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LES AUTRES ÉTATS DE L'ALLEMAGNE

dans les finances, en môme temps qu'il améliorait le sort des classes rurales, introduisait en Bavière de nouvelles cultures, y développait l'élevage du bétail et y attirait des colons. C'est à lui que remontent la fondation de l'Académie de Miinich (1159), l'essor donné à l'instruction et la réorganisation de l'Université d'Ingolstadt. Bien que catholique fervent, il consentit à la suppression des Jésuites (1773) et autorisa le libre exercice du culte protestant. Son principal auxiliaire fut le vice-chancelier Kreitlmayr, le principal rédacteur du code pénal, connu sous le nom de Codex Maximilianeus (1751), que suivirent, en 1753, le code d'organisation judiciaire, en 1756, le Bayerisches Lnndrecht, fondé sur les principes du droit romain, qui servirent à guider les juges dans les cas douteux ou difficiles et complété par les Annolationes de 1768.

Ce ne fut pas sans peine que lui succéda, à défaut de postérité, son cousin, l'Électeur palatin Charles-Théodore La Bavière n'eut guère à se louer de ce prince indolent : l'impulsion donnée par Maximilien III se ralentit, les tendances libérales furent étouffées, la corruption envahit l'administration, l'armée et les finances se désorganisèrent.

Au duc de Wurtemberg Eberhard-Louis (1708-1733), succéda Charles-Alexandre, qui avait commandé avec distinction un corps de troupes impériales dans la guerre de la succession de Pologne, et sut se faire restituer par la France en 1736 le comté de Montbéliard. En revenant au catholicisme, il promulga des Reversai ta par lesquels il s'engagea à ne rien changer à la constitution protestante du duché. Son règne est surtout connu par les dilapidations d'un financier auquel il avait accordé sa confiance, le juif Suss-Oppenheimer, dont la maison était devenu le théâtre d'ignobles orgies. Les États (Simule) protestèrent énergiquement contre les impôts dont il accablait ses sujets. On parlait déjà de coup d'État lorsqu'il mourut subitement.

Charles-Eugène (1737-1793) avait fréquenté la société de Frédéric II avant son avènement, et c'est pour lui que le futur roi de Prusse avait composé son Miroir des princes. Son long

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L'ALLEMAGNE

règne est une triste époque pour le Wurtemberg, qui fut écrasé par les dépenses qu'occasionnaient son amour des jouissances, ses voyages coûteux, l'entretien de ses favorites, ses fêles et ses chasses. Pour se procurer de l'argent, il trafiqua honteusement de ses soldats. Violent et autoritaire, il persécuta le jurisconsulte J.-J. Moser et le poète Schubart, et il fallut vingt années de discussions, au cours desquelles intervinrent la France, la Prusse et l'Angleterre, pour aboutir au pacte héréditaire du 2 mars 1770, qui reconnut aux Sbende le droit do consentir les impôts.

Dans le pays de Bade, Charles-Frédéric (1738-1811) fut un excellent prince et eut la bonne fortune d'avoir de sages ministres (ilahn, et surtout Edelsheim). Passionné pour le bonheur de ses sujets, il travailla au développement de l'agriculture, du commerce et de l'instruction publique, embellit sa capitale, y attira les étrangers, fit preuve d'une grande tolérance politique et religieuse, et sut pendant la guerre de Sept ans préserver son pays des maux qui affligèrent alors l'Allemagne. Admirateur des pbysiocrates, il chercha à propager leurs idées, et composa lui-même un Abrétjé des principes d'économie politique. L'extinction en 1771 de la ligne de Baden-Baden, par la mort de son cousin le margrave Auguste-Georges, eut pour conséquence un accroissement territorial considérable du margraviat.

Rôle des États secondaires. — La grande préoccupation de tous ces États c'est de défendre leur liberté. Ils craignent surtout de voir la Prusse et l'Autriche concerter contre eux leurs ambitions pour se partager l'Allemagne. Ils s'attachent à la constitution de l'Empire, parce que celle-ci leur garantit leur autonomie, et tachent de balancer par leur masse commune celle des deux grandes puissances. Mais leur méfiance réciproque les empêche de s'entendre, et leur avidité les conduit souvent à se dépouiller les uns les autres. Le mot « patrie » apparaît bien dans les correspondances diplomatiques ou les manifestes, mais leur patriotisme se révèle surtout par leur méfiance et leur haine envers les Français.

\. <juanl à la Chevalerie et aux Villes d'Empire, nous n'avons rien à ajouter â «ini en a été dit ei-de*sus. t. VI. p. ">~»j.

LA CIVILISATION ALLEMANDE

Les idées de Frédéric II surtout ont une influence considérable sur l'esprit de plusieurs souverains, qui semblent rivaliser de zèle pour mettre en pratique les idées de justice, de bienveillance, de philanthropie alors à la mode. Ainsi font Charles-Frédéric de Bade, Charles-Auguste de Weimar, et même ce triste Charles-Eugène de Wurtemberg, qui déclare, pour le cinquantième anniversaire de sa naissance, qu'il « entre maintenant dans une nouvelle période de sa vie, et veut employer tous les jours de son existence à accroître le bien du peuple ». Tels aussi plusieurs princes ecclésiastiques comme les archevêques Max-Frédéric de Cologne, Clément-Wenceslas de Trêves, Emmerich-Joseph de Mayence, et surtout ce prince- «Wèque de Wiirtzhurg, François-Louis de Erthal, qui ordonne à ses sujets, au moment de son avènement, de supprimer les formules de déférence (unterthanigsty par exemple) rappelant un temps d'oppression, et déclare que « le prince est pour le peuple, et non le peuple pour le prince ».

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