‹ Histoire géologique de la merChapitre 24 sur 58 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

2. Stanislas Meunier, Comptes rendus de l'Académie d*.a Sciences, JLXII, 357, mars 1916.

millimètre de diamètre, attirables à l'aimant et composés essentiellement de fer, peut-être quelquefois natif, le plus souvent à l'état d'oxyde magnétique. Ils sont généralement pleins et quelquefois creux. Ils ont d'abord été signalés par MM. Murray et Renard dans le rapport des travaux du Challenger, comme provenant des plus grands abîmes. Nous en avons de notre côté1 retrouvé les analogues dans un très grand nombre de fonds de mer, dragués à des profondeurs très diverses par l'amiral Mouchez et qui sont conservés au Muséum, puis, de proche en proche, dans des roches sédimentaires de tous âges, depuis les sables verts du fond du puits de Grenelle jusqu'aux grès primaires permien, houillcr, dévonien. Il s'agit donc d'un phénomène intéressant toute la surface du globe, se continuant depuis les époques les plus reculées, et, selon toute vraisemblance, ayant une origine extra-terrestre ou astronomique. Il nous fournit, en conséquence, la notion d'une collaboration cosmique dans l'édification des sédiments océaniques. Il est vrai que les opérations sidérurgiques donnent lieu à la production accidentelle de milliards de petits globules qui ont avec ceux qui nous occupent des analogies très remarquables, et l'on peut supposer sans imprudence qu'une partie des corpuscules recueillis dans les sédiments les plus récents, sont d'origine artificielle. D'autre part, nous ne connaissons qu'une seule réaction chimique qui puisse donner lieu aux sphéroïdes en question : c'est la combustion du fer métallique exposé à une température

1. Stanislas Meunier et Gaston Tissandier; Comptes rendus de l'Académie des Sciences, LXXXVI, 450. (1878).

suffisamment élevée au contact du gaz oxygène. Dès lors, la seule origine qui soit acceptable est la pénétration dans l'atmosphère des masses météoritiques qui, si ordinairement, contiennent du fer métallique et dont la combustion au contact de l'air donne lieu aux traînées ou queues des bolides. S'il en est réellement ainsi, l'étude de la sédimentation marine nous procure une notion inespérée sur l'antiquité du phénomène météoritique.

Par caractères physiques de la mer, nous entendons l'ensemble de celles de ses propriétés qui dépendent de l'intervention des forces dites physiques, par opposition à celles que nous qualifions de dynamiques, de himiques et de biologiques.

Pratiquement, le sujet se réduit à la considération de la pesanteur, par la pression qu'elle détermine dans la masse des eaux, de la lumière et de la chaleur. L'électricité et le magnétisme interviennent sans

Page 1