‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 67 sur 167 · Voir ci-dessous, t. VU, chap. : VArt en Europe · texte numérisé non relu

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Persécutés par les orthodoxes, dont la jeunesse discutait les B(ODS, les piétistes s'adressèrent à TEIecteur de Brandebourg, qui eor offrit un asile à Halle. L'Université fondée dans cette ville )0 1694 devint le principal foyer du piétisme, qui gagna surtout es âmes tendres, rayonna sur toute rAllemagne, pénétra dans 0S couches les plus profondes du peuple et se répandit en Suisse et dans les Pays-Bas. Francke et Zinzendorf en furent tprès Spener les principaux représentants.

Les aspirations intellectuelles qui déterminèrent Téclosion du piétisine se traduisirent dans d'autres esprits par le désir d'une rèilosophie nouvelle fondée sur la raison, et ne relevant que felle-mème. Un nom domine tout le mouvement philosophique l'alors : celui de Leibnitz (1646-1716), génie bien allemand par b sentiment profond qu'il a de la vie et des obscurs dessous le la pensée, mais aussi génie presque français par l'aisance ivec laquelle il se répand dans tous les domaines de la spéculalîûD et de la pratique, par la clarté de l'exposition, par la facilité ivec laquelle il mpnie notre langue, par le commerce qu'il Mitretient avec plusieurs de nos grands écrivains.

Considérant le cartésianisme comme l'antichambre de la rérité, il prétend < réformer la notion de substance >, et renouveler la science en même temps que la métaphysique, en chassant de partout « la torpeur et l'inertie » pour retrouver ra tout être la force, l'unité spirituelle, la monade qui en fait on centre d'activité et de perceptions. Persuadé que « les systèiliies sont vrais en ce qu'ils af Arment et faux par ce qu'ils nient», et convaincu que le mal n'est jamais que la condition l'un plus grand bien, il est le plus érudit, le plus conciliant, le plus optimiste des esprits de son temps : il en est aussi le plus original et le plus inventif. Il découvre le rôle immense les infiniment petits. 11 révèle le monde de l'inconscient. Il a 'intuition de la continuité universelle, tout en maintenant »ntre le panthéisme la distinction essentielle des êtres singuiers. Ayant à traiter des origines d'une des maisons régnantes le l'Allemagne, il remonte aux conditions ethnographiques et •éologiques, dont dépendent profondément les événements his- Driques. Il devine ce qui sera plus tard la linguistique. Et

cet inventeur du calcul infinitésimal * contribue à fonder le droit des gens ! L*un des premiers, il a la conception très nette d'un droit naturel et d*une morale, si Ton peut dire, laïque et proprement rationnelle. Il prétend montrer que le règne deli grâce et la cité de Dieu ne font que couronner par un progrès continu le mouvement ascendant de la nature. Et, comme 3 pense réconcilier la raison et la foi, il rêve l'union de toutes les âmes religieuses dans un christianisme nouveau.

Ce n'est donc pas seulement comme philosophe, c'est comine savant, comme juriste, comme homme d'action, que Leibnili tient une grande place dans l'histoire de la pensée humaine. Son génie universel a tout embrassé : il peut être regardé comme le créateur de l'histoire nationale, car nul avant loi n'avait montré comme il l'a fait tout le parti qu*on peut tirer des documents enfouis dans les archives des princes allemands. Il remuait le monde savant par ses découvertes, discutait avee Bossuet la question de la réunion des Eglises, et s'intéressait à toutes les grandes questions de la politique. Il figura parmi les négociateurs de la paix d'Utrecht. Nul n'a déploré plus que lui les vices de la constitution impériale, le morcellement de la souveraineté et Tégoïsme des princes. Optimiste quand même, peut-être espérait-il ramener ceux-ci à de meilleurs sentiments et développer en eux l'idée de dévouement à la patrie commune. Ses projets de réconciliation religieuse, auxquels il a donné une si grande part de son temps, attestent aussi la hauteur de sa pensée. C'étaient les avantages politiques de la réconciliation qu'il avait surtout en vue : il pensait que l'Allemagne pourrait alors redevenir la première puissance de la chrétienté. Mais l'effort que Leibnitz demandait à ses compatriotes était au-dessus de leur pouvoir.

De ses disciples, le plus célèbre est aujourd'hui Euler, qui s'illustra surtout comme mathématicien '. Mais celui dont l'actioa fut le plus considérable, c'est Thomasius (1653-1728). C'estdans le domaine des sciences politiques et surtout ]du droit que Tho-

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