V(»ir ri-cirssus. p
iffligé (lavoir excité son indignation. Interrogé un jour par Louis XIV sur ce cju*il trouvait de plus extraordinaire à Verttiiles : « C'est de m'y voir », répondit-il.
Les doges de Gênes ne restaient en charge que deux ans, soiTint la constitution qui avait été adoptée en 1576, alors <|amient pris fin les conflits entre nobles de vieille souclie, oobles nouveaux et plébéiens ^ La république ne prit aucune jNJrt à la guerre de la succession d'Espagne : trop heureuse de se Toir oubliée en pareille occurrence.
Dactaés de Parme et Plaisance, de Modène et Reggio. —Les deux familles des Farnèse et d'Esté étaient bien déchues de leur ancienne splendeur. Pendant de longues années les Finèse, ducs de Parme et Plaisance, ne furent occupés qu'à hire valoir contre le pape leurs prétentions au petit territoire de Castro *. Parmi les Este, il en fut un, le duc François V (iS29-i657), qui s'acquit une certaine renommée par la fermeté et le courage dont il fit preuve dans la guerre contre le Milanais, terminée par la paix des Pyrénées. Son successeur, Alphonse IV, s'efforça de faire reconnaître par le Saint-Siège ses droits sur Comacchio. Dans ces démêlés avec le pape, les Farnèse et les dïsle furent soutenus par la France; aussi purent-ils obtenir fielques satisfactions et compensations (1G64). Du reste ces deux Etats ne pesaient guère dans la balance politique. Si l'on parlait des cours de Parme et de Modène, c'était seulement pour les fêtes et les représentations théâtrales qui s'y donnaient. Les Este, en particulier, n'avaient rien trouvé de mieux, pour continuer les traditions artistiques de leur famille, que d'encouniger et protéger l'art que la mode mettait alors au-dessus de tout autre : ils avaient pris à leur solde les chanteurs les plus appréciés, les cantatrices les plus illustres et les exécutants ws plus distingués pour les divers instruments. N'oublions pas que Renaud d'Esté (1694-173") choisit pour bibliothécaire ducal Muratori, qui du reste était né dans son duché.
La Toscane. — Ferdinand II, qui gouverna le grand-duché «e Toscane de 1621 à 1670, favorisa le développement des
1. Voir ci-dessiis, l. V. p. 09i- ^- Voir cHlcssiis, t. V. |>. GÎ*5-696.
sciences, qui en ce temps-là florissaienl en Toscane grâce aux travaux de Galilée et de ses disciples (Torricelli, Viviani, etc.). Sous ses auspices fut fondée TAc^démie del CimentOj qui a?ail pour devise : Provando e riprovando *. Ce fut la le dernier effort intellectuel de la Florence des Médicis, car déjà sous ce même Ferdinand II, prince d'une extrême faiblesse, commença la décrépitude de la Toscane.
Le pire de tous les souverains de cette famille fut Cosme III, qui, pour le malheur du pays, régna cinquante-trois années (1670-1723). A la fois bigot et dissolu, il laissa les prêtres et les moines dominer entièrement dans ses Etats. Sous un tel régime, la population devint hypocrite et dissimulée. L'agriculture, l'industrie, le commerce étaient dans une égale décadence, et cette région splendide, autrefois si prospère, tombait au dernier rang des Étals de l'Europe. Quant au grand-duc, ignorant et vain, il consacrait toutes ses préoccupations et tous ses soins à se faire accorder par les diverses puissances le titre d'Altesse Royale; il dépensait à ces fins d'énormes sommes d'ai^entV
En Toscane subsistait encore la petite république de Lucques, dont le territoire atteignait la mer à la plage de Vîare^io.— Sur la même côte il y avait aussi quelques places fortes (Orbitello, Telamone, etc.) qui, avec Pontolongone dans l'île d'Elbe, constituaient ce que l'on appelait les Présides; elles étaient une dépendance du royaume de Naples.
Les États pontificaux. — Depuis quelque temps déjà les papes avaient pour objectif l'accroissement, la consolidation et l'unification de leurs Etats. Au cours de la période qui nous occupe ici, ils poursuivirent ce dessein et réussirent à s'assurer une souveraineté moins contestée et plus entière. En même lomps ils ornèrent la Ville Eternelle de superbes monuraenK comme la colonnade de la place Saint-Pierre et la fontaine J^ la place Navona, dues au génie bizarre du Bernin (mort à Rome même en 1680). Le Saint-Siège était alors occupé par Inno-
1. Prouver cl réprouvor (Dante, Paradis). — Voir ci-<lessus, p. 395.
2. Il s'éleva entre ('osmc III et sa femme Marguerite-Louise, fille de Gast^ ' <Uic d'Orléans, des désaccords si vifs et si profonds que c«dle-ci s'ei «Il France, provoquant ainsi une éclatante rupture.
en reloL'*^'*^
»at XI (1676-1689), qui eut de graves conflits avec Louis XIV * ; nais son pontificat est particulièrement digne d*attention en seci qu*il marqua la fin du népotisme. Le pontife austère exclut m, parenté de la cour et des offices, et son exemple fut généulement suivi par ses successeurs. Du reste, il déploya dans w>n gouvernement une rigueur si implacable que le dicton laivant courait par la ville : « Si Ton parle, c*est les galères; si 'on écrit, c*est la potence; si Ton se tient coi, c*est le saint- >Hice ». Ce régime sévère s*atténua quelque peu sous ses succcsteors, mais en somme les Romains ne connurent jamais, à un l^ré quelconque, la liberté de penser. On comprend que rhommele plus remarquable qui soit né alors dans cette région, Métastase (1698-1782), ait été porté à développer exclusivement, mais jusqu*à la perfection, Télément musical de la poésie.
Naples. — Le pays de Naples avait été épuisé à un degré à peine croyable par la domination espagnole. On a calculé qu*en eent soixante ans plus de 180 millions de ducats ont été expédiés de Naples à Madrid. Rien n*en n*était dépensé au profit des populations qui les payaient. Ni routes, ni industrie, ni commerce. C*était le peuple qui supportait presque intégralement le poids des impôts : la noblesse trouvait toujours moyen de s'y soustraire, soit par Tintrigue, soit par la violence, soit même grâce à la connivence des ministres d'Espagne. Aussi des révoltes étaient-elles fréquentes, bien que, pour les motifs que nous avons déjà exposés *, elles ne pussent aboutir à la délivrance du joug étranger. C'est ainsi qu'il y eut une nouvelle émeute à Naples en 1656. Le duc de Guise, qui, prisonnier des Espagnols à la suite des événements de 1648, était sorti de prison en 1652, vint, avec quelques vaisseaux réunis en Provence, surprendre Castellamare. Là se bornèrent ses succès. Naples 4nt continuer à subir la morose tyrannie de TEspagne jusqu'au début du xvni* siècle.
A la mort de Charles II d'Espagne (1700), Philippe d'Anjou f'it reconnu sans opposition dans le pays de Naples. Mais, à la
• ^ propos de ce conflit et de tous ceux survenus entre Rome et la France courg de cette période, voir chap. vi {VEglise catholique). ^' Voir t. V, p. 703-705.
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suite de la victoire de Turin, les Impériaux envoyèrent li aussi une armée, qui n*eut pas de peine à chasser de partout les troupes espagnoles. Le 7 juillet 1707, le comte de Martiniti, nommé vice-roi par TEmpereur, entra dans la capitale aux acclamations du peuple, et peu après, il reçut la soumission de Gaëte, la dernière ville où les troupes de Philippe d'Anjoo tinssent encore garnison. C'est ainsi que lé pays de Naples, une année après la Lombardie, passa de la domination de TEspagne à celle de TAutriche. Le fait accompli fut consacré par les traités d'Ulrecht et de Rastadt.
La Sicile et la Sardaig^e. — En Sicile aussi le mécontentement contre le gouvernement des Habsbourg-Espagne s elail à plusieurs reprises manifesté par des rébellions ouvertes; on a déjà parlé de celle de Palerme en 1647*. En 1674 éclata l'insurrection de Messine. Cette ville s*était maintenue dans le calme durant les troubles de Palerme et de Naples, et le gouvernement espagnol, pour lui en marquer sa reconnaissaDce, avait confirmé et étendu ses antiques privilèges. Puis les vicerois, peu à peu, prirent Thabitude de ne tenir aucun compte de ces privilèges, et les habitants se divisèrent en deux partis : celui des Merli, favorable aux étrangers, et celui des Mahezzi, animé de tendances absolument opposées. L'excilalion des esprits alteiirnit un tel degré qu'une lutte à main armée s'engagea en juin 1674 : la garnison fut expulsée de Messine. Bloqués aussitôt par une flotte espagnole, les habitants pensèrent à se donner en vasselage à la France et jurèrent fidélité à Louis XIV. En janvier 1675, les premiers bâtiments envoyés de France au secours des insurgés pénétrèrent dans le port; à leur tour les Flspagnols reçurent le renfort d'une escadre hollandaise, et la lutte se poursuivit ainsi plusieurs années sans grand résultat *. Finalement, Louis XIV, pour obtenir de meilleures conditions dans le traité de paix qui se débattait à Nimègue, abandonna Messine (mars 1678). Alors beaucoup d'habitants de cette ville, n'espérant aucun pardon des Espagnols, s'embarquèrent sur la flotte française. Le gouvernement de MadriA