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LE DANEMARK

Struensee ne tarda pas à occuper en Danemark une situation absolument prépondérante. Il gouverna bientôt le roi comme il voulut, tant par suite de son ascendant direct que par l'influence de la reine, dont il était l'amant. Il fut donc rapidement investi de charges importantes et enfin, en septembre 1770, le ministère fut congédié, et Struensee se trouva complètement maître du pays. Aussitôt, les réformes se multiplièrent et le gouvernement du Danemark fut, en peu de temps, entièrement transformé.

Comme s'il eût compris, que son règne ne devait èlrc que de courte durée, Struensee se mit à l'œuvre avec une activité fébrile, s'occupant à la fois des questions les plus diverses. Complètement étranger à toutes les traditions et à toutes les idées danoises, il ne se sentait gêné ou retenu par rien, et n'hésitait jamais devant les mesures radicales et les bouleversements. La même cause qui lui faisait ainsi commettre des erreurs le servait dans d'autres occasions : il voyait, parfois mieux que n'eut pu le voir un Danois, le vice véritable des rouages administratifs et le remède qu'il convenait d'employer. Nombre de ses réformes furent excellentes, au moins dans leur principe. Il mit de l'ordre dans la plupart des services, réforma l'organisation de la justice, qui devint, notamment pour la ville de Copenhague, plus simple cl plus expéditive. Un grand nombre de sinécures furent abolies, et le Trésor réalisa ainsi des économies. Les paysans ne furent pas oubliés et le nombre des jours de corvée fut rigoureusement déterminé. Mais la plus relentissante de toutes les réformes de Struensee fut celle qu'il introduisit dès le lendemain de son arrivée définitive aux affaires. Le 14 septembre 1770, une ordonnance royale abolit la censure pour les ouvrages imprimés et proclama la liberté absolue de la presse. Une ordonnance parue l'année suivante donna, il est vrai, au gouvernement le moyen de restreindre très sensiblement les effets de cette mesure, mais ces restrictions ne furent guère employées qu'après la chute de Struensee. Celui-ci montrait souvent, dans ces procédés de gouvernement, des tendances autoritaires et absolutistes : cependant, il témoignait volontiers d'un certain libéralisme, étant complètement

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imbu des id«u;s philosophiques alors à la mode. Ces mêmes idées lui faisaient aussi considérer toute religion comme une superstition indigne d'un homme éclairé et lui donnaient, en morale, des idées d'une largeur singulière. De là, toute une série de mesures portant atteinte à des principes jusf]ue-là respectés : par exemple, les enfants naturels furent assimilés aux enfants légitimes, et le mariage fut autorisé entre complices d'un adultère.

Le caractère même de ces réformes souleva l'opinion contre Slruensee. Son pouvoir illimité et sa fortune scandaleuse lui avaient suscité de nombreux ennemis. Une conspiration s'ourdit pour le précipiter du pouvoir : l ame en fut la reine douairière, Julienne-Marie, seconde femme de Frédéric V. Le 17 janvier 1172, les conjurés pénétrèrent à quatre heures du malin dans la chambre du roi et le forcèrent à signer les ordres d'arrestation de la reine, de Slruensee et de leurs principaux partisans. Toujours incohérent et incapable, Christian VII subit l'ascendant des conjurés aussi complètement qu'il avait subi celui de Slruensee. Une commission d'enquête fut nommée, Slruensee condamné à mort et exéculé, Caroline-Mathilde fut exilée en Hanovre. Le pouvoir passa à un ministère présidé par le comte Guldberg, mais subissant les inspirations de la reine douairière.

Le premier soin du nouveau gouvernement fut de détruire toute l'œuvre de Slruensee, dont certaines parties auraient cependant mérité d'être conservées. L'ancien état de choses fut complètement rétabli et, douze années durant, le ministère Guldberg mit tous ses soins à ne rien entreprendre qui pût ressembler à une réforme. Puis le prince héritier Frédéric, ayant atteint sa seizième année, entra au conseil : il renversa Guldberg par une sorte de petit coup d'Etat, et prit le pouvoir en main (178i). Aidé par des ministres éminents, dont le plus célèbre est le comte xVndré-Picrre Bernstorfl', il prit une série de mesures heureuses. Il eut notamment la gloire de mettre fin, dès celle époque, au servage des paysans : des ordonnances de 1787 et 1788 proclamèrent leur émancipation.

LES ÉTATS SCANDINAVES

Aux ouvrages déjà mentionnés dans les bibliographies des précédents chapitres sur les États Scandinaves, il convient d'ajouter les suivants :

Poiii» In HucmIc. — Fryxell, Beratlelser ur svenka historien (Itécits de l'histoire de Suéde), à partir du tome XXI, in- 1 2. Stockholm. — Axelson, Bidraytill kannedomen uni Sveriyes tillstân pà Karl XII : s tid. (Contribution à la connaissance de la situation de la Suéde au temps de Charles XII), Visby, 1888, in-8. — Karl A7/:s ejenhandiya bref, samlade och utyifna af Ernst Carlson iLcltres autographes du roi Charles XII, recueillies et publiées par Ernest Carlson), Stockholm, 18W, in-8. — Malmstrom, Sveriyes potitiska historia fràn Karl XII:s dOl till statshvalfninycn 1772 (Histoire politique de la Suède, de la mort de Charles XII au coup dYtat de 177-2), Stockholm, 18.jj-77, o vol. in-8. — Geijer, Teclminy af frihetstiden. Esquisse du temps de la liberté. [Figure dans les œuvres de Ceijer à la suite de l'Histoire du peuple suédois]. — Gustaf Ill.s efterlemnade och fcmtio âr e fier h'tns dnd oppnade papper (Papiers du roi Gustave III dépouillés et publiés cinquante ans après sa mort, par E.-G. Geijer), Stockholm, 18V3-V.). 3 parties (recueillis également dans la collection «les «euvres de. Geijer). — Schinkel. Minncn ur Sveriyes nyure historia (Souvenirs se rapportant à l'histoire contemporaine de la Suède), mis en ordre et édités par Bergman, Stockholm, l*;i5 et suiv., in-8. — Sheridan, Ilislory of the bile révolution in Sireden, 1783, in-8. — Geffroy, Gustave Ul et la cour de France, Paris, 1807, 2 vol. in-8.

INmii* le Dniwmark. — Hœier, K»niy Friedrich l Y, ylorinirdiyes Lcben, Toender, 1829. 2 vol. -- Hœst. Cirée Striunsce oy hans ministerium (Le comte Struensee et son ministère), Copenhague, 182'», 3 vol. in-H. Edition allemande complétée, Copenhague, 1K2G. — En français, sur Struensee : St nu usée et la cour de Coprnhayue: Mémoires de llcvcrdil, Paris, thiJH. — De Lagrèze, La reine Carolinc-Mathildc et le comte Struensee, Paris, 1887, in- 12.

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