I. Voir ci-dessus, t. V, p
852 L^BMPIRE OTTOMAN
Grecs, à ce moment-là, Tennemi, ce n*était pas le Turc, mab bien le Vénitien, maître du Péloponèse.
La Morée sous la domination vénitienne. — Morosini le Péloponésiaque avait divisé sa conquête en quatre provinces : Romanie, Laconie, Messénie, Achaïe, avec les quatre chefs-lieux de Nauplie de Remanie, Nauplie de Malvoisie, Navarin, Patras. Chacune avait à sa tôle un provéditeur^ pour le gouvernement et le militaire; un recteur y pour le civil et la comptabilité. Un cinquième provéditorat, également en pays grec, se composait des lies de Corfou, Zante, Céphalonie, Sainte-Maure et du littoral de Lépante. C*était tout ce qui restait à Venise de son ancien < quart et demi » d'empire byzantin. En Morée même, voyons quels furent les caractères de sa domination de trente années (de 1685 ou 1686 à 1715). Venise avait trouvé le pays dévasté par la guerre, la peste, la famine (la population était tombée de 250 à 100 000 âmes), privé de routes, d'agriculture et' d'industrie, en proie à la piraterie et au brigandage. ÀTec un vigoureux régime militaire elle parvint à rétablir Tordre et une certaine prospérité. Des milliers de familles vinrent ou revinrent des provinces helléniques de Tempire turc. (Par contre-coup, les Grecs de ces provinces, grâce à la crainte qu'eurent les pachas de voir celles-ci se dépeupler, virent leur condition grandement améliorée.) Les abus dans le monopole Ju sel, les abus commis dans la perception de l'impôt par les frimais (notables indigènes) * furent corrigés. De tout cela les Hellènes auraient pu être reconnaissants à Venise.
Mais comme elle se défiait de la mobilité grecque, des rehilions que pouvaient entretenir les primats avec le gouvernement turc et '? clergé orthodoxe avec le patriarche de Conslantinople, elle ne laissa aux Ilellènes qu'une très faible pari dans le gouvernement local. On n*admit dans les conseils municipaux, réorganisés par elle, que les indigènes qui lui étaient tout dévoués, ou môme des Vénitiens. Sa marine et ses régiments protégeaient efficacement les populations contre les brigands, contre les corsaires, mais les impôts étaient lourds.