‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 35 sur 219 · LE HENVEHSEMEXT DES ALLIANCES · texte numérisé non relu

LE HENVEHSEMEXT DES ALLIANCES

Amérique, les Anglais étaient étroitement confinés entre les Alléghanics et la mer. Nos braves Canadiens cherchaient à les y enfermer pour toujours en multipliant les postes fortifiés dans la vallée de l'Ohio, en reliant par une chaîne continue le Saint- Laurent et le Mississipi, c'est-à-dire le Canada et la Louisiane. Dans les Antilles, Sainte-Lucie, Tabago, la Dominique, Saint- Vincent, restaient en litige entre les deux puissances. Enfin, depuis la (in de la guerre, le- commerce de la France avec ses colonies avait pris un essor inattendu : les îles françaises, la Martinique, la Guadeloupe, Bourbon et l'île de France» (île Maurice) avaient leurs escadres commerciales pour transporter les riches produits de leur sol. Machault, afin de protéger la marine française, avait élevé de 50 sous à 5 livres le droit de tonnage des navires étrangers à l'entrée de nos ports. Nos flottes de commerce se multipliaient; les richesses du monde entier affluaient dans nos ports. Bordeaux, Nantes, Saint-Malo, Dunkerque se souviennent encore de ces années d'exceptionnelle prospérité. Pour réparer les pertes de notre marine dans la dernière guerre, on armait de nouvelles escadres, on garnissait les arsenaux. Deux grands ministres, Rouillé (17W 175i) et Machault (1754-175"), faisaient les plus louables efforts pour remettre notre flotte en état de lutter contre celle des Anglais.

L'Angleterre surveillait d'un œil jaloux ce relèvement de notre puissance maritime. Depuis 1088, avait commencé cette « seconde tjaerre de Cent ans » qui ne se termina qu'en 1815 et dont l'enjeu devait être pour nos rivaux la pleine domination •les mers et la ruine complète de nos colonies. Fière de ses premiers succès, l'Angleterre croyait n'avoir rien fait tant qu'il resterait quelque colonie française à conquérir. Il fallait à tout prix arrêter Dupleix dans l'Inde, gagner les Français de vitesse sur les rives de l'Ohio, et détruire partout leur commerce. Louis XV, soucieux de maintenir la paix à tout prix, eut la faiblesse d'écouler les réclamations du ministère anglais. En Amérique, la petite garnison française du fort Duquesnc fut attirée dans une embuscade, son chef Jumonville massacré. C'était la guerre qui recommençait spontanément. Louis XV, au lieu de frapper avec vigueur d'irréconciliables ennemis, se con-

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tentait encore d'un échange de notes avec le cabinet britannique. Encouragés par celte longanimité, les Anglais, sur un signal parti de l'amirauté de Londres, sans déclaration de guerre, donnèrent, avec l'amiral Boscawen, la chasse à nos bâtiments de commerce. En un mois, 300 navires cl 8000 hommes tombèrent entre leurs mains. Quand Louis XV, dans une lettre indignée, demanda réparation, l'amiral Boscawen, pour toute réponse, se saisit de deux frégates françaises YAlcide et le Lyt. Ce guet-apens, qui pèse encore aujourd'hui sur l'honneur britannique, fut le prélude de la guerre de Sept ans (iTïiîi). Malgré tout son désir de la paix, Louis XV était acculé à la nécessité de la guerre. Il devait réserver toutes ses forces pour la lutte contre l'Angleterre. Pour cela il avait besoin de la paix continentale.

Rivalité de l'Autriche et de la Prusse. — Une autre rivalité non moins ardente était celle de l'Autriche el de la Prusse. Frédéric II était le véritable vainqueur de la guerre de succession d'Autriche. Il y avait gagné la Silésie; mais il n'était pas bien sur de pouvoir la garder. Sans doute les Silésiens s'étaient donnés à lui sans arrière-pensée : Allemands en grande partie, protestants en majorité, se souvenant des persécutions endurées sous la maison d'Autriche, ils le considéraient comme le chef naturel de leur nationalité et de leur religion. Frédéric, d'ordinaire si avare, lit d'ailleurs de gros sacrifices d'argent pour améliorer la situation matérielle de ses nouveaux sujets. 11 leur prodigua toutes les séductions qu'il savait déployer à l'occasion, lorsqu'il voulait gagner les esprits et les cœurs. Mais Marie-Thérèse n'avait pas renoncé à la Silésie. Elle déclarait qu'elle ne pouvait voir un Silésien sans pleurer. Vaincue, elle imita son vainqueur, développa comme lui la prospérité» de ses Etats et reconstitua son armée, qui fut portée à 200 000 hommes. Des ministres jeunes el habiles, comme le «•ointe de Kaunitz, furent appelés dans son Conseil. Son époux bien-aimé, l'empereur François Ier, lui servait de banquier et d'intendant et se chargeait de toutes les fournitures de l'armée. L'Autriche reprenait son rang en Europe et sa fière souveraine ne songeait plus qu'aux moyens de recouvrer la Silésie. Elle

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