‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 99 sur 167 · TRAITÉS DUTRECHT; PIN DR LOUIS XIV · texte numérisé non relu

TRAITÉS DUTRECHT; PIN DR LOUIS XIV

Mort de Louis XIV. — Louis XIV, âgé de soixante-dixsept ans, touchait à sa fin, et, depuis la mort du duc do Bourgog^ne, la régence devenait inévitable. Lorsque mourut le duc de Berry (4 mai 1714), on se demanda avec anxiété qui gouvernerait au nom de Louis XV. Serait-ce le duc d'Orléans, premier prince du sang, à qui la tradition monarchique semblait devoir attribuer la régence, mais qui était convaincu, quoi qu'en dise Saint-Simon, d'avoir convoité et même stipulé secrètement auprès des coalisés sa part dans les dépouilles de Philippe V? Seraient-ce les princes légitimés, auxquels un acte du 19 juillet 1714 attribua, contre tout précédent et au grand scandale de plusieurs, le droit de succession au trône? Serait-ce même le roi d'Espagne, qui n'avait cessé de protester au fond du cœur contre les renonciations d'Utrecht?

Louis XIV tint à se montrer jusqu'au bout mieux portant que jamais et à remplir ses devoirs de souverain. Le 20 juin 1715, il resta quatre heures à cheval. Les gazettes hollandaises, il le savait, annonçaient sa fin prochaine et des Anglais avaient parié publiquement qu'il ne passerait pas le 1®' septembre. Le 10 août, la maladie qui devait l'emporter commença, et, le 24, fut reconnue mortelle. Le 27, son testament, tenu secret, fut porté au Parlement et enregistré en silence. Il confiait au duc du Maine la garde du jeune roi, avec le commandement de la maison civile et militaire. Il ne laissait au duc d'Orléans que la présidence d'un Conseil de régence dont les membres étaient d'avance désignés. Louis XIV, épuisé par ce dernier effort, n'avait guère d^illusions sur l'exécution de ses volontés : « Mon testament deviendra ce qu'il pourra, mais du moins on ne m'en parlera plus. » Il acheva de vivre, sentant en présence sous ses yeux, et se mesurant dans l'attente d'une lutte prochaine, d'un côté les princes du sang, les ducs, les magistrats, quiconque voulait se relever d'une longue seiTitude et changer sous un roi mineur la marche et l'esprit du gouvernement, d'un autre côté les princes l^itimés et M"* de Mainlenon, qui espéraient encore, favorisés par l'apathie voluptueuse du duc d'Orléans, continuer leur règne.

Le « grand roi » attendit sa fin avec un calme souverain, inspiré par l'humilité chrétienne. II se fit amener le petit dau-

phin : « Ne m imitez pas, lui dit-il, dans mon goût pour les ments et pour la guerre, et faites en sorte de soulager vos|>euples. » Il lui arriva de murmurer : « Quand j^élais roi. > Dès le 28 août, M"" de Maintenon, le voyant sans connaissance, le quitta pour aller s'enfermer à Saint-Cyr.

Il rendit le dernier soupir au milieu de quelques serviteurs, le 1" septembre, après avoir accompli le plus long règne de l'histoire. « Le Roi est mort », dit-on à Vienne et dans les cours étrangères. En France, Massillon, prononçant loraison funèbre d'un prince qu'on avait appelé Grand par délibération officielle et que la bouche des poètes et des courtisans avait tant de fois proclamé tel, débuta par ces mots, soulignés et commentés par les cruelles manifestations de l'opinion populaire *, comme par les commenlaires clandestins et peu évangétiques du duc de Saint-Simon : « Dieu seul est grand. >

BIBLIOGRAPHIE

Document «. — Ifignet, Négociations relatives à la succession d Espagne (celle publication, inachevée, ne conlient pas de pièce postérieure à 1679).

— De Vault, Mémoires militaires relatifs à la succession d'Espagne, arec intnuluclioii par le lieutenant général Pelet, Il vol., Paris, ISlKVi^jî.

— Lamberty, Mémoires pour tn'rvir à l'histoire du A'V'W- siècle, VI vnl. La llave, 172^-173^ — Hippeau. Avènement doi Bourbons au trOne ifEsfKHjne (Papiers de d'Harcourl), 2 vol.. l«7o. — De Girardot. Correiporubinre (h' Louis XIV arec M. Amrlot, '2 vol., isni. — Grimblot. Lcfters of WUliainllI and Louis XIV imd thcir uiinistcvs i Ir)<)7-I70n), 2 vol., Londres. !8»S. - De Rambuteau, Lettres du ni'm'chal de ÏVs.sv*, i vol., i8S8. — Journaux *\t! Dangeau (t. VlI-XVl) cl du niarciuis de Sourches (à partir du l. VI;. - Pour les év»''nenienls (pii l'urout à riulérieur le conlre-cou[> de la guerre cxlê rieure, voir ci-dessus, p. 221, la bibliographie du chap. iv.

Au corps diplomatique de Dumont se trouveulles deux traités dt* pateo r[ le lestauient de Charles II (en espagnol). Le texte français de celte pi'Vc est dans le Journal de Soui'ches(t. VL Appendice).

MoiiKiiiH^M cMMitciii|MimiiiM. — Mhnolrcs de; M. de X... ijurr}). La Haye, 17.)7, \\ vol. — Du même. Journal inédit... pendant /es mu"^ /70.9, iîtn et 17 H (publié par Fréd. Masson, ISS'*). — LouviUe, }!armrfi secrets, 1S18, 2 vol. — Saint-Philippe, Mémoires pour servir à l'tii>bii\ <h' n^lspnfjnc S(nis le rôfjnc de Philippe V (Irad. en français par Maudavei. » vol.. Anislcrdaui, I7;'>0. — Mrmoires de Ber^rick (rédigés par Tabbé Marjoir. Paris. 1737. (h; Tessé (publiés par Orimoard), Paris, ISUO. 2 vol., de Saint-Simon, de Noailles (2"^ partie: rédigés par l'abbé MilloD.de Mérode-

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