IV. — Les Protestants
État des Églises protestantes au XVHT siècle. — 11
nous reste à étudier les rapports de l'Église catholique avec les Églises protestantes. Indiquons d'abord dans quel état se trouvaient ces dernières au xvinc siècle. Le principe du libre examen, posé par Luther et Calvin comme fondement de la Réforme, avait eu pour conséquence d'engendrer des sectes nombreuses dans chacune des trois confessions principales (luthérienne, calviniste, anglicane) qui dès l'origine s'étaient partagé les adhérents de la nouvelle religion.
On avait vu se former au xvi° siècle : — en Allemagne, les anabaptistes ou mennonites, subdivisés en « fins » et « grossiers », les schwenkfeldiens, les antitrinitaires ou sociniens, qui passèrent au xvnc siècle en Pologne, puis en Transylvanie ; — dans les Pays-Bas, les remontrants ou arminiens; — en Angleterre, les baptisiez, les puritains ou non-conformistes , les indépendants ou congrégationalistes, auxquels s'ajoutèrent, en 1649, les quakers (trembleurs). Quelques-unes de ces sectes avaient disparu, ou à peu près, au xvme siècle. D'autres s'étaient maintenues, qui subsistent toujours. Ainsi les anabaptistes ont encore des adhérents en Allemagne, en Hollande, dans l'Amérique du Nord. Les baptistes, qui s'étaient répandus en Amérique au milieu du xvn* siècle, y comptent quatre millions de partisans, sous treize dénominations différentes. Les puritains sont nombreux en Ecosse et môme en Angleterre, où le bill de tolérance de 1689 leur a permis de vivre. Les quakers, qui fondèrent en 1681 l'Etat de Pensylvanie (Amérique), où ils prospérèrent pendant un siècle, sont au nombre de 200 000; on en trouve quelques-uns en France^ autour de Nîmes.
A diverses reprises, les chefs du protestantisme officiel avaient essayé de rallier tous ces dissidents. Mais les tentatives faites pour constituer un Credo unique, « le bill d'uniformité » (1559), les « formules de concorde » (Maulbronn, 1574; Torgau, 1576; Bergen, 1577), les essais de « syncrétisme » (Georges