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2. K«r|iriln 11 .iN.iit •loinph' I«*s Maïiinh's, t'ii les l)rManl;i rai<li' <U's fnrlcressf^ <!•' Zt'rnala, Ki<''lai»lia ol Passava.
3. Morosini dul ensuit»' ovaciuT AIIhmm'S. Il «Tlioua «laiis une allatiue otuiln' N<'^MVp«)nl (10S8). puis <-on»r<' Nauplio dr Malvoi»>;ie (16$!)). Il assièj/eail iMinm» <eUe ville en lOUi quand il mourut. Elle se rendit à son successeur, Corn.inK
quètc de Soliman le Grand. Après la Hongrie conquise, c'était la Serbie entamée.
Les Turcs, effrayés, sollicitèrent la paix. Un congrès s'ouvrit à Vienne (février-mars 1689); mais les exigences des Impériaux furent telles (toute la Hongrie avec la Transylvanie, l'extradition de Tœkœli, etc.) que la guerre dut continuer.
La Sainte-Liigue et la Ligue d'Àugsbourg. — Ce fut la France qui sauva la Turquie. En septembre 1688 avait commencé la guerre de la Ligue d'Augsboui^. L'Empereur fut obligé de rappeler d'Orient une partie de ses troupes. La Turquie ne sut pas profiter aussitôt de cette précieuse diversion. Elle éprouva encore des défaites : à Kaslanovitza (Croatie), à Batoudjina et Nisch (Serbie). Nisch et Viddin succombèrent (1689). Partout s'insurgeaient les populations chrétiennes : Serbes, Monténégrins, Klémenti d'Albanie, Morlaques; en Crète, les troupes ottomanes, mutinées, tuaient le gouverneur de Candie.
Kœprilfim : bataille de Salankemen. — Heureusement pour les Turcs, Kœprilû III arrivait aux affaires (septembre 1689). Lui-même jugea la situation effrayante. Gourmandant les hauts fonctionnaires turcs dans un divan solennel, il leur prédit, s'ils ne s'amendaient pas, que « la campagne prochaine verrait les ennemis campés sous Constantinople. »
La fortune sembla tourner d'abord en faveur de la Porte. Le grand-vizir, victorieux à Dragonian du général Seckcndorf (août 1690), reprenait Nisch, Viddin, Semendria, Belgrade, et rejetait les Impériaux sur la Save. En Transylvanie, Tœkœli battait le général Hueusler, près de Zernecht(H août), et se proclamait prince de Transylvanie. Pendant ce temps, les Grecs de Morée se soulevaient contre la domination de Venise, et les Maïnotes faisaient leur soumission au sultan.
L'année suivante, Kœprilû III passa la Save, marcha audevant du margrave de Bade, qui arrivait de Peter-Varadin, et le rencontra non loin de Salankemen (19 août 1691). Les contingents asiatiques ayant plié, Kœprilû mit le sabre à la main, se jeta sur les Impériaux et tomba frappé d'une balle. La déroute entraîna le reste de l'armée, qui laissa sur le champ de bataille 28 000 hommes et 150 canons.
Négociations ; bataille de Zenta. — De nouvelles négociations s'ouvrirent. L'Angleterre, représentée par Paget, la Hollande, par Hemskeerke, se portèrent médiatrices. On comprend l'intérêt qu'elles avaient d'en finir avec cette guerre d'Orient, qui paralysait les forces de l'Empereur. On comprend aussi les efTorts que fit l'ambassadeur de France à Constantinople, Ghàleauneuf, aidé du marquis de Ferriol, pour empêcher une paix qui eût rendu disponibles contre la France toutes les ressources de la coalition. Les prétentions de l'Empereor (Hongrie et Transylvanie), de la Pologne (Kaménietz et la Podolie), de Venise (Morée et Dalmatie) firent échouer les négociations. Les tentatives de Ferriol, appuyé par le khan de Crimée, pour faire conclure une paix séparée entre la Porte et la Pologne, restèrent infructueuses.
Cependant les hostilités languirent en 1692 et 1G93. La Porte se tenait sur la défensive, sans voir qu'elle faisait le jeu de nos ennemis et des siens. Les Impériaux profitaient de cette erreur et reportaient loules leurs forces sur les champs de bataille d'Occident. Ce furent les Vénitiens, plus libres de leurs mouvements, qui, en 1694, attisèrent de nouveau la guerre. Ils conquirent aisément l'île de Chio (septembre). En 1695, ils furent attaqués, dans les parages de cette île, par le capitan-pacha M(*zzornorlo, et perdirent deux batailles sanglantes. L'île leur fui reprise. Les Vénitiens furent plus heureux en Morée, où Steinau et leurs mercenaires allemands repoussèrent les Turcs (jui, de Tlièbes et de la Béolie, avaient essayé d'envahir la presinTile. Pendant ce lem[»s, la Polo<rnc était dévastée par les Talars de Crimée, qui coururent jusqu'à Lwow Pierre le Grand échoujiil sous Azof (lG9o). 11 j)ril sa revanche Tannée suivante.
Le belliciueux sultan Mouslafa II, à laulomne de 169î), avait pris une ofTensive éner^^ique en Hongrie. Il enleva Lippa, cl, à Lugos (22 sepliMiilire), émisa le *rénéral autrichien Veteranisous la supériorité du nombre. L'année suivante, il battit l'Electeur de Saxe à Olasch (20 août). Par niallieur, c'est à ce moment que la France s'engageait dans les négociations (|ui aboutirent à la paix de Hyswiek 20 septembre 1697). Louis XIV^ offrit à la Turquie de l'y faire comprendre; elle refusa par orjj:ueil, ou
parce qu'elle eût préféré la médiation anglo-hollandaise. Or, avant même que la paix de Ryswick fût signée, l'Empereur avait pu diriger sur le Danube ses meilleures troupes et son meilleur général, le prince Eugène. C'est contre celui-ci que se brisa la fortune renaissante de Tcmpire ottoman : dans la journée de Zenta, sur la Theiss (11 septembre 1697), le grand-vizir Blmas-Mobammed fut tué, avec 4 autres vizirs, 13 begs, tout Fétat-major des janissaires, spahis, silihdars, topdji, etc.; le sultan fut obligé de fuir, 20 000 Turcs tués, 10 000 noyés. Les Autrichiens ne firent pas de prisonniers. Parmi les trophées, le sceau de l'empire et des femmes du harem impérial. Cette écrasante défaite livra de nouveau la Serbie et la Bosnie à Tinvasion aotrichienne, et Tinsurrection chrétienne recommença.
Kœprilû IV : paix de Karlovitz (1699). — Kœprilû IV futy en cette occasion, le sauveur de Tempire. Il improvisa une armée; puis, satisfait d avoir forcé les Impériaux à repasser la Saye, il écouta les offres de médiation britannique apportées par Paget. Irrité de l'abandon où Louis XIV, en 1697, avait laissé la Turquie, il ferma Toreille aux instances de Ferriol, qui lui représentait le caractère précaire de la paix de Ryswick et l'imminence d'une nouvelle guerre (celle de la succession d*Espagne). Il invita l'ambassadeur du roi « à ne pas se donner de mouvement inutile. »
La paix fut signée à Karlovitz (26 janvier 1699), sous la forme d'une trêve de vingt-cinq ans. Les Turcs renonçaient à la Transylvanie, à la Hongrie, moins le Banat de Témesvar, à la plus grande partie de la Syrmie (Esclavonie). Entre la Turquie et l'Autriche, la frontière serait marquée par TUnna, la Save, la Drave, le Danube jusqu'à son confluent avec la Theiss. Le mltan cédait à la Pologne Kaménietz, la Podolie, l'Oukraine >ccidentale; à Venise, la partie de la Dalmatie comprise entre a Kerka et la Narenta, tout le Péloponèse (moins Corinthe), es îles d'Egine et Sainte-Maure. La Russie devait acquérir ^of *. Cette paix, qui enlevait à la Turquie les plus belles conquêtes de Soliman le Grand, marque le premier recul de
i. Voir c'i-dessu», p. 775.
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rislam ottoman. Elle eût été plus dure, sans la diversion française de 1688 à 1697. Elle eût pu être évitée si la France et la Turquie avaient marché d'accord, si elles avaient posé ou repris les armes en même temps. Un oi^ueil égal, des scrupules divers mais analogues, chez le Roi Très Chrétien et le « Padishah de ITslam », empochèrent l'entente.
La Turquie après la paix de Karlovitz. — De même il fut impossible, au moment où éclata la guerre de la Succession, de faire reprendre les armas à la Turquie. D'abord elle était ruinée dans ses forces financières et militaires. Puis, lors de la déposition de Moustafa II et de Tavènement d'Ahmed m, elle passa par une période d'anarchie et d'impuissance. Enfin, l'ambassadeur français nommé en 1700, le marquis de Ferriol bien qu'il eût assisté à sept campagnes turques en qualité d'agent auprès de Tœkœli, n'obtint auprès de la Porte aucune influence. Certaines prétentions irritèrent contre lui; il voulut, contre l'usage établi, se présenter à l'audience du sultan avec l'épée au côté; il se donna le luxe d'un yacht pareil à c«lui du Padishah, ce qui valut 200 coups de bâton à chacun de ses rameurs. On sait qu'en 1710 il perdit la raison. En l'apprenant, le grand-vizir d'alors dit tranquillement : « Il était déjà fou quand il est arrivé ici. » Au contraire, l'Anglais Paget, à qui la Porte savait ^'^ré de sa médiation à Karlovitz et qui n'élevail aucune prétention, obtenait tout ce qu'il souhaitait.
La Turquie resta en paix durant toute la guerre de la Succession. On a vu son rôle clTacé dans la guerre du Nord :il fallut (|u'unc aggrcssion de Pierre le Grand lui mît les armes à la main *.
Les chrétiens d'Orient après 1711 : les Roumains — Pierre le Grand, dans sa situation si désespérée sur le Pruth (1011), avait refusé aux Turcs de leur livrer Démétrius Kantémir. Celui-ci devint un utile serviteur du tsar, et son fils, Antiochus, devait être un des grands écrivains russes. Toutefois la campagne du Pruth eut des résultats désastreux pour les pays roumains.
i. Voir ci-dossus, p. 800 cl siiiv.
Brancovane était suspect aux Turcs; sa défection Tavait rendu odieux aux Busses; Pierre ne cessait de répéter que c*était c le ludas Brancovane » qui avait causé son malheur. Même Tambassadeur de France le dénonçait à la Porte comme entretenant des intelligences criminelles avec TÂutriche. Si Ton ajoute à toutes ces inimitiés celles de ses ennemis domestiques, des Cantacuzène et des Rakovitsa par exemple, on comprend que sa perte fût devenue inévitable. Les Turcs rendormirent par de feintes négociations, envoyèrent dans le pays un petit corps de troupes avec Taga Moustafa, tandis que Michel Cantacuzène et Michel Rakovitsa prenaient leurs mesures pour leur livrer Brancovane. Le 4 avril 1714, Taga se rendit au palais, exhiba an firman prononçant la destitution de Thospodar, s*assura de sa personne, mit la main sur ses trésors, évalués à 30 millions d*écus, et le conduisit à Constantinople, où Brancovane fut enfermé aux Sept-Tours. Là il fut mis à la question avec ses enfants : les enfants étaient torturés sous les yeux de leur père ; puis tous furent décapités. Son successeur, Etienne Cantacuzène, ne régna que deux ans : en 1716, il fut également appelé à Constantinople et décapité avec son père. Ce fut le dernier hospodar national en Yalachie, comme Démétrius Kantémir fut le dernier en Moldavie. Les Turcs, n*ayant plus confiance dans les princes de race roumaine, nommèrent exclusivement des hospodars grecs, des Phanariotes. Nicolas Mavrocordato inaugura presque en même temps, pour la Moldavie (1711), puis pour la Yalachie (1716), la double série des hospodars phanariotes. Dès lors, sur les deux trônes roumains, se succèdent les Cantacuzène, les Paléologue, les Kallimachi, les Ipsylantis, etc. C'est la période hellénique de Thistoire roumaine; elle dura jusqu'en 1821. C'est la période de civilisation hellénique succédant à la période de civilisation par le slavisme (une période de civilisation nationale roumaine n'a jamais existé avant le xix* siècle). A la cour, c'est la langue grecque que l'on parle ; dans l'Eglise, en étroite dépendance à l'égard du patriarche grec de Constantinople, tout le haut clergé des Roumanies se recrute de Grecs. Entre l'aristocratie de cour, entièrement hellénisée, et le peuple, l'abime se creuse : de même entre les prélats
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grecs et le bas clergé roumain, qui est aussi misérable et i^orant que le peuple. Le peuple roumain, dépourvu d'élites nationales, ne pouvait donc plus aspirer à aucune culture. Li?ré à Texploitation des Grecs, qu il flétrit du sobriquet de ciaem, il croupit dans la servitude chaque jour plus lourde, dans l*ignorance chaque jour plus épaisse. Quand un nouvel hospodar, après avoir prodigué Targent^ est choisi par la Porte, il subit, à Constantinople, une. double investiture : Tune politique, toute ottomane; l'autre religieuse, toute grecque. Li Porte lui décerne, conume insigne de ses fonctions, la masse d'armes et les trois queues de cheval, qui font de lui un pacha du rang supérieur; revêtu de Tuniforme de colonel des janissaires, il va aux casernes de ceux-ci, goûter leur soupe et leur faire largesse. Puis, à la cathédrale orthodoxe, il est sacré par le patriarche grec, aux chants des polychroniay avec le vieux cérémonial byzantin. Doublement étranger pour cette double consécration au peuple qu'il doit régir, quand il s'achemine vers sa capitale, Bucarest ou lassy, c'est avec l'appareil d'un conquérant, avec une garde turque sous un aga, et, en arrière^garde, la horde de ses créanciers ottomans ou grecs. Sa oour tient a la fois de celle d'un despotes grec et de celle d'un pacha. D'un côté, les logothètes; d'autre part, les préposés aux babouches, au café, à la pipe, au narghilé. Non seulement les principaulés ont été, au profit de l'élément grec, dénationalisées; mais les traités qui, en 1477 pour la Valachie, en 1513 pour la Moldavie, avaient, même sous le joug ottoman, assuré l'autonomie des Jeux principautés, sont désormais lettre morte. Les princes ne sont plus viagers, mais triennaux. Achetant plus cher que jamais leur charge, n'ayant que trois ans au plus pour récupérer leurs avances, ils tondent de plus près leurs sujets et se hâtent de les tondre. Simples pubiic^ins étrangers sous le titre de princes, ils ne se font aucun scrupule de s'appuyer sur la Porle : ayant licencié, par économie ou par politique, Tannée nalionale, comptant uniquement sur les régiments turcs, ils rendent le peuple plus esclave, la noblesse plus servile.
Les Monténégrins. — Un autre des peuples qui, en 1711. ré|)ondirent à l'appel de Pierre le Grand s'est mieux tiré de
aventure. Après la retraite du tsar, la Porte avait chargé Lhmed-Pacha, à la tête de 50 000 hommes, de châtier les f onténégrins. Suivant la pesma (chanson serbe), c'est la Vila )lle-même (la fée des bois) qui enseigna au prinee-évêque )anilo les moyens de repousser Tinvasion. Les Turcs furent vaincus (1712). L'année suivante, ils reparurent, au nombre le 120 000 sous Kœprilû-Nouman, pacha de Bosnie. Cette fois ;ous les défilés furent forcés, Cettinié pris et saccagé : « Kœprilû le laissa pas, dans toute la Montagne-Noire, un seul autel, une leule maison debout » {pesma). Parmi les guerriers survivants, les uns se retranchèrent dans les rochers et dans les cavernes les monts de Cattaro; ]es autres, avec le prince-évèque, se réfugièrent sur le territoire dalmate de Venise. La République refusa de les livrer : d*où s'ensuivit la guerre turco-vénitienne. D^agés par cette guerre, les Monténégrins reprirent posseslion de leur pays, repoussèrent Tinvasion turque de 1716, lidèrentde tous leurs efforts les Vénitiens. Abandonnés par^la République en 1718, ils en imposèrent à la Porte, qui, pendant longtemps, les laissa en paix ou, comme en 1722, vit ses tentatives d'invasion repoussées. Le prince-évèque Danilo, après quarante ans d'un règne si tourmenté, mourut paisiblement (1732), tué seulement par c l'antique tueur », Dieu.
Lies Hellènes. - — Quant aux Grecs, ils n'avaient pas eu le temps de répondre à l'appel de Pierre le Grand, et l'échec du tsar n'eut pour eux aucune suite fâcheuse. Leurs élites continuaient à s'élever par l'instruction et la richesse. Nous avons déjà parlé des grands noms littéraires : Athanase Skléros, Léon Allatios \ Nicolas Mavrocordato. On trouvait de grands négociants et banquiers hellènes jusqu'à Moscou ^ . Anvers : alors commença, dans cette carrière, l'illustration des Paléologue et des Cantacuzène, à Stamboul; des Mamali et Notaras, en Morée; des Vatatsès, Chrysoloras, Azaïni, dans les ports de la mer Noire. Quatre grands emplois étaient devenus, dans l'empire turc, le monopole de la race hellénique : les deux grands-drogmanats et les deux principats roumains. Pour la plupart des