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malgré les efforts du clairvoyant Somers, accusèrent Toraleur Jenni la Chambre des lords. La cour, le peuple et le clergé Hitourèrent Taccusé de leur enthousiasme; les maisons des principaux dissidents furent brûlées. Les Lords ne prononcèrent, et encore à une faible majorité, qu'une suspension illuloire. Sacheverell fit un voyage triomphal pour aller prendre possession d*un nouveau bénéfice, et la contagion des excès contre les non-conformistes se répandit dans plusieurs comtés.
La revanche des tories (1710). — Parmi les pairs qui inient voté Tacquittement du docteur, on signalait un revenant, un vieux chef éminent des whigs, dégoûté depuis longleopsdela vie politique, le duc de Shrewsbury. En sa faveur la prudente reine commença Texécution de son projet secret, Texpulsion de ses ministres un à un. Le duc devint chambellan i la place de lord Kent. Les ministres n'osèrent ni résister ni 86 démettre. Harley et Saint-John, hommes de talent eux-mêmes, et secondés par de mordantes plumes, commençaient une agitation en vue d'élections générales, et Ton voyait trop bien comment ces élections tourneraient. Sunderland est remplacé par on ardent tory, lord Dartmouth, puis Godolphin renvoyé au profit de Harley. Ensuite Rochester est lord-président au lieu de Somers, Ormond lieutenant d'Irlande au lieu de Wharton. Russell est renvoyé de TAmirauté. Par-dessus tout Saint-John devient secrétaire d'Etat. La dissolution effectuée, on devine l&Ds quel sens le clergé mena les électeurs au scrutin : lo torysme domine dans la Chambre comme au Conseil.
La littérature politique. — Au milieu de ces crises suclessives, une nouvelle puissance apparaît, celle des gens dr ettres engagés dans la mêlée politique. Les pamphlets, noni- >reux et efficaces, du xvii* siècle paraissaient rarement sous me signature illustre. A partir de 1702, surtout de 1710, les Murtis bien dessinés recrutent des défenseurs attitrés parmi les ittérateurs du premier rang. Ces littérateurs deviennent parfois les journalistes, sans cesser pour cela de publier des pamphlets •éparés. Périodiques et brochures ne suffisent même plus à la onsommation politique; la tragédie, l'histoire romaine, se neltent de la partie. Le Caton d'Addison, pièce classique, froide
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pour la postérité, allume les passions, non seulement des connaisseurs, mais (les politiciens sceptiques, mais des boutiquiers de la Cité. Les pamphlets, qui les écrit? Un De Foë, le fular auteur de Rohinson, un Swift, le futur auteur de Gulliver. Tous deux ont inauguré le règne d'Anne Stuart : l'un en faisant suim son Tî*ue borm Englishman, apologie de Guillaume et de II Révolution, d'une attaque contre le torysme anglican qui loii valu le pilori et la prison de Newgate; l'autre avec son C(mk du Tonneau, favorable sans doute à l'anglicanisme contre le catholicisme et la dissidence, mais de si comique façon, qu'A deviendra impossible de faire évèque un si singulier clergynaD. Tous deux ont continué dans la voie politique : De Foë a foulé en 1103 la première Revue, puis il a prêté sa plume à la caose de l'Union; Swift, quittant souvent sa cure irlandaise pour les cercles de Londres, a d'abord écrit dans le sens whig. Mainienant, trouvant cette coterie trop froide à son égard, il passe au tories, attaque le parti de la guerre et la « conduite des alliés», rédige avec Darley et Saint-John en personne le redontaUe Examinei\ Là il combat les deux grands journalistes whigs, Siècle et Addison, fondateurs du Tatler, puis du Spectaior.Mm se rangent dans les deux camps les plus grands écrivains et rAnglelerre, non plus, comme naguère, humbles et mendiiots serviteurs de la cour et des grands, mais courtisés au contraire à leur tour, créateurs, peut-on dire, de l'immense force moderne de la presse. Puissance d'autant plus grande qu'à celte rpoque les débats parlementaires n'étaient ni publics ni publiés. « Le parti vaincu, dit Ranke, en appelait au public par se> pimphlets et ses journaux, avec l'idée que la discussion pourrail ôlre reprise, et celle fois le conduire à la victoire. Tandis qu'en France la littérature est toute monarchique et religieuse sous Louis XIV, toute philosophique sous Louis XV, les deux tendances opposées marrhenl de front et simultanément dans U littérature anglaise. Elles ne sont pas diamétralement opposées? [)aisqiie toutes deux admettent la base du protestantisme et de la constitution; mais elles dilTèrent assez pour produire des vues opposées sur les principales branches de la pensée et de raclivilé humaines... »
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Chute de Marlborough (1711-1713). — Les élections unifiaient clairement : la paix! La Chambre, aussitôt réunie, $ eacha pas son hostilité contre Marlborough. Pourtant les id>iles du gouvernement nouveau, Harley et Saint-John, usèfot de ruse envers cet adversaire encore redoutable, avec si M de scrupule que tout autre que lui aurait eu le droit de se Jiindre. Ils le séparèrent de ses amis, le compromirent avec ^, même avec sa femme; puis quand ils Teurent isolé, quand îb eurent fait manquer ses plans militaires par leurs négocialions secrètes, quand, éclairé enfin sur leurs menées, il revint ao Angleterre s'appuyer sur la majorité whig de la Chambre ^ lords, ils ouvrirent contre lui le feu parlementaire. La eréation de douze pairs changea la majorité de la haute Chambre; celle des Communes le déclara coupable de concussion dans des affaires de fourniture et de solde. Enfin, destitué de ses hauts emplois, il dut quitter l'Angleterre au moment où mourait le vieux Godolphin. Le spectre de la dictature s'évanouissait; il avait beaucoup contribué à la chute du grand eq)itaine, et les deux chefs tories en avaient joué avec esprit. Assistant à la première représentation de la tragédie romaine do whig Âddison, qui soulevait par ses allusions voulues ou non voulues les applaudissements du public whig, ils appelèrent l'auteur dans leur loge, et lui firent des compliments accompagnés d'un cadeau : ils feignaient de croire les allusions dirigées contre le dictateur Marlborough-César.
La paix d'Utrecht (1H3) donnait une grande impulsion à TAngleterre maritime et coloniale, et assurait, au point de vue diplomatique, la succession protestante. On ne soufl'rait pas trop les procédés contestables dont se plaignaient les allies; et Ton ie s'indignait pas encore de voir le traité de VAsiento faire de a marine anglaise la pourvoyeuse générale des marchés d'esdaves.
Les jacobites et les deux chefs tories. — Le loyalisme e plus intense redevenait populaire. On croyait plus que amais au droit divin des rois. On comparait couramment les louffrances du roi-martyr Charles I" à celles de Jésus-Christ. La reine touchait les écrouelles, et quand cette opération^
dédaignée par Guillaume III, produisait uq miracle, on y vo une preuve de la puissance du vrai. sang royal. Le tory anglican, se rapprochant toujours plus du jacobitisme, espi que le Prétendant se rendrait possible, et que, reconi» extremis par sa sœur, il ne tarderait pas à lui succéder, eiîet, la santé d'Anne Stuart déclinait. Deux causes prépari réchec final des espérances jacobites : le catholicisme de candidat et les dissensions intérieures des tories. Jacque refusa très honorablement toute promesse d*adbérer, dans mesure quelconque, à TEglise dont il comptait devenir le c ce qui fît hésiter les préférences de sa sœur, dévote, maisréa à ne pas sortir des limites du protestantisme. D*autre | Harley, devenu comte d'Oxford, Saint-John, devenu vic4 Bolingbroke, dirigeaient maintenant deux fractions diffère du parti vainqueur. Le premier voulait s'entendre avec les modérés des whigs; le second voulait assurer, en tout éta cause, la domination des tories : ce qui le faisait de plus en pencher vers les jacobites.
C'était une grande imprudence de se diviser ainsi en «les whigs, tous partisans de la maison de Hanovre et U ment organisés dans les villes commerçantes. Sans doute, wliigs n'étaient pas assez forts pour empêcher les violence leurs adversaires. Ceux-ci expulsaient du parlement le jeu liste Sleele, élu député, cl, par des bills vexatoires, interdisa aux dissidents les fonctions publiques, même l'enseignem Mais ces mesures réactionnaires commençaient à inqui Topinion publique avec raison, tandis qu'un projet de loi sente par le ministère Talarmait sans raison. Il s'agissait i traité de commerce avec la France, soutenu par la plum( De Foë, attaqué vivement par la Cité, qui prétendait qu< traité serait pire pour Londres qu'un nouvel incendie. A de députés tories se détachèrent de la majorité habituelle j repousser ce traité, qui faisait honneur à Bolingbroke. Chambre acheva sa troisième année dans le malaise génc Les élections, faites sous l'impression de l'alarme comraerci amenèrent quelques whigs de plus, sans déplacer la majo; La reine, de plus en plus malade, mal disposée pour un hér