‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 21 sur 281 · SI · texte numérisé non relu

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Les langues sémitiques nous apparaissent, dès les temps an lé-historiques, cantonnées dans les mêmes régions oii nous les voyons parlées encore aujourd'hui, et d'où elles ne sont guère sorties que par les colonies phéniciennes et l'invasion musulmane : je veux dire dans l'espace péninsulaire formé au nord par les montagnes de l'Arménie, et à l'est par les montagnes qui limitent le bassin du Tigre. Aucune famille de langues n'a moins voyagé, ni moins rayonné à l'extérieur; on chercherait en vain, en dehors du sud-ouest de l'Asie, quelque trace hien caractérisée du séjour anté-historique des Sémites. Les antiques souvenirs de géographie et d'histoire consignés dans les premières pages de la Genèse, pages qu'on est en droit d'envisager comme les archives communes de la race sémitique, peuvent seuls nous fournir quelques conjectures sur les migrations qui précédèrent l'entrée des Sémites dans la région où l'on serait tenté, au premier coup d'œil, de les croire autochthones.

Les Sémites, en effet, sont sans contredit la race qui a conservé le souvenir le plus distinct de ses origines. La noblesse consistant uniquement chez eux à descendre en droite ligne du patriarche ou chef de la tribu , nulle part on ne tient tant à ses généalogies , nulle part on n'en possède de si longues et de

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