LE GOUVERNEMENT ET L'AI»MIN1STIIATIMN
lion se divise en trois périodes. — 1° De 1758 a 1761, il eut le portefeuille des affaires étrangères; il prépara et signa le Pacte de Famille. — 2° De 1761 à 1766, il mit aux affaires étrangères son cousin, sa doublure, le duc de Choiseul-Praslin ; il prit pour lui les ministères de la guerre et de la marine; c'est alors qu'il termina la guerre de Sept ans (1763), abolit l'ordre des Jésuites (1761) entreprit la réfection de la flotte et la réorganisation de l'armée. — 3° De 1766 à 1770, il confia la marine à son cousin, conserva la guerre et reprit les affaires étrangères. Par la mort de M™ de Pompadour et du dauphin il était devenu toutpuissant. Il réunit la Lorraine (1766), annexa la Corse (1768). 11 intervint (assez maladroitement d'ailleurs) en Pologne et, pensant avoir reconstitué les forces militaires de la France, il se préparait à reprendre la lutte contre l'Angleterre, lorsqu'il fut renvoyé (1770).
Sa politique et ses appuis. — Choiseul, par la confiance qu'il inspirait à la sultane favorite, par la connaissance parfaite qu'il avait du sérail si compliqué de Versailles, par l'ascendant qu'il exerçait sur les autres ministres, a été dans l'empire français une sorte de grand-vizir. Il a eu au dedans comme au dehors une politique personnelle. Il a été homme d'Etat plus qu'administrateur. Il s'est occupé de l'armée et de la marine parce que c'étaient des instruments de son action, mais il n'a eu que du dédain pour la finance, l'impôt et les économies. Par scepticisme et par insouciance autant que par calcul, il a pris parti pour le libéralisme philosophique, il a flatté l'opinion, cette puissance nouvelle, en préconisant l'alliance (d'ailleurs éphémère) de la couronne avec les parlements et en contribuant à l'expulsion des Jésuites. Cette dernière opération lui a peut-être coûté cher ; car, si l'édit royal du 26 novembre 176i, confirmant les arrêts du Parlement, supprima l'ordre, il exaspéra le parti toujours puissant des Révérends Pères qui se vengea six ans plus tard en travaillant pour sa part à la disgrâce du ministre.
Ce Choiseul, heureux jusqu'à sa chute et môme après, ce