I.o riserbano i più ravvolto in carta
Aitri lo pone in Tabacchu ri d'osso.
In lupiui indinut. altri di creta.
f>i cristallo, d* Avorio, altri di Itosso.
La grandiose fabrique de tabacs en poudre de Séville fut construite ensuite , en 1757, sous Ferdinaid IV, et ne coûta pas moins de 37 millions de réaux (1).
La culture du tabac fut sévèrement prohibée ensuite en faveur de ses colonies. Le privilège en fut seulement conservé aux Chartreux de Xérès, qui obtenaient un tabac supérieur à celui de Virginie et comparable a celui de la Havane (2).
La compagnie de Cadix travaille les produits qu' elle importe directement de la Havane. Mais, tandis que le tabac en poudre se fabrique exclusivement avec les feuilles de la Havano, d'où l'excollonce incontestée de cette poudre, connue en toute l'Europe sous le nom de tabac d' Espagne , le tabac à fumer se prépare aussi avec des feuilles venant de la Virginie et de la Hollande. Ce monopole rapportait 70 millions de réaux à l'Etat (3).
La culture du tabac a donc toujours ét- interdite dans la Péninsule ll^rienne, puisque, ainsi qu'on l'a dît, elle importait do ses colonios la quantité nécessaire à la consommation locale.
D'après la loi du 22 Avril 1887 on mit aux enchères le Monopole de la fabrication et de la fente du tabac dans la Péninsnlo et dans les- Iles adjacentes, pour la durée de 12 ans. A la suite des enchères le Monopole fut adjugé à la Banque d'Espagne, qui constitua uno Société au capital do 60 millions de pesetas. Par la loi du 80 Août 1896 la dite concession fut prorogée de 25 autres années (4).
Cependant, depuis quoique» années il s'est élové une forto agitation, surtout dans la province de Valence, en faveur de la culture indigène, qui croit on serait favorisée par la bonté du terrain et. du climat.
En 1878 l'Espagne a importé 6777 mille kg. de tabac de ses colonies; 805 mille kg. des Etats-Unis. Elle on a exporté 213 mille kg. en France , ot 15 mille kg. en Allemagne. En 1884, La Corogne exporta 58 mille kg. pour la valour de 87 mille pesetas, et Cadix exporta 515 mille kg. pour la valeur de 2"i74 millo pesetas (5).
D'après la statistique de 1894, le produit brut du tabac en Espagne serait de 158 millions de Fies.; les dépenses de 60 millions de Fies., et la consommation par habitant do kg. 0,814. D'après Lewinsteiit, l'importation serait de 25814 mille kg.; la consommation par habitant, de 1,49 kg.; la dépense do 4.95 Marcs; et le revenu de 1' Etat, de 4.50 Marcs («). Enfin d'après Pairton' s (Magazine, 1898, Dicembre, p. 669), la consommation serait de 82 onces par tête, tandis que Dalbergis porte a kg. 0,9 la consommation par téte pour la Péninsule Ibérienne (7).
Fbance
Il est hors de doute que , laissant de côté l' importation des feuilles de tabac eu Espagne dans la première moitié du 16. m< ' siècle, ainsi que nous venons de le dire , la
Si porta in Alabasiro. e uou si vieta
Meiterlo in vasi aocor il' Rbatio moru,
In limooi. io Araaci d: Oaeia.
B«lli d'argento son, più h-slli d'oro.
In castagne de Plodia. in Cocche, in l'uii
Si serba, v in Noci ancor d'alto lavoro.
Se ue vi-dono assai d'ossi mariai
1)1 Maireperle. e di Conchiglie, ornate
l>a la natura di lavon lUi. » (Z«iee»i. La (aOaccheitU. Ascoli. l«36).
(I) CalunhM. I. c. p. tM.— (2) D* P(aw). I. c. III. p 313. (3) CtlMfcn. 1. c. p. te— (-1) Cir. Il labavvQ. Roma. l«W. auno III. u. 25. (5) L*ek. Tobacco. I8S6, p. 193.— (fi) Ltariniltta, I. c. p. 20. (7) Daterai», Les laàaet el loubéki grecs. Athènes IH'.U.
même plante flit d' abord cultivée en France dans I* année 1556 , souh la direction du moine Tfwvet, qui en avait importo les graines du Brésil (1). Et cette nouvelle espèce de plante fut d< l «igmVc en Franco , non seulement par le nom originaire brésilien de Petum (2), mais aussi par celui de herbe AngmUmousine, de la province d'Angouléme, où turent tentés les premiers essais de culture de la plante brésilienne |3).
Il est intéressant de relever comment le même moine Thevet , irrite contre I' ambassadeur Nieot , qui se vantait d' avoir le premier fait connaître en Franco les admirables qualités tie la plante américaine, l'attaquait par les déclarations suivantes: a J' ai été le premier à introduire en France les graines de la plante appelée herbe Anyoulmoirine. Ensuite un quidam (certainement Nicot. qu' il ne nomme pas), qui n'avait jamais fait aucun voyage, environ 10 ans après mon retour (du brésili lui a donné son nom „ (4).
Et en vérité , quoiquo la première semence de tabac ait été pour la première fois introduite en France en 1556 pur le P. Thevet, cette nouvelle plante américaine n'y fut renommée, qu' après quo l'ambassadeur Nieet l'eut fait counaitre et apprécier à la Cour.
Jetn Nieot , qui se trouvait alors à Lisbonne en qualité d' ambassadeur de France (sous le règne de Charles IX) près la Cour de Portugal, eut I' occasion de connaître le gentilhomme flamand Damlan de Gees, qui avait cultivé pour la première fois en 1558, dans le jardin royal de Lisbonne, dea graines de tabac importées de la Floride (ô). Ceci est encore confirmé par Lemery, qui dit nettement que l'ambassadeur Nieet eut les semences du tabac d'un Flamand, arrivé à Lisbonne, et venant do la Floride (6).
L'ambassadeur français voulut cultiver à son tour la nouvelle plante (1550), dans ses jardins a Lisbonne , et en expérimenter les vertus médicamenteuses sur quelques personnes, et aussi contre l'ulcère malin (7). A ce propos, Bue' hez rapporte ce qui suit : " Nicot fit semer dans son jardin la graine du tabac, qu' un gentilhomme, garde-chasse de Sébastien, Roi de Portugal, lui avait donnée. Un domestique de l'ambassadeur employa par hasard le suc de cette plante pour soigner un ulcère malin, sur le nez d'un de ses parents, et le guérit en quelques jours (8). Peu de temps après son cuisinior bb guérit tout de suite, avec le suc de la même plante, une blessure qu' il s'était faite en se coupant le pouce. Ces premiers succès firent connaître alors les vertus prodigieuses de la plante américaine... De sorte que l'ambassadeur Nicot ayant appris que Madame de Montigny était morte d'un ulcère au sein, et que la Comtesse di Ruffa souffrait d'un herpès à la face, réputé incurable, s'empressa d'envoyer la nouvelle plante à François II, Roi de France, et à Catherine de Midicls, la Reine Mère, avec l' instruction nécessaire pour la cultiver et s'en servir. Ce fut alors que cette plante commença à être cultivée on France (9). „
(1) Mtedi*. Getchichte de* labacks. p. V.-nHgmaM, de Jabfiro, I6ttl>. p. :5;-$t»ll». II Uibaeco, Itm, pp. 23, 200 (Voir plus haut, p. 30).
(2) Wc-lnmaim. Phytant.. 174?: a Brasilianis, a qui bus Sieotianae semen primum in Buropam delatum. haec planta appellatur fvtum (III, p. 434).— -Dans quelques départements de la France, et particulièrement en Bretagne, an désigue encore aujourd' nui ie tabac sous le nom originaire de Beturn ou Betun.
ÇA) Faraoed. Jaàac, p. 12-13.— (4) Thent, Cosmographie universelle, 1575. I. XXI, p. <.»27.
(5) Feraient, Tabac, p. 18.
(6) Uawrr. Drogue* simplet, 1008, p. 53l.-(7) Sprennel. Historia ret herbanae. 18U7. 1. p. 370. (8j Nieet parle de cette (ruérison au Cardinal de Lorraine, dans une lettre du 28 avril IWO. « J'ay
reconrré d'une herbe d'Inde, de merveilleuse et expérimentée propriété contre le* noli me tangere (uleeri cancreuose) et lez fistule* déplorées connue irrémédiable* par 1er médecins, et de prompt et singulier remèdes aux Naures. Si tost qu' elle aura donué sa gratnoj' en envoyeray à votre jardinier, à Murniouatier et de la plante inesmes dedans ung bin! avec uue instruction pour la replanter et entretenir.» FalpIrdU. Jean Nicot et sa correspondance diplomatique. Pari*. IM»7, pp. XO. 50. (V) Bue' lez, Uitl. un. du règne végétai, 1778, XIII, p. 2.
A cette époque lo Grand Prieur de France (de la Maison de Lorraine), étant l'hôte de l'ambassadeur Nicot à Lisbonne, eut aussi le loisir d'ex trainer les vertus de la nouvelle herbe. II en fut ai surpris, qu'à sou retour en France (15«0) il cultiva dans le jardin du Prieuré les graiues, que lui avaient données l'ambassadeur (1). Avec les feuilles récoltées et séchées il prépara la poudre à priser . et il y prit un tel plaisir, qu' il arrivait à en consommer jusqu' ù trois onces par jour (81 grammes). D' où est vonu le nom de herba Prioris, herbe du grand Prieur, qu'eut alors la nouvelle panto, et la renommée qu'elle commenta à acquérir en Fiance (2).
Ainsi le tabac devint célèbre, parce qu'il eut 1' honneur de passer le seuil de la Cour des Souverains de France, grâce ii l'ambassadeur Nicot, qui, ayant, éprouvé que la nouvelle plant* américaine joignait à un agréable parfum des vertus médicamenteuses contre la fièvre et autres maladies (3) , en expédia <1558) d' abord (4) , ainsi qu' on l'a déjà dit , à la Reine de France , Catherine de Médicis , des feuilles et des graines avec l' indication de la manière dont on devait employer les feuilles et planter les graines. Puis, à son retour en France (1561) il s'empressa d'offrir à la môme Reine une boite de tabac en poudre. La Heine commença d'abord à l'aspirer contre le mal de téte; puis elle se passionna pour cette habitude, d'autant plus qu' elle cherchait à guérir son tils, Charles IX, d'une c ; phalée chronique, eu lui faisant respirer du tabac par le nez (5). Cela suffit pour que i'usage de priser la poudre de tabac se propagea en peu de temps à la Cour, et se répandit dans le royaume, et pour que la nouvelle plante fut désignée sous les noms divers de herbe « l'aMbannadeur (herba Legati); Iterbe à la reine {herba Rc ijbtae); herbe Medicie (herba Medimi); Cutherimiire (8t.
Ce fut Gohori, qui chercha à faire prévaloir le nom de Medicea ou Catherinea, à l'erbe nouvelle en hommage de la famille et du nom do la Heine, dans le but de faire accepter et adopter en même temps à la Cour son livre : Instruction eur l' herbe Petun , Paris , 1572. Pour y parvenir, il s'adressa au médecin Botal, le seul bourgeois qui eut accès au Louvre , et ce docteur prit la chose en considération particulière. Eu effet , il raconte comment le livre fut présenté à la Reine, Mère du Hoi, à la quelle il était, dédié , et comment il s'était adjoint, pour la présentation, un autre savant médecin, nommé Vigor, sou ancien ami, pour savoir si la proposition du nom serait agréable à sa Majesté. Et la dédicace ayant été acceptée, on publia le discours, et le nom de Medicea (?) fut adopté.
A cause de ces admirables propriétés médicamenteuses la plante fut aussi appelée herbe itainle, sacrée , divine , surtout parce quo son usago modérait les désirs de ta cm atpi*cenee (8) ; Sana gancta Indorum , à cause de son lieu d'origine ; Potium, da Petum (nom brésilien); Thevetia, en honneur de Thevet, qui l'avait apporté le p.emiei du Brésil;
(!) Stella, labneco. p. à I. -(•-') Farmwd. I. c.-<:i, Fairholt. Jobaceo, p. ai.
(i) # K tabacco Nicotiano » (v. 17-') Glo. WleoUo. ambassadeur au Uni Très-Chrétien ea Portugal envoya, la première foi» l'an I.VW. l'herbe T.'.bac à la Keioe CathiriiM it HMIcli de Kraoce (Barirflildi. ïabaccheide. 1714. p. 10).
(5) rfr. Hantegaiia. Igiene, 1871. p. la*;— Hector Gearie. m Journ. d'A/ftie. prat. 18S2, II. p. I'M.
(H) Fit la prima ad uscir luore
Coo patente di reina (v. 'M)
1.6 tabac porte ce uom royal parce qu'il l'obtint, .iitou. Je la Reine Catktrirv* de France, à qui l' Ambassadeur avait rapporté cette Herbe de Hortuga) , comme un miracle du Nouveau Mou Je ( taruKildi. I. c p. 96).
(7) >a»r«. Monogvafia del tabacco. WW, p. 8fi ; -BIIII«n«, c p. 82.
(8) F«rno«4. I. t— Le tabac fut appelé Erba tancla. sacra, dieina, parce que, au dire de BruiMl. on croyait qu' il avait la faculté de rendre les homme* sains et purs, pourvu qu' ils eo usassent avec modération, étant un modérateur de la concupiscence et un correctif des humeurs du corps, qui trou blent les organe» des seD», s imulé* par la volupté (■auro. Monografia del tabacco, l«6«, p. 37).
Sugtossum antarctiam,à cause do la ressemblance de ses feuilles avec celles du Buglosse; et Pltnacea, parce qu'elle était utile contre plusieurs maladies. Ce fut aim * que le Duo 4e Guist proposa de l'appeler Xicotiana, nom consacré par l'autorité tie Oalechamp (1) , on honneur de l'ambassadeur Nioot, qui avait fait connaître cette nouvelle plante devenue .si agréable aux Français. La Reine, de son cAté, ordonna que les graines fussent semées dans les jardins royaux de Paris et de Marly i2l, et , suivant 1' exemple donné par la Reine , les médecins prescrivirent toujours contre le mal de téte le tabac en poudre pour faire étemucr (3).
L'espèce do tabac apportée à Paris par Nicot était-elle la même que celle déjà introduite par Thevel quelques années auparavant ?
Parkiaioi (4) dit : u L'ambassadeur Nicot dut apporter en France le tabac appelé branle Cet ensuite herba Regimie), parce que le Brésil était alors sous la domination portugaise.,, Faisant abstraction de ce l'ail . que sous le nom do bra*il>- on peut, comprendre soit la N. Tubacum , soit la N. rustka, toutes deux étant cultivées dans le vastes régions du Brésil, il faut observer que le tabac cultivé par Nicot- provenait non du Brésil, mais de la Floride, et qu' on ne cultivait alors dans cette dernière légion , que la N. iiwtica , ainsi qu' on l'a dit plus haut.
Et Bère aussi le reconnaît eu affermant, que U A', rusiica fut le premier tabac connu en Portugal, et qu* on l'appela en France herbe de l'ambassadeur, herbe sainte ou fie la Reine (5). Et même l'uppoitov des Floridir-ns devait être la N. rustica, var. texana, à laquelle correspondait exactement la figure de V Hyoecyamus lutens, que Oodonou* (ainsi qu'on le dlia bientôt) trouva cultivé en 1561 dans quelques jardins de Belg que, où il avait été très probablement introduit par les mêmes navigateurs flamands, qui l'avaient fait connaître à Lisbonne quelques années auparavant. La description donnée plus tard par Harlot de Vuppoumc cultivé par les naturels de la Virginie correspond avec précision à la N. rusticu, cultivée de temps immémorial dans Its immenses régions qui s'étendent du Mississipi au Canada, ainsi qu' on l'a déjà dit (pag. 4»ï 1,6;.
Mais on répandait aussi en même temps en France la culture de la Nicotiana Tabacum, L., var. brasiliensis , du moins en s'en rapportant à la figure reproduite par le moine Thevot, susnommé. C'est a cette dernièro espèce qu'on est fait allusion dans les vers suivants (7) :
* Del buono e del maschile Quests è foglia dej Brasile » (v. 115).
La culture du tabac se répandit petit à petit en France , à partir de 1560 , et ce fut Jean Liebault (8) qui en donna les premières régies. Et faisant allusion a l'usage médicinal de la plante, il mentionna aussi le fait que les Indiens de la Florido avaient, l'habitude de fumer le tabac par des tuyaux (par certains cornets).
Ce fut sous Louis XIII qu'on commença à fumer la pipe en France (9). Cet usage
(1) Dalacàaiae. Hint plant. IW'ï.— (2) R(ich»nD»ch, her labak. p. 9.
(3) Falrhott I. c. p. 157.— U) Parkfasen. Herb., London. W40.— (5) Mr*. Le labae, !&©, p. 21.
(6) Ainsi tombe d'elle-même la tliése qu' h tenté du souteuir LolKar B»cktr. c'est-à-dire •|u'oo ignore que la y. runlica ait été importé* d'Amérique au seizième iiécle (L Beektr, Der Bauernlabak , (S. ruittca) eine Pflnnze tier alien Welt, IHT5, tir. Bot. Jahretb. Irt'.ï, p. fJ>5). Kt 1* assertion du même Beeatr, que ■attaleU. Imimt, Dal*c»i««np. Anguillara. Lobai. Casalalae ont era que cette plante était déjà connue dee anciens et cultivée même avant MU2, est également saus fondement. Pourtant, cette quest loo sera amplement discuiée plu» tard.
(7) arlti. Il labacco, 172», p. 18.
(8) Ueeaalt, L' Agriculture et la maison riutique, 1572, II. p. au.
(V) Eu France les pipes étaient fabriquées avec une fraude llnesie. Elles étaient eo tlue terrecuite rouge, particulièrement relies laite» par Fteltt, de Si. <>mer. un des plus Uns dessinateurs de
avait été apporté des Indes Occidentales par les Portugais (1). Les Français fumèrent si bien, qu'on organisa (les locaux exprès pour fumer, dits Tabagies. Oem Perncty observe justement: • Dana des tabagi.-B ilo notre continent on voit des gens réuni» pour passer des journées entières appuyés nonchalamment autour d'utto table converte de bols pleins de thé ou de bière. Le verre eu main et la pipe à la bouche, ils regardent les autres avec les sourcils froncés, l^s examinent dans leurs moindres gestes, los yeux obscurcis par les vapeurs de la bière et de la mélancolie , et qui ne s'ouvrent que pour exprimer leur défiance envers leurs voisins. Si la joie et la gaité apparaissent parfois, ceia n'est dû qu' à l'ivrognerie, qui en t teignant leur raison devient la source de discordes et de luttes avec toutes leurs conséquences. Qui mériterait le titre de sauvage: l'aborigène américain, ou l'Européen soi-disant civilisé? . (2).
Sous l'influence de la Reine Catherine la culture du tabac se répandit en Bretagne, en Gascogne, eu Alsace et en Flandre, afin de l'avoir à des conditions moins onéreuses que celui qu'on importait.
Les espèces cultivées en Fr.tnce, jusqu' à la fin du dix septième siècle, étaient :
1. " Tabacum latifolium, (la N. Tabacum, var. brasiliensi% importée par Thevet);
2. " Tabacum anyusiifolium, (la N. Tabncum, var. fruticosa, qui devait être importée plus tard en France, aussi «iu Brésil);
3. " Tabacum tatgltcum, lia X. rutticu, importée plus Uni par les Anglais, de l'Amérique boréale) (3).
L'extension de la cult ure s'imposa par la nécessité de satisfaire les demandes croissantes et persistantes de ce nouveau produit végétal. Le tabac était employé par tout le monde, surtout comme remède, soit en feuilles pour guérir les plaies ou calmer los douleurs, soit en poudre contre le mal de tète. Les daines contribuèrent à leur tour a en développer l'usage: elles inventèrent, en effet, des bonbons de tabac, faits avec les feuilles réduites en pâte , afin de le priser sans se salir les narines et les vêtements, et la Marquise de Pompadour eut l'idée de la fatneuse Essence du Tabac (de Pompadour) pour corriger la mémoire (4). Baruffaldi (I. c.) désigne comme un des meideurs le tabac de MUlefiori, et rapporte que le chimiste Piètre Perlout (lyonnais) fut le premier qu'emporta de France à Turin, en 1655, ce Ubac appelé Tabac bonbon, par les Français (5).
Les Européens, ayant pris goût à l'usage du tabac, s'en fournissaient en Amérique, dans son pays d'origine. Et avant l'ingénieuse invention de la Ferme, on en faisait pousser en France de pareil à celui de Virginio (fi).
Vers 1626 le tabac était devenu un objet de consommation tellement générale en France , et d'un commerce si lucratif (7), que le Gouvernement jugea opportun de le
pipes. Uuelques unes étaient aussi, comme en .'.llemagne. en porcelaine et ornées de ligures naturel les et Je paysages; d'autres étaient en bol» très-rare, finement sculpté, ec I' .marieur en terre cuit* pour pouvoir léaister n l'action du feu. Il y avait aussi des pipes d'agate, de cristal, d' ivoire, d'ambre, el même de métal, toutes très johmnot modelées, et représentant parfois das figures grotesque», ou des scènes satyriques (Blllisfi. Tobacco, lHTâ, pp. MH-102).
(I) Hector 8««ra«. in Journ. d'Agric. prnt. :8B2, II. p. l'Jtt.
<2) Doei Perasty in De P(aw). I. c. III. p. 154.
(3) f>MMU Htttoire des Drogue». 1735. I. p. 178 — (4) Colrakis. I. c. p. 120.
(5; Le tabac en poudre employé d'abord par ia Heine comme médicament n' a aucun rapport avec la véritable poudre à priser, qui u'eut de vogue et ne deviut à la mode que beaucoup plus tard, en 1820. O fut » partir de cette époque que la mode de priser le tabac se répaudit partout , principalement chez les gentilshommes, et péuétru jusqu' à la dur de Lenlt XIV. quoique ce monarque eut uite antipathie marquée pour le tabac. La poudre et mèniR le tabac râpé étaient prisés également par les plus grandes dames, qui ne dédaignaient pas de se plier à celte nouvelle mode, si peu compatible avec leur propreté recherchée et leurs habitudes délicates (Billteft. loàacco, 1875. p. 219).
(fi) ftt Un), I. c. Ill, p. 313.-<7> Bllliaot, I. c pp. H2-I22.
frapper d'un impôt pour en modérer l'usage (1); de sorte que, en HÎH5 , la vont* libre fut interdite, et permise seulement aux pharmaciens pour usage médical après ordonnance des médidns (2). Malgré cela, l'habitude de priser était fort répandue à la Cour de France en l«8ô (S).
A propos de l'impôt, il faut observer que le Cardinal de Richelieu, voulant favoriser le développement des produits des naissantes colonies françaises > établit en lt>29 (4) une taxe de trente sons par Ivre sur lout tabac étranger. C était un véritable droit d'entr»** qui, eu égard à la valeur de I* argent à cette époque, équivalait à une prohibition complète, puisque le tabac des colonie* en était exempt, et pouvait par conséquent étro vendu à meilleur, marché. Colbert, abandonnant ces principes, non seulemen! réduisit cette taxe à 13 francs par quintal, mais en établit une de 4 francs par cent libres de i abacs coloniaux.
En 1674 la vente du tabac devint le monopole exclusif de I' Etat , et ce privilège réservé aux fermiers royaux dura jusqu'en 1713 (5>. A cette époque le Gouvernement adopta un nouveau système: spéculant sur Its protits qu'il pouvait tirer de la Louisiane, mieux connue qu'au temps de Colbert, pour payer la dette contactée avec la Compagnie des Indes Occidentales, il interdite toute culture de tabac en France en faveur de la colonie, et abolit, en même temps le privilège exclusif de vente qui fut. converti en un droit d'entrée 16).
Cette dernière disposition dura peu: le privilège fut rétabli en 1721 (7), et dura jusqu'à la révolution. En effet, en 1791, on décret reconnaissait à tous les Français le droit .le cultiver, fabriquer et vendre le tabac sous toutes les formes. Mais deux ans après uno restriction fiscale modifia- cette liberté absolue , et obligea tous les négociants de tabacs à payer la patente. En 1811 , enfin, la fabrication et la vente du tabac furent exclusivement réservées à ]' Eut. A partir de cette date I' organisation régulière des manufactures commença en France (8). De soi te que, à part ce court intervalle de deux ans, la vente du tabac en Fiance resta assujettie à une discipline de prohibition pendant 116 années consécutives (9>.
(I) NitedM. I. c. p. 10-,-Columbui. i. c. p. ~».>.-(2) TMiMna. i. c. p. M;l. <3> Columbn, I. c. p. l*>.-<4) Cnlimku. I. c. p. m.
(5) \jb premier privilège (bail) fut concédé à Jean Brett*, pour six années consécutives, moyennant l'énorme somme de 700 mille Francs, et devait être soldée eu trois payements, savoir: 3HI miite Krcs. ies deux première* années; 300 mille Krcs. le* deux années intermédiaires, efJOO mille Krcs, les deux dernières (Hubert. Souvenu manuel de Tabac, Isti, p. 7i; -Billing*. I. c. p. i-'-.
(6; L'ordonnance de 1«74 ava t réduit la culture a 3-' juridictions, dont 18 aux environs de Clsirac,
et dans le voisinage de Casteisarrazin. entre Toulouse et Moutauhau La Guyenne cu;tivait eD tahac
7 milie bect. avec ia production d'euvirou 7 millions de kg. Ou comptait h cette époque que la consommation générale du royaume ne pouvait excéder 200 mille quintaux. Avant l'ordonnance do I7ltt (interdisant la culture du tabac, qui avant ladite ordonnance était iihre moyen a nul un impôt de 30 sots par livre; on cultivait le tabac («raine de Virginie, pour poudre) dans un très grand nombre de communautés de cette proviuce* fcir. Oatld««i. Culture du labae en Guyenne iiwnt |7H.t, m Mém. d. Manufact. Paris, ISiO. p. 454).
Donc, la libre culture du tabac tut prohibée en France en 1070, et limitée seulement à certaines localités. Ku I71tf, la Compagnie des Iudes Occidentales, ayant prèré au Gouvernement 12o0 mille Frcs. , partie en billets . obtint le Monopole , ou plutôt le fermage du tabac pour toute la Franco . et ia culture en tut interdite même daua les endroits, où elle avait été d' abord partiellement permise (cfr. Encyclop. method., art. Finance).
(7) Le bail fut concédé (1721) à la Compagnie des Indes pour la somme LVW.rxw Krcs. par au. Eu 177 1, cette somme s'était accrue de 25, r j0O,00u Frcs. (iotifctrt, I. c. p. 7).
(8) Du Camp, Paris et set organes, 1*94, II. p. 171.
(9) HoiIk, Xuovo corso compléta di Agneollura (trad. Ital.) 1S33. vol. XXX, p. r,-7. Ooutt- m«,tr» 4* Ttiat. V)
Tandis que le Monopole devait refréner d'un côté l'usage du tabac en France (1), il rapportait à l'Etat, d'après la convention pas3( 4 o par Colbert avec la première Régie, 110 mille Frcs. par an (1680). A peine un siècle plus tard (1787) cette somme montait ii 29 millions par an (2). à 74 millions en 1842 (3), tandis que la vente arrivait en 1844 à 102 millions de Frcs (4).
Aujoin J' hui la culture du tabac en France s'étend sur 15 Dép u tements, et sur 12 mille hectares de terrain ; m lis les phis grandes cultures existent dans le} régions du Rhone, de la Garonne et du Nord. En 1898 la production a été de 2.1 millions de Kg.: mais comme la consommation intérieure en absorbe environ 42 millions, il faut faire venir le surpics de l'extérieur, c'est a-dire 15 nul ions d'Amérique, et le reste des autres pays de production. I>ans la même année le Monopole des tabacs a versé à. l'Etat 375 millions de francs, autrement dit le dixième des revenus du budget ! (5).
D'après la statistique de 1891, la recette aurait été en France de 377 millions; la dépense, de 70 millions; et ia consommation, de kg. 0,935 par habitant (i>). En 1897 la i ecette aurait été de :>vi7 millions; la dépense, de 72 millions; le bénéfice, de 325 millions. Tabac fabriqué et vendu kg. 38 millions; consommation par téte kg. 0,970 (7).
En 1K98 la recette aurait été de 405 millions; la d '«pense par téte, do fr. 10,52.
Portugal
Contrairement à ce qu'on affirme généralement, le tabac Tut connu, ou tout au moins planté en Portugal deux an» plus tard qu' en France. Et, réellement, ainsi qu" on l'a déjà prouvé, le Fore Thevet l'avait, sem* pour la première fois eu France, en 1556, tandis qu' il ne fut semé en Portugal pour le première fois dans le jardin royal de Lisbonne, qu'en 1558 par l'initiative du gentilhomme flamand déjà nomme, Oamiai de Goes (Voir ci-dessus, p. 09) avec des graines venant de la Floride (8). Cependant la culture de la nouvelle plante américaine commença en Portugal avant 1570 (9), et même avant que Raleigh ait importé de Virginie le tabac en Angleterre (1586), la plante en était cultivée oans de nombreux champs portugais (10).
On n'a que des notices incertaines sur la production indigène dés son début. On sait seulement qu' en 175:5 le. Gouvernement retirait du tabac un revenu de Tallers :t,.~>00,000 ( 1 1 ); et depuis lors le tabac a constitué un fonds de ressources pour leTrésor (12).
.lusqu' en 1884 les Portugais cultivaient le tabac seulement dans leurs colonies, surtout dans les Adores et dans la région d'Angola, en Afrique; mais à partir de 1884 la culture en fut autorisée dans 1!) localités du Portugal, situées dans les régions où la vigne avait été détruite par le philloxera (13). Actuellement la production indigène est de kg. 130 mille ; l'importation, de kg. 2 millions. La consommotion par téte est de kg. 0,4; le revenu de l'Etat, de Mrcs. 2,86 par habitant <14).
il) SlelinMlx. Initico. mû. p. 13— ('.•> Hitidw. I. c pp. 15, 22.
<ï) TMmu*. I- c. p. lfil-ô.— (4) Janlxri. 1. c p. «.—(S) Darmttariltr. I. e. p. 40.
ifl) D'après L*wlntt*iit, la production ludigèue serait de '23 millions do kg. et P importation de '21 millions, lie sorti» que la consommation intérieure serait de kg. 44 millions. La consommation serait de kp. I.lfl par télé; la dépense individuelle. Je Marcs X.06; et le revenu de l'Etat, de Marcs 0.32, par habitant (I. c p. 6). D'après Purson •• (Xagaiine . isœ. décembre iHW. p. 099) la consommation serait de 2!) ouces par téte.
(7) Cir. Direction générale de» \tanufaclurei de V Etat, Paris 18CW.
(S) RtichMbkdi. I. e.-i'J' Helltr, Nicotiana. 4. m» éd. p. 6.-{I0) Cm**. I.e. p. 23;— Bllllaii. 1. c p. 80. ill) lUrmbtUMt, Gritndl. Anl. s. Kultur der labaktpflamen. i822, p. 17.— <12; Billing*. I. c. p. 122.
(13) Lewiaetita.. lHe Uelattung det labaki, IH'M. p. 15.
(14) Lewlmleui. Der labakkonxum, Berlin, 1807, p. 12.
Belgique et Hollande
Les grainea de tabac ont été introduites en Belgique peut-être même avant l'année 1561. Schwab affirme que cette plante fut cultivée en Hollande à partir de cette même année (1).
Dodonéc Rembert prouve jusqu' à l'évidence que, sinon en Hollande, certainement en Belgique on cultivait quelques pbntes de tabac un peu avant 1561. Co médecin royal hollandais fut un des premiers écrivains européens, qui s'occupèrent do l'étude du tabac dans leurs publications (2) , et il donne des notices très précises sur I' Hyoaq/amus peruvianus (3) : nom sous lequel il désigne et reproduit le Petum illustré par le Père Thevet, qui l'avait introduit le premier en Fiance (4).
Le même auteur paile ensuite d'une plante fort rare, qu'il avait vue cultivée seulement dans les jardins de Belgique, et pensant qu'il -s'agissait de la seconde jusquiame (51 de Dioicoride et de Pline (6), il l'appelle Hywcyamu* Meus, et la reproduit par une figure précise (7). Il est utile d' observer ici que la seconde jusquiame de Oioieoride (8) , et par conséquent celle de Pline (91, à l'exception de quelques propriétés médicamenteuses, diffère complètement de la plante de Dodonée. Tandis que Lenicere s' occupant des jusquiames ne p.irle pas du luleun de Dodonée (10), Anguillara, au contraire, dit nettement: " Il est bien vrai que Dodonée en a classé une {Hioscwmo), qui paraît ressembler beaucoup à la seconde de Dioscoride, mais j'en doute. „ (11).
Pocha, traitant des trois espèces de jusquiame connue* des anciens, donne la figure de la jusquiame II de Dioscoride, indiquant qu'elle a les fleurs jaunes et les graines comme celles d'Ii ion. Pourtant cette ligure ne ressemble en rien à l' Hyoscyamus Metis de Oo-
(I) Schwak. Uer labakbau, lt&!. p. X--(2) OeeeassiM. Cruydeboch, Amt. 1063. (3) « Or Giusquiamo del Perù
Or Petum. et or chiumandolo
Picielt l'tndie. e le Spagoc. .
(■anrttaMi, La labaccheide, 1714. t. 220j.
(4; D*<«Mee. Purgantium, 1574. p. 340.— Il du faut pas s'étonner de la qualtflcatioo de péruvien au lieu de brésilien, étant eonuu que par le mot Pérou ou entendait désigner une région extrêmement vaste, presque toute» les terres découvertes jusqu.' alors dans l' Amérique du sud. Uaus son autre ouvrage: Slirpium hittoria ( idlô, p. 4ôl>. pour distinguer de l'espèce de tabac à feuille» sessile*, déjà indiquée, l'autre variété à fouilles pétiolées (c'est-à dire la N. Inbucum. var. frulirosa), il désigne cette dernière sous le oum de Hyotcyamut peruvianut alter. Il rapporte dans cet ouvrage ce qu'avait déjà dit MmsNsi sur les propriété* du tabac, exprimant l'avis que cette plante s'emploie comme narcotique, à peu près comme les Turc» se servent de l'opium.
(5) Ran sunt, uec alibi in Uelffio quum in horlit. et qutdem non fr qiunter reperiunlur. Oo Sots rapporte ceci aussi bien du H. luteui. que de l'n'.hiu. Relativement, ensuite, à V Hyoscyamus •ilbus, il s'empresse d'ajouter: Candidum tamen marilima rudera atpera non raro praebent, praeterlim ubi Rhoddnus in Sitrbanenti Gallia mari induit (Sttrpium histotia, 1616. p. 4.V»). (R) Iteocbé Plinio
Non ue scriva aicun capitolo. (v.
«Al' époque de Pline. l'Amérique u'étant pas eocore découverte, le tabac qui en vient était inconnu et par conséquent il ne put pas en parler dans son histoire naturelle. » BarstaUl. La laàaecheide. 1714. p. 1KL
(7) Itodeaso, Purgantium. 1574. p. 'i4/Û;Stirpium hittoria, Ifilô, p. 450.
(8) Alteriui (Hyoscyamus) semen tubfiatum ut triants, /tores luttt : folia tt titùiuae simpltciore* (Dletcerim. IV. «il).
(!>) Pliais*. .Val. Ai»!. .Y\V. 4.
(10) Leelctre. Xaturalit hittoria* oput, lôtll. p. S4.
(11) Aitaulllara. / templici, 1661, p. -m.
doneé ! Fucht baptisa cet te espèce Hyoacyamus ftavus. Enfin , il ne parle pas du tabac, puisqu'il écrivait en 1542 (1).
Or, la ligure fie Y Hyosc/omui luteus, rapportée par Dodonée, ne correspond à aucune espèce de jusquiame , tandis que c'est la reproduction exacte de la Nicotitua ruetiea , var. tr.cana, c'est-à-dire de Yupau-oc, tabac particulier a la Floride, observé d'abord par Ponce de Leon, eu et ensuite par Giovanni di Verazzano, en 1523 (Voir plus haut,
p. 45). Si l'on suit donc que ce tabac a été introduit précisemént de la Floride en 1558, par le llamand De Goes (Voir ci-dessus, p. 54), on doit présumer quo, si ce n'est, lui, certainement d'autres navigateurs hollandais, restés inconnus, ont dù introduire en Belgique des graines de la même provenance. La particularité relevée par Dedonée , que la plante était rare, lavant seulement rencontrée dans les vergers belges, et noii à l'état sauvage comme il lo déclare pour I' Ilyoscyamus, démontre qu' il s'agissait bien d' une plante exotique, qu'on venait d'introduire alors en Europe !
Dans I' Historia generalis plantation de Oalechamp , éditée par Rovillio (1586) à la pag. 1898 , quoique la ligure de la A T . rustica s' y trouve désignée sous le uoin do sana sanda , on allirme , mais avec peu de fonds , qu' elle est différente de 1' Hyoscyamu* luteus (2). Mais cet ouvrage de botanique, t'ait dans un simple but de compilation, n'est qu'un recueil des notices imparfaites qu' on avait des plantes à cette époque* et n' a aucune autorité. Au contraire des botanistes et de» naturalistes très autorisés sont arrivés, après examen, à la conclusion que Y Hyoscyamus luteus de Dodonée n'est autre que la Me. rustica, importée d'Amérique du temps de l'auteur. Et si le poids de l'autorité de Ray ne suffit pas à le prouver , on y ajoute celle de Bauhine , qui par un travail approfondi et remarquable consacra la synonymie des plantes connues jusqu'alors. Bauhine rapporte, donc, a la yicotiaua minor, c'est-à-dire à la N. rustioj, Y Hyoscyamus luteins de Dodonée, le lut«Aus soUinifoliu» de Lobel, ainsi que la Priapeia de Gessner et la Tonutbona conyener de Cesalpine (3).
Dodonée ensuite , pour distinguer la N. Tabacum (autrement dit. son Hyoscyamus peruvianas) de la X. rustica (son Hyosyamus luteus) (4) ajoute: Ec American, quant occidental* m Indium vocant, provinciis, inter quas reyiv Pent est. in Europam primum rem"/ (1. c. p. 319», et il on décrit les caractères suivants: foliis latin, rotnndis (quoique dans la ligure elles soient représentées comme étant oblongues) , lonyioribus , et majoribus, quant lutei Hyoscyami; flores luteis majores, colore purpurascentes, ned ftaudquamquitm inlenso. La figure dessinée à la p. 349 (I. c.) indique qu'il s'agit de la X. Tabacum, var. brasiiiensin, déjà leprésentée par Thevet (Voir ci-dessus, p. 69).
Après avoir séparé si nettement la N. Tabacum de la N. ru»tica, Dodonée rapporte
<l> Fucli». De Uistoria stirpittm. 15*2, p. n:tr>.
( >) Quidam Xicotianae sjteciem <rw putant plantain, quant Hyoscyamum luteum vocanl, quia ridissent non itaucos hujus fuino htiustu lemulmlnt fieri. Al non reçut sentiunl y'.f) Il nie eusuite qu" ou puisse considérer VHyoscyamus luteu* comme une espèce de Nteotiana. car la ruinée de U Xnotiana ne l'ait griser pas immédiatement comme celle de I' Uyoseynniut.— Il rappelle que le A» turn pousse dans beaucoup d'endroits des Iodes Espagnoles (Nouveau-Monde), d'où il a été importé depuis linéiques au nées eu Portugal, eu Krauce. en Kelgique et en Augleterre.— H reproduit la ligure de la plante, sous le nom de Xicotia?ta. tire Tabacum. <|Ui a des fouilles longues, laines, grasses et hirsutes: avec des rieurs qui vont du blauc au pourpre (d'après la ligure et les caractères il resuite qu'il doit s'agir de la .V. 'Iabucum, var. Itra3ilien»is:.-l\ rapporte, en outre, que Lobel avait décrit un autre tabac plus petit ayant les feuilles de I" Uyoseyamtu luttas (.'.') . plus étroites, mucronées , avec queues, aux fleurs purpurines (il parait faire allusion à la A". Tab-icum. var. fntUcosa); et il en reproduit la ligure sous le nom de sana saneta, stee tabacum minimum. LobelUi.
■ :») B*i»Mi>o. Pinax Itteairi boianici. Itii'J. p. 17n.
(A) 0«I«<mm«. PurgaUum. 1574, p. \W.
que la première espèce, nonininiée Petum en Amérique, fut appelée en Europe herba sacra, aancta, et aussi par quelques personnes Nkotiana. Il dit que, d'après Thevet, ses feuilles produisent l'ivresse en les fumant, et qu'eu Amérique ou le» fume roulées et enveloppées dans une fueille de palmier. Le cylindre formé ainsi, on en allumait une extrémité, et par l'autre on aspirait la fumée avec la bouche, ou les nez, pour calmer le» douleurs ou apaiser la faim et la soif. Il fait aussi observer que l'usage de fumer fait mal aux natures faibles, et pour ce motif n'est pas adopté en Amérique par les femmes. En Belgique ces feuilles étaient alors employées seulement pour soigner lea plaies et les maladies de peau, telles que li gale, etc.
A la même époque, le naturaliste belge Matthias de Lobel, «'occupant aussi du tabac, affirme que cette plante avait été introduite depuis pou d'années (il écrivait en 1576* d'Amérique en Europe, et précisément dans les jardins de l'Espagne et du Brabant (1). Cela explique clairement comment quelques années auparavant (1561 1 Dodonée avait pu observer la N. rustica dans le jardin de la Belgique (3).
De Lobel distingue déjà (dès 1576) (rois sortes diverses de tabac: (3)
1. " Indontm aana aancta, nice Nkotiana Uallorum, Petum Cdmii, Hyoscyama» peiucianua (Dod.). Cette espèce est certainement la S. Tabacum, taut sous sa forme de macrophylla, que sous celle de bramlietuin;
2. " Herba wncta, tare. Tabac minus. 11 résulte de la figure et de la description, qui en est faite, qu' il s'agit du tabac a feuille» à queues et. à fleurs purpurines , et par conséquent ce n'est autre que la N. Tabacum, var. fruiiemi;
3. " Sunu sancta, sue Tabacum minimum.— La ligure correspond à la N. rwstica , excepté par les corolles, qui rappellent celles de la N. Tabacum.
On dit ensuit*» dans la description : Alia minima dodrantalis herba, facie non dieerm (de la précédente). Floscttli Hyascyami lutei muito minores ex flneo herbacei. Folia PfuittaginUt minora, et anyiutiora Pulmonariae. Il existe pourtant un peu de contradiction entre la figure de la plante et la description qu' en eat faite : si bien que ce Tabacum minimum a été mémo rapporté à la Nieremberykt repens (4>. La figure paraît correspondre à la N. rtixtica, var. texana aux feuilles oblongues, appelée aussi par Lobel : Dubius Hyoscyamim iuteolus, aolunifolius, nommée en Italie Jmquiamo nuovo , et qui ressemble & la figure donnée par Dodonét (5V Le morne Lobel ajoute que cette plante correspond à la figure n. 2066 donnée par Matthioli (6).
En outre de la distinelion des diverses sortes de tabac connues alors, Lobel s' occupe aussi de 1' histoire (7) disant (en 1576) que la Nicotiana GaUorum {N. Tabac» m) avait été introduite depuis peu d'années en Portugal, en Belgique et en Angleterre (*), des Indes espagnoles (c'est-à-dire Occidentales), et que l' Ilyoncyamus luleus de Oodonée étuit do même nature. Il rapporte que les matelote revenant d' Amérique avaient été vus fumant des feuilles roulées de la plante dont il parle, on les adaptant à l'extrémité d'un tube fait avec des feuilles de palmier ( on représente la figure d' un fumeur t. (9)
l> UM (O»; Matthlu. PUintnrum stre sOrptam htsloritt, i:>7ti. y. :iK
<-2i U lahac était alors cultive au Hrabant comme plant* mé.iieiuale : tntiimma p>ma< e<i
qtiaedam r*l ad omnia generis moibos Cl«l«ll F.rolicoruin. ltX'5. X. p. !*>7\ Lot*l, (I. c obxerv. I. p. LllOj.
I) 0« CartalU. Prodr. XIII. I. pp. 570. .Va.-iô) LolMl. I. c. Wxerr. I. \>. 'uo. Lotal, I. c. .{dr. II. p. 107.— <Ti ItM, I. c. Adr. 11. p. iM. is) Ceci prouverait que la S'icotiann Tabacum avait été introduit!' en Angleterre int>iue avant 1576. (9) A la page2ô'i de soo ouvrage: Soca $tirptum Adversaria. I57ti. Lotxl dit, a propos de l'introduction du tabac du I* Amérique et de son mage, paroles suivante» : Vtdeas naucleros pUrosque omnf», qui Amertcn rediunl, gestare outilla infundibula ex folio Patmae. nul storea coufecta. quorum lalen extremo inserlu sunt com oluUi folia et comminula wala hujus ptantne (Tabaci);
En 1587, le médian hollandais Evcrhard s'occupa de l'explication des propriétés et des modes d'employer cette nouvelle plante peruviana ammirabile ami divina (1), s'en rapportant en partie aux notices fournies par d'autres, surtout par Monardes , et en partie à ses recherches et à ses expériences personnelles.
11 remarque que la Nicotiane, qui se rapproche comme aspect de la Consoude, est de trois genres (formes). La forme masculine a les feuilles larges, oblongues, grasses , pointues, légèrement hirsutes, vigourouses, et embrassantes, qui est haute de 4 à 5 pieds, et produit des rameaux florifères aux fleurs d'un blanc rosé ou rouge incarnat (2). La forme féminine est en tout plus petite que la forme masculine (3). Le troisième genre
ittud illi accendunt igne alqut hianli ore quantum plurïmum pottunl, intpirando fumum tug uni. untie sibi famem sitimque tedari, vires inelaurari , syirilus exhilari; topilique jucunda ebrieuite cerebrum doutant : incredibilem pituitae ropiam plerumque educi. Qiwd ipn, dum Kauriremu* . experli sumut; nan Ut men cita inebriat, née frigore dementat. ut Hyotcyamus. ted q un dam aromartiale vapida ventricuio* , cerebri imbuiL . Donc, avant 1576 l'habitude de fumer existait déjà chez les matelots !
Au contraire, pour Becker, la S. ruttica u'est pas originaire de l'Amérique, mais du Vioux-Moude, ei n'eut pas du tabac. Et pour le prouver il dit que cetre espèce était cultivée dès 1553 en Hollande (1. c p. 03?); que LiMvim. eu 1590. la croyait dérivée de la Sylva Hercyuia, qu'eile s'était répandue Jusqu'à Upsal. et que, selon d'autres écrivains, elle devait <Hre originaire de la région comprise entre la Macédoine (0 et 'e Danube (*). où on lu rencontre fréquemment à l'état sauvage (I. c. p. 043).
Les faits résumés jusqu'ici démontrent, jusq'à i'évideuce. que les Kuropéens n'eurent aucune connaissance du tabac avant la découverte de I' Amérique. Eu admettant moine que le tabac ait été cultivé en Hollande en 1553, il ne faudrait pas s'en étonner puisque, étant donnés les voyagea continuels existant entre l'Europe fft l'Amérique dès le commencement du seizième siècle, il a pu arriver que quelque voyageur, resté incoiiuu. ait apporté en Europe (même à titre de simple curiosité) des graines de tabac avant 1550, c'est-à-dire avant la première date historique certaine du premier eu aemencement de tabac fait en Europe'
Sur la question de la Sylva Hercynia il convient de consulter l'avis d'auteurs non suspects. Italia s' exprime ainsi : « D'aucuns prétendent qu' avant cette époque (e'est-à dire avant l'introduction du tabac de 1' Amérique) cette plaute a été éoumérée parmi les plantes d'Europe, et qu' on en avait trouvé des spécimens daus les endroits les plus humides et les moins fréquentés de la Sylva Hercyoia- Ukatta fut de cette opinion; mais peut-être s'est-il trompé avec d'autres qui l'ont aussi soutenu, la confondant avec Y Hyaucyanius luleut. qui. ainsi que le dit Des****, a une grande ressemblance avec elle, et, comme témoin unique, il ne mérite aucune croyance. » i Stalls. Il labacco, p. 23). — Kt Mtgncns ajoute: Cerle ante Llhavtum nullus earn sponte natam, nel Europaeanam dirit {De labaco. IWH>. p. 4).— rurflut Sinon (De Abusu Jabaci. IrW». f. 4), après avoir reproduit ce qu'avait dit Meure»» sur le Ubac, et affirmé nettement qu' il u'est pas originaire du Vieux-Monde, mais de l'Amérique, s'indigne contre Llbivta pour avoir dit qu'il avait été retrouvé à l'état sauvage dans la Sylva Hercyuia. 11 n'admet pas davantage i 'étrange hypothèse que la graiue ait pu être transportée par le vent de l'Amérique eu Europe; tandis qu* îi reconnaît (f. 12) que le thé est d' origine orientale (Chine , Japon).
Il est incompréhensible que Llfeavi» ail pu dire que la Aïe. rutiica était originaire de la Sylva Hercynia ! Paiillii» Sinon 1' a contesté, et la notice du Libavta n' a éié eouilnnée par personne. Stalls crut expliquer cette fausse notice en supposant que Ubavta avait observé dans cette Sylva V Hyoscyamus Iule us de D»««né«. ignorant à son tour que cette dernière denomination l'ut donnée précisément à la A*, ruttica par Ootfontt. Mt«n»n» observe eusuite justement qu'avant Llaavta personne n'avait remarqué que cette plante crut à l'état sauvage en Europe, ou qu'elle fut originaire de la Sylva Hercynie. En effet. Thalio (Sylva Hercynia. 158!*. p. 56). eu parlant des plautes sauvages de cette localité, fait allusion aux deux espèces d' Hyotcyamut vulgaris , I' une à feuilles entières, 1' autre à feuilles fendues, mais ne dit rien de I" Hyotcyamut luleut de 0»4on4». tandis que cette uouvelle espèce était connue plusieurs années avant que Tatll» ait publié sou ouvrage sur les plantes de la Sylva Hercynia.
(1) E«»rk«r4. De herba Panacea, quam alit labttçum , alii Petum aul Xicotianam vacant, 1587.
(2) Etnrhard fait évidemment allmiou par cette description à la Sicoliana laàacum, var. bratilientit.
(3) L'Auteur ne décrit pas des caractères suffisants (ainsi que l'ont déjà fait ses prédécesseurs) pour la faire reporter, comme on le devrait, à la N. labacum, var. fruticota.
de Nicotiam (Petitm) aurait les feuilles presque rondo» et épaisses, avec les fleurs plus petites et plus pâles. Il ajoute que près île 20 ans auparavant Dodonée l'avait observée en Europe, et 1' avait nommée Ilyoscyamus Mem (IV
11 remarque que tandis que les Indies du Pérou (2), et de la Nouvelle Espigne (Mexique), semaient Je tabac en automne (3), les Flamands, au contraire, le semaient au commencement d'Avril. L' Autour continue ensuite à décrire la culture en usage en Belgique.
Il confirme que Nlcot . en 1559-60, eut 1' occasion d'observer la nouvelle plante à Lisbonne, chez un noble Flamand, qui l'y avait introduite depuis peu, et qui lui en fit don. Il donne ensuite le motif des différents nons sous lesquels la nouvelle plante fut désignée , et. particulièrement des noms de Herba Légat i , fferlxt Regina aut Medicea , Herba Priori» , Pelum et Tabaco. Il tombe dans la même erreur que quelques uns de prédécesseurs, en disant que le nom de Tobaco dérive fie celui de l' île (Voir plus haut, p. 14). dans laquelle les Espagnols trouvèrent cette plante pour la première fois (?) , tandis que les Indiens la désignaient sous le nom de Picielt.
Il répète avec Monardes que les Nègres importes aux Indes Occidentales apprirent des Naturels des Indes , du Pérou et de la Floride, l'usage de fumer et de chiquer le tabac pour s' enivrer (ne pouvant le faire avec le vin) et pour réparer leurs forces, (Voir plus haut, p. 16). 11 indique comment les ind gènes de la Floride apaisent l'aiguillon de la faim et de la soif, se remontent l'esprit, enivrent leur cerveau, et expurgent leurs humeurs en fumant le tabac (Voir plus haut, p. 45 1. Il raconte que le tabac fut tout de suite adopté en Europe pour combattre le cutairhe, le vertige, la chassie des yeux, la céphalgie,'. le brouillard do la vue, la surdité, l'ozénc. ie mal de dent, les ulcères et • les aphtes des gencives, les rhumatismes, la toux invétérée, le mal d'estomac (surtout chez les enfants, ainsi que font encore les mères iu iiennes ), la syncope, la colique, l'hydropi9ie, les vers, les hémorrhoïdes, le * douleurs utérines, les eciatiques, les tumeurs, les plaies enracinées, l'hémorragie, les ulcères vénériens, la gangrène, la teigne, la gale, le scrofule , le charbon , la morsure des serpents venimeux et des chiens enragés , le venin des flèches (comme faisaient déjà les Caraïbes ; voir plus haut , p. 15) , et ainsi de suite. Il passe, enfin, à la description de ses innombrables préparations pharmaceutiques et médicamenteuses.
Environ cinquante ans plus tard, un autre médecin hollandais, Neander. voulut résumer toutes les notices connues jusqu' alors sur le tabac (4L Après avoir dit que les plantes en furent observées au Yucatan par les Espagnols , dans l' expédition de Fernand Cortes (I.e. p. 1), et que la plante était appelie Petum par les Péruviens (lisez Brésiliens), Picielt par les Mexicains (p. ]), et Cozobba par les Caraïbes (p. 3), il rapporte que I' ambassadeur Nicot la vit pour ht première fois (1558) à Lisbonne dans le jardin d'un Flamand (De Goet), gardien des Archives. La plante était exotique et importée depuis peu de la Floride; mais l'ayant élevée avec grand soin dans ses jardins de Lisbonne, l'ambassadeur, après en avoir expérimenté les vertus contre les ulcère9 et les plaies, la porta à Paris à la reine Catherine (p. 2). Il confirme que le tabac avait d'abord été introduit, directement du Brésil en France par le Père Thevet, et que l'herbe y avait reçu le nom ù' Angotdmoùtine, de la première région où on l'avait plantée en 1556 (p. 4). Il partage l'opinion de Fabio Colonna (Ecphr. p. 142) que le prétendu tabac arabe est tout autre chose (p. 7). Il donne la figure (p. 7) du Tabacum maim latifdium, aux fouilles
(1) Il est évident que l'Auteur reut parler «le la ,V. rutti:a. I- var. texawt.
(2) Pour les motiis expliqués plus haut (p. 7ô) on doit entendre par Pérou I' Amérique méridionale , y compris même ie Brésil.
(3) Ainsi que cela se pratique encore aujourd - liai dans ces répons.
(4) NMftfcr. Jabaeologie. \m.
- so
aessiles, et aux fleurs à limbe corollin quuni penlagonum d quasi mcnrnatum (S. Taincum, var. macropltylla, ou plutôt var. bmsilknxts f) , et rejette 1" opinion que ce soit le tabac connu par Dioscoride (p. 6). Il reproduit la figure (p. 9) du Tabarum maius angusti folium aux fouilles» à queues {X. Tabacum, var. frulicosa), qui, d'après Everhard, serait le tabac femelle, dériverait du précédent (qui serait le maie), et devrait être planté dans un terrain léger au lieu du terrain gras, dont le maie a besoin (p. 11). Il dit (p. 12), que cette espèce est designee sous les diverses dénominations de Nie minor, Lob.; Petite Nkotiane, des Franc.; Kleyne Tabak, des Holl.; Schmalbbïtterich Indianiath Wundtkraul, «les Allem. Il rapporte la ligure-, (p. 13) de Y Hyoacyamu» luteus, Buub. (figure de la N. ru stica, var. (e.mna), qui correspond à l' Hyoncyamm tertius, Matth.; à VHoiicyamus peruviana, Tabern. (née Dodoiu; a la Priaparia, Uesn.; et au Gelb Wundtkraut, des Allem.
Toujours d'après lui, les Espagnols apprirent des Indiens (de l'Ouest) 1' usago de soigner les blessures avec le tabac pilé , du manière à remplacer le sublimate (p. S3). Les Indiens l'employaient aussi, au dire de Monardet , pour apaiser la faim et la soif, le mâchant et en avalant le suc (p. 34), ou sous forme de fumée pour s'enivrer et vaincre la fatigue (p. 42) , ou bien encore pour faire mettre en extase leurs prêtres (Buhiti). quand ils «levaient interroger le Diable (?) sur les choses futures (p. 43), ou enfin quand les médecins devaient guérir un malade (p. 44) (Voir ci dessus, p. 12). Il remarque que, tandis qu' aux Antilles le tuyau (pipe) pour fumer était fait, selon Monardet, d'une canne creuse à l'intérieur (Voir plus haut, p. lô>, Richard Grenfeld, en découvrant en 1585 la Wingandacaow (c'est-à-dire la Virginie), avait vu que cette canne était en argile (Voir pins haut, p. 47). Ces tuyaux (de la Virginie) furent tout de suite introduits en Angleterre, et l'usage de fumer s'insinua ainsi, d'après Clusio, même à la Cour (p. 00).
Il décrit ensuite l'usage thérapeutique du tabac comme purgatif (p. 66); contre les céphalgies (p. 74), et le* insectes de la tête (p. 80); pour faire étei nuer (p. T6); contre la teigne (p. 79); les taies sur les yeux (p. 86); la surdité (p. 87); les vertiges (p. 90); les aphtes tonsillaires (p. 92) ; les douleurs et les ulcères des gencives (p. 93) ; le mal de dent (p. 93); l'asthme (p. 96); la phtisie (p. 114); l'hémoptisie (p. 127); les calculs des reins tp. 154); les douleurs utérines (p. 156); l'hydropisie, (p. 158); les hémorroïdes (p. 163); la gangrène (104); l'hernie (p. 166); l'herpès (p. 169); les coliques (p. 165); pour hater l'accouchement (p. 157); contre la fièvre tp. 159); l'œdème (p. 164); le cancer (p. 165); la peste bubonique (p. 168); les ulcères vénériens (p. 199); et la inorsuro du chien eu ragé i.p. 200). Le principal mouvement commercial des tabacs américains avait lieu en Europe sur les deux marchés d' Amsterdam et de Rotterdam (.p. 62) , où on les vendaient sous les noms des localités d'où on les avait importés: c'est-à-dire, de Trinidad, S. Domingue, Varimu, Brésilien, Orénoque, Virginie (p. 123).
Pendant la dernière moitié du seizième siècle, le tabac était exclusivement employé aux Pays Bas, comme dans le reste de l'Europe, aux usages médicinaux. L'habitude de fumer d\jà remarquée en Belgique par Lobai en 1576 (Voir plus haut, p. 77), introduite ensuite en Angleterre en 1586, passa de là en Hollande apportée surtout par les étudiants en 1594} , ainsi qu' eu fait foi une lettre adressée par Wilhelm van der Meer à Neander (1), et même la confirmation qu'en fait Murray (2).
(I) « A pud nostrale* herlia diu cognita fuil. motlum tamen hauriendi fumum ;wr tnfandibuln rel conloria folia nunqitam rtderem ante annum circiler tô'.Hl, cum Lugdiini li.ilurorum medicinae operam darem. tain pnmum aniinadrerli studiotos Angait et dallas /ainuin sugentes, quo* rum imitait rclle.n. ul ejit* herbae vue* erperirem. exntfiH mttii magnam cammationem aWi el > entriruli. tanlamque temulentiam. sn-e rertiginem. ul pronmum fulmun arnpere rutu-tu* ftterim non dtu la men iluravit. » (NMndtr, 'labacologia, p. U2).
{■:> Mirny. Apparatus medicaminum. I7U3, p. fltM;— C*«ke. I. c. p. U.
Enfin , dims le catalogue du jardin îles planter do Leiden Hermann note une quatrième espèce do tabac, à laquelle Dodonée avait déjà fait allusion \Tabacum foliii latin, rrJuntlis), main qi.' il avait, confcndue, ainsi que les écrivain* qui lui ont succédé, avec la N. Tubman, var. brandir nxi#. Hermann. en effet, caractérise ainsi cette espèce: " y. major, lata et rotundifolia, Vycielt ne» Tabacum P (Hernandez), qui correspondrait à une dos formes de la mwiuphijlUi, et non île 1" Itamnennùt. Le même auteur parle aussi de la .Y. junior UUifolia (c'est-à-dire rie la brasiliensis), et de la N. major augustifoliii <c' est à dire de la fruticosa). Il dit ensuite do la Nicotiuna rwtica: NU:, minor, seu folio subrotutulo, capsula rotunda, priupi forma, floribua Mets, minoribtt*, foliis rotundis, obscure virentilms, gluti nosis (Moriion). Priapea quibuttdam (1).
1/ usage du tabac se répandit bientôt de telle manière en Hollande que les femmes même fuinéient (2). Ainsi, <|l>10) la consommation croissante fit du tabac une marchandise d' une grande importance commerciale pour les Hollandais, qui 1' impoi (aient do la Ouynne, du Venezuela, des Antilles et de la Virginie. Les armateurs hollandais transportaient les Nègres îles côtes dr Guinée en Virginie, et de cette région prenaient au retour des cargaisons de tabic (3>. Eu 162u les Hollandais tenaient le premier rangea Euiope pour I' importation et la vente de-> tabacs américains (4). Ils étaient les principaux cultivateurs et inipoi tuteurs de tabac en Europe. Le tabac produit par leurs colonies d -passa la eonsomm it;on européenne, jusqu' au jour où les Anglais apportèrent sur les marchés le labac de Virginie (ô).
On trouve les premières traces de la culture du tabac en Hollande vers la fin du seizième siècle; elle y lut impoitée par les protestants français (Huguenots) («), qui émigrèmii vers I' Est en 1Ô9S, a la suite do 1' Edit do Nantes (7).
Les célèbres cultures d' Ainersfort furent commencées vers 1610 (81, mais plus certainement en loiôiîn, et s étendirent successivement à Uirecht, a Wageningen, etc. (10).
De Amici* paile, à titre de curiosité, d'un riche seigueur de Rotterdam, nommé van KlaT», qui » étant, enrichi aux Indes dans le commerce avait à son retour rassemblé dans son musée une colleciion de modèles de pipes de tous les pays et de tou'es les époques (lit, depuis celles qui servaient aux anciens barbares pour fumer le chanvre, (Voir plus haut, p. 8), jusqu'aux plus splendides pipes d'écume de mer et d' ambre qu' on admirait dans les plus beaux magasins de Paris. Venant à mourir, d avail ordonn- que " chaque fumeur qui se tendra à l'invitation (de suivre son enterrement) recevra en cadeau dix livres de tabac et deux pipes, sur lesquelles seront gravés mon nom, mes armes et la date de ma mort... „ 1 12). En général, les Hollandais sont, grands fumeurs; ot lorsqu'ils doivent traiter un sujet important, ils disent : " Nous fumerons une. pipe sur cette affaire „ 1 13). Ils se set vent de pipes ett argile et en porcelaine très fines (14).
Les districts où l'on cultive actuellement le tabac en Hollande sont les suivants : Maas en Waal, Veluwo (15), Betuwe, Aniersfort. La superficie cultivée est de 1800 hect.,
(I) Hwhum. Horli Académie* catalogua. liiST, p. -lô').— .'.') I."irimirei'un fumeur linllanduis (vers l(îflo) est reproduite par Killebrtw and M|rioh. Tobacco leaf, IS'.)7. p. 7.— <J) Tl»4*4»aaa. I. c. p. Hil.— (4) BJUInji. I. c. p. 42.— (5) Billing*. I. c. p. 4T'.».— (rt) CalwnoiM. bot Buch vom labak, l*M«. p. .'.*>.
(7) Htrosltin. Der Tabak. IKM. p. 13— (S) Wagner, labakkuliur. 5. me éd., p. 4. <») Ntticbt. I. c. p. 8.- (iO) Darmttat«l*r. I. c. p. — Billings. I. c. pp. W. 35».
(II) TMmwii, I. c. p. l«.'.i.-<12) D« Anici*. OUmda. 1*75, p. 75.
(13) Billiiit, I. c. pp. 154. :iV>, avec II*.
(14) Btura C. Monografia del labaeco, ISfiit. p. 4H ; -BUllaa«. I. c. p. 35».
(15) Lu v.il éo <iu (iueliierlaml (Veluue) possède lo anl le mieux adapté à In culture tiu tabac & priser, qu'on f.il>ru|ue avec le i.ibje lïAwrsfurt, qui. par U lluesse de sod tissu et par la légèreté de se» «tire*. se proie aussi à la coiileclioii .le* cigares (Billings, I. c. p. 355).
Ooxii— Hititir* im T<Oo4- 11
donnant une production de 3,8 millions de Kr. On y importe annuellement plus de 80 millions de Kg., et particulièrement de Sumatra (14 millions), de Java <15 millions), et de Borneo (un million). La consommation intérieure est énorme, ear il faut chaque année pour la seule Holland*; environ 8 millions de kg. de tabac fabriqu La consommation est en moyenne do kg. 2,800 par tète (1); selon Pearson's {Magasine. 189S, Décembre, p. 669) elle serait de onces 51; et selon Dalbergis (I. c) de kg. 2,5.
En Belgique cette culture se pratique surtout dans les provinces Il unaudes. On y cultive chaque année environ 3000 hect. de terrain, avtc une production de 4,5 millions de kg. L'importation est de 9 millions de kg.; la consommation, de 12 millions de kg.: le reste est exporté principalement en France (2). La consommation par tolo est en moyenne de kg. 2,5)0 <3>, ou 110 onces (Pea^on, I. c).
Italie
a) Regîon osntrale. - .Selon Stella, " les Italiens ne voulurent pas quo cette plante (le tahac) restât sans un nom bien compris d'eux, l'ayant reçue, les Romains particulièrement, par l'entremise du Nonce du Pape, Monseigneur Prospers Santa Croce , mandé à Lisbonne vers cette Majesté Royale, et qui, entr'uutres «Ions, avait rapport 1 avec lui de Portugal la graine du Mum, qui semée dans les jardins de Rome (le sol romain étant très fertile en nombreuses simplec, et très fécond par lui mémeï produisit en son temps ces plantes, qui des leur naissance formant une Croix, avec les feuilles, prirent d'ellesmêmes de Santa Cr<xe le nom... Ainsi celui-là (le Cardinal) apporta de Portugal en Occident pour la santé des cor;<s cette plante merveilleuse et salutaire dans Rome; mais comme ensuite ses merveilleuses vertus furent expérimentées , et ses effets extraordinaires dans les plaies, les ulcères et les blessures, furent notés et employés dans d'autres maux, on vint, à connaître qu' ello était un puissant remède pour toutes les maladies, quelques uns lui donnèrent l'épithète de Sainte, de Sacrée et de Divine „ (4).
Tandis que Nitsche confirme que le Cardinal Prospero Pubblicola di Santa Croce (revenu en 1501 d'une mission diplomatique près la Cour de Lisbonne) avait apporté la première graine de tabac a Rome , d' où le nom d' Herbe de Santa Croce quo reçut la plante (ô), Hornstein dit, au contraire, que ce Cardinal avait, non apporté, mais expédié les premières graines d»- tabac en Italie vers 1575 («), ou mémo 1585 (?) selon Targioni Tozzetti (7). Ce qui est. certain c' est que le Cardinal , étant Nonce prés la Cour portugaise, eut alors occasion d'observer et d'apprécier le tabac, quand il commençait déjà à être éprouvé et confirmé comme prodigieuse plante médicinale, c'est-à-dire vers 1560.
(1) 0, 0«rdon y 0« AcMta. Kl tat/acn en Cuba , 1H!>7. p. ".— Selon LawintUIn , au contraire, la pro duction indigène serait do kg. 1283 mule; l'importation, de kg. 174-W nulle; l'exportation. <1e kg. 29*> mille, et la consommai ion intérieure, de kir. 1.VM2 nulle, avec une consommation de kg. 3.3 par lia bitant. et un retenu pour l'Etat de Marc* <J.0."> par tùle (l. c. p. '.»).
(2) Darai«ta*ëUr. I. c. p. 3o.
(3) Dt 6or*»« y dt Aettta. I. c— l>'uprès Uwfnitala, au contraire, la production indigène serait de kg. 5634 raille; l'importation, de kg. 837X milk-; IV» portât ion, de U3 mille, et la consommation intérieure, de kg. 138011 mille. I.a consommation par tète serait de kg. 2.2: avec une dépens de Marcs 2,82. et un reveou pour i'Ktat de Man s 0.01 (I. c. p. I). - En Relgique. une loi récente accorde la franchise de tous impôts à la culture nuahlice de domestique ou pour us:ige personnel (<-n\ Il Tahacco , Roma . 1890. anno 111, n. 2», p. 10.
(4) SUDi. Il tabaeco, p. 21.— (.1) NlUcha. l'.exehiehte des labah*, p. fi.
(6) Hernttain. fier labak, ^28. p. la.
(7) Targioni Toitatti Airt.. Cenni slorici sulta intro<luti<,ne dt tarie piante nelf Agricollura toseana. 1853. p. 122.
Mauro s' exprime à ce propos de la manière suivante : 8 En 1560 le Cardinal de Santa Croce , Nonce apostolique près la Cour de Portugal , frappé de 1' agréable odeur que répandait la fuméo de cotto nouvello plante, en envoya lea graines en Italie au Saint Pontife, qui on confia la culture aux Frères; ceux ci en firent grand usage, et en développèrent la culture Jans leurs veigers. 11 oxisto maintenant dans lea provinces méridionales une sorte do tabac (1\ dont les Frères se servent de préférence , qui se nomme Herbe Sainte (2).
Malgré ces différentes indications do date, il parait certain cependant que le tabac a été connu à Home, par l'entremise du Cardinal S. Croce, do 1560 à 1061. L'espèce que le Nonce du Pape put observer alors à Lisbonne devait être la Sic. ruitica (et non la Sic. Tabncum, nu Pduiti indiqué par Stella), d'après les raisons développées à propos de l'introduction du tabac de Portugal en France , par I' ambassadeur Nicot (Voir plus haut, p. 71). Kt même Matthioli ne fait nient ion que de cette espèce de tabac, par les paroles suivantes : " Quelques uns (?) ont apporté nouvellement en Italie une plante vraiment très belle a vir, qu* on classe parmi les espèces d' lliosciumi, aux feuilles larges, grasses, tendres, et légèrement velues, qui paraissent ressembler au Solntro somnifère, à l'odeur désagréable, avec des tiges hautes d'un coude et demi, rondes et lanugineuses, qui portent des fleurs jaunes, comme VHiosciamo, auxquelles succèdent des petites têtes rondes, et ont quelquechose des capsules do VHioscùtmo, étant recouvertes et fermées par des couvertes semblables i??> avec une couronne autour, et la graine intérieure rougeatre. Sa racine est blanche, longue d'une empan, chevelue et de la grosseur d'un doigt. Cette plante me fut d'abord envoyée d'Italie en Bohême par le très actif seigneur Giacomo Antonio Corluso „ (8). A la page 1121 il en donne la figure, qui correspond suffisamment à la JV. ruttico, v.ir. texanu, aux feuilles sous orbiculaires et cordées. Ce serait, la troisième jusquiamc, c'est-à-dire la nouvelle.
Pietro délia Valle , à propos de l'usage du tabac en Turque (1615), rapporte que * en Italie beaucoup en prennent, et eu particulier le Cardinal Crescemio, quelquefois comme médicament: ce que lui a été enseigné par lo seigneur Don Virginio Orsino, qui le premier de tous, si je ne mn trompe, l'a apporté il y a quelques années d'Angleterre à Rome „ (4). Orsino a pu apporter vraiment d'Angleterre, pour !a première fois en Italie, non le tabac qu'on y connaissait d'jà, mais l'usage de fumer. Hornstein est du même avis, puisqu'il affirme qu<; l'usage de fumer fut introduit pour la première fois en Italie par le Cardinal Crescenzio, qui l'avait appris d'un Anglais (5). Selon Bergius, aussi, l'usage du tabac (de fumer) fut introduit, précisément en 1590, en Italie par le Caidinal Crescenzio, qui l'avait appris en Angleterre (H).
Labat résume ainsi la question : u Quoiqu'on sache de reste quo ce sont lo Cardinal Santa Croce, Nonce en Portugal , et Nicola Tornabuoni, Légat à Paris, qui ont importé l'usage du tabic en Italie, on peut admettre qu'avant eux les Espagnols l'aient fait connaître à Naples. Mais comme après le mal américain (7), dont ils avaient infecté ce pays (8),
(I) Il s'aiçit de 1.1 AT. rusiica. %-nr. hranlia . dont ou tiro la rameuse poudre à priser, nommée Ei-ijn Simtn (à Cava dei Tirretn).
<-') Naître 6. Monogra/ia <1el Inbaeco, IstW. p. A'.
'3) Matthioli. IHsconi. Venezia 1.718. p. 1111».— Oo u'eii trouve aucune mention dans l'édition précédent :I.U)Ciinni. Porte lu wiliac a du probablement arriver en Italie peudaut <jue l'ouvrage ot M à Ja typographie, et Matthioli nVn reçut la nouvelle que plus tard, se trouvant alors en Itolième.
(4) Delia Valla. Uaggi, Wû. I. p. "tt;— Stella, if tabneeo, p. -îf».
(5) Herasloln. Iter labnk. \WM, |, lî.-i«t Beraja*. Mut. m«f. I. p. I2l-12i
(7. Il est tau évidemment allu-ion kn à la syphilis, dont uous avons parlé plus haut a propos du tabac à S. iMuwogue (Voir plus haut. p. I«>.
(8> Ceci n'est pa* exact, ainsi qu'il résulte de ta note déjà indiquée (Voir plus ha-it. y, i<5).
on se méfiait de tout ce qui venait, du Nouveau-Monde (except.; 1 l'argent et l'or), il ne fallut rien moins que l'autorité des deux prélats susnommés pour accréditer cette nouvelle plante, qui avait autant d'adversaires que de partisans, savants et ignorants, hommes et. femmes. Les médecins d'une part, les chimistes de 1* autre apprêtèrent le tabac de tontes façons pour l'usage médical. „ il).
Pendant qu'en 1585 on connaissait aussi bien en Italie la JV*. Tabacum , ou herbe Tornubana (2), que la N. rustka, désignée sous le nom d'erbe Santa Crow, Durante, au contraire, indiquait le tabac par le seul nom d' herbe Santa Croce, et ajoutait qu'il y en a île deux espèces: " le mâle qui a les feuilles pointues (qui serait la jV. Tabacum : dont il donne la figure), et la fondle qui les a arrondie* „ (qui s;rait la iV. rustien). Passant à la description de la plante, il dit: "Ses feuilles sont quasi convne celles du citronnier, bitumineuses, d'odeur forte, et velues. Sur le sommet de la plante se produit une (?) fleur en forme de cloche pourprée avec le milieu incarnat, d'une odeur plutôt, agréable „ (3».
Il résulte de cette description qu'il s'agit précisément de la Nie. Tabacum, var brasinensis. 11 ne décrit pa3 la .Vie. milieu . Il continue en disant " qu'elle croit d;ms beaucoup d'endroits des Indes (Occidentales), et surtout, dans l'île de Tabacco (??)... Et maintenant (1Ô85) on en trouve ici, à Rome, en grande quantité grace au Cardinal S. Croce qui l'a apportée de Portugal en Italie..,
Eh f bien , le manque de description do la Nie. mstica fait supposer que Durante l'ait confondue avec la Nie. Tabacum, et en aura aussi confondu I* importation, puisque la seconde avait été introduite de Paris par Tornabuoni (comme on lo dira sous peu) , et la première de Portugal par S. Croce. Et. même la Nie. rustka était alors connue en Italie sous le nom espagnol do Veleno minore, et aussi de Jusquiamo minore.
De plus grands détails furent donnas sur le t.ahac par Reccho (4), qui, en illustrant aussi les simples provenant des Indes Occidentales, s'en est tenu aux notes originalos fournies par Hernandez de Toledo, et particulièrement pour le tabac il puise à pleines mains surtout dans les ouvres de Monardea et de Clusio. Il donne d' «boni une figure exacte du Pi/rielt (qui correspond à la ;V. raslka , var. texana) , et distingue , selon la coutume, les tabacs en trois espèces: 1» la majeure (N. Taltaeum, var. macrotmylla, ou var. brasiliensis) ; 2» la mineure (N. Tabacum, var. fruticosa) ; 3« la dernière et la plus petite (N. rusthn). Il observe que lo P;/rielt des Mexicains a les tleurs pareilles à celles do W/oiCf/amvfi luteus de Oodonee (5) , et que lu Quauht/elt des Mexicains a les fouilles beaucoup plus grandes que l'autre, mais pareilles à celle? du citronnier, ou cèdre avec ou sans queue, ot a les tleurs purpurines (Nie. Tabacum). Le même Reccho s'occupe Ion-
<:> Labat. Voyage aux hles de F Amérique. 1724. It. c. XXIII. p. IflO. (-') Barufltldl ia désigne aussi dans la labaccheide : K Tabaceo Nicoziano Tornabuono, e Hresiliauo (v. IT'i).
ajoutant: « i' Herbe Heine, à cause d'uu Tornabuoni, qui l'apporta eu Toscane, lut appelée lornabuona par le» Italiens » (1. c. p. 101).
(-;) Darante. Uerborio nuoro. I5H5. p. i»7. avec d*. (4> Rocchat. Rerttm medicarum. Roma, lis."»|. p. I7:i.
(5) V llyoïryamu* luteua. soi-disant nouveau, et que Dotfbné* croyait rare eu Kurope. sur le seul motif qu' i! n'avait encore éié observé par personne, est précisément ia .V. ruilicti . importée depuis peu d' Amérique. Fabio Celonna (in Reccho. I. c. p. 877) fait justement observer que la ligure du Pyeielt liouué par Reccho correspond parfaitement à la plante, qu'on trouvait alors dans les herbiers sous It- uoiii d' llyoteyamus dubiit.i. nyaut les Heurs d'uue couleur pâle (autrement dit . jaunâtre ). Si donc ia prétendue nouvelle plante appelée tantôt Hyoneyumut luteus, tantôt lluteynmux dut» us. correspond précisément à la -Vie. ruttica. c'est a dire au Pyctelt des Muxicams, il faut dooarer sans aucuu rondement l'opiuiou du ceriain l>otauiste du temps jadis, soutenant que ia -V. rtutica était indigène d Kurope.
guement des propres médkMmenteuses du tabac, résumant les notices fournies par les deux auteurs déjà cités.
Ambrosini distingue nettement quatre espèces do tabac :
1» N. major Mifdia : 'Jferba S. Cntcis fœmina, Petttm brasiliense);
2" JV. major amjusUfùtiu : {llerba S. Cruris ma*);
3" N. minor: {Hyoscr/amtui hdeus ; lhjOHcyamus tettiu*, Matth.)
4" JV. minima: (Vet um tertium, dus. iu\ Monard.; Tabacum sire sana suncla minima (1) ). L'usage «lu tabac prit bientôt do toiles proportions en Espagne et on Italie qu' un autre P;ipe dut l'interdire de nouveau. Stella s'exprime à ce propos de la manière suivante : " Une prohibition semblable (faisant allusion a la Btlo d' Urbain VIII , de Janvier 1642) fut publiée en l'an do grace 1650, par Sa S dut été le Pape Innocent X, contre ceux qui ont pris ou prennent le Tabac sous n'i. «porte quelle forme dans l'Eglise et le Sanctuaire de St. Pierre de Rome, laquelle selon quelques uns s'étend non-seulement a toutes les auties Eglises de Rome, mais encore à toutes les Villes, Terres et ChAteaux de toute la Chrétienté... (21. D'après Diana, le Pape, avec grande prudence, pour déraciner ce mal et ce vice de chez les Ministres de l'Autel, et de chez le Fidèle Chrétiens, le jugea digne d'être punis d'excommunication; et de fait excommunia ceux qui en dites Villes, Eglises, sous les Portiques, prennent le Tabac; ainsi qu'il est déclaré dans cette Bulle. „ (3>
Quoique cette excommunication ait été renouvelée on 1681 par Innocent XI (4), en 1690 iô) (1693) par Innocent XII t6), néanmoins Benoit XIII, ayant lui aussi l'habitude de priser (habitude qui lui avait été insufflée par -on secrétaire privé Alberto dl Monte Albano, qui était un grand priseur), révoqua en 1724 (1740) (7) I' excommunication lancée par ses prédécesseurs (8).
Le tabac devint d' un usage général en Italie, au dix septième siècle, et excita un tel fanatisme que Baruffaldi le ptone comme nourriture du cerveau <9).
Et le poète explique lo nom de Hrasitc, en disant : u Le premier tabac, qui eut des amateurs en Europe et par conséquent en Italie , fut celui appelé encore aujourd' liui liraaile, parce que ou l'erbe, ou lo produit, viont de cette province, qui est uno partie importante et fertile de l'Amérique méridional? découverte et occupée par les Portugais., (1. c. p. 99).
Dans les Romagnes le privilège du tabac remonte au traité île Tolentino; pour les Marches, Urbino et l'Ombrie il remonte a 1808 (10). Lois de la restauration, le Monopole
(lj Ambrsthil. Phtjtologiae . \m\, p. :$77. Ou a déjà vu plus haut (p. 77) que LoImI avait parlé aussi de la Sic. minima.
<2> Stella, II tahacco. Um, p. m
(3) Stella. I. c. p. 357.
(4) TariioAl TensUl Asl.. Cenni storici mlla mtrodutione di varie pianle neWagricollura tos'-atui, IS53, p. 111».
(5) CdIiiOh». I.e. p. XX-{«) Hsmtbis. Der Tabak, ÎS'JS, p. |«. (7) Celantes. I. c p. 33.-(S; TieesiMss, I. c. p. 144.
(<j) Barafaléi, La labaccheide. 1714.
« O ltrasil pasto del eerebru Non dei ventre, o de la bocea. » (v. 104).
(10) D'upres la tradition locale ce serait les moines Cistercenscs, qui fondèrent, il y a près d'un siècle, uu cou veut dans les environs dy Clnnravalle. qui introduisirent les premiers dans leur' terres la culture du (abac, prenant le» grames du Spadone de Toscane (S. Inbacum. 1... var.6ran. -Anr.). avec lequel ils cummencèreut à coiiteotiooner de la poudre réservée d'abord exclusivement pour leur usage persouuel, ci août ils tlre/it ensune le commerce. Et comme Naseléss 1er. avait parlé du créer une fabriqua de tabac» à Kano pour utiliser ia force uio rtee du Metauro. les Cisiercensea employé rent toute leur influence pour obtenir un tel avautage à Clituravalle, d'autant plu» quo les poudres
fut maintenu par le Gouvernement pontifical, qui en concéda la gestion au Comte Cardelli. En 1831 une société de capitalistes prêta 2,600,000 de Lires au Gouvernement, et obtint )' exercice de la Régie des sels et des tabacs ; exercice confié depuis au prince Torloiia, qui lui donna un grand développement, eu faisant augmenter par des mesures intelligentes la consommation, qui atteignit 7u0,'j00 kg. En 1855 le Gouvernement poutittcal exerça directement la gestion de la Pégie. Pour restituer ensuite la caution a l'ancien fermier, et pour racheter les capitaux rixes et mobiles do l'agence, il constitua Uiie société d'actionnaires, au capital d'un million, et selon les règles établies par la notification du 3 Octobre 1854.
Après l'Iiouroux événement de l'annexion des légations, des Marches et de l'Ombi ie au Royaume d'Italie, les rmanct.-s italiennes se trouvèrent aux prises avec lo contrat de Régie, basé sur des actions répandues dans tout l'ex Etat pontifical, et auquel, en plus de l' intérêt, était garantie une copai ticipution dans les revenus de l'agence, qui avait des centres dans toutes les provinces, tandis que les cultures et ies fabiiques existaient dans les provinces annexées et dans celles re.-tées sous le Gouvernement papal. En effet dans I' ex-Etat pontifical les manufactures étaient \ Rome , Chiaravalle et Bologno , et les cultures à Viterbe, Cori, Chiaravalle. Maintenant il existe seulement les agonct-s de Cori et de Chiaravaie. En 1S38, des JFtomagnes, des Marches et, calculant en raison des populations, de l'Ombrio, on peut estimer qu' on tirait du Monopole du tabac un reveuu de 5,061,796 Lires (1).
Le tabac fut bientôt connu aussi i Florence, et ce, par l'initiative d'un autre prélat (2). En effet, l'évéque Nicolà Tornabuoni, Nonce du l'ape et Ambassadeur de Toscane près la Cour de France, ayant vu employer le tabac à Paris connue plante médicinale i3), en expédia le premier la graine à son oncle paternel, à Florence , qui la sema dans son jardin, pour le même usage. Depuis lors, par les ordres do COme de Médicis, on en pratiqua la culture en Toscane, où devint bientôt célèbre le tabac en poudre de Chitignano, petite commune montagneuse de la province d'Are/zo, et où l'on arriva, il y a quelques aim 'e?, à vendre la vieille poudre de tabac, jusqu' à 210 francs le Kilogramme! Targioni-Tozzetti en parle ainsi : " Il faut remarquer qu' avant tout autre province ce fut en Toscane que (ce végMali fut connu, sous le régne do Come l.erde Médicis, c'està-dire avant 1574, puisque c'est en cette année qu'il cessa de vivre. Le mérite on est dû à Alfonso Tornabuoni, évéque du Village de St. Sépulcre, qui en reçut les graines de son neveu, Monseigneur Nicolà Tornabuoni, grand amateur de plantes, alors Ambassadeur i Paris. D'où elle prit le nom de fierbe tontabuomi, qu'elle conserva pendant longtemps (1).
Mais l'espèce de tabac envoyé de Paris n'était pus la même que celle do Lisbonne; en effet tandis que cette dernière était la Aïe. rttaticu, ainsi qu'on l'a déjà dit, l'autre au contraire ét tit la N. Tabacum, var. bramliensis.
ipj' ils fabriquaient (Ylngè de luxe, le Sun d' Espagne et lu b'ralicello) étaient fort goûtée* du public, et qu'on pouvait aussi utuiscr à Chiaravalle la force motrice <iu Y Ksino. C'est ainsi .|Ue Chiaravaile fut dotée d' une fabrique de tabacs par Nipoloon 1er, fabrique alimentée par la product km locale du Spadone. Du Cliiaravalle la cuiture du Spadone se répandit putit a petit dans les pays voisins de la valiée de l'r-sino e! gajrua la province d' Aucmieicir. Spirane, Guida agrariu merceologict dei i'itmechi greggi. Roma. IH'X, p. Vii. Kelativi-ment à la culture du tabac Muro si ('un (l.ia.io). d'après les traditions conservées dans ie p-i\". il winble que le» premieres plantailous de cette série ont été faites sous J'Kmpire de Napoleon 1er. (cir. Sparine I. c. p. itîi.
d) Cfr. CtpftIUri dalla Colomb*. Le importe dt con/Sn*. i monupoli gotemalivi, ê i datii di consuma. Firenze. IS60.
C») HorMtaln, lier latxik. y. VÎ.-CA) Nittcbo, Ges,f,iciile d,-s latmht, p. 7.
(4) TarjloH Toiiohi Ant., I. c. p.
Cesalpine remarqua alors que ta nouvelle plante , tonnue en Toscane .sons le nom «le Toniabona (du nom <1u Cardinal», était, originaire deft Indes Occidentales, et avait les feuilles larges, longues et pointues, et le? fleurs rongea très. Ce indique qu'il faisait vrai semblublement allusion à la iV. Taharum, var. bnisilir.nfiii, intioduite une vingtaine d'an nées auparavant en France par le Père Thevet (Voir plus haut. p. 71). Il rappelle les vertus médicamenteuses de la planle d'après les bruits répandus à cette époque et rapportés par Monardes , et il parle des effets de la fumée (I). Il ajoute en même temps qu'il pousse chez nous une espèce ressemblant à Yherbe Tornabona et à VHyoscymno nigro. IJ fait certainement allusion à la rust ira . que Dodonée avait cru par erreur être indigène, quoique rare (Voir plus haut, p. 7*n. Cesalpino est inconsidérément tombé des premiers dans la mémo erreur (2).
Depuis 1797, on élevait en Toscane (comme dans les Etats Pontificaux) les trois sortes:
1" Nicotiana à feuilles larges, ou Petum-Nicodana major hUifolia, Brasile (3);
2° Nicotiana à feuilles étroites, ou Virginie <4).
3" Nicotiana à feuilles rondes, ou oblon-uos : <iY. rustira).
La première fut appelée aussi S/mdone <5V, la seconde était dite aussi tabac à lingue (Voir plus haut, p. 8); et h troisième avait les feuilles en forme de bêche (fi). Cette industrie fleurissait à Chitignano (Toscan. ), où il y avait même une manufacture (7).
Targioni Tozzetti (8) fournit pour la Toscane les notes suivantes : " Pendant un certain temps il de tabac) fut cultivé librement comme p'snte médicinale.... Mais comme, en plus de I' usage médical, on apprit des mém-s Américains I' habitude très ancienne (qu'ils avaient) d'en fumer et d'en mâcher les feuilles, et aussi d'en aspirer la poudre par le nez (9), ainsi s' en augmenra grandement la culture chez tous les peuples de la
(1) CafMlplnl Andreas De Mantis. HJor. I.VïS. I. VIII, «*. '13. p. :$U: Tornattoua herba nuper er India Occidental! inrccta est. primwn in Hispaniam. cam magms encomiis et mutins et mirtibiles ejus facilitates . ut itpud Menardtn cruditissimum tne<lt>'um hispanum légère licet Vont autem is Tnhaoum patria apud Indos nomin<>. Itctnde in Galliam. mo.r in Itaiiam Alfoiuo Antistiti eiu* patruo Nlcoltl TsrneieiHI Antistiti* opera tunc apud regem Gitlliae Isgati "trantmissa est. Nom en herbae Tornabonae dirulgntum est in totnm Hclruriam. cum Tabacn nnmen Jndi-um adhuc non
fuisset auditum.... Folia f*rt lata et praelonga. in anguliim aciitum desinentia Flores tubae
figura, purjturascentcs. tlceribus tnalignis et diuttirnis praecipuum remedium. Glutinat ruinera
rerentia cancras sanat. Fitmun ejus aiunt inebnare. et soporem suarem accertire : remedium
ad lassitudinem.
(2) l.l. iJ. p. 34.ï: Quaedam congener Toriiabonae in nostro Orbe natcitur (?). quae a qttibutdam pro Hyotcyomo nigro ottenditur brermr; filiis rolutxhortbus.... giulincsis. rirentibits ut Tornabona*. Floret fert in *ummts ramis palletcentfs, concaros. breves, labris parum sectis. Vaseula rotundiora qimm Tornabonae. in qut'tut semina omnino similia. Peregrma (f) apud nos.
(3; Ceci confirme qu'il correspond au véritable return (jV. labacum. var. brasiliensit) introiluit directement du Itrésit en Krnnce par Thevet, en I.YVti (Voir plus luiiil, p. 71). (4) Cette variété doit probablement se rapporter à l'ybriie lanc. X.har.
(.">) Nom que l'on doune encore au tabac de I' Agence do Cluaravullc. A présent le Spadone correspond à l' ybri.ie bras.Khar. (Voir ci-dessus, p. tc>).
(0) li «'agit bien ici de la A', rustica. var. brasilii, cultivée aujouni* hul dans plusieurs localités italienne* (Cava, Palermo. l.ecc>.
(*) Cfr. biiionario Universale Economiro rustico . Koma . ITf7. torn. XXI. ( Imprimerie, Michèle Puccinelli).
(8) Tarylonl-Taiistti Ast.. Cf»ni storici sulla inlrtulutione di varie pi"nte nelVAgricoltura totcana.
(9) Lssisls rapporte (Voyage d'Haï, trad, de l'Anal.. 2m« édit. Paris. NW2, 1. p. 2tW) que la fabrique de tabac à priser de Poggibnnsi était fort renommée. On ne sait pas exactement l'année où le dit Letteli passa à Poggiboosi; mais ce dut être avant loT? . car il mourut cette tinNme anuée. On Ignore également si cette fabrique existait avant ou après l«15: année dans laquelle fut fondée la regalia (Régie) du tabac.
terre, je dirais presque sans aucune exception ; mais bientôt elle ne fut pas partout également libre... La prohibition fut décrétée <>n Toscane par un edit tie Ferdinaad II, en date du 11 Mai lt>4."> il), à l'exception de quelques endroits, où, pour soulager les populations, on laissa la liberté de cultiver le tabac sous certaines conditions. Cela continua jusqu'en 1789, année dans laquelle le Grand Duc Pierre Lêopold, par doux Motupropri (du 18 Mars et du 18 Juin) abolit cette Régie, et permit dans tout )o Grand Duché la libre culture du tabac à quiconque „ (2).
" Le digne Président Marco Lastri (Voir ici , en note) dans la séance de 1* Académie des Géorgophiles, tenue le 6 Juillet. 1774, lut son Discorso economico délia coltieazione e délia manifattum libera del tubacco m Tvtcana (H), qui d 'termina l' intelligent Pierre Léopold à prendre la résolution mentionnée ci-dessus en faveur des cultivateurs toscans. „
" La Toscane ne jouit pas longtemps de cette liberté de culture concédée par Pierre Léopold, car. en Octobre 17'JI, Ferdiaand III rétablit le Monopole en faveur do spéculateurs privés, rééditant l'ancienne permission de la culture de cette plante accordée sous cort unes conditions aux mêmes pays, qui en jouissaient avant les édits de Léopold. Ces endroits étaient les territoires de Turicchi, de la Trappola, de S. Lotiuo del Conte, de Chitignano et de la Cesa, qui, par la notification du 21 Août 1826, fut ensuite exclue de ce privilège. Mais, pour d'autres motifs spéciaux, celte autorisation fut aussi enlevée à ce» pays par le Motuproprio du 1!> Mai 1830. De sorte qu' en Toscane à partir de cette dernière date, personne ne pouvait plus cultiver aucune sorte de tabac, ni travailler celles qui auraient pu venir de I' étranger. „ (4).
A propos de la culture du tabac dans la même région, Cappellari délia Colomba il. ci confirme qu' en Toscane on donna en 1G45 le fermage de la gabelle du tabac à David
1HU Lires toscaues 700,000 W3S , » I.COU.000
(1) Caillai. J.eggi, etc. T. 17. p. 2or>.— D'après ce <jue «iit Bliclwii dans ses nolo* au JWalmanttle , clianl XI, stance 4a, le premier fermier lui Alcsitndro Brun«cdnl. qui, dans ie poème cité, au dit chant et aussi daus le premier, .stance 47. est désigné par sou anagramme, Nannl Rutia 4*1 Braeclo. Ou ignore le rapport du fermage oe l'année UHô, et lie celles qui suivirent, a l'ouoque de BiiciMii (ou au comiiieoceineut du dix-Uuitième siècle) le fermage du tabac et celui île i'eaudevie étaieut réunis, et iiioyeuuaut la somme annuelle de iHo mille Lires. Il furent sép.trés eusune, c.ir ou sait que le fermage du tabac lut >ie 210 mule Lires en 1736. De I7X«J à IH02 l'administration travailla pour compte du Gouvernement. Eu I«'ij le ti.twc lui affermé île nouveau pour ."Vi'i nuile Lires par an. Puis il fut repris encore une fois par le Gouvernement jusqu' eu ISH: an une oit recommença le fermage, qui a commué sans interruption, renouvelé de temps en temps et toujours eu augmentant sensiblement de prix (stgue certain de l'augmeutatiou considérable de la consommation de cette deurée) d' après les cloîtres suivants:
IS38 lares toscanes 2.041,000 IS44 » » 2.250.0O8
I8.-W » » 2,7-".»,WW
A partir de 184" le fermage lut augmenté à cause de l'aijonctioû de l'exDuclié de Lucquet à la Toscane. Ko outre, selon Lattri, ie premier fermage fut douné en Toscane a David Isaraal. juif de Tunis, pour la rente annuelle de 10 mille ecus, à commencer du mois d'Août IG45. et pourUaus. Le prix de la rente alla augmentant peu a peu, si bien qu'il était arrivé à 110 mille écus à l'époque de l'auteur (Latlvi, Delta culttxnizionê del Uibacco in loscttna, cfr. Georgofili, luglio 1774, p. là).
(2) A la suite de cette loi l'Académie des Géorgoplules (cfr. Atti, Tom. II, p. 2U) fut îuviiée par ordre Souverain à publier uue instruction pour la culture du tabac, instruction qui fut laite immédiatement imprimer, saus date, mais .011 dans les Actes, et oui circula eu feuille volante sous ie titre d' Istnuiani per la coltivattone del tabacco, pretentata « letta daWautore délie Istriisiont tiementon d Agricoltura (qui était Aaaaio Fabtroni; twWAccademia det Georgo/Ui di Firent*.
(3) Ce discours fut ensuite imprimé à part la même année, I7»'J. dams laquelle lésfold l.er abolit la regalia (Régie). Ce fait est absolument semblable à celui arrivé précédemmeut daus les Etats de l'Eglise, lorsque l'abbé firatsi, qui fut ensuite Géuéral des Sylvestriues. ayaut publié à Jesi, en 1750. son Disrorto suir utile e nécessita d'mtrodurre la planta stone del Uibacco negli Stnti Pontifie», il s'en suivit l'abolition du fermage daus tous ces Etats, par ordre de BmmII XIV.— (4) Targtssl (I. c).
Israël, «le Tunis, moyennant une rente amme.ie «le 10 mille é«-us. De gramles facilités furent accordées au début, d'où le développement rapide de la consommation et l'augmentation de la rente qui monta à 1 10,000 Lires toscanes, équivalant a 2,236,000 Lires italienne* (Voir ci-dessus, p. 88 en note).
La République de Lueques imita le Gouvernement florentin, et lo fermage fut, accorde à Silvettro de Bernard» Marselli pour la rent* annuelle de 140 ecus lucquois, avec obligation de payer un droit d'entrée pour l'introduction de la feuille. La rente de 140 écus «"'tait montée à 18,102 «-eus (ou 101,371,3'-) lires) en 1806. Après cette époque lo Monopolo fut excercé par I' Etat qui en tirait un revenu d' environ 290,000 Lires.
La. loi toscane du 18 juillet 1851 défendait do négocier, cultiver, introduire, consigner mi recevoir, employer, fabriquer, vendre, acheter aucune sorte do tabac, ni aucun instrument pour piler, moudre, râper, couper, hacher le Ubac. Le libre commerce était i-oncédé au port de Livonme, excepté avec I* île de Capniia.
Ko 1858 le revenu était en Toscane de 2,280.900 Lires; niais le 30 septembre 1850 fin stipula un contrat, avec le chavah-r Emanuele Fenzi pour lo fermage do la Régie moyennant 3,814,500 Lires florentines (ou 3,204,180 Lires italiennes), et 20 pour cent sur 1' excédent du produit brut au dessus de 7,752,000 Lires. Le contrat resta sans effet à cause des événements politiques et de la suppressions des l gnes douanières entre la Toscane, Parme, Modènos et les Romagnes , qui en fut 1' heureuso conséquence. Il en résulta un débat qu' il fallut liquider par une transaction,
Dans les manufactures de Florence et de Lueques on travaillait la feuille exotique. A Lucques pendant une brève période, a partir des décrets impériaux du 28 Août 1808 et du 20 Décembre 1609, jusqu' à 1' ordonnance :lo 1813, la culture fut libre. Dans le rest <ie la Toscane la culture so développa sous les Gouvernement national en les deux Agences de S. Sépulcre et de Foiana délia Chiana.
Lo tabac fut introduit et cultivé aussi dans les jardins de Ferrare dans la dernière moitié du seizième siècle. Sun nom manque en effet absolument dans lo catalogue dos jardins Ducaux d'Est compilé en 1549-1552. La plante séchée est au contraire conservée dans l lu rb;er classique (formé de 1585 a 1598) au n.° 38, sons la dénomination de Tabacko over Herba Rtgina, et représentée avec les feuilles et les tiges fleuries de la Nie. Tabacum. Comme preuve, Camus et Peiuig (Illustration de l'herbier Ducal d'Est du Seizième êiècle, 1885, p. 27) observent que u l'exemplaire est le mieux conservé, et probablement le plus ancien qui nous soit parvenu depuis l'époque de l'introduction de cette plante en Italie. Nous savons en effet par Cesalpino (De pLtntis , VIII , p. 344) que le tabac appelé herba Tornabona avait été importé de France chez nous par 1' Evéque Nicola Toraabonl, Ambassadeur du Pape à la Cour de Paris, où on l'appelait Herbe de la Roine Mère „.
Le tabac fut ensuite cultivé pour l' industrie dans le Fermais , puisque #olon Baruffaldi: " En Ferrare ce Monopole commença par Souverain Décret en l'année 1057 „ (La Tabaecheide, 1714, p. 108, note). A propos de ce fermage ei de l'impôt relatif, BaruHaldi observait :
« La Tribii Tabaccopea Che diaeesa «Il Giuiea » (v. 2'.'3).
parce qu'il cette époque la fabrication des tabacs étaient confiée aux Juifs en Italie (1. c. p. 107). Et il ajoutait:
« In prigiou spu-tata. n cruiia A reuder couto al Tnbuuul di Couda.
Cosi il tabac«-o, che «tel Naso è vino Uivieu corpo di deliito > (v. Xil).
0o»M - HMvr* lu TmU*. 12
" Les fermiers du tabac étant presque tous Juifs, il convient que se trouvant quelque contrebandier parmi les Ministres on ne pouvait l'absoudre sans avoir d'abord arrangé la chose , venant à composition pour la peine encourue ; et par ce motif on appelait Tribunal de Judas celui qui induisait les Juifs à venir à cette composition „ (1. c. p. 111'».
On sait que dans le Modènais, en 1694, Abramo Fontasella offrit d'assumer una nuova condotta dell'appalto del tabacco, moyennant la rente annuelle de 42,000 Lires modènaises (Ou 16,170 Lires italiennes). On procéda ensuite par le système des fermages, avec une surveillance spéciale des Ducs, et l'interdiction dp la culture. Cette méthode continua jusqu' à la domination française, sous laquelle on pourvoya à la consommation avec les produits des fabriques de Loaibardie. Dès la Restauration , lo Gouvernement reprit les genres réservés , payant au Gouvernement autrichien 4(3 pour cent de la valeur des genres, et en retirant un revenu de 256,545 Lires. On rétablit plus tard la fabrication a Modènes, et la Régie fut directement, administrée par le Gouvernement, en 1858, avec un revenu de 1,763,432 Lires.
En 1760 le fermier Michel Patet encaissait pour le fermage du tabac dans le* provinces de Parme, Plaisantv et Guastalia 1,157,000 d'anciennes Lires parmesanes. Le contrat annulé, la gestion de la Régie fut confiée au bureau de l'Economat des finances royales parmesanes, qui tirait de la culture indigène un abondant et excellent aliment pour la fabrication. Eu 1816, on institua une Régie (pu ferme mixte), qui dura jusqu'en 1836: époque à laquelle le Gouvernement reprit 1' administration, qui en 1858 rapportait 1,517,106 Lires, grace aux produits fabriqués dans la manufacture de Parme.
Baruffaldi célébra par les vers suivants la poudre de San Crisiofano, qu' on fabriquait, à Bologne:
« E allor ih. clie sali m pregio Di corona imperatoria
Il tabacco real >ii San Crisiofano » (v. 247). Et il ajoute à ce sujet : a D' aucuns ont voulu que le tabac dit de San Crisiofano soit ainsi appelé de l'ile d'Amérique du môme nom, où cette herbe croît en abondance, • et où l'on en fabrique en quantité. S'il en est ainsi, ce ne peut être que l'iie, ou plutôt la Citadelle piès de la Havane, poste célèbre de l'Amérique dans l'ile de Cuba, où débarquèrent les armées navales de I' Espagne. Le dit château s' appelait S. Cristoval de la Havana, et comme il y a aujouid' hui en Italie une sorte de tabac léger de Séville, dit Havana, je suis porté à croire que ce n'est autre que la feuille de celui qu'on a récolté à S. Crisloval „ (I. c. p. 106)... u 11 vient maintenant de cette lie (Cuba) une sorte de tabac léger et aussi impalpable que la poudre de Séville, mais d'une nature plus vigoureuse et. agréable à la fois. Et je crois que le Havana est une sorte de tabac de S. Cri*lofano, en fine poudre moulue „ (I. c. p. 177). Et lo même poète dit ailleurs :
< Che un'oncia soia avea di S. Oistofaoo Troppo acuto è l'odor di Tripod Cou cui lavansi i freschi maaipoli Nel dar concia a quell'uiclito balsamo » (v. 3tS).
A Bologne, dit-il, il y a, entr' autres chosen, la fabrique du tabac de San Crisiofano d' une perfection incomparable (I. c. p. 107). Quant à 1' arôme , il ajoute : " L* eau du Trèfle très parfumé (qui est le .\Hilot sylvestre de Oioicoride et le Mélilot domestique de Dodonée, dit vulgairement Trivvli , Triboli o Tripoli) (1), fait partie des ingrédients
(I) Mtlilolhut officinalis, qu' on emploie souveut encore aujourd' bui eo Macédoine pour aromatiser les tabacs turcs. On intercale de cette herbe dans les amas de feuilles di tabac à sécher encore vertes. Il est très probable que ce sont les Véoitieus.qui out iuiroduit eu Orient cet usage d'aromatiser le tabac.
qui parfument le tabac de San Cristofano; elle a une odeur fine et agréable, qui pénètre le tabac séché, en le baignant et eu le brossant ensuite „ (1. c. p. 109).
b) Eégion s»ptentr!oaale et Sariaigae.-fiiovan Cris. Magneno, savant médecin et célèbre professeur de l'Université de Pavie, publia un ouvrage des plus importants sur l'usage et sur les formes médicamenteuses du tabac (1). Après avoir longuement parte de l'origine américaine, de l'introduction et des propriétés des diverses espèces de Ubac connues alors, il s'étend sur leur usage et lour abus sous forme de fumée, de poudre et de mastication. Il décrit l'emploi médicinal du suc do tabac, et le mode varié de le préparer comme médicament, sous les diverses formes do pilule, de conserve, de sirop, d'onguent, ainsi que d'eau, d'huile, de baume, d'essence, de teinture, d'alcool, d'éther, do sel solide ou volatil, etc. Il distingue trois sortes de tabac (1. c. pp. 4, 24) :
l.o Tabacco mascotino, qui était le plus largement cultivé en France, folia amplia longaijue (N. Thbacum, var. brasUiensis) ;
8." Tabacco feminino, qu'il croit (partageant l'oneur de Neandert être un dégénéré du tabac masculin planté dans un sol stérile et sablonneux (If. Tabacum, var. fruticoaa);
3.» Tabacco minore (p. 4> ou minimo (p. 24) floribus in calyculis mucronatim concisis luteo colore m flush (N. rustica).
Il parle aussi du tabac arabique (p. 4) , mais il ajoute (ainsi qu' on le verra), que c' est une herbe pou connue (p. 6>. Il rappelle ensuite que quelques auteurs font une distinction entre le tabac minore et le minimo, soutenant que le minimo correspondrait à la priapeia de Gesner (c'est à dire à la N. rustica), tandis que selon d'autres il serait une espèce différente (2).
La Régie du tabac remonte en Lombardio à 1637, et rapportait 300,000 Lires. Ou Ht plusieurs tentatives, on e»9:iya même une sorte de Régie cointéress^e dans l'espoir d'obtenir un revenu supérieur; mais le résultat fut négatif. En 1770 la Cour des Comptes, où siégeaient le Comte Secehi , Visconti, Carli , Pietro Verri, discuta la substitution d' un dioit de douane au Monopole; mais le projet ne fut pas approuvé par le Gouvernement impérial, et le Monopole continua à fonctionner géré par la Cour des Comptes, et plus tard par la préfecture des finance i, rapportant en 1858 pour la Lombardie un revenu de 10,972,721 Lires.
Par décret du 20 septembre 1647 la Duchesse Régente Christine de France institua le Monopole dans le royaume de Piémont. La culture du tabac y fut introduite avec la fabrication dans les piste pour le tabac rapé, et des concessions fuient accordées au Comté fialliani, aux Communes de Urugliasco, de fc>. Mauro , de Sottimo et de Castello di Miration; mais elles furent retirées vers l'année 1738. La culture en fut alors interdite partout, excepté dans la vallée de I' Os*ola , mais avec défense d' en exporter le produit. Les Letti es patentee royales du 15 Mai 1816 réformèrent les règles do la gabelle du tabac, (exception faite do la vallée de 1' Ossola et de la Sardaigne) , avec dé. fense aux particuliers de le cultiver.
L'hnpùt, qui avait été d'abord affermé en Surdaigne, finit par être perçut directement pur le Gouvernement. On y permit, au contraire des provinces continentales, la culture du tabac, et on y créa la Manufacture do Cagliari.
Dèu que la culture du tabac fut introduite en Sardaigne , on on retira un produit
(I) ■■(••«■•, De labaeo, 1609.
il) Mignenui réduit à trois les espèces rte tabac, confondant inconsidérément le tabac minime aveu le tabac minore, taudis qu' il s" agit de deux esjièce-i nhiolunum «iifTérantes i Voir plus liant, y. 77).
île beaucoup supérieur aux besoins des habitants. Gemelli observe en effet que " le tabac de Sardaigne dépasse la consommation de l'île ; c' est un des meilleurs d' Europe. Et plus il est naturel, ainsi que l'aiment les Sardes, meilleur il est. Travaillé, il s' évapore avec le temps; naturel, il devient plus piquant en vieillissant. On l'emploie d'ordinaire en poudre. „ (\)
En 1858 , la Direction générale des gabelles tirait des anciennes provinces sardes, y compris Nico et la Savoie, un revenu de 18,981,196 Lires. Des manufactures existaient à Turin et à Sestri Pononte. On se rappelle que pendant la domination italienne on <!ut des produits bons et abondants en Valsosie. La culture se pratica à Cunéo , à Aoste et dans l'Ossolano jusqu'à la loi de prohibition de 1862, et s'étendait jusqu'à 4<J Communes de l'arrondissement. Dans les anciennes provinces du royaume subalpin elle ne se pratique plus aujourd'hui que dans l'agence de Sassari.
Mais la culture du tabac se répandit un peu partout en Italie dans la dernière moitié du seizième siècle. Il semble même que furent les Vénitiens qui l'ont plus (ard introduite en Orient. Elle a dû être introduite peut-être avant l'année 1600 dans la province de Mantoue (2i. Jusqu'alors on ne connaissait que le Braaè, produisant une poudre recherchée pour son parfum. Lorsque l'usage du tabac out p-nétié dans les habitudes de la population, le Prince (Duc Goniaga) en tira avantage et profit pour le budget. Le 18 Novembre 1627 il stipula un bail de 5 ans en faveur de Giovanni Tugnoni, pour le Monopole de l'eau de-vie et du tabac de la ville et de l'Etat de Mantoue, moyennant une indennité annuelle de Lires 60900. Le 19 Décembre fut publiée une ordonnance du Pouvoir Ducal prohibant l'introduction du tabac, comme nuisible aux fermiers du Monopole, et dix ans après, le 16 Novembre, le Due Ferdinand Charles Gonzagn décrétait des peines sévéros contre les contraventions, s'exprimant ainsi : " Et comme nous entendons que beaucoup de gens plantent et fassent planter 1' Herbe Reine, et autres sortes diverses, avec lesquelles on fabrique ensuite du tabac en corde et en poudre, pour ce, nous ordonnons expressément que de cette Herbe il ne puisse être fait par quiconque même la plus petite emplette, ni sécher pour faire du tabac, sous peine d'être condamné à la perte du tabac et à l'amende de dix écus d'or par livre. „ En 1788 le fermage de l'eaude-vie et des tabacs rapportait Lires 213,000 (3i.
(I; Gsmtlli, Uifiorimento délia Sardegna, 1770. vol. I. p. '254.
(2) Cappellirl d«IU Colesiba (I. c.) rappelle une observatien de Peechlo. disattt que si l'on avait encouragé la culture, surtout dans le Tyrol, la production des rouilles indigènes suffisait comme quantité aux deux tiers de la consommation. La culture était permise dans la province de Mantoue sous le règne de l'Impératrice Maris-Thérèse, et ou l'exerçait dans de larges proportions dans les Communes de Castiglione dello Stiviere. de Cavisana et de Guidizzolo. Pendaot io premier Royaume d'Italie des cultures fuient accordées à quelques départements. Ou permit même la fabrication dans le Haut Adiice. à eondition de vendre seulement dans le département ou U V étranger.
(il) Ctpilupi. Notiite sul tnbnceo colli valo anticamenle nell' alto Mantovttno (in Boll. Com. Agr. Mnnlora, IK91. p. 4K). — A propos du fermage des droits sur le tabae dans la province de Mantoue . Lotar Becker. (Salure, IK80. p.GÔO), pour prouver que l'origine de cette plante n'était pas américaine, fait dire à Magntnui (De labaca. ItSfW. p. •£.•). l( ue dans le Milanais les graines américaines produisaient du tabac invendable, et que le climat italien ne s' adaptait pas à la plante américaine. Mais c'est absolument le contraire de ce qu° a dit Maasesst; en effet, celui-ci dit : * : entnrunl cecligalis labacini I.i<~itatores in agro Mediolnnensi labacum serere ; semen hnbuerunl Indicum, credit ad insignetn altitudinem. sed quin fermenttire nesciebnnl existimnnerunt nf ficinnrum utui invptum ndscripio terme defectu, qui ab chyltirii (fermentut .on !) ignorationc repeli debuisset. Aptusimum est Longobardtae solum educando tabaco, et mfeimontum creteeret, si illiut praeparationem nonssent urleftces. » — Nous transcrirons maintenant les paroles textuelles de Bseksr pour démontrer qu'elles disent précisément le contraire de ce qu'a affirmé ftUgnaaiit : < So er:iihll Hagnmui , dass die frichter des Tabnksmonopole* dem um Milano nus nmurihanisehem Samen erteugten labak fur
En 1651 le Sénat Vénitien ordonnait une plus grande surveillance de la part des fonctionnaires publics, pour tirer un avantage supérieur des droits sur le tabac tant à l'entrée qu'à la sortie, aussi bien sur le tabac en feuilles, que sur celui en poudre. Il est établi par les Chapitres du 5 Mars 1667, des Cinq Sages du Tribunal de Commerce, que " quiconque dans la ville ou dans la République aura du tabac entier ou pilé d'aucune sorte, excepté du ilngasin Ducal, doit le rapporter au Magasin dans un délai de 15 jours, sous peine de la perte du tabac et de 5 Ducats par livre. La liberté du commerce eet ac cordée, mais après que la marchandise a été déclarée et présent4e au Magasin. Il y a peine des galères pour les personnes qui contreviendraient à cotte ordonnance, et perte des moyens de transports pour les conducteurs. E*r. interdite, sans la permission des douaniers, la mouture du tabac en ville, dans la Ré publique, en Terre ferme, en Istrie, et la culture, sans la permission dos cinq Sages du Tribunal de Commerce. Le produit, de la culture autorisée doit être porté au Maîrasiu, après avoir été reçoit* et séché „.
Par ordonnances et instigations les rigueurs furent constamment maintenues contre les contraventions, ainsi que le prouve un procès trè* sévère ordonné le 11 Décembre 1668 par le Sénat contre lo capitaine d'un navire anglais (Robert Sander), pour avoir introduit clandestinement quelques baril* de poudre de tabac. Os dispositions furent confirmées et augmentées p.ir Décret du 28 Janvier 1776, établissant que la liberté du transport à Venise serait accordée seulement aux bâtiments portant pavillon vénitien. D'un rapport fait au Sénat le 10 Avril 1745, il résulte que la rente que lo Gouvernement avait retiré de la première aune* de fermage du tabac avait été do 40,000 Ducats, tandis qu' en 1745 elle avait atteint 787,500 Ducats, sans compter un appoint de 86,512 Ducats, résultant du droit de sortie.
Malgré l'interdiction de culture, quelques auteurs prétendent que ta République, en récompense de la fidélité des riverains du Canal do Brenta , leur concéda le privilège de la culture du tabac, qui était prohibée danc le reste du territoire do la Séréuissime République. Cette culture fut, dit on, introduite dans le Canal par le noble Girolamo da Fietta , de retour de la défense de Candie , en 1045. « Au début , la culture du tabac était un des privilèges des sept Communes do la Vén étie; et ensuite d'autres du Canal du Brenta (Valstagna, Oliero, Campolongo , Campeae et Valrovina) étaient des Contrade utinatae (ainsi qu' on le dira ensuite). Kn 1654 , Venise mettait un impôt sur le tabac, et proclamait une loi interdisant toute plantation et toute vente privée de tabac, et déclarant tout privilège aboli. Mais les susdits pays du Canal, se basant sur leurs anciens privilèges (1), continuèrent jusqu' en 1702 la culture du tabac, dit alors Herbe Reine; les différents décrets et les menaces du Gouvernement Vénitien ne purent la faire cesser.
unrerkaàflich, und dte amerikanitche l'flanze ait fur Italiens Klime untauglich erklàrten *— Dans leu Eierc. I ut II du mémo MagiKnui, Becker aurait |»u trouver des argumenta irréfutables en faveur de l'origine eaclutieement américaine de» tabacs. Il ne faut pas sétouner que les tabacs cultivés en Europe ne conservent pas leur valeur originale . car ils o' y retrouvent pas leur climat natal. Cela était su même des auteurs des siècles passés, et fut particulièrement remarqué par Labat ( Voyage aux itles de V Amérique, 1724. II. c. XXIII, p. 159) — ■agnenut. convaincu de I 1 origine américaine df <-e ff nre de plantes, dit k propos du fameux tabac d'Arabie (cité par Backar) : • Tabacum aulem Arabieum herba non iati$ nota, quant curiotistimu* Fttrius Colwaaa illuttrare tenta-t p. 142 operit. qnod plantis minu* eognilu dettieaeit (I. c. p. 6). Kt il dit encore ailleurs (p. 81) que Celoaaa nie absolument que le tabac soit la plaote arabique.
<l) Kn Vénétie la culture du tabac fut autorisée (MJ57) dans 7 Communes et dans le Canal de Brenta (TUéamaaa, I. c. p. 145). et le fermage du droit à payer fut rixe a 48 mille ducata pour les premiers cinq ana (Nltsca*. I. c. p. U). ou à 40 mille, comme on fa dit. I.e Sénat Vénitien ordonna en même temps la plus grande surveillance, alio que l'impôt déjà établi rapportât le plus possible, tant à I* entrée qu* à la sortie du tabac.
Il résulte d' une part que la culture h' y est toujours pratiquée , et il apparaît d'autre part, des actes des inquisiteurs de l'Etat (dans les années 1721, 1723, 1750 et 1770), que ce privilège ne fut pas reconnu, la permission de cultiver lo tabac ayant été concédée dans les mômes conditions qu' aux autres localit'-s. Il faut, noter à ce propos l'acte du 24 Août 1770. La culture se répandit même l'e plus en plus; et d" année en année le Gouvernement de la République, qui avait déclaré le tabac Monopole de l'Etat, décrétait la quantité de terrain cultivable en proportion des besoins de l'Etat, et les cultivateurs dévident vendre leurs produits à des entrepreneurs patentés, d'après les prix établis d'accord entr'eux et les représentants des Communes. Le privilège fut renouvelé aussi par les Gouvernements italien or. autrichien, soit pour toutes les Communes de la vallée, soit seulement peur relies de la rive droit* du Brenta „ (1). Cependant, depuis 1654 i' ensemencement, la culture et 1' usage du tabac s'étaient étendus dans les provinces Vénitiennes, et la Sérénissime République, en accordant les concessions, imposait une taxe à charge de quiconque voulait semer, décrétant des peines stWères contre les contraventions. Les 7 Communes et leurs territoires furent exonérés de la taxe, et elles continuèrent la culture jusqu'où 17fî3, année dans laquelle fut conclu le premier contrat avec le Pariilante ou Fermier Carlo Mgngini. A celui ci succéda Girolamo Manfrin, qui fut l'auteur des 30 chapitres, qui réglèrent les cultures sous le Gouvernement de S. Marc, et qui inspirèrent les dispositions du premier Royaume d'Italie, qui en ceci, comme en tout autre matière, fut un excellent, législateur.
Pendant le Gouvernement Vénitien on doit rappeler les rapports tails en 1790 par une Commission, qui était allée visiter l'établissement agraire de Rome, et en 1791 une relation de Michel Vettori, surintendant, aux cinq Sages ,iu Tribunal de Commerce et aux députés et adjoints à la provision des deniers publics, sur la plantation du tabac à Nona, et sur les méthodes utiles à sa culture. Il faut aussi mentionner les ordres donnés au surintendant de l'agriculture en Dalinatie, pour la bonne culture du tabac. Par les soins de Marco Benacchio les cultures, donnant de bons résultats, se répandirent de 1815 à 1819. En 1885 il y eut une période rétrograde ; mais ensuite les lois autrichiennes permirent d'étendre les cultures. En 186b\ les provinces do Venise étant réunies au Royaume , les cultures , la manufacture de Venise et le Monopo'e furent régis par les lois et les ordonnances nationales. Actuellement la manufacture est toujours à Venise, et la culture , concentrée dans la vallée du Brenta et dans la commune d' Arsiè, dépend de l'Agence de Carpanè.
c) Région méridionale et Sicile. — D'après Cappallari délia Colomba ( 1. c. > dans 1' exroyaume de Naples (2) ou perrut 1' impôt sur le tabac en \i\3t, mais il ne donna des
<l) Smco. Appuntx suite eoltiraztoni di tnbacco nella Valle <li Hrenta (dans le Rollett. t'omisio Agrnrio di Vicenza. îase. 7-8, nouée t&>K>.— Eu j84* l'Autriche voulait abolir le privilège eu donnant une mdeiinité pécuniaire aux cultivateurs; mais, après la révolution, ou accorda aussi pour 3 ans aux Communes de la rive (fauche le privilège qui était réservé depuis à la rive droite: privilege prorogé pour 5 a us en La rive gauche le cultiva encore en 1S.V«. et n partir de IW57 < Spanuio.
('.') Pour le royaume de Naples on dit: « Par edit de lrtX> on prescrivait do lever la gabulle sur le tabac imposée depuis peu : mais par ordonnance de 'S3" le droit prohibitif du tahac tut pour la première fois mis en vigueur. Le Fisc Royal lut ensuite solidement ré'utégré dans ses droits primitifs eu 184(5 et 1050 par plusieurs autres édits. Et enllii par l'édit de |7iM ou renouvelait tous les ordres relatifs aux exactions de ce Vettigiile, et les conditions du fermage et de son revenu. >
« On prescrivait eu I7.V2 de créer dans la province de Leece uoe nouvelle fabrique de tabacs: fabrique <pii a pris depuis un grand développement. K« pour lavunser toujours davantage cette mdu strie, ou établit par ordouuauce du 14 décembre 177'.» >|Ue le tabac serait exempté du droit prohi-
résultat» réels qu' a partir de 1650, lorsque le tabac fut dtclaré objet réservé, et affermé pour la rente annuelle de 80,000 Ducats. Par décret d,i Vice-roi, ou par des lois , des droits de poursuite furent concédés aux fermiers, qui les exercèrent si rigoureusement, que le revenu était monté jusqu'il 517,728 Ducal» en 1779, quand le privilège fut aboli. R-tabli en 1810, le revenu que la Direction générale des contributions indirectes retirait du Monopole de la fabrication et de la vente du tabac attegnît, en 1858, la somme de Lires 11.770,660.
En dépit des prescriptions fastidimses appliquées parfois arbitrairement, le tabac fut cultivé et fabriqué dans les deux provinces «le la Terre d'Otrante et de Calabre (1), et. d' après les notices, avec un excellent produit. Au début, en dehors de cette culture . limitée, ou pourvoyait aux besoh-s de la consommation par des importations de l'étranger, l'ius tard la culture s'étendit à la province de B'in'-vent (2), de Caserte, de Salerne, et de Aquila.Le tabac fut cultivé dès 1815 à Pontecorvo, selon les dispositions des concordat conclu entre les ex-Gouvernement* pontifical et bourbonien. Jnsq' en 1859 on cultivait à Catanzaro, en plus de l'herbe sainte, le Virginie, avec la feuille desquels on confectionnait du tabac haché et le Seville à la mode d'Espagne. A Villa Sant'Angelo, dans les vallées de Pratola et de Peligna, à Popoli et à Sulmona la culture , libre jusqu' en 1810 , donnait d' assez bons résultats. Lois de l'institution du Monopole, vers 1825, la culture s' étendit de la Commune de Cava dei Tirreni aux Commîmes de Salerne, Vietri et Nocera, dans la même province de Salerne,
bitif à partir du 1er Janvier I78Q. soumettant seulement du tiroit d'entrée le tabac étranger. Mais comme compensation pour le Fisc de l'abolition de re lirait, ou mit une uouvelle taxe sur le sel, sur les feux du royaume, sur le papier, sur les livres étranger*, sur la chaux, le vin, l'amidon et ia poudre de Cj pre. Cette brandie du revenu liscai et le* intérêts des personnes qui l'administraient étaient d'abord dirigés et jugés par uue Jante ayant un greiricr (ttUunrio) et un secrétaire. Quand plus tard te Veltigale tut aboli, ia Junte fut transformée en une autre dite: Junte pour les impots substitués à l'aocieu droit prohibitif du tabac. Elle était représenté-* par un dètigue.et pour les affaires contentieu-es par uu magitlraL II y avait uu caittier {rationale), uo comptibla, un tecrétaire et deux greffier* chargés de compiler les actes. » <B*fl. Al Repertorw degli Antieht Atli governalioi introdutione. vol. 11. It&5, p. 145).
(1) On cultivait déjà cette plante en Caiabre en 1774: en effet, 0« la Tapis sema en 1780 à la Brède (près de Bordeaux) de la graine de tabac de la plus belle sorte, qu' il avait rapportée de Na" pies, l'ayant cultivée en Calabre, en l'aunée i7T4 (Hojltr. Suovo eorto compléta dt Agricottura, (trad, ital.), 1833. -YXX.p. 2).— Baruflaldl. parlant ensuite d'un tabac a priser particulier préparé dans le royaume <ie Naples, il ajoute:
« Corne appunto allor ehe feo
€ Nel (îiardin Partenopeo
« La sua prima com pars* in foggia sirana
« La verda Krba real napolitana. » (v. i:J33).
L'auteur explique ces vers» eu disant: «Le tabac napolitain est de couieur verdàtre (c'est l'actuel Verdolino de Sicile, qu' on Dre du soi-disant Brattle telrtiggio, c'est à-dire de ia Xicotiana ruttica. L. var. bratilia ) tiré de 1' Herbe non encore séchée . mais rendue impalpable à la perfection , raison pour laquelle on l'appelle Fleur. A Naples on le nomme communément Bratile. » (I. c p. 168).
(2) On cultivait le tabac à béoéveut pt c* était une les priucipale* sources d'industrie et de gam pour ceux qui le manipulaient; mais il n'était pas de très bonne qualité, peut être même à cause de manque de uianipulatiou.cfr.Glustinlaiii, Miionario geogra/ico, ITvC, II. p.2(W. Seiou d'autres auteurs la culture du tabac à Bénévent commença (T) lorsque Napeléon fit dou du Duché de Réuéveut au prince Charles Maurice •• Ttileyraae. On ci Itiva d'abord une forme de yicottana. qu' on y nommait eefonete. et qui servait plus pour priser que pour fumer. Pendant la domination française cette plante fut cultivée avec celle dite Tabac erepu. destinée exclusivement à <Mre prisée (il s'agit sans doute delà Sic. ruttica. I... var. bratilia). Vers IS40 ou commença à y cultiver lu lorme dite Bratile, qu'on appela par antonomasie benevenlano. efr. ttamne . I. c. p. 7S. — Le bratile beneientanu correspondrait à la .v»c. lab. var. lane, x bra*, x hav.
OB
Bruni (1), à proies des tabac cultivés dans la province de Leece (Terre d 'Otrante), cite les suivantes :
1» Cattaro forestiero, provenant d'Alice {2). Cette sorte, dit-il, donne un mauvais product, et a détérioré le tabac à priser, si renommé de Lecce, si bien que la Régie en interdit" la culture. Il fut introduit en 1824: il pousse à •"» pieds et produit jusq' à 30 feuilles.
2 n Cattaro lecctst di mue» ai paemna (S). Cette sorte se cultive de temps immémorial dans la Terre d' Otrante. Bile porte de 22 à 23 feuilles, qui ont les espaces entre les nervures gonfles et relevés: ce qui contribue à lui donner une meilleur parfum (4).
8° Cattaro riaio pawnio. Cette sorte (qui par les échantillons recjis partit appartenir à la N. macroplojUa), a les feuilles inférieures plutôt obtuses qu' aiguë», et très larges. Elle ne s' élève pas à plus de 2 a ;l pieds. .Ses feuilles (14 a 15) sont, courtes, épaisses , ciépues et rugueuses, d'on le nom de tabac t iecio. Les fleurs sont toujours rouges, avec les lobes corollins plus courtes. On a renoncé à sa culture à cause du manque du produit, non compense par on prix élevé (5).
4° Tabacco brasite(Nic. ntxfica). Cette espèce éi ait aussi cultivée de temp immémorial dans la terre d' Otrante, et on employait surtout ses feuilles pour confectionner le tabac dit brèsil <6).
Aujourd" hui la culture est limitée à les Agence» de Bénévent, Saint Ocorges la Montagne, Pontecorvo, Cava dei Tirreni et Lecce: piesque toutes importantes par la quantité et la qualité de leurs produits. La fabrication fut, ensuite concentrée dans les deux manufactures de Naples (S. Pletro Martire, S. S. Apostoli), tie Cava dei Tirreni, et de Lecce.
L' usage des tabacs étrangers pénétra en Sicile en 1615, et fut même chanté par le poète sicilien Catania, moine de Montréal (7i. Eu 1040 le tabac était si grandement consommé en Sicile, que De Mellos, alors Vice-RM de l'île, attribuant les motts subites fréquentes û cette époque à Palermo, à Messine et ailleurs, par avis et décret du Conseil Sacré, fut prié d'en prohiber l'usage sous de graves peines, et voulant effrayer les fumeurs il afllrmait que les Turcs en empoisonnaient les feuilles pour tuer les Chrétiens. Le même Docteur Cutfari, qui en parle ainsi, ajoute en outre que l'usage du tabac était pernicieux, car il occasionnait •'inappétence, paresse, inaptitude aux exercices naturels, etc. „ (8).
Parmi les auteurs italiens, qui ont décrit les espèces de tabac alors connues en Italie,
(1) Bnmi, Dell'Agricoltum e Ptutorizia net regno di Xitpoli, IS4Ô.
(2) Celte l'orme de tabac était uoe hybride (.V»'c. labacum. L. var. brat.y.har. y.macr.). d' après le spécimen conservé actuellement dans l'herbier de Galion*, au Musée botanique de Naples.
(3) Bruni rapporte ce tabac à la S. aurvrula. Bsrttra: c'est, au contraire, la Sic. Jabaeum . var. lancif.xhaean.Xbra*il.. d'après le spécimen conservé actuellement dam le susdit aerbier de Ou»*»* (cfr. Mus. bot. de Naples).
(4) Kn 1821. à Lecce, l'iiuliaum et Kiancavilln ou récoltait 447 mille livres de tabac Cularo et Brattle, dont on importait à l'étranger :i70 miile livre» ( cir. Itineraria da iïapoli a Lecce, S. S. 6. 1821). Des diverses sortes de labac de la Terre d'Otraule, c'est le Cattaro qui est préféré, a'adaptaut mieux au climat, étaot le meilleur et le plus agréable, ayant les feuilles glutineuses et nerveuse* , pareilles à la MigrigUa li'Ësp.igue (Ravtaaa, Memurie slonche di Oallipoli, 1830). Il sembie que cette sorte a é'é importée des bouches de Oiittaro, eu Dalmatie, par les Véuiliens. (Cl.-. Samrin» I. c. e. 39).
(5) Il s'agit d'une fuiine de tabac turc (macropltyllaxhavanenstt) d'après le soécimeo conservé actuellement dans l'herbier de G«mm« déjà cité.
(6) Il s'anit de la véritable Nie. rustica, var. bratilia. Sehrank.
(7) Catania. lealro délie mt série umane, 1005. p. 291, dans la partie 11. Dt lu labbaceu e labbaccanti. (S) CiiSari. 1 biatimi del labacco, 1645, p. 22.
il faut citer Pierre Castelli, romain, qui fondu en 1638 le Jardin Botanique de Messina, y porta beautoup de grai ics de simples du Jardin de Rome, et, entr'uucies, tics probablement celles du tabac. 11 en distingue (i) trois espèces différentes, spécialement :
1" Xkottaua major tutifolki: — Prtu m latiftAium, Cla*.; Hyoscyamus peruvianas, Dod.; Sa nu Sancta Indorum, Lob.; llcrba S. Cruris for mina, Cast.; Tornubona, Caes. (qui correspondrait à la N. Talxieum, val . brosilicnsisr,
•> n Xtcotiana major angustifolia : - Tulmcnm , sive /wdfl sancta minor, Lob.; /V/urn Clus.; Hyoscyamus peruvianas alter, (qui corres|toi»«irait à la .V. ïÏjtW-Hwi, var. fruticom);
3" Xicotiana mimr : - llyosvyautus III, Matt h.; Hyoscyamus Ink-us, Dod.: Priapeki, Uesti. (qui correspondrait à la iV. rusiica).
L'abbé Cupani, directeur <!u Jardin botanique de Misilmeri en Sicile (dont le prince rie Catoiica (Hait propriétaire!, rapporte les trois espères indiquées par Castelli, les distinguant aussi par les noms suivants : la I e Erin sauta majnri ; la 2' Erba muta mi. tut ri; la 3 Tabarni di lu lirasdi, ou /•»«• w»frt </t lu Hrasili (2).
Cet usage prit toujours une plus grande extension chez les Siciliens, au point que la représentation eomunale de Païenne , voulant augmenter le revenu des droits de consommation, taxa fortement le tabac en 1647, ainsi qu'il lésulte du document suivant: 1." Juillet 1647 J Tenu conseil par tous les Consuls et autres al tistes en grand nombre en la salle du Sénat , on a décidé devoir tous payer 6 taris ( Krcs. 2,55 ) par livre de tabac tant en poudre qu' en corde, vendu ou consommé dans cette ville et son territoire „ (A). Malgré ces interdictions et ces taxes, en 1005 le nouvel usage s'était fort répandu aussi en Sicile. On chiquait, on prisait et on fumait beaucoup le tabac. On allait souvent chez les mai chauds de tabac pour 1' achat du Brésil, du gros, du léger et de la feuille à chiquer iCatania, I. c).
Le Monopole de la vente du taouc (on appelait Zàgafo ce privilege) exista aussi en Sicile, et on I' afferma ei- IbW) moyennant 50 mille écus par an, le fermier étant libre de vendre le tabac au prix qui lui convenait (41. De 1728 à 1730 ce privilège rapportait à l'Etat 63 mille écus par an; environ cinquante ans plus tard il fut complètement aboli dans tout le Royaume, exactement le 23 Janvier 1781, et à dater de ce jour la vente du tabac redevint libre (5).
A partir de 1781 la culture, l'industrie et la vente des tabacs en Sicile fuient libres de toute charge ou privilège; a l'exemption des droits de douane, dont on frappait la matièie première venaiit de l'étranger, ainsi que les produits manufacturiers. Ce no fut que le 31 Juillet 1828 que François l.er de Bourbon décrétait (à Naples) l'extension île l'interdiction des tabacs en Sicile; mais ce décret fut révoqué en 1831 par son successeur, Ferdinand II, et depuis celte époque jusqu' en 1859, il ne fut plus question de l'interdiction des tabacs en Sicile (6).
En 1858 on tirait 314,135 Lires du droit de douane perçu sur l'importation du tabac. Grace à la liberté de la culture, la fabrication avait pris un grand développement,
(1> Citttlli, llorlut mettanem.it. Kilo. y. |i>. (2) C«mrI. Hortut Catholirus. l'KW.
(S) Di Marzio. liiaru ttella <ittà di Palermo dal tecolo XVI al XIX, vol. Hi. p. 1W.
(4i NonaUar*. larlamenlt gênerait del regno di Sieilia. I7I'J, II. p. ST.
(.">) AlMti, Aneddott delta Swilia; mss. Hioi. Coin. Palermo, clr. Alfaato. labaeehi, p. 11:!.
oi.i Allonto. lattaeeht, p. 413.— Puisque-, nelou Alfonie (i.c.i, la culture du tahac commença a se développer «l'une manière importante en Mcile après l"0."i. et -j'ai-oni a Palenue, il faut supposer qu'el' le commença à Ln-ndia seulriiieut ver» 1SOU. Il est curtaiu qu' en le oéveloppeniHUt de Ja culture du SjMignolo (AT. labacnm, I-. var. tirat.>'haran. '^maer.) étcut très important, cl donuait uue graotie renommée a la Mauulaemre de Catane, qui repaudait daus l'iie le doux Licodia , la poudre à priser la plus recherchée qu' oo fabriquât eu Sicile.
OuMM - UMoin du Tabac 31
et on obtenait même des produits pour l'exportation, malgré la taxe décrétée en 1858 proportionnelle à la superficie cultivée. Aujourd' hui on confectionne le tabac pour le Monopole dans les doux manufactures île Païenne or. Carune , celle de Messine ayant été supprimée récemment, el la culture est concentrée autour des Agences de Païenne, de Milazzo et de Comiso.
Monopole Italien.- Après avoir passé une revue rapide et succinte des fait les plus saillants relativement à I* impôt sur le tabac dans les anciens Etats , il aurait été op. jKtrtun de résumer la situation de la consommation générale, des cultures et des ma nufactures existant lors île l'organisation du Royaume, pour pouvoir évaluer avec pré. cision les progrès accomplis aujourd' liui. Mais ce serait, une tâche difficile et que ne donnerait, que des résultats douteux, en dehors des éléments officiels recueillis dans le précieux travail de Cappellari délia Colomba.
Il parait avéré que le revenu de l'impôt sur le tabac pour le dernier exercice des anciens Gouvernements, en 1808, non compris la Vénétie et les Etats Romains, a éié le suivant :
Etats Sardes (Piémont, et. Sardaigne, y compris Nice et la Savoie) . . L. 18,981.196
Lombardie „ 10,972,721
Modèues „ 1,763,482
Parme „ 1,017.100
Toscane „ 2,286,900
Romagnes et Marches , 4.000,521
Ombrie ff 1,001,270
Provinces napolitaines „ 11,770,690
Provinces siciliennes „ 314,135
En 1893 le Monopole rapportait brut 192 millions de Lires; la production intérieure était d'environ 4 millions de kg., et l'importation d'environ 16 millions de kg. D'après la statistique officielle on aurait eu en 1894: produit brut L. 192,8 millions, dépenses L. 40 millions, consommation par habitant kg. L. 6,27; en 1895 on aurait eu: produit brut !.. 190 millions, dépenses L. 40 millions; en 1897 produit brut Lires 188 millions, dépenses L. 40,3 millions ; en 1898 produit brut L. 188 millions, dépense 40,2 millions; et, en 1899 produit brut environ L. 195 millions. La consommation par habitant serait de kg. 0,54, et la dépense de L. 6, donnant à I' Etat un revenu de L. 4.60 par tête.
Angleterre
Le tabac fut importé pour la première fois de la Floride (1) en Angleterre par Sir Hawkins, en 1565 r2\, ce qui fut confirmé par Tayler (3Ï. Lobel affirme, sans préciser la date, dans un ouvrage publie en 1576 (4) , que depuis quelques années le tabac des Indes (bien entendu, Occidentales) avait été acclimaté en Angleterre. La plante y était certainement, connue depuis 1Ô78, quoique qu'on dise que Drake (dont on parlera bientôt) en ait apport/- les graines en 15S6 (5).
(I) Killtbraw and Myrlck. Tobago leaf, IrtiC. p. t.
(?) BHKngi. lobanco, p. 85. - (3, Faiifcoll Tobacco, p. 5a. — Od oroit cependaot que le Capil. Drake l'avait fait (.-"nnaitre en Anuleitrre en avant <\\ie Riltifk ait visité le Nouveau-Moadit ( Cooke. I
c. p. 'l'A). (4) LolMliut, Nor. slirp. mirer*.. 1570.
toi SwmI. llort. britonn. Xn\*> p. 504;— Killafcraw and Myrick, I. c. p. 4.
On ne peut douter que ce soit la N. rustùa, qui ait constitué lo tabac introduit alors en Angleterre, et qui fur. ensuit»? désignée par les noms de Smaller, ou Common Engliah tobacco (1), puis surnommé-, à cause de ses qualités médicamenteuses, Indian Holy (du nom Caraïbe) healing het b. Ceci serait corroboré par le fait que ^d'après Billings et Fairholt) la graino de tabac y fut importée pour la première fois par Hawkins , qui l'avait rapportée de la Florale, où (ainsi que dans les autres régions plus au nord, jusqu' à la Virginie et au Canada) on ne cultivait à cette époque que 1* uppoteoe , qui correspond exactement a la y. rustica. Et, comme toujours, la culture de cette espèce se Ht en Angleterre dans un but médical , surtout pour panser les plaies , 1' usage de fumer n' y ayant été connu que 20 ans plus tard.
Ensuite , et précisément en 1580 , d' autres graines de tabac et 1' usage de fumer furent introduits de Virginie en Angleterre, et le tabac fut ainsi plus connu dans le Royaume à partir de cette époque. Mais les écrivains ne sont pas d'accord sur le nom de celui, qui y introduisit l'usage de le fumer.
Magnenus affirme que le navigateur Capitaine Draek y importa la graine de Virginie (-2).
Stella (3) dit a ce sujet: a Et quoique (l'herbe Nkotiana) ait été apportée pour la première fois d'Amérique en Angleterre par Francesco Darchè, chevalier et Thalesiarque anglais, en 1556 H), il n'eut pas la chance do lui donner son nom ,.. Et ailleurs (5) le même Auteur ajoute : u Cet usage (de fumer) rut introduit en Europe pour la première fois par l'argonaute Francesco Draek, qui apporta la graine do cette herbe on Angleterre, ainsi qu'on l'a dit plus haut. En France, Thevet se vante de l'avoir introduite le premier, quoique d' autres prétendent que ce fut J. Nicot. Après les Anglais, les premiers qui prirent l'habitude de fumer le tabac fuient le* peuples de Pantionie, les Belges, les Flamands et les Hollandais; et comme ils éprouvaient une grande jouissance lorsqu' ils étaient ivres, beaucoup de gens se félicitèrent d'avoir trouvé cette fumée, qui apaisait leur appétit sans boire de vin „ (6). Scherier, au contraire, rapporte qu' en 1586 les équi' pages des navires de l'amiral Drake apprirent l'usage des pipes en Virginie <7).
Nitsehe confirm*! que l'usage de fumer fut connu en Angleterre en 1586, au retour des navires du capitaine Drake; après que Raphalengi (qui avait apptis à fumer eu Virginie) en eut introduit 1' habitude dans sa patrie (S). D' où il résulterait que ce ne fut pas l'armateur Drake, mais l'un des voyageurs qu'il transportait sur ses navires, qui fit ci'iuiaitre en Angleterre l'usage améikain de fumer.
Hornsteis remarque quo l'usage de fumer fut connu en Angleterre sous le régne de Jacques l: ' (qui avait succédé à Elisabeth en 1603), les Anglais l'ayant appris des sauvages de Virginie, quaud (en 1585) ils étaient sous les ordres de sir Richard Greenville i9).
il) BMIar. Micutiana. 4.me é<l., p, 'X>.
fi) In Angliam nb Virginia detultt tabaci semm Fraitclicui Draeck Augliae argonaut* . et tsli omne* altquam nornmis umbram feerrunt tabiwo. tSUpwnus. De labaco. IM'.I, p. I). (3) SUIU, Il tabaceo. ItW.t. p. Is.
i4t Ici l'auteur se trompe, car le capitaine Orak* ue pouvait pas apporter le taluc eu Angleterre eu l.V>«. avant que Niort ne l'ait piv^oté à la Cour <ie Kraucc, et u'eu nyaut aueuuu connaissance. |l se peur retenir que ce soit simplement une faute d'imprimerie.
(,"» ««lia, I. c p. IW-.'OO.
i«i> Cela est intégralement rapporté par Magaanai: lllwl tamen morem ifumt, omnium maxime in Europam inrexere Aiixli posit/nam Virgintam ttelextssrnt, ceiebrem<i>ie illiut utum t'ecit FranelM«i Draek. mstgnis meruit saperions Argonaitta. qui omnium primus semen '1 abaci apportant m Angliam. ut TtMvetlt de te Jactat in Galliam. t/uamris irlii Jt. Necotio earn priuuitum assignentl'osl Anglos aithibuere Belgae, Holl/tndique : i/uod genUs ebri-'late magi* gauderent. sentireutijue a tat><ico turbationem mentis supparem rino. (1. c. p. "'.*)
O) Mimr. La rita economica ttei pupoli. (in HiW. Eco».. Tonuo. IS'.O. 11. p. 144).
(S) Ntttch. Oeschichte des labaks. p. T.—:'.»; Homalain, lier labak, Ittïs. p. 13.
Meller affirme à son tour que les Anglais purent aussi recevoir le tabac de leurs possessions de Virginie du capitaine Ralph Lane, uni fut envoyé en Angleterre par Walter Raleigh avec les navires de Sir Francis Drake <I>. El puisque ce furent les navires de sir Fraicit Drake, qui Iranspoi tirent le capitaine, on s'explique que l'Auteur lui ait attribué l'introduction des grain<;9 et de l'usage de fumer en Angleterre à la place du voyageur.
Clusio remarque plus justement que, par la découverte de la Virginie, les Anglais purent observer V usage des pipes de terre cuite, avec lesquelles les sauvages avaient l'habitude de fumer les feuilles de tabac. Revenus dans leur patrie ils y introduisirent les pipes et l'usage de fumer, qui se répandit rapidement, surtout parmi les courtisans (2).
Camden, après avoir raconté comment, les Anglais découvrirent la Virginie et parlé des expéditions de Raleigh et île Lane, ajouts que Ralph Lane (qui avait command:! l'expédition anglaise en Virginie), retournant en Angleterre (!7 Juillet 158fi),y importa l'usage de fumer, qu'il avait appris des sauvage3 de Virginie. A peine cet usage fut-il connu en Angleterre, qu'il s'y répandit immédiatement, et l'on fumait autant par plaisir que par raison de santé; si bien que l'on ouvrit expressément des tabagies (Voir ci-dessus* p. 72), pareilles aux boutiques de clnucuterie et de vin (3). Or, le capitaine Lane ayant été Gouverneur de la Virginie put prendre faciieme-it 1' habitu le de fumer, et même, selon Harlot déjà cité, il ne fut pas le premier Anglais qui fumât, mais ce fut lui qui fit connaître à son pays la manière de fumer, et. qui mit a la mode l'usage de la pipe à la Cour d'Elisabeth (4).
Dans I' Encyclopaedia l.Mtannira (v. XXIII, Tobaivo) la question est résumée ainsi: " Pendant que la plante était trasport-'e en Europe par les Espagnols, les Anglais y introduisirent de leur coté 1' usnee de la fumer. Ralph Lane ot Sir Francis Drake (ô) rapportèrent en \T,M. de la première possession américaine de la Couronne Anglaise, autrement dit de la Virginie, l'instrument et le matériel pour fumer , which theij hantM orrr to Walter Raleigh. Il est ensuite établi que Lane fut. le premier Anglais qui ait fumé, à cause de l'Influence et. de l'exemple de l'illustre Raleigh, qui tooke a pipe, of tobacco a little before he irent to the scaffold*. C e9t alors que 1' usage de fumer pénétra chez les courtisans «le la Reine Elisabeth .. <«).
Il existe une curieuse anecdote tiréo d' un vieux volume anglais sur le tabac. On raconte, donc, qn' un jour Sir Walter Raleigh, se retirant dans sa chambre pour fumer selon 1' usage des naturel? de Virginie . ordonna a «on domestique de lui apporter un
(Il Mêller. Sirotiaiin. 4 e éii.. \\ II.
C2i Cl uni Erotieoiitm . H50.">, h la ni». 310 s' exonme textiiellemen» nar It's pnrole« suivantes: « Détecta >ib anglis. ducr Rltfhudo Cr»nf«litlo annn Çliristi naliriinl* r.W5 Wingandarm» (quant ipsi
Virginia») nuneuimrunt ) eompererunt ineolas fr*quentrr nti mbuUs quibusdam er argilta fa-
ctis.ad fnliorum labari. magna abundantia ap;td vos naso-nti*. inrrnsorum fumum auriendum. aim rerius sorbendum. valetudtnis ctinvrranda gratia. Angli indr redttres similes aciuteritnt tnhot ad l>ibaci fu mum e.rcifiiendiim. Inde Inbnci usas per unirersam Angtiam adeuitualitit.praesertim apud aulicos, ut multn* similes ttibos fieri eurarint ad Tabaei fumum sorbendum. »
l'A) Ctmdm i Annale* rerum Angli'-orum, X.nnàcn 1«S0.\ p. l!">i «feiprtme à ce sujet île la manière suivante: « Et hi miners indie.am illam plantain, quant T.-iliHceam want et Nicoimm , qttam contra rrudirtatex. ah Indiis edoeti , l'si erant . «M \ngliam prinii , quod scia m intuleriinl (1586V E.r itlo sane tempore usti eepit esse n-eberrimo. et nxmno pretio. dum quant phtriini graee olemtem illius fumum. alii toscirienles. alii raMudini eonsulenies. pee tubnlum testaeeum ariditate pattim haurn'nl. et mo.r e naribus ef'/fanl: ad,-o ut lab-rnue labaeeanae non minus qwim cerrisiariae et iinanav passim per oppida habeanlur. » t -* > Falrholl. 1. e. p. 50.
(5) Selon il'.iulres. Sir Richard Graivilla ( conuii.iiuiant I' expé.littoii de Virginie'), et Sir Ralph Lan* (qui fut ensuite le premier f.ouverneur de Virctiiie) rapportèrent à leur retour ea Angleterre des pipes et <iu tahac haetie. qui y turent alors connus pour la première fois 'Killabraw. tn Western
wbaeco Journal, ]«tW. n ." -45). <ii) ctv. Farguitan. 1. e. p. K'I.
verre de bière. Mais, en entrant dans la chambre, le serviteur surpris de voir une chose, qu'il n'avait jamais vue, jeta la bière à la ligure de Raleigh, et se sauva, croyant que la tète du maître avait pris feu, puisque la fumée lui sortait par la bouche et les na lines (1).
Si Sir Walter Raleigh ne fut pas le premier à introduire, comme on le croit généralement, le tabac en Angleterre, il fut certainement le premier gentilhomme qui y popularisa 0586Ï la coutume de le fumer (2). En effet, de même qu'en Franco le tabac introduit depuis 1536 par Thevet resta presque inconnu jusqu' a ce qu'il ait p'mHré à la Cour par l'influence de l'ambassadeur Nicot.de même en Angleterre, quoiqu'il y ait été importé de la Floride en lôtlô par les navire» d'Hawkias, il fut ignoré jusqu'à ce que Sir Raleigh, ù son retour de Vnginio en 158*5, l'eût fait connaître à la Cour.
En résumé, l'usage de fumer le tabac, appris par les Anglais en Virginie, fut introduit en même temps eu Angletene par les premiers arrivés, c'est-à-dire l'armateur Drake et son équipage ; par Lane, premier Gouverneur de Virginie , et par Greenville , parent de Raleigh , tous deux envoyés par co dernier en Angleterre au printemps de 1585 ; et fut enfin adopté a la Cour par l'influence de Sir Raleigh (S).
Ce fut donc environ 20 ans après la première introduction du tabac en Angleterre que son usage comment; i à y être connu et apprécié: et devint si rapidement populaire (4), qu'en 1598 il était adopté dans toutes les villes. On fumait la pipe (5) partout: même dans les théâtres, ainsi que l'a observé Hentmer, pendant son séjour à Londres. Les tabacs des cultures espagnoles des Indes Occidental étaient déjà très recherchés , surtout ceux de Cuba et de la Trinidad (6).
Bacone (de Verulamio) rapporte à ce propos qu' au commencement du dix-septième siècle cet usage augmenta beaucoup on Angleterre, car il procurait un plaisir particulier à ceux qui l'adoptaient, et il arrivait qu' une fois qu'on en avait pris l'habitude, on ne pouvait plus la perdre <7ï.
(I) BmI», English Tobacco culture. ic!r. Fergisson, t. c. p. 27rî). Ci) Killabrew, in W-slern tobacco Journal, \WM\, n." 45.
(3) Il semble cependant qu' en plus de la S. rustica. importée en Angleterre par Hawkins eo LVil et par Draek en l.iXfî. on y ait introduit ausM <l:ttis l'intervalle la Sieoliana Jttbacum (Voir plus ha it, p. 77). Lu effet, cette même année l.'»s« paraissait à Londres la publication de Ravlllle. iutitulée Hlsturin generalis plantnrnm. dans laquelle au chap. 12*. p. IW). on parle du Pelum de Thavet (constriéré comme syuonime du Ptcieli de Meaaraas ) à feuilles srandes et loriftuos. et on donne la figure. Et on ajoute que cet'e espèce avait été alors (par conséquent avant 1380 j introduite aussi co Angleterre: Snscilur Pelum plerisque Inrtiae locis. Son multis nnnit er Hesperine Indian novo orbe Lutitnnvie. Outline, Belgii, Anglian prêta fuit inquilina. Il est donc vraisemblahle que ia JV. labncum a été introduite directement en Angleterre <ie la France, où on la cultivait depuis I5Ô0, époque à la quelle Thevat I' y avait apportée (Voir plus haut. p. «9).
Mi Er ilto tant- tempore (tabaeum) usu eepit esse creberrimo { Camsten, Annnl. Elizab. p. 143 ). Pied Build Inn. a Islington, fut le premier local public d'Angleterre, où l'on alla fumer le tabac; ou dit même que le premier qui y fuma fut Mail, le plus fameux pickptfcket du temps de Charles II (Billings, 1. c. p. 85). i.ï> La London Company of tobacco Pipe Makers fut consumée en IWJ3 aussi sous le rèttne de Ourlât II CBMIIngs. I. c. p. USi. \K\ Tlatlemaaa. I. c. p. ISO:— Caaidan. I. c. p. 143.
i~i Bacana Ma Verulamio'): « Incepit nostra seculo in immensum crescere usus labaci.atque afficil homines occulta quadam ititc-latione. ut qui illi se/ne/ itssueti sint. difficile postea abslineant.r illistoria rttae et mortis. London , |«2». p. 22»!). — Le tabac fut non-seulement adopté en Angleterre pour fumer, tuais aussi petit à petit pour priser. Les poudres les plus parfumées se vendaient jusqu'à 30 shellinifs la livre . tandis que ie^ plus communes comme I' English Rappee et le John' s Isine valaient- i peine deux à trois shelhnirs. Les poudres se fabriquaient en grande partie eu Ecosse et un Irlande avec la cote des feuilles, taudis que celles fabriquées alurs à Strasbourg, ainsi qu'en Franceen L>pagne et en Russie, étaient faites avec la partie laminetise de la feuiile. Dans la première moitié du dix-huitième siècle lamas Gilltspla. PrMimljour*. fut célèbre pour la perfection de ces poudres. (Billlagi. I. c. p. 223).
Le naturaliste anglais Ray (1) rapporte que l'usage de fumer le tabac fut introduit, pour la première fois en Angleterre par Raleigh, arrivé d'Amérique, où, d'après lui, la fumée servait â endormir, il décrit plus exactement les caractères «les tabacs cultivés alors, et met en ordre la synonymie, jusqu'alors incertaine, des espèces, il distingue, en effet, quatre espèces de tabacs:
l. 8 Tabaann latifolium, Park. - Nicotiana major latifolia, C. B.; Hyascyamun peruvianus, Germ.; Broid leaf tobacco: Folia ampla latis apptndicibus (oreillettes) muli adnata, mo dice in aeumine dettincntxa. Flos.... in cakdhum explicat. punntrusctntem indivisum, atjtts marymes tamen in angulos quinquc acuunlur (2).
2. " Tabacum angustifolium, Park.— Nicotiana minor avyustifolia, C. B. ; Sana sancta Indorum, Germ.; Narrow leaved Tobacco: Folia... pedimlits huèrent satis longû; anyustiora et tnagis acuminata quant illuis. Ex tannine Farhius wcepto (3).
3. " Nicotiana minima, C. B.; Tabacum minimum, Germ.: Folia caultts ampleciuntur, &ed mullo august iora. Fions suturatiua ruhenlibus. L'auteur avertit qu'elle est différente de la plante de Clusio, qui a les (leurs jaunes et les feuilles avec des queues (4).
■i." Priapeia, Germ. (5). -Nicotiana minor, J. B.; llyotscyamutt luteus, Germ. (8); Tobacco anglicum; Park (7). English Tobacco: Folia pedunculi* brevioributs donata; mucronibus obtuais (des lobes corollins); flores ex luteo viridantes. American origimm debet (8).
Morison (9) , quoiqu' il ;iit écrit environ cinquante ans après Ray , n' a pas apport» plus de clarté dans la description des espèces des tabacs connus ;.lors.
A propos de la Nicotiaiut major latifolia (Syn. HyMcyamus per avian us; Sana auncta Indorum) il dit qu'elle a les feuilles oblongut-s et mu<;ronées , et il en donne même la figure, qui confirme qu" il s'agit de la Nicotiana Tabacum, var. brasiliensis. Il ajoute qui elle est originaire de la région de l'Amérique appelée Pérou (correspondant à l'Amérique australe connue alors); que les Anglais, nouveaux colons de Virginie, l'avaient introduite depuis peu de temps dans cette colonie, et qu'importée en Europe sous le nom do Pelum latifolium et de Tornaboniu, elle y réussit à merveille.
Il parle de la Nicotiana Tabacum, var. fruticom {N. major any tutti folia, llerba sancta minor); et en disant qu'elle a les feuilles fournies de queues, il en reproduit la figure avec «'es feuilles sessiles (?), qui représenteraient plutôt, la Nicotiana Tabacum , \ m . tancifolia <W.).
(I) Raio. Historic plantar urn. ItWB. p. 713-4.
t'-i Ktaut donnée la conformation îles f«.uiiles qui su lernnucnt eu poiute, et des lobes corollins à aogie aigu, oo comprend qu" n s'agit de la .V. Tabacum, var. brniilieniis, introduite et dessinée par Thevtt. le premier (Voir plus haut. p. 71'.
O) Il s'agit évidemment ici de la A*. Tabacum. var. frutieona. lii comme il dit qu' il avait eu le graines de Paris, et que c«ite forme particulier» de tabac est originaire »«>•« de l'Amérique inéndto «aie. ou don supposer quece lureul les Français qui l'importèrent eu Krauce, d'où Plie se répandu dans le reste de l'Kurope. Mais comme TM««t ne lait aucune allusmu à ce tabac special, il es: au*M possible que ses «raines se soient truuvées mêlées avec ceins de la X. tabacum, var. braàlienus importées du Brésil.
(i) Xierembtrgia repent', (Voir ei-dessus. p. "u
(5) Selon les uns ce nom lui a été donné à cause de la configuration de ses capsules, qui ressembleraient au gland; selon les autres, parce que l'habitude du tabac diminue las facultés reproductives.
(0) Oe nom. veuu de Dadonéa. selon la Juste appréciation oc Ray désigne la .V rustica. ( Voir cidessus, p. 16).
(7) Ce serait Yuppoteoc que les Anglais rapportèrent de Virginie.
(«) Ainsi se trouve encore une io.s démentie i'aiti rm.it mu de Libaviu que cette espèce était originaire de la Sylva Hercyma, et le doute soulevé par Doaenéa. qu'elle pouvait être aussi originaire de l'Kurope. et counue de OUscerU* et de PNaa sous le nom de Hyotcyamut , est dissipé. ( Voir cidessus, p. 78). (9) Marisa*. Plant. Uist., 1738. 1. p. 4«.
A propos <le lu N. minima, qui, selon Morisoa , est une herba dodrantalvt , dont il ilonne la figure, il faut remarquer que sa classification est encore douteuse aujourd'hui, les botanistes étant complètement en désaccord à ce sujet. D'après Morison ce ne serait pas une Nierembergia (Voir ci dessus, p. 7?), mais plutôt la Petunia partùflora. Certainement, la Nicotiana Tabacum, var. land folia (W.), devait être aussi connue et cultivée dès celte époque; mais elle a dû être souvent confondue (alors comme aujourd'hui) avec: les autres variétés de tabac cultivées.
Knlln Morisoi parle de la A\ minor, qu'il dit n'être autre que l' ib/oscyamns luteu» de Oodooée, et il en reproduit la figure, qui comme toujours, et ainsi qu'on l'a répété, représente la Nicotiana ruatica. var. tcrana.
Le Roi Jacques l.* r d'Angleterre, d'un caractère violent et inétléchi, indigné de l'abus du tabac, qu'on faisait dans ses domaines, et voulant y mettre un frein, publiait (en 160S* un écrit intitulé Mittocapnus , qui terminait en faisant appel à son peuple, pour qu' il se corrigeât d'une abitude ridicule et nuisible à la sant/, avilissant la dignité humaine (1). Ce fut le premier Souverain qui imposât une taxe (en 1604), qui était de « shellings 1|2 par chaque centaine île livres oe tabac produit sur les terres anglaises (2)- Hornsteio dit au contraire que le Ri>i Jacques I/' imposa d'abord (160+) le droit de deux shellings par livre qu'on importait, et ensuite (1619) ordonna qu'aucun cultivateur de Virginie ne puisse en produire plus de 100 livre (8). Ainsi, a cause de son aversion pour 1' usage du tabac , et pour le combattre ce Roi fit d'abord une loi par laquelle il interdit à quiconque d'en cultiver plus de cent plantes; il ordonna aux prêtres de prêcher contre le tabac; et, en 1B04, il en défendit absolument l'usage, mettant une taxe «le 2 shellings sur chaque livre impartes. Ou raconte en outre que ce même prince chassa de sa Cour un grand nombre de gentilshommes, parce qu'ils avaient osé priser devant lui (4).
L'année même où Charles l. , r monta sur le trône (1625) il créa le Monopole du commerce du tabac au profit îles finances de l'Etat. Et, en 1637, il institua un Collège pour accorder, moyennant le paiement d'un fort tribut, la permission de vendre le tabac (5): il ordonna que les cultivateurs des Colonies américaines devaient céder à un prix établi aux employés proposés par l'Etat le tabac produit: disposition qui créa un grand mécontinent. Mais, à cause de l'augmentation de l'usage et du prix élevé du tabac, on essaya d'en faire quelque culture dans les régions occidentales de l'Angleterre: tentatives qui réussirent parfaitPinent (6).
En 1643, le Parlement anglais abolissait le Monopole du tabac, et le remplaçait par une taxe légère; et en 1652 on supprima complètement la culture en Angleterre, au bé • néflee des colonies américaines, mais on permit la libre fabrication des tabacs de Vir ginie (7).
(h « 0 ciw*. si quis pudor. rem insanam abjicite. orMm ex ignominie reeeplam «rrore. frequentatam stultttia. unde et ira nu min» ttcrenrtitur. corporis sanitns alleritur. res famitiaris orroditur, dix ni tas genii's senescit domi rtlescit forts: rem usu turpem, otfactu insuarem, rerebro noxiam , poltnonibus dninnosttm , et si direr e tirent alri fnmt nebulis tartareos vapores pr&rimft repraesentantetn. » (JaceM l.er Uisucapnus sen lu sus régi us de abusu lobarci . ityera. 1689. p. 96).
(2) TlttfMiMft. I. c. p. 153;— NRicb. I. c. p. S.
(3) Hinuritln. Der labak, IH2Ô. p. 16;— Colimbui. DnsBttchrom lototk. 1846, p. 2». (Voir plot haut, p. 51). (4) Cir. Condi*. Agric. in Italia. 1876. I. p. 350.
(5) Hornitain, I. e. p. 2l;-CohmkM. I. c. p. 7 . (0) TMwniiM. I. c. p. 155.
(7) Hornttoln, 1. c. p. 21; — Billing! , I. c. p. |0>«.— La culture du tabac est prohibée «so Angleterre depuis IfiM"). et en vertu d'uu loi de Charles II. Les peines édictées furent d'abord la confiscation de la récolte et une amende de 40 shill par perche carrée (200 fr. par are) et plus tard de Mille fr. par are. tarif encore eo vigueur de nos jours. Ces mesures furent éteudus à l'Ecosse par uo loi de Ceor
Cette prohibition fu c infirmée par la loi de 1782 1 1 >. On importait déjà annuellement d' Amérique, en 1744, 400 mille quintaux de tabac (en 1788, 30 mille blancs et 80 mill* nègres étaient cmph-yés à la culture du tabac en Virginie et au Maryland). En" 1843, le droit d'introduction rapportait eu Angleterre 3,500,00 » L. Ster. (2).
En résumant l'histoire <le l'impôt en Angleterre, on trouve qu'à la fin du seizième siècle le Gouvernement mit d'an oui un impôt extraordinaire de 40 centimes par kg. sur le tabac (port 4 ensuite à 3 francs sous Jacques 1er) pour l'introduction «le la feuille de ses Colonies (Voir plus haut p. jIJ. et plus tard des» Colonies espagnoles et portugaises.
L'origine de l'interdiction de cultiver le tabac sur le sol anglais date de l'époque du Parlement: interdiction qui fut maintenue par Charles II. instituant cette même loi dans la douzième année de son règne. Des lois postérieures établirent une différence de traitement pour les trois royaumes. Anjourd' Inu la législation du Royaume Uni se résume dans 1' interdiction absolue de la culture ; dans la perception des droits de Douane.et dans un imjiot sur la fabrication et la vente. De minutieuses et nombreuses précautions, prises par les employés de la Douane, protègent la taxe contre les fraudes, mais sans y parvenir complètement, car on dit que la eonhcbande se fait sur une vaste échelle.
Actuellement, tout en conservant l'interdiction de la culture, on laisse libres la fabrication et la vente des tabacs, et, malgré la contrebande, le budget de l'Etat tire un revenu important (environ 2 millions du L. Ster.) des dro.ts de Douane, et des taxes de licences aux fabricants et aux mai chauds. Donc , dans le Royaume Uni de la Grande Bretagne subsiste encore l'interdiction de cultiver établie, comme nous l'avons dit plus haut (p. 103), en 1652, de sert que cette nations doit importer chaque année tout le tabac qu' elle consomme.
Il convient de rapporter la statisiique de ses importations en 1893 , ainsi que les pays d'origine, pour un tond de 40,82(î mille kg.
Etats-Unis d' Amérique 35,(>84 mille kg. France 78 mille kg.
Hollande 2,617 „ „ Colonies Anglais, h .... 44 „ „
Turquie 791 „ „ , Grèce 44
Chine 528 „ .. ; Philippines 32
Colombie 16 P
Amérique Centrale .... 12 „ r Autres Etats 55 ,. „
Allemagne 414
Belgique 215 „ „
Japon 2W ,. «
Un réexporta dans la même année 3252 mille kg. de feuilles grèges, et 1139 mille kg. de tabac fabriqué (3). Le droit «l'introduction rapportait, eu Angleterre 11,4 millions di L. Sterl. en 1897, et 10,4 millions de L. Sterl. en 1898.
«• Il (l*27-(30). Knfin, une loi de Gssrit III, qui. vers I7»u, avait autorisé la culture eo Irlande, lut abrogée sous le règne Je Guillisme IV, vers 1X30. I.' interdiction subsiste eix-ore aujourd'hui dans
toute sa rigueur. (Laurent, La regime du tabac en A ng le terre, m Mem. Mannf. île V Hat, l'.ihs
(I> Béate. English tobacco culture, (dr. Ferguson. 1. c. p. 277).— ,2) Columbus, i. c p. 71.
(3) Darmstaesttr, L c. p. 41.— Solon lewinitele, 1'iuiportaliou serait Je 7(5 millions Je livre angl.. et la réexporta' ion. je 9 millions de livres angl.; de aorte que la consommation intérieure serait de 67 roilliou» de livres, doimaiil une consommation de kg. 0.7S par habitant, avec uue dépense du Marcs 6.S0, et le revenu à l'Ec.t de Marcs .Y 40 (I. c p. 5). ïk-lon Pearsee '« (Magasine. IS >», Décembre . p. 009) la consommation serait de onces 23 par léle, et seiuii Dalberfit (I. c.) de kg, O.tlô.— L'importation moyenne annuelle est de 30 mille tonnes {de Mille kiî.) de tabac en feuilles, pour la valeur de 55 millions de Krs. I.Viportation est d'environ 3 nuiiioos de kg. de /abacs eu feuilles, et d'environ 871 mille kg. de tabacs fabriqués (1892-03). L'Augleierre tire des EUtsUuis les 4,5 Je sa consomma-
Allemagne — Paxemarck ■- Svis.se.
a) AUennjae. ~ Les premici e< notices sur le Ubac Tarant apportées en Allemagne vers 1565, à ce qa' il semble, par les Huguenots quittant, la France à causa des luit.es, qu'ils étaient alors oblig'-s d'y soutenir (li. Eux, qui avaient connu, sinon cultive le tabac en Fiance, où il avait été introduit d^[iiiîâ une dizaine d'années par le Père Thevel (Voir | lus h uit, p. C9i, durent naturellement faire connaître en Allemagne la nouvelle plante américaine, ainsi que son us.i^.' et sa culture. Jusqu'à cette époque on ne savait même p is en Allern igno ce tpie c' était que le. tabac, et le premier qui en parla fut le savant Conrad 6essner , qui ne le connut, au plus tot, qu'en l.Viô . puisqu'il n'en dit rien dans son ouvrag- Cat«l»tjus pln.taium (Tuuiï, 1542), comme il l'atteste elaiiement dans deux lettres hi date du 5 Novembre 1-365, qu'il écrivait 1' une à Funk, et l'autre à Occone.
Adolphe Occone, médecin ne la cité d'Augsbourg (l'auteur célèbre de la Pkarmaco pen augustunu) eut par un de .«es amis des feiiil.es (do tabac) séch ; es eu France, et ne les co <na >sant | as, il les envi.y.i à Jean Funk , médecin à Memmiugen. Celui-ci ne les connut pas davantage, et pour avoir des explications !• s expédia au célèbre botanistehistorien Conrad 6essner, à Zurich. Gessner. qui les voyant pom la première fois, ne sachant pa< ce que c" ét it. voliit les goûter, et put s* convaincre que les feuilles en question avaient un g> ùt acre et fort, qui provoquait, une grande salivation, et donnait des Alourdissement* et des vertiges. Le même Gessner rappoite cette expérience dans deux let tres restées célèbres dans la littérature du tabac (2), ainsi que le constatent Hurray (S) et Sprengel (4L
11 résulte jusqu'à l'évidence des lettres de Gessner qu'ayant du expérimenter les
Hi.n de feuil/i'8. L'importation des l .bn.s fabriqués comprend en majeure p.irlie de» cigare, «o provenant >ie i.« H «v.ina. du Mexique, de Hamburg. •l'A vers el de R .uer.i un. et de« pliiquette* (dites
Gtvenduh) .le nbi-icition améru-aine rlaurwt, La régime dtiln'Htc en Angleterre, in Mcm. Ma-
nuf. de l'Etat, Pan». p. 70).
(I) Le premier élit contre le* Réir-rmé-i fut ianeé w>ui le court rèteue <>n Fra«ç»l» II. de Vaiois ( 1559 OU i.
t'J) Conrad GmiMr. (Epislolarum mctiieinulium, 1577. Il, p. 79.5 Nov. I.V'i.'ii écrivant ;< 0cc«im. lui communique fr (nu suit: « folium wn tllutl, iptnd a te aec-ptum 0. FitMchlut nitper mint, e G-illia missum <"( te ptiln. imtln uomimtaul facullalis eut s mealtime, cum gustaretn m ind-ndo tantnm. non degluliendu. enguttm tins partem, ««k o nurifiee me affeeit. ut pline ebrttts -mi'iï riderer. «t lainquam tu nan yr flunuat des entière abnta xerl-gine: idqw. 1er et qwier répètent/, stmt tiler mint arct-iit . ut pliirtbus ad 0. FititcktMi teripsi . ac ras Uter is ti'ti ut transni-tierel n-gari. l\ittquam rem ad eutn seripsi, eu m eliatn dedi parluutain ejus futu cuntritt rum Mme: qui post aliquot luiras satis copiose i i. niait, nef atiwl passas est quud sciatn : dimisi entin. El cum m libro Th*v*ti, Monaclu tiatli. quo (luttuim Antariticam describit, Igissem. IViuin apiol Americas t pun t dictum hei ttom, lln-tlussa suintent taha accdehlta tnrtttcere, tills tauten populis o<t soffitum quo- Itdte tn usa esse, foin mon' uni Irilum coi bomba* mu ci et per iiifundibulitm naribus ac ore
fumum liaun. et nihil mcominodi prarter nçitninniant s^nst A Gailis Nic<Mi:niaiii r„ r an audio.
nomme t, gati cujusdmn. que Givhae intuterd. ab alas Puiiuuimm.
Voici ta l.-itie :..irrsM'.r iv 5 Nownil n- "Ai p.-,r Qeuiier a Funk : (Epistol. aied. 1577 1 ; Eolniin - (îallis Augustntn trantmisnum plane nurutn miht fmt. qnaianbrent gustari r.dui. Ittiïo calent >na gnnm acrimumam sensi term g i it dits, quae plu-itnum sulirae aquusae elicn , ut eti ftre, quae sutnpta purganl tiquas. Laureula. lht/metnea, el Ituju* modi. l\mlu post rerttgiuetn senti, fui alitt quetn non tum ratde ubnt,xtut, ne
(:>) Utttnj. Apparatus medtcumntum. 17'.«. p. >iH4.
(4) Sfrt«e«l. iliitorm Ret Herbaria*, 1807. 1. p. 370.
U.»m Uistmr* 4m Tmtaé. 1*
propriétés des feuilles reçues de France , il trouva qu'elles répondaient parfaitement à cel es. qui avaient été décrites par le Moine français Tbevet, et que pour cette raison elles appartenaient à la pla ite appelle Pvlum par les Am^iicai >8, et Nùotiaan par le» Français. Lea notices de Geitner n'i xpliquent p is si les feuilles ex mimées par lui appartenaient à la N. Tubaaon ou a la -V. rutfico, qui étaient alors toutes deux connues et cutivé<-s en France. (1)
D'après Schwab, il paraîtrait que les graines de tabac aient été importées pour la première fois «(ans le Palatinat en 1570, par ces mêmes H iguetmts (2>. Col» donnerait raison à l'auteur «le ia Smokiana, qui dans un ancien ouvrage allemand, publi > à Francfort S[M. , décrit la figure d'un fumeur (qu' il reproduit), qui avait à la bouche une énorme pipe, émettant des nuages de fum 'e. La tab'6 indique l'anneé 1616. Il est plus certain pourtant que la cuiture du tab.»c a été initiée en Allemagne- en 1620, dans la province d'Alsace, où furent importées les premières grained (3) d'Angleterre, mais provenant de Virginie, par un commerçant do Strasbourg nommé Robert Ktoigimain (4). Tiedemain , do son côté, continue que ce commerçant avait apporté les graines à Strasbourg , mais de Hollande, et que lorsqu'il commençait a y cultiver le tabac (1620), le Sénat mit obstacle à la culture par crainte qu'elle ne nuisit à celle des céréales (5).
Cependant, lu culture du t:.bac pénétruit en Alien agne et commençait à s'y répandre avec l'usage de fumer: cet usa^ey fut introduit en effet pendant la guti re de Trente ans. En Saxe on vit fumer pour la pnmière fois les soldats des troupes auxiliaires anglaises (6) , sous les oi dies du Comte Grey, qui les conduisait en 162U au roi Frédéric en Bohîme (7). En néine temps, 1622, la fumée était MiV8i connue dans le Palatinat des troupes espagnoles sous les ordres du général Spinola. Et l'usage de Minier était si répandu en 1642 d;>ns les régions Khéiianes et Badoises , que les femmes n ém<-s fumaient (8). C'est alors (1642) que la libre introduction du tabac fut prohibée en Bavière, et ensuite (1666) dans le Tyrol (9).
Dans la période 1616 1648, l'usage de fumer s'était tellement généralisé (10),qui on installa dai s les villes principales de France, «l'Angleterre et d'Allemagne des endroits publics, ou plutôt des boutiques desiim'v s aux fumeurs, qu'on appela Tubag us U 1 ). Mais
(1) Malgré ces doctwieui» iriéiutables, il est incompréiieusible que Lotfur Btcfcsr puisse aiflnner que j'upre» 6«M**r (Uurius germanicut, 1501) V Kurope devait avoir ncu de fryin-(0. d. puis 1558. les graiues ue ia >'. rusuca (i. c. p. «-U>. B«cktr soutient que lu Syrie «i»-vait éire la pairie de ce tabac, parce qu'il y ijuuoe des pioauu» exqu.s comparai ivemeut aux produ.t* intérieurs i*'.î) américains <l. e. p. (iôo;. li .joute que le même Giiihi avait ub*t-rvé eu 1560 à Ha.ioqe queiqut-s piuut«-s de tabac, qui depuis IÔÔH. sinon p.us tôt, y avaient «e introduites te Ci ele (< , taudis qu' rO I.VW(1!?> le tabac élan cunné eu Mtemagiie (I. c. p. MôO). — Ktaut prouvé que la culture du tabac tut introduite, eu Allemagne par les Huguenots, mais après 1500. ainsi qu'il résulte de laits indiscutables, il parait étrauge que Btcksr veuille soutenir que la Syrie son, ta pairie >ie la .V. rustic* , uuiquemeul parce qu'eue produit ne meilleur tabac que l'Amérique (W). 11 u'est pas même impossible que le Ubac ait pu être lotroduit à Crete (mais par .tes inconnu») méine avant KYirt, étant donné le large Iratic. qui existait eutre l'Amérique et l'Europe dans la première moitié du seizième siècle: trafic rxené prio- Cipaltllli-ul par les E>pas;nois. le-, r\>rtugai» et les Holiaml.ils.
(2) Schwa». Dur In'takhMu. 18Ô2. p.Xl.^S) Wa»n»r.7 t ;* 1 /AAM/fui-.5.me é.i. p. 4.-(4) tchwab, i. c. p. XI.- (.">) îlaOïiUia. (jesclticlile des inboki. p. 170.
MS) Horntlaii, Der luOak. 1828.— (7; Cahunbui. Dos Iiuch vom TaftrtA , 1840. p. 2\-(8) TMcmmi I. c. p. IW.-CJ, Ninths, i. c. p. 15.
(10) tu A<lem..gue ou se sert ordinairement de p pes de bois, faites avec la racine de cliôiie: mais on eu labnque aussi eu porceiaiue. .lout la ch.inn.ée se prolonge eu une espèce je récepincir destiné à recevoir le suc oléagineux, qui se dégace au tab.ic quau i ou fume. Les cheminée* sout Itueiiieut dessinées et souvent on ées de ligures aussi délicates que celles de la porcelniue de table f Bailing* , IWcco. 1875, p. 153).
(11) NiUcba. I. c. p. 10 (Voir p-us haut, p. 72).
à cause de l'ab.19 envahissant de l'abitude de fumer on lança des edits prohibitifs dans divers érots de l'Allemagne. Eu effet l'usage do fumer fut défendu de nouve.tu en Wurtemberg (16Ô1) eten Saxe ( 18ô3)(1). De même, en 17 J9, le Sénat de Strasbourg htardisait la culture du tnbac, à cause du tort que son extension causait à celle de céréales (2).
Le tabac était adopte" en Allemagne non seulement pour être fumi ou prisé, mais aussi pour l'usage médical, ainsi que cela so pratiquait dans le autres régions d'Eu rope, qui l'avaient reçu d'abord. Quoique la X. rustica fut préférée comme médicament, on employant aussi dans la pratique pharmaceutique la X. Tabacum. C'est pourquoi le tabac était appelé en A lem miie Metujes — , ou Heding — .ow Ind'nniache Wundkraut (3), HeUkraut, Indianisclte Beintcell ii). Il figurait plus particulièrement dans le recettes médicales sous les noms de Vulneraria planta initiai (Camerariui), Herba sincla , Panacea (Everhart) (5).
Camerarius, qui f ut un dos premiers auteurs allemands, qui se soient occupés du tabac, indique le Tabacum lati/olium, Y angustifolium et le minimum, et parle de synouy nie» : Pelum, Xicotiana, herba Reginae, vulneraria planta indica, s'en rapportant aux annotations faites par Cluse à l'ouvrage de Monardes (6). Le même Camerariu» dit, à pro pos de YHijoacyamus luteus, si ce Priapaea, qu'il 1' examina une seule fois dans un jar din, où. il l'avait obtenu avec des graines reçues de l'étranger (7). Il remarque quo cette plante est emp'oyée on Italie pour calmer le priapisme (I. c. p. 77).
Tabernamantane affirme aussi que la Xicotiana était introduite de Fiance en Allemagne depuis peu d'années, mais qu'elle était origin irie de l'Amérique (8>. Il semble qu'il n'a pas eu un aperçu exact des diverses espèces de tabac. En effet, tandis qu'il rend U figure de la Xicotiana major (qui parait être la N. Tabacum, var. brand iensis) il rapport, seulement I* nom de la N. anguatifoliu (c'est-a dire, de la X. Tabacum, var. fruti coaa). Il c;te aussi les dénominations de Petum Clusii, d' Hyoscyamus perucianus , Dod., et d' Indianisclte Beynwelte. Tour le* piopriétés de la plante il s'en reporte à ce qu'ava eut dit Dodonëe et Lobel. A la page 295, f-ous le nom de III Bilsenkraut Ilyovvyamus ptriiamus (sic), il rend une antre figure, qui semb'e appartenir à la X. rustica.
Di.na I' ouvrage de Bauhine on trouve des notices très exactes sur les espèce» «les taliaca cultivés en Europe au d x septième siècle (9). Ce sont :
1. " Xicotiant major, siie Tabacum majns. Synonymes: Tabacum kiti/otinm ; Petum Thewti; Pelum lad folium. (Il en reproduit nus-i la figure, qui correspond au tabac introduit en France par Thevet, c'est-à-dire, à la X. Tabacum, var. brasiliensis\ ;
2. " Xicotiana, she Tabacum folio ungu tiore. Synonymes : Pttum anguslifolium (dus. apud Mouardem); Xicotiana minor; Sana suncla minor. (Il en reproduit la fignre. qui correspond à la X. Tubucum, var. fruticosa) ;
3. u Xicotiana, sice Tabacum minus. La figure ne corresponde pas a la description; car tandis que dans la fL-ure les feuilles sont représentées comme ayant des q leues, d'après la description elles sont ses-siles : ctijns fol,a, ut in maiore, cuutes ampleclunlur, sed muito angttstiora, etiatr. infra stcundi generis (Petum ançuilifolium : X. Tabacum, var. fruticosa) foliorum umplitudinem; flortbus tumen saturât tua rubentibua. La ligure répondrait à
(I) Cdumbiit. I. c. p. '.¥).— ("il Nittch*, I. e. p. 'S2;~ Columba*. I. t-, y. 32.— Ci) Mallar. Xictti'inti.A.uw è.t. 1834.— (4 1 ftnaapna. AMd, Inbarh. 17*:. y. \,~ (5) Slrila. i. c. y. l'X~{<>) Camararla, Hortus me.ltcu*. I5«S. p. 16ô.— (7) Ce qui co:Uirme une lois «le plus combien était ratlUiitiqtle I' assertion île Libavi* )Ue cette plaute était oniciiiair* <ie ta Syne Hercynia, itmsi qu' o;i l'a ifit plus haut (y. 78i
(8) Tabarnamanlanl Krduterbuch. Ifll3 ( i-. 290 1: Es ist dièse Nic-.lutia ear ein Frsmbdss Getcâchts so fur wenig Jitren in leutsçhtundt ist aebrncht warden... Man schreibet das es erstli-h nuss America in Franckreich sry brneht irorden. und ton dannen m leultctlandt.
(D) Bautitao et ChtrUra, Historia plantarum uniras. |«5], m. y. i*3>
In N. Tabacum. var. Inncifolia! dont la nouvelle forme payait pour une production spontanée des jardins belles, ou dérivée des graines tombées de la Xicotiaua major (1). Elle était en même ttmips connue et désignée sous le nom do Tabacnrn minimum, Cam. (]).
4.° Priapaeia, qnibusdam Nkottana minor. C'est la figure qui correspond le mieux à ia Nic-tiuma rustica, var. bratilia l2i, dé>ignée pur les phrases suivantes: Folia belladonnas [Atropa Belladonna) pinguia, hirmta (Mattli.), flores ex luteo riridantes. On en considère comme synonymes : Hyoscyamus luteus <I>od. Ptirg. p. 84fc); Hyoscyamus peruvianas (Tabern.); Uyos-yamus nigcr III (Matth.); Toriiabona* congener (C.iesalp.) ; Priapaeia, a forma fruclus (Uesn.) (in Italia teinina utuntur ad priupiismum sedandnm , et hinc forte Friapaeae nonten illi inditum fuit, I. c. \>. 631).
Ces pbra.-es descriptives des espèces de tabac se trouvent généralement confirmées par celles de Ray (3) et d'autres auteurs, comme nous l'avons déjà dit plus haut (p. 102).
Enfin, les deux auteurs dans kur ouvrage cité ci-dessus, font aussi mention d'une autre espèce de tabac, i|u' ils appellent herba rohobba inebrian* , qu'ils croient être la coh'tbbu des Antilles indiquée par Martire, ignorant que le mot cohobba chez les Caraïbes désignait seulement le tabac, ainsi qu'on l'a déjà démontré à propos de la découverte du tabac en Amérique (Voir plus haut. p. II).
L'espèce la plus répandue alors en Allemagne, sinon la seule qu'on y cultivât, était la Nicotiana ruMiea (Baslardfnbak). On en cu'tiva la forme géante ou la brasilia. et la plus petite ou V humilia. La première, la braxilia, était aussi connue sous les noms de Brasilien-, Grosser . Ungariseher-, Banern-, Veilchen -, GrossblMeriyer-, Eserbl Tabak (4); la seconde, la humilia (peut-être originaire du Toxa-* et import. ; e de la Floride), était appflée Kleinbldtteriger Veiîchentabuk, ou Kleiner Ungat ischer Tabak (5). Cette sorte était surtout cultivée au Hanovre comme tabac a priser; elle fournissait un produit peu abondant, mais très fin (6).
Cependant, l'existence des deux noms de Bauern -, et. TJnuarischrr Tabak , rendrait probable l'hypothèse que la Hongrie avait reçu de Bavière cette sorte de tabac , et qu'elle l'avait tant améliorée par sa culture, qu' elle lui avait donné ensuite son propre nom. Cette hypothèse serait confirmée par le fait que cette espèce était déjà cultivée
(1) Il s'agit peut-être ici de quelque confusion avec la Sierem'tergia ou h Petunia. C'est la confusion habituelle qu'on o' arrive pas à résouire. parcp qu'il semble que ce» écrivaio* se sont copie» nu sujet du Tabacum minimum. Cela prouve que la .V. Jabaeum. var. lancifoUa. émit, auast très vraisemblablement cultivée alors. ma's qu'on la confondait ordinairement avec la S. Tabacnm. var. brasiliensis. qui dominait presque exelusivenienr dan* les cultures de cette épnq-te. On cultivait aussi Hvec ellp. mais surtout dans les Pays-Bas, la Sicotiana Jabaeum. var. marrophylla . k laquelle se trouvait quelquefois môtée ia Xicotiana Jabaeum . var. havanmsi* . mais sans qu'on la distinguai de la brasiliensis commune. Cette confusion ne doii pas surpre-iire. puisque môme les botanistes de ce siècle u'oot pas cherché à classer ces formes, ne les considérant pas eomme distinctes, mais simplemeui comme des vanatious résultant des différentes conditions de climat, de sol et de culture. De là. le désordre systématique des t spaces . des vario-és et des hybrides de la section labncim créé par Duaal m De Candolle. Prod. Reg. reg. XII!. p. (Voir à ce tropos notre ouvrage: Monographie du genre Nicotiana comprenant le classement botanique des tabacs industriels. Naples. 1399. enrichie de 7 doubles p'aoehes phototypiques).
(2) Ceci démout'-e que dès cette évoque ou se Itvrait à la cul'ure -le la var. lerana aussi bien qu'à celle de la var. brasilia de la .V. rumica. Mais comme presque tonte* les llrir** précédentes, à commencer par celle donnée par Dotfsni*. correspondent mieux à la A*, rustics . var. te.rana de la Floride, n faut supposer <uie la .V. ruslica. var. brasilia. ordinaire du Hrésil. a dû c i'« aussi introduite .-a Europe, niais qu'on ia confondait avec colie. comme ce:a est arrivé même j i^pi' à nos jour» (Voir à ce propos notre ouvrage: Monographie 'lu genre N' cotiaua, de.). (3) Ralo . Uislaria plantarum. It'*}, p. 71^4. (4) Elle était préparée eu corde pour tabac à miner (et'.'. Waiatr . Tabakkultur, Sme éd. p. 80). (5) Ralcfceahaeh. Der labak. p. Tiedemaaa. ■ c. p. 300
en Allemagne uvant d'être connut en Hongrie, ainsi qu' on le verra bientôt. Les Hongrois désignaient aussi le tabac sons le nom de Duhany (l).
L'usage de fumer augmeivant devait forcément faire répandre la culture du tabac en Allemagne Elle fut, en effet, introduite : en 1630 dans les environs de Nuremberg (2), et eu Bavière ; en 1659 dans la Inuring* par Hauman (4), quoiqu'elle ne s'y établit qu'en 1081 ; en 1660 en AI* <ce et dans lo Badois (ô); en 1676 (6), (1631) (7) en Brandebourg, où il semble que l'usage de fumer a ét l introduit beaucoup plus tard que dans le reste de l' Allemagne (8); en 1681, en Tburinge et en Sil vio par les habitants de la Bavière (Palatinat bavai.) émgrés, lorsque leur patrie fut dévastée par les troupes de Lotis XIV (9); en 1697 dans le Palatinat (10).
Avec l'accroissement de la culluro la fabrication des tabac-» devait augmenter dans l*s mêmes proportions; en effet les manufactures des Et its libres do l'Allemagne (11) étaient déjà créées en 1642, et faisaient partout d'importances expéditions, surtout à Hambourg et en Italie (12).
Baruflaldi (I. c.) signale le tabac d'Augusta, nouveau en Italie, et amélioré avec la trituration de graines aromatiques de fleurs et d' herbes variées , et si odoriférantes que quelques graines suffisaient pour parfumer un vase. Il rapporte en outre que ce tabac était commune à Augusta (Svévie Bavière), et que ce fut Trempeck, qui envoya le premier en 17» »8 d'Augusta eu Italie le Talnic det Mille fleurs.
Karl Wilhclm, Margrave de Baden Durlaclt , ayant fondé une grandiose fabrique de tabics a Pforzheim (1718), recommanda et encouragea do lout son pouvoir la culture de cette plante. La pi entière fabriq'io de Berlin fut fondée ensuite (en 1738) pa> Samuel Schook do Baie (13), et ce fut précisément dans cette fabrique que Michel Missel expriment* (en 1801) la première machine (inventée par lui) pour hacher les tabacs (14).
On avaii établi depuis 1646 en Bavière un droit sur i'introduction du tabac il5i,et en 1692 on y institua le Monopole, qui dura jusqu'où 1717.
En Wurtemberg le Monopole fut maintenu de 1700 à 1770, et de 1808 à 1821. L'usage du tab ic y était interdit depuis 16Ô6. En 1688 on en permit le transit, et en 1689 aussi l'impôt tatioa et le commerce moyennant un droit d'un floriu par quintal. Eu 1700, le Gouvernement institua une manufacture pour encourager la culture dans le pays; et il rétablit le libre trafic du tabac; eu 1808, un nouveau Monopole de la vente; en 1821, un impôt de fabrication et de trafic; et eu 1828, la liberté du commerce.
La Pru9se aussi >t<iblit le Monopole, pendant une période transitoire de 1719 à 1724, et rétabli par le Grand Frédéric en 1765 (16) avec un revenu annuel d'un million de thaiers. Plus tard (en 1787) Frédéric Guillaume II abolit le Monopole, et y substitua un droit de douane modéré. U intordit en outre l'importation de I' étranger pour protéger la culture indigène.
En 1871 les terres cultivées en tabac en Prusse avaient une extension de 5925 hectares, et c^tte superficie s'est encore diminuée par la suite, tandis qu' en 1824 elle atteignait 12374 hectares. Cette grande diminution est dûu à la forte concurrence faite à cette culture par l'Allemagne méridionale, à l'importance croissante de l'importation
(I) BtOMrtay. Du lubac. Pan*. Itfil.— {2i Horntfola. 1. «• ; - Mltick*. I. e. p. 13.-(3> Sc*i«n»r. 1. c. p. 144 (4) Nttiohe. i. c. p. 15. — (ô) TMmimii. I. c. p. 175;-L»nri»eit. I. e. II. p. <AW.-(«) Wtfier, I. c p. 4. (") H*ratltin. I. c. — HUdM. I. i: p. 15.— (H) «llUeh». I. c p. 15.— Tl«4«mnit, I. »-. p. 175.
i lO; Scbmtr. .. t. p. 144.
(II) li - s' inexpkfiiliile que Lottitr B#ck»rmalgré ce* f*iH paten's, pu line alarmer qu'il n'a trouvé iiKunn run ice prôi-i-to prouvant qu'un ail tutroduit au aeizièiue cl au iiu aeptiàmu siècle <ie» tabacs ■•o Europe liuns un tmt •><; culture (i. c. p. <W2), ou àe f;<l>r.caticn <l. e. p. «43).
U'-') SttiClu. I. e. p. 13.-03) TMmn. I. c. p. 170.— (14) NitMb*. 1. c. p.22.— (15; Nlltcha. L r. p. 13. (18) TbMouan, I. c. p. 175.
du tabac américain , et au meilleur revenu qu' on tire de la culnire de la betterave à sucre et de la distillerie des pommes de t-rre. R-ilativemeiit. aux différent «s province de Prusse, la production est limitée à la partie orienta e de la région de Tibit; tandis qu'ell» eBt plus étendue dans 1 1 partie occidentale, surtout dans le* en « irons de Marien werder, mais le produit est de qualité inférieure. Les districts les plm importants de la province de Posen sont ceux de Chodziesz et de Myeritz. En Pouioranie, près le Brandebourg, la province la plus productrice du royaume, le principal district est Stettin. Les districts les plus importante de Silésie sont ceux do Breslau , Ritibor et Gels. En Brandebourg les principaux centres de production sont les villes de Neu*tadt, Eberswalde et Prvnzlau. Le tabac se cultive en. -ore largement à Fiancf >rt sur l'Oder. En S ixe les principaux districts sont ceux de S-cndal, Salzwedel, Nordhausen, Bur g et Wittenburg. C'est au Hanovre qu'on obtient les irieileurs tabacs, ainsi qu'à Mundmi. Les plus importants districts de production pour la province de Hesse-Nassau se trouvent près des villes de Cassel et de Hanau. Dans la Prusse rhénane o i obtient d" exce lents tabacs dans les enviions de Clèvca, Emmerich, Coblenz, Creuznach et Saarbruck. La production est rare en Westphulte (I).
En Bavière* on cultive boauentp le tabac d:ins le Palaiinat et la Franconie (surtout près de Nuremberg et d'Ei hngen). En S >xe et on Wurtemberg on cultive peu le tabac, quoique ces régions y soient adaptées. Le Grand Djch* ne Bide a toujours occupi le premier rang pour cette production. Les centres les pins imp utants sont ceux de Carlsruhe, Mannheim, Heidelberg, Budenburg, Schwei2iugeti et Lahr ; ils donnent les meilleurs tabacs d'Allemagne et sont exportes pour les cigares par Brème, H imbourg, ainsi que par L Suisse et la Hollande , et quelquefois même pour Y Amérique. Ces tabacs sont par conséquent les plus apprécias et los plus chers de toute l'Allemagne. Dans le Grand Duel)' de liesse la culture existe prindpale neut prés de la ville de Darmstadt. En Tlturinge le tabac se cultive dans le Dudil de S ixe-Meiniugen. Eu Mecklembourg la culture se pratique dan» la r "gion de fcjtrelitz. Dans le Brunsw ck on cultive seulement près de la ville do llemstalt. Enfin, en Alsace ot en Lorraine ia culture est très étendue surtout dans les t 'gions de Strasbourg, Mulhouse, Schirnieck et Munster, et en plus petit» quantité aussi près des villes de Metz et de Thionville ^2).
En Allemagne 80 m lie ouvrieis livrent annuellement près de 5 milliards de ciguës pour une population de 50 millions d'habitants (3).
La statistique de la production actuelle du tabac en Allemagne est la suivante (1894 9ôi:
Elut» Hettnri'8 Pimludion
Badeu 69ùn Î5294 miile Kg.
Prusse ........ f>2ô(> - 10996
Bavière .... . . 2778 5777
Eisass Lothei iiigen . . 1297 36SI
Esse ;->ttS ÎOÔS
Wurtemberg 364 744
Thu linge 132 - 287
Mecklembouig 112 - 240
Ai hait 90 - 182
Brunswick . . 33 84
«axe . .... I - 2 .
Hectare^ 17576 38335 mille Kg. (4)
(I) Billing*, I. o. p. 350.— (2> Bllhn«a. I- ■•- p. 3.VJ.-,-a-. Uunml Lnututtrte du cigare en Allemagne <c(r. ilém. d. manuf. de l'Klot. Pans, is'.fi. p. rm,. -{■•) OarmittMlUr. I. c. p. 17.
L'importation a été en 1890 de 45 million* de Kg, U); et en 1894, de 48710 mille Kg. (2). La consommation serait t-n moyen e de Kg. 1,900 par habitant (3), ou de 48
onces (Pearson' * Magasine, 1893, Décemhi e, p. 6t>y), ou de Kg. 2 (Dalbergit, 1. c).
b\ Dwemxk. - Et Danemark comme en Allemagne, on mit un droit sur l'entrée du tabac, qui r.ip;orta 30 mille thaiers en 1769 (4). Le Monopole de l'Etat fut abrogé en 1778. La culture n'a jamais pu s'étendre à cause des conditions défavorables de terrain et de clim.t. A peine en récoltait on 100 Kg. par an, et il fallait importer chaque année le tabac n 'corsaire à la consommation, qui monta en 18HS à 8520 mi le Kg. (5).
D'après lewinsteia, la production indigène sertit de 2Q) mille Kg.; I* importation do 4140 mille Kg.; l'exportation de 271 mille Kg., et la consommai ion intérieure de de 4069 mi le Kg. La consommation set ait de K. 1,76 par h bitmf, avec une dépens* de Marcs 3,29, et un revenu p< ur l'Etat de Marcs 0,59 par téte (I. c. p. 3). En 1896 on importa environ 10 milliot s de I vies de tabac en feuille pour mie valeur de 272 mille L. Sut!., et 500 mille livres de tabac fabriqué pour une valeur d'environ 60 mille L. 8teil.(6).
c) 8nla».-oi Adolphe Occone d'Augsboiitg avait vu en 1ô9j les premières feuilles de tabac (Voir plus haut, p. 105), ce fut Benedict Areiius, professeur de théologie, qui planta dans la même année le tabac dans sou j rdin à Berne; il eut ainsi l'occasion di- remarquer lea qualités médicinales de la nouvelle plante et d'en des-iner la figure (7).
L'usage de fumer ne (ut connu en Suisse qu'un siècle plus tard. En eflVt, on vit fumer un énanger dans la rue, à Àppei zel, eu 1658, et il < xcita uue telle curiosité, que tous les gamins le t-uivaieni. Le sénat fut obligé d'unéter et de punir le futn-ut; on d -fendit de lumer éans les limx publies, et «n alla jusqu'à ordonner aux hûte;iers de d( l n ncer les voyageurs qui fum dent (&). Quoique le Sénat de Bâle ait puni en 1659 d' une amende de trois livres (Pfund) V u^age et la vente du tabac (9) , on en pratiquait la culture l'année suivant dans ce diiton (10), ou, selon d'autres, en 1676 (11).
Mais comme l'usage du Ubac se répandait de plus en pus en Suisse, le S'mat de Berne lésolut de punir les fiimmus (1661) di la même pein que les aduliores (12), et institua en 1675 un tiibunal spécial désigné sous le nom de Chambre du tabac, pour juger ceux qui ét lient accusé* d'avoir fumé, et les punir, le cas échéant, par l'arrestation, I' expos lion au piloii, ou l'amende, t.e tribunal existé pendant la première moitié du dixhukème siècle (13). l'ouitaut îles 167t> ou puniss it l'usage du tahac dms le Canton de Clarus par le pait-iuent d'une amende d'une couronno d'or (14). Et enfin , lo Con»i- Ptoire de Wolfenbuttel (1683), en proh ba t cet usage, oïd. muait aux piètres de pré cher contre lui, et établissait la sospcimio ab officio contre ceux qui s'en reniaient coupables (15). Malgré cela, l'usage uu tabac sut véait en Sui-tst*, et quand les montagnard" in manquaient ils prenaient celui de montagne, autrement dit les feuilles de l' Arnica moHtaua, plante venimeuse aux propriétés narcotiques (16).
(I) lck«rttr, l. c p. 144 -<2) Dtraiiuriwr, I. c p. 33.
<3) D« G*r4*i i U AcMta. El labaeo *n Cuba. 1897. p. ".-.Selon UwlitsOiii. ;<u contraire, la coiisummat ion uitéueure «*ruit ite kç. 88 milm'u*. far lu.b.i .nit. k*. l.flH avec uue .lép»:us* de Mure» 3.34. et un revenu à .'fcrat «le M ires 1,18 par tète (l. c p. i,.— (4) Hatch*. I c. p. 21. - (S) OarmttMdnr. I. c. p. 12.
t.0> Ctr. Dipl. a. Con*, /te/». I.ou ion. IH'.i". — Dennmtrk, n. 11120. p. 13— (7) NHich* I. c. p. 6.
<8) KorttsWa. 1. c. p. lô; -Hita«kt. I. e. p 1 4; - Columkui, t. c p. 32.— (U) TM*muM, I. c p. I«7.
(10) LauritML Uandbwk des lioUntik, II. y. '.tsy.
(II) Wtgtwr. labnkkultur. ô.lite éi. p. 4;-NitKk«. 1. c. p. *^2; — Billing*, i. c. p. W.
(12) tMimb. Jubacco.mi. p. I3;-C»lnmbn», 1. 1. p. 32.-(l3) Harntnn. I. c. p. lfl-.-Hltoeli*. I. c. p. 15;- C«Iw>6im, I. c. p. 32.- (U) CtlMibin, I. >-. p. 32;-H*nutoln. I. c. p. 15. -(!ô) NIlKt». 1. c. p. 10. (16) Conk*. I. c. p. 107; — Sctttt. Flora medico delta prwincia di Cmn, 1872. p. 74«.
En Suisse le tabac se cultive aujourd* nui princlr-alment dans les Cantons de Fnbourg et de Waadt, qui en produisent ensemble 1200 mille Kg.; tandis quo les autres Cantons réunis arrivent à peine à une production de 200 mille Kg. (1).
La consom million est d* Kg. 2,14 par habitant (ou 68 onces par tête, selon Pearson I. c), avec une dépense de Mures 2,78 et un revenu pont l'Etat, de Marcs 0.44 (2).
Autriche - Hongrie
Quoique les soldats autrichiens aient contract? (1631) l'habitude de fumer en Bavière et en Saxe, et l'aient importée dans leur pays <3i, la culture du tabac ne fut introduite en Hongrie qu'en 1660, tandis qu'elle étiit déjà florissante à cette époque en Alsace ot dans le Radois (4). Et dès alors, selon Wagner, la N. rustica de Hongrie {E eerM-, Vetlchen-, Ungaritschtr Tabac) ét .it préparée en cordes poui tabac à fumer (5).
Mais tandis qu'on punissait en Transylvanie 1' usage de fumer par la contiscat.ori des biens (6), en Hongrie on se contentait d'appliquer une amende de 6 florins sM s'agissait d'un paysan, ou de 50 si c'était un Seigneur, et même d'une amende plus forte si le coupable éta;t un Ch'-valier (1).
A cette époque, 1670, les tabacs furent affermes en Autriche à Christophe Khevtnhuller, pour 2 mille florins par an, tt en 1676,1a première fabr que fut fondée à Emis (8). Environ un siècle plus tard, 1723, le Monopole des t i bacs rendait eu Autriche 126 mille florins, 400 mille en 17l8, 805 nulle eu 1770, 1800 mille en 1783 (9), et 3,450,338 en 1787 (10;.
Le Monopole du tabac pour l'Etat, ainsi institué en Autriche en 1670, fut immédiatement imité en Fiance 1674 (Voir plus haut. p. 73) (11) et. successivement en Espagne. (Voir plus haut p.6ô) en Foitugal en Sicile (Voir plus haut, pp. 74,97) ?t en Hongrie (12). Ou commença par un droit de uouane ; puis on constitua eu plus le Monopo.o de 1' E tat : droit et Monopole protégés par des éilits , di-s décrets , des lois et les peines les plus sévères, telles que la confiscation des bii-ns, 1' estrapade et même la peine capitale.
Actuellement en Autriche ceux qui futoeut l.i pipe smt en p^tit uoiubre et appartiennent à la classe ouvrière. Le modo de fumer le plus usité est la cigarette de tabac
(I) Oarmitaeduw. I, c. p. 36.— (2) lawiacbjla, 1, e. p. la. — li n'y a pas du Mouopole; mai» aojourj' hui
le Gouverueuieut mire à restituer.
(!5) NiticlM. I. e. p. tO.— (4) UirtMii. Handbuck det Bolnnik, 11. p. 989. — (5) Wtgntr. labaXkullur. âme é i. p. SO.— (6) Sltinmttz, Tobacco, 1857. p. 13.- <7) Nlttck*. I. c. p. 17.
(8) Nittch*. 1. c. p. Ij;— Colunkuk. I. c. p. 79.— (9) Nttach». I. c. pp. 20.i2.— (10) Celmfeet. I. c. p. 81.
(II) Ku Krauce le ba.l mi passé ie 30 Nuveuibre 1074 pour six auuéoi avec Jmk BrtlM à raisou tie 5u£> mule livres pour cbacuue des ueux premiere* années, et ae 000 m. lie uvrea pour le quattres dernière*. Le bail comportait la terme île la vente el <iu aébu au tabac dans lout l'éceuitue ou « Kvjauie. puis et terres de V oi,éissauce du U»y.» I'm 1080, lu ferme au lubac lui réuuie aux autres ternies et comprise dan* le bail, qui fat l'ait à Claud* Bo»l»l l'euiiuuc ia période, qui s' eeuuie jusqu* eo 1097, I' clpioilatioii s' organ se entre les malus li.ibj.es ae-t fermiers généraux , et elle devient a»s« fructueuse pour pcriiieltre uue augmentation île la redevauce. qui lut portée A i-'i'X) mule livre* par ou uée aaus le bail au i097. Eu 1714, la redevance lut pariée n 2 iiul.ioiis de livres; eu 1718. à 4-/20 mine livres à la Couipaguie a'Occideut; eu I73u. à 8 millions du livres; eu 1708. à 22.X1J milie hvrr»; et eu 17s.', a 30 millions ue livres.— Un oéorei du 27 murs 1791 supprima la ferme et la rexit> générale; niais i» rcu.ieiiieiit ae l'iuiLÔt de labncatiou aUeigu.n à peiue 3 millions de livre», l/e Monopole géré par t'Ktat devait entrer eu vojueur eu 1811. Depuis l'origine jusqu'à 18J8. cYst-à-diro eu 87 a nuée s. le Monopole a eucaissé lO.I8o.926.4oo iraucs; il a dép«nsé - a.8ô4.7oo.846 iruucs . el il il l.nssé un benefice net ae l2.4iU9bO.9l7 iraucs (Lavrol, L impôl du tabac en France, tir. Revue Politique el Parlementaire. Juuvier IB9y).
(12; Honiteli, iter Jubah, 1828, p. 20.
turc, et chaque fumeur e*l muni île toute qu' il faut pour lu fane lui-même il). L«« branches de cerisier sont ordinairement employées comme tuyaux de pipes ; mais on se sert aussi des branches du Prunus Muhaleb, natif de ces légions, et qu'on y cultive exprès pour cet usage (2).
On cultive le tabac dans certaines parties de la Cisloithanie, principalement en Gailicie; mais toute la récolte ost livrée à la Regie autrichienne, qui n'en revend pas à P exportation (à).
En Autïche, la fabrication so chiffre par 1124 million» de cigares pour une population de 24 million» d'habitants; en Hongrie, par 478 millions de cigare» pour 17 millions d' habitants (4).
La production dos tabac* dans P Umpire d' Aniridia a été en 1*78 de 41 million* • I" Kg. (51.
Dans les dernière* unu ; es la superficie plantée .-n tabac pour la Régie en Hongrie i varié entre les limites de 47 à Go mille hect. Le* q nantit reçues dans les magasin* lie l'Etat ont varié de 86 million* de K«. en 1880. à 43.5 millions de Kg. en 1884... Lu Régie est loin d'employer dans ce* fabric liions la totalité des tabacs indigènes, qui lui sont livrés par les planteurs. Ede cède à la R^ie autrichienne bien plus de la moitié de la récolte. Celle-ci en a acheté, en 1880, Kg. 40 millions, et, en 18S3, Kg. 29 millions. .. Après ce prélèvement , le reste des produits de la culture livrés dan* les magasins de P Etat n'est pas intégralement mis on fanik-auon dans les manufactures. L'excédent de leurs besoins est vendu à des négociant* exportateur*.... Les quantités vendues à l'exportation par ces négociante) ont varié de 8,4 millions de Kg. en 1880, à 0,4 millions do Kg. en 188a. Ei'es sont beaucoup plus fortes que celles achetées à la Régie par les mêmes négociants. La difference est due à la eu ture pour l'exportation i6>.
Pour 1892, on a les statistiques suivantes:
Etals Hectare/. Prulurtiv»»
Gallkie et Rucovine 18% 4,257 mille kg.
Sud-Tyrol .... :J40 530 ,
Dalmatie 252 36u
Hongrie 42,355 53,306 . (7i
Hectares 54,743 58,402 mille kg.
D'après la dernière statistique, on aurait eu en 1803 pour l'Autriche: produit brut. 182 millions de Francs; frais, 00 millions d* Franc*; consommation par tête, kg. l,28r;. En 1894 pour la Hongrie: produit brut, 1U2 milium* de Francs; frais, 42 millions de Francs; consommation par tête, 1,155 k^. En outre, d'après lewinslein , la production indigène on Autriche est de 83 mille quintaux : l'importation , de 325 niilie quintaux: ''exportation, de 16 mille quintaux; la consommation intérieure, dï 342 mille quintaux; la consommation par habitant, de kg. 0.70 avec une dépense de Marcs 8,08, et un revenu pour l'Etat do Marc* 4.88 par téîe. En Hongrie, la production indigène est de 348 mille quintaux; l'importation, de 48 mille quaraux; l'exportation, de 173 nulle quintaux; la consommation intérieure, de 218 mille quintaux ; li consommation par habitant, de kg. 0,72, avec une dépense de Marcs 7,84, et le revenu pour l'Etat, de Marcs 3,76 pai
(I) tllli»|l, lobftcea. 1815. p. 143. — l^) illt)»s«. i. <?. p. 15*.
(3) Carwi. Vne miss, en Orient m Uem. d. Monnf. de l'Etnl. Paris, I**»!, p. 2B4.
(i) Uirt«L /. ind. d. eig. en Allemagne ni Hem. d. manuf. de rEl»t. Par;*. 1*95. p. M*.
(5> LMk. lubacco, \m. p. 142.— <•> Cir»«i. Vne mission en Orient. I. r. p. 274.
(ton. - h*»ir* Su Tait. 16
tête (1). Selon Dambergis.au contraire, la consommation par habitant serait de kg. 2,2, pour l'Autriche-Hongiie (2).
a) Bonde. — Selon Olearius, l'usage de fumer a été importé Russie par de» navigateur» anglais dés la tin du seizième siècle. Le tabac était. (1633) si commun eu Moscovie, qu'on l'employai' partout, en fumé-, ou en poudre. Pour remédier à c«t abus, et pour éviter les désordres et les maladies» qui en dérivaient, non-seulement parce que les pauvres se ruinaient en achetant du tabac au lieu de pain , mais aussi parce que les habitations brûlaient souvent, et que des citoyens se présentaient devant. Jms Soutes Images avec les habita iuf-ct'-s d« tabac, le Gi nid Duc (c'est a dire le Souverain» et le Patriarche ordonnèrent (16 54) que ia venie du tabac tut absolument interdite, et par conséquent, son ns;>ge t3i. Quiconque s'en rendait <oupable était puni par l'incision des nathics, et le fouet (4". Un institua dans ce but ua tribunal à Moscou (1634), exprès pour punir les fum ms t .'.
Stella rapporte de s >n côté ce qu' avait dit Oleirius. Il d t, en effet. : Ainsi le Grand Duc de JWovie, l'an 1633, d'aptes ce que raconte Ada-n Oleirius (I. III. cap. 6 et 20 de son Ihstona di Moxco.m e Fettsm) , pom empé.dier i' abus qui s'irait hit o luit dans ce pay- de prendre le Ubac, publia lui .iiisd un Ëiil .semblable (au turc) dans lequel (sous pHtie de taire passer s .us le fouet , ou <ie fV-udre le nez .lu transgresaeur , ou môme de le lui couper complètement) i. or Jo i liait quo person «• n'ait a l' iV^nir la hardiesso île pn-udre du tabac, m dVii introduire t-n M-scovie, ni d'en donner commission à un marchant, qui l'auiait apport* d'ail etus p.-ur le vendie ou le consommer (0).
(Je fut le Pati iatihe, qui | ersuada au Cz;.r M.chel Feodorowitz que 1' usage ou tabac deva't être considéré comme un péeh; mortel, et ce fut à son instigation que le Czar se décida à interdire <lt>JJ> I'liabi.ude do l'amer dans ses Etat?; mais voyant que cette iuteidi lion restait lettre invi te, il décr ta ilG^l) que les coupab es auraient Je nez i7) et les lèvres tranchés (f>).
Targioa.-Tozzetti rapporte à ce sujet ce qui suit : Michel Feodorowitch Touritff, en 1633, aussi parce qu'on d sait que les incendies causés pat ies luniems étaient, fiéqueius, ordonna la baston.ade cootru quiconque plena t du tabac; que les téc divistes auraient le nez percé ou tranché, et que celui qui désobéirait pour la troisième fois auiatt la tête trat.cbée (.9).
Cela fui aussi confirmé par Labat, qui rapporta que le Grand Doc de Moscovie, Michel Federowitz, voyant que la Capitale de ses Et./ts a\ait été dettuite deux ou trois l'ois par le Jeu à cau»c de l' imprudence des fumeurs , qui s' endormaient la pip« a la bouche, mettant le feu aux maisons de bois et voisines Its unes des autres, exposant ainsi le peuple à uue grande ruine, interdit l'entrée ci l'usage du tabac dans ses Etats, sou» peines sévères, et même d'avoir lo nez tranché (10).
Cependant, l'usage du tabac .se répandit tel einent dans les llussies, que tout le monde aimait fumer, et même les femmes aspiraient la fumée de celte fjuille dans des
(I) Lcwtnittia, i. c. p. l'J.— t-; Oambargit, Les tnbaex rl toubx-kis gréa, Alm-ti* 1 *, 1M>4. (3) 0;««rtut Adam. Voyoxt't en Mtnctjrie, Jarlarie et Perse. IT'.'Î. p. 21». i4) P.uill Slmpnit De Abusa lt''.,ivi. ItWV r. .">.— (5> Mantagaxza. Igiene. I>*7 1. p. ;»k. iti) Stella. Il labticco, p. 131.
<~) N.UcH.. I. <. pp. 10 l'J;— Horitsfein. I. c p. !*.-(«) SMiimftz. lobieca. 1817. p. 13. Ci) Targioni-ToitatU. Omii storict. etc.. I8K4. p. 120.
(10; LataL Voyage mix Isles de l'Amérique, \~'2*. T. 11. c. XXIII. p. m.
RfsstE et Scandinavie
pipes dorées. Et comme choque habitude suit une échelle progressive arrivant jusqu' à l'excè* et. an lanatisme, l:i pipe ne se quittait p'us dan»* ce» légion? glicées, même au lif, car In chaleur de la fi niée i rli:ti.(f: it agréablement, l'o: gnnisioe refroidi, et aussi parce que |<> tabac, ivant une piopiiété i areoiiqii" . il favorisait If) sommeil. De sérieux inconv'nieiits déivèrent souvent de c> tte habitude >-xagérée, car les fumeur? étant souvent inconsciemment en proie a \\ \ profo d sommai , la pip-' a»>a donnée incendiant les couvertuiea, et l'ince die se piop géant , on eut a regretter plusieurs victimes humaines et la desti uction de nombreux ■'■diflees. Et ce Gouvernement, sys ématiquement despotique, observant avec colère e> inn nrtnnN •]• minages, qui d ''rivaient de l'usage du la bac à fumer, décrétait les peines les p us sévères (l). Et comme ces pei -es n'a: rivaient pu- à supprimer l'inb.mde envahi saut- de fimn-r . le Czar Alex s M.chailowitsch décréta (1(141) la déportation en Sibbie. et ensuite (H>ô.Y> la peine de ai. -ri contre ceux qui transgresseraient, ses oi.ir-s sur l'usag» de funvr <2t.
Mais la pn liihit on .le l'usage du tabac en Rn-si» dura à peine cinqinnle ans, jusqu'en 1697, ép- que à laquel r Pierre le Grand y institua le Monopole d' Eta> (8). A partir de celte ann'o la culture s'. n r'-paedit * n Russie, et par im uk\s > du 12 Juillet 1702 (4) Catherine II antmi-a les cultivateurs allemamls à s'y livrer, surtout dans les provinces méridionales telles que la Podolie, !a Crim ; e et l'Ukraine (5). Quant à l'Ukraine, la culture du tab c y pénétra beaucoup p us tard , et certe co>iclu9ion peut se tirer du fait que Thévenot parlant des occupations agricoles des régions habitées par les Cosaques, avant 1603, gaule un silence ahsolu sur cette culture (tî).
On cultiva d'abord en Russie la X. niMim, var. brasilia, qu'on y désignait sous les noms allemaeds iVEwbrl, Bntwrntalxik (7), ou aussi par le nom du patois de Tiotioniï), et de Zchirchir chez i-s Circassiens (9).
Dans la région du Samara, chez les Cosaques, co sont les femmos qui s' occupent principalement de la culture da tabac. Elles plantent celui à feui'les rondes (JV. riwtica), parce qu'elles trouvent trop fort celui à feu lies lon^u*s CY. Tibacmn) < 10k Miis le développement «le cette culture a rencontré des ob«tacl*s chez ces Cosaques, parce qu'ils ont cette plante en horreur à cause îles pr^jug-s religieux (11).
Dès la fi i du dix huitième siècle les habitants de la région de Saratoff, au bord du Volga, avaient commencé à cultiver le tabac qu'ils vendaient aux honUn de Kilmonks, qui traversaient ces landes pendant l'été. Quoique le produit n'en soit pis encore considérable, on cultive pourtant cette plante avec succès, car la feuille n'en est pas iaféiieure à celle de Virginie: ce qui devrait encourager les fabricants do l'Empire à la rechercher. Mais les insectes et la grêle nuisent .Isa culture. Il y pousse prineip dement •leiix sortes de tabac: l'une aux feuilles larges, et l'autre aux feuilles plutôt petites et à forme de lances (12).
Aucune région d'Europe ne déploie autant de soins pour la culture du t.auao que la Russie. Les sortes d'Amérique, de Turquie et de Prusse y sont cultivées, en renouvelant la semence oiiginaire Mms les deux ou trois ans. Le tabac russe est généralement doux; le meilleur s'obtient dans les contrées méridionales et transcaucasieune-» (13).
Il est certain quo le tabac du sud de la Russie, c'est à dire de la Crimée, de la Bessarabie et du Caucase, peut entrer en compaction avec tous ceux de l'Earope oc-
(I) Mwro G., Uonoitrafto drl l>il,n>-<>. IWS. p. '.M.-çi) NiUeht. I. c-. p. 13-H; — Columbia, i. c. p. 34. f3.) Columkit. I. e. p. :r>.— < t) Dtrautititter, 1. c. p. •">.— >."ii Ctlunfeiii. I. c. p. 33.
(«) TMiMMt R' iniiont de tl.rer* roywtet. tiWVJ. p | ,.— ■',) WifMr. I. e. p. 1U4.— (s; Ftraiand. I«i*/re. p.'J. (0) Dtmersay. Tabac. 18.",!.— (Pn Pilla». Voijnges. I. p. :$tkV— ( 1 . Pallai. I. c. II. p. IU5. (12) PallM. I. c. VII. p. 305. -(13) Bllllnj*. lobicr.o. 1873. p. 30«.
cidentale ; celui de Crime le cède seulement aux sortes supéneures de tabac turc,
mais surpasse, par ces qualités, les sortes médiocres et inférieures de ce dernier
Cependant les cultivateur arriérés s' entêtent aux méthodes du siècle passé, et n'admettent pas d'améliorations.... Aujourd' hui de tous les tabacs russes on ne connaît en Europe que le li ikoum, sorte de tabac turc, er le m ikirk la *orte la plm commune (1).
Quoique le tabac turc soit depuis longtemps en usage au Transcaucase, la culture dos sortes turques ne date que de l'année 1S73. Avant cette époque, les tabacs in digènes étaient récoltés et connus sous le nom de ItiimjréUen, Imàeèthien , Bortcitalien, Madam/cwn, S>tUiniai, etc. Quoique tous do qualité inférieure et mal préparés , ils se vendaient facilement a la population campagnarde et à la classe pauvre des villes. Lo» • «qu'en 1888 il fut défendu de vendre désormais le tabac indigène sans la banderol!* de l'accise, le débit du tabac caucasien commenta à diminuer, et il est à craindre que dans un avenir prochain il in soit co nplètatmnt exclu du marché. Jusqu'en 1873 le prix du tabac turc importé était pou élové: 7 roubles le pond (Kg. 1G.240); parce que les droits de douane, qui frapp lient le tibic étranger importé au Transcaucase, étaient de "» 0|0 do la videur , s >it 2") Knptki \ îe ko? le est la centième partie du rouble ). La production dans cette région a été consHérahlem-Mit a : dé* par l'établissement en Turquie, en 1872, de la Régie. Les cultivateurs d**s provinces voisines de Trébizonde et de Stuusoun, gênés par le système du Monopole introduit en Turquie, commencèrent à emigrer volontairement dans les possesions russe* situées au bord oriental de la Mer Noir, et à y faire des plantations. En 1877 le droit de douane de 14 roubles en or par poud de tabac importé fut appliqué an Transcaucase, et à partir de ce moment on se mit avec ardeur à cultiver le tabac... Aujourd'hui, au Transcaucnae, les principaux rayons de culture de tabac turc sont: le district de Signac ; l'arrondissement deZakatal; la Gourie; les parties supérieures d*s v dlées de l'Algech et du Khram; les districts d'Artvine et do Soukhoum, et celui de Tillis. En 1886. la récolte d • ces régions s'est élevée à 300 mille pouds , dont la moitié provenait de la vallée de l'Ai azan et de l'arrondisse ment de Zikatal.... Le prix de vente des sortes médiocres do tabac du pays e«t de 4 à 9 roubles le poud (12 à 27 fres. environ le 16 Kg.'», selon les saisons et les différente» phases de la récolte (Oucoum. 1. c).
En Russie actuellement le tabac est plus largement cultiv* à Tshernikoff, à Poltova, en Bessarabie et dans le Samara. La culture est rare en Pologne ; elle est bornée aux environs de Varsavie. Ou cultive beaucoup le tabac en Crimée, où l'exportation commence à être importante. A Tangarok les plantations augmentent, et le produit promet beaucoup. En 1888 on a exporté de Riga pour 114 mille roubles, et de Séb istopol pour 1100 mille roubles (2\. En 1895 on a cultivé en tabic dans les contrées transcauc-isi'mnes environs 8 mille acres de terre avec une production d'environ 8 mille tonnes; mais les indigents ne secondent pas le Gouvernement pour cette culture t3i.
Aujouid'hui l'usage de fumer est devenu général en Russie. Tout lu mond y fumehommes, femmes et enfants. L<* tabac préféré est le tabac turc. La cigarette se fume plus que le cigare ou la pipe. La cigarette des daine» est petite ; celle des hommes eat beaucoup plus grosse. On fume la cigarette à toute heure et partout. Ce sont souvent les dames qui en offrant la cigarette invitent à fumer (4).
D'après les dernières statistiques, en 1893 on a cultivé en tabac dans la Russie 58 mille hectares de terrain, qui ont produit 81 millions de Kg. L' exportation fut à peine do 8 millions de Kg. (5). En 1894 on importa en Finlande 2520 mille Kg. de ta-
■It Dncmmo. Lti culture du tabue <iu Otucttse m .Vf)/», et Mutnf. tic VEUJt. Pari», 180). p. 24". ■2) Lfch, lol-i'xo, iSSei, p. l'A'.— ai Cfr. Dipl. -t. (V»»». Heportx. l..>-i ion.lx'j.%, IrHMMWw. u. I«54.p. s. ■■»'• Billing. I. e. p. 113. -.:»• 0irm«t*«4l*r. c. p. I".
bac grège (1). Lewinttein rapporte qu'on Russie la consommation par habitant eat de Kg. 0,55, et revenu île l'Etat, de Marcs 0,15 par téte. En Finlande la consommation par habitant est de Kg. 1,15; la dépense, de Marcs 1,23; et le reveuu de l'Etat , de Maies 0,88, par tête (2).
b) Scandinavie. - De même qu'en Russie, l'muge du tabac fut introduit en Scandinavie par <i64 uavigateurs anglais au commencement du dix-septième siècle. A cette epoque (1616) un cylindre de tabac de la longueur d' un bras se payait un mire (3). Quoique sous le règne de fiuttave II (lfill-lb^) on ait interdit l'usage du tabac, parce qu' il avait gagné moine les femmes , les troupes suédoises purent fumer à leur aise (1631) pendant leurs marches en Allemagne (4). El iis en prirent tellement l* habitude, que, faute de tabac, ils fumaient les feuilles des arbres ordinaires \b).
La culture du tabac fut introduite aussi eu Scandinavie; d'abord on Norvège en 1616 (6); puis, beaucoup plus tard, en Suède en 1704 (7). Aujourd'hui cette culture est libre, mais très limitée, et n'existe presque que dans la région de Stokholm , et par consequent la Scandinavie importe presque tout 1«- tabac nécessaire à sa consommation . En 1893 on eu importa 2522 millo Kg. (8).
Péninsule Balcanique
a) Turquie, — Les auteurs s'accordent pour attribuer la ilate de 1805 à l'introduction de l'usage du tabac en Turquie (9). En effet, selon Leuresen, l'usage du tabac fut intro duit en 1605 à Constantinople, venant d'Egypte (?) et des Indes Orientales (?) (10). Hernstein affirme que les Turcs apprirent l'usage du tabac en 1605, presque eu même temps que les Hongrois et le Russes (11). De Hammer Burgstall remarque qu'un historien oriental aiteste que le tabac fut connu à Const.intinon'e en 1605(12). Reichenbaeh rapporte qu'au commencement du dix sept ième siècle les Vénitiens et. les Génois s* appliquèrent à eu introduire la cultuie dans leurs possessions orientales (D. Ainsi les Turcs et les Arabes, qui désignaient le tabac sous le nom de Ke>f (qui fait réjouir (13) s'a tonnèrent au^si à cette culture Reichenbaeh, I. c). Saidy dit au contiaire que le tabac fut introduit en 1610
d) Dermlui'ler. 1. c. p. 43.
(2) L'wlMteln. I. c. p. 80— Selon Paaraaa'a (Magatine. I&ici. Décembre, p. BTO) ia consommation ju tabac en Russie sérail de 24 one** nnr têt»-, et selon Daaifearfis (I. c.) de kg. 0.68.
(3) Ttoeamaan. I. e. p. 177. -(4) NKacha, I. o p. 10.— (5) TMtmaitr», I. e. p. 186.— (6) Waimr. I. e. p. 4. (7) Nltacat. I. e. 19.— f») DaraialaaMer. I. c. p. 42.
(»< Wa«Mr. Inbnhhullur. 5.me éd.. p 4;-Sea*>riaf. I. r.p. 144 — 1 10) Uvrtaen. Utndbnek d. BoUmih, II. p 990.— (ll)H«rmHa. Der T»b«*, p. 14 — m) Ot Hianer. Utona delC hnpern O'tomino. IS33; VIII. p.l 1*
(13/ l.e mot Keyfa» Kief désigne tome autre enose qu- le tabac. La Kief cr ni:sle à ne rieu fane, a ne peiner à rien. Seulement le café servi dans une petite t»s<e. contenant deux ou trou (rorgées lie la précieuse boisson, fait partie de la cérémonie; puis ia fumée, et rien que la fumée. Renoncer pendant sa durée (une heure au moin») au mon veulent. A la vie. eolever à l'esprit tout souci et au corps tout mouvement, se plonger dans le né mt. ne rien voir, ne pas parier, ne rieu entendre, contempler uniquement la nature et la fumée de sji pipe, sont les qua-ués indispensables pour pratiquer le culte du Kief tUUr* al Crfaarae Faso* 'Ma 4«l Car ratai, Oriente ed Occident*. 1**2. p. 159>. Le Khef *erait une espèce de demi sommeil du Musulman, qui s'occupe à ne rien faire . à ne rien dire, à ne penser h rien (Blue Charlas. Voyage de la Haut* Egypte. iS70. p. 3«).
Quoiqu'on ait la date historique précise- O de l'introduction du tabac en Turchie. Lothar Backer fefr. iVrt/Mr. IK80. p. «Y» est d'avis que les Européens avaient reçu de I' Empire Turc ia culture et l'industrie des tabacs (»). Et il ajoute que cette industrie, dominant presque uniquement eu Turquie (?). prouve son antiquité, et l'ancieouo civilisation dont jouissaient les Orientaux, il y a 3 ou 4 mille anset qu' attestent encore tant de monuments artistiques — Il est clair que Lethar Backer tient plus à *aii opinion personnelle qu'au» documenta historiques.
à Constantinople pnr des navigateurs anglais , qui apprirent a fumer aux Tares, ce qui leur put grandeu ent. Ils s\>donnèrent avec v<liipt s a c- 1 u«age comme a celui du café il).
" Le seigneur Petro délia Valle, Chevalier H. main, raconte dans la pro niere partie, de ses voyage» (hit. 3 da CasUnitinopuli in dota flrlli 7 ftbrur» 1615) que l'usage île fumer le tabac n'était pas moins fréquent à Cm staniinople et • lan-' fout-* la Grèce, qu'en Angleterre, en Ho! ai de et en All-rmgne; ma -s que cet usage i.' exist .it presque pis a cette époque en Italie „ (2). Cepedam Delia Valle njnu'e : 0 On prend ici ( 1«I5, en Turquie) du tab c pendant lt-s conversations; mais je n'ai jamais voulu l'essayer, et je n'ai pas connaissance que be.ucou» de ^ens en prennent en Italie (?)... Mais ici on .o prend à toute heure connue distra timi , faisant mille jeux comme de faire sorir cette fumée par le nez, ce qui leur paraît agréable, tudis que cela me fait l'effet, d' une grande naleté „ (8V
Voici ce que rapporte la Veuve Fusco, à ce sujet: " Ce fut en 16)6, sou* 1" règne d'Akmed, que les Holland d*, qui se partageaient depus p -u de temps avec les Vénitiens le commerce de l'Orient, apportèrent cette plante à Constantinople, ot eli* devint une s urce de jouis^anc s nouvelles i<our les roq'iéra»s de la superb** Stamboul. L' histoire raconte que l-s Turcs a'adon -érent à cet img' avec t int d'ex iès et de pl ùiir que le grand Muphli, croyaut reconnaître dois l'ivresse qu'il causait, à ceux qui n'y étaient pas habitu é, le. me nos eff-ts que le vin. émit un feUca contre cette innovai ion. Cet. acte suscita un mécontentement général. Oi soutint que le tabac ne pouvait pas alourdir le corps comme le vin, car il n'y resiait pas; nids ne faisait qu'y passer, et que puisque Mahomet ne l'avait pas déf-ndu, le Mnphti n'avait pas e droit de se montrer plus sévère que le Prophète.... he Mnphti insistant pour l'exécution de son fetu>a, il s'en suivit une révolte populaire, à laquelle prirent aussi part les trouves, les jaunissaii es et les oflfiViers du Së<ail. Pour rétablir la tranquillité publique le Muphti fut obligé de révoquer son ordonnune „ (4).
Monrad IV, frappé de l'irrévérence de quelque? uns de ses familiers, qui se permettaient de fumer au Palais Royal, en interdit l'usage à quiconque (ô). Ce Sultan monté très jeune sur le trôno de Constantineple (en 1621) pun t bientôt d'une façon cruelle ceux qui contrevenaient à ses ordies. dW-ndint de se servir d'i tabac sous aucune forme («). En même temps " Mourad IV, Empereur des Turcs et d'Orient, n'étant aperçu que le tabac produisait l'effet de tendre les hommes stériles et inaptes aux fonctions du mariage, et craignant que la contagion de cet abus ne gagnât ses vassaux , et qu en le pratiquant ils ne devinssent stériles, et qu' avec ie temps les soldats ne vinissent à matqurr pour les cotrbats, publia, à ce qu'écrit Vigagiene dans son livre des Rites ot coutumes des Turcs, un Edit, par lequel il ordonnait, sous peine de mort , que personne n'ait la hardiesse de prendre le tabac à Constantinople et dans son disMict , et que dans la dite Ville personne n'en portât ou n'en vendit, aiiu d'éviter que par cet usage ses sujets ne devinssent stériles, ne puissent plus avoir d'enfants, leur loi ne leur permettant de prendre plusieurs lémmes que dans ce but „ (7t.
Stella raconte aussi la j< «lie histoire de la Sultane Cosmiae, et l'Empereur des Turcs Mahmoud : * Comme l'us-gc continuel du tabac et du café, dont ou a l'habitude en Asie, ayant rendu cet empereur inhabile et impuissant au devoir matrimonial, la Sultane le
<1, Sandy, TraceU into Ittrky. 1021.
<2j Stella. Il inbacco. p. -"OO.— (3) Dalla Val la, Vt»xx>. Irttiî, I. p. '■>'. ill Vadow Fuaca. I. c. p. Pi).— 15) Maura. I. e p. -4. — 1'3> Targioai Toizatti. i. v. p. 110. (7) Stalli, Il tabacco. p. VU*,— Maaaana», IM 7fli.r-.-o. p. Ill;— Paalll Simaaia l)e abttut lnbnei. Ititiô. f- 5,-lt»l»iiiati. Tobacco, 1857, p. 18.
lui reprochnit. Etant un jour à son balcon, qui donnait sur une place où l'on devait châtrer un cheval, voyant beaucoup d>- monde nssemMé autour du brave décrier, qu' on voulait mutiler à cause de sa trop grande foug ie , elle demand .1 pourquoi on lui liait 'es jambes, et que fa sait tout ce moud* 1 . On lin en expliqua le motif. S'il en est ainsi ( répondit elle, à quoi bon employer le fer et le feu? Faites-lui (venire beaucoup de Ubac, ilonnez lui à boire du café, et dans quelques jours il deviendra couine le Grand Seigneur; il ne pensera plus aux femmes, et deviendra impuissant comme lui „ (1).
Pour supprimer l'usage du tabac, le Sultan Maurad IV déciéta d'abord (1610) que quiconque sera t surpris fumant aurait le nez pero'\ et. traversé par un tuyau de pipe. Ainsi accommod'» le fumeur senit m mt ■ sur un ane, et le promènerait, pour divertir ie public, dans les nies de Con-tantirnple il ordonna eusiiiie de couper les mains et I s pieds à ceux qui vend tient <>« achetaient d.i Ubac; de f nner (;633> ou d'abattre les beaux à l'usage de café, ou aux reunions des m ^coni nts. et décréta la peine de mort contre les fumeurs i3>.
De Hammer iSioria (Mi' Impero OHomnun, 1833) refa't l'histoire de l'introduction et de l'abus du tabac en Turquie, de la manière suivante (VIII. par. I, p. 115>. " Cette année (16051... est aussi remarquable chez, les hi-tori-ms o«nidi< car l'introduction du tab te (Nairn*, p. 228). Gr mie fut la pa sion avec laque !« Ie< Tare-» s'adonnèrent m cefe nouvelle jonissa ce, >t grande fut la sév-rto avec l 'quelle mi *Vmpres>a bientôt à la d 4 fei die. Dans le couit espace de 50 >\< a n adopta le c.ifé et le tabac dan< l'Emp re Otto-nan . et ils y pri ent en peu ie temps de s- profondes racines , qu' ils devinrent des bes ins indispensables pour I' 0->manli. Le Turc, étant totij urs accompagné du cifé et de la pipe, devint ainsi eu E nop* I'em isr ie des bontiqu-s de ces deux ai tic es. Le café »-t le (abac sont pour lui les jouissances les plus essentielles, produisant, selon les circost inces, )e réveil ou l' engourdissement. Le café, le tabac et l'opium devinrent les trois m<-yei s efficac s de ra imer -on être, auquel le quatrième, c'e-t à dire le vin, précisément parce qu'il est ilcfendu, donne une plus grande excitation. Le c f l , le tabact ripium et le vin furei.t souvent c l léb:és par les poètes comme les quatre éléments du monde du plaisir, comme les coussins du sopha de la jouissance, mais aussi condamnés par les législateurs comme les colonnes -ie la tente de la volupté, et les ministres du démon „. (IX. par. II. pag.290i: "A la d moliuon du c fé suivit (163:1) 1 1 d -fense de fumer le tabac sous peine de mort. On prit prétexte du danger d'ince idie, auquel l'usage de la pipe exposait la capitale; mais, en ré .dit. 4 . ce fut une mesure de police pour empé cher, par la déf-ns» du ciH et du tabac, tous les conciliabules des bavards, et nvttre un terme aux réunions d.ns lesquelles, sous lu caiv^-rt du café et. de la pipe, on critiquait le Governement. Et ce n'étiit. pas à tort quo le despote (Miurad IV) cra-gnait que des tasses et des ppes fumantes il ne surgît des sentiments de révolte... Le sultan lui-même faisait la ronde chaque nuit. Quiconque se trovait d »ns la rue sans lanterne, quiconque était pris buvant du café ou fumant, était tué immédiatement, et les cadavres gisant ie matin dans les rues attestaient la tyrannie nocturne. Les soldats étaient déc 1pités, ou pondus et ôcirteiés. „
(X. par. 1, pag. 29): * Les lois rigoureuses de Maurad contre l'usage, du tabac il fumer, qui punissaient même do mort les prévaricateur récidiviste», n'étant pas encore abolies (1642), les amateurs adoptèrent à sa place le tabac à piiser pour se procurer le plaisir d'éternuer... Les annales racontent que ce fut en l.idiie année que l'usage (de priser) s'introduisit pour la première fois d..ns l'Empire Ottoman. „
(1) Mall*, l. c. p. 137.
(2) NilMto, I. c. p. 8. - Billlatt en reproduit Ja J1«ur<- (i. c p. lu5>.-(3) HwmMu. I. e.
L'interdiction de tenir des locaux où l'on pieiiHir du cal-, et où .'un fumait, lui révoquée sous le règne de Mohammed IV, et dès lors l'usage du tabac se généralisa sans distinction d'âge, ni de sexe Les turcs appelaient le tabac Tutun, et les pipes Tachibuk (1).
Alors le tab ic fixa sa dimeure en Turquie, et parcourut tout l'Empire accue 111 partout avec un égal enthousiasme , trouvant, un terrain très actif pour sa culture De
nombreuses escouades de serviteurs sont em;'liyés à cette occupation. La propriété du cibuck. la fraîcheur et le parfum du tabac, l'art de rempl r un Mu (cheminée de la pipe), l'art de l'allumer et do le servir, constituent le bon tutungi (s-rvituir du tabac); comme l'art «l'absorber le tabac à lentes bouffée.?, à longs intervalles, do l'avaler et de le renvoyer par le nez , à son aise , indique I' habilité du fumeur. D' immenses trésors sont accumule 1 *, pur Ivs Turcs, dans les collections «le bouquins d'ambre, surchargés de pierres fines, do diamants et d'émeraudes, qui prouvent surtout le degr> de riche-se d'un pacha. La girde de ces objets , ajoutés aux pipes, est commise à une autre c a-jse «le servi teurs, qui en prend la consigne sous la responsabilité: on les appelle cibuckgi, ou gardien des cibuck... L'étranger, qui visite un pacha , doit accepter de voir passer une pipe de la bouche du tutunyi, qui 1' allume, à celle du maître, qui la goûte une minute , et «le sa bouche à la sienne, sous peine d'être considéré comme un hôte importun, ou d'une condition de beaucoup inférieure à celui qui le reçoit. „ (2)
De AmiOiS parlant du buz.ir des piped a Constantinople dit: " Il y a des tas de cibuk de jasmin, de cerisier, dVrable et rosier; de bouquins d'ambre j mue de la Mer B dtique... enrichis de rub s et de diamant.-»; de pipes de Césaré-, avec le tuyau entouré de fils d'or et de soie; de bourses de tabac du Liban à losanges de plusieurs couleurs, ornées d'arabesques et de brodciie» s. lendides; «le narghilés do verre de Bohême, d'acier, d'argent.... ornés de pierres précieuses, avec des tuyaux de maroquin scintillants de dorures et d'anneau... etc. „ {H).
Ferrario (•») lésume ce qui suit sur l'histoire de l'usago <lo fumer en Orient: " Beaucoup plus tard que le café (en 1605) sous Ahmed 1", le tabac fut connu; et les premiers qui le firent connaître à Constantinople furent lies marchands étrangers. Cette marchandise procura même mille ennuis aux législateurs mahométants, qui ne s'accordaient pas sur son usage, et discutaient s'il était, ou non, conforme aux princi|»es de l'Islamisme. Au m. lieu de ces discussions plusieurs incendies ayant éclaté dans les magasins, «Jaus les boutiques, Mourad IV se décida à le proscrire sous peine de mort. Atteignit il sou but? L'iustoiie suivante est une réponse. Un certain Teryaky, ne pouvant se Ueluire de l'nab.lude de fumer, avait creusé dans son jardin uno fosse ptofonde, et l'ayant lecouvene de gazon il s'y cachait avec sa pipe aliumle. L' oueur le trahit, et le toultan lui-même l'ayant pris en flagrant uétit, Teryaky lui dit sans se troubler: Sors d'ici, fils d'esclave; tou pouvoir s'étend sur terre, mais non dessous. La promptitude de sa réponse le sauva, et il eut la libcito de fumer tout à son aise. „
" On lerma enfin les yeux sur ce dHail, et chacun reprit ses habitudes. Excepté le Sultan, le Mouplili et quelque dévôt scrupuleux, qui s'en abstenaient complètement, ou qui ne se montraient pas en public, tous les Ottomans depuis le plus pauvre jusqu'au plus riche, s'habituèrent ues l'enfance au tabac, et celui qui no fume que huit ou dix pi^es par joui peut se considère comme Si-bre, comparé à ceux qui vont jusqu'à vingt.,
" Ou use de toutes les recherches pour se procurer de belles pi^es et le meLl -ur tabac, ainsi que des tuyaux de bois de jasmin, de rose, de noisetier, etc. Pour les riches ces tuyaux sont ornés dans leur longueur a' argent et u' or , et terminés par un bout
(1) T.itaMum. i. c. p. 185.
(2) Veditt finct Uda M Camttej. I. c. pp. 161-3.-(3) Ot Aaicli. Coilantinopoli. 1877. p. 112. (4) F*rr*rto. Costume anlîco e moderno, I83C, XVI11. p. 404.
d'ambre jaune eu de en. ni finement travaillé ; et pour le» dames ils sont incrustés de pierres fines. Lo peuple en emploie do moins coûteuses , de longueur grande ou petite , selon les goûts (1). Les pipes do terre blanche adoptees par les matelots, et d" autres Européens ne lui plaisent pas, mais celles qu' il appelle bulé, qui sont faites avec une terre durcie par un procède particulier et qui sont même souvent dorées, ou les pipes persanes dites Narghilés, dont on pariera plus tard. „
u Comme leur politesse exige qu'on offre de fumer à tout visiteur, il y a toujours dans I' antichambre , et dans les salles, 20, SO, 40 pipes rangées dans ce but sur une espèce de râtelier. Et là, le long du sopha qui entoure la salle, chacun s'asseoit et appuie sa pipe sur de petites coupes de cuivre ou d'étain , posées exprès pour recevoir l«s cendres du tabac, et empêcher qu'elles ne tombent sur les tapis, ou sur les nattes .■tendues â terre. Si la pièce est petite, il suffit que deux hommes y fument ensemble pour remplir l'air d'une fumée, qui rassemble a un épais brouillard ; et ce qui est pire, I" odeur de la fumée s'attache tellement aux véteinons, aux meubles, et à tout ce qui se trouve dans la pièce, que tout autre que les fumeurs en serait dégoûté. Non-seulement ils fument à la maison, mais en sortant ils emportent toujours avec oux une bourse de satin, ou d'une autre étoffe de soie, et la pipe avec le tuyau en deux ou trois morceaux, qu'ils remettent ensemble avec de petits cercles d'argent, enfermés dans un étui attache à leur ceinture, sous le vêtement, ou qu'ils se font poner derrière eux par des serviteurs. Et qu'ils se trouvent à la promenade publique, sur les places, aux environs des villes, ou a la campagne étendus sons un arbre ou sur 1' herbu moussue , iis allument la pipe , prennent uno tasse do c«fé , prononcent dévotement le nom de Dieu, et résignes aux déço is du ciel us se croient alois les plus heureux des hommes. „
" hn résumé , ils fument en écrivant , dans les miniature*, devant tout le monde, except^ les lus devant le peu-, les neveux devant les ondes, les subalternes devant Jes suj).-i h uis (2). Les uns eu fumant absorbent la fumée dans la gorge, lesauues la soufflent par la bouche , d' autres par les narines. Ils ne crachent jamais par tarre , mais dans les mouchoirs, ou dans des vases de poicelaiue ou de majolique , posés le plus souvent usina les coins des sophas. „ (H).
J La coutume de mâcher lo tabac est inconnue des Ottomans, et ce n'est que depuis quelques années que les lirands ont commencé à prendre goût au tabac râpé fait avec la 1-juille du tabac indigène. Le tabac en poudre étranger n'est pas estimé, à l'exception de celui de Corfou, dont les Vénitiens faisaient déjà un commerce important. „
Ku confirmation de la parusse des Turcs Le Bruyn ajoute : Quand les Turcs sont au logis ils passent, leur temps à fumer la pipe du tabac, assis sur des divans. Et quand ils se rendent visite les uns aux autres, on appoite tout- de suite le tabac et lu café, et ils fument et discourent très gravement, sans jamais se lever, excepté pour leur néces-
0) tu Turquie i« qualité et lu vaieur ue la pipe servent non seulement a distinguer les diverse» dusses sociales, mai* aussi les différentes denté* d'une même classe. Ainsi le Uushtr mauquerail a sa dignité a' il minuit avec nu tuyau .l'une longueur moindre ne <S pieds, lu oftlcier subalterne ou uii artisan commettrait une lucouveoauee eu adoptaut <in tuyau puis long que ceiui permis à sa propre classe. Le Hacha fume connue Une clieiinnéu de tlmmer. et le domestique qui le Sert a tout au plus la peraussiou de souiller la quauutô île fumée qui entoure je tumeur {BMlinos, ïoôrteco, 1875, p. 40).
Ne pas tumor devuut uu supérieur est uu hommage dencut qu' ou lui reud. Le Ills qui, même en y étant autorise, ue se permet pas de lumer devant sou pete. est coustdéré comme très bieu élevé. A partir Je \2 .tus les iMe» commencent a lumer ne petites cigarettes, dont la grandeur augment* peut à petit suivaut leur âge, mai* arrives a an», elles lumeul aussi la pipe dans .e lu» rem, selou l'étiquette établie. Toutes les letiiliies du liarent s'uuouueut a la volupié Ue lumer iBlllllfS, l.c p.H6) Il uy a que uaus les Mosquées où l'on ue fume pas. et Je Turc eu sort pour satisfaire ce besoin impérieux (WJliaga. I. c. p. 216).
Ooust — Utéiatrt 4m Tm»m*. Iti
.sitt'H (1). Et Craven dit ensuite : Pour les personnes il' une position élevée , les Turcs ont invent*} un instrument qui lour évite la peine de tenir la pipe , <|ui est supportée par un petit affût à deux roues. Se fumeur n'a ainsi qu'à aspirer et soufllor la fumée; ou bien il laisse la pipe maintenue par la lèvre inférieure, taudis qu'il balance le tête à droite et à gauche (2).
Tournetort. parlant de l'usage du tabac eu Orient, dit que dès qu'un Turc visite un ami, même le plus intime, à pome se sont-ils mis la main sur le coeur en signe de salut et. se sont-ils assis les pieds croisés sur un sopha, qu'on leur présente des pipes allumées, pourvues de longs tuyaux , qui conduisent à la bouche uue fumée douce, épurée tie cotte huile fétide et caustique , qui brûle la langue et enflamme souvent le palais lorsq'ou fume des pipes courtes. Ou fume dans le Levant le tabac le plus agréable du Monde. Ordinairement c'est Ig tabac do Saloniquo <3); mais celui des côtes d'Asie est encore meilleur (4), sourtout celui de Syrie appelé Alaxi ou Ataquiè, parce qu'on le cultive aux environs de l" antique cité de Luodïeée (5). Les Turcs mêlent le bois d' aloès et d'autres parfums au tabac, ce qui en gâte le goût pour beaucoup de gens. Lj fumée de Ubac, ajoute Tournefort, réussit bien aux asthmatiques, à ceux qui souffrent des dents, et contre beaucoup de maladies causées par les humeurs, qui se répandent facilement dans les diverses parties du corps. A ce dernier point do vue le tabac est très approprié aux Turcs, car l'usage du turban les dispose tous aux rhumatismes, cette espèce «le couverture qu'ils portent sur la télé étant très épaisse et par conséquent empêchant absolument la minime transpiiation, sans couvrir les oreilles. On ne s'explique pas comment, fumant de toutes leurs forces, ils ne crachent jamais; il avalent leur salive par habitude et par principe de propreté , sans en être incommodé en rien (U.l.
Le tabac se cultive prim îpaleinent en Turquie dans les provinces de Macédoine. d'Andrinople et de Janina.
Dans la région de Drama le tabac constitue le principal article de production et d'industrie. Kn D>71 on ne produisit 41 millions de livres, et on en exporta 7 million* pour une valeur de 87 mille L. Sterl. Quoique la forme qu'on y cultive soit la même, on distingue cependant le produit en brama et en Ymidjè ; le premier a les feuilles plus grandes et d'un rouge-foncé; 1<* second a les feuilles plus petites, plus parfumées et de couleur jaune-d'or. Le produit récolté dans la région de IVavisU est connu sous le nom de Denii/ii ; il e^t de qualité inférieuie. Dans le district de Yenidjè (près I? golfe de Lagos, dans la région du fleuve Vardar ou Vestus ), on pruduit chaque année plus de 8 millions de livres de bastma, qui se consomment principalement à Constantinople et en Russie. Pies de la moitié du produit du Draina est exporté eu Autriche Hongrie, le reste va en Italie, en Fiance, en Aliemigne ei eu Suisse. Un exporte chaque année en Angleterre plus de 400 mille Okcs (de liv. 2,28) de tabac de Pravista. Ce qui reste après I' exportation et la consommation intérieure est acheté par I' Kgypte i.7i.
(I) U Brayn. Voyages. I72î>, 1. p. vsi.
çî) CravM, Voyage.... à Constantinople (lead, torchère, i'H'.i. p. 284),
(3) l.e tabac de Salonique est celui qu'on eu, live dans presque Coûte la MacéJoiae; probablement importe du Venezuela, c'est uo produit au croisement de la var. hananenm X var. maerophyUa. Il se présent avec If s feuilles les plus petites parmi loutus les formes connues jusqu'il présent de la Sicotiana Jabacum.
(4) Eu AnatoOe. eu plus des formes analogues à cedes de Macédoine , telle que I* Ajatsoluk . ou en cultive aussi d'autres très différenies. aux feuilles avec ou sans queue, et produites par ie croisement de la var. frulicosa X var. mncraphyllo de la A". 'Inbncutn.
(•">) Quoique le fameux tabac Jsiiakia soit encore une |nrme nyoruie dérivée aussi nu croisement de la macrophylla X havanentis. sou arôme spécial esi on à .tes fumigation» .i,- bow résiuriix. aux quelles od expose les feuilles en les séchant (ainsi qu'on eo parier., eu xon temps).— (to Tsurnafort. Helaiton d'un voyage du levant, 1718, pp. 54, 30.-<7j Lock. Jobaecu. iHWJ. p. '.'07;-F«fMMi, i. c. p. W
En Turquie il existe depuis longtemps , dans c haque rayon de culture, des entrepôts appelés douanes intérieures du talxtc. Elles «servent au Gouvernement de centre de contrôle du déplacement des tabacs après leur rentrée des plantations. En môme temps ce» douanes, grace à leur organisation, remplacent les foires et les marchés (11.
D' après la Régie ottomane, la production annuelle des tabacs eu feuilles livrés au commerce, non compris les quantités importants qui se consomment sur place dans l'Empire ottoman, s'élèverait au total de 34,900,000 Kl'., se répartissant comme l'indi quent Je3 chiffres suivants; Albanie et Epire 1,800.000 Kg.; Thrace 2,800,000 Kg.; Macédoine 9,700,000 Kg.;Trébizonde 9,000,000 Kg.; aut res vilayets d' Asie-mineure 6.200,000 Kg.; Alep, Syrie, Palestine 3,100,000 Kg.; autres provinces 2,300,000 Kg. (2).
Selon Scherier. la production annuelle serait de 33,7 millions de Kg., dont 12,4 millions seraient exportés. Dans la Turquie d'Europe on consomme chaque année environ 20 millions de Kg., et dans la Turquie d' Asie, 13 mil ions (3).
Un tout récent Iradé du Sultan a ordonné d' instituer une commission spéciale chargée d' examiner la question des améliorations à introduire dans l'administration de la Régie et des moyens à protéger les cultivateurs contre tout injustice (4).
b) Bulgarie. — Lu culture du tabac est aussi eu augmentation en Bulgarie. De 2 millions de kg. . qu' on obtenait en 1892 , on est arrivé peu à peu a dépasser le chiffre do 3 millions de kg. (5). Dans l'exercice 1894 on en a exporté à Londres 3H0.O0O livres sous tortue do cigarettes, qu'on y vend d'ailleurs comme turques, ou égyptiennes. Ce tabac est évalué ordinairement à environ un franc le kg. (6ï. La consommation locale par habitant serait de kg. 0,04, avec une dépense de Marcs 3, et un revenu à l'Etat de Marcs 2,52 par tét.c (7).
ci Soumanio.- Kn Roumanie, la fabrication et la vente des tabacs sont monopolisées et diiectement exploitées par l'Etat. Celui-ci donne les autorisations de culture, achète aux planteurs, suivant îles tarifs déterminés, la totalité de leur récolte, dont l'importance s'est élevé à 3,500,000 kg. eu 1884. sauf à revendre à l'exportation les quantités excédant les besoins de ces fabrications. Cette vente, d'une faible importance aujourd'hui, parait susceptible d'en acquérir dans un avenir prochain par suite du développement de la culture. Celle-ci existe à la fois eu Valacbie , en Moldavie et dans la Dobrutacha. C'est la première de ces trois provinces qui fournit le plus fort contingent. Les tabacs en feuilles indigènes présentent une grande variété de qualité et d' aspect. Les uns , provenant de giaines de Samsoun, ou des bons- crûs do Macédoine, qu' ou renouvelle tous les aiis, se rapprochent beaucoup par leurs caractères physiques du crû d'origine, dont ils n' ont malheureusement pas conservé Y arôme ; les autres sont intermédiaires entre les tabac» de Samsoun et ceux de Hongrie, «ion t. quelques uns se distinguent difficilement. La Régie roumaine achète aussi par an 100 mille kg. de fouilles pour cigares , et 500 mille kg. de tabacs de Grèce et de Turquie (8).
En 1891 on a cultivé 4370 hectares, qui produisirent kg. 3077 mille. En 1895 l'extension
(\) ffr. Mem. <t. Al'inuf. de CEtat. Taris. ISVU, p. 21'.».
(2) Ctroii. l'ne Mission en Orient, in Mem. d. Manuf. de l'Etat, Pans. ISHfl. y. 2r>4.— tv* ports de ('avala et de Salouique on a exporié. eu IS'.ri, Ow ts. 144 mille, et, en I8U4. Cwts. Mfi imiie (Or. Dipl. n. Cutis. Rtp. Loodon. ltm.-1urkty. n. 1MB. j>. 12).
la) Sctorw. 1. e. p. 144.-^4) Or. // labtcro. Roma. WM. 111. h .'4. p. U.
(5) SoMrztr. I. c. p. 144.— (C Or. Dipt. n. Cons. Rep. London. |K1C>,— Bulgaria, a. p. 27.
(7) LeviMtaia. I. v. p. 2.
(H) C»r»n. Cue Mission en Orient, iu M- m. d. Manuf. de lEtal, Pans. ttWO, p. 27'-'.
de la culture fut portée ii 7 mille hect. (I), quoique le Mouopole y empêche en grande partie le développement de «jette industrie (2). Actuellement ou importe aussi du tabac de la Macédoine et de la Bulgarie pour kg. 188 mille (3\ taudis que lu production indigène sorait de kg. 4440 miile, et l'exportation de kg. 12 mille. La consommation par habitant serait de kg. 0,85, avec une dépense du Marcs 0,94, et un revenu à l'Etat de Marcs 3,86 par téte (4).
d) Serbie. -En Serbie on en cultive environ 2 mille hectares ( ">), avec une production de millions 1,7 de kg. Le produit est entièrement consommé sur place, à cause de sa qualité inféiieuie; mais comme il ne suffit ));us à la consommation locale, ou en importe de l'étranger. Le tabac en feuilles est t'oui ni exclusivement par la Turquie. En 1894 on y importa pour 3.""> mille L. SteiL de feuilles , et pour 7 mille L. Sterl. de cigares
La consommation par habitant serait de kg. 0,4«>, avec une dépense de Marcs 3,76, et un revenu pour l'Etat de Marcs 2,08 (7).
e) Bosnie et Herzégovine.- La production du tabac est insignifiante en Bosnie, et sert seulement à la consommation locale. 11 est de qualité inférieure. En 1896 le Gouvernement autrichien en acheta 728 tonnes pour 219 mille Florins <8).
En Herzégovine, au contraire , on cultive beaucoup le tabac dans les districts de Trebinje , de Ljubusky, de Stolach. Cotte production a pris un nouvel essor depuis le Monopole do 1" Empire d'Autriche , en vertu duquel les cultivateurs sont assurés d' avoir dans I' Etat un acheteur de leur produit. Etant données les conditions favurablcs de terrain et de climat en Herzégovine, un hectare de tabac peut rapporter jusqu'à 1200 florins (9). En 189S on y cultiva 2700 hect., avec une production d' environ millions 4,5 de Kg. de tabac, dont la majeure partie pour l'exportation. En 1894 l'exportation fut de 75 mille L. Sterl. entre tabac et cigarettes (10). En 1896 on cultiva en tabac 5200 hectares en Herzégovine. Le total de la récolte fut de 3592 tonnes . pour lesquelles le Gouvernement autrichien paya lôOO mille florins aux cultivateurs (11).
f) Grèce.— Les principaux districts de Grèce où l'on cultive le tabac sont: Nauplie, Corinthe, Epidaurie, Missolonghi , Trichonie et Phthiotide , qui donnent une production annuelle d'environ 4 millions de Kg., dont plus de la moitié est exportée chaque année, quoique les tabacs soient inférieurs aux produits similaires des Macédoine.
Les sortes de tabacs cultivées en Grèce appartiennent toutes a l'espèce Aïe. Tabucum, à l'exception de celle qui produit le toubeki, laquelle, importée depuis quelques années, appartient à la Nie. persicu (Nie. aida, var. persica).
Lés tabacs de Phthitiode et de Phocido sont géiiéinlemnnt connu dans le commerce sous le nom île tabacs de Lamiu, cette ville étant lo principal centre de leur exportation. Ceux d'Acarnanie et d' Etolie s'exportent surtout par le port di Missolonghi ; ceux d'Argolide et de Corinthie par celui de Nauplie. Une partie importante des tabacs en feuilles de Grèce va en transit à Syra; qui en exporte annuellement 11 mille balles en-
(I) Sctiarztr, I. e. p. 144.— (2) Lack, lolmcco, J880. p.
(3) Clr. Dipl. a. rant. Rep. \.aaAaa.— "umanta, u. 1773, p. ■">.— (4; UwtatUla. I. c. p. 13.
(5) Knviron 4 miile âvre* d'après Lack (I. c. u. luri).
(«) Cfr. Dipl. a. Cons. Rep.. I.oodon, isaTi.-.Sen^rt. ». !ii04. p. '..
(7) Ltwlntttin, I. c. p. IK.— <S) Cfr. Dipl. a. Com. Rep Londou.-Bosnitt. u. IMàM. p. s.
Ci) Or. Dipt- a. Cons. Rep. Loudon. iR'X>.— Bosnia, u. I41M. p. 5.
(10) Cfr. Dipl. a. Cons. Rep. t.oudoii. IHflô.— Bosnia, ri. ir.it*. p. 7,
(II) Cfr. Dipl. a. Cons. Rep. Uudou. -Bomia, u. l*Vi, p. s.
viron. En 1880, la surface cultivée était 4411 liect. ; la quantité produite, 8500 mille Kg. Cette quantité ne comprend pas les tabacs en feuilles de Thessilie (H, plus connus sous le nom de tabacs de Voto, leur principal port d'exportation. Copedant la production de la Thessalic, qui sous la domination turque dépassait 6 millions de kg. par an. c'est brusquement abaissée à 1, 3 million do kg. lors de la réunion à la Grèce (1880). La raison do cette brusque décadence... réside dans l'émigration de la plupart des famille turques La culture du tabac eu Grèce n'est soumiso à aucun impôt d' Ktut qui
lui soit spécial ; mais le tabac en feuilles paie, quand il est exporté à 1' étranger , ou quand il est transporté d'une province à l'autre un droit, qui représente , suivaut les cas 5-9 frs. pour 100 kg... L'exportation des tabacs en feuilles s'est élevée aux chiffres suivants: en 1884, quantité 2 millions de kg.; valeur 2 millions de fis. environ (2).
D'après les dispositions de la loi en vigueur dans le royaume hellénique, la culture du tabac est libre, mais la possession du tabac en feuilles n'est accordée, qu'on vertu d'une permission délivrée par l'éphore des finances competent, sur un cautionnement préleable... La production du tabac eu Grèce, en 188», fut 3335 mille ocqite* (ocgwe=1280 gr.): en 1893 fut 2848 mille ocques.
Le liachemont du tabac et la confection des cigarettes est un monopole de l'Etat... La quantity de tabac haché, et prêt à étro livré à la consommation s'est élevée, pendant le courant de l'année 1893, à 967 mille noptt.n... La plus grande partie ties tabacs grec» est destinée à la confection des cigarettes; une petite quantité en est fumée dans <les pipes; enfin une quantité très minime en ost convertio en tabac à priser. La quantité du toubeki s'est élevée, en 1893, à 26804 ocques. Le tutibeki est sut tout cultivé dans Its éparchies d'Argots Nauplie, Trikonie, Phthiotide, et est employé par les fumeurs de narghi'é.
D'duction faite des frais, l'impôt sur le tabac a rapporté à l'Etat (1803) un produit net de 5.540,980 drachmes. L'impôt sur le papier à cigarettes a rapporté (1893) un produit net de 2.044,070 drachme*.
La proportion annuelle de la consommation du tabac dans le royaume hellénique . pour l'année 186S, a été de drach. 2,64 pour le produit brut , et de drach. 2,53 pour !<• produit net. La consommation par individu a été de grammes 585, correspondant à un total de consommation annuelle de 1250 tonnes (3).
Pour ce qui concerne la quantité que consomme la Grèce, elle monte d' après les tables de statistique du Ministère des Finances aux sommos suivantes, calculée» en oches.
Tabac, ochs. 1,092,422 - Ochs. 1,142,483 - Ocbs. 1,087,819 - ochs. 1,063,346 Tubeki - 34,671 - .. 39,886 . 37,007 - .. 35,843
Total ochs. 1,127,093 -ocli*. 1,182,319- ochs, 1.124,826 -ochs. 1,099,180
Sur ces sommes le Gounieinent a perçu comme droits : Drachmes 6,558,272 - drehs. 6,857,454 - drehs. 6,529,156 - drehs. 6,373,951 (41
Pour ce qui a rapport à 1' exportation les tabac de Grèce se distinguent en deux qualités : tabacs de Nauplie et d'Argos, de qualité inférieure, et tabacs des autres pro-
<1) Ko Thessalie, et spécialement lians les districts A* Pliarsaie. Alnnros. Karditza , Tnkala et l.arisse oo produit 'i millions d'oclies de tabac, et ee qui dépasse la consommât iou locale est exportée en Kirypte. à Crète *t ailleurs Mr. Mi>l. a. Cons. Rep. Loodoo. 1 »t>7.— Greeia. n. iOO», p. Itl). '2> Memorial ,let UanufarL de C Etat. iMri». I*#5. p. 245 (Carm. Une Mietmn en Orient).
Oamtarfl*. Les tabacs et toubckis grecs. Athènes. 18<»4. 4) 11 faut observer que ies diftér» tees en moins pour les anuoes J«*J»> «?t IH'»7 peuvent «expliquer par je fait .le la guerre, qui a empoché la production.
vince productrices (voir Otmbergit) de qualité supérieure. Les quantités de tabacs exportés par la Grèce d Hii8 les années 1894, '95, '96, '97 et '98 (pour cette dernière utniiie il n'y a que 11 mois, du l.« Janvier au 30 Novembre 18981 , s'élèvent d' après les tables de Statistique du Ministère :
Tabacs en feuilles exportés d'Argot et de
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