Voir ci-dessus, p
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par ses Fragments pli ysiognomonû/ nés et sa prétention de connaître les hommes par la seule inspection du visage. Ce ne sont que des poètes médiocres qui, en s'appropriant la forme extérieure de la poésie de Klopstock, ne savent guère s'approprier son esprit. Nous verrons quels progrès Schiller, nourri luimôme dans la lecture de la Messiade, fera bientôt faire à la poésie allemande.
L'école anacréonlique de Halle, illustrée par Gleim (1719- 1803) et Ewald de Kleisl (1705-1759), bien qu'elle manque souvent de force et d'inspiration, mérite une place à part. Kleist surtout, dans sa belle ode à l'armée prussienne, a le sentiment de la grandeur. Le philosophe Jacobi fut aussi un poète de talent.
A la poésie pastorale se rattachent les Idylles de Salomon Gessner (1130-1186), qui devint le favori de la société élégante môme à Paris et à Versailles.
Lessing, mêlé à toutes les controverses du siècle, tient une place considérable dans la poésie; il a trop manqué de sentiment pour être un grand lyrique; mais sa principale œuvre poétique, Nathan le Sage, qui est un plaidoyer en faveur de la tolérance, n'est pas indigne de sa réputation.
Chez Wieland (1733-1790), nous retrouvons une imitation presque constante de la littérature française. Il fut loué surtout d'avoir su traiter en allemand des sujets légers ou folâtres qu'on n'avait jusqu'alors pu lire qu'en français. Dans son principal poème, Obéron, qui l'a fait surnommer l'Arioste allemand, la grâce touche souvent à l'affectation.
Théâtre. — Le théâtre allemand a eu grand'peine à s'élever au niveau d'un art national. Les pièces de Gottsched marquèrent cependant un progrès qui s'accentua vers 1750, sous l'influence de Lessing. L'imitation des auteurs anglais, qu'il contribua à mettre en faveur, aboutit à la substitution du drame à la tragédie. Personne ne pourra dorénavant écrire pour le théâtre sans tenir compte de la Dramaturgie. Le succès de Minna de Barnhelm et celui iYÉmilia Galotti, ne sont pas encore épuisés.
Prosateurs. — C'est la critique qui fait d'abord son apparition dans la littérature. Ses premiers essais sont peu heu-
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reux; l'Allemagne ne sort pas de l'imitation française; mais si Goltsched ne réussit pas, comme il l'espérait, à être le Boileau île l'Allemagne, son livre fondamental, V Essai d'une poétique critique pour les Allemands (paru en 1730), déblaie du moins la voie où Lessing va bientôt s'engager.
Imitateur de Bayle, ce dernier a excellé à mettre en discussion les opinions <|iii passaient pour les mieux établies; il a passé en revue presque toutes les productions nouvelles de l'Allemagne. Son Laovoon (1167) est pour lui l'occasion de discuter les questions les plus importantes de l'esthétique, et il fait avec infiniment de saiiacité la part de la vérité et de la convention dans les œuvres d'art. Le Laocoon porta à la poésie descriptive un coup dont elle ne put se relever.
Les prosateurs allemands du xvni0 siècle n'ont suivi que de loin les traces de Lessing. Il faut citer pourtant, parmi les historiens, Juslus Moser (1720-1794), connu par son Histoire d'Osnabrûck et ses Fantaisies patriotiques; Schmidt (173G-1793), auteur d'une Histoire des Allemands; Schlœzer, Spittler, Meiners, Jean de Millier (1752-1809), resté célèbre par son Histoire de ta Confédération suisse, Herder (1744-4803) surtout, qui, trouvant les idées du noble et du beau plus développées dans les nations que dans les individus, voulut composer une Histoire de Vhuma nité d'après les drsseins de Dieu manifestés dans ses œuvres, et se laissa égarer par des interprétations fantaisistes. Toutefois on a justement comparé l'action qu'il a exercée sur son temps à celle d'un levain généreux, et son influence a puissamment contribué au développement de la critique et de l'histoire pendant cette période. Frédéric II doit être également regardé, qu'il écrive en français ou en allemand, comme un des premiers écrivains du temps. Formé à l'école de Voltaire, il a, avec une pensée libre et un fond de philosophie sérieuse, un style ferme, éclairé de formules vigoureuses et souvent pittoresques.
Tout ce mouvement des esprits montre que l'Allemagne se ressaisit peu à peu elle-même. Les sociétés secrètes qui sont un des caractères distinctifs de cette époque hâtent ce travail de régénération. Xulle époque ne semble avoir été plus favorable aux associations mystérieuses vers lesquelles on se reje-
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tait en haine des intrigues politiques. L'illuminisme prit un grand empire sur les esprit, et prépara la fermentation d'idées qui marquera la fin du xviu* siècle.
BIBLIOGRAPHIE
Keenell» «le «loeumcntM et éerltM emitemitoralna. — Consulter parmi les recueils et ouvrages systématiques du xvin" siècle relaté à l'organisation constitutionnelle de l'Allemagne: — Gerstlacker, Jiamlhurh der teutsrhen Heiehsgesctze in systema fisc her Ordnung, 11 vol., 1780-179.1.— J.-J. Moser, Teulschcs Sta<itsrecht,ïtO\o\., 1 737-1 11) t. — Haeberlin. Hatulbui :h iles deutschen Staatsrechts, 3 vol., 21' éd., 1797. — Harpprecht, Staatsnrchii des ncichskammergerichts, 6 vol., 1757-1785. — Herchenhahn, Geschichte der Enlstehung, Bildung, und gegemvnrtigen Verfassung des Kaiserlicheu Rcichshofraths, 2 parties, 1792. — Von Roth. Staatsvechl ileutscher lkichslande, 2 vol.. 1790 1702. — J. J. Moser, Staatshistorie Teutschlamk tinter Karl VII, 1718. — Schauroth, Vollst&ndige Sammlung aller Conehisortim. Schreiben, und anderer iïbrigen Verhandhtngcn des Corporis cvanyelicnrum. 1751-1786. — Frhr. v. Ompteda. Geschichte der vovmaligen ordentlkhen Kammergerichts Visitationen...., 1792. — Bielfeld. Institutions politique*. 2 vol., 1760.
Parmi les écrits contemporains, il faut citer d'abord les (Œuvres de Frédéric II, 30 vol., 18*6-1857, publiés par Preuss sous les auspices de l'Académie de Merlin; voir ci-dessus, p. 258-59; cf. les Éludes critiques de Koser et de Lrhmann dans la llistorische Zeitschrift, 188é et 1889. — Preussische Staatschriffen ans der Regierungszeit Friedrichs des Grosse», 3 vol., f 877- 1892 (publiés par Koser et Krauske). — Miscellancen zur Geschichte K<rnig Friedrichs des G rosse n, publiés par les Archives royales de Prusse, 187s. — Acta Rorttssira, Denkm&ler der preussischen Slaatsu criraltung im (Ht'» Jahrhundert, 3 vol. parus, 1892-1895. — Mirabeau, De la monarchie prussienne sous Frédéric le Grand, 4 vol., 1788. — Baron de Trenck, Examen criti<itir de l'histoire secrète de la cour de Berlin, trad. fr.. 17X9. — Dicudonné Thiébault, Mes souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, 5 vol. 180», 2e éd.. 1860. — Mémoire sur le roi de Prusse Frédéric II, par le prince de L igne , 17«9. — Mémoires de la margrave de Baireuth, parus d'abord en 1810. éd. Leipzig, 1888. — Mémoires de Pœllnitz, pour servir à l'histoire des quatre derniers souverains de la maison de Brandebourg, publiés par Brunn. 1791. — Memoiren und Tagehiicher de Henri de Katt, publ. par Koser, 188"i. — Lettres de Frédéric-Guillaume à Léopold de Dessau, publiées par Witzlebcn (Zeitschrifl fur preussische Geschichte, t. VIII et IX). — Briefe der Kaiserin Maria-Theresia an Un e Kinder und Frcumle, publ. par D'Arneth, 4 vol., 1881. — Correspondances intimes de l'empereur Joseph II avec Cobcnzl cl Kaunitz, publiées par Brunner, 1871. — Mémoires de la princesse Sophie de Hanovre, publiés par Kiecher, 1879 (cf. Bodemann, Die Ihrzogin Sophie von Ilannover, 1888). — De Lamberty. Mémoires pour servir à l'histoire du XVIII0 siècle, 1735- 17 10. — V. Dohm, Dcnkwurdigkciten meincr Zeit. 5 vol.. 1814-1819.— J. J. Moser, Patriotische Phantasien, 4 parties, 1774-1786 (sou vent réédités). — Garve, Fragmente zur Schilderung des Geistcs, des Charaktcrs und der Regierung Friedrichs II, 2 parties, 1798.