenss montagnards» au Ktttt 4e les imitw. On ne fut pas avare de complimens et de toasts publies m piinee qui êomaU star h ékm, qui. êiwmi m quatre mintUes H battait Tennemi m cinq. Les épigrauimes, les brocards et les chansons satyriquet? pieu-. \aieat ^ur John Cope ; la muse jacobite était féco^dç
mffVOXHB 6ÉRÉBALK
core pour célébrer Charité my darling ( Charles mon mignon). On jHuitipliait ses portraits sur les tabatières ^ sur les médaillons , sur les rubans ; on accueillait , on fêtait^ on caressait les braves Higbianders ; quelques bourses même s'ouvrirent i mais ie tamboar battait en vain dan» les mes et dans les carrefours , quand il précédait les recruteurs jacobites. La comemuse seule ne réTeiOait poiot iButilemeot le» échos des montagnes: encore,, en 1715». avait<*elle réuni tout d*abovd dix mille hommes sous l'étendard royaliste , et le bruit de la victoire de Preston ne put guères donner à Charles que la luoiliéde ce nombre. » (J. Pichol, Hist. de Charle^-Edmard.) Cependant les preniit rs succès des jacobiles avaient tellement alarmé Georges II qui, à la nouvelle da péril dont son trône était menacé» s'était hâté de repasser la mer ,.qiie , ne se croyant pas en état de résister aree les milices anglaises r il airait fait venir 6»000 hommes de ses troupes de Flan^ dre et un pareil nombre de Hollandais. Après la victoire de Preston ^ la première idée de Gfaarles-'Bdouard avait été de suppléer par l'audace et l'activité à la faiblesse de Son armée et de marcher sur Londres, comme il avait marché sur Edimbourg. Les conseils d'une prudence timide avaient arrêté sou élan. On l'avait détourné d'une tentative trop hasardeuse avant l'arrivée des renforls qu'on lui promettait. Lorsqu'après six semaines d'attente cesrenforts n'eurent porté son armée qu'à 6,1)00 hommes , il se repentit amèrement d*avoir laissé an gouvernement de Georges le loisir de revenir de sa surprise et de sa terreur. Il n*en persista pas moins dans sa première résolution, et, entraînant les chefs indécis, il se mil en marche au commencement de novembre , après avoir adressé au peuple anjilais un manifeste où il annonçait l'inteniion de lermcr les plaies de l'état par la liberté , par la tolérance et par des lois convenables votées dans un parlement libre, il fut Inentèt maître de Carlile , de Manchester» et » trompant par une marche hardie le duc dt Cumberland qui le cherchait pour le combattre » il s'avança jusqu'à Derby (4 décembre). L'effroi fut grand a
Londres. Les boutiques* la banque même y furent fermées. Geoiges fit tenix prêts ses yachts au quai de la Tour cacha ses trésors et disposa tout afin de pouvoir, à la première nouvelle > mettre à la voile pour la Hollande ; car la renommée » qui se platt à exagérer , pu-^ bliait que 15,000 hommes avaient joint le prétendant et que 10,000 Français étaient débarqués. Dans la réalité» Charles n'avait fait que peu de recrues» en Augleierre; une expédition française , préparée à Dunkerque et à Ostende, et que le duc de Richelieu devait oouunander» n'osa B^avcnfurer en présence des escadres anglaises , et on ne put faire passer au prince que de faibles secours d'hommes et d'argent par la mer germanique et par Test de TEcosse. Cependant il se trouvait entre trois armées ; l'une, sous le maréchal WadCf campait à Newcasile; Fautre s'approchait sous le duc de Cumberland ; une troisième était réunie àFincliley et barrait aux jacob«iles la route de Londres. Dans cette situation, le conseil de guerre fut d'avis de rétrograder; et »^ malgré les. vives instances du prince » malgré ses larmes généreuses , la retraite fut résolue (6 décembre). Tai^is que Charles , de retour en Ecosse», assiège la forte place de {SiirUng , il apprend ifue Caiiile et Edimbourg sont retombées au pouvoir des Anglais , et que le général Hawley s'avance avec 15,000 hommes et n'est pins qu'a quelque distance. Charles court a lui, et la même impéhiosiié qui a J^agné la bataille de Preston , décide ia victoire de Fallcirk (28 janvier 1746). Mais le <luc de Cjumberlapd pénètre eu Ecosse à la téte d'un corps considérable qui avait la supériorité du nombre, de la cavalerie et de rarlillerie. Char*^ les lévele siège de Stirling et se^ retire dans les Highlands où il est solvi par les Anglais. Le 37 avril 1746, les deux princes sont en présence dans ia plaine de Culioden , théâ* tre du combat décisif. En y marchant, les nionlaguardî» ont remarqué, comme un présage funeste, que le ciel se rouvre de sombres nuages, et qu^ lèvent du nord-est leur souffle avec violence la neige et la pluie. Repousses dans un premier choc , ils sont saisis d'une terreur fmiy
£32 UISTOIRE GÉM^fiALE
que et eDlratDODt dafis leur fuite précipitée le pfiét»^ Uessè qui s'efforce en tmd de les retenir. Clterles*>Edenard s'hait toujours montré kamain après le eombatvCumberland se montra féroce, et les cruautés de cannjbale
dont il souilla sa victoire lui valurent le surnom de bow^ cher. Transformés en massacreurs par ses ordres barbares, ses soldats allèrent, pendant trois jours, mutilant les morts, achevant les blessés, pendant, égorgeant, brûlant les prisonniers , et jouant horriblement avec le sang , dont on les vit se tremper les mains et s'éclabousser les uns les autres, abominations trop faiblement ex-* piées par les fimteke$ eaudineê de Glost^rseTOBi £nsuite commença la duasê aux rebettês: les régimens anglais et les soldats de milices furent divisés en détaehemene et échelonnés de manière à traquer , pour ainsi dire , les victimes , et la venjyeance impiloyable du vainqueur porta le fer et le feu dans lous les Uighlands. Aces dévastations succédèrent les meurtres juridiques. On voyait à ehaque instant des exécutions , ou plutôt de véritables boucheries., de jacobites. Plus de 200 personnes, dont cinq lords* périrent sur Téchafand. Tandis que la bacbe hanovrienne frappait sans^ relâche et sans pitié, lesaseassins, stimuléa parle salaire promis, suivaient àla piste Charlea-Edouard. Pendant cinq mois , ayec de tristes et romanesques viciv siludes, il erra dans les forets, dans les montagnes et dans les îles ; et lorsqu*enfin » merveilleusement échappé aux périls de la proscription , il rovît le sol de la France ce fut pour y retrouver bientôt le malheur atlacllé à sa race et une dernière et lâche persécution (1).
Durant Théroïque et sanglant épisode jeté par cet effort désespéré des Stuarts an milieu delà guerre générale, la. bataille de RauetnuB avait achevé de livrer les Pays-Bas. aux armes de la France, et , dans les Indes orieiitales »
( 1 ) Oaot le traité d'iUs-la^tpeMe , le ralii isIcM SnniçB» l'eogiigct à le •orlirdtt rojnme , pour wAisfaire les AngUâi. lie pnaee vfuA rémté mix tcnoBtrancea « aux prièret et aux ordres , on se crut obligé de se sainr de sa per-' g Bonoe ; il fut arrêté , gurotté , mis en prison et conduit bon de cette France ^u'oo ne pOQViit plus appeler l'asyle dêt r&it malkewttàf*
DU DIX-HUmÈME SIliCLE.
Ion pavâfop » vaioqueur d'oae flotte anglaise » avait été uboré tut les mm de Madras par Labovrdoniiaie » gw-r verom de Poiidichèry. L'année aahrante » aea troupe» menaeènrat lu Bollande» où lear approche fit rétablir le statboadérat t victorienses à Lawfeld , eÛes a*emparàren| de Berg-op-Zooin , la plus forte place du Brabant hollandais, et se virent maîtresses de la navigation de TEscaut. Les Anglais contrebalancèrent ces échecs parles succès de leur marine qui , en 1747-, détruisit plusieurs escadres françaises et fit de nombreuses et riches captures. An milieu de ces vicissitudes d'une guerre ruineuse
E»nr .tou8 les. partis » répnisenieAt leur fit enfin tomber s armes des mains. Apti» tant de trésors dissipés et de sang répandu , on convint » parle traité d*Aix4a-Cliapelle (1748) , de se rendre tout ce qu'on s'était pris de part et d'autre durant la guerre. Les Anglais virent avec douleur la restilutioa du Cap-Breton et de leurs autres conquêlcs maritimes , et , pour tout résultat d'une lui le si longue et tt opiniâtre, l'élévation de leur dette nslionale à la somme de 80»000,0<M) sterling. Us étaient particulièreaent ofiensés d'une danse par laquelle le roi.iieorges s*é« tai| soumis à envoyer en France deux étages. de rang et de distinction jusqu'aux restitutions accomplies* Ils se. plaignaient enfin que le droit revendiqué par les sujets anglais de navigtter dans les mers d'Amérique sans être assujélis aux visites , ce droit , source première des contestations entre r Vnglelerre et l'Espagne, n'eût pas même été mentionné dans le traité. Mais le rétablissement du ^mmeree et Tespérance d'être promptement soulagés dxt^ peîds accablant des impôts adoucissaient Tamertume d*nn . traité peu honorable et portaient même le plus grand nombre à se fi^ictter de sa conclusion.
Le gouvernement et les chambres s'empressèrent de remplir l'altente de la nation par quelques réglemens relatifs au commerce. On s'occupa, enlr'au très choses , d'encourager la pèche maritime , à l'exemple des Hollandais qui en tiraient tant de richesses. Outre les proiit» oofunerciaux qu'on s'en promettait, en y trouvait Ta^^
vantage de fcMrmer une pépinière de loatelots. On accorda une prime de vingt schelliDgs par tonneau à tout yaisseai» équipé peur la pêche de la baleine à la côte da Spitzberg^ et celte pèche a été pooBflée depms avec autant d'actiyité qne de succès.
La diminution de Tarmée depuis la paix laissait san» ressources un grand nombre dr soldats qui, accoutumés à une \kî licencieuse , troiihlaient journellement le pays par le brijiîandage» kmcurlro ( I d'aulres excès. Le gouvernement, pour en purger l'Angleterre, favorisa les émigrationsà VAcadie ou Nouvelle^ E cosse , grande contrée située à Torient da Canada , et que la France avait cédée aux Angbiis par le traité d*Utrecht (17 15)« On résolut d'jr fonder une nouvelle colonie pour défricher les terrains incultes y entreprendre la pêche sur toute l'étendue de la côte, et ouvrir à la métropole une nouvelle source de richesses et de commerce. A chaque matelot ou soldat congédié qui voudrait aller s'élahlir i n Acadie^on donnait cinquante acres de itrre, libres de (ou le imposition durant dix années, et dont chacun, ce terme passé , ne pourrait être taxé qu'à un droit d*un schelling par an* Outre ces cinquante acres , on en accordait dix de plus par personne à chaque individu qui émigrerait avec sa famille. Les of-^ ficiers, selon lenr grade » devaient avwr depuis quatre-^ vingts jusqu'à six cents acres. Enviroii 4,000 aventuriers, se laissèrent tenter par ces offres et passèrent à la Nou^ velle-Ecosse , la plupart avec leur famille. Ils y bâtirent la ville d'Ilidifax, Mais les succès de la colouie ne répondirent poiiil aux grand€s dépenses faites pour son établis-^ sèment , et elle n'eut long-temps qu'une existence pré^ Caire.
En 1750, le parlement passa de nouveaux bills dans l'intérêt du commerce et de l'industrie. On établit une compagnie pour la pêche du hareng; mais le résultat en fut médiocre et rassura bientôt les Hollandais qu'avait
d'abord effrayés la concurrence. On supprima les droit» sur les fers venant des colonies anglo-américaines et sur les soies de la Caroline el de la Géorgie. Enfin , on s'oc-^
m i»ix*HuiniiiB siècle. 255
ctipa d'alléger les charges de Tétat par la dimioation de l'intérêt de la dette publique. Il fut décrété qu'à partir du 25 décembre 1750, Userait réduit de quatre à trois et demi pour ceal» et ensuite à trois » après le 25 décembre
La paix entre la France et TAngleterre ne devait pas être de longue durée. Les Anglais voyaient avec dépit lé marine française se relever rapidement de sa ruine et leur jalousie maritime appelait déjà une guerre nouvelle.
Les iiosUlilés n'avaient iiiéme pas cessé dans les Indes orientales , et si les deux nations n*y combattaient plus comme parties principales, elles en venaient souvent aux mains comme auxiliaires dans les querelles des princes du pays. £n Amérique» l'incertitude sur les limites respectives non définies par le dernier traité ^ les contesta* tiens» les envahissemens réciproques» étaient une cause toujours subsistante de rupture. En 1751 » des commis* saires forent nommés de part et d*autre pour régler ce différeod. On rédigea, ou publia de volumineux mémoires; on en appela à l'opinion del Europe et du monde: et cependant , on se précautionnait , ou se iorùfiait pour l'attaque et pour la défense,* on se disputait l'amitié et l'alliance des nations sauvages. Cet état de choses , qui n'était ni la paix ni la guerre, dura» sWvenimant toujours » jusqu'en 1755» où les Aurais commoicèrent les hostilités en Amérique sur quatre points à la fois» et en même temps» sans déclaration préalable , par une indigne violation de la bonne foi publique et du droit des gens, déchaînèrent une soudaine et odieuse piraterie contre le commerce français. En peu de temps, 500 vaisseaux marchands et 8,000 matelots tombèrent au pouvoir de leurs corsaires , irréparable tort pour la France au commencement d'une guerre maritime » que les Anglais entreprenaient d'ailleurs avec une immense supériorité : leur marine militaire comptait plus .de 200 gros vusseaux» tandis que celle de la France» malgré les efforts du ministère pour la rétablir , s'élevait à peine à la moitié de ce nombre. Le début de la guerre n'avait pas été heureux pour les
Anglais eo Ameri^jue. La plupart de leurs teotath es contre !os< ial)lissemcns français avaient échoaé. Les hostilités ne leur turent point d'abord plus favorables en Europe^ Une armée française» commandée par le maréchal de RichcUeo* lear enleva Ttle de Minorque (1756). L'amirid.
envoyé an secom de cette lie» anriya trop tard. A la vue de Hahon , H fat arrêté par aae flotte française qui lui présenta le eombat. Après un engagement de quelques heures, dt; mauvaises manœuvres ayant nus la confusion dans la ligne de la flotte anglaise, liyng jugea la retraite nécessaire pour sauver plusieurs de ses vaisseaux menacés d'une jx rte inévitable, et fit voile pour Gibraltar. Son départ livra aux français le fort St.-Philippe qui tenait encore et dont la prise compléta la conquête de , riie. €et événement • auqud les ministres avaient eontri« bué parleur négligence à envoyer des secours efficaces en. temps convenable » retomba tout entier sur Tamiral Byng. Par de lâches et odieuses menées, le ministère , pour se justifier lui-môme , détourna sur ce malheureux officier Tindignalioii populaire violemnieiit excilee parla perte de Minorque. Rappelé en Angleterre, il fut arrêté aussitôt après son débarquement , et enfermé dans un galetas de rhôpital de Gceenwkh. Mis en jugement ( 1757 ) » il fut condamné à mort par la cour martiale , comme n'ayant pas rempli son devoir devant Tennemi. U subit sa sentence , avec un ferme courage» laissant un reproche ineffaçable d'iniquité sur la mémoire de ses ennemis.
Comme dans la guerre précédente , les hostilités > commencées sur mer, s'étaient bientôt étendues sur le conti- , nent et ^'étaient compliquées de causes et de matières nouvelles. Les Français avaient envahi l'électoral d'Hanovre. Le roi de Prusse recevait un subside des Anf^lais pour concounr à la défense de ce pays. 11 ^vait lui-même à se défendre contre Marie*Tbérèse qui vouimt reprendre la. Silésie et qui était appuyée de U Franee, de la Saxe > de la Suède et de la Rusâe. Nous avofM raconté aillenra les événemens de cette guerre lAirrerselle (Fo^s h règne ^ à$ Louis XV). Nous nous born^Dns à mentionner ici.
I>D AIX-BOinÉMfi SIÈCLE* $15%
teux qui résultèrent plus diréctement de la qaétèlle pri-»
mitive et particulière de la France et de l'Angleterre.
Les Français avaieat en Amérique trois objets princi* paux f savoir » de couper toute commuuicalioa d alliance ou de commerce entre les Anglais et les Sauvages, alliés
dépendaos de la France ; de contenir les Anglais dans leurs ancieimes bornes au moyen de forts construits sur les limites françaises ; enfin d'entretenir la correspondance entre le Canada et laLonisiane en conservant la possession des lacs qui communiquent de Tun à l'autre pays. Les Anglais , par contre-coup , avaient pour but de s*ouvrir une coiimàuûicatioa libre avec les nations indiennes, d'in-i tercepler la correspondance entre le Canada el la Louisiane, et de ruiner ou de réduire les lorts que les Français opposaient à leurs projets d'agrandissement. En 175(>» ils perdirent eux-mêmes le fort Oswego qu'ils avaient cons-* truit en pleine paix sur un terrain appartenant à la France et dont la garnison de seize cents bommes se rendit pri* sonnièrede guerre. En 1757, les Français brûlèrent toua les bàtimens que les Anglais avaient sur les lacs et y restèrent maîtres de la navigation. Ils s'emparèrent aussi du fort W iillaiu, tandis que les Anglais entreprenaient contre Louisbourg une expédition iuulile •sui\ie d'une honteuse retraite, comme celle où , dans le môme temps , était réduit un nombreux armement qu'ils avaient dirigé contre les côtes de France et qui , destiné à détruire tous les vaisseaux qui étaient dans les chantiers et dans le port de&ocbefort » se borna à Toccupation et au saccagemont deb petite de d'Aix, à l'embouchure delaCbarente. Cette année, les Anglais ne furent pas plus heureux eu Allemagne, où ils perdirent la bai uWt d'Hastembeckel subirent rhuniilianie eonveution de Closter-Seven. Mais la fortune leur fut plus propice en Asie , où, après avoir battu le Soubab du Bengale» ils enlevèrent aux Français Cbandernagor , un de leurs plus considérables élablissemens dans rinde» rempli de richesses immenses et défendu par cent quatre-vingt pièces de canon.
Ju8que4à, la guerre avait été généralement peu favo-
258 iDSTOlBfi GÂlfiRALK
rable aux armes britanniques. Le peuple attribuait, non saus raison , ce résultat à la faiblesse et à la négligence du ministère. En butte à la haîne universelle , les ministres, cédant au cri public , avaient lait entrer dans le gouvernement Piu et Ltggef deux hommes chers à toute la nation par leur zèle patriotique. Cc^ mélange d'élémens divers mit la division dans le conseil. Les ancièns ministres se repentiront de s^étre donné descoUègues, qui» dans leur inflexible indépendance » refusaient de se* prêter à tonte mesure qu'ils jugeaient contraire à l'intérêt public. Pitt et son ami , représentés au roi comme des sujets impérieux, opiniâtres, peut-être même peu aiïecliunnes, lurent toutà-coup éloignés du ministère (avril 1757) , courte et triomphante disgrâce, qui les ramena bientôt plus puissans. Appuyés parla sympathie» portés par le vœnxde tonte la nation , réclamés comme ses gardiens et ses sauveurs par des adresses jpressantes de toutes les ville et des principaux corps de l'état , ils furent rétablis dans leurs emplois , et dès^lors , agissant avec une autorité plus décisive, ils imprimèrent au gouvernement une impulsion qui ne tarda pas à cbanger la face des choses.
Si les An^îlais renouvellereut encore avec peu de succès en 1758 leurs incursions sur les côles de France ; s'ils éprouvèrent en Asie quelques pertes sur la côte de Coromandel» ils en furent amplement dédommagés par les avantages qu'ils obtinrent en Amérique. La conquête de Tile du Cap-Breton , depuis long-temps convoitée par eux , leur assura une importante position pour le commerce de pêcherie. Ilti s'emparèrent ensuite de l'Ile St.- Jean , abondante en bled et d'où la ville de Québec tirait une partie de son approvisionnement. A la vérité, ils échouèrent dans Fatlaque de Ticondcrago : mais ils prirent le fort de Fronfentic, le ceuiro du comiuerce eulrc les Français et les Indiens, et, peu après, le tort Du Quesue. Gesconqiiôtes en préparèrent de plus grandes pour l'année suivante. Le général Johnson réduisit le fort de Niagara» le poste le plus important de l'Amérique française , et qui à la fois tenait en respect les Indiens des six nations , assu-
OUj^HCitUÈME SIÈCLE^ 239
tàt kl navigalioii des grands lacs et la comoiiunication en* tre le Canada et la Louisiane , et onvrait «n passage ponr
les incursions dans les colonies britanniques. Le générai Aniherst marcha contre les forls de Grown-Point et de Ticonderago, qu'il trouva abandonnés et dét mil s. Enfin, le général H o//, digne adversaire du brave Montcalm , qui commandait dans Québec » assiégea cette capitale. Apréft
CQsiears efforts infructueux , il désespérait de l'entreprise » raque > par un coup hardi, s'étant rendu maître d'une hauteur qui dominait la ville » il força Tennemi de hasarder une bataille décisive. Les deux généraux y trouvèrent la mort. Je meurs heureux, dit Wolf en apprenant que les Frâoçaisétaient en fuite. Montcalm expira en exhortant ses soldats à retourner au champ de bataille. Mais , consternés de la mort de leur chef, les officiers réunis en conseil de guerre ne crurent pas devoir suivre ses généreux conseils. Les débris de l'armée se retirèrent , dans le premier moment de trouble» jusqu'à dix lieues au dessous de Québec* Le lendemain , ayant raffermi leur résolution , ils revinrent sur leurs pas pour secourir la place ; mais elle avait capitulé. L'année suivante , après une vaine tentative pour la reprendre, les Français resserrés dans Montréal ^ leur dernier cisvie, cédèrent à des forces supérieures, et le Canada lut perdu pour la France, qui déjà déplorait la perte récente de la Désirade > de la Guadeloupe et de plu'sieurs autres de ses îles de l'Amérique.
L'empire des mers était aux Anglais. Tandis qu'ils dominaient dans celles du Nouveau-Monde » ils avaient fait échouer un projet formidable de descente en Angleterre et , par la destruction des escadre qui devaient l'opérer , avaieut achevé d auéanîir les forces maritimes de la France. Cependant, si Téclal de lani d heureux succès flattait leur oimH'i! , les elTor! s immenses doni ils étaient le prix commençaient à leur peser. La guerre d'Allemagne surtout 9 qui ne leur offrait aucune compensation réelle de leurs sacrifices» leur était à charge, et ils en désiraient généralement la fin. Telles étaient les dispositions du peuple t lorsque Georges II mourut subilem^i (25 octobre 1760)..
24^ Huroni «ÉKâuu
Lasiloation triomphanteoùce prince laissait l'Angleterre fit éclater, à sa mort , un concert des louanges les plus outrées et des regrets les plus exagérés. Il ne parait pa<î , toute fois, selon plus d*un historien, qu'il se soit distingué de la foule des princes par des qualitt^s et des talens supérieurs. On lui reproche d'avoir poussé la vivacité jusqu'à l'emportement et réconomie jusqu'à TAvaiice. Un aveugle prédi» leetioo lui fit sacrifier tout autre intérêt à celui de son paya natal et gouverner TAngleterre par les intérêts de Télectorat. Le commerce de la Grandes-Bretagne augmenta constamment sous son règne, mais sans qu'on puisse attribuer ce progrès à aucun encouragement extraordinaire. Au contraire, les besoins du gouvernement, rénormifé des dépenses publiques, l'accroissemeut continuel de la dette nationnale tirent charger le commerce d'un grand nomhre d'impôts très-onéreux. 11 prospéra par l'industrie des sujets» par l'esprit d'entreprise , et par la guerre même • qui » tandis qu'elle a pour effet de suspendre le trafic des autres nations » en ouvrit de nouvellea sources à l'Angleterre. Ayant, par ses forces nayalea» écrasé la marine et la navigation française, elle fournit les nations étrangères de marchandises qu'en icnips de paix elles rcct'\ aient de la Fiance à un |)ri\ plus modéré. Ainsi s'accrut piodigieusenient le commerce britannique» soute* nu par la guerre et servant à la soutenir.
Cette prépondérance décidée que prit la marine de la Grande-Bretagne, l'immense développement du commerce anglais et l'heureux succès de la guerre du Ganada* flirent des a?antages chèrement achetés. A la mort de Georges 11 , la dette publique montait à phis de cent millions de livres sterling. I^lalgré le poids de cettedette, la nation croyait de son honneur de ne poser les aruies qu'apr ès s'être mise en état de dicter la paix et de conserver toutes ses conquêtes. Les hoslililes furent donc poussées avec une vigueur nouvelle sous Georges 111, pelit-lils et successeur du dernier roi. Lee Anglais s'emparèrent de Belle-lsle» sur les côtes de France ( 1761 ). La prise de Pondichéry et de Mahé détruisit la puissance française
DU DIX-HriTIÈME SIÈCLE. ,241
dans l'Inde, comme celle de Québec et de Montréal l'avait détraite en Amérique. Dans cette favorable situation , le mioislère anglais prêta Foreille aui propositions de paix
que lui fit porter celui de France. Dos plénipoîciuiaires fureut iiuiuiiH s jioar régler les bases et les roîiditions d'un arrangciiieiit. Mais dans le même temps se négociait entre la Frauce et l'Espagoe le pacte de famille , par lequel la cour de Madrid, sortant de la neutralité qu'elle avait gardée depuis le commencement de la guerre» s'engageait à prendre les armes eâ faveur de la France. Instruit de ce pacte encore secret ; Pitt » qui sous le nouveau règne avait conservé la direction des affaires de la Grande-Bretagne , proposa aussitôt, dans le conseil privé, de prévenir les «iesseius des Espag^nols par une prompte déclaration de guerre. Mais la majorité du conseil, alléguant l'épuisement de la nation , les avantages considérables qu'elle retirait de son commerce avec l'Espagne , l'incertitude qui régnait encore relativement aux dispositions hostiles du roi catholique , fat d'un contraire avis. Le génie altier du ministre ne supporta point cette contradiction. Appelé , disait-il , au ministère par la voix du peuple , auquel il se regardait comme responsable de sa conduite, il abdiqua le gouvernement qu'il ne pouvait plus diriger et se démil de ses emplois, La mesure qu'il avait proposée prévalut après sa retraite. La guerre fui déclarée à TEspagne , qui se vit enlever en peu de temps la Havane et Manille , tandis que les Français , ses alliés , perdaient la Martinique» la Grenade , les Grenadilles, St.-Vincent et Ste.-Lucie (1762). Les revers des deux puissances les portèrent bientôt à demander la paix. Le comte de Bute, jH Kii ipai uiinislre de Georges Ilï , désirait la fin des hostilités, et, malgré Ips ell'or's de Pitt et de son parti, des préliminaires de paix lurent arrêtés en quelques semaines entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, et définitivement signés à Parts au mois de février 17G5 ( Kojfes le règne de Louis XV)* Ce traité * dont les Anglais eurent tout l'avantage , fut bientôt suivi de celui A^HtAertsbowrg »
242 VIITOIBB OtHÉftAtV
qui, en tenniiiant la guerre d'AUemagne » acheva la paciiicâlioD de rLurope»
Le traité de 1763 » qui excita eu France un juste mécoDtetitemeDt » ne satisût pas plus l'Angleterre « où lord Bute fut accusé de trahison pour avoir cédé une partie de la pêcherie de Terre-Neuve et abandonné le roi de Prusse* Un impftt sur le cidre , que te ministre proposa au parlement pour couvrir les intérêts d'uu nouvel emprunt ^ rendu nécessaire par les frais énormes de la çruerrc récente, accrut rirritaliou générale. Cet impôt, malgn les ellorts de l'opposition , malgré les clameurs du public et le déchaînement des pamphlétaires , fut approuvé par les deux chambres. Lorsque son adoption semblait confirmer le crédit immense de Bote et consolider son pouvoir, on apprit tout-à-coup avec étonnement qu*il avait résigné tous ses emplois et cédé sa place à Georges (irefmUe* Heureux, dis«tit-il, d'avoir rendu la paix au monde, il voulait désormais goûter les douceurs de la vie privée et prouver qu'il n'avait eu d'autre amiiilion que riulérêt de son p-ays. Cette décîaraiion n'en imposa point. Le nouveau ministère , dont tous les membres étaient liés avec lord Ihite, parut n'être qu'un rempart à l'abri duquel son influence occulte voulait braver la haine publique et s^exercer impunément, L'animosité des partis s'en redoubla t et la presse vomit contre les ministres un déluge de pamphlets injurieux. Le plus violent de ces écrits était la feuille périodique The Nortii Ihilon, h Breton du Nord, qui, dans son numéro 45 , attribué à Jean Wilkes , membre du parlement, osa attaquer le roi lui inème avec une insolence et une audace intolérables. Ce Iil)eile lut déféré à la chambre des communes, qui le qualifia de scandaleux et de séditieux » ordonna qu'il serait brûlé par le bourreau » et déclara Wilkes déchu de son privilège de parlement et de ses fonctions de député. Ces mesurer rendirent le ministère encore plus odieux , et excitèrent l'eniliousiasme populaire en faveur de Wilkes , qui fut regardé comme le cliauipion de la liberté. Lors du renouvellement de la chambre eu 1768 , il fut réélu troiâ fois
de snîfe par le comté de Middiesex sans y avoir trouvé de compétiteur , et trois fois son élection l'ut cassée. Elu pour la quatrième fois à la majorité de onze cent quarante» trois Yoix contre deux cent quatre-vingt-seize obtenues par le colonel Luttrel que lui avait opposé le ministère , U fut encore rejeté par la chambre qui déclara Luttrel dûment élu.
Tandis que le parlement exerçait sur un de ses membres cette suprême omnipotence et soumettait à son contrôle les suiïrages du peuple , le même di snoiisniQ affecté par l'Angleterre sur ses colonies d'Amérique enfantait une lutte qui devait a^ o!^ pour la métropole de funestes conséquences. En 1764, Georges Grenville» cherchant à alléger par Tamélioration du revenu les charges énormes qui pesaient sur l'Angleterre , entreprit de restreindre la contrebande au moyen d'un certain nombre de petits bâtimens de guerre stationnés sur les côtes d'Angleterre et d'Irlande. 11 étendit ensuite cette mesure aux iles et au continent de l'Amérique , et, sous prétexte de faire supporter à ces colonies une partie des dépenses qu*entrainait la protection de Icnr commerce et la surveillance des contrebandiers » il établit d'abord certains droits sur les marchandises importées en Amérique* Il finit par proposer de frapper les colonies d'un imp6t direct , el , le 22 mars 1705 , il fit adopter, après une longue et orageuse discussion , la lauieuse taxe du timbre. Les Amôrioains protcsierent iiaulement contre cet impôt et soutinrent que le parlement anglais n'avait pas le droit de les taxer , puisqu'ils n'y étaient pas représentés. Le mécontfttement se manifesta surtout avec violence dans la province de Massachuset, qui donna aux autres le signal de la résistance et les invita à se réunir en un congrès général pour y concerter les moyens de défendre leurs droits contre les prétenlioos delà métropole. Sur ces entrefaites, le ministère Grenville, succombant à son impopularité et à quelques intrigues de cour, fut remplacé .par celui auquel le marquis de Rockingham donna sou nom. Entre les partisans et les adversaires de la taxation
244 HISTOraE GÉM^RALK
des colonies» la Donvelle administration prît ua parti' mitoyen qui ne satisfit personne. Elle révoqua Tacte du timbre « mais en même temps elle fit proclamer par le parlement et maintenir en principe le droit de l'Angleterre à taier ses colonies (mars 1766). Le ministère Rockîn* gham, indécis dans sa marche et întérîenrement divisé, l'ut de courte durée. Au mois de juillet , Tillustre Pilt , adversaire déclaré de la taxaliou , lut ciiargé de former on nouveau cabine! ; mais ♦ l'ayant composé dMioinmcs de tous les partis, il ne put lui donuer m cette unité de vnes ni cette vigueur d'action qui avaient manqué au précédent. Accablé d'infirmités et souvent incapalile de «nffire an travail des affaires puUiques , il refusa d'en prendre la direction , et n'accepta que le poste de j^^ardetles-sceaux avec sa nomination à la chambre-haote , où il passa sous le titre de cmnle Chalham. Vers la iin de 17G8 , seulaut ses forces s'aiïaiiilîr de plus en plus et désapprouvant, du reste, un droit imposé par ses collègues sur le tlié , le verre , le papier el les couleurs importées en Amérique, il se retira du ministère. Lord Norih, en é!ant devenu le chef en 1770 , fit révoquer tous ces droits » escepté celui du thé. Mais ce n'était point la quotité des impôts 9 c'était le principe sur lequel ils étaient fondés » qui révoltait les Américains. L'impôt sur le thé , quoique modique, leur était odieux, parce qu'il était arbitraire. Us résolurent de frustrer les calculs de la métropole, en renonçant à l'usage du thé; et sur la fin de 1775, le miîiislère anglais ayant fait expi ditr plusieurs navires chargés de cette denrée pour le port de Boston , leurs cargaisons furent jetées à la mer par la popqkce. Les mesures rigoureuses de lord North contre les habitans de cette ville hâtèrent l'insurrection des colonies. Elles j préludèrent par une déclaration de draitê que publia le congrès-général assemblé à Philadelphie. Lord Chatham projiosa vainement uu Lill porir rappeler les troupes envoyées coiiîre Boston et pour prévenir , par des intsures cofîciliatrices, une enîiére el irrévocable rupture. Le ministère perséyéra dans ses desseins de veng^eance et
JMJ DIX-WmÉM£ SIÈCLE. 24&
d'oppression;. les colonies s'armèrent pour leur défense^ et y le 19 avril 1775^ la guerre s'ou^nt par le combat de
Lexingion, ' * • . - ^
Depuis ce moment, l'histoire d'Angleterre psqu'ea 1785 se confond avec celle des colonies inMirçées. Nohr renvoyons le lecteur au chapitre où nous trjaiiojQS. de la. révolution des Ëtatsr^Unis.
Bans le temps où VAugleterre perdait la plu& importante partie de ses. possessions 4^' Amérique * eUe avait à Inttgtt au Bengale çontre un prince entreprenant qui un moment ébranla sa vaste puissance, dans cette contrée ( Voyez THisl. des Indes orientales).
Le règne de Georges III se prolonge près de quarante ans encore au-delà de l'époque où s'arrête notre récit. Durant cette période féconde en agitations, l'Angleterre^ sous un roi tombé en démence» joue un, râle brillant» grâce aux talens de qudq^ es inini&ires. et surtout ai^, génie du second Pitt.
ÇHAPITRE V.,
SECTION PREMIÈRE
l^viooi^Uinei etPaj^s-Bas autrichiens. (171S-90.)--t Confédération^
hehréMque. (1713-85.)
Provinces-Unies, — Pour la révolution bollandaisc de 1747 en faveur du stathoudérat , je renvoie le lecteur au Chapitre III , Section III. J'emprunte au Tableau des. Bémlutions de Koch , en me permettant quelques changemens , l'esquisse suivante de Thistoire de la Hollande gmdatirt le Mrte dtt siècle.
â46 fllSTOlAB GÉNftaALl
«( Il s*élait élevé des ditléreodi) entre les UoUaodais el le gouvernement-général des Pays-Bas autrichiens sur TexécutioD du traité de la barrière, de 1715, et de celui de La Haye* de 1718. Ou avait négligé de déterminer \ d*u ne manière précise le» limites de la Flandre hoUan» .daise * telles que ces traités les ont réglées , et bientôt la cour impériale cessa de payer aux Hollandais le subside que le traité de la barrière avait stipulé en leur fateur. Cctic cour ne consentait à un règlement définilirde limites et au paiement du scrbside , qu'autant que l'Angleterre et la Hollande se concerteraient avec elle sur le rétablissement des places de la barrière , dont les fortifications avaient été ruinées pendant la guerre pour la succession d'Autriche. ËUe exigeait pareillement que ces mêmes puissances se réunissent pour la conclusion d*un traité de commerce et de tarif avantageux aux Pays*Bas» ainsi qu'elles en avaient pris rengagement par les traités anté-' rieurs. Enfin , l'empereur Joseph II crut devoir profiter de l'événement d(' l.i ^juerrc survenue , en 1781 , enUe l'Angleterre et la Holl inde (Voyez niist, de la révolution \ des Efali-Unts d'Amérique ) , pour alVranchir entièrement les Pays-lias autrichiens des chaînes que le traité de la barrière leur avait imposées. En ordonnant alors la dé* molition de toutes les places fortes de» Pays-Bas» il corn-
{irit dans cet ordre les places de la barrière » et somma es Hollandais d'en retirer leurs troupes., Ne pouvant point invoquer la garantie de l'Angleterre avec laquelle ilsétaient en guerre , il» turent forcés de déférer à cette sommation fl782). Leur dociliîé encouragea l'empereur à pousser plus loin ses prétentions. Non-ronlent de résilier les traités do 1715 et 1718, il exigea que les limites de la Flandre fussent rétablies sur le pied d'une autre convention passée en 1664 entre l'Espagne et les Etats* Généraux ; et, au lieu de laire.de «a nouvelle demande un objet de négociation , il prit » en 1783 x pQssessioii des forts , places et districts renfermés dans lea linûtea qui avaient été fixées par cette dernière convention.
Sur icâ plaiales des Hollandais, il couseutit a ouvrir
des conférences à Bruxelles pour régler ces différeiuls à l'amiable (1784). 11 y fit déclarer qu'il se désisterait de toutes ses prétentions » moyeanaDt rôuYertyre et la libre navigation de TEscaut çn faveor ies provinces, belgique», et la faculté de naviguer et commercer directement aux Indes, de tous Tes ports des Pa^s^Bas. En même temps , il. annonçait la ferme résolution où îl était de regarder dès. à présent TEscaut comme libre, et la moindre opposition de la part des Etats-Généraux comme une hostilité ouverte et ime déclaration de guerre. Les Hollandes, sans être intimidés par ces menaces « firent occuper rcml)oucbure du ileiive>par une escadre qui eut ordre d'en fermer l'entrée à tont vaisseau impérial ou flamstnd. Deux bâtimens, qui voulaient forcer, le passage, ayant été contraints d^àmener pavillon» Tempereur, regardant la guerre comme déclarée , rompit les conférences de Bruxelles. La France, qui négociait alors un traité d'alliance avec la réimblique, offrit sa médiation... Il s*'^n suivit une négociation longue et épineuse pendant • une grande partie de Tannée 1785. L^empereur insista beaucoup sur la cession de Majstricbt et des pays d^Outr^- Hease ; il ne s'en départit qù^en exigeant une iTorte somme d'argent en indemnité * et une autire en réparatiop ^ de» dommages que tes hiondations de la Flandre , ordonnées par les Etats-Généraux , avaient causés aux sujets autrichiens. Par la paix qui fut signée à Fontainebleau le 8 novembre 1785, le traité de Muusier (1648) fut reqouvelé , sans faire mention des traités subséquens. Ou convint de la fermeture de TEscaut depuis Saftingen jusqu!à la mer ^ aiosi que de quelques canaux et bpuQbes de mer y aboutissant. Les états-généraux s'engagê^rent à payer à Tempereur , pour ses prétentions sur Mastriçht Qt le pays d'Outre-Meuse , ta somme de neuf millions cinq cent mille florins d'Hollande , et celle de cinq cent mille florins pour réparai ion des dommages ransés par les inondations. Ce traité de paix entre l'empereur et la Hollande fut immédiatement suivi d'un traité d'alliance entre la France et la république (novembre 1785 )•
248 HISTOIRE aÉNéftiXB
« Des troubles intestios agitaient alors les Provinces-
Unies. L'animosîté du parti républicain contre le stalhou-
der et sos adhéreus b'étail réveillée plus fortement que jamais a roccasioii de la guerre d'Amérique entre TAngleterre et la Franc t . Le parti républicain reprochait au Mathouder son dévouement aux iutérèts de rAngielerre » qui lui avait fait négliger la marine et manquer à la protection qu'il devait au commerce hollaudais, en sa qualité d'amiral^général des forces navales des Provinces^ Unies. Les diverses magistratures des villes municipales, pour décréditer le slathoudérat dans Topinion publique » encouragèrent les écrivains périodiques à se décliaîucr conire la personne de Guiflaume V et son administration. Ou s'eu prenait à s^ s consciiicrs , et iîoinméuicnl au duc Louis de Brunswick, qui, comme iiouverneur du stathouder, avait eu, peadant sa minorité» la principale direction des aflaires , et qui continuait encore à Taider de ses conseils. La ville d'Amsterdam , toujours distinguée par son opposition au stathoudérat » demanda la
Srcmîère Téloignement du prince» qui fut forcé» en 1784» e donner sa démission et de sortir même du territoire de la république. Sa retraite ne fit qu'enhardir le parti anli-slaihoiidéri( n , qui îjieu'ôf ne garda plus de mesure. Ce parti, purement arisîoerauque dans son orijj;îne , fut renforcé de]>uis par une foule de démocrates qui , noncontens de rabaisser le stathoudérat , attaquaient aussi le
i>onvoir des magistrats des villes» et tendaient à changer a constitution en rendant le gouvernement plus populaire et plus démocratique. Dans les villes principales » des associations se formèrent sous la dénomination de corps francs , pour exercer les citoyens au maniement des armes... Le printe d*Orange quiiia i.a Haye pour fixer sa résidence dans la proNÎnee de Gueldres, dont les étals lui éfcîient plus parliculièremenl dévoués. L'attaque dirigée par le prince contre les villes d'Elbourg eî de Hattem, qui refusaient d'exécuter les ordres qu'il leur avait intimés au nom des états de Gueldre, exaspéra tous les esprits; elle donna un accrobsement de forces au
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pafti patriotique, et encouragea les états de Hollande -à
attaquer directement le stathoudérat et à aller même jusqu^à suspendre le prince de ses fonctions de capitainegénéral de la province. Frédéric-le- Grand, et , après lui, Frederic-Guillaumtî IT, tentèrent vainement de concilier les deux partis. L'animosité s'accrut sans cesse, et le parti patriotique se porta même à toutes sortes de violences. 11 destitua par la focee les magistrats des villes principales et les remplaça par ses adhérens. La guerre eivile semblait inévitd>le.
Dans ces circonstances» la princesse d'Orange, épouse du slathouder , résolut de se rendre a La Haye , dans le dessein d'y travailler au rétablissement de la paix. Elle fut arrêtée dans sa route par un détachement dii corps franc de Gouda, et conduite à Schonhoven* d'où elle se vit forcée de retourner à Nimégue » sans avoir pu remplir l'objet de son voyage. Le roi de Prusse demanda satisfaotion de l'outrage fait à sa sœur« Les états de Hollande né s'étantrpas empressés de la donner dans les termes i^txigés , le roi, au mois de septembre 1787, bi, ealrer en Hollande un corps du 20,000 fiouirncs sous le commandement dn duc de lirunswick, qui , vn un mois , se rendit maître de tout le pays^ et d'Amsterdam. Toutes les p^oluliqns antérieures qui avaient été prises pour limiter le pouvoir du slathouder furent alors annulées et le prinCe fétabli dans la plénitude de ses droits. » {Kocb, Tabkm des y^Do&tfûms deTEurope),
. Pavs-Bas AiTRicHiENs. — Lcs troubles de Hollande furent suivis de près de ceux que les innovations de Tempereur Jos§pk iI fiioulevèrent dans les Paya-Bas autrichiens, i Chacune ^es provinces belgiques formait un état sou^ veraîn , qui avait sa conslitutiou particulière. Leurs droits et privilèges étaient fondés sur b tradition on :sur hi prescription » excepté dans le Brabant et le Limbour^ , où ils étaient spécifiés dans une eliarte connue sous le nauk de^ joueuse entrée, parce qu'elle avait été promulguée
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à rentrée de Philippe-le-Bon dans la ville de Bruxelles. Elle défendait de donner les places à des étrangers , et de traduire les nationaux en justice hors du pays; assurait aux membres des états toute liberté d'exprimer leur opinion , et se terminait par une déckuratî&n semblable au célèbre serment d'André II , portant que si le souverain cessait de respecter les privilèges de ses sujets » ils pourraient cesser ée lui obéir jusqu^au redressement de leurs griefs. Chaque province avait, sous le nom d'états, une assemblée représentative , composée de membres dti clergé , de la noblesse et de la bourtreoisie , et partageant rautorité suprême avee le gouverneur-général. Ces états votaient l'impôt» en réglaient la levée et l'emploi , et^. dan» l'intervalle des sessions » étaient suppléés par un comité de leurs délégués^ Il y avait un grand nombre de tribunaux , dont le plus respectable par nmpartialité de ses jugemens et l'état indépendant de sés membres était le grand-conseil de Brabant. Il ne se bornait pas à l'adniinistration de la jusiice, et vérifiait leséditsdu souverain, qui n'avaient force de loi que lorsqu'il les avait approuvés et revèlus du grand-sceau. L'extrême attachement du peuple à la religion de ses pères donnait au clergé une grande influence. On comptait une multitude de coUvens et d'abbajes^ et l'instruction de la jeunesse était confiée aux ecclésiastiques. La prospérité dû pays était la. preuve certaine de la parfaite convenance du gouvernement au génie et aux mœurs des habitans. Joseph II n^entreprit pas moins d'y iolroduire les mêmes réformes que dans ses autres étals héréditaires. Il irrita le clergé en supprimant plusieurs couveus , vn interdisant les processions, les pèlerinages et les eoniréries » en fanant dépouiller de leurs ornemens plusieurs images ou statues, en abrogeant les privilèges de l'université de Louvain ^1786)» et en instituant pour les jeunes clercs un séminaire-général » dont il remit la direction à des prêtres étrangers » qu'il affranebit de la surveillanee des évêques. Il bouleversa ensuite le gouvernement civil par la suppression du comité permanent des délégués et par l'abolition de tou^
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les conseils et de toutes les cours de justice, qu'il remplaça par les mêmes tribunaux qu'il avait institués dans ses autres étals. Il déclara que les Pays-Bas n'étaient ^'mie province de la monarchie autrichienne, les divisa m oeuf cercles on inte&daDces et les soumit à un conseil suprême , exempt contrée des états et piésidé par un ministre impérii^.
Ces actes arMtraiies ét d'autres vicdations non moins despotiques de la constitution excitèrent un profond et universel mécontentement. Les états de Brabant, donnant le signal de la résistance, refusèrent les subsides jusqu'au redressement des griefs,, défendirent aux collecteurs des taxes de recQjanaitre l'autorité des nouveaux ialendans, supprimèrent le séminaire-général de Louvaîn , invitèrent les antres états k. form^ une confédération générale» et réclamèrei^t la garantie des puissances étran^res et par» ticulièrement de la France, L'exemple du Brabant fut suivi par les autres provinces; le peuple prit la cocarde nationale, et tout annouça un prochain soulèvement. Joseph II , invite par de sa^es conseils à la circonspeclioa et k la clémence,, répondit d'abord : « Le feu de la révolte ue peut s'éteindre ^ue dans le sang rk, et ordonna de faire marcher des troupes vers les Pajs«Bas« Mai» ensuite, ré4éçhi$saiit qu*il était dangereux de pousser ces provinces au désespoir, dans le temps ou il avait à soutenir la guerre contrôles Turcs » il s'adoucit, révoqua ses ordonnances et remit les choses sur Tancien pied ( septembre 1787). Cette condescendance rétablit temporairement la tranquillité. Mais hieiiloi i'animosité assoupie se réveilla et enfanta de nouveaux troubles* £u 1789» irrité d'un refus de subside» l'empereur révoqua l'amnistie qu'il avait accordée $ cassa les états et le conseil souverain de^rabant» et abrogea la joyeuse entrée. Ces violences portèrent une foule de citoyens k se retirer en Hollande» où ils trouvèrent un chef habile dans l'avocat Vander^ Noot , priûcipal auteur du refus de subside. Par ses soins, dix mille émigrans, rassemblés dans les environs de Bréda, furent enrégimentés et armés. Le colonel Van-
âS9 mrom «ÊUftiiitUt
der-Mcrsch , qui s'élait distingué au senice de TAutrichei durant la guerre de sept ans, fut nommé leur chef, et Vauder-Noot , prenant le titre d'agent plénipotentiaire da: peuple brabançon , publia un manifeste où il déclarait »^ ' au Dom du clergé, du tiers-état et 4*iui grand nombre, de membres de la noblesse » qu'ils reàonçairat à Tobéis^. sance de Joseph II. Ud corps d'insurgés» armés pour la plu])ari de fourches » de massues et de bâtons , et dépourvus d'artillerie, ayant battu près de Turnhoul une dÎA isioa autrichienne , celte victoire , que le clergé proclama comme mii aculeuse , donna un mouvement rapide à rinsurreclion et la propagea du Brabant aux autres provinces. Les Autrichiens abandoanèrmit successivement toutes les iFilles et places fffincipales.» et se replièrent sur . le Luxembourg 9 la seule pnmnce restée fidèle. Le 18 décembre 1789 » les insurgés entrèrent en triomphe dans Bruxelles» aux cris de : Ftb^nl h$ patrioUs /^ids Famier* Noot! Huit jours après, les états de Brabant, assemblés dans cette même ville, s'altrilmèrent le pouvoir souverain et st' déclarèrent indépendans. Les autres états les imitèrent, et, le 11 janvier 1790, toutes les provinces formèrent une confédération sous le titre à'Elats Belgiques- TJniê. Une assemblée» composée de leurs députés sous la dénominatmn de congrès 4auvêrain des Etais Belgiques, fut investie de la souveraineté* L'union était déclarée permanente et irrévocable. Chaque province conservait » d^ reste, son indépendance et raxercice du pouvoir
législatif.
La nouvelle république fut bientôt livrée aux discordes intestines. Ces divisions facililercnt à l'empereur Léo~ pold II, qui succéda le 20 lévrier 1790 à son frère Joseph II » 4e. recouvrement des Pays-Bas. 50,000 homm os , envoyés pour les reconquérir » ne trouvèrent qu'une faible résistance; fin même temps , l^n^pereur Se montra disposé à extirper par «de justes oonoeasionâ la Catosè des, trmi^s. Il prit Tengagunieiit forttiel^, sous la garantie de la i- russe , de l'Angleterre et de la Hollande, de gouverner désormais les J^ays-Bas selon l^s constitutions
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DU DIX-auiTIÈME SIÈCLE. 255
étaient en vigaeur sous Marie-Thérèse , et d'annuler toutes les innovations de Joseph U. Il accorda une amnis» ' tie générale et ilUmttée en faveur de tous ceux qui, dans un temps fixé » mettraient bas les armes. Tout parut
soumis; mais l'esprit républicain fermentait encore, et les mesures les plus vigounuï^es ne soutenaient qu'avec
1)eine le gou\€rnemeiU auiiichieu dans les Pays-Bas, orsqu*ii y fut renversé par la révoiolion française.
CoKFÉDÉftATiON HELVÉïiQUE. — Vers la fin de la guerre de la succession d'Espagne, la mésinieiUgence qui régnait entre le pftnce^&e de St*^Gall et ses sujets du Toekem^ bmrg , occasionna en Suisse une guerre civile , que Tam*
bassadeur français fui soupçonné d'avoir fomentée pour empêcher les Suisses de se joindre aux ennemis de la France. Sous les anciens comtes de Tockembourg , le peuple do colle contrée avait joui de grands privilèges qui lui avaient été garantis, lorsqu'il était passé sous la domination des abbés de St.-fiall. En vertu de ces privilèges, il devait avoir son assemblée législative, un conseil de régence composé de notables du comté , et des tribunauiç particuliers jugeant définitivement et sans appel; les baillis et autres loactiounaires de l'abbaye devaioul ôfre des hommes du pays; les Tockeiiàhourgeois pouvaieut conclure des aiiiaiK (>s , lever des troupes, faire la guerre sans le consentement deTahbé. La liberté du commerce, la liberté plus précieuse encore de leur conscience, leur étaient assurées. Attaqués dans ces droits parleurs abbés, ils se plaignirent vivement au corps helvétique. Plusieurs diètes furent convoquées pour régler ce différend. Les cantons catholiques prononcèrent en faveur de Tabbé ; les cantons rétormés pioîesîèreut. Il s'en suivit une guerre meurlrière où les Tockeiubourgeois furent soulenus par les cantons de Berne et de Zurich, et Tabbé par ceux de Lucerue, Urî, Zug, Sçhwil? e( Underwald. La bataille décisive de ViUmergen, où les catholiques furont vaincus avec une perte considérable (2à juillet 1712), ajuena le traïUé dt Jrw, qiH les foi%» d'accorder la liberté
de coDscience aax sujets de la confédération, et leur enleva leur part de souveraineté sur le comté de Bade et cette portion des bailliages libres qui sépare le cauton de Zurich de celui de Berne. Deux années après , les cantons catholiques renouvelèrent leur ancienne alliance avec la France 9 pour s'en assurer les secours » en cas d'une nouvelle rupture. Heureusement cette occasion prévue De se présenta pas » et la confédération fut délivrée pour long^temps du fléau de la guerre civile.. Mais plus d'une fois encore le dtx-baitième siècle vit éclater des discordes dans les états parliculiers. Les agilalions de ces petites républiques ne méritent guères de figurer dans une histoire générale. Je me bornerai à Tindication sommaire des événemens les plus essentiels.
£n 1725 9 le major Jean Davel fait une tentative pour affranchir le pays de Vaud de la domination bernoise. Il échoue dans son entreprise et périt sur l'échafaud. Vers le même temps, des trouMes s'élèvent dans le canton de Zug. Depuis plus de deux siècles > la famille des Zurlauben y tenait les principales dignités. Elle devait une grande partie de son ascendant à l'argent que la France, par son intermédiaire , distribuait en gratifications et en pensions. Cette prépondérance lui faisait , du reste , beaucoup d'envieux et d'ennemis. On donnait le nom àe Rades aux adversaires des Zurlauben et de la France, dont les partisans étaient désignés sous le nom de Doux. £n 1731 » Antoine Schumacher, chef de la faction des Rudes, étant devenu landamman , rompt l'alliance du canton avec la France, et suscite aux l>oux une cruelle persécution. Mais ses^ violences le rendent odieux ; une réaction rappelle les Doux à la tête des affaires , et Scbuniacber est condamné au bannissement perpétuel ( 1757 ).
Deux partis existaient , à la même époque, sous les mêmes dénominations, dans le canton àWppenzeU, parmi les habitans des rives de la Sitter. Ën 1732, ils sont sur le point de s*égorger pour des contestations sur un droit de péage. De bons citoyens et de courageux magistrats s'opposent il leur fureur et préviennent l'effusion du sang«
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L.es Doux , cédauL à leurs adversaires , sont éloignés des emplois publics et privés pour un temps de toute iu- Huence.
Dacs la république àe Berne, la bourgeoisie avait laissé lin c^tain nombre de familles nobles ou opulentes s'emparer de l'aiitorité souTefaine. Toutes les hautes dignités, tontes les places do grand conseil étaient devenues la pro« priété de ces famiUes privilégiées » et le gouvernement avait -dégénéré en oligarchie. En 1749 , quelques bourgeois, ayant a leur tèle le eapilaiuc Samuel Henzi, iornient un complot pour le rétablissement de la liberté et des aoeiennes lois. Mais la conspiration est découverte. Heozi et deux de ses amis ont la téte tranchée. Les autres conjurés sont bannis de la Suisse.
Quelques années après» les paysans souverains d'OK vengent plus terriblement encore que les aristocrates de Benie leur autorité méconnue (1755). Les habitans de la Lévantine s'étant soulevés contr'eux , la peuplade , à genoux et la tôte découverte , est forcée d'assister au supplice d'une partie des cbefs de la levolte. Les autres, au nombre de liuit , sont conduits, chargés de chaînes» à Uri, où ils sont exécutés.
En 1757, les Neufchàteloîs se tirent à meiliepr marché d'une révolte contre le toi de Prusse. Après avoir successivement dépendu du royaume de Bourgogne , de Tem* pire Germanique, des maisons de Châlons, de Hocbberg et de Longueville, les com^e^ de Neufchâtel et de Vcdengtn, étaient échus au roi de Prusse Frédéric I par Texlinction de cette dernière famille, à l'héritage de laquelle il avait des prétentions ([ue le> élals des deux comtés trouvèrent fondées. Frédéric jura de respecter leurs droits et privilèges et d'observer les bonnes et andmm coutumes écrites ou non-^cn'tos , dont le peuph aoadt notoirment usé dans les temps passés* Une de ces coutumes donnait à la ville de Neufchâtel le droit de régir elle-même la perception des impôts et des revenus du prince dans tout le pays. Le roi avait néanmoins affermé cette régie en 1748. Le mécontentement qu'avait éxcilé cette innovation redouble de
d56 HI0TO1RB GiHABALC
violence en 1767, au renouvellement du bail. Une sédition éclate; il élait facile à Frédéric-le-Grand de maiatenir son aulorllé par la terreur; cependant il n ordonne point de supplices» borne sa vengeance à quelques exils oa emprisonnemens temporaires, et s'afleclionne les cœurs en rendant aux Neufchâtelois la régie de la perception des impôts» et en améliorant la législation et l'administration du comté.
La ville de Fribourg eut aussi des dissensions causées par le mécontentement de la bourgeoisie contre une aristocratie àoiiiinaiih'. La mt^me cause suscita daiib Gcurve de longues discordes et plusieurs révolutions dans le cours àa dix-buitième siècle. Malgré les complots, les séditions» les révoltes qui , durant cette période, agitèrent les états helvétiques , la Suisse ne labka pas de prospérer. Le commme et l'industrie y firent de rapides progrès.- En même temps » des hommes illustres y cultivèrent avec éclat les lettres et les sciences. Parmi ses litres de gloire , la Suisse compte au premier rang les travaux d'un Lavater et d'un Halier. d'un Saussure, d'un MuUer et de Téloquent auteur d'Ëmiie.
SECTION IL Eleckeun fit prinoes d'AUeoMigivB.
ELECTFrns DE CoLOG!VE. — Josepk'Cîémenf , qui moula sur le siège de Cologne en 1G88 , ii'éf<iit nlors âgé que de dix-sept ans. Il était né en 1671 de I crdinand-Marie- François, électeur de Bavière , et d'Adélaïde de Savoie. Ëvéquede Ratisbonne et de Frisingue depuis 1685, il avait été déclaré par bref du pape Innocent XI « dès 1 âge dé onze ans, éligible aux sièges de Cologne» d'Hildesheim » et de Liège. Malgré ce titre, l'élection de Cologne fut disputée. A la mort de Maviniilieu-IIenri , une partie du chapitre élut Josepli-Clément , et l'autre, le cardinal do Fuiblemberg. Ce débat fut terminé par rautorité papale.
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Innocent XI intervint , et , toujours favorable au jeune Clément , le confirma sur le siège de Cologne nu par lu ef 4n 20 septembre 1G8S.
Joseph-Clémeut était paisible possesseur de Télectorat, lorsqu'éclata la guerre de la succession d'Espagne. Il se jeta dans le parti de la France, malgré les efforts de l'empereor pour le détoamer de cette alliance qu'il conclut en 1701^ Ayant éprouvé des revers» il fut contraint de chercher un refuge dans les Pays-Bas. L^électorat se trouvant ainsi privé de son chef, l'empereur en donna l'administration au doyen du chapitre de Cologne. Mais cette mesure n'empêcha pas les forces réunies de la Prusse et du Palalinat d'en prendre possession Toutes les villes p excepté celle de Bonn , reçurent des garnisons ^trangèreé , et Joseph-Clément fut , ainsi que son frère . l'électeur de Bavière i mis au ban de l'empire par un décret du 29 avril 1706.
Le traité de Bade le fit rentrer dans ses états en 1714. Il stipulait la démolition des fortifications de Bonn. Joseph- Clément essaya de se soustraire à cette condilioii onéreuse. Mais il fallut céder à la force, et la ville de lîonn fut démantelée malgré sa résistance ( 1717 ). Paisible possesseur de Télectorat* Joseph-Clément songea à le faire passer après lui dans sa famille. Malgré l'opposition desUoUan^ dais > il fit élire co-adjuteur son neveu Qémait-Augusle, fils dé Télecteur de Bavière, Maximilien-Emmanud. Sa mort suivit de près (1725] la conclusion de cette affaire .
Son neveu et sort co-adjuteur Clément- Auguste-Marie- Hyacinthe lui succéda. 11 était à peine Agé de vingt-trois ans, ( I avait déjà reçu nombre de dignités ecclésiastiques, i* ait prisonnier à Munich avec ses frères^ par les Impériaux, puis remis en liberté par la paix de Radstadt» il avait étudié à Rome sous la direction du pape Clément XL Il n'avait pas encore quinze ans qu'il fut noinmé co-adjoteurde Févéché de Ratisbonne. Il devint successivement évêque de Munster (1719) , évéquede Paderliorn (môme année), archevêque de Cologne (1723), t\< que d'Hil-
dlesfaeiiii {ini), ëTéqne d^Osnabnick (1728), MmAii graDd-mahre de Fordre teutobique (1732). Pour ajoa-
1er à toules ces distinctioDS ecclésiastiques, le \)a^% lui-même Tavait sacré à Yiterbe le 10 novembre 1727.
I! suivit d'abord la polilique de sou prédécesst'ur, et, (Luis la «^lu rre qui s'alluma après la mort de rciupereur Charles \ i en 1740 , il prit le parti de la Fraoce. L'iuté* rét de sa famille le jetait daus cette alliance. Son frère, Télecteur de Bavière» avait élevé des préteniienB à TeBi:pire » prélenCons appuyées par le roi de France. Ciémenl- Auguste concovrut à l'élection de son frère le 21 janvier 17l2, le sacra loi-méme à Francfort , et un mois après couronna l'impératrice.
Mais il changea uientôt de sentimens. D'abord des discussions assez vives s'élevereal entre lui et le nouvel empereur. Le rijîute de Neuhaus exigea et reçut au nom de Cbarles VII riiommage direct delà ville de Cologne» malgrà les proiesiuiions de Télecteur. Ensuite , les succès des Autrichiens achevèrent de détacher Gtément-Auguste d^uii parti que la fortune abandonnait. Il traita avec la reine
Hongrie ( 1744), et Tannée suivante, Tempereor son Crèrc étant mort, il n'hésita pas à voter par député eu f^iv'ur de François de Lorraine. Au uiois de rier 1761, g? rondaîU eii Bavière, il muurnl subitement chez l'idéetcur dî« I rèv^s , dans le château ù Eiirenbreilstein.
Il eut pour successeur, le 16 avril , le doyen d« l'église méiropolitaine de Cologne , Maxmiiîen'Fnidéne, fils du comte de Kœnigsegg. Cet électeur , d'un âge niâr (53 ans) et d'an esprit djistingué* se voua tout entier aux réformes ecclésiastiques et aux progrès des lumières. Parmi les travaux auxquels il se livra et les institutions, dont il ^ai le fondateur, il faut remarquer Taduption du caU'ciiisme romain, une réforme compièle du brcviaire; ensuite l'élablissemenl d'une académie destinée à l'enseigneiuent public delà li.Mératurc et des sciences, la fondation d'un hôpital à Ijona : son administration sage et éclairée fit goûler au peuple de réleeiei*#t les bieofait* d« itt paix qui régnait alors sar k iepotinent* .
11 mourut m t784. Smt meemmi fat MmMmUim
François- X avûr , archiduc d'Autriche,- fils de Tempereur François et de Marie-Thérèse. Il paraissait vouloir suivra la marche pacifique de soa prédécesseur et continuer ses amélioraiious administratives. C'esl daus ce but qu*il avait .établi ea 1786 un tribunal suprême de révision ; mai& il M latigaa bienlét des affaires* pubiiquas» et la réi^olutioa fmaçaise vint changet k faee de r£i»ope.. La cœlitioQ des rois contre ki Ffiaee et les guerres terribles qui s'en suivirent, amenèrent lee Français dans Télectorat de CiOp> logne. Bonn fut prise en 171)4. L'cUcleur Maximilien , fuyant devant la marche victorieuse des armées républicaines, se réfugia à Munster, puis à Mergentlu^iin. f.orstfstt la paix tut conclue entre les parties belligérantes » ses intérêts forçai sacrifiés dané<les arrasgeoiens secrets pris entre la France et la Presse, el; il mourut ei£n à Herrendorf ( 1801 )\ sans «voir seeowré son électorat*
Electeurs de Trêves. — A la mort de Tarcbevéque Hugues d'Or sheck, en 1711, Téleetoral de Trêves étant occupé parles Français defMiis 170t^, le chapitre» retiré à Cobienfz , éiui Charles, fils de Charles V , duc de Lorraine. La paix de Radstadt mit le nouvel archevêque, ea possession de Télectorat , où ilevt pour successeur , ea Vi 16 » Frânem-Lmis dê Neuèmtr§^ Cer prince ehereha à répara* les maux de la guerre parles soinsripi'il domia à redniinîstration. Il obtint en 1721 de Temperenr GhePr les VI le rétablissement de plusieurs privilèges négligé» par ses prédécesseurs, reconstruisit et la cathédrale incendiée et les ibrtihcatioos qui avaient ete démolies par les Français. En 1729, il abdiqua pour passer au siège de- Mayence» vacaut par la mort de Lothaire-Françeis d*' SelMMièorn , el il e»t pour successenr à Trêves Eramçait^ GiêfffÊê dé SÊkmnkom, élu le â mai de la même «inéev
Le guem m vaUumAevRorope ea n33« et Téleetomt 4s» Trêve» seerit cBeoee de elianftp de befaîlle anx puis^ sances belligérantes. Ce n'est pas ici le lieu de retryctàr ke diverses opérations miLitaire« qui en firent un tbéÂlrei
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260 HISTOIKE GÊHÉaALE
de déTastatioD. François-George de SchcBsboni fit éllrtf pour son co-adjnteur PUHppe dê VaUgrdorf, qui hii boc** céda en 1756. Il avait à réparer les manx causés par une
longue guerre à son électoral. Aucun événeineiil reniar-' quahle ue signala d'ailleurs les douze années de son administration terminée soudainement par une attaque d'apoplexie , le 1 1 janvier 1768.
Après lui, régna Clément Wenceslctë, fils d'Auguste» roi de Pologne. Ce fut un prince tolérant et éclairé. Mais, comme prince et évéque» il ne pouvait être favorable à la révolution française» et» lorsqu'elle échta » il donna asyle au princes et aux nobles français émigrés » qui se . réfugièrent à Coblentz et firent dans ses états leurs pre-' niiers armemciis. La guerre ne tarda pas à s'allumer. Le 0 août 1794, les troupes françaises occupèrent In vcs. Par suite des événemens politiques et militaires , tout i'archevèi hé fut incorporé à la France, et Clément Wencesias n*oblint en échange qu*une pension dont il vécut à Augsbourg jusqu'en 18 lâ.
Elegteces db Hatencb. — Localité 'Français , fils d'Erwin de Schœnborn , co-adjateor de Mayence depuis
1695, succéda en 1695 à Télecleur Anselme-François. Dans la guerre de la succession d'Espagne, il prit avec chaieor le parli de l'Autriche , et coinocuuiut à Heilbronn les élaîsdu cercle du Rliin , il les exhorla h embrasser la même cause. En même temps , par ses députés, il animait contre la France les cercles de Souabe et de Franconie» eî sollicitait Télecteur de Bavière. Non-content de ces démarches» il envoya pendant la guerre des secours positifs en hommes et en argent au roi des Romains » qui assiégeait Landan.
Il ne laissa passer aucune occasion de montrer sonanimosité contre la F rance. Après la mort de Fempereur Joseph î , il indiqua ^ en qualité d archi-chancelier la diète éleetorale, et fut Fun des plus ardens promoti urs de Félection de Farchiduc Charles d'Autriche, qu'il courons*: kii-méme le M décembre 1711* Plus tard » il s'opposa dit
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son pouvoir aux conférences ouvertes pour la pair, et lorsqu'elle fut conclue à Utrecht entre plusieurs des
parties belligérantes, il soufflait cucore le feu de la guerre et faisait augmenter les fortifications de sa capitale. Mais les succès de la France contre l'Autriche amenèrent la paix définitive de Radstadt (1714) , et alors il se donna tout entier à radministration de Télectorat. Il embellit sa capitale, construisit un h6pital» etc., et mourut le 30 janvier 1729.
Françoi^Lùmg dê Nenbùurg, fils de Télecteur palatin ^ co-adjuteur de Mayence depuis 1710, et archevêque électeur de Trêves, vint à sa mort prendre possession du siège de Mayence. Nul événement remarquable ne signala son administration fort courte d'ailleurs, puisqu'il mourut à Neiss en Silésie , le 18 avril 1732.
Le conseiller intime de François-Louis de Neubourg ^ < PMippe-Chark» ^Elts Campenieh, fut choisi pour lui succéder. Ce prélat» comme ses prédécesseurs» s'attaetia dans les gu^res qui s'ékvèrent de son temps au parti de la maison d'Autriche. Il mourut le 21 mars 1745,. avec une réputation brillante et méritée comme prolecîeurdes arts , des sciences et de la justice.
L'élection de son successeur fut une cause de troubles. D'un côté les Autrichiens, de Tautre les Français» chercfaaient à placer sur le siège deSlayenee un prélat dévoué à leurs intérêts. Déjà les deux nations faisaient marcher leurs armées sur Mayence pour trancher la question-, lorsque le chapitre • pour sortir d'embarras » élut p^ipitamment Jean-Frédérie-Ckarles , fils du baron d'Ostein et cuslûde de l'église de Mayence. Le règne de ce prince avait commencé au niiiieu de k guerre pour la succession. .d'Autriche, et finit avec celle de sept ans f 1765).
Emeric' Joseph de Br«û(6<k:À «^ grand-doyen de Féglise métropolitaine» fut élu pour le remplacer^ Son adminis<^ tration fut consacrée tout entière aux soins, intérieurs et aux travaux réparatéurs des désastees de la. guerre*., mourut le lt }um 1774. ;
Fréd^rie-CharUi-Joiegh, baron d'ErIhal , trésorier du.
362 MtfToimB QÉxÂaALii
grand cinfitT», Art élo k 18 jwUel de la mênieainéi. Qnatqiic jeont» ildésin ui to-adjutear » et (Betteéfeelton demialieQ à de mndnwses intrigues de k part des puis-
lances voisines. L'iuUuéiice Je la Prusse prévalut, et le ^aron de Dalbei^ fut éïa. Mais de plus graves éTénemeDs •e préparaient. La révolution irauçaise éclata, et les guerres qui s'en survirent eurent en partie Féieclorat pour tàéâtre* Les Pruâ8iMi& •oettpèmt Mayenee en 179S Famiée républicaine leur enleva cette ville, et il$ U m>
ÎiifeBt affèt «a eiége MémaraMe. A la fin de tafnerre I traité da LsnétBle dénemibra rarckerédié.. L'élec^aar b'cb ccmsenra q«'uM laiUe fiartte » et' Veapèranee d'mie^ indemnité octroyée par la diète germanique. Mais il Tat^ tendit en vaiu r el laourul k AschaHenbourg le 25 juillet 1802.
ËutiexELJta PAULTiNS. <io£n 1716, Charles-Pht&ppû,. de la maison de Neubourg , saceède comme électeur pa^ latin à 80» frère Jean^Gailiauiiie. U trouve les finances- 4ibéréea et les rétabtit par «ne sage adniinistratbn Ini permet » dis la preouèr» année de son règne», de -sup*primer l'odieux im^ deraomf»«-En 1796 , ayant ea de làclitux (léméiés avec ses sujets calvinistes d'ilcidelberg,^ il transporte le siège de sou gouvernement de cette ville à Mauiieiii) , qui est restée la résidence des électeurs^ palatins jusqu'en t77S. — Ea 1724, il conclut secrètement avec rélectear de Bavière Ytuiion de Munich^ ayant pour bnt : 1«, d'assorev à la branche de Sulzbach , appelée à la sDcoasaion après cette de NeniNmrg , dont Glîariea^ Philippe était le demiier* la totalité de ia soeceanon,. c'eBt-à*4ire, entre réleetarat, ^ne persewae ne ponvail lui contester, les duchés de Berg et de Juliers; 2o. d*as^ 6urer à la ligne cadette delà maison de Wittelsbacii , c*està-dire à la ligne de Ba>ière, ses droits à ia succession d'Autriche, don 1 on attendait rouvorlurc, Lorsqu'en effet elle s'ouvrit en 1741 par ia monde l'empereur Charles VU Télectear palatin eut part à Télection de celui d» Banàra-
l^U MX~BUITIÉME SIÈCLE. 26 S
teime empereur ( Charles VII) , et lai fournit des se-*i coars pour faire valoir ses prétentions.
Ckarles-Philippe» dernier mâle de la maison de Neti<% bourg, meurt le SI déembre 174ft , et a pour successeur» dans les états de la tnaîson palatine du Rhin , 'son plus proche agnat, Charles-Théodore , comte palatin de Sulzbach. Le nouvel électeur coutiniK^ ses secours à réiecteur de Bavière , et [)nMnl jjart , comme son allié, à la guerrd pour la succession d'Autriche. Dans la guerre de sept ans^ il fait cause commune avec la France et TAutriche contrè^ le roi de Prusse, 177 i • il conchit avec la maison de* Bavière un statut de famille 9. portant qoe si la ligne de^ PaTière, descendante de Temperear Loiiis^le-Bavarois » ou. la ligne palatine , descendante de Rodolphe sou frère , manque dans les mâles, le chef de la ligne survivante héritera de toutes les possessions de la ligne éteinte. Cô fut en vertu de ce pacte de famille et' des statuts antérieurs qui lui servaient de hase, qu'à Textinctiou de la ligne bavaroise en 1777 , Charles-Théodore joignit au Palatinat l'électoratde Bavière. Ce prince fonda, en 1557, k Moihrim t nne académie des beanx-arts, et » en 1763 », ttne. académie des sciences; il enrichit la bibUothèqoe dé eette ville , son cabinet d%istoire naturelle, celui des antiquités et des médailles. 11 aima la musique et on citait ' en Europe sa chapelle et son opéra. Mais s'il se distingua par son amour pour les ar(s, il dut une célébrité mpiuS. bonorable à la licence de ses mceurs.
Ducs m Deux-Ponts. La maison de Denx-Pouts, subdivision de la maison palatine » s'était elle-même divi-*. sée » plmneors rameaux » dont celui de Kleebourg sub-^. tistait aeol au dix-huitième siècle.
Jean^Casimir , comte palatin de Kleebourg, et fondateur de cette branche, avait épousé Catherine Wasa,^ fille de Charles IX , roi de Suède. Son fils Charles-Gustave , qui lui succéda en 1652, comme comte Palatin dé Kleebourg, monta, en 1654, par suite de ce mariage, ifOD# dii S«ède sont le nom de Charles X. Son fiSk
96k insTorRE généralb
Charles Xi rcaoit ea 1681 les possessions des branches de Laodsberg et de Deux-Poots. Après Charles XII » qui mourut saDs enfaoB » tout le duché de Deux-Ponta fut dévolu à Gu$t(m^amuêt''L^^pM ^ d'une branche cadette de la maison de Kleebourg. Ce prince mourut pareillement sans posCérité (1751), et son duché passa à la subdivisiou palatine de Birkenfeld , en ia personne de Christian 111 de Birkenfeld , qui eut pour successeur en 1735 son fils Christian IV, nommé, comme ducdeDeux^ Ponts, Christian 1. Ce duc» ainsi que Frédéric» son frère*, qui commanda en 1758 Tarmée impériale» embrassa la religion catholique. Il poussa son règne jusqu'en 1775 ^ où » n'ayant pas d'héritiers directs » il laissa un état fort endetté à son neveu ChatÎM II, dernier duc de Deux- ' Fonts. Son frère Maximi1ien«Joseph succéda à son titre en 1795, mais sans pouvoir entrer en possessioii du pajsenvahi par la ie^ubiique française.
Electet rs de Bavière (de la ligne ludovicienne oit descendant de Tempereur Louis-le-Bavarois).
Après un long exil, Maximihen-Marie' Emmanuel «fait été » par les traités de Rastadt et de Bade » rétabli dans ses étals dévastés. Il mourut en 1726 ^ deux ans après avoii conclu l'union de Mumeh avec l'électeur palatin. Fastueux et prodigue , entretenant une écurie de 1200 chevaux » une meule de 4000 chiens , une domeslicilé iiombrcusc, prodiguant ses revenus à Tachât des tableaux dont il enrichit la galerie de Munich, à Tenilx lUssement de ses châteaux de Nympherabourg. de Schlcisheim de Lustheim» de Dacham et de Furstenried, à la magnificence de ses fêtes, de ses bals et de ses spectacles, il avait aggravé le désordre de ses finances. 11 laissait une dette de 30«000t00(^ de florins. An lit de mort^ il éprouva de vifs regrets de ses profusions , fit une confession publique de ses fautes et exhorta son fils à travailler au soulagemenl de ses sujets. Charles- Albert remplit d'abord le vœu de son père. Il diminua les charges pu!)lique8 par de grandes ^onomieSf supprima les pensions, retranjcha la moitié
DD DIX-HUITIÈBfE SIÈCLE. 265
Ae son écorie et de sa chasse , congédia les Tirtuoses elles baladins» abandonna 200,000 flonos de ses revenus pour contribuer au paiement des dettes» et réduisit Tannée à 12»000 hommes. Mais , en adoptant ce régime économique, il faisait \ioleiice à ses goûts qui le portaient natu-* Tellement au luxe et à la prodigalilé. Aussi les anciens abus reparaissent bientôt. Les frivolités absorbent de nouveau les revenus, et , après dix ans de règne , Charles- Albert n'a pa racheter encore les joyaux que son père, dans sa détresse » a engagés à des négocians d'Amsterdam. U grève ses finances par des emprunts onéreux » ses peuples par des impositions arbitraires. C'est au milieu de ces difficultés que Fouverturedela succession d'Autriche vient donner à son ambilion un funeste signal. Le titre d'empereur , qui lui est déféré en 1742, ne lui apporte que disgrâces [voyez la guerre de la succession) , et consomme la ruine de ses états. Son fils, Maxxmilien' Joseph lui succède en 1745. Ce jeune prince renonce à la guerre que lui a léguée son père , et » réconcilié par la faim ét Fikium avec Marie-Thi^rèse » ne songe plus qu'à réparer les maux accumulés sur son pays dans l'espace de quarante ans par deux guerres dévastatrices et deux princes dissipateurs. Sans supprimer tout ce qui tenait au faste, il modéra dans une juste mesure les dépenses de sa cour. Il pourvut par de sages dispositions à l'amortissement successif de la dette publique qui s'élevait à 40,000,000 de florins* il publia beaucoup d'ordonnances pour le perfectionnement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. La plupart de ces réglemens avaient un but louable et utile; mais» fondés sur m spéculation plutôt que sur l'expérience , ils ne cadraient pas toujours au sol et au climat du pays , ou , portés avec précipitation , ils étaient rejetés par l'ignorance du paysan dont cette civilisation forcée violentait les habitudes. La Ba\ière dut à Maximîlien deux améliorations plus immédiatement sensibles» les nombreuses chaussées qui la traversent en tout sens et le recttlement des barrières à l'extrême frontière. Lé chancelier Kreitmayr rédigea deux recmils de lois» un *
moiM eéxùÊLÂhm
code judiciaire et un code civil , que Maximilien promalgua en 1755 cl 1756, et qui surpassaient toutes les iégislalioDs conoues jusqu'alors en AUemagoe. MaUiecod» criminel» rédigé en 1751 parle même Kreitmayr , resk pire une sévérité draconieniie. La Bavièfi était infestéa^ d^une multitude de yafpdionda ei djB briçapds. Des mai*, sons de travail et de eorrection élabhes pa? Télecleur n'ayant point paru un remède assez efficace à un mal invétéré , on crut devoir employer la terreur. Le code de Kreitmayr prodigua la peine de mort. Nongeulement l'homicide» mais le vol do valeurs même assez minces; non seulement le sacrilège > maisr aussi les crimes imaginaires de sorcdlerie» de pacte avec le diable», conduisirent à la potence ou au bûcher^ La Bavière sa couvrit d'échafauds ; les exécutions devinrent A fréquen*. tes que le peuple « par son absence ou son insensibilité » témoigna de son indifTérence à ce spectacle. En dix-huit aus , dans le seul bailliage de Burghausen , 1100 individus furent , dit-on , exécutés. Il est triste de voir la aiémoirc d'un prince naturellement bon et humain , chargée de tant de cruautés juridiques , commises sans doute au nom de la nécessité» mais avec un excès qui faisait de la justice une boucberie et un objet d'bmrreur plua encore que d'épouvante. C'est une consolation de détourner les. regards de ce spectacle pourcontempler Maximilien , dans, la disette de 1770-71 , déployant son active' bienfaisance» ouvrant ses greniers an peuple affamé et faisant venir des grains de Tétranger pour 700,000 florins. Un des titres de gloire de ce prince est la fondation de l'académie des sciences de Munich ( 1758) , qui fut honorée, des son origine, par les travaux de plusieurs hommes célèbres» entr*autres du' mathématicien Lambert et du publiciste PfeOeh L*esprit philosophique commença dès-lors à sa répandre en Bavière. En 1764 » il inspira la loi portée par Maximilien sur la main-ttiorte et qui défendit aux maisons religieuses de recevoir des legs de j^Ui de MO^ et aux religieux de plus de 100 florins.
llaximiliea-Joseph mourut en 1777 ^ L'électeur piJâtiiit
m oix*-HtniÈME SIÈCLE.. 26T
dmkt^Thé^dmrthéTiià de seséittof/eD vertu Ai yaetttd» fnnUe eonefai en 1771. Noos expoeem «Uieurs (v«yefc •eetÎMi iit.de ce diapitte) la CMiTenlion qu'il signa pe« de temps aprèi ayee rAotficliêt ét la gaerre qai se ter^
mina en 1779 par la paix de Tescfaen.
Charles-Théodore , qui avak conseoti a démembrer la Bavière et qnî avait peu d'affection pour ce pays, uy fut lui-même jamais aimé. Le désordre de ses mœurs domes^ tiquas f sa faiblfissii pour ses maîtresses» pour seseafaus aakuréli » pour ses favoris», lui aliénaient les eœurs. On ae faut tootefoîalBi reptiniMr dPamr négligé l'adnûni»- Intion du pays^ Gomma aea ffédéocnsein » S donna m floîns à ragricukuro oC flinltî^ia avec plus de zèle que dè discernement ses tentatives d'amélioration que coutrarièrent souvent le sol et le climat. Un de ses conseillers les plus actifs et les plus utiles fut le comte de Rumford , qui publia plusieurs ordonnances tendant à simpliiier Fadministration » à laîre graduellement et sans secousse des écoaamies consîdévables» à embellir la capâtah» al les environs. Ce i^ème ministre Cmida «me maison do panvres qu'on pouvait regarda comme mudèle et réferma rorganisalion de l'école militaire. Mats l'électeur plaça moins Leurcusement sa contiauce dans le P. Franck ^ son confesseur, ancien jésuite, qui le gouvernait et se laissait conduire lui-même par le conseiller lippert^ bomme de peu de cooisidération.
La âiveur odieuse et le pouvoir abusif de ces deux lieonnes n'étaient pas propres à amortir l'esprit anti-mo« aarchtque et antî^ligieux qui » éanané de la philosophie fauçaieev commençait à se répandre en Allemagne et it an Bavière de grands progrès. « Adam Weishmpt , pro^ fesseur a l'université d'Ingolstadt, pensa que les novateurs parviendraient mieux à leur but en employant des moyen» secrets qu'en travaillant en plein jour à corrompre Topinion publique. Combinant deux institutions » ausceptiblea l'une et l'autre de devenir lesinstrumen s de conspirateofu habiles, la frane>maçonnerie et l'ordre des jésuites» il y aaia une société qui devait avmr pour but d'anéantir
268 BISTOIEE GÉNÉRÂLE
toute sapériorité ecclésiastique et politique y de rendre à rhomme la liberté et Tégalilé primitive, « dont il ayaiC été dépouillé par la religion et les gouYernemens et d*é« tablir ainsi une indépendance abstdne , à l'ombre de U quelle la nouvelle soeiété , exerçant une curatelle invisLbie sur le geore humain , régirait le monde , non eo renversant les gouveriiemens ♦ mais en les dirigeaul comme ses instrumens. Les bomnics les plus capables et les plua hardis de tous les pays devaient » par le lien de l'ordre des. Illuminés ( tel fut le nom que Weishaupt donna à cette institution), être réunis pour se prépaîrer» par Tobéis» sance la plus aveugle» à se rendre dignes de commander. L'ordre était divisé en grades ; dans les grades inférieurs» le but de l'institution &vait paraître purement littéraire ^ mais, lorsque Tinitié paraissait mériter une plus grande confiance, il ëlail ( hargé d'observer les hommes qui pourraient être admis dans Tordre, d'approfondir leurs penchans, leur existence domestique, leurs secrets et leurs faiblesses. Une grande sagacité , Tobéissance , l'ac-" tivité faisaient monter à un grade plus élevé. Chaque membre ne connaissait que sa classe et les classes suboi^ données » et aidait à diriger les travaux de celles-ci ; mais il ne connaissait pas les grades supérieurs par lesquels lui-même recevait sa direction , eto. » ( SehœU, Hi$L dsf états européens.) Le mysticisme qui , à cette époque, s'é* tait emparé des tètes allemandes , favorisa le grand succès qu'(>l>(iut cet ordre dans (ouïes les classeset dans toutes les parties de TAllemagne. Les princes ne tardèrent pas à avoir des indices de son existence et le combattirent par des régie mens sévères» L'électeur Charles-Théodore prohiba en 1784 toutes les. sociétés secrètes. Celle des Illuminés ayant continué sesassembléea» iUa proscrivit nom-^ mément» en 1785, par un décret plus rigoureux i qui détermina Weishaupt et ses alBdés à quitter la Bavière^ Par la mort de Charles-Théodore en 1799 , la maison de Sulzbach s*éleignit» et sa succession passa à celle de Deux-Ponts^ \
teLE€TÉms DB Saxb. — FrédéfPic-Âugù$$B 11^ étecteur
tle Saxe depuis 1694, roi de Pologne depow 1697, ngna jusqu'en 1755. La Saxe lui dut la réforme de son code de procédure. Il se distingua par sa iiiagnificence et par ^on amour pour les arts. 11 euibellit beaucoup la ville de Dresde , fit construire le fameux pont de l'Elbe > toute la Ville-Neuve, VAugmUum, la galerie des gravures, et fonda, en i729> Tacadémie équestre. Il était vaillant, et dans sa guerre malheureuse avec la Suède , il avait mon-, tré des talens militaires dignes d'un plus heureux succès. Après lui régna A^qusU II i. L'élévation de ce prince au trône de Pologne, la guerre pour la succcssiou d'Autriche celle de sept aus , sont les trois grands événemens de son rèsrne. Nous nous bornerons à les mentionner ici, en renvoyant le lecteur aux chapitres où ils sont traités avec détaiU
Frédéric- Auguste II , dans lés premières années , eut fiour principal ministre le comte Alexandre Sulkowski» Hais , en 1758^ le eomU de Brûkl, qui déjà , sous le der» nier règne , avait eu la faveur de l'électeur , parvint , aidé delà reine et du confesseur, le P. Quarini, à supplanter Sulkowski et à s'emparer du pouvoir. En 1746 , il fut déclaré premier ministre. « Il portail, dit Kuiliieres, dans les at£a^es de la politique générale de l'Europe , cet esprit 4*intrig:ues sourdes, de mensonges et de doubles manœuvres, qu'on prend si souvent dans les cours; rampant de» vaut son maître , séduisant dans la société par sa grâce et par sa douceur , faible ,et perfide dans les affaires, et partout ailleurs le plus superbe des hommes. » Il cumula une foule d'emplois dont les revenus ne suffisaient pas à ses dépenses et à son faste inoui. Mais les largesses du roi y suppléaient , et enrichirent démesurément ce ministre dont rinlluence maii^aisante et la politique vénale ruioaieiit la Saxe.
Brûlh et Frédéric faoururent en 1765. L'électeur r après la paix d'Hubertsboorg, avait établi une commission de restauration et convoqué les états du pays pour aviser aux moyens de guérir les plaies que la guerre de sept ans
avait fakos; naia ui pvompta mort ne lui permit bm 4a TairhsfraiUde kar»ti!aT«iix. La mène aanéa, il aTatt pabUé un édît qui mettait hors àe cours les mauvaises monnaies doulla Saxe était inondée et qui formaient une telle masse que, dans la seule ville de Freybourg, il en fut foadu» de 1765 à on poids de 4,888 quia*
taux.
Frédéric-Auguste IV était «a prioee indolent » abao-» donnant le soin âm affaire» à ses miniatres. Il avait le^ gaàt de son père pour la magnificeiiee» et , eamme hii , Ibl ami des arts* Dresde hi doit les principales riehassea dasan brilkial musée.
Il eut pour successeur Christian-Frédéric , son filsatné» qui, de concert avec les élals encore asssemblés, s^occupadu rétablissement des finances saxonnes. Indépendam-^ ment des dettes particulières de la chambre électorale^ la dette publique s'élevait à près de 50,0Ô0^0(M) de reichsthalersw On rédigea un jUan d'amortissement » que les états approuvèrent » et qui» fidèlement suivi , avait , mal» gré les guerres survenues $ amorti» .vers la fin du sièdé» la dette saxonne de près de moitié.
Frédéric-ChristiaB, dont le règne promettait dé salutinres réformes, n'occupa le trône que deux mois et» demi. Son fils aîné, Frédéric-At^gusle IV , n'étant âgé» que (le treize ans , le prince Xavier . son oncle, gouverna en qualité de régent jusqu'à la majorité du jeune électeur et continua le sage système qui avait signalé le règne si court de son- frère, l^n des actes les plus mémoraUes.ds»' sa* régeuce est ki* ftmdatiea de l'académie des mines die Freyberg» qui a leudu les plus grands swicesàla seîenee ttifléralogique.
Frédéric-Auguste IV, parvenu à sa majorité en 1769 , prit les rênes du gouvernement et les conserva jusqu'en 1827. Le principal événement politique de la partie de Mm règne qui appartient à l'époque que nous traitons , èst la guerre pour la succession de lîavière. Frédéric-Auguste' ftunna des prétentions à la succession aliodiale» qo'ii peftaiià 47,#0af MMe Asnn». U fit oauM^ oawuMiimivea'
1>U BiX-BinTlBltB SflKCU* 171
U IProtM ém la eouïte guerre qui ft^éleva k ee sujet » et
grossit de 22,000 hommes l'année du prinee Henri. Maïs la paix deTeschen ne lui accorda, pour toutes ses préleniions , que 6,000,000 de florins payables en douze années.
Le long règne de Frédéric- Auguste ÏV^ fui enilèrenient consacré au booheur de ses sujets* J^ducalion de la jeunesse, agriculture, indasliie, commerce, mines, législa- . tioiif finances, arts et sciences, tontes les iM'àiches de radminiBtration ont été les objets de sa patemeUe soUici* tode , dont il treave le prix dana Tamoiir immense de ses peuples.
Maison dicale i>e Saxk. — lAgnede Saxe-Weimar. ~ Etmsî' Auguste fut duc de Saxe-Wciinar depuis 1707 jusqu'en> 1748. Ce prince, qui entretenait un état militaire an^dessns des forces de sa principauté, fournit en 1732 à l'empereur deux régimenS' qui servirent sur le Rhin en Italie. Seo fils Ernm'MifpiiêU^imtiaiMin lui succéda à Fâge de onze ana, sous l'administration du duc de Gotha , et mourut en 1758, trois ans après sa majorité. Il laissait uû enfant de neui mois , Charles- Auguste. Sa mère, Anne* Amélie de Brunswick , eut la tuiele, et signala les seize années de sa ré;^(*ace par une admîjiislration bicniaisante. Charles-Auguste régna par lui-même à partir de 1775. Elevé dans Tamour des lettres , il attira à sa cour des littérateurs illustres, Herder, Kndbel,. Schiller, Wieland* Il éprouva surtout une vive sympathie pour h génie deGoëthe» fixa ce grand poëte à Weimar , et lui voua une amitié et une confiance qui ne* se sont pas démenties pendant une liaison de plus de cinquante années. A ses goûts littéraires , qui firent de >a petite capitale VAthènes de la Thuringe » Charles-Augusle joignit la conscience de tous ses devoirs de souverain et doU soa pays d'une foule d'institutions utiles qui doivent faire ranger ce prince an nomhre des meilleurs de son temps.
SoiBê-GcÛM. '-^Fféâém H, duedeSoxe^Gotba de à 1652; Frédéric III, de lOSSI à t772. Ces deux petite prineea mirent kur fast^ dans un nombrau^'état militaire
17S ttiSTOlHB GENERALE
•t entretiDrent jasqa^à ûxrégimeDS.— •£nMil//(i77SU 1804) ; simple et économe dans son intérieur» il dépensa des sommes considérables ponr le perfectionnement do ragricullare. Il fonda Toliservatoire du Seeberg et diverses institutions scicntiliqucs. Sou règue fui une époque heureuse pour le pays de Gotha.
Saxe-Meiningen, — Ernest-Louis l , de 1706 à 1724. —Eruesl-Louis II, fiis du précédent, meurt en 1729, est remplacé par sou frère Charles^Frédéric » qui meort lui-même sans postérité en 1743. Après lui» ses oncles et tntenrs Frédéric^Gu^amiê et Antom-Ulrie , régnent con-*. jointemenù Par la mort de Frédéric» en 1746» Antoine- Ulric reste senl souverain* B avait épousé en 171 1 la fille d*un capitaine au service de Hesse. 11 ne put obtenir que les en fans de ce mariage iuégai fussent élevés au rang de print es d'empire cl déclarés habiles à .lui succéder. Méconleiil de s.cs collatéraux , et ne voulant pas leur laisser son héritage, en 1750 il épousa en secondes noces une princesse de Uesse-PhîUppstbai , et en eut deux fils» Châties et Gêorfeê » qu'en mourant ( 1763 ) il laissa 900s la tuCèle de sa veuve et des deux fils qu'il avait eus du premier lit. Les ducs de Saalfeld» Gotha et Hildbourghausen refusèrent de reconnaître cette régence et s*emparèrent à main armée de Meiningen, non sans une sanglante résistance de la part des co-régens. Un arrêt du conseil aulique les condamna à une amende de 2000 marcs d'or comme perturbateurs du repos public, et déclara la dun chesse seule régente» à Texclusiou des fils du premier lit. Leduc Charles mourut en 1782 sans laisser d*enfans. Son frère George » qui avait régné conjointement avec lui par forme de paréage» fut alors seul duc. Depuis (en 1801)» il introduisit U droit de primogéniture dans sa maison.
Saxe-IlHâbourghatisen. — Ertmi-Frédérie / , de 1715 à 1724. — Ernest-Frédéric II , soa bis , de 1724 à 1745. — Ernest' Frédéric-Charles t fils du précédent, de IT^io à 1780. Ct lui-ci a pour successeur son hls Frédéric destiné à fournir un règne de plus de cinquante ans. — Rien de remarquable sous ces princes » que le mauvais état de
DU IHX^HVlTIBliB SIMiLE. £73
lettts fiaadces. Eb 1769 » elles étaient tellement dérangées que Tempereur fut obligé de mettre leur pays sous administration.
Saxe-Cohourg-Suaifeld» — Jean-Ernest, de 1080 à 1729. Ses deux iils, Chrislian-Esnesl et François» Josie lui succèdent. Le premier meurt en 1745; le second en 1764. Il avait établi le droit de primogéniture. Son fils atné » Emesî-Frédérict lui succéda et règoa jusqu^en IMO. Le même dérangement de finances que dans la maison d*Hildbonrghausen fit mettre en 1773 le pays de Saalfeld sous administration impériale.
Maison électorale de Brandebourg ( Voyez le cha-« pitre VI).
Maison électorale de Brunswick -LvNEAOuae ou Hanovre. — ( Voyez l'histoire d'Angleterre et les règnes de Georges I » Georges II et Geoiiges III).
Ducs BE BnUNSWICK-WoiFENBUTTEL. — Àuguste-Guil-
hwme , de 1714 a 1751; Louis- Rodolphe , sou Irère , beau-père du malheureux Alexis Petrowitz, de 1731 à 1755. 11 eut pour successeur sou cousin-germain Ferdi' nand' Albert II, qui mourut la même année» et laissa son duché à son iiis aîné Ckarles , qui prit une part active à ia guerre de sept ans comme auxiliaire des Anglo-Hanovriens. Les désastres de cette guerre» des emprunts onéreux» un goût ruineux pour la magnificence , un état militaire trop considérable , chargèrent ce prince d'une dette (le dix a douze millions de reichstlialers. En 1775 , son fils aîné, Charles-Gmllaume-Ferdmand , l'un des héros de la guerre de sept ans, prit une grande et heureuse influence daus le gouvernement. 11 opéra beaucoup de réformes qu'il continua après la mort de son père» arrivée en 1780 » et parvint à rétablir les finances de l'état.
Ducs BB HOLSTEIN-GOTTORP. — Jusqu'en 1759 régna Ckarbi-Frédirie, époux d'Anne de Russie et père de
274 mSTOlBE GÉMÉBALE
Gharlefl-Piêm-Ulric , qui fut depuis le czar Pienre IIL Ce jeane prince v duc de Gottorp depuis la mort de son
père , fut appelé en 1742 a Petersbourg par rimpératrice Elisabeth , sa tante maternelle , et proclamé grand-duc de Russie. En 17(>2, il succéda , sous le nom de Pierre III , à Elisabeth. La même année , une Iragiquc révolution lui ôta le trône el la vie , el ht passer son duché de Ilolstein- Gottorp à soD fils Paul, qui fut empereur de Russie eu 1796.
Ducs DE MscKLEMitouRG-ScHWEiftiN. — Ouorki-LéopM, de 1713 à 1747. Règne agité, querelles avec la h*<?ne de Slrélilz , avec la ville de Uuslock, dont le duc violait les piisiléges, el .surtout avec la noblesse. Christian- Louis, frère «M sucresseur de Léopold, de 1747 à 1756. Ce prince laissa pour héritier de son duché son iils aiué Frédéric , qui publia de sages réglemens pour faire fleurir Tagricullure et le commerce , rebâtit plusieurs villes dédommagées par des incendies , rendit quelques rivières navigables» favorisa les manufactures, surtout celles d'étôflesde laine, réforma la justice i abolit la torlure, interdit les jeux de hasard , etc. Il eut pour successeur , en 1785, suu nc\eu Frédéric- François,
Mfxki.i:.mbolr(;-Streutz. — Les lon<îs rè^^nes d*AdoIplie-Frédéric JJI ( 1708-1752) et àWdol plie- Frédéric IV (1752-1794) remplissent presque tout le dix-huitième siècle, ils ne présentent rien d^intéressant»
Maison d^Anbalt. — Ligne éFAnhail-Dessau* Léopold I (1695-1747) fut un des plus grands capitaines du dix-
huiîième siècle, el un des héros de l'armée prussienne sous trois rois. Comme administrateur, il travailla avec succès à relever son pays de la décadence ou il était encore depuis la guerre de trente ans. Il opposa des digues à TËlbe et à la Milde, changea ainsi des marécages en terres labourables et assainit la contrée, dont la population s'accrut dès-lors rapidement. 11 agrandit et embellit
on mx-mmiÉiR siteLB. «TS
Desfau , construisit des temples, fonda des écoles et de nouveaux villages. 11 accomplit toutes ces améliorations saDS imposer de nouvelles taxes et par les ressources qu'il trouva dans son économie et dans une bonne administration* En 1727 f il établit dans sa maison la loi de primogénitnre. Il avait épousé en 1698 la fille d'un apothicaire de Dessau. En 1701 , il obtint de l'empereur l'élévation de cette dame au rang de princesse , et les eulans nés ou à naître de ce mariage furent déclarés habiles à succéder. L'aîné d'enlr'eux , Léopold-Maœimilien , devint prince d'Anhalt par la mort de son père, et l'ut comme lui un capitaine distingué et un administrateur habile. 11 mourut en 1751. Son His, Léopold-Frédéric' François , resta mineur sous la tutelle de son oncle Thierry , jusqu'en 1758 où il régna par lui-même. Son règne $ qui embrasse toute la seconde moitié du dix-huitième siècle et les dix-sept premières années du dix-neuvième , fut celui d*un prince accompli. Il vit s'élever de beaux édifices, fruit du goût du prince pour les arls, et continuer les améliorations administratives des deux règnes précédens. D'utiles réglemens de police furent publiés; des établissemens de bienfaisance procurèrent de l'occupation aux pauvres et du pain à ceux qui ne pouvaient en gagner par leur travail; des écoles de toute espèce furent fondées; on perfectionna l'agriculture ; on établit des haras ; on construisit des chaussées : le pays prospéra sous un gouvernement dirigé tout entier vers le bien-être des sujets.
Nous ne dirons rien des lignes à' AnhaU-Bernbourg et à^AnhaU-Coihen, La ligne de Zerbst est célèbre pour avoir produit rimpéralrice Catherine II » mariée en 1745 aa grand-duc Pierre.
Maison m Bade.-- -La H^ne de Badê'Baâê, très-célè«
bredaus le dix-septième siècle par les margraves Léopold^ Gttillaume et Louis-Guillaume, deux des plus grand* capitaines de leur temps, ne jeta aucun éclat dauâ Iq dix-huilième siècle » et s'éleigmi eu 177 1.
mSTOreC GÉNÉRALE
Ligne de Bade- Dourlach. — Charles -GuHhume (de 1709-1758 ) . prince éclairé» ami des arU» fondateur dn château Jo Carlsruhe. Il a pour successeur son pelil-ils ChwtlH^Ftédéric ( 175^1811 ). Ce prioce^ mittear ja«i|ii*en 1746 » prit à cette époque le goUTemement de son élaf. Dans le cours de son règne long et bienfaisant» « il publia , dit Tbistorien Schœll , une foule d'ordonuances pour ranK'lioraliaii de la justice, pour la simplificaiiou de la procédure civile et crimiuelle, pour la police des arts et métiers, pour la suppression d'une imiiiiiude d^abus , pour le gouvernemeul intérieur des commiuies» pour radoucissement du sort des pauvres, des veuves et des orphelins , pour le perfectionnement de Tagriculture t^t de l'éducation des bestiaux » pour les progrès de l^indu»trie et l'introduction de manufactures auxquelles le pays fût propre , pour la construction de grandes routes, pour l'éducation et rinstmctîon publique. » Parmi ses réglemens^ on remarque ceux par lesquels il abolit la torture ella serMiude ( 1767 et 1785).
Fn 1771 , il réunit les états des deux branches de sa maison par la mort d'Auguste-Georges» dernier margrave de Bade-Bade%
Dtcs DE WiitBJÉMn^. ^ÉberhwrdrlAm» (1677*^1755) , mineur jusqu'en 169S* Il combat pour TAutricbe dans la guerre de fa soccession d'Espagne. Il se prend , vers
1708 , d'une folle passion pour une deaioiselle de Giaveniîz. intrigante et arfificieuse , et l'épouse secrètement, quoique déjà marié à uue princesse de Hado-Dourlarh. Subjugué par celle femme, il lui abaïKlonnc le gouvernement de Tétat, qu'elle ruine par ses prodigalités. Après une longue et funeste domination , die est enfin exilée en 1751 et laisse la cfiamhre des finances du duc chargée d'une dette considéralde. Eberbard-Louis meurt slins enfans en 1733 ; il a pour successeur son cousingermain Charles- AlêiKftmdre , qui gouverna sagenvent , mail ne rég#a que trois ans el demi. Son fils Charles-Eugcnc n'imita point sou écououùe. Sa magaiUcence , sa passion
W ^lJ.rBmTltUE SIÈCLE^
pour \m spee^des, ses voyages » m volages amours^ flOD fastueux W militaire » rentratuèr^nt daos d^^udeii dépenses. 11: s*^éleya de grayes contestatioiis entre ce prince et le» états de Wirte«nl»evg au sujet de ses profn^
^ioDS. Cbarles-Eu^ène reconnut enfin ses loris (1778), promit, dans un manifeste soicnnel, de mieux gouverner à l'avenir, et tint parole. Il retraucha toutes les dépenses inutiles et ne continua que celles , (|u\iii milieu de vaines prodigalités , il avait 4éjà ^tiii&aient consaqrées à encou- 9j|gei^ Tindustrie , Tagricultufe » et à protéger les scienees. et les arts, ^ui lui doÎYeul uoe académie 6» sculpture ^ d'arehitecture et de peinture, I9 biblio^èque puUiquude Stnttf ard et Funiversité connue sous le nom dVnsftru^ de Charles. En 1795 , il eut pour successeur son frére^ I^Q.uisrEugèn.e«.
Maison de Hissse. — ^ Ligne de Hesse-Cassel. Le land-^ grave Charles (1670-1730) prend une part active aux guerres contre Louis XIV, de 1688 à 1714. Ën 17 18 et 19 il fournit des secours à Tempereur dans lea guOT^ de^ Hougfie et de Sicile. Eu t7S6» il accède à rallianco^^ 4'HaQovre et met iS,OQ0 hommes à la solde de FAngleterre. B a pour successeur, en 1750, son fils Frédéric, élu roi de Suède depuis 1720 , et c^ui remet à son frère Guillaume l'administra^tion du landgraviat de Hesse. Frédéric étant mort en 1751 sans postérité légitime, Guil^. Uxuane, huitième du nom, lui succède dan^le landgraviat*. Sous son règne éclate la guerre de sept ans» quiatthre sur le pays de Casscl les.afiiiées:françaiise&et de grands déaas*. très. FrMârtc // succède- à. Guillaume VIII,. son père, en 1760« Après la paix d'HnheEtsbourg . il sfoocupe avec< succès à remettre Tordre dans ses finances et spécule sur sa nombreuse armée, qu*à Texemple de ses prédécesseurs, il vend pour des subsides. Il fonde à Cassel une académie de peiiUure et signale son règne pacibque par plusieurs institutions utiles. Il meurt en 1785,, laissant à son iils. fytiflaum IX un état florissant et un trésor que desu
llISTOia£ fiÉllÉAALE
calculs , nûs dottU exagérés » ont estimé à 65»OOO,OO0 de florins*
He$$e - Darmstadt, — Ernest - Lautn , i 678 - 1739 ;
Louis VU 1759-68; loMw/r, 1768-90. —Rien de remarquable dau& le règne de ces |)riuces»
PRLVCiPAm^s DIVERSES. — Outro los maisoîïs souveraines dont nous venons d'effleurer Fliistoire , l' Allemagne compte un grand nombre de maisons princières qui n'ont pour nous aucune importance » et dont nous nous dispen-r serons méme de donner la nomenclature.
SËCTlOiS lit*
Maison d'Autriche. (1718-90.) .
Charles VI étail à peine sorti de la longue guerre de succession , qu'il fut engagé dans une guerre nouvelle. £n 1715* les Turcs» rompant le traité» de Oarlowitz^. conquirent la Morée sur les Vénitiens et mirent le siège devant Corfou. Venise réclamait le secours- de Tempereur. Vainqueur au sanglant combat de Cartawitz, sur ce champ même où, dix-sept ans auparavant, avait été siiïni la Irève que les Turcs avaient enfreinte par l'invasiuii «io la Morée, le prince Eurrcne s'empara du Bannat, de la Valachie (1716) , invesiii Belgrade l'aiiné* .suhantc, la réduisit après un combat o{)înià(re où 40,000 Autrichiens mirent en déroute 200,000 Ottomans, et^ le> âi juillet 1718-, imposa à la Porte le traité de PassaromtZf, par lequel la maison d'Autriche acquit le Bannat de- Temeswar, la partie occidentale delà Valachie et de la. Servie, une partie de la Bosnie et Belgrade. Quelques jours après (2 août ) , Charles VI conclut avec la France et la (iran(le-I>r(Ma«^ne le traité que l'accession probable des Provioces-Unies fit nommer de la quadruple-alliance ,
BU BIX-KDinéMB SIÈCLE^ 279
fl qui dopinait à l'empereur la Sicile en échange de la Sanlaigne, à condition qu'il reconnaîtrait Philippe V ponr. roi d'Espagne» et que la- Toscane et FinTestitore éventuelle des duchés de Parme et de Plaisance seraient
accordées k rialaut don Carlos ( F. chap, III, Sect. //).
Ce lut vers ce temps-là que Charles VI promulgua , gons le titre de pragmalique^sanrtion , une nouvelle loi de succession pour les états de la maison d'Autriche. D*après un pacte de famille fait par-Léopold I et confirmé par ses fils Joseph et Charles , les états, héréditaires devaient passer aux filles de Joseph» de préférence- à celles de Ghailes* si ces. deux princes mouraient sans héritier en ligne masculine. Charles dérangea Tordre étahli- par son père, et régla quà défaut d'héritier mâle , sa succession serait dévolue : 1°. à sa fille et à ses descendans; 2o. à ses autres filles et à leurs descendans , selon le droit d'aînesse ; 5°. aux archiduchesses ses nièces, filles de Joseph , et aux descendans de ces princesses. Ën. les mariant aux électeurs de Saxe et de Bavière, il les força de renoncer < à leurs^ prétentions; et, voulant assurer les droits- de sa. fille mieux que par ces renopciations toujours peu res-, pectées par qui peut le» rétracter impunément , il fit reconnaître sa pragmatique par les diiïérens états de ses provinces. Depuis, il ne cessa de solliciter des puissances de rEuiope la garaulie de cet acte, qui a été la plus iiii])ortantc aliaire 4^ sa, vie et le mobile p^in^ipal de S4, politique.
Empereur d'Allemagne , souverain héréditaire de la Hongrie , de la Transilvanie , de la Bohème, de T Autriche, de la Styrie, de la Carinthie, de la Camiole, du Tyrol et du Brisgaw , et venant d'acquérir par des traités récens les royaumes de Naples et de Sicile , le Milanais et les PayS'Bas, Charles VI, à l'époque de la quadruplealliance , paraissait le plus puissant monarque de la chrétienté. Il régnait , à la vérité, sur un vaste empire, mai^ dont les états é pars n'avaient point la force de l'unité. La population de cet empire pouvait lui fournir des armées ijomhreuses ; mais ses revenus faibles et mal administré^.
280 ALSTOIRE GÉ5ÉRALS
n'auraient pu suffire à leur entredeD. Daaa cd étal de choses, i*mtérét de Ckaries Vi était de ooDaenrw la paix aii^dedaiw et au-dehon de suppléer par use lage écoaar mie à la modicité de ses rerenust et de fermer lea plaies des guerres passées. Mais Charles , se laissant plaa diriger par le souvenir de l'anlique grandeur impériale que par le sentiment de sa iaiblesse réelle , ne consultait poinl ses forces pour agir. C'était par un vif désir d-obtenir la Sicile (\u \[ avait accédé à la quadruple-alliance et consenti à soumettre ses contestations avec l'Espagne à la décision d'ott congrès qui devait ètr^ tenu à Cambrai. Mais , dès. queeettelle fut en sa possession , il n'envisagea plus qae le danger de laisser un Bonrbop régner sur la TeecaBe ». snr Parme et Plaisance» et ne songea qu'à élnder ses. engagemen». Il ne les avait pris qne dans T espoir que l'Angleterre auraii le môme iutt rél que lui d'en empêcher l'exécution. Mais lorsqu'il wî que Georges 1 restait fidèle à sa parole, uon-seulement , dans son courroux, il retarda , lanf qu'il lui Tut possible , l'ouverture du congrès, mais il conçut le projet de nuire au commerce des puis^. sances maritimes, et établit àOsieude une compagnie des Ind^ orientales (19 décembre 1722). Cependant, les prétentions du roi d' Espagne étant soutenues par i' Angle» terre et par la France t Cbarlasjie pnl, an. commencement de Tannée 1724 , refîiser Taete d-investitore ni différer plus long-temps la tenue du congrès projeté. 11 eut cette singulière issue que , mécontentes des puissances médiatrices , les deux puissances coutendantes changèrent tout-à-coup leur inimitié en une étroite union par /Wliancc de Viernie (avril 1725). A celte aJUance l'Angleterre et la France opposèrent celle de Hanovre , dans laquelle entrèrent successivement la Prusse» la Hollande » la Suède et le Danemarck. Charles» ayant reçu de l'Espagne dea^ sommes considérables», se pré pava à la guerre et parut braver la confédération. Il se vanta d'écraser les protestans. en Allemagne , el de faire de la branche cadette de la maison de Bourbon une nouvelle maison de Bourgogne qui humilierait ror^u.eil de la. broche aiuée. Il, traita le.
1>U DIX-HniTIÈME SIÈCLE. f8t
gouTtroeiiiADt des ProviDces-Unies de gouvememeiit de eo^itws et de man^hands , el diéclav» qm» si fieofga» l ttemtUqidt Gibraltar et MÎBOf que » U exciterait eoatre loi son paiieniMit et le brait descendre du trône. Em même temps , il signait un traité d'allîattee défensive avec l'iiiiperalrice de Russie, qui lui promeUait 30,000 hommes en cas d'attaque. Il gagnait à sou parti les ^lecteurs ecclésiasliques et l'elcc tiur palatin. Il arrachait à la Saxe une promesse de neutralité , et parveuait à delacber le roi de Prusse de ia %i|e de Hanovre. L*Sapague commença la guerre parle siège de Gibraltar. La mort à$ rimpêra» triée de Russie», qui piiva Gbailea VI d'un seeours puis^* 4ant , le bkcus des galions espagnols par les. Anglais dan» les ports d* Amérique et l'interruption des subsides de Madrid, la dclection de ]dusieuis états d'Allemagne- et les hésitations du roi de Prusse, refroidirent Lieu tôt l'ar-^ deur belliqueuse de l'empereur. La promotion du cardinal de Fleuri au principal ministère de France hâta le rétabhssement de la paix, qui fut signée à Parûip 51 mai 1727. Nous avona ramiorté.ailleurs leseondNsonsde eette^ paÎK» ainsi que la rupture des liaisons piassagères de VAutricfae ayee l'Espagne , le ratonr die Cbm^^s YI à Vallianoe des puissances maritimes » le renouyellement dj^s contestations au sujet de l'investiture des ducbésde Parme et de Plaisance, les efforts de Pempereur pour obtenir des puissances de PEurope la garantie de sa prafrnriatique , la guerre de 1735 au sujet de l'élection de Pologne, les revers de la maiMm d'Autriclie dans cette guerre , et le^ ^aiiéquilaterw&AW 1755 [VoyezCkap. iil, Scct. II).
Deux aopées après,, Cbarles s'engagea., malgré répai*^ sèment de ses finances* danaone- nouvelle guèrre snscitée^ en Europe par Tambitron de la Russie. Pierre-le^Grand avait tenté de faire un établissement sur la mer d'Azof, pour procurer à ses vaisseaux la libre entrée du Pont- Euxiu. Ce dessein avait échoué par le mauvais sut cés de la campagne de 1711 contre les Turcs. L'impératrice Annele reprit en 1756. Voyant la Perle en^guerre avec lu. Peiqe elle pi;it prétexte des ineursions de quelques
282 nisTomE GÉi<rÉRAtis
hordes de ïariares pour attaquer les- Oltcmiaii&. Oeqx armées niases » soas Munich et soua Laicy , firent vapi^ dément la conquête de la Grimée et d'Aaof. L'empereur», ioM fidélité aux oji<;agemens qu^il- avait avec laczarine et* reeonnaiflsaoGe des secours qu^eUe lui avait prêtés dans ht dernière guerre contre la France , soit désir de se dédom-s ïiiàger , du côté delà Bosnie, des pertes qu'il- avait faites, en Italie, joignit ses armes à celles des Russes. L'armée impéhide, daus la campagne de 1737, n'éprouva que des- Tevers. Ils provenaient de sa faiblesse numérique, dudéiaul de livres et de munitioDS »^ de la discorde qui s'était mise entre les généraux ». et surtout des ordres émanés de la cour, qui traversaient les plans du généralissime,^ , •comte de.S$dtendêrf, et nuisaient aux opérations ndlilaires. ' Cependant Seckendorf ' fut rendu responsable des événe-. mens. ILfut privé de son commandement et de la liberté. La guerre , sous le duc de Lorraine et le comte de h œnig^^ seck, ne fut pas plus heureuse en 1758. L'auuee suivanle, le feld-maréchal Walh's, nommé généralissime, fut battu à (ivotzka, ne put empêcher les Turcs d'investir Belgrade» et repassa le Danuhe» dont la rive septentrionale fut oc- . cupée, par Tennemi. La consternation se répandit dans^. Vienne, Wallis, chargé de négocier la paix, signa de^ honteux préliminaires , dont la fierté de Tempereur fut révoltée. Un nouveau négociateur , le comte ês Neuperg, n'bhtint que de faibles adoucissemens aux conditions imposées par le vainqueur ; et , par la paix définitive , l'empereur, céda la Servie avec les villes de Belgrade et de Szabatch, et la Valarhie autrichienne avec le Nouvel- Orsova , cessions dont il crut rejeter et ne fit qu'aggraver . l'opprobre en punissant Wallis et Neuperg d'une injuste oapttvité.
« Aprèa la condusion de celte paix , Tarmée aotri-^ . chienne se trouva dans un état de délabrement affireux. La plna. grande partie des troupes demeura en Hongrie ; mais leur nombre ne passait pas 45,000 comhatlans; Fempereur n'avait d'ailleurs que 16,000 hommes en Italie , 12,000 au plus en Flandre , et cinq ou six régimen^,.
hta t^tXmBXimtm. siècle.. 285
Tépanda^ àansles pays héréditaires. Au lîeu donc que» cette armée deyait faire le nombre de 175,000 hommes r l^effectif ne montait pas à SS^OOO. Outre cela » les finances de Charies VI étaient dans la plus grande confusion. Une
mésintelligence ouverte régnait entre ses ministres ; la. jalousie divisait les généraux , et Tempereur lui-même, découragé par tant de mauvais succès , était dégoûté de^ la vanité des grandeurs. Cependant Tempire autrichien , malgré ses vices et ses faibles cachés , figurait encore Tannée 1740 en Europe au nombre des. puissances les plus fomidaUes : Von considérait ses ressources», et ^'uae bonne tête y pouvait tout changer ^en attendant ^, sa fierté suppléait à sa force , et sa gloire passée à son humiliation présente. » {Frédéric II, IlisU de Mon Temps).
Cette humiliation affligeait vivement Charles VI. Le chagrin altéra la santé de ce prince, et contribua à sa fin prémalurée. Il mourut le 20 octobre 1740 , à l'âge de cinquante-cinq ans. Charles Yl peut être rangé parmi les protecteurs des lettres^ et des sciences* Il fonda une bibliothèque publique , et commença le superbe cabinet des médailles* Il rétablit les académies de peinture » de^ sculpture et d'architecture, et sans doute \\ excéda ce que permet à un prince l'amour des arts en composant la musique d'un opéra qui fut représenté sur le théâtre de la cour par des personnes de la plus haute noblesse, et en prenant place parmi les musiciens de l'orchestre. Le^ commerce et les manufactures- furent l'objet de son attention. 11 facilita les communications entre les difl'érentes» parties de ses vastes états par la construction d'un grandnombre de chemins* Comme législateur, il corrigea divers abus dans les cours de justice , et donna une meilleure forme au gouvernement de la Hongrie. Il avait des qualilésqui pouvaient rendre son règne utile et illuslre. Mais ses projets de guerre et d'ambition en firent une époque funeste à ses sujets. 11 était réservé à une femme de relever TAutriche de l'abaissement où- il la laissa.
A l'êge de vingt-quatre ans » Marié- Jhérèêê, fille atn^i»
284 mSTOlRË GÉNÉRALE
de Cbarlef VI » mort 84ii« postéiiLé loascuUiie, succéda» en vertu de la pragmatique-saoction » à tous les. étaU deia maison d'Autriche. Aux grâces ie« plus séduisantes do son sexe» cette princesse i véi^ablemeul formée pour le trône»
joigDi|it une force d'esprit supérieure el un courage vinl. Ëlle en avait besoin dans les conjonctures où elle se troo^ yait. Elle n'avait, pour aiosi dire, ni trésor m araice. le mécontentement excité par la disette faisait craindre un soulèvemeul daus la capitale. L'électeur de Bavière» Charles- Albert , réclaïuait la" succession de Charles VI , et,, malgré les actes solennels qui avaient garanti la pragmatique « on prévoyait qu'il ne serait pas k seul eonupétiteur de Mar^Thérèse^ Les esprila troublés voyaient déjà» sous une jeune reine sanç {npérienoe et un nunistéro sans, vigueur, l'empire autrichien voisin d'une disaohition générale, les Turcs en Hongrie , les Hongrois révoltés» les Saxoiis en Bohême , les lia^arois aux portes de Vienne, et la France les animant tous. ISéaumoins, Tavénement de Marie-Thérèse lut tranquille. Une sh^^c police calma les agitations de la capitale. Toutes les provinces , la Hongrie surtout , disputèrent de lidélité. La plupart dea-. cabinets étrangers f quelles que fussent d'ailleurs leurs, dispositions secrètes» se montrèrent favorables à la nouvelle reine. Elle parut n'avoir d'abord aflaire qu'au seul électeur de Bavière > qui persista invinaiblement danases;. prétentions.
Cependant la cour de Vienne commençait à peine à se rassurer, qu'un nouvel ennemi s'éleva tout-à-coup contre elle. Jeune , ambitieux , jaloux de signaler par quelque action d'éclat le début de son règne , commandant à une des plus belles armées de l'Europe» frédéric II résolut de pirofiter de hi faiblesse de la maison d'Autriche » et » faisant revivre dea droits surapnés eur quelques parties de la SUéiiê , il envahit soudaiuemept cette province qu'il soumit presque entière en quelques semaines. Ayant réclamé ^ mais en > ain , les secours des puissances qui avaient garanti la pragmatique , Marie-Thérèse lit un malheureux c«#ai cLe ^es forcca contre Frédéric à U ha-»^
taille de Mohciiz. La défaite des Autrichiens fut coiuiae un si^^aai aux préleudans qui convoitaient i'iierilage de Charles VI. Outre Charles-Alberr , réîectoiir de Saxe, ies rois d*£spagne et deSardaigoe revend iquèreui à divers titres, un droit d«ii8 cette succession et le maréchal de Bdie-Isle» ambassadeur de FraDce à la diète de Francfort , se rendit auprès du roi de Prusse pour bi proposer le démembrement de la monarcbieanlricbienne» Frédéric, qui ne voulait pas contribuer à augmenter Tascendant de la France en Alleniag^ne, ni concourir à l'agrandissement des tiédeurs de Bavière et de Saxe par le partage des états autrichiens , fit offrir à la reine de Hongrie des conditions modérées d'accommodement. Malgré le péril , la fierté des Césars se révolta d*aborddans cette princesseà ridée de céder volontairemelit la moindre portion de leur héritage. Cependant Télectenr de Bavière avait commencé les hostilités par la prise de Passaw; et, secondé d*nne armée française sous le commandement de Belle-Isle, il se rendait maître de Lintz , où il élait reconnu archiduc d'Aiilrichc. Uu autre corps de troupes françaises, sous le maréchal de Maillebois , passait la Meuse et forçait les Anglo-Hanovrieus , alliés de Marie-Thérèse, à conclure un traité de neutralité. L'électeur palatin eî ceux de Saneel de Cologne entraient dans la grande confédération formée contre cette princesse. Les Espagnols et les Piémoniais se disposaient à Tatlaquer én Italie. Le toi de Prusse poussait vivement ses succès en Silésie et tendait à se mettre en rapport avec les Français et les Bavarois qui avaient envahi- la Bohème. Marie-ïhérèse semblait perdue. Sa fermeté, les subsidesde la Grande-Bretagne et le zèle des Hongrois la soutinrent. A son avènement, elle a prêté le serment d'André II , qui avait été aboli par Léopold I à la diète de Presbourg. Les Hongrois reconnaissans font celui de mourir pour elle, et leurs nombreuses phalan-» ges, Croates, Pandours, Esclavons, Talpaches, se pressent aulour de l'élendard royal. L'élan se communique aux aulrcs provinces , et toufes les forces de la monarcîiie se déplment pour la défendre. Mais, menacée de succom*
KISTOIRB fiinÉRALB
ber SOUS tant d'ennemis qui Tattaquent de loufos parts , Marie-Thérèse se résigne enfin à désarmer le plus n doutahlc par un pénible sacritice. Ayant obtenu par le traité de SchmUendorf la Basse-Silésie et les villes de Brcslaw et do Neîsse» Frédéric II se retire de la lutte, et Marie- Thérèse est libre de concentrer et de diriger toates ses forces contre les Français , les Bavarois et les Saxons.
Elle ne peut empêcher Télecteur de Bavière de se faire cooTonnerroi de Bohème à Prague, pais d'être, sons le nom de C/iar/es VII, proclamé empereur à Francfort (1742). Mais tandis que ce prince acquiert de vains titres, il perd toutes ses conquêtes en Bohême et en Aulrlr he ; son électoral devient la proie de l'(^nnemi , et , le jour même où il est élu empereur , Munich tombe au pouvoir des Autrichiens. Les succès de Marie-Thérèse font craindre an roi de Prusse qu'elle ne veuille recouvrer la Silésie. Ce prince reprend les armes» bat les Autrichiens à Cho^ tusitz, et , prompt à récueillir le fruit de sa victoire » il se fait céder , par la paix de Breslaw , la Haute et la Basse-Silésie et le comté de Glalz en toute souverauieté. L'électeur de Saxe, compris dans le trailé , reconnaît de nouveau la pragmatique, et rappelle ses troupes qui étaient à l'armée française. Un moment interrompus par Tagression de Frédéric , 1^ succès de TAutriehe reprennent leur cours. Ils sont puissamment secondés par Tar** gent et par les soldats de TAngleterre, par les subsides de la Hollande, et par la défection du roi de Sardaigne qui, changeant , comme le roi de Prnsse , au gré de ses intérêts , se déclare pour la reîoe de Hongrie , moyennant la cession de quelques lerriioires ilu Milanais. Vojaiii la France abandonnée de la Prusse et de la Saxe et n'ayant plus pour allié dans Tempire qu'un empereur chasse de ' ses étals , le cardinal de Fleuri offre la paix à Marie- Thérèse qui la refuse. Les Français , naguères victorieux en Allemagne, sont bloqués dans Prague, d'oùlemaré« chai de Belie-Isles*estime enfin heureux des'échapper avec 12,000 hommes, débris d'une armée de 44),00O. La Bavière . où Charles VII avait rétabli sa domination chan-
sciante, ésit occupée de ncaverafar les Autricméns. Le priDce Charles de Lorraioe à la téte d'nne nombrease
armée , les Anglo-Hanovriens, vainqueurs a Dettingen , inenacenl les frontières de la France (17431. Cette puissauce sur laquelle retomba tout le poids d'une guerre ou originairement elle n'avait point un intérêt direct , redoubla d'efforts pour la soutenir. Le roi qui , depuis la mort du cardinal de Fleuri » s*est mis à la téte des affaires* envahit la Flandreavec 100,0(K> hommes* Ses rapides svccès sont interrompus par l'entrée des Autrichiens en Alsace et en Lorraine. Redoutant la prépondérance de r Autriche et se défiant des in ion lion s de Marie-Thérèse huniilioc (lu sacrifice de la Silesie , Frédéric, pour la troisième lois , au mépris des trailos recens, inlcrvient dans la querelle et fait tourner la chance des combats ( 1744). Marie-Thérèse rappelle son armée d'Alsace pour l'opposer aux Prussiens en Bohême. Frédéric hat les Autrichiens à Friedbergei à Son (1745) , leurs alliés les Saxons à Kêsgdsdorf, et » maître de Dresde et de Télectorat , dicte lés conditions d*iine troisième paix qui lui confiruie la possessiou de la Silésie et du comté de Glatz. Dans le même temps Louis XV triomphait à Fontemi, Les Espagnols avaient l'avaulage en Italie, foute celte campagne n'eût été marquée pour Marie-Thérèse que par des disgrâces» sans l'élection de son époux, François de Lorraine, au trdne impérial vacant par la mort de Charles VIL
En 1746 et 47» les Autrichiens reprennent Foffensive en Italie , repoussent même les Français et les Espagnols
au-delà des Alpes, et pénètrent jusqu'en Provence ; mais ils ne peuvent s'y mainleuir. Les Frane u^ ( oiitinuent de vaincre dans les Pays-Bas. Les journées de Rocoux et de Lave f eh t la prise de Berg-op-Zoom , rioveslissement de Maslricht , mettent la Hollande en péril. L'Angleterre et les états-généraux prêtent enfin l'oreille aux propositions du roi de France, qui » à chaque victoire nouvelle , n*« cessé de demander la paix. Marie-Thérèse n'ayant plus à combattre le roi de Prusse et s'étant fortifiée de Talliauce
M8 HISTOIEE «ÉffÉllAJUK
4e la Rutsie qoi lui eovoyait ua seeottrsde 50,000 hotaa» mes, 86 flattait de regagner la eupériorilé qu'elle avait
perdue. Elle répugnait à la paix ; mais lorsqu'elle voit que la France, la Hollande et rAnglelerre en ont signé les préliminaires, elle y accède à regret, et le traité à' Aix-ln-Ckapolk ( 1748] fait trêve aux calamités des l^euples.
Datts le sileace des armes, Marie-Thérèse, par d*nî îles réfornm, améKora radaMnislralion de ses états. « Ëiie mil dans ses fiiuusces an ordre ioconntt à ses ancêtres; et DOB>-seulemeiit répara » par de bons arrasgemeDs , ce qu'elle avait perdu par les provinces cédées au roi de Prusse et au roi de Sardaigne , mais même augmenta considérablement ses revenus. Ils montèrent à 50,000,000 de lloriiis. L'empereur Charles VI, possesseur du royaume de Naples et de la Silésie , n'eu avait pas eu autant... Marie-Thérèse avait senti , dans la guerre pré* cédenlc , la nécessité d'une meilleure discipline. Elle eboi* sit des généraux actifs» capables de l'introduire dans ses troupes. On formait toutes les années » dans les provinces» des camps où les soldats étaient exercés par des iospee- Véurs trè»*versés dans les grandes mamsuvres militaires. L'impératrice se reudit elle-même, à ditTérentes reprises , dans les carnps de Prague et d'Olmutz pour animer les troupes par sa présence et par ses libéralités... Elle ioiida près de Vienne un collège ou la jeune noblesse était instruite dans tous les arts qui ont rapport à la guerre. Par tous ces soins, le militaire acquit, dans ce pays, on degré de perfection on il n'était jainais parvenu sous les enipe* reurs de la maison d'Autricbe ; et une femme exécuta des desseins dignes d'un grand bomme. » [OEvimê po»ikumie^ du roi de Pmsse, ) Jusqu'alors , la manière d'exercer les troupes n'était pas la même pour tous les régimens, ce qui produisait beaucoup de confusion un jour de combat. Un système générai l'ut combiné sous la direction du comte de Daua , qui s'était distingué dans les dernières campagnes, et qoi fut depuis, dans la guerre de sept ans , le plus redoutable adversaire de Frédéric. L'admi*
DÎstration de la justice attira aossi rattention de Marie-
Thérèse, et elle en bannit plusieurs abus qui résultaient principalement de ce que la justice et la police étaient remises aux mômes iribunaux. ËUes furent désormais séparées.
L'impératrice ne trouvait, dans la plupart des membres de son conseil , ni assez de vigueur ni assez de capacité pour la conduite des affaires. £n 1753 f elle en confia ladi^eétionprincipâleau prince de ITatmito» homme doné^ d*un génie supérieur , profondéAient instruitde lasitoatiott politique de l'Europe, minisire d'au secret impénétrable, d'une incorruptible intégrité , d'un inviolable dévouement à sa souveraine ; du reste , vain , opininlre et impérieux. Bans le temps de son avènement au ministère , des différends touchant le commerce des Pays-Bas commençaient à relâcher les nœuds de l'étroite alliance qui suhsistait entre les cours de Londres et de Vienne» D'une antre
Crt» Tagrandissement rapide de la maison deBrandeurg était pour FAuf riche un ^rave sujet de douleur et d'iiKjuicludc. Marie-Thérèse regi etlail amèrement la perle de bi Silésic, ce riche et beau pays, et ne pouvait , diton , sans répandre des larmes, jeter les yeux sur un silé-. sien. L'abaissement de la puissance prussienne fut la principale fin delà politique de Kaunitz , et , renversant les idées reçues, écartant les vieux préjugés » il conçot l'étrange et hardi dessein d'arriver à son but par une al* liance avec la France. La marquise de Pompadour » dont la fière Marie-Thérèse ne dédaigna point de flatter la vanité en écrivant du ton le plus amical a cette courtisane parvenue , fut Tinslruraent de celle alliance. Louis XV, dans la licence de ses mœurs , avait eonservé un fonds de religion qui lui donnait de l'éloignement pour Frédéric le philosophe et Tespritiort. De son côté» Frédéric tournait en ridicule un prince libertin qui se piquait de reli-» gion. La favorite» exploitant les plaisanteries que se permettait ce monarque railleur, redoubla pour lui Tan* tipathie de Louis XV , qui, pénétré d'ailleurs d'une haute estime pour Alarie-ïkerèse » se laissa tourner inseuàible-
Diyiiizeo by ([^OOgle
ment du côté de l'Autriche. Dans ce temps-là » pour quel* ques territoires iucuUes en Amérique » laguerre était prè9 d'éclater entre la France et rAngieterre. Le cabinet britannique réclama de la maison d' Autriche le même appui qu'il lui avait prêté naguère et les secours qu*e1le lui devait en vertu des traités. Les longues lergiversaùoiis, les réponses équivoques de Raunitz, annoncèrent à Georges II qu'il ne pouvait plus compter sur l'alliance de l'impératrice. 11 rechercha celle du roi de Prusse qui, soupçonnant ce qui se tramait entre l'Autriche et la France » accueillit les propositions du monarque anglais » et conclut avec lui la conTention de Westminitêr, dont Tobjet était d'empêcher l'entrée de troupes étrangères en Allemagne. Ce trmté hâta celui de Versaittes (i^* mai 1756 ) qui unit , après tant de haines , les maisons d'Au- I riche et de France ; et , quoiqu'il se négociât depuis longtemps , le cabinet de Vienne , avec une impudence toute dij loiiiatique , le représenta comme la couséqueuce forcée de celui de Westminster eldeTinconstancedela cour de Londres.
Marie-Thérèse se flattait d'accomplir désormais avec facilité ses desseins contre le roi de Prusse. Dans la guerre commencée l'année précédente avec l'Angleterre» la France était victorieuse. Les Anglais avaient fait d'inutiles tentatives cpntre ses établissemens d'Amérique. En Europe , ils craignaient une descente dans leur île, et le duc (le Richelieu leur avait enlevé celle de M inorque. Enfin , rélecteur de Save et 1 impératrice de Russie devaient seconder les armes de Marie-Thérèse. La perte de Frédéric semblait certaine* Ce prince . avec sa célérité aceoutumée , prévient ses ennemis, il bat les Autrichiens à Lowositz , force les Saxons à capituler dans le camp de Pima jugé inexpugnable > et marche sur la Bohême f où il prend ses quartiers d'hiver. L'invasion de la Bohême et de la Saxe est prcsenlée au corps gerjuanique comme une violaîion de la paix publique, et la diète ordonne eoi.h're riiifraGleur la loi inalion d'une ar^i^'e d^execution. Eulin, le roi de Suède accède à la ligue autrichienne.
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Frédéric laHe avec des saccès varié» , mai» avm^ un eon-
rage iuébiaulable , cuiilre la lerrible coalition qui le presse de lous côtes. Vainqueur des Autrichiens sous les murs de Prague ( 1757) , fuais, bientôt après, vaincu à Kollin par le maréchal Dauu , voyanî les Suédois en Foniéranie, les Russes dans le Brandebourg , Berlin surpris par un parti de Hongrois, les Français et Tarmée d^exécution en Saxe» les Autrichiens victorieux en Silène» deux coups éclatans» la défaite du prince de Soubise à Roàboek, du maréchal Daun à Lism, relèvent ses affaires qu*oD croyait désespérées. La guerre se poursuit avec les mêmes alternatives de succès et de revers. Ayant \aiueu les Russes à Zorndorf fl758), Frédéric, à son tour, est battu par les Autrichiens à llochkirken , par une armée austro-russe à Kunnersdorf ( 1759). Il prend sa revanche à Lisgmu et à Tor^at» ( 1760). Cependant ce prince s'épuise par ses victoires mémes« Sa position » chaque jour plus dil'Ii- ' cile, s'empire encore par la retraite du célèbre Pitt» qui dirigeait avec vigueur le gouvernement britannique ; puis, dans son point le plus critique, elle prend tout-à-coup une face nouvelle par le changeuieut que la mort de Fimpératrice Elisabeth produit dans la politique de la Russie (1762). Marie-Thérèse, abandonnée de celle puissance, consent à la paix. Le traité (TUubertshourg ( 1705) lui enlève définitivement la Silésie et le comté de Giatz » et» après tant de sang versé » rétablit toutes choses dans Fenipire sur le pied où elles étaient avant les hostilités.
La pacification de FAllemagne amena l'élection de Tarchiduc Joseph en qualité de roi des llomaiiis (27 mai 1764) , heureux événement qui coiilii aia ia couronne impériale dans la maison de Lorraine, et prévint les malheurs qui aurait lit pu résulter de la mort inopinée de Fempereur. Le 18 août 1765, François I succomba à une attaque d*apople\ie. C'était un prince afSeible » poli» mais au-dessous à» la dignité de son rang suprême et sans autorité dans le gouvernement. « N'osant » dit Frédéric» se mêler des amres de Fétat , il se jeta dans celles du négoce. Il ménageait tous les ans de grosses aummca de ses
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revenus de Téseaoe et les faisait valoir dans le commerce* 11 établissait des manufactures et prétait sar gages. Il enlreprit la livraison des uniformes, desaraicb, <ies chevaux el des liàbits d'ordonnance pour loute Tarnïée impériale. Associé à nu comle IJollza el à un marchand noiuiné SchimmelmaDD , il avait pris à ferme les douanes de la Saxe, et, en Tannée 1756, il livra même le fourrage et la farine à Tarmée du roi de Prusse , qui était en guerre contre l'impératrice son épouse. Durant la guerre p il avançait des sommes considérables è cette princesse sur de bons naotissemens. Il était» en un mot» le banquier de la cour. » Au dix-huitième siècle , il n'était pas désa> busé des chimères de ralcliiniie et chercliail la pierre philosophale. Toutefois , raniour de l'argent n'altéra point la bonl(^ dt» son ccriir. Une (ouïr de traits de bienlai-nîîce honorent sa mémoire, li se distingua, en outre, par sa tolérance en matière de religion et par la protection qu'il accorda aux lettres et aux sciences. Vienne lui doit un riche cabinet d'histoire naturelle et de médailles*
Marie*Thérèse chercha une consolation à la perte d'un époux quVlle chérissait dans le bonheur de ses sujets. Trop lon^-(e!nps disiiaite par la guerre des soins paisibles du gouverni [iK nt ♦ elle put enfin s'y livrer avec plus de suite el d'applicaliou. « Elle institua, dit rijisiorien Wilîînm Coxe, plusieurs acadéniies pour le perleclionnement des sciences el des arts» fonda de nombreuses maisons d'éducation pour des enfans de toutes les classes el réforma les écoles publiques. Elle encouragea par des récompenses toutes les branches d'industrie ; elle tourna particulièrement son attention vers l'agriculture, qui, dans une médaille frappée par ses ordres, fut appelée nourrice de tous les arts ; elle établit à M lia a une société char<^ée de distribuer des prix aux agriculteurs dont les terres auraient produit le plus ; elle inip<»sa d'étroiles limites au droit de chasse» et modéra la féodalité en Bohême. Un des principaux ouvrages de sa sagesse fut la réforme de plusieurs abus qui s'étaient introduits daas Tégiise el les monastères* Voulant diminuer les inconvé-
niens qui résultaient des legs pieux , elle défendit à taut ecclésiastique d'être présent à la rédaction d'un testa^ meat. Elle £xa à Tâge de vingt-cinq ans accomplis Témifr* 9ion des voeux monastiques. Elle abolit une taxe de dix pour ceni que » sous le nom de droit de mitre, tout abbé nouvellement nommé levait sur ses vassaux. Elle détruisit le droit d'asile dans les i glises et lescouvens , ainsi que rinquisition qui , bien que coiUeuue par l'auloiite civile, subsistait encore à Milan. Elle supprima la société des
f'ésuites, quoique son confesseur en tut membre; mais, oin d'imiter la rigueiuc tjraanique dont usèrent contr'eux d'autres gouvernemens» eUe adoucit leur sort autant que le permirent les eonjonetures. Enftp ». elle abolit la torturo^ dans tous sës états. ^
« Elle laisifi^à sonrmsIJfs^ 11^ qui avait pris le tîtro d'empçBÉfh*, le soin de régler tout ce qui concernait Tarmée. Ce prince, aidé du maréchal Lascy, établit dans l'admiuistration militaire une économie qui passa ce qu'on admirait le plus en ce genre dons les réglemeus de Fréefëric II. A l'imitation du système prussien , la cou|6ri|^ion militaire fut » eu 1762, introduite dans toiji§J|i6 étaf^ att*> trichiens, excepté lesPayfr-Bas» le Mil^nii^e T^yrol et la Hongrie» institution rendue nécessafre^r le vo}sinago du roi de Prusse, qui, dans les gueules piréc^entes^ avait pénétré jusqu'au cœur des prov|||fces héréditaires » avaul que la cour de Vienne eût été éii mesure de lui opposer une armée. »
Nous voudrions qu'à ces améliorations iutérieures se fût bornée désormais l'ambition de Marie-Tbérèse et que celle de s'agrandir né Vedt point rendue eoniplice de l'odieux partage de laPoiogm^ Après la mort d'Auguste UI et Féleetion de PoniaU>wsfci> des. troubles funestes , lo^ aieiités parla Prusse et la Russie , désolèrent ce malheureux royaume. Frédéric conçut l'idée d'en protiter pour s'appiopricr ia Prusse polonaise qu'il convoitait depuis long-lemps ; mais il ne pouvait y p;irvonir sans l'appui de l'Autricbe et de la Russie. Il leur iii proposer un partage au<,(^uel aceéda Marie-lbérèse » après avoir montré
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(les scrnpnîes que df^mentit trop rrvénemenl et qui semblent na\(»ir eu {>()iu but que de mettre son accession à phis haut prix. Ce fut le 5 aortf 1772 que fuf ^h^né à St.-Pétersbourg Finique traité qu» résolut le premier démembrement de la Pologne.. Les trois puissances coDspi*ratrices rannoneèrent par m manifeste où , avec une dérision insultante I elles donnaient pour motif de leur violation- des droits des peuples , les désordres d'une anarchie qn^elles-mémes avaient entretenue, et les pays qu'elles s'étaient adjugés furent immédiatement envahis par leurs armées. La Kussie-Rouge , la Galicie, une partie des palatinats de Cracovie, de Sandomir, de Lublin , de B^lfz, de Volhinie et de Pmlolie, lorinereut le loi^de* Marie-Thérèse dans cette grande usurpalion.
L'impératrice, dont la puissance s'appuyait alors sur une armée de 200»000 hommes et sur de» finances $i bien réglées que ses revenus excédaient de deux millions do couronnes sa dépense annuelle > accrut encore ses états , en t7T7 , i)ar Tacquisition de la Buchovine que lui céda la Porle-OUomane , et, la même année, la mort de l'électeur (le Bari^re sans postérité masculine parut oUrirà la maisou d'AulficlttR l'ocrasion d'un nouvel a^rrandissemcnt. Tout l'héritage de l'électeur de Bavière , excepté les terres allodialeSy revenait à l'électeur paktia, Charles^ Théodore. L'empereur n'en éleva pas moins, à différons^ titres > des prétentions sur près de la moitié de la succès-, sion vacante » et la Bavière fut immédiatement occupée par les troupes autrichiennes. La cour de Vienne ^ comptant sur le concours de la France , et voyant la Russie engagée dans des conîcsialions avec la l*orle au sujet de la Crimée , rAn^^letcrre absorbée par le soulèvement (le ses colonies rrAméri(jue , le nù de Prusse atlaibli par les années et les infirmités , se croyait assurée du succès. Mais Frédéric , secrètement d'accord avec les cours de St.-Pétersbour^ et de Versailles, soutint l'indivisibilité de la Bavière , d'abord par des mémoires et des manifestes et ensuite par les armes. Dans une campagne qui se passa en mouvemens 4e troupes , sans sié^e et sans çopibat i^^-»
portant» sa tactique déconcerta la fougue du jeune empereur qui y à la tête d'une armée formidable » brûlait de se signaler. Joseph II ayait entrepris cette guerre contre le gré de Marie-Thérèse. Elle s'était efforcée delà préve^ uir , puis de l'arrêter en ouvrani avec Frédéric une secrète correspondance, où elle déplorait qu'ils lussent sur le point lie s'arracher Vwn h l'autre leurs cheveux Mancs. La médiation de la France et de la Russie méuagea eulre les parties ^belligérantes le traité de Teschm (15 mai
1779) > par lequel la maison d'Autriche renonça,'en faveur de Télecteur palatin, à toute prétention à ta succession de Bavière» et obtint pour dédommagement cette partie du cercle de Burckhausen , qui ,. située entre le Danuhe , l'Inn et la Saltz , établissait une communication, directe de Tarchiduché d'Autriche avec le TyroL
Marie-Thérèse termina sa glorieuse vie (29 novembre
1780) dans l'année qui suivit la paix de Tèscheu : princesse d'un grand cœur et d'un jugement droit et ferme ». laborieuse , économe et' toutefois généreuse • répandant ses bienfaits sans ostentation » affable et de facile accès » unissant la condescendance à la dignité et les vertus privées aun plus brillantes qualités royales. Adorée de ses peuples , elle emporta leurs re«^rets universel , et sa. mémoire resta gravée dans les cœurs..
On attendait beaucoup de Joseph II , qui lui succéda tt> quarante ans , dans toute la force de son â^e , et il remplit trop cètte attente en se livrant à ^inquiète activité et à l'ardente impatience de son imagination ( 1 ). Du vivant de sa mère » prenant peu- de part au gouvernement , il s'était instruit par les voyages. L'Eiiro]i<' avaii admiré un empereur qui, sans faste et sans suite pompeuse , visitait les pays lointains , et , noble émiilv du <rrancl vnw Pierre , examinait tout avec une sérieuse attention » la marine »
( 1} « Avec le désir d'apprendre , il n'avait pas la patî«nee.de s^iiutruire » a. dit de lui Frédérie H dans ses mémoires. Ce peu de mots expli(|uc presque^ ifHit son régne. *
Diyiiiz
le milUaîre , les coars de justice , les établissemens de charité , les arts et les maoufactures. Pendant ses fréquentes eiLcursions dans les provinces autrichiennes , ou l'avait vu s'intéresser à la sLtuatioii de tous ses sujets » lartMt die ceux de la dernière classe ^ et « pénétrant dans leim chaumières, soulager les besoins d^ infortunés» U mmilraît le désir d'affranchir les pajrsans de la servitude , et déclarait qae son plus grand honnenr serait de régner sur des hommes libres. Animé d'intentions pures et pouvant, dans son rang suprême ^ donner au libre essor à ses talens » il parul aux politiques devoir éclipser tous les réformateurs des âges anciens ^ n^oderi^.,bes-<euvres démentirent ce présage.
A Tavènement de Joseph la moj^afiebieantrichienne comptait autant àp nations que d^ j^vinces». ayant tonte» nn langage t nn gonvernem^t» des lois ^t jd^a vaage» diO*ére9s. Le système féodal subsistait partent,, miodéré en quelques états par des lois écrites et par la contume » conservant ailleurs , et particulièrement en Hongrie r toute sa force primitive. Le clergé et la noblesse étaient tout puissansy les Labitans des villes peu considérés , et les paysans serfs, excepté dans les Pays-Bas, dans le Xyroi et dans TAutriche proprement 4^e^ Chaque province avait u.ne assemblée d'états que composaient lea deux ordres privilégiés et quelques délégués des villes 9oyales $ et qin partageait avec^ le soiiveraîn le drciil d'ad-i^ ministrei? la justipe et d'éta]ilir des ifi^ts dont le p^ple portait presque tout le poids. Marie-Thérèse avait réduit les privilèges excessifs de la noblesse et du clergé , et allégé, autant que l'avaient permis les circonstances, les charges des autres classes. Elle avait procédé par des réformes modérées et successives. L'impétueux Joseph II voulut aller plus vite» et, pour ainsi dire, atteindre le but d'un seul bond. Extirper la féodalité , anéantir la superstition, faire fleurir l'agriculture, l'industrie» le commerce <$t les arCs ». abolir toute dîstinctipn de langage et de coutumes entre ses états, former de tant d'élémens divers un toiat i),om.o^ène et t|n grand çorps rié^i par un
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système uniforme d'administration et animé d'un même esprit , tout eu^brasser enfin et tout refondre , tel fut le IraTail immense doot il fit la tâdie d'un seul règne > en dépit de mille obstades. «ccumiilés^ par le temps et par des haMtades invétérées, '
Il commença Texécution de son vaste plan de réforme^ par abolir les juridictions particulières qui existaient en grand nombre dans un empire bigarré de tant de coutumes. 11 divisa ensuite ia monarchie en treize gouvernenaens subdivisés en cercles»» dont chacun fut administré par un magistrat 'ou capitale chargé de faire exécuter les lois et de protéger les paysans eoiktre les abus da système féodal. Une eour de justice, divisée en deux chambres , l'une pour lu noblesse » Tautre pour la bour*»geoisie , fut instituée dans chaque capitale de gouveraement. Ou devait appeler des jugemens à une soi onde cour, puisa une (roisiôme, et enfin au tribimal sujirciiie de Vienne. Un magistrat relevant du commaudaul militaire et du gouyerueur-général , qui présidaient les tribunaux t- eut le soin de la pdice. Le gouvernement se composa de quatre départemens^ la politique, l'admî-*^ mstration.» la jinstico et la guerre*. Tous tes magistrats et officiers fureiit subordonnés aux chancelleries d'état de Vienne, dont les résolutions étaient soumises à Tapprobation du souverain. Celait un grand Inen que de simpliiicr la forme du gouvernement et de sup[)riFiier une multitude de tribunaux inutiles et d'oflic es féodaux, qui ne servaient qu'à l'oppression du peuple ; mais c'était un grand mai que de faire de la volonté absolue du monarque- la baso de radmiAÎstration* La. violence et le despotisme accom-^ pagnèrent rexéeution des plans de Joseph II. Les étata. provincîauiE ». qui limitaient le pouvoir du prince , furent supprimés ou réduits à une existence précaire et nulle. Quoique l'empereur eût reconnu d'abord les droits et privilèges de ceux de Hongrie , il ne voulut point être couronné» |M»ur ne pas les confirmer par un serment solennel.
limfik n dédm dMQÎPante la i^ligion cathoUinu^
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898 mSTOIKE GÉNriblALB
romaine , et toutefois diminua Tautorifo du pape. Il enjoignit aux évéques de ne recevoir pour valide aucune bulle qui ne leur aurait pas été transmise par le gouver* nement. Il aoaiiiit les ordres religieux à la juridictioii de rordiuaire, et leur défendit de reconnaître celle des généraux établis à Rame. Il érigea quelques éTèehé§ » en réunit d'antres et réduisit les revenus des plus riches. Pour faciliter Texercice du culte public , il fonda quatre cents paroisses nouvelles. Il supprima plus de deux mille couvens, qu*il convertit en liùjùîaux , en maisons d'instruction et en casernes pour les troupes. Mais il manqua à r humanité et à la justice en n'assignant aux religieux des deux sexes* qu*il chassa de leurs maisons , qu'une pension dont la modicité ne pouvait les garantir de l'indigence.
Pour épurer la religion du peuple , Joseph II défèndit
les pèlerinages et fit dépouiller de leurs ornemens plusieurs images révérées par la superstition. Celait un louable dessein , mais qui , poursuivi avec trop peu de précautions et de ménagemens, attaquait peut-être Tessence de la religion même chez un peuple accoutumé aux cérémonies religieuses, et qui n'était pas préparé à un rit plus simple; Le droit de primogéniture fut aboli , et la sainteté du mariage fort diminuée par la déclaration que ce n'était qu'un contrat civil , par les facilités qui furent donnéesau divorce , et par le droit de succéder qui fut accoidé aux. enfans naturels.
Un des actes les plus célèbres de Josepb II est Tédit de tolérance , qu'il donna le 15 octobre 1781 , et par lequel il accorda le libre exercice de leur culte aux églises grecque et protestante , déclara tous les chrétiens égaux en droit» quelle que fnf leur déoominalion » et autorisa toute aggrégation de o,000 âmes à faire élever un temple , à la charge de fournir un fond suf6sant pour l'entretien d'un minisire et le soulagement des pauvres. 11 permit aux Juifs d'exercer les arts et les métiers» de se livrera ragrieul'.uir et même de fréquenter les écoles publiques et les universités. Enfin» il ordonna de faire ca
allemand une nouvelle traduction de la Bible. Ces inno- Vrifions précipitées, en une lualière si délicate et de la part d'un prince dont les ancêtres avaient elc les constans et fermes soutiens de la religion catholique , alarmèrent la cour de Rome et portèrent le pape Pie VI * malgré son âge t ses infirmités et nne saison rigoureuse • à entreprendre le voyage de Vienne. L^empereur lui prodigua les . respects et fut sourd à ses remontrances.
Eli 1780, ce prince publia un édil qui, en changeant la nature de Timpôt territorial , avait pour objet principal raffranchissement des paysans. Joseph , ayant ordonné un cadastre dans tous ses états héréditaires , abolit dans ceux d'Allemagne les dîmes » les corvées et généralement tous les droits seigneuriaux. Comme on prétendait que le serf était attaché à la glèbe pour assurer le paiement de l'impôt, Temperenr 6ta ce prétexte en autorisant chaque village à choisir un collecteur des taxes qui les verserait au trésor public, et de la solvabilité duquel les babitans seraient responsables. La liberté et Thumanité eûssent applaudi à cette mesure, si les pro[)rietaires avaient été dédommagés par d'équitables indemnités, et si, eu plusieurs lieux , le nouvel impôt ne s'était élevé au taux énorme de soixante pour cent » rapacité fiscale qui détruisit Teffet que le législateur en avait attendu» et qui empêcha de l étendre k la Hongrie et aux provinces annexées à ce royaume,
Joseph II n'était point lettré; cependant il encouragea les sciences et les arts utiles. Il institua plusieurs universités, fonda des bihliollieques publiques, créa des chaires de médecine, de chirurgie , de botanique, de physique, d'histoire naturelle , et édifia un grand nombre d'observatoires et de laboratoires. La censure des livres fut enlevée aux ecclésiastiques» qui l'avaient exercée avec un esprit trop exclusif de toute idée nouvelle» et elle fut confiée à des gens de lettres éclairés auxquels Fempereur laissa une ç^rande indépendance dans leurs jugemens. Mais» par une singulière contradiction, re prince , qui ^ayori^it la propagation des lumières « réprima une juste
Digitizdd
SOQ amoiRi «ènéiau
curiosité en défendant à tous ses sujets de visiter les pays étrangers avant Vh^c de vingt-sept ans.
Le comineii f luî un des principaux objets de TaMention de Joseph II. il encouragea Tinduslrie nationale et fonda diverses manufactures* Mais , par uo faux calcul , il frappa l'eutrée des marchandises étrangères d'un droit énorme, équiTahml à une probibitioD absolue. La cireu« lation intérieure fut facilitée par la suppression des douanes provinciales t et il fut permis aux diverses provinces d'échanger entr'elles leurs produits, ce qui jusqu'alors leur avait été défendu. De nouveaux chemins furent ouverts à grands frais, des canaux creusés ou reparés, Trieste et Fiunie déclarés ports francs , et un port construit à Carlo-Pago, sur la côte de la Dalmatie autrichienne^ £o 1784» Joseph H obtint de la Porle-Olfomane la libre navigation du Danube èt celle de la mer Noire jusqu'aux Dardanelles» et il accorda à une compagnie de négocians italiens une exemption de tout droit » et même une prime, pour les grains qu'ils tireraient de la Hongrie et de ses dépendances.
Pour assurer T exécution de ses plans de réforme et de perfectionnement , il devait s'etTorcer de vivre en paix avec foutes les puissances. Cependant son règne entier n'oOVe qu'une suite de projets ambitieux ou impoliliques» et il s'est jeté lui-même en de si grands embarras » qu'il s'est vu forcé de révoquer plusieurs de ces édits auxquels il attachait sa gloire et son oigueil«
Joseph II désirait vivement l'abrogation du traité de la Barrière, qui blessait l'orgueil de la maison d'Autriche , et qui , depuis l'alliance de cette maisun avec la France , seruijlait être sans objet. Mais, tant que Marie- l liérèse avait vécu , celle princesse, hop prudente pour otTenser les puissances mahiimes et pour se mettre à la diserélioo de la cour de Versailles , avait résisté à- toutes les sollici* tations de son fils , qui la pressait d'expulsjsr des Pays-Bas les garnisons hollandaises et d'abroger un traité odieux. Dès qu'il fut le maître , il se hâta d'exécuter ses projets à cet égard , et s'engagea avec les ProviBces-Uoie» en ieà
l^n l>IX-HUmÈMB SIÈCLEi. 30i
démêlés qui se terminèrent en 1785 par la cùnvention de
Fontainebleau ( ) oyez la première Section de ce Chapitre),
Sous le règne de Marii^-Tliérèse , les armes du roi de Prusse avaient empêché Joseph II de faire la couquéte de la Bavière. Mais ce prince ne renonça point à devenir maître de ce beau pays * dont racquisiliou aurait étendu les états autrichiens sans interruption depuis les confins de la Pologne et de la Turquie jusqu'aux rives du Rhin et de la Méditerranée. II fit consentir Télecteur à échanger la Bavière contre les Pays-Bas , qui devaient être érigés en royaume de Bourgo^^nc ou d'Austrasie. Par d'habiles mgociai ions auprès des puissances, il croyait avoir levé les obsfaclos qui s'opposaient à rcxéculion de sou projet. Mais le cooslant ennemi de la maison d'Autriche, ce prince qui, à soixante et quatorze ans , conservait toute l'activité de la jeunesse» Frédéric TT , ût encore échouer son ambition. U souleva dans l'empire une opposition si violente » que ^'électeur démentit le bruit d'une convention d'échange qu'il aurait faite avec l'empereur , et que celui-ci n'osa cnireprendre de le forcer à tenir son engagement. Le seul résullat des desseins de Joseph II sur la Bavière fui uwv coulVdération conclue à Berlin, le 5 juillet 1785, entre le roi de Prusse, le roi d'Angleterre comme électeur de Hanovre , les électeurs de Saxe et de Hayence , le margrave d'Anspach » le duc de Deux-Ponts et d'autres princes * ligue dont le motif apparent était de maintenir la constitution de. l'empire , et le but réd » d'arrêter les envahissemens de la maison d'Autriche.
Joseph II , couîenu en Allemagne , cljerclia à s'a<;randîr aux dépens de la Turquie. La guerre ayant éclaté entre la Russie et la 1 orle , il prit le prétexte de son alliance avec Fimperalrice Catherine H pour attaquer les Turcs , qui ne lui avaient donné aucun sujet de rupture ( 1788). 11 avait fait d'immenses préparatifs qui annon« çaient le projet de renverser l'empire ottoman ; il se rendit en personne à son armée , la plus formidable que jamais la maison d'Autriche eût mise sur pied. Tantôt précipité, tantôt irrésolu dauâ ses mesuieà, il ii exécuta rieu d'im-
DiQiiizeo
SOâ mSTOIRB GÉNBRALB
porlént i eai deux fois la honte de reculer devant le grandvisir , et , après avoir perdu 30,000 hommes en divers
combats inutiles et 40,000 de la peste , il revint à Vienne, malade de fatigue et de chagrin, faire les préparatifs d*une caiiipajîne nouvelle. Il laissa ses lieutenans, le prince de Cobourg et Loudon , en diriger les opérations , et, par leurs succès, eflacer ou peut-être combler le deshonneur de leur souverain. Cohourg » secondé d'un corps russe commandé par Souwarolî, remporta sur le grand-visir une victoire signalée près de Rtmniek ( 22 septembre 1789). Loudon s'empara de Belgrade et de Se^ mendria , tandis que les Russes , sons Potemkin , détruisaient une nombreuse armée lurc^ue en Bessarabie. Ainsi les deux cours alliées triomphaient partout, et l'empire turc était menacé pour la prochaine campagne de son renversement en Europe. Mais des troubles qui s'élevèrent en Hongrie 9 le soulèvement des Pays-Bas [Voyez première Section de ce Chapitre) f et surtout Tinterposition des puissances maritimes et de la Prusse , suscitèrent à Joseph Il de nouveaux obstacles » et il mourut le 20 février 1790 , avec la douleur d'avoir vu échouer tous ses projets. Il emporta dans la tombe le sentiment amer de son impuissance et le douîc cruel de ne passer ijuc pour ua broiiiilou , après avoir aspiré à la gloire des législateurs et des conqueraus.