‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 44 sur 219 · û (Il KIIKK IIK SKPT ANS · texte numérisé non relu

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sous les armes. Grâce aux subsides de l'Angleterre, Frédéric en eut presque constamment 200 000; il combattait donc dans la proportion de 2 contre 3 : ce qui, étant donnée la qualité supérieure de l'armée prussienne, diminue beaucoup, selon l'observation de Napoléon, le merveilleux de cette guerre.

Traités de Paris et d'Hubertsbourg. — La campagne de 1762 fut la dernière. Les armes tombaient d'elles-mêmes des mains des combattants. La défection de la Russie devait fatalement hâter la paix. La Suède s'était déjà retirée de la lutte et avait signé le traité de Hambourg (22 mai 1702), par lequel elle s'engagea à évacuer la Poméranie prussienne.

A la suite de l'envoi du duc de Nivernais à Londres et du duc de Bedford à Paris, des préliminaires furent signés à Fontainebleau (3 novembre 1762) et aboutirent à la paix de Paris (10 février 1763), qui termina la querelle maritime et coloniale entre la France et l'Angleterre. La France abandonnait tout un empire dans l'Amérique du Nord : le Canada avec toutes ses dépendances, c'est-à-dire l'île du Cap-Breton, les îles du Saint-Laurent, toute la vallée de l'Ohio, toute la rive gauche du Mississipi, sauf la ville de la Nouvelle-Orléans. Dans les Antilles, elle cédait trois des îles contestées, ne recouvrant que Sainte-Lucie, abandonnant en outre Grenade et les Grenadines. De tout le Sénégal, elle ne gardait plus que l'île de Gorée; de tout l'Indoustan, rien que les cinq villes qu'elle possède encore aujourd'hui. Elle rendait Minorque. L'Espagne consentait à celte cession, et, comme elle cédait en outre la Floride aux Anglais, nous l'indemnisions en lui abandonnant la rive droite du Mississipi (convention de 3 novembre 1762).

Le traité d'ilubcrtsbourg fut signé presque en même temps (15 février 1763) que le traité de Paris et termina la guerre continentale. Il fut négocié par Hcrlzberg pour le roi de Prusse, par Frisch et Collenbach pour Marie-Thérèse et l'empereur, par Briïhl pour Auguste III. Frédéric garda la Silésie et promit sa voix pour faire élire, comme roi des Romains, Joseph, fils aîné de Marie- Thérèse. L'Électeur de Saxe recouvra tous ses Étals. Ce traité consacrait le maintien de ce qui existait avant la guerre. Le roi de Prusse restait maître de la Silésie qui était l'objet du

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lilige; on s'était partage « la peau «l'un ours qui avait mieux su se défendre qu'on n'avait su l'attaquer... *> — « Il est singulier, dit à ce propos Bernis, que toutes les cours aient manqué leur but dans celte guerre. Le roi île Prusse prétendait opérer une grande révolution en Europe, rendre l'Empire alternatif entre les protestants et les catholiques, échanger les États et prendre ceux qui seraient le plus à sa convenance. Il a acquis beaucoup de gloire à dominer les cours de l'Europe, mais il laissera à son héritier une puissance peu solide. Il a ruiné ses peuples, épuisé ses trésors, dépeuplé ses Etats. L'Impératrice a augmenté l'idée que l'on avait de son courage, de sa puissance et de la bonté de ses troupes... mais elle n'a rempli aucun des objets qu'elle s'était proposés. La Russie a montré à l'Europe la milice la plus invincible et la plus mal conduite. Les Suédois ont joué inutilement un rôle subalterne et obscur. Le notre a été extravagant et -honteux. »

Conséquences de la guerre de Sept ans. — La guerre de Sept ans a été doublement fatale à la France, et parce qu'elle y a perdu, et par ce qu'y ont gagné nos ennemis ou nos rivaux. Elle nous coûte notre prestige militaire et politique, notre marine, nos colonies. L'Angleterre sort de celle rude joule, reine incontestée des mers. L'Autriche, cette exigeante alliée, à laquelle Louis XV s'est inféodé, se soustrait déjà à l'action politique de la France pour toutes les affaires d'Orient; elle va les régler en commun avec la Prusse et la Russie. La triplice de 1772 sortira de l'intervention commune des trois puissances en Pologne. La Russie a mis en ligne des armées déjà organisées el solides, et qui ne sont pas très différentes de celles de Borodino, de Sévastopol et de Plévna. La Prusse acquiert le renom de grande puissance militaire et la suprématie effective en Allemagne. Les Hohenzollern « aux mains prenantes » ne cesseront pas d'agrandir leur domaine. La guerre de Sept ans est le point de départ de la formation de l'unité allemande.

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