POUR LA SECONDE ÉDITION
L*auteur a fait tous ses efforts pour que cette seconde édition représentât les progrès accomplis dans le champ de la philologie sémitique durant les trois dernières années. Grâce au zèle que l'Allemagne continue de déployer pour ces belles études , et aussi grâce au degré de maturité où elles sont parvenues, d'importants résultats ont été acquis dans un intervalle aussi court. Le mémoire de M. Lassen sur les langues et l'ethnographie de l'Asie Mineure; les travaux de M. Spiegel sur le pehlvi et sur les rapports entre le monde sémitique et le monde iranien ; la découverte de l'inscription phénicienne du sarcophage d'Eschmunazar, maintenant au Louvre , qui a enfin donné à la philologie un texte phénicien complet, étendu, rédigé en style suivi, et certainement écrit en Phénicie à une époque ancienne ; les profondes recherches de M. Chwolsohn sur les Sabiens , qui n'étaient connues , lors de la première édition de cet ouvrage, que par l'analyse de M. Kunik, et la communication anticipée que j'ai pu avoir des opinions du même savant sur V Agriculture nabateenne; le mémoire de M. Osiander sur les inscriptions himyarites ; enfin l'excellente grammaire éthiopienne de M. Dillmann, qui a fait envisager la position du ghez dans la famille sémitique sous un jour nouveau, m'ont permis de porter dans divers chapitres de mon essai un plus haut degré de certitude et de précision. Quant aux inscriptions cunéiformes assyriennes, je n'ai pas cru devoir sortir encore.
▼m AVERTISSEMENT.
pour ce qui les concerne, de la réserve que j'avais gardée dans ïa première édition , et qui a été généralement approuvée.
J'ai regardé également comme un devoir de peser avec le plus grand soin toutes les observations d'une nature scientifique qui m'ont été adressées. Lorsque je n'ai pu y faire droit, j'ai exposé d'ordinaire les motifs qui m'obligeaient a persévérer dans mon sentiment. Il est pourtant une classe d'objections fort importantes dont on ne trouvera pas la solution en ce volume; je veux parler de celles qui ont été élevées contre les idées que j'ai émises sur le caractère général des peuples sémitiques et sur l'ethnographie de certaines parties de l'Asie occidentale. Les réflexions que j'ai été amené à faire , et les témoignages que j'ai dû grouper pour répondre aux difficultés qui m'étaient opposées, sont arrivés à former deux mémoires, qui auraient grossi outre mesure le premier volume. Le premier de ces deux mémoires aura pour objet de préciser la notion du monothéisme sémitique ; dans le second , j'essayerai d'établir qu'il faut admettre dans l'histoire de la civilisation de l'ancien monde un troisième élément, qui n'est ni sémitique ni arien, et qu'on pourrait appeler éthiopien ou couschite. L'un et l'autre trouveront dans le second volume une place un peu moins naturelle peutêtre que dans celui-ci, mais suffisamment justifiée^ En les lisant on verra , j'espère , que les objections dont je parle viennent presque toutes de ce qu'on a pris d'une manière trop absolue, et sans tenir compte des restrictions que j'avais moi-même présentées^, des vues que, pour ne pas rompre l'unité de mon plan, je devais exposer d'une manière fort sommaire.
* J'ai depuis modifié ce plan. Le premier des mémoires susdits a paru dans Je Journal Asiatique ( 1869). Il sera reproduit dans mes Etudes sémitiques [3*éài'uJ.
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