Voir ci-<li'ssiis. p. Uj
2. Voir ci-dessous, I. VII, le chap. : les Sciences en Europe.
lasius a laissé en Allemagne une forte empreinte. Le droit civil t le droit criminel étaient alors, comme le droit politique, utravés par des procédures dont la lourdeur et la bêtise sont restes proverbiales. Préoccupé de la réforme de la justice, Thomalius s attacha àdélimiter le domaine de la science sacrée et celui le la science humaine, les limites du droit canon et celles du Iroit civil. D*un caractère plus agressif queLeibnitz, il ne craint jas la lutte : il attaque le pédantisme des professeurs, Thyposriftie des théologiens, la servilité des fonctionnaires, la malhonlètetédes marchands.il condamne aussi Tabus du droit romain, ^ avec Taide du jurisconsulte Hermann Conring, travaille à hire rendre la place prépondérante au vieux droit allemand. C'est en partie grâce à lui que T Université de Halle servit au recrutement de ladministration prussienne.
Poésie. — Dans la littérature proprement dite, aucun nom Décommande Tattention. Les œuvres de la fin du xvn* siècle ît du commencement du xvni® donnent une idée de la barbarie dont souffraient encore les contemporains de Leibnitz. Bovahie par un pédantisme désespérant, la poésie ne s'occupe même plus des sentiments et des idées. Mais bientôt une rénovation se manifeste. Elle apparaît d'abord dans la poésie religieuse, qui cherche à consoler, au nom des croyances évan- ^liques, des misères que la guerre de Trente ans avait amoncelées. Son représentant le plus distingué est Paul Gerhard t (1607- 1676), qu'on a nommé le second créateur, après Luther, du cantique allemand. Celui qu'on appelle Y Ange de la Silésie, lohann Scheffler, nourri de la lecture de Bœhme et de Tauler, ;hante surtout l'amour du divin, et proclame l'identité de l'homme et de Dieu dans des termes où l'on a pu voir en germe es formules de Fichte. D'un caractère pratique et moral plutôt [ue dogmatique, toute cette poésie, imprégnée d'une tendre délé et d'une naïve résignation, a en somme un accent honnête t convaincu; elle est en outre précieuse pour nous faire conaîlre l'état des consciences et des âmes pendant cette période.
En même temps se forme une seconde école de Silésie, qui abandonne bien plus que la première au courant de l'époque,
imite tantôt l'étranger, tantôt ses prédécesseurs, en introdui-
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développe, la croyance à la sorcellerie fait de nouveaux progrès- Cette sorte d'épidémie intellectuelle et morale prend des pro-' portions considérables et amène parfois de véritables émeutes- Quant aux Universités, elles sont aussi en décadence. Les meil^ leures sont celles de Leipzig, d'Iéna, de Heidelberg, de Tûbingen - Celle de Halle est surtout fréquentée par les jeunes gens de la. noblesse. Mais les professeurs sont médiocres et les étudiants paresseux et dépravés. Thomasius leur reproche amèremeai leur conduite et ne craint pas de dire c que la plupart d*eatre eux retournent à la bestialité >. Chez les hommes qui concevaient encore quelque culture intellectuelle, le pédanlisme, la. mesquinerie, la pusillanimité, le servilisme ne font que grandir.
C'est pis encore dans les petites cours, qui s'efforcent à 1 envi d'imiter celle de Versailles. Tous ces princes, qui avaient jusqu'alors vécu simplement en grands propriétaires, veulent maintenant avoir une cour majestueuse, se font bâtir des palais et édictent un cérémonial rigoureux. Les modes de la France envahirent alors l'Allemagne encore plus que ses armées. On (it venir à grands frais gouverneurs et pédagogues, comédiens et maîtres de danse. On chercha surtout à se divertir de toutes manières. Les fêtes, ou < inventions », comme on les appelait, se succédaient sans relâche. Mais tous ces amusements diurnes cl nocturnes, chasses, carrousels, courses à la bague, féeries mythologiques, bals travestis, nécessitaient un budget d'autant plus lourd que, toujours pour imiter le « grand roi », on a>*ait multiplié les charges et augmenté outre mesure un personnel inutile de serviteurs richement vêtus.
Cette fausse civilisation à la Louis XIV, transplantée sur le sol germanique sans être accommodée au caractère national, y prit un aspect ridicule et parfois abominable. En Saxe, Jean- George II déployait un tel luxe « à la parisienne » que le pays? déjà bien appauvri avant son avènement, était ruiné eu 1660- Auguste le Fort — « fort comme Hercule et beau comme Apol' Ion », disaient ses flatteurs — poussait l'extravagance jusqu'aux dernières limites. « On eût dit un Mongol transplanté au miiie" d'une civilisation corrompue. » Sa vie privée ne fut q\x^^ perpétuel scandale, et ses favorites (il en eut, dit-on, cent ving^)
ne coùtëreut pas au trésor moins de vingt-trois millions. Qoznt à la cour de Vienne, c*était une imitation combinée de la cour d*Espagne et de la cour de France. Tandis que TEmliereur avait adopté la perruque Louis XIV, les courtisans portaient le costume noir et le manteau court des seigneurs espa- •ools. L*étiquette était rigide, et le cérémonial inflexible : lorsqu 'Auguste de Saxe traversa Vienne pour prendre part à l'expédition contre les Turcs, l'Empereur et son flls, qui étaient allés au-devant de lui jusqu'au pont du Danube, flrent dix pas isa rencontre, et lui en laissèrent faire huit bien comptés.
D'ailleurs, tous ces princes allemands professaient comme Louis XIV, la théorie du pouvoir absolu, et se croyaient le droit de disposer des biens et de la vie de leurs sujets. Tous étaient pourvus d'une administration de fonctionnaires qui dirigeaient les moindres affaires, pendant que la police surveillait étroitement la conduite de tous les sujets. Au nom d'une prétendue « raison d'Etat, Staalsraison », les droits des particuliers, la coutume, les lois devaient plier devant l'intérêt de l'Etat, c'està-dire, en défînitive, de la famille régnante. Et là où par hasard le pouvoir échappait au souverain, comme dans le Wurtemberg ou le Mecklembourg, ce n'était pas pour le plus grand avantage des peuples. Il passait à une oligarchie oppressive.
Premiers signes d'un réveil. — Grâce cependant à cet esprit de patience, à cette application au travail qui est un des traits caractéristiques de la race germanique, le peuple allemand 5e releva, plus aisément qu'on n'eût pu d'abord le croire, de 'abaissement dans lequel il était tombé. Ce fut l'agriculture qui ' développa le plus vite; l'élevage du bétail et spécialement * chevaux devint très prospère dans certaines contrées, dans duché d'Oldenbourg par exemple, qui, au temps du prince t-oine-Gùnther (f 1667), était ^WTïiommé Paradisus Equestris, **s la fin du xvni* siècle, l'industrie reprit aussi un certain ^^Dr : l'exploitation plus active des mines fournit peu à peu le ^ital qui faisait défaut. Les corporations qui n'avaient pas Sfc-paru furent réoi^anisées, et leur situation dans la vie natio- -Xe fut modifiée. Elles cessèrent d'être des rouages de la vie Ionique pour devenir, de plus en plus, des associations de droit
privé, et furent l'objet d'une sévère réglementation (Saxe en 1661 et 1671, Autriche en 1689). Les salaires des ouvriers, qui nous semblent bien faibles quand on les compare à cem d'aujourd'hui, étaient cependant proportionnellement plus éleTés, eu égard au bon marché extrême des choses de première néceisitéV Le commerce se ranima à son tour. Des routes nouvdlei furent construites, le service de la poste fut même remarqai. blement organisé. Des banques furent créées, à TimitatioDde celle de Hambourg, la seule qui subsistât en 1648. Les juifset les marchands italiens, dispersés dans toute TAllemagne, de?iQ. rent des agents de progrès financier et développèrent le crédit, tandis que les Prussiens, relevant l'héritage de l'Ordre Teutonique et des Hanses, et combinant l'esprit du Nord avec l'idée classique et romaine de la monarchie de Louis XIV, aiguisaient leurs forces et se préparaient à marquer toute rAllemagne du Nord d'une ineffaçable empreinte.
BIBLIOGRAPHIE
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I. Vuioi le tarif des prix à Hatisboiinc pendant la tenue de la diète de 16;);^ (r'est-à-<lire à un moment où ils devaient être plus élevés) : i livre de Ixrufoa de veau valait i kreuzers; I livre de lard 7 kreuzers, le beurre 9 à 10 kreuzers = une mesure de bière brune »i pfouni^s. Le prix de la « table d'hôte • était de* :{0 kreuzers et le repas «tes domesti(|ues était compté 15. La nourriture quolidieniie «l'un ouvrier daus la eampamie ne peut être évaluée à plus «lefOon 12 kreuzers (L>!i à :]0 eeulimes) : ce qui correspondait à environ un tiersdu salaint? habituel, proportion plus satisfaisante ([ue celle d'aujourd'hui.
iitrow, Pufendorfs Lehre von der MonstrosUaet der Reichsverfassung, 1882.) .Ladolf Hugo, de Statu regionum Germaniœ, 1661. — Von Seckendorf, ^ittsc^^ Pûrstenstaat, 1656. — Valckenier, dos Veincirte Europa^ 1683. — i^nner, Historia comitiorum Imperiatium, 1694. — Chappuzeau, r Allemagne g lUlation nouvelle de toutes les cours de l'Empire, 1673. — Spanheim, litres sur les conjonctures de 1688 (publié par Ranke, Pranzœsische lneJ^Afe, t. lY). — De la Rosière, État de la cour de Brandebourg en 1694, laUié par Schefer, 1887. — Pufendorf, De rébus gestis Friderici-Wilhelmi, ypnclectoris Brandenburgici, commentariorum libri 19, 1695. —Pufendorf, Vrf6ti5 gestis Fiiderici lll, 1768.
n faut aussi consulter les Mémoires de Frédéric II pour servir à l'histoire kla maison de Brandebourg, parus en 1746; ceux du comte Dohna sur le ^gae et la cour de Frédéric I<»% parus en 1833; la première partie des Bémoires de la margrave de Baireuth depuis Tannée 1706: les mémoires |eC.*L.deP(Bllnitz pour servir à Thistoire des quatre derniers souverains le la maison de Brandebourg, Berlin, 1791.
pour la critique des sources voir Droysen, zur Quellenkritik der deutschen Itteki^Ue des Z?^" Jahrunderts (dans Forschungen zur deutschen Geschichte,