L'INDO-CHINE
(15 août 1883), pris Haï-Dzuong (19 août), battu, auprès de Phung (l*"* septembre), les Pavillons-Noirs renforcés de troupes rég^uliëres chinoises. Celles-ci commençaient à affluer dans le Tonkin. Le colonel Bichot, successeur de Bouët, enlevait sur elles Ninh-Binh et défendait contre elles Haî-Dzuonsr. Le 16 décembre, Courbet leur prit Sontay.
L^efl'ectif du corps expéditionnaire dut être porté à 16 000 hommes, avec Millot, général de division, Briëre de l'Isle et de Négrier, généraux de brigade, Tamiral Courbet restant à la tète des forces de mer. Les Français prirent d assaut Bac-Ninh (12 mars 1884), chassèrent de Hong-Hoa les Chinois (10 avril) et occupèrent Tuyen-Quan sur la rivière Claire (l'*'' juin).
Des pourparlers s*étaient engagés à Tien-tsin, entre le célèbre Li-flung-Tchang, alors vice-roi du Pé-tchi-li, et le capitaine de frégate Fournier. Ils aboutirent au traité du 11 mai 1883 : la Chine s*engageait à retirer du Tonkin toutes ses troupes, à respecter les traités conclus entre la France et la cour de Hué, à nous accorder des facilités pour le commerce.
En exécution du traité, le général Millot envoya, sous le lieutenant-colonel Dugenne, deux bataillons prendre possession delà ville tonkinoise de Lang-Son. Le 23 juin 1884, ils trouvèrent, près de Bac-Lé, la route barrée par des réguliers chinois. Le combat dura deux jours. Dugenne, craignant de se voir enveloppé par des forces très supérieures, ordonna la retraite. Tel fut « le guet-apens de Bac-Lé ».
C*est à la Chine, chez elle, qu*on résolut de s*atlaquer. L'amiral Courbet, du 23 au 29 août, bombardait Fou-lchéou, coulait vingt-deux navires chinois avec 2000 hommes d'équipage, détruisait de fond en comble le célèbre arsenal et tous les forts qui le défendaient. Puis, dans la grande Ile de Formose, il canonna et occupa Kélung, assiégea Tamsui. Le 13 janvier 1885, il faisait sauter avec des torpilles cinq navires de guerre qui sortaient du fleuve Bleu. Enfîn il obtenait de Paris Tautorisation d'occuper les lies Pescadores et d'établir dans le Pé-lchî-li le blocus du riz.
Au Tonkin, Brière de l'Isle, successeur de Miliot, enlevait Kep et Chu sur les Chinois, repoussait ceux qui marchaient du
Yun-nan, par la rivière Glaire, sur Tuyen-Quan. Puis il donna Tordre au général de Négrier d'occuper Lang-son. Négrier ballit les Chinois à Nui-Bop (3 janvier 1885) et dans une série d*aulres combats, occupa de force Lang-son, franchit la frontière de Tempire, fit sauter la Porte de Chine, enleva, en plein territoire chinois, les hauteurs de Dong-Dang, mais, a Bang-Bo, se heurta à des forces d'une écrasante supériorité numérique (21 mars). Il se replia sur Dong-Dang et fut encore victorieux à Ky-Lua (28 mars); mais, durant le combat, il fut atteint d'une balle. 11 dut céder le commandement au lieutenant-colonel Herbinger. Celui-ci, bien que les Chinois eussent reculé à grande dislance, ordonna la retraite et Topera en désordre, jetant dans le Song-Ki-Kong les canons et le trésor.
La paix avec la Chine (1885). — La pointe audacieuse et les victoires de Négrier, la belle défense de Tuyen-Quan, sauvé par Brière de TIsIe (3 mars), surtout le blocus du riz par Tamiral Courbet ne permettaient pas à la Chine de se faire des illusions. Au moment où Jules Ferry succombait sous une coalition de droite et d'extrème-gauche, menée contre lui par Clemenceau (30 mars 1885), il avait en main les premiers actes d*une négociation tout près d*aboutir à la paix, mais qu'il ne croyait pas pouvoir divulguer, fût-ce pour sauver Texislence de son cabinet. Même après sa chute, pendant la formation laborieuse d*un nouveau gouvernement, il continua à suivre la négociation ; et ce fut son directeur des alTaires politiques, M. Billot, qui, à Paris, le 4 avril, signa les préliminaires de paix, suivis, le 9 juin, du traité définitif. La Chine abandonnait ses prétentions à la suzeraineté sur le Tonkin et TÂnnam, nous promettait un traité de commerce, assurait à nos ingénieurs la préférence pour les travaux publics à exécuter sur son territoire. Sans le désordre de notre politique intérieure, la France eût certainement obtenu davantage : peut-être la possession de Formose et des Pescadores, positions stratégiques de premier ordre, que le Japon s'est adjugées en 1895.
Soumission de rAxmam (1885). — Le r-^juillet 1885, le général de Courcy était arrivé à Hué pour y régler nos dernières difficultés avec la cour d'Annam. Le régent Thuyet fit,