Appelé à tort Jornandès
dite, se subdivisait en dix-sept provinces que nous avons énumérées *. Les sept provinces du sud* avaient une sorte d'existence à part, formaient comme une association particulière dans l'ensemble. Nous avons dit ce qu'étaient un préfet du prétoire, un vicaire, un gouverneur de province, une cité.
Dans la cité, une magistrature nouvelle a pris la prépondérance : le defensor civitatis a le pouvoir administratif et judiciaire, mais son nom vient de ce qu'il est protecteur; il défend les propriétaires contre le fisc ; les rôles de l'impôt ne sont valables qu'approuvés par lui; il a toujours accès auprès de l'empereur. On a longtemps enseigné que le défenseur était toujours l'évèque ; aucun texte ne le prouve, et la chose est impossible, le défenseur étant nommé à temps. En tout cas l'évèque est devenu par la loi et par la force des choses le premier personnage de la cité; il a part à l'autorité judiciaire, surveille et dénonce les juges ordinaires, participe à l'administration et à l'emploi des fonds du municipe, à la perception de l'impôt, à l'inspection des travaux et des édifices publics. La force des choses fit plus que les lois; dans les rapports avec les Barbares, les évoques apparaissent partout comme les chefs de la cité.
La seule classe sociale qui ait encore une importance politique est la noblesse. En Gaule, elle était nombreuse, car les Gaulois, à qui ne manquaient ni les richesses, ni les talents, ni l'ambition, s'élevèrent plus vite que les autres provinciaux aux magistratures et aux honneurs. Dans les écrits du v° et du vi° siècle, il est souvent question de sénateurs, qui ne sont autres que les nobles. Ces sénateurs ont adopté les mœurs de l'ancienne noblesse romaine; ils ont dans leurs maisons les statues de leurs ancêtres; dans les jours solennels, on les range dans Yatrium. Sidoine Apollinaire fait connaître à merveille les mœurs et les habitants de cette classe à laquelle il appartenait. C'est une aristocratie foncière, puisque toute grande fortune était territoriale. Les sénateurs, grands propriétaires, ont plusieurs villas dont chacune est une grande ferme avec champs,