‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 3)Chapitre 67 sur 206 · LINDE · texte numérisé non relu

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a eu le plus d'action sur les musulmans de l'Inde a été celle de Seld Ahmed à Âligarh (dans la province du Nord-Ouest, entre Dehli et Agra), le Collège musulman anglo-oriental. Le verset du Coran qu'il a choisi pour épigraphe d'un de ses ouvrages caractérise son esprit de libéralisme et de large tolérance : c Nous croyons en Dieu et en ce qu'il nous a révélé. Nous croyons à ce qu'il a révélé à Moïse, à Jésus, a tous les prophètes, et nous n'établirons pas de différence entre eux >. Seïd Ahmed consacra vingt-cinq ans de sa vie à réaliser son idée, avec l'aide d'une société musulmane qui l'avait choisi pour président. Cette société établie d'abord à Calcutta en 1864, sous le nom arabe de Madjlis Mouzakhara ilmiya ahl-i-islam, « Compagnie d'entretiens scientifiques des Musulmans >, puis à Aligarh, sous le nom populaire de Andjouman Islamiy « Société musulmane >, avait pour devise les deux hadiths : < L'amour de la patrie fait partie de la foi. — L'encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs >. Le collège d'Aligarh reçoit une subvention du gouvernement, dont il pourrait difficilement se passer, car, fait remarquer sir John Strachey, « le collège a trouvé des appuis et fait des progrès extraordinaires, mais la communauté musulmane est pauvre en général ». II serait plus exact de dire que c'est la partie pauvre de la communauté musulmane qui s'intéresse à des fondations de ce genre; « les princes, les chefs, les grands propriétaires fonciers de l'Inde, à de rares exceptions près, n'ont jamais reçu d'instruction... Les chefs et les nobles indigènes ne se montrent, en général, aucunement disposés à envoyer leurs fils à nos collèges, car ils n'attachent que peu d'importance à l'instruction et ils redoutent les contaminations sociales ».

Les sociétés musulmanes. — En même temps que les collèges, les sociétés de tout genre ranimaient la vie intellectuelle et la conscience de leur personnalité chez les musulmans de rinde. La plus ancienne société littéraire à visées sociales fondée dans l'Inde par des musulmans a été, comme je l'ai dit plus haut, celle de Calcutta (transportée plus tard à Aligarh),

I. Collège musulman d'Amrctsir (1871), exclusivement oriental. Collège de Batna, id. de Bangalore, ici, clc. — Ce sont des niédrécés, des • séminaires -.

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fondée en 1864 par Seïd Ahmed, dans la maison et sous la présidence du mollah Abdoullathif Khan Bahadour. Le discours pro* nonce par le seïd à l'inauguration de la société traduit exactement les sentiments des musulmans libéraux à cette époque ; un Turc, fondateur de la Jeune-Turquie, aurait pu aussi bien le prononcer que Tuléma indien, fonctionnaire loyaliste du gouvernement. Plus tard, les visées nationalistes se sont accentuées en Turquie, et ont commencé à prendre corps dans ITnde. Dans ce discours, le seïd reproche aux musulmans leur manque de patriotisme et leur indique la cause de leur décadence, Tarrèt de la culture intellectuelle chez eux, et leur infériorité scientifique. < Il faut, dit-il, étudier les ouvrages scientifiques européens, bien qu'ils ne soient pas écrits par des musulmans et qu'on y puisse trouver des propositions contraires à l'enseignement du Coran. Il faut agir ainsi à l'imitation des anciens Arabes qui ne croyaient pas déroger à leur foi en étudiant Tastrologie de Pythagore; mais sans se laisser égarer par les arguments fantastiques des philosophes irréligieux » ^

Un an après 1'^ ndjouinan de Calcutta, les musulmans du nordouest de rinde fondaient celui du Pendjab à Lahore. Dès l'année 1866 celte dernière société commençait à sortir du cercle de la littérature pure ou des sciences idéales, et se risquait à traiter de matières sociales et politiques. < La société de Lahore, dont le D' Leitner est toujours le membre le plus actif, a été réunie, en avril dernier, en séance générale, et le secrétaire Mohammed Husein, a annoncé qu'elle publierait des traités sur des sujetsd'utilité publique. Dans cette séance, on s'occupa des plaintes des pauvres traités dans les hospices du gouvernement, des réformes à opérer dans les ventes à l'encan, des règlements à adopter dans le débit des médicaments, des encouragements adonner à la culture des végétaux propres aux lieux montagneux. En septembre dernier, il a été tenu une autre séance dans laquelle il a été proposé de demander au gouvernement l'admission des indigènes non seulement aux petits emplois, mais aussi aux grands, et de réclamer contre certains abus dans les chemins de fer'. »

1. Je cite le discours du seïd d'après la traduclion de Garcin de Tassy.

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