‹ Histoire générale du IV siècle á nos jours (volume 4)Chapitre 152 sur 215 · RÉPUBLIQUES BOERS · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUES BOERS

Cependant les Boers avaient, de leur côlé, commis une faute capitale. Ils portèrent leur effort principal sur le Natal, s'obstinèrent à prendre Ladysmilh au lieu de masquer simplement cette place. S'ils s'étaient lancés avec la même énergie sur le Cap, ils auraient envahi la plus grande partie de celte colonie, à peine défendue au début, et soulevé partout les Afrikanders. C'eût été faire reculer presque jusqu'à la côte la base d'opération des Anglais, pour le jour où ces derniers, renforcés, auraient voulu prendre l'offensive.

Au commencement de janvier 1900, les Anglais subissent un nouvel échec, essuyé cette fois par le général French, chaîné de garder les districts de la colonie du Cap situés au sud du fleuve Orange. Le 9, plusieurs compagnies du régiment de Suffolk sont surprises et capturées devant Colesberg.

Mais à ce moment tout l'intérêt se portait sur le Natal. La question était de savoir si le général Buller parviendrait à délivrer Ladysmith avant que la garnison de cette ville, forte de 10 000 hommes, ne fût contrainte par la famine à capituler. Pendant plusieurs semaines, toutes les craintes furent permises. Le 23 janvier, le général Warren avait occupé Spion-Kop, montagne qui dominait les lignes des Boers, interposées entre Ladysmith et l'armée de secours. Mais les Républicains avaient organisé leurs tranchées de telle manière que, le 25, les Anglais durent évacuer Spion-Kop, malgré une opiniâtreté héroïque et après avoir perdu un grand nombre d'hommes. Le 27, le général Buller ramenait même toutes ses troupes au sud de la Tugela, la position au nord étant intenable. Le 5 février, il était de nouveau repoussé.

Mais les mouvements des Anglais sur l'autre partie du théâtre de la guerre allaient faire tourner la fortune et amener indirectement la délivrance de la garnison de Ladysmith, absolument à bout de forces. Lord Roberts, qui avait bien compris que le point faible des Républiques était les plaines de l'Orange, avait achevé de concentrer ses forces du côté de De Aar, au sud de Kimberley. Le généralissime anglais disposait alors d'une grande armée. Une partie tourna le commando de Cronje, toujours retranché à Maggersfontein et, passant sur ses der-

rières, entra dans Kimberley le 15 février. Bientôt après, Cronje, qui était resté immobile trop longtemps, résistant avec un inexplicable entêtement aux avis de ses conseillers étrangers, essaya de battre en retraite. Mais il fut arrêté et cerné à Paardeberg, où il capitula, le 2" février, après une résistance héroïque. Il ne lui restait plus à ce moment que 4000 hommes : les 9000 autres avaient pu s^échapper en détail. Cet incident amena un mouvement général de retraite des burghers. Ils quittèrent les environs de Ladysmith, où les Anglais entrèrent sans coup férir, le 1*^ mars. La ville avait subi un siège de 109 jours. Les Boers n*ont plus défendu à partir de ce moment dans le Natal que les passes du Bi^arsberg et du Drakensberg.

Il était clair que les rôles se trouvaient renversés, que Tinvasion des Républiques allait commencer : TEtat libre d'Orange était même déjà entamé. C'est alors que les deux présidents Krijger et Steyn Grent une dernière tentative de paix : ils écrivirent à Lord Salisbury que TAngleterre pouvait écouter des ouvertures pacifiques maintenant qu'elle était victorieuse. Mais le Premier répondit catégoriquement qu'il n'était pas « disposé à consentir à l'indépendance, soit de la République Sud-Africaine, soit de l'Elat libre d'Orange ».

La marche en avant des Anglais continua et, le 14 mars, après un vif engagement à Rietfontein, ils faisaient leur entrée à Blœmfontein. Le président Steyn transporta le siège de son gouvernement à Kroonsladt, dans le nord. Lord Roberts fut obligé d'entreprendre de longues opérations pour nettoyer de tous commandos le sud et Test de l'Etat libre. Les Anglais subirent même des échecs, comme à Bushmanndorp, à l'est de Blœmfontein, où ils perdirent 300 hommes et 7 canons. « L'insaisissable )> Dewel entrait en scène, et le général Botha, que la mort du général Jouberl avait appelé au commandement suprême des burghers, adoptait une tactique beaucoup plus mobile que celle de son prédécesseur. Les Anglais s'en aperçurent vite : ils durent lancer cinq colonnes convergentes, comptant ensemble 40 000 hommes, pour dégager la petite garnison anglaise de Wepener, bloquée par 6000 Boers; et ils ne parvinrent pas

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