Voir ci-dessous, chap. ix, Catherin? II
Lotis xv
duc de vieille race, présomptueux et libertin, qui méprisait les femmes, dut aux femmes, et à trois d'entre elles en particulier, la plus grande part de sa haute fortune. — Il était pauvre lorsqu'il épousa la fille d'un millionnaire de la finance, Mlle Crozat, qui lui apporta la richesse et lui permit d'avoir plus tard un train de maison de 800 000 livres. « Oh ! c'est bien, dit Walpole, la plus gentille, la plus aimable créature qui soit sortie d'un œuf enchanté; si juste dans ses paroles et dans ses pensées, si pleine d'attention et de bonté! Tout le monde l'aime, excepté son mari, qui lui préfère sa propre sœur, la duchesse de (iramont, une amazone... » — Celle-ci, Béatrice de Gramonl. grande et forte personne, au teint éclatant, à l'œil brûlant, à la voix dure, à l'abord hautain, fut le démon familier et comme la tutrice de son frère. Elle l'empêcha de s'attarder « au badinage », le poussa, le força d'avancer. — Il fut enfin élevé au pouvoir par Mrae de Pompadour, qui ne pensait guère que plus tard il rejetterait sur sa bienfaitrice une fois morte tout l'odieux des désastres de la guerre et des misères de l'Etat.
L'armée française vers le milieu du XVIIIe siècle. — On a exagéré la décadence militaire de la France au xvm* siècle. Si l'esprit guerrier s'est peut-être affaibli dans la nation, il s'est plutôt développé dans l'armée. Même dans la guerre de Sept ans. il y a eu de brillantes preuves de courage de la part des soldats. L'exemple du brave chevalier d'Assas ' n'est pas unique. Les chefs non plus n'ont pas fait défaut : ils se nomment Maurice de Saxe, Lowendal, Noailles, Belle-Isle. Broglie, Chevert, Crémilles, Monlcalm, Lévis, Bussy. Les ministres ont été pour la plupart au-dessous de leur tAchc. Parmi ceux de la première moitié du siècle, un seul, le comte d'Argcnson (174:j-o8), n'est pas absolument médiocre. Parmi ceux de la seconde moitié, Bellc-Isle, secondé par Crémilles (1758-1)1), n'est pas à dédaigner. Ghoiseul (1761-70) seul est hors de pair (il sera question plus loin de Saint-Germain). Clairvoyant et hardi, Choiseul a su frapper aux bons endroits des coups décisifs. Pendant le siècle entier les progrès techniques