‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 182 sur 219 · I. Voir ci-dessus, t. VI, p. 330, ri I. VII, |». 130-1 U · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, t. VI, p. 330, ri I. VII, |». 130-1 U

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Ferdinand IV (1759-1806). — Charles III, appelé à inonler sur le tronc d'Espagne, laissa le royaume de Naples à son fils Ferdinand, qui était encore mineur. Tanucci continua donc à régir l'Etat. D'accord avec l'Espagne, il en chassa les Jésuites en 1 7 ii 7 . Il s'ensuivit une réorganisation de l'instruction publique. Plus tard fut aboli l'hommage de la haquenéf. cheval richement harnaché que l'on avait coutume d'envoyer chaque année au pape on môme temps que 7000 écus d'or; ce double cadeau symbolisait le vasselage du royaume à l'égard du Saint-Siège.

La reine Caroline et Acton. — Bientôt l'autorité de Tanucci commença à être battue en brèche par l'influence croissante qu'acquérait sur l'esprit du roi sa femme, Marie-Caroline, lille de l'Impératrice-Heine. 11 se passa donc là le même phénomène qu'à Panne. La reine Caroline, belle, résolue, ambitieuse, voulait soustraire le royaume de Naples à l'influence de l'Espagne pour le soumettre à celle de l'Autriche. Elle y réussit. En 1776, Tanucci fut congédié.

La direction du gouvernement passa entre les mains de la reine, car Ferdinand, ignorant et grossier, n'avait aucun souci des affaires publiques. Caroline présidait les conseils des ministres. Elle y fit entrer John Acton, qui, né à Hesançon de parents irlandais, avait servi dans la marine française, puis dans la marine toscane, et, ayant été appelé à Naples par Ferdinand, y avait obtenu un haut grade dans la flotte. Il ne tarda pas à devenir le favori delà reine et le premier personnage de l'Etat. Il tourna toute son attention vers l'armée et la marine, qui étaient dans une situation déplorable. Mais si énormes que fussent les sommes qu'il y fil dépenser — trois millions de ducats par an, sur onze et demi que représentaient les recettes de l'Etat, — il ne réussit pourtant guère à améliorer celte situation. Par contre, il ralentit les réformes civiles et ecclésiastiques, et cela justement alors que les idées nouvelles faisaient de plus rapides progrès, en particulier grâce aux efforts de quelques écrivains de valeur. Citons d'abord le spirituel abbé Ferdinando Caliani, qui avait élé secrétaire d'ambassade à Paris, et y avait noué de chaudes amitiés avec beaucoup de

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philosophes. Citons aussi Antonio Genovcsi, professeur d'économie politique; Gaetano Filangieri, auteur de celte Science de la Législation (1780-1 78*)) qui exerça une si grande influence sur les penseurs et les juristes de l'Europe; Mario Pagano, qui fut le véritable vulgarisateur des idées nouvelles. Ainsi donc, il s'était formé à Naples un foyer de vie intellectuelle, où les idées des encyclopédistes français étaient ardemment soutenues.

La Sicile : Garacoiolo. — La Sicile était beaucoup plus arriérée dans le mouvement des idées. Elle avait toujours été tenue à l'écart du courant de la civilisation européenne. Elle conservait son parlement t où prédominaient les barons et les prélats. Sur une population de 1 200 000 habitants, presque 800 000 âmes dépendaient des seigneurs; et il y avait bien 63 000 prêtres et religieux. La plèbe, ignorante et mourant de faim, s'insurgeait de loin en loin, comme en 1773. Mais, de même qu'au xvu° siècle, ces mouvements n'étaient pas guidés par une conception précise, mais seulement déterminés par la famine ou par quelque mécontentement : il était toujours facile aux classes privilégiées de les calmer à l'aide de quelques concessions temporaires. En 1780, le marquis Domenico Garacciolo, précédemment ambassadeur à Paris, fut nommé vice-roi de Sicile. Animé de cet esprit rénovateur qui souftlait dans la capitale de la France, il entreprit ardemment des réformes. Mais la noblesse et le clergé, entamés dans leurs intérêts, lui firent une opposition tenace. En Sicile, il n'existait pas de bourgeoisie, et la plèbe, superstitieuse, ne pouvait comprendre l'utilité des transformations qu'il rêvait. Ces efforts, faiblement secondés par la cour de Naples, échouèrent complètement. En Sicile, le mouvement des idées était à peine sensible; le poète Giovanni Meli se délectait à des frivolités. Il y avait quelques prosateurs, mais ils se vouaient exclusivement à l'érudition, comme Mongitore, Di Giovanni et Hosario Gregorio.

Situation générale de l'Italie. — Sans compter le groupe de Malle, qui appartenait aux Chevaliers de Jérusalem, la petite république de Saint-Marin, celle de Lucques avec ses

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120 000 habitants', la principauté de Piombino, où régnaient les Buoncompagni, et celle de Monaco, qui appartenait aux Matignon, lesquels l'avaient héritée en i T 3 i de la famille génoise des Grimaldi, il y avait en Italie huit Étals indépendants. — La Lomhardie et le Mantouan étaient soumis à l'Autriche, et la Corse avait passé à la France.

On pouvait dire de l'Italie qu'elle n'était réellement rien d'autre qu'une expression géographique. Chaque Etat avait une histoire à lui et des intérêts particuliers. Parfois une haine profonde séparait les habitants d'une région à Tau Ire : les Génois, souvent menacés par les tenaces ambitions de la maison de Savoie, exécraient les Piémontais. Les Lombards ne voyaient pas ceux-ci d'un bien bon œil. Il n'y avait pas plus d'accord entre les gouvernements qu'entre les populations. Le gouvernement napolitain craignait que la maison de Savoie ne s'agrandit du 'côté de la Lombardie, etc. Le sentiment de la nalionalilé ne se trahissait nulle part.

Dans tous les États, deux classes de privilégiés : la noblesse et le clergé. En face d'elles, il n'y avait en Sicile, dans le pays de Naplcs et dans les Etats pontificaux, qu'une plèbe misérable et ignorante. En Toscane, au contraire, et plus encore dans la Haute-Ilalie, commençait à compter la bourgeoisie, qui peu à peu s'accroissait en nombre et en richesse.

Parini et Alfieri. — Dans un peuple d'imagination vive et ardente comme le peuple italiennes idées nouvelles devaient pénétrer plus efficacement par le véhicule de la poésie. Aussi Milan, ce foyer principal des esprits novateurs, produisit-il Giuseppe Parini (1729-1109), avec qui la poésie renouvela sa mission éducatrice. Son Jour est une satire merveilleuse de l'existence oisive et molle de l'aristocratie, et un éloge des vertus laborieuses des autres classes sociales. Il proclama nettement l'idée de l'égalité civile : « Peut-être n'est-ce pas vrai, mais la tradition affirme qu'un jour les hommes furent égaux, et que furent inconnus les mots de plèbe et de noblesse ». Les vers de Parini trouvèrent un écho puissant dans la Péninsule

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