Une intéressante étude intitulée : A contribution to the
cette substance ressemble intimement à la craie d'Angleterre. « Cela semble indiquer, dit-il, que cette craie est un dépôt de mer profonde. » C'est de craie moderne qu'en 1858, Huxley qualifie le limon atlantique. En 1861, Sorby déclare que la boue de l'Atlantique provenant de 2.230 brasses explique complètement les caractères de nos craies. En 1865, c'est Lyell qui regarde l'identité comme démontrée, à cause de Globigerina bulloides qui est commune à la craie et à la boue actuelle. Zittel, dans son Traité de Paléontologie, écrit eu 1877 : « On peut dire avec raison qu'il se forme encore de la craie blanche dans certains points de l'océan ; il est possible que la masse épaisse de la craie d'Angleterre, de la France et du nord de l'Allemagne, se soit formée dans les mêmes conditions que la boue à globigérines actuelle1. »
Dans les Abîmes de la Mer*, Wyville Thomson écrit : « Longtemps avant les recherches actuelles, certaines considérations m'avaient fait regarder comme très probable l'existence dans les parties les plus profondes de l'Atlantique, d'un dépôt en voie de formation. Je pensais que la composition en pouvait varier dans les détails, mais que les caractères généraux en devaient être partout les mêmes. Ce dépôt, selon moi, s'accumulait d'une manière continue depuis la période crétacée ou même depuis les
oceanography of the Pacific, où l'on trouvera des détails sur les globigérines, a été publiée dans le Bulletin of the United States National Muséum, par M. James Flint. 1 vol. in-8» avec planches. Washington, 1905.
1. T. I, p. 112. Traduction française, 5 vol. Paris, 1883-1891.
2. P. 440 de la traduction française par le Dr Lortet. 1 vol. in-8». Paris, 1875.
époques plus anciennes encore, jusqu'à nos jours. Les résultats de l'exploration du Lightning paraissent avoir jutifié amplement notre théorie. »
.Mais, pendant ce chant de victoire, des différences sont signalées entre les deux catégories de formations. Prestwich choisit en 1871 la comparaison qui nous occupe comme sujet de son discours présidentiel à la Société Géologique de Londres : il indique entre les deux roches une différence fondamentale, la craie blanche de Sussex renfermant 98,4 °/0 de carbonate de chaux, tandis que le limon crayeux de l'Atlantique n'en tient, comme nous l'avons dit, que 60 °/0. Gela résulte des analyses de David Forbes qui conclut de ses recherches que s'il était consolidé, aucun échantillon du limon actuel ne mériterait la qualification de craie. Dès lors, cette formule qui avait eu tant de succès : « Nous vivons encore à l'époque crétacée » est qualifiée par Lyell, revenant sur son ancienne opinion, d'erreur populaire. Murchison, accentuant la réprobation, remarque qu'on pourrait dire aussi bien qu'on vit à l'époque silurienne parce qu'il y a encore des lingules à l'époque actuelle.
En 1887, Renard et Klément1 insistent sur l'argument de Forbes et de Prestwich et ajoutent une nouvelle objection, qu'ils déclarent radicale, dans la présence des silex de la craie qui manquent dans la boue à globigérines. Ajoutons enfin que plus récemment, M. Cayeux s'est fait le champion de la résistance contre l'assimilation des deux dépôts2.