NICOLAS II
sand accroître sensiblement ni la force matérielle, ni Tautorité morale des Russes. Il est permis d^espérer qu*un jour un revirement d'en haut mettra fin à des vexations dont Tinutilité, dans la plupart des cas, sera devenue évidente.
S*il est, en effet, une nationalité qui n ait pas besoin d*une protection artiGcielle, c*est bien la nationalité russe. D*une cinquantaine de millions d*àmes vers le milieu du siècle, la population de FEmpire s*est élevée, en 1896, a 129 millions; la race dominante, la race grand-russe, représente les quatre cinquièmes de ce chiff're. A mesure que la population s*est accrue, Tactivilé économique s*est développée. L'ensemble de la production agricole a doublé. Le progrès des industries textiles, mélallurgiques, slimulé par un système douanier presque prohibitif et par la découverte de riches gisements de fer et de charbon, dans le sud, a été prodigieux. Des usines se sont fondées partout, grâce, il est vrai, surtout à des capitaux étrangers. Les voies ferrées qui n'atteignaient, en 1866, qu'une longueur de 3000 verstes, en ont maintenant près de 40 000. La dette a été convertie, la circulation métallique rétablie. Cette transformation économique, qui ne fait que commencer, assure mieux l'avenir de la nationalité russe que la politique de russification dont nous venons de suivre le développement *.
1. Pour la bibliographie de ce chapitre, voir ci-dessous le chapitre XXIV : « Les Russes en Asie ».
HltTOlRI OÊHiRALE. XII.