LES KHALIFES : FORMATION I>E L'EMPIUE ARABE
|Kiur la flotte et l'armée arabes. La même entreprise, renouvelée en 717-719, sous Soléïman et Omar II. eul le même insuccès. Pour prendre Conslantinople ii aurait fallu que les Arabes fussent d'abord maîtres île l'Asie Mineure. Faute de cette base d'opérations nécessaire, ils ne pouvaient compter nue sur leur marine, qui n'était ni assez puissante ni assez exercée.
État de l'Afrique. — Les grandes conquêtes de ce temps furent l'Afrique et l'Espagne. L'Afrique, arrachée à l'Empire romain par les Vandales, avait été reprise par Juslinien. Mais l'invasion barbare et les guerres religieuses avaient fait des ruines que la restauration byzantine fut impuissante à réparer. Le régime fiscal et ses rigueurs, la misère, les persécutions dirigées contre les ariens, les donalistes et les juifs déterminèrent une forte émigration. Procope estime que, pendant le règne de Juslinien, l'Afrique perdit cinq millions d'habitants. Ce fut surtout la population romaine et assimilée qui diminua. L'élément berbère'' reprit le dessus. Pendant la période d'un peu plus d'un siècle qui va de la défaite des Vandales aux premières incursions arabes (533-6M), la domination grecque est a chaque instant ébranlée par les insurrections des indigènes, des troupes ou des gouverneurs. Dans la Maurétanie Césarienne, elle n'est installée que sur le littoral; dans la Tingitane, elle est cantonnée dans quelques postes; même dans les provinces orientales, elle n'occupe réellement que les villes et leurs banlieues. Les Berbères ont repris leur indépendance : les tribus des Louata dans l'est, des Smhadja dans l'ouest, des Zenala dans le sud, forment des petits royaumes ou des confédérations. tantôt tributaires, tantôt ennemis de l'Empire. Presque rien ne leur est resté de la civilisation romaine, à côté de laquelle ils ont vécu si longtemps. La plupart ont oublié ou rejeté le christianisme ; il y a des tribus juives de religion et même d'origine ; ce qui domine, ce sont les anciens cultes locaux, naturalistes ou fétichistes, qui ont persisté à travers les siècles avec un a mal-
t. Nous entendons par berbèits les races nui occupaient les pnjs avait! la conquête romaine, sans il i si influer entre Numides, Maures et Punique». Plus tard elles ont absorbé totalement ee qui pouvait subsister des envahisseurs et colons
game de croyances ou de pratiques phéniciennes, romaines, chrétiennes et juives. L'Afrique ne constitue donc ni un Etat, ni un groupe de provinces homogènes. Les Arabes y auront à lutter bien moins contre les Grecs que contre les Berbères.^ Ceux-ci opposeront une résistance qui aurait pu devenir redou — table, s'ils avaient été réunis en corps de nation ou associée dans l'exaltation d'une foi commune. Mais le morcellement politique rendait fatale leur défaite, en même temps que leur état d'anarchie religieuse les préparait à une rapide conversion à l'Islamisme.
Conquête de l'Afrique. — Sous le khalifat d'Othman, les Arabes avaient eu raison en une seule bataille du patrice de Sufétula, Grégoire !, révolté contre l'empereur et laissé à ses seules forces par l'exarque de Carthage; ils s'étaient ensuite retirés, en se bornante lever sur le pays une forte contribution. Ils reparurent ensuite sous Moaouia. Cette fois Okba, qui les conduisait, fonda la place d'armes de Kérouan et s'enfonça dans le Sahara pour soumettre Ghadamès et les oasis du Fezzan (669). Dans une seconde expédition, en 682, il gagne les Ziban, les parcourt, puis, se lançant à l'aventure, traverse l'épée à la main tout le Maghreb et arrive jusqu'à l'Océan. Les Grecs, depuis la défaite d'une armée débarquée près de Sousse, semblaient avoir renoncé à tenir la campagne. Ils se maintenaient seulement dans les places, à Carthage, Lambèse, Tiaret, Tanger. Okba, après un échec devant Lambèse, renonça pour le moment à les attaquer, mais il croyait les Berbères complètement soumis et ne ménagea pas assez ce peuple vindicatif. Exaspérés par ses cruautés et son brutal fanatisme, ils le surprirent à Téhouda près de Biskra et le massacrèrent avec sa faible escorte (683). Kocéïla, le chef de l'insurrection, entra à Kérouan. Les Arabes se replièrent sur la Cyrénaïque. Ils revinrent, quelques années après, venger sur Kocéïla le désastre d'Okba, sans pouvoir cependant conserver Kérouan. En 696, Hasanben-Xoman, envoyé par Abd-el-Mélik, battit les Grecs et s'empara facilement de Carthage. Mais il n'eut pas aussi bon