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LES AUTRES ÉTATS DE L'ALLEMAGNE

commencent toujours par la formule : « Nous, par la grâce de Dieu... » Ils ont des chancelleries organisées comme celles des grands royaumes et un nombre de fonctionnaires et d'employés.

États de l'Allemagne du Nord : Saxe, Hanovre, Mecklembourg. Hesse. — Dans l'Allemagne du Nord, c'est la Saxe qui occupe toujours le premier rang. Frédéric-Auguste Ier, le Fort (1694-1133; en Pologne, Auguste II, depuis 1697), eut pour successeur Frédéric-Auguste II (1733-1763; Auguste' III en Pologne). On a vu comment celui-ci, époux de Maria-Josepha, fille aînée de l'empereur Joseph Ier, fut impliqué dans les guerres du xvuie siècle, (d'abord succession de Pologne, puis succession d'Autriche). L'insuccès de sa politique et l'influence néfaste que prit sur lui son premier ministre, l'intrigant comte de Briihl, provoquèrent le mécontentement de ses sujets. En se rapprochant de l'Autriche et en complotant avec elle le partage de la monarchie prussienne, il s'attira de nouveaux désastres, qui coûtèrent à la Saxe 40 millions de thalers. La maison de Wettin était définitivement reléguée au second plan par les Hohenzollern. La couronne de Pologne lui échappa définitivement lorsque Catherine II la plaça en 1764 sur la lôte d'un Poniatowski.

En se convertissant au catholicisme, Frédéric-Auguste Pr avait respecté la situation de l'Église luthérienne dans son royaume de Saxe et en avait effectivement conservé la direction en confiant celle-ci à l'un de ses cousins, le duc (protestant) de Saxe-Weissenfels. Mais les prétentions rivales des ducs de la branche ernestine suscitèrent à Frédéric-Auguste II de graves embarras. Les récriminations du Corpus Evanr/elicorum provoquèrent des représailles de la part des catholiques. Elles ame-

nèrent l'intervention des Etats voisins et ne furent pas étrangères à la fermeture des églises catholiques en Prusse, dans le Hanovre et dans la liesse. La Saxe se releva un peu sous Frédéric-Christian et Frédéric-Auguste III (1763-1827). Ce dernier, placé d'abord sous la tutelle du prince Xavier, s'occupa d'améliorer les finances et l'administration. Il accrut l'importance du Conseil d'agriculture et de commerce, et fonda en 1765 l'école des mines de Freiberg. L'armée saxonne fut transformée à l'exemple de l'armée prussienne; le commerce et l'industrie

L'ALLEMAGNE

se développèrent; des filatures de coton et des ateliers de tissage furent créés; la dette publique diminua; l'organisation judiciaire fut réformée, la torture abolie. L'instruction publique fit de grands progrès, et un nouveau code civil fut élaboré. La paix de Teschen (1779) valut à la Bavière G millions de florins, et des droits de suzeraineté sur plusieurs seigneuries de Bohème1.

Quant aux rameaux issus de la branche ernestinc et compris dans le cercle de la Haute-Saxe, ils régnèrent au xvui* siècle à Gotha, à Weimar, à Gobourg, à Eiscnach, à Altenburg, à léna, à Meiningen, à Hildburghausen, à Saalfeld, ailleurs encore. Ils se réduisirent finalement à quatre.

La partie de l'ancienne Saxe passée aux mains des Welfs avait constitué, par l'extinction des lignes collatérales, un Etat compact, dont le souverain Georges-Guillaume était devenu, en 1714, roi d'Angleterre. On a vu quelle part George Ier et George II (1727-1760) avaient prise dans les guerres du xviu0 siècle. Demeuré très allemand, George II eut toujours une grande affection pour son pays d'origine, qui lui apparaissait sans doute comme un refuge éventuel, dans le cas où une nouvelle révolution éclaterait en Angleterre. L'or anglais fut employé par lui à agrandir son Eleclorat. Il acquit ainsi le duché de Brème, la principauté de Verden, le pays de Hadeln, ancienne dépendance du duché de Saxe-Lauenbourg, et le comté de Bentheim ; mais il échoua dans son projet d'annexer la Frise orientale, que Frédéric II sut réunir à la Prusse. C'est à lui que remonte la fondation en 1734 de l'Université de Gœttingue.

Dans le duché de Brunswick, la principale ligne (celle de Brunswick- Wolfenbûltel) s'éteignit en 1735 avec Louis-Rodolphe. Charles Ier de Brunswick-Bévern, qui lui succéda, devint beaufrère de Frédéric II, et transporta sa résidence à Brunswick. Ami du faste, il gaspilla ses finances, fut obligé par le traité de Closterseven de renoncer à son alliance avec la Prusse, et vit son pays occupé par les Français.

1. La cour de Saxe fut (surtout dans la première moitié du xvjii' siècle) une des plus célèbres de l'Europe par son élégance, mais aussi par son immoralité. (Tétait une fourmilière de favoris, de danseuses, de maîtresses italiennes, françaises et polonaises. La prodigalité comme le cynisme y étaient sans mesure.

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