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LE TABAC EN AFRIQUE

«ÉXKItAI.ITfeS

L'usage du tabac est aujourd'hui commun à tous les peuples de l'Afrique, à ceux du littoral comme à ceux de l'intérieur. 11 y a été importé au seizième -tiède, après la découverte de l'Amérique.

Le*» anciens auteurs, qui ont trait* 1 de^ choses d' Afrique , et qui se sont occupés aussi des plants, qui y existaient, (;t des coutumes des habitants, depuis l'époque d' Edrttî, qui vivait dans la première moitié du douzième siècle il), se taisent sur l'usage iln tabac ainsi que le célèbre écrivain des choses at'i icuiues, Leon (2i , qui écrivait au commencement de seizième siècle, ('et observateui attentif, ayant noté r importation do la syphilis en Afrique à cette époque, aurait certainement indiqué aussi le tabac comme un des remèdes employés alors en Amérique <8i.

0) Oui «« D « G »J«- Description de l'Afrique pur Edrlsl. Uyde, lrtt>î.

(2; Lm (Af ricanus). De loi i tu Africa dessriptione (îuterp. Floriano), lôîti.

Çii 1*9», eu signalant l'iiniiuxtiou de la syphilis ou Afrique par le* Marranes (Hébreux), s'écriait : « Que les Africain» sachent que ou mal est. d'origine espagnole, tandis que d'aucuns Ut* Tunis, imitant les Italiens, ie croient .le provenance française » (cfr. Timbrai. Le l'Afrique contenant la description de ce pays pur Uon . V Africain. Pans. IS3:J. 1. p. 101).— Sur ï origine de la syphilis et sur le tabac comme reinè-ie, prière .le se reporter a te qui a été dit jaa* ce munie ouvrage (p. 10). La venu qu'on attribuait au tabac pour guérir ia syphilis a même été chantée par les poètes: € Saua del mal frauceSe i meiiibri riionchl , I tali de ia caroe, ogm earogua.

E croate, e create, e porn, e fiche, e fouchi ».

(Ziwekl, La lnbaccheide, Ascoli, 1636, p. 74).

Mai» ies Aineams se servirent . au lieu de tabac, ae l'autre remède américain, la salsepareilleadoptée surtout au Pérou dans ce but (GarglUu* èt la Vsga, Hut. des Yncat. trad. Baudtii, 1715. II. p. sify. Oapixr afllrme, eu effet, que les Nègres de ia Cote d'or aiment un peu trop pes lemmes. et sont par ce motif, (res sujets à contracter ta syphilis. Les Hollandais y importeut la salsepareille, qui leur est il'uu grand secours (Utscriplion de l'Afrique, HWO, p. 2U4). La salsepareille fut même In remène généralement adopte par les peuples d'Afrique, quoique d'après le même Dapper (I. c. p. 4S9) les Nègres île l'île de S. Thomas {golfe de Guinée) se guérissaient eu peu de temps au nmyeu du mercure (joui l'usage avait été cei-iainemeutc importé par les Européens). De Bry (Ind. Or., 1404. Vi. p. 90) confirm? aussi que ce lurent les Hollaudais. qui importèrent la salsepareilie eu Guinée, pour combattre la syphilis, dout les Nègres étaient contaminés. Les Africains employèrent aussi l'autre remède américain, ie palo santo (gaiac). En effet, Cavaui (Istorica descritione dei tre Regni: Congo, itatamito.et An gùla, trad. Maïaaaaliil. 1087, p. 141), observe: c La première (lutirniité des liabuauts du Congo) est le

Un de ceux qui ont indiqué que le Ubac est vraiment une plante étrangère au continent noir, Zucchelll, affirme que. la Nicotiana rmtica (l'espèce de tabac cultivée habituellement en Afrique) y avait été introduite d'Amérique, de môme que le Maïs (1), le Capsicum, V Ananas, etc. (2). Ceci est pleinement confirmé par le fait que les iNègres du Congo, selon Uert (3), appelaient la pipe tabacini. Or, comme les Caraïbes, ainsi qu'on 'a déjà vu (p. 16), appelaient tabaco, non la feuille, mais la pipe ou le tuyau avec lequel 1s fumaient , il est évident que les esclaves mirs apprirent dans les factories américaines le nom de la pipe, et que, rontrés dans leur pays natal, ils «lurent y importer ce nom caraïbe, et avec lui l'usage du tabac (4).

niorbo Gaulois, du Botibe par le» Portugais, et ie bruit court <I6V*i qu'ils l'ont rapporté •l'Amérique... » « Chez les Nègres, ceux qui observent (a commence août très rares, et par conséquent très peu en »out exempts.... Ils se servent, pour le combattre, du Chicongo (espèce .ie sautai) et du Legno Santoqu'ils appellent Legno di Batta «.—D'autres peuples d'Afrique oai complètement ignoré ce* remèdes, quoique les Européens leur aient importé la coutagiou. Ainsi Dtllt» (Voyage», l'oloitoe. 1709. 1. p. 44; «lit que les naturels de l'Ile de Madagascar soigueul la syphilis, uou avec le mercure, le gaine, le le squiue, ni la Salsepareille, remèdes qu'ils ignoraient, mais avtc certaines herbes indigenes, qui exei taieut la trauspiratiou; puis ils appliquent uu 1er rouge sur la piaule des pieds pour fermer uue large croûte (16Ô9).— Daus l'iuiéneur de l'Afrique, où l'iutro juction de la syphilis s'est pro. lune ires tard, et même tout récemment, elle couserve toute sa virmeuce primitive. A ce propos Malts-Bru» (Journal de voyage du Docteur Charles Cuny de .fioul à Etobeid, 1857 M. Fans, 1863. p. 'Si) observe que duos le Konodau la ayphws n'est plus appelée comme eu Egypte au nom de elfranqui. mais de celui de hiuitaq. Cette maladie conserve daus ces eoutrées toute sou éuergie primitive. Eu effet. I* ulcération s'étend au reste ou la tupertlcie du corps. Les îudividus atteints sout sévèrement séquestrés dans des cabaues isolées, et tneureut souvent, i.'ue ituiigeue demanda uu remède au Docteur Cmy pour guérir sa tille luieciee du mal. ce qui prou < e qu'il u'y avait pas encore de remède connu daus ces contrées.

Pour l'histoire de l' lulrodUctiou de cette nouvelle maladie dans le Vieux Monde voir l'ouvrage, Comti, La lue americuna, il mal francese, il mal napotetano ai tempi di Carlo VIII. Napon. 18'J7.

(1) Le uiais introduit d'Amérique dans les région* de la Séiiégamoie y devint si commun, qu'il consumait eu 1670 le grain qu'on y semait ie piUs (Oaaesr, Inscription de C Afrique. Amsterdam, 1686. p. 231.

(2) ZhccMII, Relas. del tiaggio di Congo nell'EUopia occidentale, Veuezia . 1712 (ctr. Tltdtnunn . Oetch. U. 'lab., p. I8H).— (3j Issrt, Reisen winh Guinea, I7U0 (cir. TleotMnn, I. c. p. 1

(4) La liai le des esclaves desuues a l'Amérique cuillmeuça des las premières années du seizième siècle, bu effet, les Espagnols ayaut observé (lôOd), que les Indiens qu'ils taisaient travailler aux, champ» el dans les in.ues étaient mows robustes que les esclaves uoirs qu'us ameuaieut d'Airique. commencèrent des celle époque a les requérir pour S. Douuugue, et eoutiuuereui a les acheter pour les employer à la cuiiure de la canne a sucre. Depuis iorsou latsait veuir de la seule liuiuée 30 un lie esclaves par au (froturo , La cause de* etclaves nègres, lm>7. I. p. 124). là le nombre des esclaves, qu'on y preualt, augtileuta tellement que SntlgrtiM ooservait (.eu 17J7) que certaines années ou en luisait venir de la cote <ie Guiuée jusqu'à 70 mule (ctr. Prévoit, Hist, gen. voyages, Paris. 174ft, III. p. 544;.

Les esclaves appreuaieut avec tcr.eur la nouvelle qu' lis devaient Cire embarques pour l'Amérique. Voici textuellement ce qu'eu rapporte le Missiouatre Cavazzi (Istor. deter, dei tre Reg ni: Congo Matamba et Angàia, trad. Alaaiandlnl. 1(187, p. DU) ; « Daus ie royaume du Cougo ie nombre des esclaves égaie presque celui des hommes ub.es; mais n y a une graude différence eutre ceux des Portugal* ei ceux des Nègres; les premiers obéissent exactement, aussi b.eu aux sigues qu'aux paroles, moius par crainte du chàtiiueut, que d'être vendus et conduira eu Amérique ou dans ta Nouvelle Kspague, ayaut conçu le soupçon que, arrivés sur ces piages , us y serout tués par des acheteurs, qui tirent de leurs os uu charbou pour la poudre de t'usn, et qui avec leur moêiie el leur chair foui uue huile, qu'ils envoieut ensuite daus leur Etiopie ». Le même Missiouuaire coutlrme leur effroi quaud ils devaient èire enioarqués par ies Européens (I. c. p. 741),

Pour se faire uue idée de la mauiere lunuiuaiue adoptée pour transporter les esclaves eu Amérique, Il suidt de rapporter la dejcripliou suivaute, urée dU Missiouuaire Card: « Le vaisseau étant prêt, n taliut me porter au port dans uu diet (ie Hamac des Hrésilieus) et eutré dans uue chaioupe j'arrivai au vaisseau, qui était déjà chargé de marcuatidises, qu'il portait d'Augota au Hrôsu, d'Alrique eu Amérique, cousistuut eu esclaves et eu deals u'eiéphauts. Les esclaves éiaieut 030, laut boni mes que leinuies et eulaiiis. L'était uu spectacle de voir comnieut étaient trait 4 » ces pauvres malheureux.

A cette époque les Portugais pour exercer leur commerce avec l'Afrique, n'avaient pas l'abitude de suivre les eûtes, mais à l'aller et au retour il passaient par le Brésil (1). Le père Cavazzi, Missionaire, en donne clairement la raison, en dis.mt: " Puur se rendre au Congo (2), les navires portugais tournent par lo Brésil, parce qu'il leur convient de prendie jusqu'il) Amérique touio la hauteur des vents, et d'éviter le c.ilinn du milieu de l'Océ.n; et pour ne pas côtoyer la Guinée, où les Portugais n'ont jamais pu avoir un commerce H lire pour leur nation, ni même jouir d'un refuge tranquille, à cause de la sauvagerie du pays et du caractère barbare di s h ibitants „ (3).

En retournant en Europe les navires portugais avaient aussi l'habitude de toucher d'abord au Brésil et aux Antilles pour y débarquer les esc aves , qu' ils amenaient du Congo (4). 11 est par conséquent probable que les Portugais, en abordant au Brésil, y rechargeai» nt niissi du tabac pour pourvoir au besoin de fumer (qu' ils avaient euxmêmes développé) des populations do l'occident de l'Afrique: usage nonveau introduit par les Nègres rimpauiés accidentellement des colonies américaines, de retour des factoreries, où ils avaient travaillé à la culture du tabac ',5).

Et comme les Espagnols •iésigua eut la plante sous le nom de Tabaco, ainsi que l'appelaient justement les Mexicains tV^ir plus haut , p. 16), les Nègres répandirent aussi dans les populations des cotes d'Afrique le nom de Tobago, déjà adopté par les Espagnols en Amérique. En effet, tous les Africains, en général, tant ceux du littoral que de l'intérieur, désignent presque exclusivement cette plante par le nom de Tabaco , à part de légères modilicat ions du mot. ou quelques rares exceptions, ainsi qu'on le verra par la suite.

A l'appui de ceci, il convient d' observer que l'usage du tabac était déjà commun chez les peuples des cOitts de l' Afrique au9tralo et occidentale dans lu second? moitié du seizième sècle, alors qu'il ét-iit encore ignoré des peuples des régions orientales et intérieures, chez lesquels il pénétra beaucoup plus tard. CVIa s'explique par l'importance du commerce, que les Européens entretenaient au seizième siècle entre les terres du Nouveau-Monde et l'Afrique Occidentale, tandis que celui avec l'Afrique Orientale était plutôt rare et insignitiaut, ainsi qu'il résultera de ce que nous exposerons peu à peu (6).

Le» hommes étaient dans la cale attachés à des pieui . parc-.- qu' ils auraient pu <e révolter et tuer tous les blanc*. Le» femmes. .1 .us l'entrepont, et tv les qui étaient enceintes, dit us la chamnre rte poupe. Le» enfant.'*. aur le pout, iti us étaient comme des poisions dans un baril: s'ns voulaient dormir ils se mettaient l'un sur l'autre. On ..vail bieu piéparé hors du bord île* eudro.ts pour leurs nécessités corporelles; mais pour ne pas perdre leur place beaucoup les ûisiieot où iU se trouvaient, suriou' les homm.-s. qui étaient tellement serrés, que la chaleur et iVieur oiaient intolérables... 33 uoirs mou. rareat pendant ce voyage, >:e qui fut oonsiaéré cnriitit» un miracle, car ordinairement il en meurt la moitié > (CârtL Yiaggîo.„ net regno del Congo, 189*. pp. 138-9). — (I ) Carii, Viaggtu.... net regno del Congo, 1871. p. 50.-(2) Cavaul. 1. v. p. 26t$.— Les l'ortugais uécouvrireut le Cougo eu l'année 1485. (3) Ca.azxl, I. c. p. 308.-(4) Cavaul. I. c. pp. i&2, 483, 020. 573, 870.

(5> Ce turent les uavigateurs portugais qui, les premiers, exportant le tabac de l'Amérique, en firent aussi conualire i' usage en Afrique et eu Asie. Kl BamfliUi y fait clairemeut allusion dans le* vers suivants:

< lo da l'Iudie porlo meco Merce solo di tabucco

Clie consola, e eue vivifka > (La labaecheide, 1714, v. lô). (<J) Tout argument employé par Lelfcar Backer (lit America dte Ueimal der geb-iuten labnktnrlen' cfr. Kahir, 1880) pour soutenir r origine alncaïue du labac tombe de lui-même. Par conséquent son opiuioo que le ubac de la réjiou Dicbebili eu Algérie doit eu dire originaire, parce il n'est pas certain que les Européens l'y aieut introduit , est inacceptable (I. c. p. MA). De même il n'est pat admissible qu'il ait *ié trouvé aussi à l'état sauvage chez les Negr.s par Da Challlu à Kan, et par Bowditca (1819) a, Gabua. etc. (I.e. p. 642).— Et puisque le tabac était introduit eu Asrique (ainsi qu'on le verra par la suite) dès le seizième siècle, il ue îaut pas s'étonner qu'on eu puisse trouver aujourd'hui de* plantes sauvages, éiaot dénuées la facilité de dissémiuatiou et d'acclimatation de cette plante.

AkRUjLB OCCII.E.STALK

<o SénègamWfl. - Quoique 1' usage du tabac ait et- très répandu chez les peuples <!«• iu Sénégambie surtout an dix-septième siècle, il n'y avait été introduit rju' après la lécouverte de I' Amérique. En effet , Cada-Motto (le premier voyageur européen qui ait, pai couru en 1455 les regions de la .S-';tiégambie , et qui ait, pénétré dans les jeûnes les plus reculées, observant et retraçant partout les us et coutumes de ces peuples, de leurs chefs et de leurs Rois (D), ne dit rien de i'nsage du tabac. Le père Thevet non plus n' en fait aucune mention (2). Mais comme les voyageurs qui parcoururent après lui les mêmes régions se sont, tous occupés, avec plus ou moins de détails, de l'importance qu'avait pris cet usago chez les Sénégalais, il faut croire qu'il y était vraiment inconnu du temps de Cada-Motto.

Labat remarque que dans cette région, depuis deux siècle*, tout le niui:de fumait, humilies et femmes, escluu-s et princes. Le tabac y était tenu en grande estime; on l'offrait même comme un don gracieux aux étrangers 0). Ceci posé, étant donnée l'époque nu il écrivait , il faut eu conclure que très vraisemblablement I' usage du tabac a été connu et adopté en Sénégambie avant de 1' être en Europe. Se mémo Labat expli que ce fait de la manière suivante: Il est notoire, dit-il, qu'a la tin du quinzième siècle les Portugais commencèrent à trafiquer, et finirent par s'établir dans ces vastes régions (4). Et, pendants qu'ils exerçaient la traite des Nègres pour coloniser les terres du Nouveau-Monde, principalement leur possessions du Brésil, ils imposaient, petit à petit, aussi en Sénégambie quelques plantes américaines. C'est ainsi qu' ils y introduisirent les pommes de terre et le manioc (1. c. V. p. 120», comme, suivant BrOe , ils y importèrent aussi la salsepareille et le gaïac pour guérir la syphilis (5), qui était si répandue parmi les Sénégalais, qu'elle ne faisait pius honte à personne il. c. Y. p. 73).

Il est hors de doute que ce furent les Portugais, qu'introduisirent l'usage et la culture du tabac en Sénégambie ainsi que le mot, puisque ces Nègres l'appelaient Tautuka (6). Il ne faut donc pas s'étonner si on l'a trouvé plus tard partout en abondance dans ces contrées (7), et cultivé par les Nègres rimpatriés d" Amérique, où ils avaient pu apprendre la méthode pour le cultiver et lo récolter.

L' usage du tabac se propagea ainsi rapidement non-seulement sur les côtes, mais aussi dans l'intéiieur. Eu dehors de la diffusion du tabac le long ues rôles de Guinée, dont nous nous occuperons sous peu, il est certain ({lie son usage pénétra tout de suite même cluz les Arabes du Sahara, qui habitent ia partie du territoire afiicain comprise entre le Cap-Blanc et le Sénégal , d' où 1* on retire principalement la fameuse gomme du Sé-

(h Cfr. Privott. Uist. gèn. royag. Pari-. 17-fci. II. p. -!'T.

Thw«t. Cosmographie, l'»Tô, I. f. fi» et suiv. Ji Laktt. Somelle relation ae C Afrique occidentale. I72S, IV. p. -5i\

4) Des l'aimée U'JI las Portugais irattquaieui le loug U<?s cfr.cs occi.ienUlH, je .-Afrique, «urtout tou> ic règne >ii leu II (Plgatetta. V*ra desrriptio Hegni Africain, quod Conçut appeltatur, in D* try. Intl. Orient.. l'A**. 1. p. 31). — fô> Voir plUi uaut. p. 10.

(Gi Atfanton, Fam. plant. 1 7*13, II. p. 582.— Ko Sèuétfanibie les peuples Yolols appt-laieut 1 ma g ha lu labac. fi Smanan la pipe, lainiis que les l'huies appeiaieut laba le premier, et Hyardugal la se. i-oinie (i.tr. PrivMl, Hist, gen. Voyages. I74«. III. p. l'JS). Mais, seioo M»IIU«. le» YoiofH appe aieut au*si /•un (<)e Pelunf) le l..bac, et Saitu lu pipe, tauuis que les f'ulw (Him. .s) uppeluieut aussi Simmé le labac. e« lierdugal la pipe Hainan, Voyage dam C inter, de l'Afrique. 1*2 >. II. p 275). Us Piiules, pour: le vais luiuer ma pipe, diseui : Manga toque same manun iDesertp. d. I. Signtie par B.P. 0. P. (M. Pr»ne«u de Pomm«g«rj«) Amsterdam, 178k», p. 281).

(") Firrtrto, Costume anlico e moderno. 1833. IX. p. I'»7.

négal. Or, selon Brfle, ces Maures (déjà en 1715) étaient tous fumeurs de tabac; ils faisaient un repas très court, mnis immédiatement après ils commençaient à fumer et pendant longtemps ils se mettaient à causer, absorbant du vin, de l'eau-de-vie (1) ou du caf> (2). Ainsi, Mollien, ]ors-|U* il fut reçu p.ir le roi de iYarsas (1818), remarqua qu'il fumait avec la même pipe que ses courtisans (3).

Sans parler des Arabes du Sahara, qui purent connaître l'usage du tabac par le commerce qu' ils avaient a cette e|>oque avec ia Barbarie , ainsi qu' on le dira en son temps, il faut observer qu'avant eux les Nègies do l'intérieur de la Sénégambie l'avaient connu et adopté. En effet, Jobion en suivant le cours de la Gambie pénétra dans la région île Tinda, dans l'intérieur. Il y trouva des Nègres qui, n'ayant pas encore vu do bliinc6 (1621), s'enfuirent à la vue des Anglais, surtout les femmes, qui se cachaient derrière leurs maris, ou dans les cabanes. Mais les Anglais, pour les rassurer, leur offrirent des colliers , et ils en reçurent en échange du tabac , et de fort beaux tuyaux pour le fumer (4).

A ce propos Seals observe ce qui suit: " Lo contact continuel des Européens *-r des autre? peuples avec les Nègres de la cote, ainsi que le contact de ces derniers avec ceux de l'intérieur ciéu chez les Africains des besoins factices, nous voulons dire de luxe, dont la satisfaction devint une nécessité et produisit de terribles effets. Parmi ces besoins il fdiit noter l'usage du tabac et de l'eau de-vie, qu' ils aiment avec passion „ <5).

Donc, si dès l'ann ée 1621 les Anglais purent recevoir du tabac de ces sauvages en échange de leurs cadeaux , cela signifie qu' il devait déjà être très abondant , ou très appréci 1 des naturels. Le fait que ces sauvages n'avaient vu aucun Kurop'-en, qui ait pu y introduire le tabac avant 1621 , ne prouve rien, car ils ont pu , comme cela est arrivé réellement, l'avoir par les Nègres habitant les régions plus voisines de la cote. Il convient de rapporter ici l'importante observation faite par Stibbs. Ce'ui-ci, parcourant précisément la contrée sus indiquée de Tinda (1724) , put se convaincre que le tabac cultivé par les >ègres n'était pas du tout originaire de la contrée, ainsi que son guide voulait le lui faire croire (6).

Au Sénégal , la culture du tabac et de tontes les autres plantes est confiée aux femmes , qui pour comble doivent encore servir leurs maris et veiller sur leurs pipes pendant qu' ils causent enti'eux (Labat. 1. c. II. p. 301). Dopuis le commencement du dixseptième siècle on y cultivait cette plante sur une large échelle, qui y poussait à merveille, et donnait d'excellents produits dans les terres parcourues par les Meuves Sénégal et N'ger (I. c. II. p. 176). Et même dans les iles, ou sur les bords du fleuve, la plante prospérait sans élre cultivée, et donnait des produits excellente (1. c. II. p. lSÛi. Les terres lim trophes du N ger étaient toutes ensemencées en tabac, ainsi qu'en maïs et en riz (I. c. II. p. 210; HI. pp. 170, 200). Dans ces champs, ajoute Labat, l'éléphant aussi mange quelquefois le tabac. Si l'animal est jeune, il n'eu éprouve aucun inconvénient; mais s'il est âgé, cela le grise, et il fait des grimaces très drôles. Si la dose est trop .'oi te, il s'endort, et les Nègres se vengent alors sur son dos du tort, qu' il a causé à

(1) Les philanthropes, qui croient meure un obstacle à la passioo de l'alc.vol en Afrique, en y interdisant l'introduction de I" eau-de-vie sout dans l'erreur, car depuis des milliers d'utmé-s les indigène» préparent eux-tuémes leurs boissons, el ils continueront a. s'enivrer taut qu'on récoltera du irrain jaune, t'eriaiiieiiient le pom'tr indigène est plus léger 'jue l'eau-devie européenne; mais le» naturels étaiil habitué* à le consommer eu graude quantité, il est hors de doute que I eau de-vie scru.l l»eaucoup plus daugereuse pour eux que l'alcool du pays iP»l«rt, Un po' /></< rfi Ince tnH'Afrim leur, brota. 18'Ji. p. 4!»).-(-.') Cfr. Primt, I. c. 11. p. «a.

(3) BtolliM. Voyage dans i'inter de C Afrique. lel'.'O. t. p. !3.-(4> Cfr. frémi. I. c. 111. p. 41

(5) feala. ilemorie... intorno >xd un *un riuggio netl'intcrno <U W Afrir» net isr>s, irw: . \\ <>;

(S) Cfr. Prtwst. I. c. III. p. «58.

h culture avec ses pieds et sa (rompe (t. c. III. p. 235). Dans les terres des marais et du lac de Gomel, au bord du Nig r, le tabac est excellent, et c'est étrange, dit il, qu'à cette époque <160S) la Comparu-! du S -nêgal n'ait pas poussé les Nègres à le cultiver en plus grande quriMtir 1 pour l'acheter ensuite à bas prix.

L'ik de Jean Barro, voisine du fort de S.' Louis, et la majeure part'e des torres de Cajor sont tout à l'ait adaptées pour cette -.>lunte, et donnent de très bons produite. Il est vrai que les Nègres ie fabiiquent mal; ils l'entassent à peine récolté sans le faire sécher, sans y apporter des précautions, quo les Américains prenaient même avant que les Espagnols aient découvert leur pays, et leur aient appti- le mode de le préparer. Les Nègres, au contraire, après avoir empilé les feuilles de leur tabac, les écrasent, Ips réduisent en tablettes et on rouleaux, qu'i s attachent fortement et qu'ils laissant s Vher lentement à l'ombre. Malgré cela, ce tabac ne laisse pas d'être excellent il. c. III. p. 201). Labat aussi remarque que le Général BrOe trouva dans la région de Bievert des cam- ]>agnes entières, où l'on cultivait le tabac. Et il dit h co propos, que les Nègres ne l'employaient pas en poudre, ne le chiquaient pas, mais le fumaient. Il répète que lo produit est excellent , malgré 1' absence de soins. On peut tirer de ce fait la conclusion de ce qui adviendrait, si l'on adoptait les méthodes américaines <J- c. IV. p. 185). BrOe avait observé à son tour qu' on pratiquait aussi cette culture dans nie de Bife*ca du fleuve le Sénégal, à Ménage, au-delà de Kabaydé, à Phuli (1701), et en général dans les terres d'où le Sénégal se relire périodiquement (1). Et même la tribu des Plinlis, qui habite les deux rives du Sénégal, se distinguait par sa bonne culture du tab.c \2).

Les Phulis cultivent, en effet, une grande quantité de tabac de qualité supérieure; mais comme ils no l'emploient pas en poudre, ils n'ont pas l'habitude d'en faire des ca rottes. Préparé pour être fumé , ce tabac répand en brn'ant dans la pipe une odeur fort agréable, tandis que d'autres l'ont désagréable. Ch^z ce peuple teut le monde fume du matin au soir: hommes, femmes, et aussi les enfants. La culture est très simp'e. Les Phulis, habitants des villages voisins du fleuve, aux premières plmes de Mai font de vastes semailles de tabac près de leurs cabanes. Puis, à la fin de Novembre , lorsque les eaux du fleuves se sont retirées en laissant un dépôt de limon très gras, qui reste longtemps humide, on transplante le tabac dans co limon. La p'ante croit alors vigoureusement, et arrivée à maturité est coupée pour être mise à sécher dans les cabanes. Les feuilles desséchées se recueillent ensuite dans les tuions (sacs do cuir'i dans lesquels elles sont vendues (-3).

Oapper avait déjà remarqué que le tabac poussait très bien dans les terres du Sénégal, mais que les Nègres ne se donnaient pas beaucoup de peine pour le cultiver (4). On le produisait avec grand succès le long du fleuve Gambie . au dessus de Cassu , et les Portugais (1670) établis à Yuala et à Catcheo allaient l'acheter, et le transportaient avec des cha'oupes (I. c. p. 239), comme ils alhvent aussi s'en fournir ch^z les Nègres du Cap- Vert (I. c. p. 240). On en tenait uo marché tous les 4 jours à Geroep (I. c. p. 236i.

Depuis près de trois siècles on obtient en S'-négimbie et dans les régions avoisi liantes d'excellen* tabac en grande quantité. Mais cette industrie aurait pu s' y perfectionne! avec grand avantage si, après avoir récolté la feuille , les Nègres avaient su la gouverner. Moore observait dès 1731 que le tabac cultivé dans le voisinage des fleuves était très fort, et que celui dos localités qui on sont éloignées était plus faible (5).

Mollien (6) a signalé ensuit* les régions suivantes do Sénégambie, dans lesquelles

(1) Cfr. Prévoit. I. c. II. y. 4'M-4.-çi> Fromrd, L<> ,-nuse de, e*r.l«ves nègre,. 17SO. p. U'J. CV) Ittscrip. d. I Stgritie y»ir M. P. D. P. Pruno»u it Pommgorge), p. 03.

i.4) Dapper. Description de l'Afrique, Atiiiti-riuii). HiHrt. p. •„\JI.

<5) Cfr. Prévoit. 1. c. III. p. iy.2.— (rt'i Mollien. Voyage dans V intérieur de l'Afrique. IH20.

on cultivait le tabac (1818). On le cultivait à giuche du Sinégal, avoc le maH, dans la vaste région du Futatore, où l'on ne s' en servait que pour fumer (I. c. I. p. 270), tandis que chez ces Nègres il était aussi employé sous forme de pou-Ire (I. c. p. 264). On le cultivait aussi dans la partie occidentale du Bonlu (1) ,\ droite du Gambie. Les naturels l'appelaient Tankoro, et la qualité en était excellente; mais il enivrait ceux qui en abusaient. Là aussi on l'employait en poudre (2), et ces Nègres avaient une petite cuillère de fer pour le porter à leur nez (1. c. 1. p. 325). 0 i en produisait une telle qumtité, qu'on en exportait dans les pays voisins (1. ç. I p. 329). On le cultivait encore dans le royaume de Phuta, à gauche <1u Gambie (I. c. II pp. 13, 75), et il eut l'occasion d'y observer qu'une princesse mâchait continuellement du tabac (I. c. II. p. 21). Enfin dans la région île Galam il pousse ain«i que le maïs presque sans culture , cette région étant une des plus fertiles de I' Afrique. L- tabac et les autres plantes exotiques de S!négambi* y ayant été importas par les Portugais, qui s'y établirent au eeiz ème siècle, ces Nègres ne désignent ces plantes étrangères à leur région, que par les noms qu'ils ont appris des Portugiis (I. c. II. p. 84).

Cela est confirmé par les notes suivantes: J' ai vu quelques petits champs de ta bac, mais en moindre quantité que dans le Phuta. Otto cu'ture est encore à 1' état d'enfance (1821). On laisse pousser sur les tiges les Heurs et les fruits; on n'enlève même pas les rejetons et les bourgeons latéraux. Les feules ont 4 ou 5 pouces de longueur. Aussitôt, qu'elles commencent à jaunir on les cueille, on les coupe, et on les met à sécher. E>s ne servent que pour fumer, et sont très douces. Pour les réduire en poudre on les pile dan* un mortier; mais elles n'ont pas assez de force pour cet usage. (L'auteur parle de la région de Wa'o). (8)

Relativement à l'implantation de la culture, Jobton rapporte que choque famille semait et transplantait le tabac nécessaire à son usage personnel autour des cabanes. C'était le chef de la famille, qui distribuait les terres et traçait les limites par des sillons; et pour faire cette besngrie il avait, toujours 'a pipe à la bouche (4). Le mâme lobton note que les Nègres de Sénégambie faisnient de fort jolies pipes en terre cuite- Ils y mettaient tnu* leurs soins se servant d'un instrument d'un usa?e journalier, puisqu'on ne voyait jamais un Nègre ou une Négresse, qui ne le portât. La cheminée de la pipe contenait ordinairement* une demi-once de tabac; sa longueur était de deux doigts, et le tuyau pour fumer était en rosier (5).

Moore, après avoire remarqué (1731) qu» les Nègres de Sénégambie ne peuvent s'abstenir en aucun temps du tabac qu'ils cultivent, ajoute : Les cheminées de leurs Pipes sont d'une terre rougeatre, et très bien travaillée. Le tube est formé d'un rosier ■ong de 5 à 6 pieds. Leurs marchands, qui voyagent beaucoup, portent des pipes capables de contenir une demi pinte de tabac (6).

Selnn Labat le chef-d' oeuvre du potier sén^ga'aie est la cheminée de pipe. Celles des chefs indigènes ont la cheminée en terre cuite bien travaillée, et le tube de rosier robuste et long de 3 à 4 pieds. Ils ne marchent jama's sans porter avec eux leur fusil et la bourse dans la quelle ils mettent le tabac coupé. Fumer est leur exercice ordinaire (7V

(1) Ou reparlera de l'usage et de la culture du tabac dans la région de Roodu à propos de l'Afrique centrale.

(2) Les Afnoains fabriquent des labatières exprès pour l'usage du tabac eo poudre (Hartmann. Let peuples de CAfrique. Pana. 1890. p. 137).

(3) Ces uot*s ont été tirées d'un manuscrit, resté inédit jusqu'en 1821. et publié easuite par Eyrite et Malta-Bran (Xottv. Ann. Voyages. Xtll. 1822. p. 104). Dans le même manuscrit on raconte auani que '«* Nègres de àônéitarobie plient Pécoree du ghighis, et la mêlent au tabae en poudre pour lui donner une odeur de vanille (I. c. p. 97i.-M) Cfr. Priait, I. c. III. p. !*8-0.-<5) Cfr PrévMt, I. c lit. p. 183.

(8) Cfr. Prfmt, I. c. 1IL p. œ.-<7) Labal, I. c. II. p. 242.

Les Nègres de la région il»; Bambuc sont les plus habiles fabriquants de catsotê (cheminées de pipes) de ce pays. On observe ça et là sur ces cbemi ées de9 paillettes d'or plus on moins grandes. Les Nègres appel cm gitingan la terre avec laquelle iis les fabriquent, c'està dire terre d'or ou dorée. Quoique les paillettes soient petite*, parce que les cheminées se fabriquent avec la terre d l jà lavée pour eu retirer l'or qu'elle contU-nt, il parait qu'il en reste toujours une partie qu'on pourrait utiliser par le traitement du mercure, ainsi que cela se pratique dans les autres endroits ou il y a des mines d'or (1).

BrOe raconte qu' après le repas le Roi de Cazegut le fit fumer dans sa propre pipe. Et c'était vraiment une pipe royale par sa longueur et si cap .ici té. Le tube éiait loug d'environ cinq pieds, et la cheminée si grande, qu' elle pouvait contenir un bon quarteron de tabac. Elle était ornée d'il i bout à l'autre de filets et de feuilles d'étain très bien disposés et appliqué avec beaucoup d'art. .le ne sais, ajoute til, si ce travail était sorti des mains des Nègres, ou si c'était un présent que lui avait fait quelque Européen (2). Et Scala observe que lorsque la pipe du Roi restait inactive dans un coin, faute d'aliment nécessaire , on organisait immédiatement un' expédition guerrière pour se piocu ter le tabac chez une tribu quelconque qui en possédait (3).

Les Sénégalais consomma ent beaucoup de tabac, surtout après les repas (4). Et l'usage en était commun aux esclave, aux seigneurs, et aux Souverains: aux hommes et aux femmes, ternaire remarque à ce propos (1682) que le Roi du Sén l gal se contentait de la pipe de tabac, et de quelques verres d'eaude vie, mais qu' il était très modéré pour son repas (5). BrOe rapporte qu' un Prince nègre en le recevant solennellement alluma sa pipe et se mit à fumer ainsi que tous les officiers de sa suite (6); que 1p roi de Sirntik lui fit ut e visite pendant qu' il dînait, et qu' après avoir bu de l'eau de vie, il se mit à fumer avec lui (7), et lui accorda l'honneur de fumer dans sa propre pipe (8) ; et qu' enfin, tontes les dames de la cour fument dans de pipes préparées par leurs esclaves (9).

tabat raconte qu* une Sultane du Smégal étant a-lée, accompagnée de ses dames, rendre visite au Général Brfle, Gouverneur fiançai* (1715), tout de suite après lui avoir offert les présents, demanda sa caaaat (pipe) pour fumer pendant l'entrevue. (La cheminée des pipes, qui est. généralement eu teire cuite ai tistiquemenle travaillée pour les dames en or ou eu argent, et le tuyau, toujours long d' environ 28 pouces, est en rosier garni de petits cercles d'or, d'argent, de corail et d'ambre. Un reniai que des pipes d'une grande beaut 1 , exécutées par les Maures). Les personnes de la suite ayant lempii et allumé les pipes les présentèrent aux damo* qui furm ieni toutes, Je sorte que la pièce fut bientôt pleine de fumée; mais s'-Hant aperçues que le Général ne fumai' p is, lets dames déposèrent les pipes de crainte de l'incommoder. La Sultane ayant appris que le Général s'abstenait de fumer par un sentiment de courtoisie envers les dames , lui offrit tout de suite la sienne, et l'obligea à s'en servir, tandis qu' elle s'en fa sait préparer une autre. Cette occupation de fumer -ie les empêchait nullement .de causer (10). tabat rapporte encore que la princesse mère du Roi de Cajor envoyait souvent d'excellent tabac et des pipes au Général Brùa, ainsi que de jeunes et belles Négres-es; et qu' il en recevait aussi de la première dame du même Roi, qui les lui envoyait en son nom et en celui des autres dame.-* du prince (11).

Le s Sénégalais ont aussi l'habitude di> faire infuser te tabac avtv des boissons spi-

(I) Ub*t I. IV. p. 53.- (■>, Llkal i. e. V. p. r,A.

(3) Scali. r. e. p. (4.-(4> Ukal, i. e. 1. p. 2*3; III. p. 130.

(5) Ctr. Prévost I. c. 111. p. US.-i<5) Cfr. Prévost 1. c H. p 491.

(7) Clr Prévost, I. c. II. p. m.-(S) Cir. Prérost I. e. II. p. !W.-,9> Oir. Prémt. I. t. II. p. 510.

i i<n u»»t. :. v. m. p. ta-4. — < 1 1 > ubat. i. c. îv. ... -m.

ritueusea pour mieux s'enivrer. Reclus observe à ce sujet que de tous les Nègres de Sénégambie ce sont les Serers qui ont le plus d' inclination à l' ivresse; nulle part, en effet, on ne boit autant des Sangara, boisson fatiile, composée d'alcool non punflé , de tabac et de poivre. Les femmes donnent, le Sangara avec le lait à leurs nourrissons (J). Et il ajoute que le tabac sert (avec le riz et. le millet) comme marchandise d'échange nuire la gomme de Sénégambie, quand on ne l'achète pas comptait (2). Cela a été aussi observé par Mollien (1818). qui raconte qu' il se servait continuellement, de tabac pour obtenir en échange des i-én '-gâtais la fourniture de ses provisions de voyage , ou les services qui lui étaient, u >cessaires. Il s'en servait tantôt comme récompense, tantôtpour reconnaître une acte de cmplaisan -e , ou pour se rendre favorable l'esprit des chefs et des Souverains des différentes tribus, le lon>c de son voyage. En somme le tabac était le moyen par lequel il obtenait de ces Nègres tout ce dont il avait besoin (3).

0) (hisée (4). Le fcibac fut introduit et cultivé dans les terres de la Guinée par les Portugais, probablement dans la dernière moitié du seizième siècle, puisque The vet n'en dit rien auparavant (•"»). Dapper remarque qn' il poussait aussi daus l' ile de Kerdinando Po, où il avait certainement été import 1 par les Portugais, ainsi que le manioc du Brésil (6i, puisque c'étaient eux qui avaient découvert cette ile. Le même auteur poursuii : Le tabac croit encae de mène que le manioc dans l'Ile îles Princes, qui fut non seulement découverte, mais aus.M hai»iiée par les Portugais, qui y entretiennent pies de trois mille escraves(16ti0) pour la culture du tabac, du ri/, et de la canne à sucre B (7).

A cette époque on cultivait aus*i cette nouvelle plant*} sur les eûtes de la Guinée, mais en petite quantit"', et les indigènes a fil. niaient qu'elle provenait de Sierra Leone. La culture du mal* (1670) y était au contraire tiès tvpaudue (8). Le Ubac deviendrait excellent dans les terres do la Guinée, s'il y file mieux soigné (9); et même pratiquée par les indigènes sa culture pourrait y prendre un grand développement (10). Ces naturels s'appliquent aussi a fabriquer les pipes, qui leur sont nécessaires, avec la terre de leur p.iy». Ils pelèrent pourtant les pipes étrangères (1724), pourvu qu' elles soient fl. es, et aiment passionément celles de Hollande (11).

Les Nègres de Guinée s'adonnèrent fortement a l'usage au tabac. Villault put noter (1667) qif un Nègre fumait quoiqu'il eut la léte cassée \12). Ils passaient louis jouiné. s dans l'oisiveté, se rassMiiblunt a l'ombre des arbres pour chanter, danser et fumer (18). En Guinée, le* Hollandais étaient obligés de taire uuntei la garde dans leurs caves pour empêcher les Nègres de volei i'eaude-viu et le tabac : deux passions auxquelles ils ne savaient pas résister, et auxquelles ils s'abandonnaient avec excès ainsi qu'à celle des femmes (14;. Ce qui est grandement prouvé par ce qu'en a rapporté Ubarlhe (lô). Ce

(I) RmIm. Xouvelte Geogr. unie. 1887, XH. p. 210.— <2) RmHi», l. ■•. XII. p. 234.

(3> miiton. i. c. i. pp. a\ ■>•£, bô. «i, ta. iia H5. i >:, m, ius.

(4i Les cotes Je (iumée lureut Couverte* par le Portugais H*nr(. ,îuc Ot Vite*, ea 1450 (cfr. Pepper. Dctcrtp. Afr., 10HU. p. 0). Les Portugais oui .iecouvert «•«* entes .ie I4«fi a 1484 Wfr. Grieeirt. Met eue. dhtst.... et de Gtogr., 1873, p.

fô) TWvit i. c, 1. t. RO, Ht suiv.— (8) Pepper. U c. p. 480. — (7i Dipptr. i. c. }>. 491.

(8j Pepper. I. c. p. iâT».— Ou lit >iaus Pe Pry (//id. or. 16 4, Vl. p. t», a propos Je cette céréale que ie mi.ïs fut luiro.luil d'Amérique lijiiis le£terrcs .le Ouiuée par les Portugais, puisquM y éiull tout i-ntit uconuu avaul eux. Sou u*..ge et sa cul urese répandirent avec uue étonuaiile lupiJilé chri ce* peuples.

(9) FretMri, Lu caute des eselifes nègres. ITS'J. p. 160.

(10; Album des Minium Catholiques {Imprimé par la Soriêtè -S. Augustin. Bruges».

(II) Dtl MercfcaJs (clr. Pr*>»§». I. c. III. p. 48*).- (i2) Cfr. Prfmt i. r. ill. \<. MH.

(13) iPeecelli) la tenu du Commerce. 1783. 11. p. 89.— (14) Cir. Ferrarie. Comum* •nti"o e moderno. 1833. IX. p. 267.— (15) lakertke. Voyage à ta cât* de Guinée. 18«3.

voyageur raconte, en effet, que les marchandises qui plaisent l<> plu» à ces indigènes sont l'enu-devie, Je tabac et les pipes (1. c. pp. 34, 77): si bien, que le tabac du Brésil constitue la base des échanges (I. c. p. 83), ou des tributs do la part de9 Européens (1. c. p. 77). Pour être accépté*s, les pipes ne doivent pas ê're courtes, mais longues, grandes et aussi belles que les hollandaise* (I. c. p. 88). C s Nègres o it la coutume de mettre dans la tombe, aupiès du cadavre de leur Roi, des pipes et des boites en or, ou eu argent, pleines de tabac à fumer (I. c. p. 124).

Les Nègres de Guinée préfèrent le tabac du Brésil (I. c. p. 88), et accordent pour ce motif les plus grandes facilités pour la traite des esclaves aux Portugais (i), qui le leur fournissent. Leur passion pour cette sorte de tabac est pouss'-e à tel point, qu'ils ils arrivent à payer jusqi' à 100 francs un rouleau, qui peut à peine on vahir 10 (I.e. pp. 112, 141, 143). Les Anglais s'étant aperçus de l'avantage que tiraient les Portugais de la fourniture du tabac du Brésil (2), essayèrent de piépaier le leur de la même manière; niais ils ne purent parvenir à lui donner la même douceur, et c'est surtout | our cette qualité que les Nègres profèrent le tabac du Br ; sil (I. c. p. 144).

Poneelin remarque à ce propos que la passion pour le tabac du Brésil (plus vive à Porto novo que dans .e reste de la Côte-d'or) avait donné aux Portugais une grande supériorité sur leurs rivaux Européens; de sorte que les Français et les Anglais ue pouvaient transporter que le-* marchandises de rebut laissées par les Portugal (3). Ces notices complètent celles d*jà données par Labit (4). Il disait, en effet: Quoique les Nègres fassent eux-mêmes des pipes (caasots), \U se servent aussi de celles de Hollande. Ils aiment les plus lines et dédaignent les communes, ayant appris des Français à rechercher ht marchand se étrangère de préférence à la leur (I. c. I. p. 34). Le tabac de Guinée, que les Nègres ne savent, pas cultiver et qu' ils récoltent sans lui donner le lomps de mûrir, serait excellent s'il était mieux soigné. L'usage continuel qu' ils en font, fumant sans cesse, leur noircirait les dei.ts, s'ils n'en prenaient un soin extraordinaire. A peine ont-ils déposé leur pipe, qu' ils mâchent une espèce de bois provenant du royaume d' Acarnis, qui leur conserve les dents blanches et nettes (I. c. I. y. 317).

Pour démontrer l'estime, dans laquelle les Nègres de Guinée tiennent le t. bac. Dapper (ô) rapporte que lorsqu' il meurt un personage important, ces naturels ont l'habitude de tuer deux de ses esclaves, et de les ensevelir dans la même tombe pour qu'el. les puissent encore le servir dans l'autre monde. On a la coutume , en cette circonstance, d'offrir aux deux victimes les dons des chosen les plus rech-rcli 5es et les plus appiéci -es de la région: tels que de beaux vêtements, des bracelets et airs i du tabac (1680). En confirmation de l'habitud" qu' avaient ces Nègres, de mettre des pipes et du tabac auprès des cadavre» en les ensevelissant, Allons rappelle que le souverain de la région du cap Très Puutaa racontait (1721) qu' il avait recuei li dans une caisse les cranes des Hollandais nussacrés par lui, et qu' il avait fait enterrer la caisse après y avoir enfermé aussi de l'eau-de vie, des pipes et du tabac. Il avait donné aux mo:ts ces petites jouissances en témoignage du respect qu' ils lui inspiraient (6).

(!) Seuls, ies Portugal* taia«ient leurs contracts basés sur le Ubac du Hrésil en roule;.ux. pesant chacun 75 livres, li» donnaient <ie 6 à 7 foutraui pour uo enclave de rlioix . ayant de 15 à 16 ans Ceia constituait; pour le* Portugais un canuierce de» plus lucratifs (clr. Drscrip, <i. t Sigiilie par M. P. 0. f. (M. Pr«Mii d« fomitusorg») Amsterdam. I"s9. p. %")).

(2) XicoUana lalxicum . L, car. bratUientis. c'est je type de tabac, qui lut d'abord introduit dans I'Atnque occ.denlale. ei qu'un y cuitua .le même qu'eu Eu roue, ainsi qu'on l'a i#Jà dit à prop.n des premiers tabacs cultivés en Europe (Voir pius haut. p. 71).

(3) (PMctlli) Tableau du Commerce. 1783. II. p. IcA

(4) labal, Vuyage du Cher. Dei Marchai* m Guinée, Paru, 1730.

(5) »•*»'. I. c P. 262.-(rt) Ci. . Prfmt I. e. 1U. p. 45*

Après avoir parlé de l'usage du tabac chez les peuples de Guinée on général, il convient de remarquer quelque* particularités relative» aux diverses régions de ce vaste pays.

H est probable que l'usage du tabac a été introduit dans la Sierra Leone avant les autres contrées occidentales d'Afrique, puisque d' après Bar bot les Portugais s'y étaient établis dès l'année 150.1 (1). Et même, au dire de Villault, ces indigènes parlaient tous la langue portugaise (2); ce qui prouve le continuel contact qu' ils eurent dès lors avec les Européen*, de qui ils ont dû aussi apprendre l'usage de fumer. Dapper ajoute que les naturels Capez de Sierra-Lemie, pers'-cutés par les Cumbas, se confièrent aux Portugais en 1515, les priant de les prendre comme esclaves pour les soustraire à la férocité de leurs ennemis (3). Ce fut certainement aussi par les Portugais que, selon Barbot (4), ces indigènes apprirent a cultiver le Manioc pour la caasaica originaire d'Amérique, ainsi que le tabac (Voir plus haut, p. 82).

Dès 1607 Finch rapportait ce qui suit: Les naturels de SierraLeone cultivaient constamment le tabac près de leurs cabanes. 11 constitue une partie importante de leur subsistance. La chemin >e do lours pipes est très grande et laite en terre bien cuite. Le tuyau de la pipe est en canne, long d'un pied et demi (5). Les hommes conservont la pipe dans un sac, qu' ils portent pour rocuoillir los provisions, et le tabac dans une bourse appelée Tuffio. Les femmes, au contraire, tiennent la pipe a la main, et le tabac dans un pli de leur tablier. Ils expriment le suc de ses feuilles lorsqu' elles sont encore vertes, pour éviter que la fumée ne leur cause une ivresse continuelle. Ils le coupent très fin, et le font sécher au fou ((5). Et il ajoute que les hommes de cette ré" gion ne bougent jamais sans emporter leur pipe avec eux (7). Un siècle plus tard, exactement en 1721, Atkins put aussi remarquer que ces Nègres ne se préoccupent en rien du lendemain, et passent leurs journées déso uvrecs, occupés seulement à fumer la pipe (8).

Le tabac de la region de Quoia aérait excellent , si les indigènes sussent le préparer (9).

Selon Villault , les î iches et les grandes do la cote de Malaguette (c' est-ii-dire , du [xuvre de Guinée) (10) passent la majeure partie de leur temps étendus par terre , la tôte appuyée sur les genoux de leuis femmes. Et. dans cette position, ils fument et avalent du vin de palmier (11). Le tabac qu'on obtient dans le royaume do Mesurado (de la même cote) serait aussi excellent, si les Nègres connaissaient l'ai t de le préparer (12).

Loyer (1701) narre comment le Roi d'issini, dans une réception solennelle qu' il lui fit, avait à la bouche une pipe longue d'un bras, et fumait continuellement... Il avait aussi près du trône deux de ses femmes, dont l'une était chargée du soin de la pipe, et l'autre de la bouteille d'i-au de vie (13). Le même Loyer obsorvo encore que dans la région de l'Issini le tabac réussirait à merveille, si les indigènes avaient le soin de cul-

(I) Cfr. PrfvMt, I. c. III. p. 2an.-ci) Cfr. Pré«»t I. c. 111. p. (3) Dtpscr. I. c. p. 1MV.— (4) Cfr. Pr«T«tt. i. c. 111. p. 234.

(ii) KMlIng r«-pré*eule (lOOTj dans une <;ible spéi-iale une case de Si«*rri.|,eoue, et dessine à cètè deux Nèiovs. qui rutilent dans de loueurs pipes refr. Prftott. I. c. I.K Celte dale de 1607 . uolée p»r Fine», et cmillnnée par K««li«a, prouve <ju« l'usa*» du tabac avait pé étré en Afrique beaucoup plu» nu qu'eu Asie. où. aiusi qu'où le dciiioutrera L-unute. le nouvel usa^e commença à pénétrer chez les Naturels, apporté par It* V.uropèein, vt :s ie commencement du .îixseptième siècle, alors qu' il était déjà généralisé depuis des années cliei le» peuple» de l'Afrique Oeeideutale.

(6) Berwier. Suite de Ut O'Ogrujihie de Buschinç. 17S.\ X. p. 491.

C") Cfr. Prévost I. c. Id. p. 222. -(H) Cir. Prévost I. c. 111. p. 221. -('.»* Cfr. Prévost I. c Ul. p. 244. (10) Le poivre de Malaguette e»t produit par la Xilopia txthioptca, tandis que celui des Aschaotis vient de la CubeOa Clutii (HartmsM, Les peu pies de l'Afrique, Paris, 1HSO, pp. Ill, 12*).

(II) Cfr. Prévost, I. c. 111. p. 574.-(l2) Cir. Prévost 1. c. 111. p. 578.-(l3) Cfr. Prévost, 1. c. 111. p. 408. Ou nu — Uuioirt éu Tabac. 16

liver celui de bonne qualité, qui y pousse spontanément (1). Mais Loyer, en affirmant que le tabac vivait, à l'état sauvage dans cette région , ne réfléchissait pas que pies de deux siècles auparavant les Européens , et les Portugais en particulier, trafiquaient et s' étaient établis dans ces légions; de même qu'il ne pensait pas que ces plantes, qu' il croyait sauvages, devaient au contraire l' être devenues après d' anciennes cultures: la facilité de reproduction et d' acclimatation du t;tbac et de ses plantes étant bien connue. D'autant plus que le même Loyer affirme, ensuite, que les naturels de la région d'Issini cultivaient habituellement le maïs (2), qui y avait été importé d' Amérique (3) par les Portugais. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le tabac, cultivé aussi par les Portugais , et abandonné ensuite à lui-même , soit passé à l'état sauvage dans cette région. Au reste I' asseition de Loyer se trouve en complet désaccord avec celles des voyageurs qui l'ont précédé, ou suivi. Enfin, 1' inexpérience absolue à récolter, sécher et soigner le tabac, lo manque d' art dans sa préparation , attestent lumineusement qu' il devait être, pour ces sauvages du continent, noir, une plante exotique et jamais indigène. Les terres d'Issini en produisaient beaucoup, malgré l'ignorance des indigènes à le préparer (4).

Les habitants de la O'.to-d'I voire ont aussi l'habitude de mâcher le BHd, selon la coutume indienne (5).

Dans la Côted'Or également 1' usage du tabac fut adopté non-seulement par le peuple, mais aussi par les Seigneur» < t les Souverains. En effpt, Phillips rapporte qu'arrivé à Anamabo (1694) il offrit à la Reine du pays un baril d'eau de vie et plusieurs rouleaux de tabac, qu'elle parut recevoir avec grand plaisir (fi). Quand, plus tard, parvenu a Juida il se présenta devant, le Roi du paya , il lo trouva assis sur le trône, fumant une longue pipe de bois, dont la cheminée pouvait contenir une once de tabac (7). De même, Atkins, en sa présentant devant le Roi de la région du Rio Sestos (1721), lui offrit, selon l'usage, une bouteille d'eau-de vie et une douzaine de pipes (8).

Bosman <9), en parlant de la mauvaise qualité du tabac des terres de la Côte d'Or, ajoute : 11 répand une odeur insupportable, quoique les Nègres en fassent leurs délices. La manière dont ils le fument l'empêche d'ailleurs de leur nuire: la plupart se servant, de tuyaux de pipes longs de 5 à 6 pieds , ses gaz les plus nuisibles perdent . en parcourant ces tuyaux, une grande partie de leur force. La téte, ou cheminée île la pipe, est en pierre ou en terre cuite, et peut contenir de deux à trois poignées de tabac. Les Nègres qui vivent avec les Européens emploient celui du Brésil , qui est meilleur que celui «lu pays, quoiqu'il ait aussi une odeur très désagréable. La passion de fumer est égale chez les deux sexes, qui se priveraient même du nécessaire pour so procurer cet unique soulagement à leur misère. Le prix du tabac augmente tcllomonto pour ce motif, qu'on paie ô shellings pour moins d' une livre. Les feuilles s'obtiennent dans le pays de plantes hautes d'environ 2 pieds; elles ont une longueur de 2 à 3 mains sur une de largeur. La fleur est uno petite cloche, qui rapporte la graine à maturité (10).

Prévost observe à ce sujet que lo tabac se vend en feuilles desséchées par les Nègres sur les marchés de la Cote-d'Or. Les feuilles se fument ainsi : les Nègres n'ayant jamais

(I) t ir. Prévoit, I. c. III. p. U'J.-ri) Cfr. Prévott. i. c. III. p. 44.-(3» Cfr. Pré»o»t, i. c 111. p. 633.

(4) Boronpr. I. c. X. p. r>ll.-<5) Cfr. Prévost 1. c. 111. p. «38. -(6) Cfr. promt, 1. c. 111. p. 376.

(7) Cfr. Provost I. c. III. p. 382. -(8) Cfr. PrOrMt, I. c. III. p. 448.— (8) Cfr. Prévoit, i. c. IV. p. 222.

(Hj) Il doit s'agir ici lie la .V. rustic/i, qui était aussi cultivée communément lians la Sénégambiu. Parmi les diverses variétés cc-lic qu'on cultivait était la Sicotttina rustiea. I... var. brastlia, 8chr»nli. originaire du Brésil. Les irrames que j' al reçues aussi de I' Afrique Centrale m' out toujours douué dûs piank-s appartenant exclusivement à cette variété. Cette remarque est aussi contirmée par une ancienne observation de 6oll>trry. qui dit que les naturels dos cétej occidentales d'Afrique cultivaient dès cette époque la JVieofirtJia tmnur

appris l'industrie île les rouler (1). Le même Prévost parlant ensuite de l'expansion «le l'usago de fumer chez ces indigènes, remarque que pour les descendants de Cam il n'y a, selon les Marabouts, que la pipe pour les consoler. Dans leur pauvreté absolue, leurs besoins sont limités au tablier, qui couvre les parties honteuses, au tabac, a la pipe et au miilet (2i. Ils en sont tellement passionnés, que les Portugais avec le tabac, qu' ils se procuraient dans la région même, arrangeaient tous les comptes d'achat des esclaves (3).

Le tabac produit par les terres de la Côte-d'Or est de detestable qualité; mais en comparaison de celui do Sénégambie il est encore très bon (4) ; et c'est pour ce motif que les navigateurs européens l'y importent (5). Malgré cela, la culture du tabac est très commune dans les terres de la G'tted' or (6), ainsi que celle du maïs. On l' introduisirent d'Amérique d.tns l'ile de S.t Thomas; et de cette ile il fut importé et répandu dans la Ci'ite-d'or, où il produit beaucoup, et constitue aujourd' nui la principale culture (7). On en importe actuellement 807 mille livres anglaises. Ia consommation eat.de Kg. 0,18 par habitant; la dépense, de Marcs 0,1 [>, avec un revenu pour l'Etat de Marcs 0,04 (8).

D'après mes observations, dit Bowdich (9), dans la région d'Aschatuie le tabac pousse

dans l' Inta et le Dagumba . et y est appelé toah On en fait d'abord dessécher les

feuilles au soieil, et après les avoir pétri dans les mains, on los mêle avec de l'eau, et on en fait des paquets ovales (1. c. p. 440). Un grave obstacle à 1' établissement du commerce anglais dans ces régions c'est que les Aschantis ne veulent acheter que le tabac de Portugal, qui coûte deux onces d'or la carotte (le rouleau). Les navires portugais et espagnols employés à la traite des Nègres fournissent de tabac le Oouver* neur général hollandais, en échange de piiogues. Pour deux de ces embarcations, qui ne lui coûtent rien, le Gouverneur se fait donner 32 carottes de tabac. Quelquefois il reçoit des Aschantis jusqu' à 24 onces d'or par jour pour cette seule marchandise. Quand ils ne peuvent pas se procurer cette sorte de tabac, les naturels se contentent de celui qui croit dans l'intérieur (1. c p. 450). Dans la région du Gabon(lO) le tabac pousse spontanément (?); mais comme il a pu étn- importé dans l'Empoongona par les Portugais (!), celui qui croit dans Tinta sert mieux à piouver que cette plante est, indigène (11) en Afrique (?) (1. c. p. ôll). Les pipes se vendent continuellement sur ce marché, qui se tient tous les jours, du matin au soir (I. c. p. 437).

Des Marchais rapporte que les indigènes de la G"' te des Esclaves se réunissent en compagnie sous les arbres pour se divertir, et qu' ils pansent ainsi des journées ensemble à fumer et à boire du vin de palmier, ou de l'eau-de-vie (12). Phillips ajoute que pour une livre de tabac, si mauvais soit-il, on peut avoir des naturels une quantité de toile, qui coûterait plus d'un écu aux Barbades (13).

(1) Prffwt, I. c. IV. p. 132.

(2) Promt, I. c. IV. p. 107. -pi) (Pooeolln), Tableau du Commerce, 1783. II. p. 21 a.

(4) Cfr. Forrarlo, I. c. IX. p. I57.-(Ô> C(r. Farraria. I. c. IX. p. 10U.-(6) Borenoor. I. c. X. p. 517.

(7) Oappar du qu'où culuvo aussi le maïs <iiius lu (Y>te-d'i>r: que Je* Portugais l'introduisirent d'Amérique dans i'iie de S. Thomas; tu que de cette ile il tut importé et répamiu dans la Cote -d'or, où il produit beaucoup; il coustitue aujourd' hui la principale culture (I. c. p. 2W).

(8) Uwtattaln, 1. c. p. («.

(•J) Bowdich, Voyage dans te pays d'Aschanlie. (trad, dn l'aog.. Pari». 1819).

(10) Ou eu importe actuellenu-ot "S uniie kï.daus la clonic iraocaise du liabon (Lewlartelu, !.e.p.«2).

(11) Pour ce qui concerne la question soulevée par Bowdich. savoir si le tahac est oui ou uoo indigène <ie l'Alnque, il laut lire ce qui a été dit plus liaut. à propos de l'assersion analogue de Loyor. à moios que l'on ne veuille relever la contradiction dans laquelle est tombé le même Bowdich.

(I2> Cfr. Provotl, I. c. IV. p. 21». -(13) Cfr. Prévoit, I. c. IV. p. 286.

C'est à Portonovo que les Portugais recnillaient les phis grand» avantages, parce qu' ils y apportaient le tabac du Brésil (1), dont les Nègres étaient très friands (2).

Scala (1. c. 60) raconte que la belle Tenembu (1802), voulant so débarrasser de son féroce maître (Chef de la tribu du Oliii) , dont elle était la f ivoritf , le grisa avec du rhum, or. quand elle le vit ivre nioi t, elle le tir. lier ot vendre avec les autres esclaves: cela lui rapporta, en plu» de l'argent comptant, plusieurs rouleaux de tabac. Il dit , à la page 122, que pour se rendre aussi les prêtres favorables il leur offrit du tabac et du rhum. Et il ajout* (p. 197): "On importait annuellement dans les ports du golfe de Guinée (en 1852Ï 20 mille quintaux de labae de Virginie pour la valeur de 80 mille L. Sterl. Les Hambourgeois y importaient du tabac et du rhum pour la valour de 20 mille L. Sterl., les Génois pour 40 mille, et les Portugais pour 80 mille L. Sterl. (p. 201) " Le tabac en feuilles de Virginie s'y vendait (1852) de 16 20 colonnades les 100 livres; et celui en rouleaux, du Biésil. de 510 colonnades le rouleau du poids do 64 livres portugaises^.... (p. 204) : " Et lorsqu'un blanc achète quelque objet aux indigènes, il paie avec des feuilles do tabac et des pi|>es de craie. „ En 1893, on a importo dans la région de Calabar, Benin et Opobo »; mdle paquets de pipes, et 3 millions de livres de tabac (8>. On a exporté pour d'autres légions, en 1893, 4f> mdle livres de tabac pour la valeur de 898 L. Sterl. (4).

Actuellement la colonie allemande Ue l'Afrique Occidentale commence aussi la culture du tabac à Kamerun , car on estime que celui de Bibundi égale les meilleurs de Sumatra (5).

L'exportation de Kamerun ot de Togo a été do 3600 kg. en J893, et de 10300 kg. en 1894 (6». D'après les notice* plus récentes on y cultive lo tabac de la Havane, qui correspond en qualité, mais non en quantité, à celui de Surinam.

La région de Kamerun produisit, en 1893, kg. «500 do tabac, vendus au prix de .j shellings la livre (7). En 1894 ou en a importé a Kamerum 150 mille kg. pour la valeur de 10 mille L. Steri. (8), et en 1890 on en a exporté pour près de -i mille L. Sterl. (.9). On a exporté de Kamerun, en 1890-97 , kg. 2725 pour la valeur île 10 850 Marcs , et en 1897-98, kg. 2400 pour la valeur de 9000 Marcs (10).

En 1894-95 on en a produit daus la colonie de Togo GO centner (de 50 kg. chacun) contre 110 obtenus l'année précédente, et 60 l'année suivante (11). En 1S96 on a importé il Togo la valeur d'environ 9 mille L. Sterl.de tabac (12).

L'usage du tabac dans le royaume de Loatigo date du dix-septièmo siècle, et peutêtre même d' une époque antérieure; on 1' y désigne sous le nom de Mayt Monolu (13). Dapper, reproduisant la vue de la ville de Loango (1080), y dessine un groupe de Kègres, assis à terre, fumant chacun sa pipe (14).

(I) Sicotuina labucum, U vnr. brtistliensis. . t pvut-ct re aussi la Aïe. rustic*, t... var. brnsilia y'i) B»r«fn#r. I. e. X. p. "«"">.

(S) Cir. Dipl. a. i'uus. Hep. IxjuJou. I8'J.~>.— Xtger < mut, n. It'.ls. p. 7. 4) Cfr. Dipl. <l. Conn. Uep. I.ogijon. H'.fT.— Siscr Const, n. IW4. p. 64.

i5j Ceci prouve qua le» Ailem.iuiis y oui ivLvnmt.'iit nitroiiut U ouliuiv Je la Sicolianu labacum. L., var. tututncusts, qui es; W seul type tie t;ii»ac, <\m soit cumv» dans rile lie Sumatra , ainsi qu' on le dira pius tara.

(«) Oarmtarttor. Die Geographische Verbreitung uwi <iie PrwlukUon des l«b«kb.ius , UWfi. p. 7?. (7) Cu: Hep. of Comm. l.unduu. \» i H.—Gtrmany, n. 'iW. p. 17. <«) Cfr. Dipl. a. Cons. Iïei< Londou. IH'.'j.— Germnuy, a. 3H\ p. IH.

(9) Cir. Dipl. ft. Cons. Heji. Loulou. 1SK7. — Germany, u. 4:1V. p.

(10) Cfr. Juhresber. u. d. Kntir. d. Deuts. Srhiitzgebiel.. I*'.>7'.H, p. IH'.I,

(II) Cir. Juhresber. u. d. Enlic d. S<:hulzgebiel., logo. :kimi. p. '.'ri; l*'J7, p. '.il.

(12) Cir. Dipt. n. Cons. Heu. Undou. IM.— Germany, a. 4*2. p.

(13) tapper. I. c. p. 323.-(l4> Dapptr. I. c. p. 321.

Selon Marolla (I) et Frossard (2) dès 1688 on y cultivait déjà sur une vaste échelle cette planta étrangère. Maxvell en observa aussi pins tard la culture dans la région de Maccatnla (8), lorsqu'elle était déjà lepandue dans tout le royaume (4).

Le tabac est aussi désigné par le même nom de Maye MotuAa dans le royaume p'Angola (iï), où son usage a dû être importé également par les Portugais, qui s'y livraient à la traite des esclaves, sur une grande échelle (6). Ils se procuraient facilement des esclaves dans la région d'Angola, en donnant en échange du tabac, de I' eau-de-vie, du .sucre et de la toile grossière (7).

Actuellement le tabac est, largement cultivé par les naturels de Loanda, surtout au bord du fleuve Guanza; mais ils le font, sécher au soleil sans précaution (H).

On a importé en 1896 dans le port de Loanda 15 mille Kg. de tabac pour la valeur do 15 millions de Reis; et dans le port de Benquella ou en a importé, en 1896, 5 mille Kg., pour la valeur de ô millions de Reis (9).

AfRIQCK AI STRAI.K

L'usage du tabac a dû pénétrer chez les peuples de l'Afrique Australe plus tard, que chez ceux de l'Afrique Occidentale, à cause du peu de trafic que les Européens y exerçaient, avant quo les Hollandais se fussent établis à la colonie du Cap (1652). En effet, The vet, parlant des coutumes de ces peuples, ne fait aucune allusion à ce nouvel usage (10).

Les navires européens, faisant voile pour les Indos (11), s'arrêtaient dans les baies de l'Afrique Australe pour y faire provision d'eau et de bétail. A la suite du contact avec les Européens, ks Caffies et les Hottentots connurent l'usage du tabac, pour lequel ils se passionnèrent ensuite peut-être plus qu' aucun peuple du monde. Sauvages nomades, éleveurs de bestiaux, ces peuples ne connaissaient aucune forme de culture avaiu l'arrivée des Européens. Passant leurs journées à surveiller et à faire paître leurs troupeaux, co fut une grande ressourco peur eux que de fumer, apportant une distraction dans leur vie motiutone et misérable.

Ce nouveau besoin devint bientôt imphieux pour les Hottentots, irresistible môme à tel point que , pour avoir du tabac , ils troquaient leurs animaux , leurs marchandises , et en arrivaient à livrer leurs femmes a ceux qui leur offraient du tabac à fumer. En fondant la colonie du Cap , les Hollandais profitèrent de cette passion effrénée pour tout obtenir de ces sauvagos; ils l'alimentèrent même exprès, pour en tirer

(I) err. Premt, I. c. IV. p. .VS7.— (-2) FrMianL I. c.p. I8i.

(3) Cfr. Eyrlèi et Malts-Brun, Knot. Ann. Vuyag. 1821. IX. p. 3\ri.— (•») Btrwifar. I. e. X. p. .">'.*. (:.> cit. M*** i. v. p. :î.ï.

(0) Baaper fan remarquer à. ce sujet: Le plus içrand commerce eierce par le Portugais dans le royaume .l'Angola est la traite den esclaves, qu'ils emmènent en Amérique pour les faire travailler à la culture tiu sucre et dans les mines. C'est avec le sang de ces infortunés, que les Portugais ont pu acquérir les grauds biens qu' ils possèdent dans le Nouveau-Monde. Lorsque les Espagnols deviureut les maîtres, ils transportaient annuellement 15 mille esclaves d* Angola en Amérique (I. c. p. 367).

(1) (PMcella). 1. c. IL p. 213.

(8j Cir. OtpL a. Con*. Report». London 1H86. - Loanda. o.° 4 p. ti.

(9) Cfr. DipL a. Vont. Rep. London. Wi". — Angola, n. l'.Ml», p. 15.

(10) Tlimt I. e. I. f. 02 et su iv.

(Il; Le Cap de Bonne-Kspérauce fut découvert pnr Bariolene* Biai en 1586, et appelé par lui Cap dus Tempêtes. Mais le Itoi changea ce nom eu ceiui de Cap d» Bonne- Espérance, parce qu'il espérait y ouvrir la route des Indes. Ce rut pins tar i Vaice de Qama, qui, en 1407, ioubla ce Cap, et après 13 mois de voyage arriva aux Indes.

d'immenses avantages,'qu' ils n'auraient jamais eus autremont. Et comme preuve de ce que nous avançons, nous passerons en revuo les notes que les voyageurs ont successivament consignées dans leurs relations do voyages.

D' après Dapper (1): Il existe chez les Hottentots la tribu des Gorachouquas, surnommés voleurs de tabac, certainement parce qu'ils eu sont très avides. Ils tourmentaient souvent les Hollandais du Cap, et quelquefois leur déclaraient même la guerre comme usurpateurs de leurs torres (1. c. p. 877)... Pour calmer l'aversion de3 Hottentots les Hollandais leur donnent du tabac et do l'eau -de-vie; ils les invitent d'abord à boire de l'eau-de-vie, et lorqu'ile les voient à moitié ivres, ils leur jettent 2 ou 8 cents morceaux de tabac , chacun de la grosseur d' un pouce. Les indigènes se précipitent avec des cris de joie pour les recueillir , et arriver à chacun un rouleau de tabac pour les autres (1. c. p. 878)... En 1662 les indigènes Sonquas apportèrent aux Hollandais des peaux d'ânes sauvages et de leurs chevaux particuliers pour tes troquer contre du tabac. Et pour apprivoiser les Namaquas, les Hollandais leur offraient aussi de l'eau-de-vie et du tabac. Ces naturels (.qui vivent a environ doux cents lieues du Cap) quoique n'ayant jamais vu fumer, apprirent si bien cet usage, que les femmes et les enfants s' y habituèrent en peu de temps (I. c. p. 880).

Tachard (2) confirma les mêmes faits, en racontant que les Hollandais recevaient des indigènes, en échange du tabac, des bestiaux qu' ils vendaient à leur tour aux naviga. teurs qui s' y arrêtaient (1. c. p. 89),.. et que lui-même voulant pénétrer chez les Namaques dût envoyer d'abord à leur Chef, pour se le rendre favorabie, une pipe, du tabac et de l'eau-iie-vie (I. c. p. 101)... Enfin, les Hollandais obtinrent même, on échange du tabac, le terrain sur lequel ils fondèrent leur colonie (I. c. p. 89).

11 résulte clairement de ces documenta que l'usage du tabac avait prie racine chez les Hottentots, bien avant 1652, donc avant que les Hollandais se soient établis au Cap pour y faire escale dans leurs voyages aux Indes.

Dapper, après avoir remarqué que les Houaague (tribu des Hottentots) semaient une certaine raciue (plante) appelée Daclm (S), contenant un suc très fort, piquant et spiritueux, qui, pris eu infusion, cuivrait toujours comme le vin, faisant tourner la tête, perdre la raison et commettre toutes lea inconvenances et tous les excès que les boissons alcooliques produisent ordinairement (1. c. p. 3.S1), ajoute: Les Hollandais ont derrière leur chateau des champs semés ue choux, de tabac (A), et autres cultures (1- cp. 383). Avec les boyaux des air ruraux ils font des bourses, que les naturels portent pendues au cou pour y mettre Je tabac, la pipe et quelques racines (5), qu' ils retirent du fond des fleuves. Ils mâchent ces racines avant de' s'endormir, et en jettent les morceaux mâchés autour d'eux, supposant que l' odeur de cette herbe éloigne les bétes féroces... Les naturels ont appris des Européens à boire du vin et de l'eau-de-vie, et o fumer le tabac (1. c. p. 887)... Le tabac, l'eau-de-vie, le corail et le cuivre sont les marchandises, que lee Hottentots reçoivent de préférence en échange d'animaux de la

(1) tww, Descrip. de l' Afrique, \(m.

(2) Taehard. Voyage de Stam, HWe.

(3) La Dacha correspond au cliauvre, importé aussi par les Européens, ainsi qu'au lu verra ensuite.

(4) Lu tabac cultivé dan» les siècles passés daus les régions du Cap de Boune Rspérauee était différent de celui qui fut lutrodutt en Guidée, et correspondait à celui importé d" uturd aux Indes ou au Japon, c'est-àdire à la .Vicoiidnd lat/acum, L., var. fmUcota. Mats nous traiterons bientôt ce sujet.

(5) Ce sont, probablement , les rhizomes de 1' Acorus Calamus (Acore aromatique) appelé aussi Karma, et non les racines du Mesembryanthemum edule , désigné aussi sous le nom de Kanna ou Channa, aiusi qu' ou te dira par la suite.

race bovine. Pour quatre morceaux de caivre île la grandeur d'une main ouverte ils donnent deux vaches (M.mais demandant un peu de tabac par dessus le marché (I. c. p. 389).

Dans soit voyage du Si a m au Portugal (1686V, Occunt Chamnam rit naufrage dans la région du Cap de BonneEspérance. En s'avançant dans l'intérieur avec son équipage pour chercher des aliments, il rencontra d->s Hottentots, dont quelques uns disaient seulement Tabac, Pataque. En effet, les naufrages obtinrent un bœuf pour 4 pataquès, ne pouvant leur offrir du tabac dont ils manquaient (l).

Cawley (1G86), en parlant dea coutumes des Hottentots, dit que lorsqu' un esclave de la Compagnie Hollandaise, résid tnt au Cap. désire une femme hottentote, il lui suffit de donner un peu de tabac de trois pouces de longueur au mari pour l'obtenir. Il acquiert ainsi tous les droits sur elle, et le bon Hottentot s'empresso de la lui amener (2).

Kolbe (3) rapporte que les Hottentots de la tribu de Haaseguas, qui est la plus richs, échangent leurs magnifique bujnfs avec les Hollandais, pour avoir He l' eau-de-vie, du tabac (4) et du corail. Il racconte que Van Riebeeck, après avoire fondé en 1652 la colonie hollandaise du Cap de Borna- Espérance, pour entrer en pourparlers avec les naturels (1650*, afin do pouvoir cultiver les terres voisines du fort qu' il avait construit, les enivrait d'abord avec de l'eaude-vie, et leur jettait ensuite des paquets de tabac, que les naturels tachaient d'attrapper se les disputant avec une horrible coi-fusion (I. c. p. 1431.... Il remarque, en outre, que les Hottentots avaient l'hab'tnde de porter attaché à leurs cou un petit sac contenant la pipa, le tabac et la Dakkn (1. c. p. 149), et que laurs femmes portaient toujours un petit sac de cuir dans le même but (1. c. p. 150).

Quant à leurs coutumes nuptials, on sait que. lorsque le Hottentot veut se marier, il en parle a ses parents qui vont rendre visite * ceux da la future épouse. Alors, dans la réunion, la fiancé offre du tabac à tout le monde, et chacun se met immédiatement à fumer (5). Kolbe ajouto qua dans les repas de noces 1ns convivas forment deux cercles; les hommes d'une part, les femmes de l'autre. Après avoir bu et mangé, on fume le tabac, ou le Dakka (6). Chaque cerclo n' a qu' une pipe; celui qui est chargé de la remplir la passe a son voisin après s'en être servi, et la pipe parcourt ainsi tout le cercle. Quelques personnes avalent même la fumée, et la conversation s'anime à mesure que les vapeurs de la fumée montent à la téte. Toute la nnit se passe dans cet exercice, et l'assemblée ne se sépare qu' au matin; puis on recommence et on continue encore pendant deux jours, jusqu' à ce que les provisions soient épuisées (I. c. 159).

Kolbe continue en disant que les Hottontots codent leurs bestiaux aux Européens pour en recevoir en échange surtout du tabac, dos pipes et de l'eau de-vie (7). Le tabac est pour eux une marchandise très précieuse. Ils en font des provisions à la côte, cédant en échange des animaux aux Européens, pour aller le troquer chez les indigènes de l'intérieur à des conditions beaucoup plus onéreuses (8), que celles qu' ils 1' avaient

(1) Cfr. PrfTMt, I. c. IX. p. '.!\r2.

(2) Cowley. Voyage autour du Monde (in Dampier, Voyage, 1715, V. p. 293).

(3) Cfr. PrtvMl 1. c V. p. 1 10.

(4) La mesure de 1" échange (KW8) était de doouer du tabac en corde, de la grosseur d"un pouce, pour la longueur de l'»nim:il, mesuré du front à la naissance de ia queue de la bète (Legaat, Voyage* et artntures. 1710. II. p. 234>.

(5) Bertafer. 1. c. X. p. 70.

<6i Le itofcArr ressemble au chanvre indien, que les Anglais appellent Bang (Patenta. Quatre voyage» dans le pays des Hottentots et la Cafrerie. m Bruce. Voyage, trad. Caetera, 1T/J. XIV. p. 27).

<T) Ceci fut aussi confirmé par Thiaberi (Voyage au Japon, ) 706. I. p. 123).

i.si I ne livre île viuuâu .ie lnjuf. ou de mouton, cousait deu.t sou» (l'îlM). et uue livre de ubac ^n valait 40 (Léguât. Voyage et aventures, 1710. II. p. -JI7).

payé aux blancs (1. c. p. 172). La racine de Kanna (1) était aussi employée dans le tnônie but (1. c. 153)... Elle pousse au Cap, et lea Hottentots éprouvent, en la mâchant, les mêmes effets que les Turcs avec \' opium. La Dakka n'est autre que le chanvre, semé par les Européens pour l'usage des Hottentots (et il en reproduit lu figure, 1. c. p. 188-9).

Pour prouver jusqu' à quel point ces sauvages poussaient la passion du tabac, il convient de rapporter les paroles de Kolbe. 11 dit ù ce propos: Les Hottentots, hommes et femmes, sont très passionnés de tabac et de Dughu (chanvre). Quand ils manquent de tabac, ils cèdent tout ce qu* ils possèdent pour en avoir, et accomplissent, même les besognes les plus pénibles (2). Ils le conservent si bien, qu' ils n'en laissent rien perdre ni gâter; et ils perdraient plus volontiers uue dent qu' un peu de tabac Ils disent que de tout ce qu' ils mangent et qu' ils boivent il n'y a rien de plus délicieux que le tabac, car son usage les fortifie et les rafraîchit au-delà de tout. Un Hottentot qui en manque, et qui n'a pas le moyen de s'en procurer, travaillerait toute la journée pour en avoir une demi once; et quand il l'a gagnée, il la saisit avec transport, et la contemple d'un regard joyeux; il rit et saute comme un insensé. Un Hottentot n'entre jamais au service d'un Européen sans avoir fait le contract pour une certùne quantité de tabac. Il convient de lui promettre une dose journalière, ou il faut renoncer à 1' engager; et si l'on manque un seul jour à lui administrer la ration promisse, il devient intraitable... Les Hottentots sout considérés les plus compétents en fait de tabac; mais pourtant après les Hollandais du Cap. Il leur suffit d'eu fumer une pipe pour en découvrir toutes les qualités et les défauts, et pour les indiquer avec une exactitude que l'expérience n'a jamais démenti. Les Européens tiennent tant à tour opinion, qu' ils achètent rarement du tabac sans l'avoir fait goûter d'abord à un Hottentot. Los indigènes nomment Bu- *pach le mélange des fouilles de tabac et de celles du Dacha (chanvre) qui sert à fumer (3).

(1) Thunberg affirme que les llotteutots maogeut aussi les fruits du Mesembryanthemem edule (I. c. p. 122). Ubillarattr* rapporte que le Hottentot, qui lui servait de guide, marchait en fumant toujours sa pipe, et se remplissant de temps en temps l'estomac avec du Mesemb. edule, qui poussait dans le sable des routes (Relation du voyage à Ut recherche de Laperons*. Paris, an VIII de la Rép. I. p. 90). Palsrsso aussi (I. c) dit qu' il existe dans 1' Afrique du Sud une régiou nommée Clutnna . à causé d'uo Mesembryanlhemum homonyme, que lus naturels de la contrée tiennent en graude estime, parce qu'on peut le fum«r. ou le mâcher. Le Chttnna mêlé al Dacka (chaDvre) eum-e prompiement. Voici, du reste, ce que Kolbt a dit textuellement de la Kanna (Descript, du Cnp de Bonne Espérance, Had. Amsterdam. 1742. 1. p. 283): On trouve dans les régions des Hottentots une racine appelée Kanna, qu'ils estiment fort. Sa rareté en augmente la valeur. Beaucoup d'entr'eux feraient 20 lieues de cheminou travailleraient tout une journée pour en avoir un peu. Je distribu a uue fois & mes voisins un morceau rte Kanna gros comme le doigt, que j" avnis parta«é en oetits morce-iux; eh! bien, je gagnai tout-de-auite leur amitié et leur servitude. Et il ajoutait C. c. p. 287): Les Hottentots la mâchent, et se procurent une excitation cérébrale. Leur esnrtt se raulm-. leurs yeux brillent, leur visage prend une expression gaie et aimable. Mais s'ils en abusent ils perdent Inconscience des rhoses et tombent eo délire.— Donc , partant du fait que les naturels employaient souvent le Mesembryanthemum . il faut admettre que par le mot Kanna, ou Channn. ils désiirti aient aussi le rhizome >ie V Acorus Calamut. Parconséqueot lorsque les voyageurs rapportent que les Hottentots ma h ii"nt les racines de la Kanna, on doit comprendre qu'ils mâchaient l- s rhizomes de l'Aeorus Coin mus ( icore arr>iu»nque). qui sont justement de la grosseur d'un doigt, possède t rt-* oroor é é* t >niqn- et ev-itantes. et vivent dans les marais. Enfin . d'après Cook*, ce serait le Metembryanlh'mum tortuosum, désigné par les Hottentots sous le oom de Kou . ou do Kautogtted .qu'ils mâchent à cause des uropné'és narcotiques qu'il possède après une légère fermentation. Les Européens l'appellent racines de Kanna (Cooke.'/Ae seven sisters of the sleep, London, p. 102). Faute de feuilles de tabac, les naturels *e servent aus-d de cellos du Tarchonanthu* camphoratu*, de la Leonitis Leanurus. et de la Leonitis ovata (Cook*, 1. c. p. 1 10). — Les fleures des pipes employées par les naturels sont reproduites également par Cook* (i. c. p. 251 52>-

(2) On les ferait travailler tout une Journée pour uu raorcuau de pain, ou un peu de tabac (I6!W). (LoomL Voyages et aventures, 1710. 11. p. 223).

(3) Kolbe, Description du Cap de Bonne- Espérance, 174 >. I. p. 2'JT

- Hô -

Barrow a pleinement confirmé que pour obtenir un service réel des Hottentots il fallait leur offrir du tabac (1).

Des observations analogues furent faites par Patersoa (2). Il dit, en effet, que dans la partie du pays des Hottentots, qui appartient à la Hollande, les sauvages indigène* lui demandaient par signes du tabac , qu' il ne manquait pas de leur offrir en échange «lu miel , qu* ils avaient récolté sur leurs montagnes (I. c. p. 37)... Un groupe de sauvages armés d' arcs et de (lèches empoisonnées s* avança vers sa caravane ; et tandis qu'il se préparait à les repousser à coups de fusi', ils s'avancèrent pour demander seulement du tabac, qu'il leur donna bien volontiers (1. c. p. 72).

Thuaberg ajoute à son tour : On connaît aussi la passion des Hottentots pour le tabac et l'eau-de vie ; passion à laquelle ils ont sacrifié ce qu' ils avaient de plus précieux : une partie de leur pajs natal et leur liberté (3). Le meilleur moyen d'apprivoiser les Hottentots est de leur donner du tabac ; mais comme ils ne le trouvent pas assez fort pour s'étourdir graduellement jusqu'à l'ivresse, et pour arriver à la période de jouissance désirée , ils le fument mêlé avec les feuilles de chanvre hnchées très fin. Cela explique le motif de la culture de cette plante dans la région du Cap (4). Thuaberg raconte encore l'histoire singulière d'un Hottentot du Cap de Benne Espérance, qui, étant [•rivé de la mâchoire inférieure , et ayant un grand désir de fumer , était obligé de se boucher avec la main la trop grande ouverture que lui avait laissée l'opération (5). 11 confirme ensuite que la Compagnie hollandaise recevait des boeufs dea Hottentots . et, leur donnait en échange du tabac, do l'eau de-vie, ecc. (6). La privation de fumer est la chose qui leur est le plus pénib'e ; aussi ne s'en privent ils qu'en expiation de quelque faute, ou quand ils font des vo?ux pour obtenir une faveur particulière de la Fortune (7).

Les observations piécé-lentes sont généralement confirmées et complétées par Le Vaillant, ainsi qu'il résulte des notes suivantes (8). C'est une coutume, il dit, à observer que , dans les pays les plus chauds , les esclaves font du feu dans les endroits où ils travaillent, pour allumer les pipes, et réchauffer ou cuire les aliments (I. c. 1. p. 681). Il dut donner de l'eau de vie et du ts.bac aux Hottentots, qui l'accompagnaient dans «on voyage vers l'intérieur du Cap (1. c. I. p. 94)... Une caravane de Hottentots, qu'il rencontra en route , i e consentit, à 1' accompagner que lorsque les Hottentots eurent; I' assurance de recevoir une ration de tabac suffisante pour le voyage (I. c. p. 107).... Il rappelle que pour s'attacher un Hottentot, qui le suivait à la chasse des gazelles, il commença par lui donner une bonue provision de tabac (1. c. p. 109)... En témoignage de satisfaction aux Hottentots, qui l'accompagnaient dans son voyage , il fit distribuer à chacun, en présence d'un envoyé du Chef, un paquet d'excellent tabac... Et il ajoute: Je m' étais montré un peu trop généreux dans cette distribution. Ils en avaient plus qu'il n'en fallait pour s'enivrer, si je les avais laissés faire; je m'aperçus que la troisième pipe courait à sa tin. Et il termine en disant que pour leur fa re déposer les pipes il dut se metire à jouer du guimbarde pour les distraire (I. c. p. 218).... L'avide politique hollandaise (au Cap) , s'écrie t-il , ne manqua p.is d'achever son œuvre en offrant aux

(h ftarraw. Voyagé à ta Coehinchtne uraJ. Mttlt-Brun. \m~. I. p. Mi).

('•-) Palawan. Quatre rnyages dan* le pay* des Hottentots et la Cafrerte. la Braea. Voyng 'raii.

Caalara. Fan*. ll'.K. XIV. p. .'T.

(3) l.e tabac «-st lié-sia/un sous le non) .it HwliuMo nans l;i région ne l.ilitkii BurcMI -

(i> Thanbare. Voyage au Japon, I. p. MO.

(5) Thunlwi'11, Voyage en Afrique ft en Ane. [I'M. p. VI.

(G) TkMbtrf. I. c. v. t.'O.— (7) Or. Rwlaa. A'ewr. Oéogr. itntr. Xlll. p. il".

(H) La Vaillant Primo riaggm ttell'inierno dell' Africa pel Capo <ti Butina Sjteruniti i rr.ni. Cantarirn. Milajo. 1810 •.

Ouau — HiHoin 4» Tain: lv

Hottentots deux attractions irrésistibles: le tabac et 1' eau-de-vie. A dater de ce jour plus de liberté, plus de fierté, plus de caractère, plus de Hottentots, plus d'hommes: cea malheureux sauvages, séduits par ces deux genres de juiasance, ne voulurent plus s'éloigner de la souice qui les leur procurait. Les Hollandais de leur côté, qui, pour uno pipe de tabac et un verre d'eau-de-vie, pouvaient acheter un bœuf , cherchèrent à se concilier h? plus possible de si précieux voisins (I. c. II. p. lu)... Il raconte que pour s'acquitter envers les sauvages Gonachesis, dont le Chef lui avait offert de superbes plumes d'autruche, il leur fit distribuer quelques livres de tabac. En un clin d'iril, dit-il, ces sauvages se mirent en cercle et s" accroupirent commo dos singes : tout le tabac fut distribué . et je remarquai avec grand plaisir que la part, que le Chef se réserva, était égale à cello des autres (1. c. II. p. 1271... Si les sauvages hottentots , coniinue t-il , prenaient gout, à l'agriculture, ils commenceraient certainement par le tabac et. la vigne, car fumer et boire sont leurs goûts de prédilection, et tous, jeunes et vieux, femme» et enfanta, tiennent ces deux choses en grande estime.... Ils fument aussi une plante , à laquelle ils donnent le nom de dagha (et non daka comme I' écrivent quelques auteurs), qui n* est pas indigène , mais correspond au chanvre d' Europe (l). Quelques colons en cultivent et, nprès en avoir séché les feuilles, ils les vendent très cher aux Hottentots qui leur donnent dos boiufs en échange. Il y a des sauvages qui préfèrent ces feuilles a celles du tabac ; mais la plupart aiment à les mêler. Us estiment moins lea pipes venues d'Europe, que celles qu' ils fabriquent eux mêmes ; il trouvent les premières trop petites ; .pour les leurs, ils emploient du bambou, de la terre cuite ou de la pierre tendre, qu'ils taillent et creusent profondément sans les casser , pour qu" elles aient une grande capacité. Plus elles peuvent contenir de tabac, plus elles sont appréciées. J'en ai vu, dont la cheminée avait plus d'un pouce de diamètre intérieur (I. c. II. p. 202)... Avnnt l'ailivée des Européens au Cap les Hottentots connaissaient le commerce... Mais à l'apparition du tabac et de la quincaillerie, ils s'initièrent vite à la plupart des mystères mercantiles. Ces objets, qui ne furent d'abord que des nouveautés d'agrément, avec le temps devinrent des besoins; et ce sont les Hottentots des colonies , qui les leur fournissent lorsqu* ils en manquent (I. c. II. p. 250).

Dans son second voyage Le Vaillant prit les autres notes suivantes (2). Il dit des colons hollandais du Cap: Comme il n' y a personne, qui ne porte immancablement avec soi sa pipe et une bourse de tabac en peau de veau marin , on no va pas aux assemblées sans ces deux ustensiles nécessaires. Dès qu'un des assistants veut remplir sa pipe, il tire son sac, ot le passe à ses voisins pour qu'ils remplissent aussi la leur: c'est un acte de courtoisie passé à l'état do devoir. Tous fument, et l'abondance de la fumée forme bientôt un nuage, qui, s' élevant dans la légion la plus haute du lieu de réunion, finit en augmentant insensiblement, par le remplir en entier, et par devenir si dense que les assistants ne se distinguent plus. Sparmann donne une agréable et exacte description détaillée de ces véritables tavernes. Quant à moi , ajoute Le Vaillant , que l'odeur dit tabac fait souffrir, j' avouerai que lorsque ce brouillard pestilentiel descendait, jusqu'à mon nez, je sortais de la salle, et j'allais en pleine campagne lespirer un peu d'air pur, et purger mes poumons (I. c. I. p. 50)... Sachant combien le tabac en poudre était recherché par les femmes liottentotes , il s'en munit aussi de plusieurs livres. Pour les hommes, au contraire, il apporta du tabac en feuilles (I. c. I. p. 141)... Et à chaque obane d'indigènes, où il se présentait, il entendait toujours dire: labacana mate (donnez-

(I) Les toj «gL-ur* s'accordent tous puur affirmer «pie \r* Hollandais iiiiroiuisirent aimi dins les terre-, du <\-iy> la culture du ihauvre. dotii les feuilJrs furent ens'-u't" fumée» par les indigène*.

C-> L» Vaillant. Se<:on<to vin g gin nelVintrrno <Mï .l/nm yel Cnj>o rfi Hnnno Sjteramn ftraii. Cmtarini, Milano. |k|;>.

moi du tabac) <l. c. II. p. 269)... 11 rapporte qu'ayant rencontré une horde de Nainachesis (tribu de Hottentots) bien fournis de lurufs , il leur en demanda. Dans ce but. dit-il, pour inspire: au Chef une bonne opinion de ce que je portais iivec moi, je lui fis cadeau d'un peu de très bon »ab:ic île Hollande, et au lieu de lui en donner une certaine quantité, selon mon habitude, je me limitai à ia quantit 1 que pouvaient erntonir deux pipes, quoique la sienne fusse démesurée. Il se mit à le fumer, en apprécia la qualité , et afin de faire jouir d'une telle volupté les notable» de la tribu, il leur lit passer successivement la pipe. Ceux qui ne fuient pas admis à cette jouissance semblaient d-sespérés: ils aspiraient les narines grandes ouvertes la fumée de leurs compagnons, et venaient d'un ton suppliant présenter leurs pipes vides... Le soir toutes les femmes de la tribu vinrent apporter du lait pour tout, le camp. Je payai exactement; mais elles auraient voulu de mon bon tabac au lieu des verroteries... Il y eut ensuite un bal selon la coutume, et l'on dansa toute la nuit. Les jeunes filles Namachesis sont très bien faites, d'aspect agréable et de mu-urs galantes. Mes Hottentots profilèrent de la danse pour obtenir de les entretenir smls a seules; mais ayant oubli- 5 de faire piovision de bœufs , ils offrirent pour le contract leur ration de tabac, qui fut acceptée a d -faut d'.iutre paiement. Q.iant à moi, comme Chef de la caravane, comme b'anc, comme possesseur d'un tabac de ireilleure qualit- 1 , je fus l'objet do beaucoup d'avances , et je crois que pour quelques pipes bien remplies j'aurais pu contracter alliance avec toutes les familles (I. c. III. pp. 17-11))... Relativement à la tribu des Cabobichesis (toujours des Hottentots), il ajoute: Un antre sujet de grave reproche, que j'aurais pu me faire à moi même, ce seiait d'avoir introduit l'usage du tabac chez ces peuples, si j'avais (t ; le premier à l'introduira. Mais ils connaissaient le tabac bien avant mon voyage, et le recevai ut des tribus Namaehesis leurs voisines, qui, l'ayant en dernière main des colonies du Cap, l'échangeaient contre du bétail. Mais ce trafic était, difficile a cause i|e diverse* circonstances, et par conséquent le tahac était chose précieuse pour eux. Il devenait donc mm sorte de gourmandise , dont ils ne pouvaient jouir que rarement. Cependant, quoiqu'ils en manquent très-souvent, ils ne feraient pas un pas poms' en procurer, si on ne leur eu apportait pas. Cette indifférence pour une chose que j'avais toujours vue si recherché par toutes les nations sauvages, et considérée par eux comme une source do grand plaisir, m'indiquait que ce peuple avait dans le caractère un je ne sais quoi différent des antres il. c. III. p. 1 û3).

Il convient d'ajouter quelques détails sur les pipes des Hottentots. D'après Sparmann (li, elles sont presque paieilles aux not- es. Le fourneau et le tuyau sont en bois grossiè rement travaillé (1775). La pipe des Bosbis (sauvages) est plus particulière. Elle représente une corne d'antilope (dont il reproduit la ligure) longue de deux pieds, avec une ouverture d'environ deux pouces de diamètre. Le Boshi se met l'ouverture dans la Iwuche, de façon à ne pas laisser échapper la fumé.-; il avale ainsi la fumée, et la renvoie par le nez. Il en absorbe ô on 0 bouffées de suite, jusqu'à ce qu'il sente une sorte de frémissement dans la gorge ice qu'il considère comme un très agiéable effet de la fumée), et pusse ensuite la pipe a son voisin. Klle circule ainsi dans toute la com >agnie (coutume des aborigènes «le l'Amérique du Nord: voir plus haute, p. 4tf) hommes et femmes, île la même manière que font en Suèdr. tes vieux, qui se réunissent, assis autour d'un poêle dans un asile de charité. La cheminée de la pipe est en bois, ou en pierre creusée , et fixée en angle drnit sur la corne. On se sert aussi quelquefois de corne de chèvre; mais ordinairement c'est plutôt ceile d'antilope, qui ayant la pointe plus effilée permet au Hottentot de la fixer en terre, près de lui. Leurs bourses pour le tabac sont

(I) Ihtimm. Voyage nu Cap de Bonne Kuperance (trad. Lt Taanair. ITiC. I. p. 30").

faites de peau d'agneau, ou d'une peau entière déjeune antilope, tenant lu partie velue en dehors. Les Hottentots mettent aussi la pipe daim ces sacs . la boite d'amadou , et tout ce qui leur est nécessaire pour allumer le feu.

Thuiberg a aussi observé que les Hottentots, résidant dans la ville du Cap, aiment beaucoup fumer, et se servent d' une pipe très-courte dont la tête est tout près de bouche (1). Et il poursuit ainsi: Les Hottentots fument avec une pipe de terre, qui est un vrai brûle gueule, car la cheminée de la pipe touche leurs lèvres. Comme ils le.s font venir du Cap, les tuyaux de* pipes se cassent facilement pendant le voyage. Ils se servent aussi, de même que les Cafres, d' un baton long et percé, terminé par une ouverture à laquelle ils adaptent une cheminée pour y mettre ie tabac. IU ont encore une autre espèce de pipe, dont le tuyau est formé d' une corne d'antilope (Capra orit ou orea»), terminée par une cheminée pour le tabac (2). Les fumeurs ouvrent beaucoup la bouche pour pouvoir y introduire la grosse corne d' antiloj*, et aspirent la fumée qu'ils gardent quelque temps dans la bouche, en avalant une partie, et rejetant le reste par la bouche et par le nez. Ils se passent successivement la pipe, qui fait le tour de I' assemblée. Quand un étranger arrive dans un village, il est obliger de faire cadeau d' une pipe à )' assemblée (3).

Hornstein (4) ajoute que les indigènes du Cap sont de grands fumeurs de tabac, et qu'ils se servent des feuilles comme ils les reçoivent, sans aucune préparation. Hommes et femmes ont l'habitude île fumer dans des pipes en corne do gazelle, ou d'antilope, qu' ils remplissent d' eau pour y faire :iinsi traverser la fumée, comme dans le Narghilé des Persans». Au bout d'une de ces pipes ils mettont des feuilles hachées de tabac mêlé au chanvre {Daeka), selon l'usage ordinaire des fumeurs africains, qui, loiaqu'ils manquent de tabac, le remplacent par des herbes sèches.

D'après Ferrano (6), les habitants de la Cafrerie (Sud-Est de l'Afrique), à l'exemple des Hottentots, ont un giand enthousiasme pour le tabac. Les Hambunas (voisins du Rio De Lagoa ) ne fument jamais, mais en revanche ils prennent beaucoup de tabac en poudre (1. c. X. p. 92). Tandis que lorsqu'on va dans les villages de De Lagoa on trouve ordinairement des hommes assis autour du feu, fumant la pipe (6) , ou arrangeant cheveux, ou bien occupés à faire des cages, pendant que les femmes pilent le mais, le riz, ou font d'au ties choses utiles... Les hommes et les femmes de ia classe élevée fument toujouis le tabac dans dea pipes de fer, qui ont la forme des nôtres (7). Les gens ordinaires fument le Langue {Cannabis indica) d' une manière très drôle : ils prennent un bambou percé et long d'environ quatre pieds, et plongent l'une des extrémités dans une grande corne de vache ('.M, presque remplie d' eau, mettant le Langue allumé dans une petite coupe posée sur le haut du bambou; ils tiennent ensuite la corne avec leur bras replié, et tirent la fumée par une petite ouverture faite a moitié de la

(!) TkiwMrg, Voyage au Japon, iT'.'fi, l. p. yw.

Ci) Nrra, eu coolirmaut que ie tahac procurait uue grauJe jouissance aux Hottentots, et qu'ils (hommes et feniiues)| lumaieot ordinairement une espèce tie eliauvre (dagha) qui les étourdissait par sa force, ajoute que pour pipes ils se servaient n o»(») d'autilape. ou û'uu autre au i mal (rérea, Voyage fie découvertes au-r terre* australe*, Paris. 1810, 11. p. 310).

(3) Thmkerf, 1. e. p. 152.— <4) Henuteli, Ihr labah. \9M, p. 140.

(■">) F«rr»rf«. Costume antico « moderno, 1833.

(0) L'usage de ruiner est devenu commun chez les Cafres de la baie de Delagna (Fraak. Reise, 1778. clr. Tleataiann, I. c. p. 201;.

(7) JUbertl a»au déjà remarqué (181 l> que fumer le tabac éluit chez eux uue chese extrêmement agréable aux deux sexe- (cfr. Mailt Bria. t. c. XVII. p. 130). Et Hartmann reproduit la ligure d'un Ama- Zoulou (des tribus des Cafre»).qui tieut à la mai» sa pipe fournie «l'une grosse cheminée (HarfaMM, Let peuples de r Afrique, Pans, 1880. p. 53).

come (I. c. X. p. 84). Quand ils voient approcher un Intiment , il courent tont-de-suite sur la plage aven des bieufs pour les troquer contre du tahac, ou de l'eau de-vie, ou misai des grains de quatz ou d'agate, qu'on achète très bon march 1 à Surate (Indes) (1).

Les mères ont la coutume de couper le testicule droit à leurs fils, aussitôt nés, îour les rendre plus apte» à la course (2), et après l'opération eiles leur font boire de l'eau de mer et manger (?) du tabac (3). Léguât remarqua (1698) les derails suivants sur cette étrange coutume : Les mères de Cafrerie enlèvent le testicule droit, à leurs fils a peine nos, et le mangent, pour les rendre plus agiles et plus aptes à la chasse. Aussitôt après elles leur donnent à boire de l'eau do mer, et leur mettent du tabac dans la bouche, croyant que ces deux choses jointes à l'ablation exécutée, les rendent si forts et si agiles, qu' ils peuvent attrapper un chevreuil a la course (4).

Il est probable que les Cafres de la région de Natal n'ont appris que pius tard 1' usage de fumer, car Oampier (5), qui la visita en 1688, n'y fait aucune allusioa en parlant des us et coutumes de ces indigènes.

Les Zouloi>8 du su.l de l'Afiique se servent aussi du tabac en poudre, qu'ils portent dans une petite gourde de la forme d'-jne bouteille, d'où ils le retirent au moyen d'une petite cuiller d' ivoire (tt). Ces naturels se servent aussi des graines de la Zamias pour former de tabatières, et ils en portent, commo boucles-d' oreille (7).

Quand les Hollandais voulurent fonder en 1652, ain-i que nous 1' avons dit plus haut (p. 141), une colonie au Cap de fkmne- Espérance (8), ils commencèrent par acheter au ltoi, ou au Chef des indigènes, environ une lieue de terre près de la rade, où les navires pouvaient aborder. Cette acquisition fut faite grace à l'échange de tabac et d'eau-de-vie. Ils y construisit ent immédiatement une forteresse provisoire en bois, qui fut reconstruite eu pierre au bout de quelques aunes (9). Peu à peu ils étendirent leurs possessions dans l'intérieur, achetant toujours au nn-yen du tabac, et ils fondèrent une colonie de 80 familles à dix lieues du rivage (I. c. p. 12b>. Ce fut à cette époque que les Hollandais y introduisirent aussi >a culture du tabac pour le vendre aux indigenes, et Van- Riebeeck y réussit, ainsi que nous l'avons déjà dit (p. 143). En même temps que le tabac, ils cultivèrent le Dag/ut (chanvre), dont ils vendaient très cher aux indigènes les feuilles séchées en échange de Utufs. Il y avait même des sauvages, qui le préféraient au tabac, et la plupart d' entre eux les mêlaient pour fumer (10).

Les Cafres apprirent aussi des Hollandais l'ait de cultiver la terre; niais ils y appliquèrent les femmes (11). Ils cultivèrent alors les plantes complètement étrangères à leur pays, et parmi elles le tabac et le chanvre (12), à cause de la grande consommation qu'ils en faisaient. Ceci est aussi pleinement confirmé par Le Vaillant (18) et par Adams (14).

(1) Taveraier, Let tix voyage» en lurehie, en Pertie, el aw Inde», 1679. II., i. III. p. 501.

(2) Cavaui raconte ce qui suit, à propos ue lu vélocité de U course: lis faisaient plus de ireutf lieues «u ud seul jour, et quelques uns dépassèrent les cent nulles itaiîeus: c'est pourquoi on peut eprtsiDemeiu iea comparer au citerai ie plus vite! Eu moins d'une heure ils foot deux grandes lieues, et revieuueot à peu près dans le inêma espace ue temps, l'apportant les réponses (Cavaztl . Maricn deterixione dei ire regni : Congo, MaUimba e Angola, trad. Alaataaolal. 1087. p. 70u>.

Ci) Taveraier. i. c II., I. III. p. 54SU.

(4) LeaaaL i. e. IL p. ?28.-(5) Oaaiakw, Voyagé autour du Monde, 1715. IL p. 391). (o) Caeke. Ihë »even ti*ter$ of tleep, Uudou. p. 76 avec Ag.— (") Coaka. I. c. p. S3. (8) Seaaeral Voyage aux Inde* Orientale» et à la Chine, 1806. IIL p. 313. (U) D« Caeiay, Journal du Voyage de Stam, 2.m« éd. 1087, p. 119. (10) Farrarla, 1. c. X. p. 50.

i,U) Ceci tut aussi confirmé par Albert!, 1811 (cfr. Halls-Brun. i. c. XVIL p. 180). (12) Petartoa. i. e. p. 119.— (13) La VaillaaL Primo Viaggio, etc. III. p. 15>. (14) Aaami. Choix de royage» moderne». Pans. 1799. u. p. 2tt5.

Ce dernier observe que le tabac qu' ils obtenaient, .'-tait plus léger que celui du dehors (I. c. II, p. 262).

Les Hollandais cultivaient le tabao dans la colonie du Cap, non -soûle ment pour en produire en proportion des demandes toujours croissantes des Hottentots et des Cafres, mais aussi pour leur propre usage. Eux aussi étaient de giands consommateurs de tabac; mais ils préféraient celui importé d'Amérique. Ainsi, le prince indien Mina raconta (1800) que d'après sa manière de voir, la coutume particulière aux Hollandais de Cip de fumer leur pipe, pendant les soirées d'été, au grand air et hors de leur maison, assis sur u n banc construit exprès et adossé au mur de la façade, était fort agréible (1).

On cultive encore aujourd'hui le tabac dans beaucoup de légions de la Colonie du Cap , surtout dans les contrées méridionales ; mais à cause de sa qualité inférieure on ne peut le vendre qu' aux indigènes, les étrangers préférant celui du dehors. En 1892 on produisit 5,45 millions de kg. de tabac; et on en importa 235 mille kg., tant grège que travaillé, en 1895 r2>; tandis que, selon Lewinstein, la production indigène est de 5,82 millions de livres; l'importation, de 1015 mille livres; li consommation par habitant, de kg. 1,85; la dépense, de Marcs 8,64; et le revenu de l'Etat, de Marcs 0,84 par tête (3).

Sa production a atteint le chiffre de 156,600 kg. en 1892, dans la cnlonie de Natal, tandis qu' on le cultive peu dans l'état libre d'Orange (4).

Les meilleurs produits s'obtiennent dans les terres des républiques de l'Afrique Australe, particulièrement dans la vallée du fleuve Mooi, et dans le district plus occidental de Potschefstroom. Ce dernier centre de production fournit même le tabac à une partie de l'état libre d'Orange.

On en coltive aussi dans le royaume de Marutse et dans les régions du Zambèze (5); mais il y est très chargé de nicotine (6). Au Transvaal , la production indigène est évaluée à 100 mille liv. ang., et 1' importation a 677 mille liv. ang. La consommation par habitant est de kg. 0,58; la dépense, de Mai es 4,65; et le revenu de l'Eut, de Mares 1,86 (7). e,n 1895 on y a importé pour 307" L. Sterl. de cigares, et pour 1208 L. Sterl. de tabac, par la voie de Lorenzo Marqués; en 1896 on y a importé pour 1447 L. Sterl. de tabac par la voie de Delagoa (8).

(1) Mina kbv Taleb Kaaa, Voyagé*, Paris. 181 1. I. p. 51.— U forme de tabac introduite et cultivée d'Abord dan* le» «erres du Cap a du être la jV. Tabacum. var. frutieota. qui s'y est si bien acel matée, que les botanistes du siècle dernier l'ont crue véritablement originaire du dp de Bume Espérance. Il faut noter à ce sujet que les Hollandais n'en avaient pas apporté les irratnes directement du Brésil, sou vrai pays d'origine, mais de l'extrême Orient, où les Portugais l'avaient introduit au commencement du dix-septième siècle, et précisément aux Iode*, au Japon et a .lava. La lf. chinensii. Fisch. n'est autre qu'une des formes cultivée de la var. frulieota. Barmans (Flora indict. 1768. p. 54), tout eu disant que la A*, frutieota pousse au Cap de Bonne Espérance, à Java e» eu Chine, et en rapportant la phrase diagnostique de Limés (Sp. 258), n'exprime aucun avis pour décider si elle est indigène ou importée. Il se serait certainement trompé s'il l'avait considérée comme originaire .le l'Aocien-Monde.

(2) Diroiitatsltr. Die geograpkisehe Verbreitung und die l'rodHktion des : abakbaus. 1896. p. TA.

(3) Lswlsttsifi. lier Tabakkonrum. 1897, p. 58.

(4) Lswlsstsii, Die BtlaHung des Jabaks. 1894. p. 87.— La production actuelle est de liv. ang. 360 mille; l'importation, de 11 vr. ang. 94 mille; la consommation par téte.ue kg. 0,454-, la dépense.de Marc* I.58-, et le revenu de l'Etat, de Marcs 0,3i (Ltwlaslsin, Der labakkomum. 1897. p. 66).

(5) Ou parlera plus lard de la date à laquelle peut remonter l'introduction de la culture du tabac dans les régions baiguées par le Zambèze. Le tabac du Transvaal est d'excellente qualité, et très recherché dans l'Afrique Australe (Raclas. I. c XII. p. 601). La région des Boers le produit eo abondance et de qualité supportable (lain*, the gold region* . 1877, p. 91).— (6) DannststdUr . I. c. p. 73-

(7) lawlastsii, Der labnkkontum, 1875, p. 68.

(8) Cfr. Dipl. a. Com. Rep. Loudon, 1897.— Irontvanl. a. 1904. p. 21.

Ar'HlytK * Mil EN TALK

o) Madagascar (It tt autres Has. - Le tabac a dû être introduit à Madagascar après 1611, car les voyageurs, qui ont visit*. 1 cette ile auparavant et qui ont décrit les us et coutumes dos indigènes, ne disent rien de 1' usage de fumer, ni de la présence de cette planto dans Pile. En effet, Thavat en 1575 (2), Hootmann en 1595 (8), Laacatter en 1601 (4), Got. Arthus en 1611 (fit, n'en font aucune mention.

A I' exemple des Indien» orientaux les Malgaches avaient I' habitude de mâcher le Bétel; il est même probable qu' ils en avaient ie<-u depuis les temps les plus reculés 1' usage et la plante d< s Indes mornes, puisque les Indiens trafiquaient avec cette ile comme avec les autres peuples de la cote Orientale de 1' Afrique (6t.

On ignore par qui la culture et !*usag<; du tabac ont éle introduits à Madagascar. Les uns croient (comme HarrU) que ce furent, les Anglais (7), car ils les avaient déjà lait connaître aux sauvages des cotes orientales de l'Afrique; mais le tabac a pu aussi y élie introduit par ies Français, qui, en 1644, construisirent une forteresse (le Fou Dauphin), a la pointe méridionale de l' ile, au sud-est de la province d'Anossi, où ils fondèrent une colonie, qui s'assujettit bientôt toute la province (8). Il est cependant plus probable qu' il y fut introduit par les Portugais, qui s'y étaient établis dès lôOtt, ainsi

(l> Quoique les Portugal* aïeul visité eu lôtH cette ile (coin. D Almeida), qu'il* appelèrent Saint Laurent. ce fut «□ lôoùque J'Acesli» U visita en -iéiaiis (■•H*>lnw, An». Voyages. 1810, X. p. 7).— Ko 150B le* Portugais y construisirent uu fort, prés .ie Kauzer. dans la province d'Anossi; mai- liant rat n'en pue constater que ,e* ruine* k la lin du dix-huitième siècle (Voyage aux Inde* Occidentale* et à la Chine. IHUtS, liL p- ITo;.Nommée ileDauph.iie parles français, qui bâtirent sou* le régoe de Haari !V le Fort-Dauplim. elle a été vaiueiiieut et à diverse* reprise* colonisée par eux dès 1*42 (Sraaaire, Diet, d' Hi*l... de Géog. 1873. p. 1203).

(2) Thmt. I. c. I. f. l>r> et sutv.

(3) Cfr. Prtvetl I. c. VIII. pp. 7S.«4.— <4) Cir. PrévttL I. c. I. — (S) Cfr. D« Brt, Ind. Or., suu. IX. p. 23. («) Uvwfalmra. Ka-pl. dan* TA(r. austr. (tr. Belin d« Launav, 1873. p. 172).— On a dit plus haut (p. 138} que

le Betel était a osai employé par lea naturels de la Côte d" Ivoire. Cette plante n'étant pas originaire de l'Afrique, mais des Inde*, il faut eu conclure que ce* barbares de Guinée en avaient appris l'usage en trafiquant avec la partie Or:eutaie. De plu*, selon De Frobervlll* . la langue des Malgaches a uuc telle affinité avec la langue malaise, qu'il n'y a pas à mettre en doute que la population >ie Madagascar soit ongiuaire de l'archipel asiatique, qui parait être le berceau de la race malaise- Il existe même che» ces insulaires des tradition* sur l'invasion et la cooquéte des Malais (Os Frot>«mlll«. Recherche* *ur Ut race qui habitait l'Ule Madagascar, 1S3U. err. Bull. Soc. Gèogr., p. 8).— Dapper remarque cet usage, et il ajoute: Dans la province de Machieore il croit une plaute que les Indiens appellent Betel. les Arabes lambul, et le* Malgache* lambure. Les naturels la mâchent continuellement avec un peu de ebaux, comme aux Indes Orieutales, et avec un fruit appelé Yoaduru; mais dan* la proviuce de Matalane on la ma -lie avec le (run nommé Purenfuru. qui n'est que I' Areea des Hindous t Dapper I. e. p. 451).— On peut aussi supposer que les mdigènes aient employé le chanvre avant le tabac, c'est-à-dire la Bang he des Hmdous (Dapper, I. c. p. 455). qui avait été vraisemblablement introduite par les Mahométans. De Ftacoiiri observe en effet ce qui suit, à ce sujet : Les indigènes cultivaient en même temps soigneusement^ le chanvre, dont ils fumaient les feuilles comme celle* du tabac. Celui qui s'en sert perd l'usage des sens, et reste plus étourdi que s'il avait beaucoup fumé de tabac; plus il s'eodort et fait de* songes gais. Celui qui n'est pas habitué à cette fumée reste, lorsqu' il s'y livre, privé de sens pour deux ou trois jours. Ce sont ordinairement les vieilles sorcières qui l'emploient, ou ceux qui se vauteui de prélirc l'avenir, ou bien encore ceux gui veulent échapper à leur tristesse (De Flaeosrt, Hist, du Madagascar. Irtrtl, p. 140). Kt napper, eu condrmaut ce qui précède, ajoute que les Malgaches désignent le chanvre sou* le nom à: Ahetxmangha ou à'AheUbute (Dapper, I. c. p. 4.V.).

(7) En 1*42 une colonie anglaise s'établissait dans la baie de S. Augustin, pendant qu'une colonie française était fondée à Luci<-, dans la province d'Anossi i libres, Madagascar et ne* habitants, trail. Mono*, 1ST:j, p. liions, oapper. I. c. p. 432.

qu' on l'a déjà dit. Il est certain que les premières notice» sur le tabac à Madagascar remontent à 1661. Ainsi, De Flacourt affirme que le Petum , ou tabacq , ou nicotieti , y pouasait partout (1661), et qu'on y récoltait le meilleur tabac du monde (1): affirmation qu* on trouve reproduite dans la Géographie Blaviane (16621 par ces mots: Le tabac y croit partout. Dapper confirme qu' on y faisait d' excellent tabac (2) , et Préveet ajoute qu'il y était très commun (1661), mais d'une force extraordinaire (%). Ces anciennes notices sur le tabac à Madagascar ont fait croire par erreur à Sibree que cette plante y poussait naturellement i4).

Si, donc, en 1661 le tabac était très commun dans l' ile et y poussait partout. , il faut en conclure que cette diffusion ne s'était pas accomplie par enchantement; mais qu'elle avait dû exiger au moins un demi-siècle. Quoi qu'il en soit, le même Dapper observa que dans l' ile de S.'" Marie située près la baie il' Antongil , au Nord Est de Madagascar , on produisait du tubac excellent, et de beaucoup supérieur à celui obtenu dans tout autre partie du Madagascar (5).

Les Malgaches apprirent aussi ensuite (1799) des Européens l'art de le préparer et d'en faire des carottes; en effet, Chapelier remarque que le tabac cultivé en grand dans la partie méridionale de l' ilo , et préparé de cette manière , était fnrt apprécié même par les colonies françaises (6).

Quant à I' usage , il faut noter que les Malgaches avaient 1' habitude de fumer le tabac (1669), en le mêlant ;ivec l'ambre gris (7) : usage commun même aux Souverains, puisque La Roque (8) rappelle que le Roi d'Anjouan (170t') accepta de fumer celui qu' il lui donna (I. c. p. 16), et que le Roi de Massali accepta également de fumer avec lui dans les pipes européennes, qu'il lui avait offertes il. c. p. 11). Cet us;igo devint ensuite une chose générale et nécessaire. Cela o.st prouvé par le fait que ces indigènes prirent môme l'habitude de mettre aussi du tabac près des cadavres, en même temps que du riz, des vêtementa et des ceintures (9*.

De Flacourt rapporte qu'il pouss« à Madagascar une espèce de palmier, appelé Vutca, par les indigènes, dont le fruit leur sert comme celui du coco aux Hindous, pour faite des coupes destinées à divers usages, et même comme pipes pour fumer le tabac (10). Ce fait, répété par Oapper (11;, fortifié l'opinion que les Malgache? durent recevoir des Indes Orientales les premières gi aines de tabac, et peut-être même aussi les premières pipes, car, ainsi qu'on l'a dit plus haut (p. 1Ô1), les Hindous taisaient un grand commerce dans cette Ile. Cela prouve, en outre, que ce nouvel usage a du pénétrer à Madagascar plus tard qu'aux Indes, où il fut introduit, comme on le verra ensuite, au commencement du dix-septième siècle, affirmant encore ce qu'on a déjà expliqué, qu'il devait être inconnu des insulaires avant 1611.

Sibree dit, à propos de la préparation du tabac (I8ti3): Les Français y ont introduit la fabrication des cigares; mais c'est sous forme do poudre que tout lo inonde emploie Verba nociva. Les feuilles séchées et pi iocs sont mêlées à d'autres ingrédients, tels que se|, cendres de plantes aromatiques, etc. La poudre ne s';ispiro pas par le nez, mais se met dans la bouche. Presque tous les Malgaches portent une tabatière à leur ceinture. C'est un morceau de rosier long de 20 centimètres et large de 2 ; sa surface est s«i-

(1)0* Flataurt I. c. p. IVi.

(-) Oapaar. c. P- ■&•>■ — (3) Pf*»o»t I. c. VIII. p. ik>7; Btrwiftr, Itctrrtiioitc <telt' .\st* . iMt Afrivn r tteW Amertra. 17H6. V. p. 4."».— <\, SlbrM, i. c. p. '.'•>•">.

(o) Da»*r. 1. c. p. 481. -{>i) « >r. Malt* Brun. i. c. XIV. y. VJ

(7> Otllo. Voyagea, CoJogur. l'O-t. I. p Kl.-(8) La Rtçua. Voyage de i - Arabie heureuse. I7I«. t'.r, CIT. Farrirlo. I. c. X. pp. ^':>-->i>r,,<l<)i 0* Flacourt I. e. p. I4:i.-ill) Daipar. I. e. p. -155.

gneusemcnt lustrée et ornée de tiea^in» faits avec une aiguille chauffée à blanc : il se ferme avec un couvercle auquel pend un gland. On verse dans la paume de la main une prise de tabac, qu' on met dans la bouche, de manière a ce qu' elle reste entre la gencive et la lèvre inférieure (selon la coutume malaise"). On fume pourtant quelquefois le rongona (graines de chanvre); mais 1' usage en est prohibé à cause de ses effets délétères, qui provoquent un' espèce de folie, souvent suivie de résultats funestes (1).

Selon Dapper, le tu bac pusse mieux que partout ailleurs dans les îles Maacarogue ou Bouilion {2). Il y fut importé par les Fiançais, qui prirent possession de l'ile en 1654, et qui. sans se laisser décourager par un premier insuccès , en tentèrent de nouveau victorieusement la cultuie |3). Il arriva pour le tabac ce qui était advenu pour le manioc, (iui, importé «lu Brésil par Beurdoenais, et cultivé d'abord avec une grande répugnance, est devenu aujourd'hui (17<>8) la principale ressource de la colonie pour la nourriture des esclaves (4).

Simon il , qui la visita en 1H61, observa qu'on y récoltait du tabac en grande quantité , et que les créoles fumaient avec délice les feuilles provenant du district du Cap Borne, routées en carottes humides et odoriférantes (5).

Le tabac y est donc largement cultivé, moins pourtant que la canne a sucre. Les créoles des iles de la R'union et de Madagascar en consomment beaucoup; mais on en exporte aussi pour l'île Maui ic6. 11 rapporterait beaucoup plus, s'il était libéré des impute vexatoires mis sur sa culture et sur sa vente à cause du Monopole de l'Etat. On estime la consommation à un kg. par habitant. L'arôme de ce tabac est fort, mais peu agréable, et par ce motif ne plaît qu' aux naturels (G).

lin 1893 les lies de la Réunion exportèrent 111 Tonnes de tabac pour la valeur de 12 mille L. Sterl.; et, en 1894, elles en exportèrent 50 tonnes pour la valeur de 11 mille L. Sterl. (7).

Léguât, en remarquant (.1090) que le tabac poussait bien dans l'ile Maurice, ajoute qu'il y croissait naturellement (8> au lieu de due vigoureusement (9). Ce voyageur ne von-

(I) Sibrcc, i. c. p. .'>.*). — (■>) l.'lie Kourliou fui d'abord appelée Ma tea régna du uom d'un Portugais (Hii-CirMlui), qui la découvrit eu 154'. kir. Grtgeir* i. t. p. I*W). Ce fut en 1<V4 que les Français l'appeièieui ile Hourbou . «t ils s'y établirent eu I'ï7> , après avoir abaudouué l'ile de Madagascar PmmIIr, 1. e. II. p. 153).— <:») Daipr, i. c. p. 4S->.

(4/ (Poivre), Yoyaget d'un philosophe, Lou.ires. Lyon. IL éd. 17(H), p. :2V.— Ce fait est couilrmé par Rcnnttart. <(Ui rapporte qu' ayaut euvuyê (l(HÎ">) ciuij nommes de sou équipage explorer l'i-t- de Musearegua (.Bourbon*, ceux ou qui croyaieut l'iie déser:e, y n-ni'outrereut jeux Français, qui avaieut construit uue hubitailou près d'une loutaïue, et qui élevaient du tabac daus >es u.eutours. RtiMttrt ajoute pourtant que l'un de ces solitaire*, qui étuit depuis trois au* dans l'ile déserte, avait d'abord pissé sept ans a Madagascar. Dji autres Français <7 nomme* et :t leinmes) s'étaieut transportes de Madagascar, auprès des deux preiuiers, dan» l'iie Maacaregua, mais sétaut révoltés contre leur autorité ils allèrent daus l'intérieur de l'ile (clr. Prévtsl, I. c. V||l. p. 574 /.-Ceci prouve que le tabac y fut mtroduit, et que •a culture commença des i' iustal<atiou des Français . et i'ou eu obtiut uti excellent produit qu'où put cultiver des lors dans cette partie de l'iie i.PonctlIn. i. c. II. p. 154;.

(.">) Clr. Charton et TrtvM. H giro del monda, Miiauo, XV. ISI'J. I. p. '•HO.

<«> Cfr. />ipl. a. Vans. Hep London, IH'.»7.— Réunion, u. 1905. p. 4.

<,7> Cfr. Ihpl. a. t'o>u. Kep. Loudon. 18*5.— Reunion, u. 1*157. p. tî.

t,«> UjnaL Yoyaget et armlures, 1710, 1. p. 77.

0>) que le tabac y tut importé à l'égal des autres piaules, qui y sont cultivées, c'est un l'ait aldrme par PmmII». qui dit clairement: L'Ile de France ou Miurice (découverte par les Portugais, possé lée d'abord par les Hollandais et eusutte par 1rs Français) u' avait pas d'autres piaules, que celles qui y lureut importées par des voyugcurs ïéiês de i'Iude. de la Cmue, du Cap de Uouue Espéraucô. et même u' Europe (lableau du Commerce, 17U3, U. p. loti).— Ceci lut aussi couliruié par Bérwpr (beterisione dtUAna, OmUT Africa e dell Amenai, 17W5. Y. p. 33).

UuKM - HùMn 4» Taku. 20

lait certainement jias affirmer que le tabac y poussait à l'état 6auvag.% puis qu'il rapporte (1. c. p. 96) que , dans cette ile , à un quart de lieue du fort construit par !es Français, on cultivait dans plusieurs endroits le tabac, qui y venait d'une force extrême. La consummation so répandit peu à peu dans l'île; en effet, Bnry (1) put constater que l'usage de la pipe y était devenu de première nécessite (1. c. I. p. 315), et que les habitants impmtaient les pipes donnant, eu échange du café (I. c. II. p. 313), dont le meilleur se cultivait à St. Leu (I. c. III. p. 216). Mais le tabac cultivé par les Nègres était de qualité detestable et consomme seulemont par eux (2).

Le tabac se cultivait aussi, selon De Frobmille (3), dans les îles Seychelles il. c. p. 70).

On cultivait déjà cette plante en 1638 dans l'île de Soeotora (4). On doit observer pourtant que cette île servait sou vont d' escale aux bâtiments eutopéens , qui se rendaient en extrême Orient, et qu'elle ne possédait pas le tabac l'année 1575 (6).

6) Zaaguebar(6)-Thevet (7) et Oapper <8) se taisent tous deux sur l'usage du fumer chez les peuples de la paitio orientale et continentale de I' Afrique, en mentionnant, comme d'habitude, les us et coutumes iîe ces naturels. Cela s'explique par le fait que, malgré que ces régions aient été visitées et. occupées ça et là par les Portugais , la présence des Européens , à cause du peu de contact avec les naturels, ne suffit pas à y l'aire pénétrer facilement l'usage du tabac, ainsi que cela était déjà avenu pour tous les peuples de 1* Afrique occidentale. Arthus non plus , en parlant des produits du Mozambique (1607) observés par les Hollandais, et des luttes qu'ils y soutenaient contre les Portugais, qui y habitaient dans un but de commerce , ne fait aucune mention du tabac (,9). Cette nouvelle plante a donc du pénétrer beaucoup plus tard dans les légions continentales de l'Afrique de 1' Est, quoique Vaico de fiama ait découvert le Mozambique en 1497-8 (10). Et même, dès cette époque, les Portugais y découvrirent une ville, dont le Roi faisait, selon Colin, un commerce d'ivoiie considérable avec les Indes (11). Plus tard, les mêmes Portugais y pratiquèrent la traite des esclaves, jusqu'à en exporter 15 à lti mille par an (12).

Cela prouve que le tabac a été introduit au Mozambique , comme à Madagascar, après que les Européens l'avaient introduit aux Indes, et que probablement les Hindoue eux mêmes y importèrent les premières gi ânes , mais après Madagascar. Quoiqu'il eu soit, on lo cultivait déjà en 1806 le long du Zambèze, et surtout à Quilimane, mais le meilleur s'obtenait à Sena (13). Cette dernière ville servait aussi de marché pour la vente du tabac, car Oe Frobervllle remarque que celui, qu'on cultivait dans la tribu de Niungue, était porté â Son» pour être échangé contre d'autres denrées,... et quo la région d'A-Gou en produisait une immense quantité U4). On peut aussi acheter (1870) du tabac et d'autres denrées du Makalakas dans la région du Monomotapa (15).

Les caravanes, venant de l'intérieur, se servent de l'ivoire et du tabac pour leurs échanges. Maintenant que l' ivoire devient rare , c'est le tabac qui le remplace. On le

(1) Bory S. VI»c*M. Voyage. Isar.

(2) Aln< Martin, Oeuvre . . de S. Pi«rr«, IS*2U. Voyage à Vile de France, p. lu".

(3) 0* Fratwrvilt*, lies africaines il? ta mer des Indes (cfr. I'f*/i «>«•*. 44.me livr.).

(4) Hind«ilo. Voyages (tra.i. Wlcawferi. 17-27. y. :>.•). (.i) Cfr. Tkmt I. c. I. p. 114 et suiv.

(6) Siais ce ini« scroti) comprises, comme par lu passé, toute* les rùgions Je ("Afrique Oneataie. .iu Mozambique à l'Kr|itopie.-(7) Thwtt. 1. e. I. f. 106 et suiv.— (8) Otffwr. J. c. p. 40*1. (9,1 CIT. Oe Br», Ind. (tnenl. Ifll2. IX. l>. I7.-I» Dttter. I. c. p. 6. (Il) Cfr. ■attoBrwi, I. c. IX. y. :«>5.-(l2) Cfr. ■•Ito-Bran. I. c. IX. p. 3I>. ( a) Cfr. Eyritt et lUhe-Brun. I c. ltSii4. XXIV. p. :«4.

(14) D* Frol»r»ltl«, Soles sur les Va-Siuitgue el let MaOsiti (cir. Bull. Soc. Oéogr., IS4S, p. 7").

(15) BalMi, The gold rtgiont of South eattern Africa, 1877. p. 9.

troque, ou on le vend, a Quilimane pour environ fi d. le rouleau de ô livres. Ce tabac de l'intérieur est très demand- 1 actuellement a Inhambane (I). On a imports en 1885, dans les regions du Mozambique près de 12 mille livres de tabac pour le prix d'environ mille L. Sterl., et près de 2 miile livres de cigares pour le piix de 267 L. Sterl. En 1884 on a importé dans les régions centrales 1177 livres de cigares pour 249 L. Sterl., et 167tt livres de tabac pour 115 L. Sterl. Ou a import* 1 en 1884 dans les regions méridionale* 842 livres de cigares pour 200 L. .Sterl., et 2.".82 livres de tabac pour 178 L. .Sterl. (2). On en a importé , en 1891 , dans lo port de Mozambique 17 mille livres, et 20 mille en 1892 (31. Atijourd' hui le Mozambique en produit 20 mille Kg., et en importe 5 mille. La consommation est de Kg. 0,014 par habitant; la dépense, de Marcs o,0a«; et le revenu de l'Etat, de Marcs 0,014 par téte (4).

Livingstone (5), qui accomplit vers 18ôl la courageuse traversée de 1' Afrique méridionale, du Zambèze à Loango, en confirmant que depuis plusieurs siècles les Noirs et les Hindous trafiquaient sur la cote orientale d'Afrique (I. c. p. 172), remarque que les naturels de la région du Zarnbèze avaient I' habitude de fumer lo chanvre (6) , et le tabac (1. c. pp. 52 , 197). Cette dernière plante se cultivait dans les contrées situées le long du Zambèze, surtout dans la vallée de Zibuti, et dans la région de Kabrabasa (I. c. p. 88). Il remarqua aussi que les peuples Sciboquis cultivaient (a l'exemple des indigènes de la tribu de Mangascia) autour de leurs cabanes, des bananes, du coton, du manioc, du mais et du tabac (1. c. y. 149».

Dans la région comprise entre le Zambèze et le Sciiè, les hommes de la tribu dos Maravi (Ma Oanya) abattent les forêts (suivant l'exemple américain), brûlent les arbres coupés , et avec leurs cendres fument les champs dans lesquels ils cultivent le doura (mapirti), le coton, le chanvre et le tab:ic (7». On fait un commerce actif de tabac dans la région du Scirè; d'autant plus, dit Livingstone, qn' il y pousse sans y être semé, se reproduisant lui même (8).

Stanley parle de l'habitude qu' ont les Arabes établis au Zanzibar de mâcher le bétel

(I) Cfr. I)ti,l. a. Con*, iitp. London. littU.— Montmbico, n. 1463, p. Si. rt, Cfr. IM { ,1. a. Com. Kep. London. \>m.-Mosambiro. n. rt!>. pp. 14, Is, ••<>. n> Cfr. Dipl. n. Com. Hep, London. \W\—Mo:,<mbtco. n. IV.57. p. T. (4) Lewlaitela. Der labakkontum. IH'.IT. p. «t.

fô) UvlitgtlMM. Krplor. dans l'Afrique auttralt (trad. Btliii Ot Lmm). IH*3>.

(tt) Les homme» de U région du M;ikaiolo. pour tuer le temps, fument ausse le mittokiutite (le chanvre), mai* ils n'aiment pas <|ue ieurs femmes suivent leur enempie. Pourtant, quelques unes se ie permettent; elies fument eu secret l'uerbe défendue, et se font venir ainsi des petits boutons sur la peau: maladie qui ne peut s.; guérir, que par l'abandon de l'habitude qui l'a causée. Le Chef lui même est esclave de cette habitude malsalue, et il fut difficile d'obtenir qu'il y renom;»', pendant qu'on le soignait (UringtteM, I. c. p. :«»). Nous, ajmie le ravageur, fumes souvent a même d' observer les effets du chanvre chez les fumeur» de notre escorte. Son usage augmente ta force physique, et produit l'effet diamétralement oppose sur le moral. IWtix de* plus beau* jeunes cens, que nous avions uvee nous, devinrent presque idiots. Un groupe de ces mineurs de chanvre l'orme un Tableau grotesque, lis s^ut- llluins d'uoe gourde pleine d'eau pure, d'un tuyau de bambini iong de cinq pieds, et d'un narghilé avec une gourde, ou uue corne decudoii, qui contient i'eau inversée par la fumée avaut d' arriver à la bouche. Chaque fumeur aspire s son tour quelques bouffée* ( umt la dernière est interminable., et passe la pipe à son vois:o. Il avale probablement cette ruinée, car pour lutter contre les mouvements couvulsirs de la poitrine et de l'estomac il boit une Korjrée o'eau oe la sourde, la garde quelques secondes et la rejette dans le tuyau de bambou avec la fumée qu'il vient d'aspirer. I.e résultat de cette opération est un violent accès de toux, et chez quelques uns un' espèce de délire. qui se traduit par un torrent de parities rapides et dénuées de sens., l'as un seiil lumeur n'accorde la moindre attention à i'éioquence. ou à la stupidité -ie l'orateur. qui s' arrête brusqtienieut. et a l'air légérenieut hébété quand il recouvre ia raison - Living 1. c. p. Ifcî'J).

(7) Cfr. Redit. I. c. XIII. ISMH. p. wi.-:«) Cfr. Charte» et Treves, II eiro drtmotut». I"*), V. p. 3.V*.

et le tabac (1). D'après Semler lo tabac est aussi cultive à Usambara (2), et constitue une marchandise importante pour le Zanzibar et VitUerluiul. On en produit aussi du bon à Uhiao (3). Les indigènes de Kliutu ei d' Usagara <4) en fournissant à ceux de "Wagogo, dont ils reçoivent du sel en «'«change. Celui d' Unyainwezi est mauvais, et détestable l'autre d'Usukuma (5). Au contraire celui que cultivent les Arabes à Karaguab (6) et à Ujiji (7) est de bonne qualité; mais on en parlera plus tard à propos de l'Afrique Centrale.

Sptke (81 rapporte (1860) qu'après avoir traversé le Zanzibar il expédia vers Raseh deux do ses hommes pour se procurer du tabac indigène, car au milieu de tribulations de toute sorte sa caravane se plaignait surtout de ne pas pouvoir fumer; et c'était tout naturel puisque la caravane était formés de Hottentots (I. c. 1864, 11 p. 118V Il représente ensuite un indigène du Karaghè, une longue pi|ie munie d' un gros fournoau, à la bouche (1. c. p. 114). On ignore la quantité de la production indigène; on sait pourtant qu'on en importe 407 mille livres anglaises, et qu'on en export 178 mille (9). Kn 1894 le tabac importé au Zanzibar fut de 8184 paquets pour une valeur totale de 174,447 roup. (10). On en importa 407 mille livres en 1895 pour la valeur de 10 mille L. Sterl., et en 1896 un total de 396 mille livres pour la valeur de 11 mille L. Sterl. (11).

Tout au contraire, chez la tribu dos Masai , dans le terres de l' intérieur du Zanzibar, l'usage du tabac et des boissons spiritueuses est interdit, à cause do leurs effets d'affaiblissement physique et moral (12).

Les données statistiques manquent sur la -production actuelle du tabac dans l'Afrique Orientale. Darmstaedter se limite à dire que les Nègres le cultivent au Mozambique, mais che le produit est de qualité inférieure, et qu'on en obtient davantage dans l'intérieur (18). Il ajoute qu'on cherche actuellement à en développer aussi la culture dans le colonies allemandes de l'Afrique Orientale, ainsi qu'on l'a déjà fait à Lew.i (I. c. p. 71). On ignore la producton de ces colonies; on sait seulement que l'importation est de 63 milles livr. anglaises, et l'exportation de 280 mille liv. (14).

(1) Stasis*. Through the dark continent, 187*. II. p. 11'.'.

(2) Le tabac d'lsambara eat très recherche. Il parai) être plutôt cultive dans le dismct je Handei. .Voit l'on en expédie pour l'exportation en quantité considerable à l'anirani. d'où il passe au Zaoxibar. l-e produit a une couleur foneée. un bon arrime, et est de qualité supérieur--, «m le presse pour en l'aire de petites galettes circulaires, larjjes de 4 pouces «t épaisses d'un pouce et demi. Ou les met ensuite en pile*, et quaoïi elles Hoi vent servir pour l'exportation on les entoure élégamment de feuilles <ie bananier deck, lobacro. lssfi. p. KSI)-.— Billing*. ToAffceo. IK75. p. :S62).

Ci) Le tabac d'I'luao vient tout-de-suite après celui <i' (Isambara, comme qualité. On l'exporte soit en feuilles, soit en petit.» rouleaux ayant a peine un pouce de diamètre, appelés hambari (BUliags- I. e. p. 3tt2).

(4) Le» peuples de Khutu et d'iisagara préparent le tabac d'exportation en le coupant, le mouillant, et loi donnant ensuite la forme d'un fromage large de S 0 pouces, d - une épaisseur de 2-3 pouces, et pesant environ 3 livres (Billings. I. c. p. CtS2>.

(5) I.es tabacs de ces deux deroières localités sont de qualité inférieure, et se vendent piles en forme de cone, moulés dans le mortier (Billings. I. c. p. SÏ2).

(6) l.e tabac de Karaituah est musqué quand il est fumé dans le narghilé. Celui dTji.ii est meilleur que ceiui ù'L'oyamwazi; il se vend en feuilles et les Arabes l'appellent hamumi I Billings. I. c. p. 302i,

(7) Senlsr. Iropiiche Agriculture. IHX«-8. III. p. Si,

(H) Cir. Charte* et Trèm. I. c. — (9) Lswlsstsls. Iter labakkontum. IK'.r;. p. T7. (|o> Cir. DipL a. Cont. Rep. London. I*.»*— Zanubar. n. 155«. p. K. ill) Cfr. OipL a. Cons. ftep. London. \m~,.-Ztmiibar. a. I%1, p. 11. (12) Cfr. Rselas. I. c. XIII. IBHS. p. 702.

(Kl) Oarsistael'ltr, Die geogr. Verbr. «c. 'I. Prod. <l I n<Hiki>nim. IS'.KS. p. 7A — l'ourtaut l'espèce cultivé* par les ludiftoue» est ordinairement la Stcoltfiwi nutlet iStdeksek. Uie Kulturgetw-hx* der Iteuit. KoUmien. leua. im. f. 221 \—(U) Uwisstsls, I. c. p. «Vi.

A Mohorro le tabac so prépare avec une fermentation normale, grace à la surveillance du Gouvernement allemand (11. En 1897 on en cultiva lf>8 mille plantes (2). On importa, en 1895, dan» les colonies allemandes de l'Afrique Orientale, du tabac pour la valeur totale d'environ 5 mille L. sterl., et on en exporta en 1896 pour la valeur de près de 60 mille roupies (3).

c) Ethiopie. - L'usage du tabac a dù certainement être introduit on Ethiopie après 15J0, puisque Alvarei, en racontant, l'histoire de l'expédition portugaise envoyée on 1520 par le Roi Manuel, dont il était le chapelain, et en décrivant minutieusement les us et coutumes religieuses, civile» et domestiques des Ethiopiens, nomme les plantes diverses dont ils se servaient, les échanges de «idéaux, et les choses les plus importantes, mais ne fait aucune mention de l'usago du tabac, qui devait être également inconnu de lui même à cette époque (4). Thevel (•"») n'en parle pas non plus. Leut-Holl (6) n'en fait pas davantage mention, tandis qu'il s'occupe des plantes qui croissent et se cultivent en Ethiopie (I. I, c. IX), ainsi que des marchandises (I. IV, c. VII.), qu'on y importail et qu'on en exportait.

La première nouvelle iju' on ait d' un tel usage chez ces peuples est donnée par La Roque (1708), qui, débarquant sur les cotes de l'Abyssinie, put observer qu' un Nègre fuma plusieurs pipes de tabac de Virginie (N. Tabacum), qu' il lui avait donné (7). Ce qui indique que I' usage de fumer a dù être introduit dans ces régions vers la tin du dix-septième siècle. Si l'on réfléchit que les Portugais y demeurèrent longtemps, à partir des explorations du seizième siècle jusqu' en 1699, époque de leur expulsion (8). il e*t permis de conclure que ce fuient vraiment eux, qu' introduisirent aussi l'usage de la nouvello plante en Ethiopie.

Pourtant, Lobo raconte que le Roi de Dankali, en lu recevant, lui offrit une noix de coco pleine de tabac, et une pipe en argent pour le fumer (9). L'usage du coco, selon la coutume indienne, indiquerait, que l'introduction du tabac en Ethiopie eut aussi lieu du côté des Indes, ainsi qu' il était avenu pour l'Afrique Orientale (insulaire et continentale». Et Bérenger ajoute que le Roi, lorsqu' il se déplaçait, avait l'habitude de se faire accompagner par 40 officiers, dont quelq ues-uns avaient la charge spéciale de lui apporter une noix de coco remplie de tabac , et d' autres une pipe d'argent avec un charbon ardent pour l'allumer (10): autre coutume indienne, ainsi qu' on le dira plus lard. Il tant noter que l'escale des produits indiens pour l'Ethiopie était tiouakim.

Bruce (11) raconte que, dans la région du Tacazzé, pour obtenir quelque sorvice des indigènes, il leur donnait de la farine «le froment et du tabac, choses qu'ils recevaient

<l> err. Deutsche/ KolunialblaU. IM'Jtf. p. «75.— (■„»> Cir. UeuL Kuiirn. 1SU7. p. 44». <a) i fr. Dipl. a. Conn. liep. Uindou, I8'.»7.— litrmany. o. 432, p. 35.

(4) AlMrtt, Umorui de la* Cotas de Eiiopia, i557.— <5) Th«t*t, I. c. I. f. 57 et suiv. el f. 1 12 et suiv. (rtt Jabi LmsIII (Is.tH.Ift. Historia Aethiopira. mi.

(7) La Roam- Voyage de t Arabie heureuse. 1710, p. 40.

(8) Le portugais Ndro Covlllte. parti àe Saotarem en 14*7. réussit û se rendre lavorabie la Cour <iu Roi d'Ethiopie: mais il ne lui fut pius permis de retourner dans sa patrie. A la même époque, un pélenn éthiopien. Marcos, vint de Jérusalem à Lisboone. Dans le siècle suivant le* Portugais pénétrèrent sur le haut plateau étiiiopieu. y fondèrent des établissement» religieux et militaires, et explorèrent la région dans tous les seus. Cepeodaui les rapports avec l'Europe n'étaient pas 41» Wis ë'uue manière délimtive, et les préires portugais accusés d'aspirer à la domination politique du pays, furent chassés. En l«.*.t, le Roi d'Abyssime appela à leur i-lace le médecin français Paseat (cfr. Rades. I. c. X- IKS.",, p. 1117).

t'.h Lake, Voyage hùlorique a~ Abystmo; <trad. Lt Cramt. Paris. I"'.**, p. 50). (10) Béreaaer. i. v. X. p. 43.

<ll> Bnict. Voyage ,tu;r sources du Nil. en SuOte H en Abyssinia (trait. Caatara. ITUMK!..

avec joie (1. c. VII. p. 255), et que, à Gondar, les femmes aussi fumaienl la pipe comme les hommes (I. c. VII. p. 892). Il rapporte que le Clieik de 1" At bai a , en le recevant, demanda une pipe à un de ses esclaves , et la gardant à la bouche , se mit à converser, et qu'il en éprouva une telle ivresse, qu'il demanda deux mille piastres à 1' esplorateur (1. c. XI. p. 241). Il rappelle que pour tenir sa sentinelle éveillée pondant la nuit , (le turc Ismaêl , qu' il avait avec lui) , il devait lui donner du tabac et du café (I. c.XI. p. 247 ). Enfin, il est important d'observer que Bruce, en s'occupant longuement (I. c. XIII) de la description des plantes natives do 1' Egypte et de 1' Aby.*sinie, n'énumère pas le tabac parmi elles: ce qui prouve que aussi cette plante était étrangère à ce9 régions.

Salt (1) put faire les observations suivantes sur l'usago du tabac en Ethiopie. C'est que les Ascaris (1. c. I. p. 49), qui l'accompagnaient, lui réclamaient avec insistence du tabac du riz et du café, et qu'il fut contraint <le leur en donner pour sa sauve-garde, et que (I. c. I. p. 107) lo tabac à fumer et en poudre était un bon article d'échange auprès des habitants de Dixan (Tigré). En parlant des coutumes des Assaortini , il dit (I. c. II. p. 130), dans un tucul observa un vieux qui , commodément assis , fumaient une pipe (hooka) du pays (2), et enfin que (t. c. II. p. 154), lorsq'il se présenta devant leur Chef, il lui offrit du tabac, parmi d'autres dons.

Selon Harris (1841) les tribus des Dangalis, des Somali et des Bedeni ont l'habitude de fumer, de chiquer et mémo de priser (3). Isenberg (4) put observer que dans le pays les Mahométans seuls fument, et non les Chrétiens, qui considèrent cet usage comme un péché. Ils prisent quelquefois; mais il ne fument pas (5).

Les Somalis non plus ne fument pas; mais ils prisent le tabac, ou le mâchent mêlé à des cendres (selon l'usage des Malais) (ti). Ils se réunissent le soir, comme les Harraris, pour mastiquer aussi les feuilles du K«t: excitant qui leur permet do prolonger les veillées (7). Au contraire, les musulmans de Kisimayo ne fum<*nt ni ne prisent le tabac, et ils essayent , même par la force, d'empêcher les Somalis de s'en servir (8).

ft) Sait Viiynze en Abysùnie, Ihi-.\

(•J> Probablement Y hooka désignée pur Sait d.>it être celui reproduit par Hawaii, i-ouime on ie dira bientôt. Il faut remarquer ici que l'instrument aussi bien que le nom sont d'origine indieoue. (3) Cfr. Tiadaaiann, 1. c. p. 'iUl.— (4) la«nb«r|, Abiumien, 1*44.

(5) Cela laisserait supposer que les peuples éthiopiens chrétiens out .hi se bornera priser le tabac à l'exemple de leurs preires, puisque cet usage existe aussi depu:s i'époque. dont nous parlons, chez les ecclésiastiques européens. — A propos de cetie défense, il faut remarquer que ie code éthiopien (qui coutieni beaucoup de prescriptions tirées du l'enthaieuque et du code .lusiinieu. et coostitue lu. guide des Souverain* éthiopiens) tutcrdil l'usage de fumer « pince <|ue le tabic est né sur lu tombe d'Aria*. Kt pour ce motif plusieurs Ras fanatiques oui rail cmiper ies lèvres des coupable" (Rectus. I. c. X. 18K5. p. •&>;— Stem. Tagliaka*. cfr. Esplorntore, luin lHx-.'-.-ftab. Farraad, Somal). Mais <a légende des chrétiens étbiopieus. di*aut que celte plante était née >ur la tombe d'Ariiu. ne prouve en rieu l'antiquité du tabac daua ces régions, li faut croire, au contraire, que les prêtres éthiopiens, voulaut empêcher de fumer, ont du répandre auprès de leurs Itdéles cette fable sur l'origine du tabac, tirant parti de l'horreur que leur inspirait la secte Arienne.— Les Itarruris. musulmans fauatiques, qui ont convent à leur foi les (Salins et les Somalis. nu lieu de lumer ie tabac, ont l'habitude de mastiquer les feuilles du h>>l \Cela*trtu eduli*). qu'iis apprécient autant, comme excitant, que les habitants du Yemen. Quand ils se réunissent pour màtber ces feunlc-. ils commencent et terminent la attirée par la lecture du Coran, et par des actions de grâces « parce que cette herbe des Saints permet de veiller plus longtemps la nuit pour adirer le Seigneur » (cfr. Rtcli*. I. c. X. isg.s. p. 138).

(6) En 1M03 il a été importé en Somalie par la voie de Herber pour 1113 L. Sierl. de tabac, et par la voie de Zella pour 1010 L. Sterl. (cfr. Dipl. a. Cons. Krp. London. 1SD4.— SomilU Coatl. a. I46S. p. S)-

il) Cfr. Reel**. I. c. XIII. I8RH. p. Stn.-(H) Cfr. feclui. I. c. XIII. Ik*j. p.

Malgré tout, la culture du tabac s' est récemment introduit* même dans 1' Iiarrar. ainsi que celles du p.ivot, d'opium, des orangers, et de la pomme de terre (1).

A propos de l'usage de priser le Uibac, Vigoni raconte que le Ncgus, ayant appri9 que les murs de 1' église d' Adua étaient salis par les iHmtiuements occasioned par la poudr e de tabac , défendit aussi de primer sous peine d' avoir le nez tranché (2). Et. Schoeller (3) njoute que lorsque le Negus Jean interdit même de chiquer, les Abyssins remplacé sent le tabac par de longs clous île girofle.

Les dernières informations soi la culture du tabac en Ethiopie sont les suivantes.

Simon (4) observa <. 1SS0) que des colons européens s'étaient établis sur le hautplateau de Keren pour y planter le tabac . qu' on exportait ensuite de Massaoua (5). Il remarque (1. c. p. 34* que ces colons cultivaient le tabac sous la protection du fort •Seu' lliit, qui défend la vallée de l'Aiisabu (1. c. p. 15).

Vigoni <b), qui avait déjà vu (1878) les cultures pratiqués lo long de la vallée de l'Ansaba (1. c. p. 50) , remarque que le produit, obtenu dans la légion do Keren , et. transporté par les caravanes à Massaoua (I. c. p. 36), était accaparé par les Grecs, de vé ritables étrangleurs (I. c. p. 44». Borsari observe (7) que le tahuc consume un des principaux produite obtenus par les indigenes dans la vallée de l'Atbara (1. c. p. 62) et dans la région de Keren (I. c. p. 8:2). Entiii le ubac est compté aujourd' nui comme une des marchandises les plus demandées sur les marchés de 1' Ahyssinie (8'.

d) Nubl». - Le9 renseignements qu'on a sur l'usage et la culture du tabac dans cette vaste région remontent au-delu du dernier siècle. Bruce (9) put observer que les naturels de ai HauteEgypt chantent , dansent et fument la pipe, en signes de réjouissance (1. c. 1. p. 304). Comme chez le Turcs, il est aussi d'usage chez ces peuples d'offrir a fumer à leur hôte; en effet, le commandant de la ville de Sieno lui offrit avant tout , en le recevant, la pipe et Je café (I. c. II. n. 10). Cet usage était commun chez ces peuples , ainsi que beaucoup de voyageurs l'ont obseivé (10).

(I) Cfr. RmIim, I. c. X. lstC», p. :VÎ0-,— Sacconi, eft. Esploratore, 18S3 — (•.') Vigoni, Abintinia. 1881, p. lôo.

(M Sck«ell«r, Un mio ruiggin in Eritrea (rra.i. Hottura. I8'.r>. p. H*J».

(4) lima*. L Ethiopie. I8SÔ.

Massuwa (M;is»aoua) sert aussi de .iéltoucbé aui produits apportés de V tuterieur par Je» caravanes. Il laut citer parmi «lies te tabac proveuaut au Tigré, de» Bogos et aussi <hi Souduti (Martial, Kicordi di escursiom tn Africa tint MÎXal IHM, Kirenze. I860, p. SI).— Uu importe par Je même port le tabac persan, qu' on «ni voie au Tigré pour y otre fumé, ou pulvérisé comma tabac a priser (cfr. TîatMiaiia, 1. e. p. 20 ). — A Massoua tous tes musulmans fumeiit. et la pipe, comme eu Egypte. Mt le complément obligatoire du calé, ainsi que le remarqua Im«I eu 1871 (cfr. ChtrlM et Trmt, I. c. XIV. 1871, 11. p. *JlH>. — Vi|Ml, Abtstinia, 18»;.

(7) Barsari, te tone colon. delf Eritrea, |s.-o.

(S; Mioallar. i. c. p. ,'jO.— Le lait quo la culture <iu tabac est presque exclusivemeute circousmie dans lu region de la colonie italienne actuelle de l'Kry<r©e,<jui dépendait autrefois «le l'Egypte, laisse supposer que les Négus d'Abyasiuie ue fout jamais favorisée, ainsi qu' oii l a déjà uit, à cauae des préjugés religieux. Si Narrai <.Jrt41 j observa ta culture du taoae dans ta vallée dAoussa, uu bord .lu fleuve Huwasch. enei tes Uu ti.ina (cfr. Tiaaamanii, J. c. p. 201). cela lieut à ce que le Royaume d - Aou»»a est niahométan. Et Maasaia (/ mtet trentannque anni di tnmtione nell Alla Miopia, 1883. X. p. 217) douue la ngure il' uu mineur (i.illa, ayant a la bouche .uue pipe, dont le fourneau est garui eu ban d' uu goulleineut , qui levait vire rempli «l'eau pour touctiouuer comme le narghilé des Persans et i hukka ues ll.udous. Lu ligure d une pipe semblable avait déjà été reproduite par U|an (cfr. Caarloa et Trtvw. I. c. Mil. p. I«7.

(W) Irace. Voyage aux soureei du .Vif, Subie cl Abysiime (.trad. Caitara. I7UU-2), (lu) UgM dit que. visitant (1814) uu des Chefs de la région de Dougoia, celui-ci le reçut eo minant ia pipe, et lui eu offrit une tout de suite (cfr. Eyrttt et Nilta-Bri*. .Vont', nnn. roy., 1810, II. pp. 01--').

Les plu» nombreux détails sur I' usage qu'on y faisait du tabac sont fournis par Burckhardt (I). Il observa (1813) en effet, ce qui suit. Il nota d'abord que le tabac était appelé Toulyga par les Nubiens, et, Dokkang par les Arabes (1. c. p. Iû4j. Et il ajoute: A Berber l'insolence des esclaves et du peuple eii général est poussée à l'extrême au sujet de fumer. S'ils voient un étranger l.i pipe à la bouche, ils la lui arrachent sans rien dire, et ne la lui restituent qu'après 1' avoir fumée tout entière (2). Le peuple de Berber est fou du tabac. Les habitants fument surtout à la maison, lorsqu'ils n'attendent personne: ils remplissent rarement leur pipe dehors, parce qu'ils considèrent le tabac comme une grande jouissance, et craignent qu'une bouffée de, leur fumée ne pro ftte a d'autres. J'ai vu souvent, dit l'auteur, le con un errants Egyptiens exaspérés par l'impudence de leur visiteurs de Berber, lorsqu'ils voulaient fumer leur pipe après les repa.-> (1. c. p. 224). Et il continue: On rencontre de petits vendeurs de tabac dans tous le coins du marché de Sliendy. Ce peuple s'.idonne avec excès â l'usage de fumer, qu'il considère comme un luxe; mais il n'a pas l'insolence ordinaire aux naturels de Berber, qui arrachent la pipe de la bouche des autres. Le Fokara ne fume jamais. Le meiileur tabac vient du Sennaar, où on l'appelle Tabu, Quand il est sec, il est de couleur vert foncé et ressemble, comme apparence et comme goût , à celui qu' on cultive dans l'Arabie l'étrée. Les pipes, ainsi que leurs têtes en argile, sont également importées du Sennaar (3). Quelques indigènes inherit du natron (4) avec le tabac avant de

(1) Barattai*, Intel m Subia. 1(419.

(2) Baltaal dr. à tv propos que les Nubiens n- se foui pas ie moindre scrupule .ie tuer leur prochain pour quelques pipe de tabac (Vitiggio m Egitl» cet m Subia. 1831. 1. p.143).— Cmum* et Lritvra ajoutent {1800) que oe nombreuses luîmes oe Nubiens les suivaient demandant et lumaut leurs cigare*. Ou reproduit eu même temps Ih ligure d' ud Nubien lumant sa pipe iclr. Charte* et Trêves. I. c. 1S6B, X. p. 100). —Il n'y a que les Arabes Bicharuis qui ne fument pas (cfr. Redits, i. e. X. IS85. p. 44»).

(3) Dans la région de Souukiin il y a uue pierre buucbe avec laquelle on fabriquait (1808) des pipes (Statua, iu Malta Bran, I. c. IHO». IX. p. 3:JO). Ou parlera du ubac <-i .les pipes du Senuaar :i propos .le i'Afrique centrale.

(4> Dalla Calli ajoute ce qui suit pour la Tripolitaine: Les homines passent uue grande parue de leur existence dans l'oisiveté, étendu» sous leurs tentes, ou accroupis la tète entre tes genoux, et ue font que mâcher du tabac. Pour <e rendre pius agréable à leur palais, ils le màclieut avec .les petns morceaux de natron, qu' ils loin venir de l'iuiéneur.... Ou s'étonne de trouver certains usages établis depuis des siècles chez des peuples u'ayaut jamais eu «le relations communes. I.f- carbonate il» soit.ie iudigéue. fourni par le lac de Salaguauilia. iitos la province de Venezuela, est adapté de même par ces habitauts pour mâcher le tabac, ou \* suc exprimé de la plante .nte mû ou chimti (Voir pius Haut. p. 28). Je ne sr.is quelle r6ie ce sel pet jouer dans les effets de cette mastication; in.m ie fait est que tous les chiqucUts de tabac ne peuvent se passer de cet étrange con îimeot i Delia Calla. Viaggiu da lripoH di Barberia nlla frontiera ocrtdenlale deU'Egilto fallu nell'nnno /«/;. Napoli. IH30. p. S0)-

Or. le natron est un mélaoge de carbonate et île sesquicurbonate sodique, uont on ne sert plus. On ie ramassait dans certaines piaces du Kezzan. au boni du itraud désert alncaia , à l'euirée du Soudan. Bousiingaalt et Wvart t'out aussi trouvé en Colombie *cfr. Prhtat, Oasetanal et Fecillon. OnH. d. Scienc. pur. et appt., p. 232S). C'est uu produit des efflorescences naturelles de l'Kgypte. Il était aussi désigné par le mot iatio nitrum. Au quinzième siècle ou vit uaitre uue nouvelle expression, tiatrnm, pour cette substance, taudis que l'autre, nitrum, lut conservée au uitrate de potasse ou salpêtre (Kaaaa, f'Aimie lecn. II. p. 431. suus le titre Stida natural*).— Heefer, eu cousuitaut ("origine oe la parole Natron, peuse qu'eKe dérive de nalar qui, eu hébreu signifie faire effervevttice (ce qui est la propriété des carbonates). D'après lui le natron des Orées et lies Egyptieus a la même origine que le neler des Hébreux. Il rapporte aussi des citations d'auteurs hébreux, qui expliquent conte effervescence (Hotftr. Hi*t. d. I. VJiitn.. I. p. .">«).— Olrartbi, etiHn, cite et rapporte les analyses ,ie plusiers natron a'Alexaiidrie et de Barbarie, du trôna de Sucken» (Kezzan), de Makarie ^lasse-Egypte), et de fVrao de Merida (Veuezuela), qui coutieuueut 2ô à 70"; o de carbonate de soude. Il dit textuellement: En Egypte on le mêle au tabac en poudre, pour lui donner du montant (eu relever la force). Les Indiens du Venezuela le mûcheni avec du tabac pour exciter la salivation (Olrartln , Cnim. Jnd. I p. 505). De

le mâcher. Us servent pour tabatières «le petites noix de coco venant aussi du Sennaar. ou .le toutes j.et ites courges. Pour reniller le tabac les habitants (selon la coutume «lu Hrdj.iz) le posent sur l'ongle du pouce, et ne le prennent jamais entre le pouce et l'index. Les négociants île .Soiiakiin font souvent venir des chameaux chargés île tabac pour l'introduir sur les marchés de Djedda et du Yemen... Les mêmes marchands de tabac tiennent aussi le natron, qu'ils tirent du Knrdofan, où il vient du Darfur (1. c. p. 291)... Les bédouins Jladei. dons, seuls habitants de la région de Taka, sont très indolents (1816). Tous le» travaux intéiieurs sont confiés à leurs femmes et aux esclaves, pendant que les hommes passent le temps à fumer leur pipe et à échanger d'inutile-i visites avec les voisins (I. c. p. 392i... La principale denrée «pie vendent les négociants étrangers dans la région du Taka est le tabac, qu'il vienne du Sen naar. de la Perse ou du Yemen (1). Celui qui est. oiiginaire de ces deux derniers pays, désigné sous le nom de Suratty, est une sorte de tabac aux feui'.les jaunes appelé Tomhac au Heiljaz (2) et en Egypte, et, qu'on fume en Orient dans le pipes persanes (Narghile*). Comme il est plus foit que le tabac de Sennaar, les bédouins de Taka le préfèrent, surtout pour le poudres à priser, dont ils font une grande consommation. On pi épat e les poudres en y mêlant du utilton ou du sel. On ne voit ni un homme, ni une f .mine que ne porte sa petite gourde, ou tabatière, conte; ant de la poudre de tabac (1. c. p. 399)... Les AuiJiers {tribu voisi'ie et alliée des Hademloas) vont acheter à Souakim leur tabac, qu'ils échangent ensuite contte des bestiaux dans les tribus des Bishareins (I. c. p. 44»)... La passon «le fumer y est piuiss'e à tel point, que le serviteur d'un Mamelouk, à D'ir , ne pouvant avoir du tabac, mettait dans sa pijo île la fiente desséchée do ga/.elle il. <■. p. 15). t.t m Imt De Senkovsy (I819i, le petites pipes et les rouleaux de tabac «vui*; it tient pour !e* Nubiens la plus grande des jouissances... Ils passent leur temps h fum-r et à l-oiie <lu nebili (suc fermenté des dattiers) (3).

8elzoni (I) raconle que, connue il arrivait (1815) à I)eir, capitale de la Basse-Nubie, le despote de la ville {Cache/}') au demanda du café, du savon (5) et du tabac... A propos de ce dernier il lui répondit qu' il en avait quelques pipes, qu" ils fumeraient ensemble... En effet, protuiu' aussitôt son lannissairo vint du bateau leur apporter du tabac, qu' ils se mirent à fumer il. c. p. 115) Et pour gagner le Carheff d' Eschké , il dut lui envoyer en cadeau du Hz, du calé, du sucre, avec quelques feuilles d'un tabac spécial, dit Tutw>/ Dj>:M, venant de Syrie. Les Bairaboas ont l'habitude de le mAolier, et !e considèrent comme un grand objet de luxe (I. c. 1. p. 130)... A lbsamboul, pour obtenir du Vucheff la permissio n «!e faire des fouilles, il fut obbligé do lui offrir un fusil, du savon et du tabac (l. c. II. p. 158) U reniai qua aussi que, pour les Arabes de Nubie, dans

sorte que les In.t.ens du Venezuela et les lasyptlen* mêlaient au ta hue la soude naturelle (carbouate de soude brin) daus un but identique.— Est-ce une étrange coiucnieure . ou nne imitation >. Si l'on ré fléchit que les Nègres enclaves ont pendant des siècles travaillé aux culture* du tabac dan* les colonies espagnoles, et par conséquent méuic au Yeuezue.a, il est fort probable que ce sont eux qui. rentrés linns leur pays, ont fuit connaître a leurs compatriotes l'habitude des Indiens d'Amérique de mêler ia mou. le au tabac pour en améliorer l'emploi.

(I «Via est aussi confirmé i isos) par SMtitn (efr. Mlll*-8run, I. c. !W"9. IX. pp. XS\ H).

(-') Aliusioo probable à lu Sicoltana pvrtica . quoiqu'on cultive aussi ia S. rutlf-a au Yemen.

Ci, Cir. Eyrits et Maltt-Brim. I. c. XVI. IS'i-i. pp. :m:t:j|5.

(4) B*lMni. Vi'igg, in Egiii,, ed ,n Xiit>i,t. IS:JI.

(5i Eu Nubie le savou constitue un cadeau très apprécié, parce qu'on n'en fabrique pas en Kgypte, et ceiui qu'on produit »euiemeul à Siout est de qualité intérieure. Tout le savon consommé en Egypte vieut de la Syrie, et principalement de ia l'aiestiue. A Esue uue livre de savon vaut I s. 0 d. (Bnrckhard). I. c. p. -JO).

Oionii — HiMmn Ht, Tah.,r. il

la légion qui s' étend jusqu' à la Mer Rouge (1) qui vivent en sauvages, une pipe (ie tabac est un oljet de luxe, de même qu' un morceau de mouton gras constitue pour eux le mets le plus savoureux et le plus goûté (I- c. III. p. 139).... Il observa que les bateliers nubiens mènent une vie très dure; ils mangent tout ce qu'ils trouvent; ils font une mixtuie de sel de locheou de nitre (natron, voir plus liant, p. 160) et do tabac, et la mettent entre Us dents et la lèvre inférieure (2). pour m eux résister au travail et à la faim ( i. c. p. 121).

Le tabac, qui fait les délices de toutes les classes de Nubiens, est cultivé partout, en Nubie (18L3). Il conserve une couleur verte quand il est suc, et ies*emiile exactement à celui des montagnes situées dans la partie orientale de la Mer Mort (3). Il est si fort que, pour s'en servi) , les Européens ont besoin de i'uffaiblir en le plongeant dans l'eau et en le pressant ensuite (4). (Cela ferait supposer qu' il s' agit de la A', ruxlùa, plutôt que «le la X. Tabacum). Mais il y avait aus-i des endroits, on le tabac était d'uin> qualité inférieure. Ainsi celui du territoire de l>eir (•">) était, de mauvaise qualité, et celui du territoire de Damer v t;> ne valait pas mieux. La culture du tabac s'est étendue actuellement dans la région habitée par les Hababs (7). Cependant on en importe encore du Caire, en échange du dunali (3>, et du coton qu'on produit en Nubie (9).

Afkiquis Septentrionale

a) Egypte. — L'usago du tabac a du pénétrer en Egypte au dix-septième siècle.

Au seizième siècle l'usage et la plante du labac devaient être inconnus en Egypte, car Alpino n'en parle i as , tandis qu' il décrit toutes les plantes sauvages et cultivées alors dans cette région (10). Et, en outre, il remarque qu' 'jij y importait alors d'Espagne des paquets de salsepareille (1. c. f. 54) pour combattre la syphilis (11); d'où il résulte clairement que, malgré le traite qui existait entre ia péninsule ibénenne et I' E gypte, l'usage du tabac n' y avait pas encore pénétré et devait moine y être inconnu. Dapper n'en parle pas davantage (12) eu faisant la icvuo des plantes sauvages cultivées, ou d'un usage commun en Egypie; taudis qu'il teinaïque qu'au temps du Ramazan les Mulsumaus no se permettaient même pas de fumer dans la journée (13). Il ne pouvait pas? y être connu avant le seizième siècle, ainsi qu" il résulte même du silence de Thevét (14).

(1) Ces Arabes reçoivent aussi ie tabac par ia voie de Sfluakim. cil il est importé exclusivement lies ludes. K» Ib'.M ou y importa 5iW ciels, pour la valeur de H mille l SlerJ.: en IH'J5, on y importa ijfij ciels pnur 10 anile L. Sierl. ; en IK'.r; l'importation lut beaut-* up moindre (cfr. Ihpl. n. Cons. Rep. London. -Suiiaknn. tsyfi. u. JI5H9, p. 7; ibio. I8'.«. u. 2052. p. -4;.

(2) Cette remarque a été faite également par Birckhardt (I. c. p. 140).

(3) Burekhardt, I. c. p. 140.

(*) Pallma. Soutenu voyage dans l'Egypte, la Syrie, le Ditrfour. 1**1. |[. p. V>. (ô) Berckhardt, 1. c. p. 23.- (<J) Barckhartft. I. c. p. 271.

(7) Btrtarl. Le tone eolotiiali delf Eritrea. IWO p. 3»':

(8) Sorghum rulgare, var. africamtm.— <$) Belzonl. I. c I. p. 132. 00/ Alplni De planlit Aegypli liber, i."*!.— vil) Voir plu» b;iul. p. I27. <I2) Dapper. Inscription de l'Afrique, l'5s»>.

(13) Le jeune (Siynm) consiste a ue rien manner, ni boire, à ne pas fumer, m priser le tabac de l'aube (dès qu'on peut .iistiniruer un lil uoir d'uu ni biauc; au soir, pendant uu mot* uinaire (Kamazan). A ia tombée ue la nuit chacun recouvre ia liberté de manger, de boire, de i orner et de priser le tabac, à condition de recommencer l'aDstineoce le lendemain à l'aube i Pauma». La eie arabe, I860, p. 158).

(14) Thavet. .'. <■. I. 31 et suiv.— Parmi les pJanîes cultivées eu Ktçyp'e et comp étemeut lucoDDUes den ancieus Egyptien», il laut citer le tabac, l'iudigo. le niais, ie riz, la caune à sucre et le coton. Cette dernière plante y fut introduite comme culture du temps de Mohamed-Ail (Riclv*. I. c. X. p. 80s)-

EMt-Hakee rapporte que la coutume de fumer commença à C;re observée en Egypt.* de 1601 a 1603 (1).

De Burgo racconte qu'à son arrivée au Caire (1678) il entra dans un endroit public, qu'il prit pour une auberge, et qu'ayant demandé quoique chose à manger, on ne lui apporta que du " café bouillant et du tabac à fumer „ (2).

La passion de fumer s'était alors déjà. d)velopp£e chez les Egyptiens, ainsi que cela était arrivé |»our les Turcs, à cause de leur vie oisive. Pococke (o), en effet, dit clairement qu'ils passaient (1737) leur temps à fumer du tabic et à absorber du cafj (1. c. 11. p. SO),... et qu'ils s'abstenaient de fumer seulement dans les heures diurnes pendant la période du Jiumaean (1. c. I. p. 207) (4).

La vie oisive des Musulmans trouva le tabac de grande ressource comme passe-temps. Irwin (5> rapporte ce qui suit à ce sujet (1777): Les Egyptiens ont l'abitude de porter toujours la pipe avec eux. Elle fut me leur principal plat; en effet elle sert de nourriture <-t de boisson, et dispense même de penser. En Egypte la pipe est lo meilleur compagnon pour méditer. M.iis il semble que les Arabes ne profitent guèi es de cet avantage, quoiqu'il n' y ait pas de passion aussi forte qun celle de fumer pour les Orientaux (I. c. I. p. aos»... Ils passent presque toute la nuit, à fumer et à prendre du café eu compagnie de leurs femmes. C'est le plaisir favori d-»s Turcs et des Arabes, qui se reposenl pendant la forte chaleur du jour, et veillent la nuit pour jouir de la fraîcheur et du doux clair de lune, avec une volupté complètement inconnue des peuples du nord (1. cl. p. 355). Les i^-uplcs de l'Egypte et des autres régions orientales aspirent la fumée avec une volupté complètement inconnue des peuples du nordd. c. 1. p. 355). Us aspirent la funr'-e avec

( !) Costa. Ihe seren titters uf sleep. London, p. 'ih.

0-!) 0« Burgo. Vtaggio âi cinq ne anni in Asia. Africa, et Kuropa del 'lurco, Milano. IttHrl, p. Il»7. '3> P»e»e««. Voyages en Orient (trait. Evitant. 1772).

(4) Les Arabe*, au contraire, préféraient s'en tenir à leur vieille lubttude de prendre le hachich (chanvre). Ptcaeke du à ce siijd : Les Arabes naturalisés en Egypte ne sont pas Ju tou; féroces; mais les gens lie la ba*** classe pilent lo* feuillus .lu clnuvre vert, et en foot une boulette qu' ils avalent pour se procurer un é'at .1* d nice jouissance. Ils composent avec les rejetons du ebaovre une boisson, qui cuivre comme l'opium, et qu' il» appellent Apionum ou opium: parole qui signifie une eiioie, qui étourdit les sens et (rouble ia raison (I. c 11. p. 67). — L'usage du hachieh est très aucicn. Ko Key pie, l'Emir Chlkk Kkmi, vers r année 700 de l'Hégire (au quatorzième siècle) faisait arracher les .ients à ceux qu'on voyait prendre du hachieh. L- général Bgnapirt* . quant il occupa le pays. I' inter ni sévèrement sur les consens des médecins et des savants comme SeraVolItt. Dii(«aette« et Larrev. Il lit fermer les calés et tons les autres endroits, oii l'on eu veniait. En Arabe le mot hachieh signifie herbe: comme s- ie elianvre représentait pour eux l'herbe par excellence. Quand on veut fumer le hachich. on .in: Allons faire notre Kif (Voir plus haut. p. 117); c'est» dire : Allons nous adonner au plaisir d une douce ivresse (Daaiui. La vie arabe, 183'.). p. 103).

— HaiMlqaM cnolirnie (l*.">l) que les Musulmans, eu général, pulvérisent les feuilles du chauv:-e, et en conu>o*«ut un narcotique qui leur produit le même effet que l'opium. Ils appellent cette confection Vhnchir. et les Egyptiens en fout uu grand usage (Voyage dans le Lerant. trad. Eydoui. 176'.», II. p. 77). Et Ferrarlo ajoute: En Egypte on euitive aussi ce chanvre qu'on appelle hashish. Le* Egyptiens pulvérisent le fruit . en font une pâte avec du miel, du poivre et d'autres drogues, et ils en avaient un morceau gros comme uue uoix. Les pauvn\s «eus mêlent à la poudre du fruit An hashish uue égaie quant, té de tabac, et fument celte mixlure (I. c. VIII. p. 275i.

— L'usage de l'opium était aussi ancieu que celui du chanvre chez les Musuimans.Eo effet.dùs le treizième siècle AM allttll observait ce qui suit: L'opium est une drogue particulière a l'Egy pie. qu'on tire dans le Said du pavot noir, mais qui est généralement falsifiée. L'opium pur se reconnaît, parce qu'il fund nu soleil. Eu le l'usant brûler sur uue lampe il u'obscurcit pas la lumière, et répand une odeur agréable. Selon Renier, on cuiuvait beaucoup le pavot anciennement dans la Haute-Egypte, si bien que le meilleur opium porie encore i< nom traditionnel d'Opium delà Ihébuide; mais aujourd'hui sa culture est très limitée (Relation de r Egypte, siècl. XIII. trad. De Sac». Paris. IHIO. p. S2).

(5) Irwi», Voyage à la mer Rouge (trad. Pirraad. I7W).

une si grande force, qu'ils la font descendre dans leurs poumons. D' où il résulte que la parole adoptée par eux, pour désigner l'action de fumer, signifierait pour nous: avaler. Ils ont aussi contract 1 l'habitude de ne jamais cracher en fumant, et une telle inconvenance se voit très rarement (1).

Oenon remarque que l'habitude des Musulmans de tenir constamment la jupe d'une main et de l'autre un chapelet qu'ils prennent, éteint e;i eux tout activité matérielle et intellectuelle. Il semble qu'ils songent continuellement sans but {2). Et Belzoni ajoute: C'était pour nous une chose cuueuse (1815) de voir comme les Aabes habitants du désert , divisés en families dans leurs tentes , passaient leur temps étendus par terre a

fumer et à chanter leurs prières à voix basse (3) Il raconte ensuite comment les

habitants d'Assouan ont l'habitude vers le soir de jouir du (rais sur les bonis du Nil. Un les voyait, en effet, tépandus ca et là en groupes, fumer la pipe , boue le cat"> et causer (4)... Il observe aussi que les Musulmans se font apporter les pipes et le café tout-de-suite après les repas (.*>),... ayant d'abord parfumé leurs vêtements ave; de l'eau de rose ^6).

Les grands Seigneurs ont l'altitude d'avoir un esclave attach • à la i>ip<- . Hasselquist

raconte qu' «Haut entré sous la tente d'un Bey, en Kgypte, il remarqua près de lui un esclave à genoux, dont l'unique occupation consistait à lui verser le caf- et à allumer sa pipe (7). Et Denon rapporte que, dans la Haute-Egypte, un Général de la gendarmerie, voulant démontrer publiquement la grandeur de la dignité a. laquelle il était parvenu, se faisait suivre constamment par nu esclave , dont le seul office émit do lui tendre le pipe (b).

Actuellement, dans les villes les cafés, où le Musulman accroupi en silence sur le plancher recouvert d'une natte fume lentement sa pipe au très long tuyau, sont aussi égayés par des divertissements variés: musique vocale ou instrumentale, marionnettes, lanterne magique, etc. i9).

Les habitants de l'oasis de Syouah ( 1822) offrent, d'après Schnlz, leurs marchandise.-, et particulièrement des dattes, pour recevoir en échange des Arabes le tabac, que ceuxci leur apportent du Caire... Ils appellent du nom arabe de DokUt»:huï le fourneau de la pipe, et Doktan le tabac (101. Ils ont plutôt l'habitude de chiquer, que de fumer les feuilles (lit.

C'est une ancienne coutume musulmane i comme on I' a déjà dit et. répété) d'offrir a chaque visiteur la pipe et le café (12). C'est ainsi que fut traité Pococke, même quand il fut reçu par le Patriarche grec à Rossette (13) ; et Belzoni dut recevoir de la même manière l'Aga (Chef militaire) d'Assouan (Siene) , quand il se présenta avec sa suite , à bord de son navire (14). Si le visiteur est un personnage important . au tabac et au café on ajoute des confitures, des rafraîchissements, de l'cnu île rose et «les parfums (15).

Ktant donnée la grande passion, dont, les Egyptiens furent pris pour 1* tabac dès qu'ils en connurent l'usage (1603), cette denrée ai précieuse pour eux constit ua un moyen aussi précieux pour le Européens de gagner les bonnes graces de ces habitant», et d'eu

( 1 1 Cooke, Ihe nrren xisters of ileep. I.oii.ion. p. ."ri.

(2) Oonon. Voyage riant la Rasxc el la Haute- Egvple. tsoi. i>, si».

Ci) Bt\i»m. Vwggt i/i Kgilto ett in Subut. IS3). 1. p. il.

<4> BoIiMi, i. c. I. p. '.a-(5j Btlioni. I. c. I. u. 72. -(fi) Dtnon, I. i-, i>p. V>. 5s.

(7) HutelquiiL Voyage dan* le Levant t.mi'i. Eyiioit). 176'.». 1. p. I l.V— (Ki Dtnon. I. v. p 22ii.

f'J Forrtrio. Con. ant. e mod.. 1834, VIII. p. '.'69.

(10) rrr. Eyrlit et Nalto-Brim. t. c. XX. )HT.i. pp. 72. l'y.

(11) limité. Voyage à l'oasis de Syouah. Î823. pp. t'i. 13,

(I- 1 L»e*i. Voyage au Levant. 1714. p. 'il:— Le Brio;». Voyage au Levant, 172\ II. p. <S|. (13, FMWki, ' c. I. n. »Ï.-<I4) Bolzonl. I. c. p. ia-<15) Forrarko, t. e. VIII. p. »5a

obtenir ce qu'il désiraient. Poeocke raconte, en effet, que, tandis qu'il naviguait sur le Nil , les naturels invitaient bruyamment les voyageurs à descendre à terre pour leur donner du tabac (1). Jomard dit à ce propos (2) : Ces peuple», qui sont plutôt sobres entre eux, soul exilants envers les étrangers, a qui ils demandent <in tabac (I. c. p. 17). Four le< bédouins du d 'sert, le tabac est un objet de première nécessité. Ils aiment, aussi la pondre à priser d. c. p. 2Hu... Poeocke rapporte qu'en se présentant devant le grand Cheik de Cous « vers l'antique Thebes) il lui offrit, outre un sac de riz, du tabac e n feuille, dout il avait fait provision en quittant le Cane piur entreprendre le voyage de la Haute -Egypte (I. c. I. p. 251*)... Les domestiques du Caxhif d' Esne le poursuivirent pour lui demander des pipes et d'autres objets , qn' d port.il avec lui (I. c. I. p. 344),.» et pour se rendre favorable l'Aga d' Assouan (Sienet il lui oiliit du tabac en plus du riz (1. c. I. p. 346).

BtllMi narre qu' arrivé à VelUth i oasis» d'El t'ass.ir (à l'ouest de Memphis), pour gagner le» Cheiks, il dut leur présenter du bon tabac et une pipe pour chacun. Ils commencèrent ainsi à fumer et à convenir de ce qu' ils devaient, faire (I. c. IV, pp. I0l> , 122). Il envoya en ouire en don à l'Aga d' Assouan , pour gigner ses bonnes grâces , une livre de tabac, un peu de savon till et du calé de fève : cadeaux qui furent reçus avec grand pdisir il. c. I. p. 9.1).

L'usage de la pipe a dû y p n-'-ti ei en même tem; h i|Ue celui du tabac. Kn effet dans l'antiquité la pipe devait être inconnue en Egypte, puisque dans le catalogue de Passalacqua, oit sont énumérés tous les objets tirés îles fouilles, y compiis les petits instruments d'usages communs des anciens Egyptiens, ou ne fait aucune mention des pipes, tandis qu' on y décrit des objets beaucoup moins importants <4).

Belzoai rapporte (181iS), a propos de ces objets antiques, que le Bey de Smut lui raconta une anecdote curieuse sur une pipe fabriquée par Monsieur Cailliand, et vendue comme étant antique à Monsieur Salt. Il en rit beaucoup, s'étoniiant fort qu' un homme

si iustiuit ait pu se laisser tromper de la sorte Le comte De Forbia parle de cette

pipe, mais, selon le voyageur français, ce fut un homme du pays qui la vendit. Voici ses paroles: L'n Arabe, gagné par le maniei >uk Juiel, al. a offrir avec un au de mystère à l'amateur d'antiquités une pipe, sur Jaqueilo il avait inscrit avec beaucoup d'ail certains hvéroglyphes, et certains chiffres compliqués. Le collectionneur ne reconnut pas la forme des pi|>es biclt.ïriie d'Abyssinie. L'odeui <lu tabac ne put pas non plus l'éc'airer, car elle avait été soigneusement corrigée par un parfum de bitume, qn' on avad. fait couler exprès dans l'intérieur du tuyau et du fourneau. Le voyageur remercia beaucoup

10 bédouin, et paya comptant, trente cinq pez2i ditri une pipe antique (Vil sur laquelle

11 se proposait d" écrire un long mémoire (5).

(I) Pacacka. I. c. I. p. UV'H.— r.', Jaaiard. nljserr. s I. Ara'/es it. C Egypt? moyenne. I*"l.

Çi) l.e savon qu'on enusonime nain toute i'Kgypte et r A raise e>t labrnpié à i-aze. J.ilT.i. Héhroo et Jérusalem (1813). >Mi ne fabrique pas ih b..n savon en Keypte. li y a quelques lubriques a Sioiil; mais ce savon est de mauvaise qualité, parée qu'on se sen a" huile lie laitue au lieu li'liune d'olive pour le faire, pour ce motif ie savon d" huile est uue marchandise ires appréciée dans ces régions iBartkkarsl I. c. p. :m>.

(«> i»mu4. Extrait du Catalogue antiquité* tiéeourerte* en Egypte par Patsalacaja.— Les modernes Kf.vpfleus avaient aussi l'habitude lie pr.sar le tabac, et Ilreut leurs labitleres avec le noyau du fruit ae la Cueifera thebiiea ilia uni), la perçant quand eile était encore verte (Paeaeka, I. e. II. p. 3ôôi — Pius lard ou se servit ,ie tabatières de grande valeur, et les négociants turcs du Caire eo menaient eu vente même incrustées de diamants iHaniltan. Remarks on several parts of lurkey. — l'urt. I. Afgypliaca. Isno. p. jW.'i.

(■">) Baltoni. 1. c 1*11.111. p. |<ia.— Canna» ei latavra remarquent qu'on veudait de.ioiies pip?s (IMMi) sur le marché de Syout (Saui> <eir. Caarlaa et Tram. >. c. ItWH. X. p. î'.li. ei que ie tabac lU-urissait dans les champs de ce territoire (i. c. p. 80y.

Les femmes aussi, en Egypte, tenaient ;\ se faire voir fumint la pips selon U coutume nouvelle. Et vraiment, Le Bruyn rapporte que, pendant qu'ii peignait d'après nature, au Caire, une femme juive, elle était assise sur son Soplia, et fumait une pipe de tabac, dont le tuyau était, en rosier d'Egypte (I). Parmi ces femm s, d'après Cammat et Lclèvre, les Aimées (courtisanes et danseuses publiques, qui font la célébrité de la ville d'Esneh) se distinguent sourtout, car oiles passent leur temps à fumer , et à absorber à petites gorgées do l'eau-de-vie ot retenu:! café (l).

Les détails les plus impottants sur la qualité des pipes égyptieivos sont fournis par Sonnini. Il dit: En Egypte, comino dans tous les endroits occupas par les Turcs, le passe-temps ordinaire est de fumer, et de boire du café. Du matin au soir on a la pipe à la bouche: à la maison, chez les autres, dans la rue, à cheval, on a la pipe allumée à la bouche, et la blague à tabac à la ceinture: ce sont deux objets do luxe. Les bourses, qui servent à contenir la provision, sont en étoffe richement brodée; le tube des pipes, extrêmement long, est en bois varié, et le plus souvent odoriférant*. J'en ai gardé nu en jasmin, loDg de plus de 8 pieds. Cela peut donner une idée île la force des jasmins de cette contrée, puisqu'ils out des branches de cette grandeur, si droites et si grosses qu'on peut les creuser. Les pipes de bois plus communs sont enveloppées d'une étoffe de soie enroulée do fils d'or. Les pauvre» gens, pour qui la fumée de tabac constitue un besoin de première nécessité, se servent de simples tuyaux de rosier. Le haut de la pipe est garni d'une espèce d'albâtre artificiel, blanc comme !e lait. Il est enrichi de pierres précieuses. Chez les personnes peu aisées elles sont remplacées par des pierres fausse». Le partie qu' on met dans la bouche est un bout d'ambre jaune, dont l'odeur douce ot suave, lorsqu' il est chauffé ou pressé, atténue le gout piquant du tabac. A 1' extrémité de ces tubes sont adaptées des coupes élégantes d'argile cuite, comtminémoiit appelles noix de pipe; quelques unes sont marbrées de différentes couleur, et plaqu'-es d'or ciselé. On en trouve de toutes grandeurs. Celles dont on se sert ordinairemente en Egypte sont les plus grandes et les plus ouvertes. Elles viennent presque toutes de la Turquie, et l'argile rougeâtre dont elles sont faites se tire dans les environs de Constantinople. Ii y avait, à Rossette ui> Turc, qui excellait dans ce genre de travaux, .le prenais quelquefois plaisir à le voir travailler. Une quantité de petits poinçons lui servait pour imprimer différents dessins sur l'argile encore molle; mais il y mettait beaucoup de temps, et pour ce motif ses coupes à pipe contaient très cher. Je lui en ai pris qui m'ont coûté jusqu' à 6 francs la pièce. Quelques unes étaient fermées par un petit couverte peic '\ Ce Turc, qui avait vécu à Costantinoplc , ne manquait pas d'esprit: sa boutique êt .it le rendez vous des personages les plus considérables de Rossette. Il aimait les Français , et usa de son crédit pour me procurer des facilités pour voyager dans la Basse- Egypte (8). Il est difficile à des Français, particulièrement à ceux qui n'ont pas l'habitude de se brulei la bouche avec nos pipes courtes et notre fort tabac, «le comprendre comment, il est possible de fumer sans s'arrêter. D'abord le tabac turc est le meilleur ot le plus doux dj inonde. Il n'a pas cette acreté, qui provoque ch-z nous uuo salivation continuelle. De plus, lu longueur du tuyau par où passe la fumée, la qualité odorante du bois dont il est fait, le bout d'ambre qu'on met dans la bouche, le bois d' aloôs dont on parfume le tabac, contribuent encore à l'adoucir et à empêcher quo la fumée no soit incommode dans les appartements. Aussi les beiles dames aime it à occuper leurs loisirs en mettant, l'ambre entre louis lèvres roses, et, en aspirant légèrement la fumée du tabac embaumé

(I) L» Bntf*, 1. e. II. p. 30. -(••') Ifr. Charton et Trèwt. J. c. IStjH, X. p. 87.

(3) Les pipes moilernes aooptôes eu Kitvpte sont souvent de forints très bizarres et ressemblent quelquefois aux pipes persanes. Quelques unes sont en argile et se vendent hop marché (Billing*. lobacco, IH75, p. 172, avec lig.).

d'aloès. Il n'est pas nécessaire d'aspirer fortement la fumée; elle monte spontanément. On ùte lu pipe de la bouche, on cause un peu, on la reporta de temps en temps entre les lèvres, et l'on aspire doucement la fumée, qu' on lance île la bouche à demi close. Parfois on s'amuse à chasser la fumée par le nez; parfois» «m s'en emplit la bouche et l'on suflle habilement dans les mains ouvertes, où la fumée forme une colonne en spirale qui dure quelques instruits. Les glande*) salivaires ne sont pas excitée.*, et la potirine n'est pas desséchée par une salivation, qu'inonde le plancher de nos fumeurs (1).

Le tabac qui ai rivait (1737) de Syrie c') à Damiette vouait de Lataki- (5). Hamilton remarqua même que de son temps on importait chaque année de Syrie à Damiette llô mille quintaux de tabac (4).

A partir de 17S1 on importait déjà en Eeypte .*> mile balles de tabac «le Salonique et de Cavalla, el 4 mille de Syrie <•>).

Le tabac se tépandait aussitôt de la Basse à la Haute Egypte. Belzoni rapporte, en efM, qi;e |<-s habitants •!>• la Haute K.-ypte construisaient des radeaux en buis dVlrocm uilolim (ou rem) sur b-Mjuels ils changeaient du chat bon . qu' ils transportaient par b> Xil au faite, d'où ils rapportaient iln blé. du sel et du tabac tC).

L'usage du tabac, s' étant établi en Egypte dès le dix septième siècle , y Ht aussi jsmétrer la culture. Poeocke avait dtjà remarqué (1737) que le tabac cultivé à Ceroaia, village arabe, ne valait rien (7), et que l'espèce qu'on cultivait alors en Egypte était la Nieotiana major, «ngustifUia, C. B. P. 170 (8).

Hamilton ajoute: Un sème le tabac (dans la province de Siout) en même temps et quelquefois dans le même terrain que la Durra; et 50 jours après» l'ensemencement on le transplante dans des terrains frais, (.réparés) par un double labour. Les plantes sont binées soigneusement pendant trois mois, et sont déjà mûres le quatrième mois. Ou enlève la côte des feuilles récoltées. La partie membraneuse qui teste esi. mise à sécher au sole.l pendant 0 jours environ , puis on en fait de petits) paquets enveloppés dans des nattes, el on l'envoie ainsi prépaie dans les diverses régions de l'Egypte.... On en fait deux récoltes; mais la seconde a beaucoup moins de valeur que la première (9).

Jomard donne les détails suivants sur la culture du taba: dans les terres égyptiennes: Cette plante est une de celles qu'on cultive le plus dans le territoire du Fayonm (10)... Les villages de I' Egypte moyenne ont la jouissance de presque tout le sol adjacent à la rive gauche du Nil , et ces possessions b' étendent à un quart de lieue dans les terres. Sur ces terrains bas et sablonneux, successivement submergés et abandonnés par les eaux, les Arabes cultivent le tabac (11)... Au contiaire, les nouvelles tribus arabes, établies dans l'Egypte moyenne ne le cultivent pas, mais se le procurent sur les matchés publics en l'échangeant contre du bétail (12).

Mais, à cause de l'état déplorable des finances, Mohammed-Aly , vers 1810, décida »1' introduire le Monopole en Egypte , et commença pu celui des tabacs (13). Le tabac

(I) Sornlnl. Voyage dam la haut*, et bn%%e Egypte d'ans, T. .1. I. Rnp.> I. p. >Vs. Ci) Ktrwii di>i,terraiu>n<i eitrteutes, l'an*. 1749. il. y. IS4.

(3) Poeock». I. .-. I. p. :>r,-NrM|ir, I. c. X. p. 21'!.

(4) HamillM. llemnrk* on **\ er>tl part* of lurkey, l'art. I. Aegyptmci. I*W. p. 3*.» (."•> SttHni. Vi 'ggio iii riloino <in Itautnra a CotUmUnnpoU . 17SH. p. |6rt.

(H* fralionl. I. <•. I. p. 107.

(7) rœoeke. I. c L p. 309.- os> P*c»ek«. I. c. 11. p. :m.—U «'agit évidemment .le Ij» Xtcotiaw la baeum. [... var. frulicoia.

(9) HuilltM, I. r. p. 4'J:i.

(10) Jantri. Mém. tur le lac Urrri* eomp. "u lue du Ftiyottm, ISOD, p. 3.

(II) Jtmri, 00*. s. I. Arabs* île l'Egypte ntoyennt, l*U. p. 4.— (12) JmmN. I. t. p. 13. (13) Joairt. Aotw tur Ihittoire de r Egypte nom M»k*>i*i«<i-Al r , 1833. p. 27.

ordinaire se vendait à 50 par< Us le roll; pour deux patueclie on avait du tabac «l'excellente qualité. Le plus recherché est celui de Latakié. dont la meilleure qualité se vend 70 parais le roll. Cette marchandise est l'objet d'un commerce considérable. Les tuyaux de pipe, longs de 8 à 9 feir, sont en noisetier, eu ceiisier, en bois de lilas ou «le jasmin , et ci'iutcnt de 6*) à 80 putacche (un (tir est long «le centimètre» 19 1|4) (I).

Cependant, la culture du tabac était considérable en Egypte; mais elle fut interdite en 1890: autorisée seulemei t par permission «spéciale sur quelques points do la Haute Egypte (2). Tout le tabac employé aujourd'hui à la fabrication de» cigarettes égyptiennes est surtout produit en Turquie, ("est ainsi qu'on 1893 on importa en Egypte 3827 mille kg. «le tabac grège; 2o2 mille kg. de lumbuku de Perse; 4(5 mille kg. de cigares, et 20 mille kg. «le tabac à priser. On exporta 20G mille kg. «le cigarettes (3). Du y impôt'** actuellement: kg. 4501 de tabac; kg. 247 mile de Tumlteki persan; kg. 48 mille «le cigares (4); et on export.? kg. 218 «le cigarette. La consommai ion par habitant est «le kg. »Mi7fi; la dépense, de Marcs 4,17; et le revenu de l'Etat, «le Marcs 2,67 (."»).

h\ Barbarie.- L'usige du tabac a piobablement dû pénétrer en Barbarie plus tard qu' en Egypte. Ces peuples n'employaient pas le tabac avant l'année 1575 ((>). Ils en apprirent I' usage, et s'y adonnèrent plus tard. En effet, d'api ès Dapper: Le,* naturels «le la Barbarie ont la coutume de se réunir le matin dans les rues principales, où sont les .liait hands, et passent leur temps à causer, a absorbes du café, et à fumer du tabac, dont ils ont tellement l'habitude, que ce sont les premières chose qu'on vous offre, «U>s qu'on entre dans une maison (7). Et Ferrario ajoute: Les usages ù propos de fumer «les KgyptieiiB sont communs à (ous les Musulmans de Barbarie. Et en Tunisie, en Algérie et au Maroc, ie maître de maison offre aussi avant tout ia pii e a son hôte <l. c. VIII. p. 47ô). Cela prouve que l'habitude «lu tabac se répandit rapidement «le l'Egypte en Barbarie dans la dernière moitié du dix-septième siècle.

Les Maures passent plusieurs heures par jour dans certains cafés il petits portiques, appelés Kioskes, et ouverts des quatre cotés sur l'hon/.on. Ils y fument le tabac et les feuilles de rose, faisant passer la fumée do la pipe dans 1' eau parfumée (8). Quand ils ne parcourent pas la campagne, les Arabes de Barbarie passent tout leur temps à fumer le tabac, ce qu'ils appellent dans leur langage: Shrob el Douhftac (S).

Daumai raconte qu' il offrit un jour un cigare à un Chef arabe en lui disant : Veux-tu fumer ? Prends ce cigaro (nom par lequel les Arabes algériens appellent le cigare). Et le chef lui répondit : j" accepte ton garo, mais je ne sais pas pourquoi tu lui donnes le titre de ni (seigneur); c'est assez de garo, et rala suffit (10). Le même Damnas rapporte ce qui suit sur l'usage du tabac chez les Arabes de Barbarie : Ne croyez pas que tous les Arabes fument. La pipe fait partie du bagage des gens de guerre; mais les hommes de science (tolbus), de religion (marabouts) no fument pas. Le pauvre non plus ne se sert pas du tabac, au il est trop cher pour sa bourse. Les Chefs et les riches qui fument ont un esclave préposé aux soins exigés par cette habitude. Il doit nettoyer la pipe,

<1) Jtnard Description du Caire, 1S™>, y. 144. — (2) Uwlattcli. We Belastung ilea TabnAs. 1KM. p. 71».

(3) DarmUMdUr. 1. c. p. «W.

(4) Pur -lét-ret 'iu v.'S nècembre JS9H le» .iroits d'importation ad valorem »ur les cigares furent iransrormés en mi «troit fixe U* I.itvs égyptiennes O.'iW par kg. (cfr. // labacco, Rnina, IWU. III. a. 28,p.fi).

(5) Uwirwteia. I. c. p. (tt.-t.Vïportation îles cigarettes lut .le kir 10181 en IS'H el .le k*. 'J240 en ISH5 (cfr. Dipl. n. Cons. P.ep. I.ou.ioii, lXfjr>.— ^ypte. n. 1774. p. \\).

ifi) Cfr. Thavtl. 1. c. IT. B. J!«. 20.— (7) Daapar. J. c. KWO, p. l'i-S.

«S> Paaanti. Atrenlure etl tumerrattont topra le cosle di Barberia, ISoO. II. p. 142.

(V») Sliaiiw, Voyage dan* plut. pror. de la Barlterie et du Levant (irari. tie l'angl.). 1*43, I. p. 3h7.

(10) Bannit. La rte Arobe, isoy. p. <W.

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ia bourrer , V allumer avec mi charbon ardent : ee qui constitue to manière préférée des pcrsonues raffinées. Kn campagne on garde le fond de la pipo qui tinit, pour le mettre sur le dessus de la pipe qui va commencer. Et cela est considéré comme tellement avantageux, que cela a donné lieu ;iu j>i <>v.-rbo : I.e fond d'une pipe mis sur une autre, vaut autant qu' una don/.elle sur un divan.... Le tabac était, inconnu à 1' époque du Prophète, par conséquent il n'a pu le prohiber; aussi les savants disent qu'il est seulement baissai >)«< imekrohhen). Si l'on s'en pu*-*-, c" est tant mieux, car toute privation d'une ch. .se agréable dans un but religieux ne peut qu' être utile à la santé (H. C'est donc à tort qu' on représente les Arabes avec une longue pipe et une tasse de café à la main. Cela n' est exact que pour les Chefs et les riches , puisque les hommes de science et de teligion, ainsi qu'on l'a déjà dit, ne fument ni ne prisent, le tabac t2).

Max Carthy <3» avait déjà remarqué que dans les cafés de Tripoli les .Seigneurs se faisaient seivir la pipe et le café par leurs esclaves, qui les accompagnaient toujours tl. c. I. n. 17).... Il n-pioduit (avec une t:ib'«'i les officiers du Grand Sérail du Sultan fumant des pipes à la turque, excepté un qui fume un narghile a la persane (I. c. 1. p. 79). Il dit que le Bey Sidy Hamet fumait dans une pipe ornée d' or, de corail, d' ambre et d'argent (1791)... Il ajoute qu'il est rare qu'un Maure do distinction n'ait pas sa pipe datis les réunions. C'est même la coutume d'offrir toujours la pipe et le café aux visiteins (I. c. II. p. lfil)... Au contraire, les Tihbnus, qui habitend 1' interland de la Tripolitaine, ont l'habitude de mâcher le tabac. Hommes et femmes en usent, immo iéremeut, et en ont constamment la bouche pleine (4).

l T n lies produits agricoles obtenus dans la Cirénaïque est le tabac tôt. Cette plante croii avec le cor..» et 1' it.ip.gn dai s les jardins du Fezzau; mais sa production est très limitée (fii.

Comme toutes les régions sous la domination directe de la Turquie, la Tri politaine est soumise au Monopole du tabac. L'administration du Monopole a non-seulement le droit d'importer toute qualité de tabac, mais aussi d'assigner le prix qui lui plait au tabac produit dans la région même. A cause de ces restrictions la plante est peu cultivée, qiioisqu'il y ait beaucoup de localités, où elle pourrait prospérer, et où le.» indigènes avec quelques précaution»! pourraient en améliorer de beaucoup la qualit '•. Jadis on demandait souvent de la poudre a piiser faite avec le tabac de Xawia; mais on n'en trouve plus aujourd' liui. La majeure partie du tabac qu' on y obtient sert à chiquer: usage assez répandu dans la classe rurale (7).

En 1894 on a importé a Tripoli pour 30 mille L. Sterl. do tabac, et en 1895 pour 29 mille L. Sterl. (S).

En lïsitj la vente du tabac pour le compte de l'Etat fut de kg. 23888 poui la valeur de piastres 723 787 : sont compris dans ce chiffre tous les genres de tabac à fumer, à chiquer, et a priser (9). r.ntin, en ltt'.HS l'importation du tabac monta à 28 mille L.Stoil. CIO).

Pococke rappoile que le Key de Tunis, vieillard septuagénaire (en 1783) non-seulement ne fumait pas , mais ne permettait à personne do fumer dans son palais (Ut. .Maigri'- celte défense, les Manies cultivaient presque partout, le tabac (12). L'usage de fumer devint aussi commun chez les habitants de la Tunisie, surtout chez les indigènes,

II) DtUMM. i. <•. p Hi*.-!-') Daumu. I- <•. p. a::.-.".») Mac Carthy, Volute « Iripoti (irai. 181'.».. (■»,. Cfr. £yri*$ H MallaBrwi. I. c. IH-T.. XXXI. p. ?».-(-» Reclui. i. c. XI- y. I01.-t.rt. Rtolut. i c. XI. p. 103. (7) Clr. Dipt. it. Cons. /fe/t. l.oa.ioii, Is s.— Xn/xio, n. -JO-ls. p. il. t<ii Clr. Jupl. ii. (V;w.i. .'.Vp. I.oii.loii. Is li. -Tripoli, u. I7|:S. p. T. <t»i Clr. Dipl. (t. Con* Itep. I .oa.Joti, W!. — Tripoli, u. |S17, p. ('.. (10) Clr. Uipl. it. Cons. Itep. Ueudou. \*:>1.— 1 rtpoli, n. p. n.

(Ht Pocock*. Voyage au l.trant (ir.nl. Eytoua... 177'J, 11. p. :w:t (12) Potrat Voyage en Bar'jftrie.i'K 1 , 11. p, 78.

qui, selon Craoelet (1), ont I' hahituda de passer leur vie oisive dans les cafes, dcgu- HtanL le moka préféré, et fumant le rkibouk (I. c. 18GG, V, p. 22)... Le même voyageur ajoute qu'en offrant quelques eigaies aux Ciieiks, ils le traitaient comme leur meilleur ami (l. c. p. 26).

La culture* du tabac, aujourd' lim très réduite en Tunisie, y tirait plutôt répandue au siècle dernier. Les Maures le ptoduisait partout, et le Bey y employait les esclaves (2». En 1874 Rebate! et Tirant le trouvère it cultivé seulement dans Ie-> oasis >le l'intirlamt. où il était désigné par le nom arabe de Dukhun (3).

Jl y a trois sortes distincl.es de tabacs en feuilles: le tabac Bèji , incombustible, aromatique , regardé excellent pour la fabrication de la poudre ; les tabacs Frighi et Arbi, qu'on emploie dans le scaferlati; le tabacs Turki (cultivé surtout parles Krutimirsi sauvage et incombustible, produit sans doute de la Nie. tmtica, qu'on emploie dam la fabrication de la poudre... Il y aurait tout intérêt à supprimer la culture du tabac en Tunisie. Vu sa f.iiblo importance, on n'éprouverait sans doute aucune ditllculté s -rieuse à le faire. Cette culture est excessivement divisée. On la fait généralement dans les jardins. Un produit individuel <]<■ 200 à 2 00 kg. est tout à fait exceptionnel. Voici quelques do cuments statistiques de la Régie: I87H, achats «le tabacs en feuilles indigènes 327 millp livres ; exotiques 90 mille livres. Quantités vendues: tabac à priser 43 mille livres , à fumet et div. 358 mille livres (4).

Ou en itnpoito actuellement kg. 920 mille. La consommation par habitant est de k. 0,836 ; la. dépense, de Mates 2,01 ; et le revenu de l'Eut, de Marcs 1,09 (5).

Quoique les Algériens soient, fumeurs de chanvre (6), et l'emploient surtout lorsqu'ils ont besoin d'excitant, ou de se donner du courage, comme font les Gbetas (qui creusent les souices) quand ils doivent descendre dans les puits (7i , les colons prêt "'raient autrefois cultiver le tabac, à cause de la liberté de sa culture et sa fabrication. Pourt mt ils l'ont diminuée petit a petit pour se dédier davantage à la viticulture (S). A cause de la sécheresse du cbmat, qui empêche le développement de la plante, la production du tabac tombe à 400 kg. par hectare, et arrive dans les conditions les plus favorables à 1300 kg. Mais sa qualité est inférieure.

La tabac de etouf est un tab ic spécial, très riche en nicotine (13 0|0 pour tabac à piiser , nommé ne/fa). Ce territoire a pour chef-lieu EiOtted, au sud de la province de Costantine (entre les 33" e 34° de lut. nord). La culture «la tabac se fait dans les jardins de 1' oasis , ou à proximité. Ce tabac végèLe a une température moyenne de 45" C. à l'ombre. Les planteurs du Sonf ne cultivent qu'une seule variété, qui parait être une dégénérescence du tabac Turki, ou Btrtili très npamlu dane la rég'Oi! de Souk-Ahrras et de La Cul le. Le BetzilU , qui a été cultivé jusqu'en 18i)ô dans les Nefza (Tunisie), territoire voisin de La Calle, est un ubac a feuille pétioiée développée dans le sens de la largeur, à nervures espacées, à côte saillante yS. rustica, L. var branUia, Schrank). Les indigènes lui attribuent du montant et de I' arùina. Ils V emploient pour fabriquer une poudre d'ailleurs assez estimée par eux. Le Son/fi, qui n'est qu'un déiivé du Berzilli, n'a pas plus de développement que le Samnoun. C'est un tab ic à long pétiole, à feuilles

(1/ Or. Ckartan et Trtvtl, II giro del mondo, Mila.m. — (■') Pttokr. Voyage en Baronne, I Trt'J. II. p. 78.

(3) t.'fr. Chilien v\ Trtvtl. 1, v. Nuovu série. 11. lïC>. p. 247,-1.4.1 Cir. Mémorial des Manufacture* de fàat Paris, issl, pp. s«, !t:> iCara*. Monopole des IrtOa* en Tunisie.— \h) Lewliitiiin. i. c. p. «.».

(«> Aujour.f lue l'usai .tu ia»«a< y e*t général, l.a dame -i.géneime tu tigeue pa*** sou euips à iumer .les cigarettes, qn' eue enDirctjonue eue mène- avec une grâce et uue rapuiié surprenait!*» ■ BIIMi»o«. Tobacco. IS7.V. p. IKS, avec lig.,-.-<7) Racial, I. e. XI. p. :54 ».

(8> Raclai, i. c. XI. p. «os.— Ko IHâl i« nuniiuv .les cultivateurs >ie tabac eu Algérie était à peiue île l:S7; lauais qu'eu It*'.".' U ni'iinait ;t 1073, Le loial 'les lieci.ifes cuuivo* était Je 440 eu ISTjI et <ie

101*5 eu :Kyi. avec uue pruduction -je 2(14 uulie kg. eu Ibôl. et de 735 mule kg. eu Isô2 (Farganaa. I. c p. 39).

ovales, à nervure espacée», mais saillantes et perpendiculaires à la côte médiane, d'odeur, forte et d'une couleur verdàtre. Il est absolument incombustible uV. rustica, L. var. tunatica?). En régie générale, 400 à oOO indigènes cultivent à 30 hect.de tabac. La production totale est de 3 millions de plantes, qui rendent 50 mille kg. de feuilles. Un fiera est consomme' sur place; un second tiers est exporte'- dans la province de Costantine; enfin le dernier tiers est achète par l'Administration des Monopoles (1).

Celte culture a pu se développer grace à l'encouragement du Gouvernement français. Quelques localités algériennes sont très favorables a cette plante, et dorment un produit semblable au tabac américain; mais U plus grande paitie des produit* est de qualité inférieure. C'est la plante favorite de l'Arabe, qui tient surtout au tabac, et à ses chameaux. Le produit est toujours abondant. (2).

I>' après les statistiques de 1883, les Européens y cultivèrent 2:278 hectares qui produisirent 22ôO mille kg., et les indigènes y culrivèrent (J410 hectares, qui produisirent prés de 3 millions de kg. (.M i.

En 1893 les Européens y cultivèrent 1794 hectares, qui produisirent 2 millions de kg.; et les indigenes cultivèrent G269 hectares, qui produisirent 4 millions de kg. La consommation annuello de l'Algérie est est.iméo à environ 4 millions de kg., inclus 2 millions de kg. de feuilles produits par la colonie , et 1 millions do kg. importés. Le total de l'exportation est d'environ 4*>"> mille kg., qui vont surtout en Belgique; pour la Fiance elle est d* environ 2,8 millions de kg. (4). La production actuelle est de kg. 4717 mille ; l'importation de kg. 1042 mille; l'exportation (seulement pour la France) est de kg. :i7.">7 mille ; la consommation intérieure totale est de kg. 8002 mille. La consommation par habitant est de kg. 0,87; la dépense, de Marcs 1,20; et le revenu de l'Etat, de Marcs 0,11 (5).

En 1683 , ie Baron de St. Amant, ambassadeur de France près le Sultan du Maroc, ne fait mienne mention de l'usage du tabac, en parlant des us et coutumes des Marocains \fi). Au Maroc l'usage en est interdit, et aussi le commerce par conséquent. Cette défense ne s'applique pas aux étrangers, qui peuvent y importer le tabac, mais seulement pour leur usa«e personnel <7',. Cependant les Marocains aussi fument, et se reposent après avoir fumé leur pipe 18). Mais c'est surtout le hachich, que l'on consomme dans cette région (9). Cette prohibition fait que la majorité des Mahometans de ce pays ne

(I) B«t»I. Culture du tabic Seul fi <cfr. Mcm. <te» Manufaet. Pans, isys, p. 40). i'i) Billing, lubucco, ÏK7Ô. p. 3*).— (1») Lock, Tubnrco. IK8C. p. 141.

H) Cit. Mpl h. Cons. Rey. Undoti. Algeria, u. r>u7. p. St.— t.">j Uwinitois. i. c. p. .".7.

|0i Voyage tie ll.r le Huron de «t. Amint, l.you. îtW»î. — <~y Uwimfcin. 1. c. sa. •S) «ir. Eyrièt et NaJb-Brm, I. r. IH.M. XXIV. y. 150.

<'•»/ Ali B«| EI-AMmmI p.irie ainsi «ie l'usage du chanvre, à propos du Maroc-: Celle région produit une aboii>i.ini« recuite d'une plante nai-cuiique appelée Kiff. qui tnùiée au beurre sert u accommoder les mets, ou se noie aux confitures, du se mang« simplement en pilules. Sa vertu est si énergique, qu'elle produit toujours sou effet quelque soil le ino.ie d éni;. »i. Quelque» personne* lumeot ies feuille» île ce«e piaule comme le tabac. Ou m'.i >m qu'élu- u'a pas seulement la propriété d' enivrer, mais qu'elle réjouit r imagination lui- de» singes rianl* 'All Bay El Abkasst . \',aggi m Africa ed in Asia dtil IHDïi ttl IfftlT—tvn i. Tïctwii. Mi;auo. IHI'5. 1. p. 130).— U senile que l'auteur coufond m nom .ie la piaule avee celui de la jouissance particulière qu'eu éprouvent les Marocaïus. Le Kiff correspond au Keyf, itoni on a déjà parié longuement (Voir plus haut. p. 1 17). I.a plante qui produit ie Keif est la même, que celle du hachich, c'est-à-dire le cliauvre. C'est injurier l'Arabe, que Je l'appeler fumeur de hachifh. Ou entend par hachich, et quelquefois par tekrousi. les feuilles, le» Heurs et le* fruits d'une espèce de chanvre, qu'où fait sécher, et qu'on fume ensuite uaus de toutes petites pipes. Cette lumée a ie pouvoir de produire une proioiide ivresse, et de porter à une gaieté extraordinaire. Un praieud qu' «-Ile procure dos soupes délicieux et un éUt d'extase euciianteur. Ou ue cousi-jére pas son usage comme très dangereux ; cependant ceux qui en ont 1' habitude sont quelquefois pris de délire, compromettent sérieusement leur santé, et peuvent même perdre la raison , à ja longue. U y a une

fume pas le tabac, son usage étant considéré comme contraire sinon à la loi de l'Islam, tout au moins aux convenance!* (1). Pourtant au Maroc, ainsi qu'en Algérie, lu culture

induite de manières d'employer if tmehich. On le fume souvent me a avec du tabac de forte qualité; od la prend aussi comme boisson. ou eu mangeant. Ou prépare dans quelque* villes d'Algérie, avec les diverses parlies de cette plante, des eonlitures appelées Mnndjun. Les femmes en prennent lorsqu'elles veulent se mettre en gaieté. Mais le haehich est. toujour* un poison, qui attaquu en peu de temps Is corps et l'intelligence. Ceux qui s'y adonnent sont généralement méprisé*. Il est connu dans tout l'Orient, mais les Souverains musulmans l'ont défendu (Divans. La rie arabe. ISO 1 .), p. 103).

De Aniclt décrit avec de grauds détails les phénomènes causés par le hnchich , eu disant: Le Kif (il est «vident qu'il prend reflet pour la cause) est la feuille d'une espèce .to cinuvre, appelée koichc, connue dans tout i'Onent pour sa vertu enivrante. Ou en fait un très grand usage au Maroc, ut l'on peut dire que les Arabes et les Maures sont presque :•>«* victim s de cette feu.Le délétère.-. La majeure partie fument ie Kif. mêlé avec un peu de tabu- dans île tou'es petites pipes de terre cuite; d'autres lu mangent dans une espèce de pâte diuce... C'est une pâte moi le (dire U'idjun) . de couleur violette, avec un goût de pommade... I<es symptémes de l'ivresse se mauifestereut chez moi après en avoir goûté. Ce fut d'abord une forte hilarité et un grand t\A le paroi -s, l'uis je commençai à rire de tout ce que j'entendais dire et le ce que je disais moi-même.... De cette gulto, je tombai tout d'un coup dans une tristesse confuse et profonde. . Kt puis tout fut obscurité et sileoce'. (0» Amicit. Marocco. IH7«. p. 2301.

Lem Mmbowtou. trad. lehaiteoiiri. IKSft. I. p. -2Mf ajoute ce qui suit à propos de l'usage 'lu chanvre ou Maroc: Les Marocains ne prenueut aucune boisson a^coohque; mais ils as men i à fumer une pipe de Kif (hnchifh). et ce vie* de fumer le chanvre est très répandu, surtout cla-z les pauvres gens. Dans la plupart des villes on trouve dam les vieux quartiers de petites boutiques, oii se réunissent les fumeurs de Kif. L'effet de cette habitude est très nuisible au système nerveux, .t'ai <?u souvent A mon service, dit leii. des geus ndounés a cette passion. C'étaient les Meilleurs et les plus complaisants des hommes jusqu'au moment, oh ils devaient fumer leur Ktf. Le pire de cette habitude c'est, qu' une fois prise on ne peut pius s'en défaire, et qu' il faut se procurer de temps eo temps l'ivresse par le Kif. Dans la généralité des cas elle se traduit d'abord par une gaieté exuhérante. pendant laquelle on fait des choses enfantines et absurdes. Ile Taoger à r'ez j'avais, ,-ijoute-t-il. un cooducteur de chevaux, qui faisait ordinairement très bieo sou service: mais pendant i'ivresse du Kif O devenait très en'èté. Il riait d'abord sans raison, et provoquait le rire de ses compagnons; mai< tourné ensuite en ridicule, il s'en plaignait, renonçait au travail, et se jetait a terre. Il fallait le traîner par force Contraint alors ii marcher, il commençait à pleurer et a regretter sa dépravation Quand on arrivait a la halte, il s'isolait dans un endroit tranquille jusqu'à ce que son ivresse soit passée. Le lendemain il était encore abattu; malgré ceia il travaillait pendant la crise, qui durait deux ou trois jours. N ilurellemeut cette passion influe sur l'orgatnsme. et ceux qui eo sont possédés ont toujours le visage plus ou moins émacié. Le Kif a sur quelques uns une action excitante, et ceux uni exécutent des travaux pénibles sont momentanément tortillés par lui. ainsi que cela arrive chez nous pour les buveurs de liqueurs alcooliques; les funestes conséquences se manifestent pius tard. Je me rappelle, poursuit l'auteur, d'avoir vu dans mon premier voyage en Afrique, à l'ouesl de l'Afrique équatonaie, les Nègres chercher à se forliller en fumant le chanvre. Comme c'était très fatiguant de ramer dans les torrents, mes gens s'arrêtaient pendant deux minutes et faisaieut circuter la pipe de ijitmOa 'nom indigène du chanvre). Il était ordinairement mé é avec, le tabac, et chacun aspirait doux fois dans un loug tube, formé avec la cote creuse d'uue gran ie feuille d> h.manier. Ainsi fortifié, chacun continuait a lutter d'une manière surprenante contre la violence des eaux .lu fleuve. Mais comme ces gens n'étaient pas de grands fumeurs, ils n'éprouvaient pas les effets iiuisihles du chanvre.

Le même Lenz (I. c. 1. p. r>0) continue ainsi sur le même sujet: Le Mouopole de l'Etat existe au Maroc pour la vente du tabac et du Kif. «lu appelle Kif I' «semble des Heurs sèches d'une espèce de chanvre, dixit les petites feuilles situées prés des boutons sont employées en Turquie et en Egypte pur la préparation du huchich qui grise. L- Kif. fumé seul, ou mêlé au tabach d;iiis de petites pipes d'argile, ne parait pas avoir des effets aussi funestes pour la santé que le hnukieh. Il a pourtant des résuLl.ats désagreubles. Ce sont presque exclusivement les gens .le la basse classe qui s'y livrent: les auireVmépnsent un tel plaisir. Les conducteurs d'ânes et -ie chameaux fument, ie Kif. La plupart de ces geff*,ont l'habitude de prendre tous les cinq, ou six jouis, une journée pour le Kif. passé a l'état de cNoin. Les Mahometans du Maroc non seulement méprisent le Kif: mais s'nhstienneut aussi du tabac çj? des liqueurs spintueuse-. Les ludigènes des ports j<- l'Algérie ont pris l'habitude de boire du viu et lie fumer le tabac; tandis que les Mari-cains prisent et ne fument pas. au contraire des Musulmans de i'Onent, qui ont uu gruud culte pour la fumée de tabac— il) Lmz. I. c. II. p. 4fi

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