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B à certains égards une existence propre, elle est officîellet incorporée au Danemark (diète de Copenhague, 1536); elle plus guère d'histoire particulière, et dans tout le cours du ' siècle son rôle sera très effacé.

autre part, le protestantisme a complètement triomphé, et riomphe a eu nécessairement d'importantes conséquences tiques et même économiques; les autorités religieuses ont rendues plus dépendantes des pouvoirs laïques et de nom- IX biens d'Eglise ont été sécularisés.

aGn la prépondérance des villes Hanséaliques, qui avait si rtemps et si lourdement pesé sur le Nord, est maintenant ée. Outre son importance politique, cet amoindrissement la Hanse présente une importance économique non moins [ide, car il permet au commerce national des Etats scandies de se développer plus librement.

L côté de ces phénomènes faciles à apercevoir au premier pd'œil, la même époque vit encore se manifester un certain obre de courants, moins nets, parfois même contradictoires, isi l'on peut distinguer, à la fois, une tendance vers l'accroislent du pouvoir royal et, d'autre part, l'augmentation de fluence de la noblesse, qui se produit, en partie, au détri- Qt de ce même pouvoir. La grande activité intellectuelle qui nait alors en Europe s'étendit jusqu'aux Etats du Nord : elle itribua à y rehausser le niveau des classes moyennes et préa ainsi certains changements politiques. Mais ces courants iveaux, venus surtout de l'étranger, se heurtèrent aux anciens ges et à l'antique constitution politique et sociale : il en ilta nécessairement une certaine confusion, si bien que, qu'on cherche à se rendre compte de l'état intérieur des Biumes Scandinaves à la veille de la guerre de Trente ans, on rouve en présence d'une situation, à maints égards, trèscomuée.

ja constitution suédoise. — Gela est surtout vrai de la îde. II y existe, en effet, — comme du reste en Danemark, — s pouvoirs distincts et dont les attributions ne sont pas nettent séparées. Mais, tandis qu'en Danemark, comme nous le rons tout à l'heure, un de ces pouvoirs annihile les deux

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autres, ici tous les trois existent bien réellement, et même, chose remarquable, se développent et se fortifient simultanément. Ces pouvoirs, ce sont le Roi, le Sénat et la Diète.

La Diète (Riksdag), dont l'organisation était demeurée longtemps très incertaine, a été constituée d*une façon précise par une ordonnance de 1617. Elle se compose des représentants des quatre ordres de TËtat : noblesse, clei^é, bourgeois, paysans. Elle ne se réunit point à dates fixes, mais lorsqu'il plaît au toi de la convoquer. Ses prérogatives sont cependant étendues : la capitulation de Gustave-Adolphe, un acte sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, rend son concours nécessaire pour rétablissement de lois nouvelles, pour déclarer la guerre ou faire la paix. Elle doit aussi être consultée au sujet des impALs et des levées de troupes. Si les quatre ordres sont représentés à la Diète avec des droits égaux, ils sont loin cependant d ayoiria même importance dans TEtat. La noblesse possède une situation prépondérante et qui tend à grandir encore. Elle a, comme partout, certains privilèges : notamment des droits de justice et des exemptions d'impôts. Ses membres sont en outre l'objet des faveurs constantes du souverain : ils sont toujours préférés aux roturiers pour toutes les fonctions publiques, et c'est pourquoi l'administration tout entière se trouve entre les mains de rarislocratie. Mais la noblesse est loin de former un corps. L'ordonnance de 1G2G, qui a fixé son organisation, la divise en plusieurs classes, et celte division correspond bien à la réalité d(»s choses. La noblesse inférieure est nettement séparée de la haute noblesse : souvent môme elle lui est hostile, car elle lui envie sa situation au[)rès du souverain et l'influence plus grande qu'elle exerce dans l'Etat, notamment grâce au Sénat, qui est à maints égards son représentant, et cela de par sa constitution môme.

Le Srnaf, dont les membres sont les premiers personnagesdu royaume, se compose des qualre*ou cinq plus hauts fonctionnaires et de quelques autres membres appartenant aux plus grande» faniillrs. C'est, à proprement parler, le Conseil du roi : appela SriinfHs, on latin, on le nomme, en suédois, le Conseil (1^ royaume {Jlf'/ismd). Toutefois ce conseil n'est point permanent;

âVâNT la guerre de trente ans 611

mais si, comme la Diète, il ue se réunit que lorsqu'il est convoqué, il a, cependant, des droits étendus. Il doit approuver les contributions et impôts, intervenir pour l'élaboration des lois nouvelles, pour déclarer la guerre ou conclure la paix. Les prérogatives du Sénat et de la Diète, très étendues en droit, sont dans la pratique singulièrement diminuées, et, à Tépoque où nous sommes, le gouvernement appartient, en fait, au roi. R.égne de Gustave- Adolphe. — En effet, le roi dalors, Gasiave II Adolphe (161M632), fils de Charles IX, parvient à ieair très peu de compte des restrictions apportées à son autorité, et cela est d'autant plus remarquable que ces restrictions ont été une des conséquences mêmes de son accession au trône. La monarchie suédoise a été solennellement déclarée héréditaire à plusieurs reprises, notamment par la loi de succession de 1604; mais, — et c*est là un point qu'il ne faut jamais perdre de vue quand on veut apprécier le véritable caractère du gouvernement d'alors et comprendre nombre d'événements de cette époque, — les vestiges du temps où la monarchie était élective se sont maintenus vivaccs dans les esprits et dans les mœurs. U arrivera souvent que des diètes interviendront lors de la transmission de la couronne. Gustave-Adolphe s'intitule « roi élu et prince héréditaire » : ce titre bizarre, que sa fille Christine portera également, est rigoureusement exact. Quand il est monté sur le trône, des difficultés relatives à l'interprétation de la loi de succession durent être tranchées en sa faveur par les Etats. Par suite, et conformément aux antiques coutumes, le lïouveau roi souscrivit, en échange de sa proclamation, un •acte de garantie », une capitulation spécifiant et précisant les prérogatives de la Diète et du Sénat. Mais si le pouvoir royal se trouve ainsi restreint par les souvenirs du passé, par l'existence i côté de lui de deux autres pouvoirs et par les engagements lu'il a pris lui-même, le sentiment monarchique est très profond (Ifi^ns le pays. Le roi est un homme de génie et un général Womphant, et ainsi il se trouve avoir une autorité morale suffisante pour ne point rester toujours dans la stricte légalité. Il se dispense, par exemple, de convoquer le Sénat chaque fois quille devrait : il travaille séparément avec tel ou tel sénateur,

OU même prend ses décisions sans slnquiéter de personne. La Diète, qui lui doil son organisation, est assurément convoquée assez souvent et invitée à sanctionner les levées ou les impôts; mais Gustave a, somme toute, les mains libres et agit à sa guise. Tandis que ses victoires donnent à la Suède une haute situation en Europe, il peut refondre comme il Tentend toute l'organisation administrative du pays, secondé en cela par deux hommes, d'inégale valeur assurément, mais remarquables tous deux : son ancien maître Jean Skytte et le chancelier Axel Oxenstierna, Tun des plus grands hommes d*Etat que la Suède ait jamais eus.

Gustave-Adolphe refondit les autorités provinciales, en séparant nettement les pouvoirs civils et militaires, et fortifia le pouvoir central en développant et affermissant la chancellerie royale. Le système judiciaire fut aussi amélioré par la création de cours d'appel. Monarque essentiellement militaire *, Gustave se préoccupa constamment de l'armée et de la flotte. Les effectifs furent considérablement augmentés : on estime qu a la mort du roi l'armée comptait plus de 40000 hommes, non compris les mercenaires et les contingents étrangers. Son organisation fut aussi modifiée : c'est à cette époque que l'on voit apparaître la division des troupes en régiments provinciaux. Diverses mesures furent aussi prises en vue de favoriser le développement du commerce et de Tindustric. Cette dernière était surloul relardée par l'absence d'hommes ayant les connaissances lechnicjues nécessaires et par le manque de capitaux. Des étrangers furent appelés en grand nombre, etl'on s'efforça aussi de trouver de l'argent. Cela ne laissait pas toutefois que d'être malaisé. La Suède était alors un pays profondément pauvre, sans grand cpédil et dans une situation embarrassée. Gustave-Adolphe, malgré ses efforts, ne parvint pas à remédier complètement à cet état (le choses : il eut beau prêter la plus grande attention à l'administration financière et faire dresser avec beaucoup de soin les états des recettes et des dépenses : il se trouva maintes fois aux prises avec de sérieuses difficultés et dut souvent emprunter à des taux exagérés.

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