‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 52 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

sius, ne sont pas moins frappantes. Exemples : CM2-'*=:D"'i^;' ajowLT = vhu ; co = e?c? ; cz^cyq = y2t? ; ojJW-O'îf n = n:D;?, etc. L'agglutination des mots accessoires, l'assimilation des consonnes , le rôle secondaire de la voyelle , son instabilité , qui la fait souvent omettre dans l'écriture , sont autant de traits cpii rapprochent singulièrement la grammaire égyptienne de la grammaire hébraïque. — La conjugaison elle-même n'est pas sans quelques analogies dans les deux langues : le présent copte, comme le second temps des langues sémitiques, se forme par l'agglutination du pronom en tête de la racine verbale ; les autres temps se forment au moyen d'une composition semblable à celle qu'emploient les langues araméennes. On trouve, en copte, l'emploi d'une forme causative analogue à Vhtphil, et la voix passive y est marquée , comme dans les langues sémitiques, par une modification de la voyelle du radical. — La théorie des particules offre aussi , de part et d'autre , quelques ressemblances; la conjonction copte, comme la conjonction arabe , est susceptible de régime : >tUÇJ = etiam ipse; «-^qOK = cur tu. Enfin une entente analogue de la phrase et une conception presque identique des rapports grammaticaux établissent entre les deux systèmes de langues d'incontestables affinités.

Mais ces affinités suffisent-elles pour ranger dans une même famille les langues entre lesquelles on les observe? Sont-ce de simples ressemblances comme on en remarque entre toutes les langues, ou des analogies tenant à une commune origine? C'est ici que le problème devient délicat et, à vrai dire, presque insoluble. Il implique une question de méthode sur laquelle, dans l'état actuel de la linguistique, on ne peut rien dire de bien précis. L'histoire naturelle a des signes parfaitement déterminés pour établir les embranchements, les classes,

les genres et les espèces ; la linguistique n'en a pas : c'est une question de degré, sur laquelle l'appréciation individuelle de chaque linguiste pourra varier. Si l'on veut attribuer à la classification des langues en familles un sens positif, on doit faire correspondre cette division à un fait réel et historique. Elle doit vouloir dire qu'à l'origine de l'humanité le langage apparut sous un ou plusieurs types qui ont produit, par leur développement, toutes les diversités actuelles. Or nous n'avons pas assez de lumières sur les temps primitifs pour aborder ce difficile problème. Le naturaliste n'est pas obligé de décider si chaque genre représente une forme de création primordiale : il se contente de dire que les genres, dans l'état actuel de notre planète, sont irréductibles. Le linguiste, dont les hypothèses impliquent, quoi qu'il fasse, une assertion historique, serait tenu à quelque chose de plus; et pourtant il ne possède qu'un seul critérium pour établir la distinction des familles : c'est l'impossibilité d'expliquer comment le système de l'une a pu sortir du système de l'autre par des transformations régulières. De là au fait primitif, qui seul pourrait offrir aux classifications linguistiques une base solide et clairement intelligible , il y a un abîme qu'aucun esprit sage ne se décidera jamais à franchir.

Du moins, à la question ainsi posée, Peut-on expliquer par un développement organique comment le système des langues sémitiques aurait engendré le système de la langue copte, ou réciproquement? il faut répondre sans hésiter d'une manière négative. Des rapprochements comme ceux que l'on signale sont tout à fait insuffisants pour établir une parenté primitive. Un système grammatical va tout d'une pièce , et il est absurde de supposer que deux groupes de langues possèdent en commun une moitié de leur système grammatical sans se ressembler par

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